Moy prima assoluta
Auteur : Angelscythe
Genre : Romance, tranche de vie, noir (on dirait que je peux pas m'en empêcher)
Couple : WinterWidow ! Plein de WinterWidow. Mais aussi HowardMaria (ou HoMaria (si tu savais ~))
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Stan Lee, Jack Kirby, Joe Simon et Don Heck et bien, bien d'autres je suppose (hormis la famille de Dolly)
PARTIE 2
Coryphée
Chapitre 4 : La brèche
26 Novembre 1976
Les cris résonnaient dans la maison.
Tony était recroquevillé dans sa chambre, sous le bureau. C'était encore une mauvaise journée… Ses parents se disputaient et, quelque part au fond de lui, il savait que c'était de sa faute. C'était parce qu'il avait Les Chaussons Rouges à la télévision et que ça lui avait rappelé le ballet de sa mère ! Et le Roi Arthur donc il commençait à dévorer les livres !
C'était sa faute parce qu'il avait voulu voir le film alors que, de l'avis de son père, il n'aurait pas dû.
Ses parents se disputaient et lui, il n'était qu'une chiffe-molle… Une petite tapette… C'était ce que son père avait dit avant de lui mettre deux claques violentes sur chacune des joues. Ça tête tournait encore d'ailleurs. Comme si les baffes avaient été si puissantes que son crâne avait virevolté sur son cou…
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D'un certain côté, Natasha et Bucky auraient bien aimé aller au restaurant avec l'argent qu'ils avaient su épargné. Juste un peu d'argent qu'ils pouvaient se permettre d'utiliser pour se faire plaisir. Et de l'autre, ils tenaient à rester à couvert. Ils ne vivaient plus. Ils attendaient…
Heureusement, ils avaient une chose fantastique : Natasha.
Si elle n'était pas la meilleure espionne que Bucky n'ait connue, certes il n'en connaissait pas d'autres, il ne savait pas ce qu'elle était.
Grâce à elle, ils auraient toujours un coup d'avance. Même si ça voulait dire qu'ils étaient constamment sur le qui-vive, sur les nerfs…
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- Maman…
Entendant sa fille l'appeler, Peggy leva les yeux de son travail. Elle avait toujours du temps à consacrer à sa précieuse enfant. Même si elle était débordée.
- Sergent Fury, vous pouvez sortir un moment ? Nous reprendrons ça plus tard. Jura-t-elle avec un sourire.
- Bien, Madame la Directrice.
Il s'inclina et quitta la salle en fermant la porte derrière lui. Peggy posa les dossiers qui s'étalaient sur son plan de travail.
- Ne reste pas debout Dolly. Quémanda-t-elle. Tu es…
- Pas faite en sucre, maman. Rit-elle. Tu as beau être la femme la plus forte que je connaisse, tu seras toujours ma maman, n'est-ce pas ?
Dolly rayonnait alors qu'elle s'asseyait sur une chaise, posant sa main sur son ventre de cinq mois.
- Bien sûr que oui. Tu en doutes seulement ?
- Non.
Elle sourit tendrement.
- Que voulais-tu ?
- Deux choses. D'abord : ces personnes dont Tony parlent toujours… Est-ce que tu as trouvé quelque chose ?
Puisque son fils passait aussi énormément de temps avec eux, désireux d'être avec son cousin qu'il adorait, elle était au moins aussi inquiète que sa mère.
- On ne trouve rien sur l'homme. James Romanoff n'existe pas et il n'y a aucune James émigré qui correspond au signalement. Il a l'air d'être un vrai Russe selon Jarvis, il a l'accent des pays slaves même quand il parle anglais. Il faudrait trouver son vrai nom. Ils ont dû l'anglicisé. Pour la jeune fille, tout ce que je trouve c'est une ancienne ballerine de presque cinquante ans. Je doute que ce soit elle. Je continue de chercher. Ne t'inquiète pas pour notre petit Steve. Jarvis est toujours avec eux. Nous nous inquiétons certainement pour rien. Assura-t-elle.
Dolly acquiesça en serrant les dents.
De toute façon, s'il arrivait quelque chose à son fils, elle pouvait faire confiance à sa mère pour le retrouver en un temps record.
- Et ensuite ? Tu m'annonces que tu comptes appeler ce bébé Margaret Junior ? Sourit Peggy.
- C'est à y penser ! Mais Marvin aimerait bien Adrian pour une fille.
- Il aime vraiment ce film, n'est-ce pas ?
- Il l'a déjà vu cinq fois ! Rit Dolly.
- Et Rocky pour un garçon ?
- Sylvester. J'ai dit oui.
- Ah ! Fit Peggy avec un petit rire.
- Mais non. C'est au sujet de tonton Howard… Je suis très inquiète pour lui. Il ne semble pas très bien. Si ?
- Il est… alcoolique. Dit-elle comme si c'était une excuse suffisante.
- Il boit beaucoup, oui.
- Je sais.
Peggy se remit une mèche de cheveux en arrière. C'était difficile d'expliquer ce qu'il se passait. Bien sûr qu'il fallait s'inquiéter. Surtout que Howard était à la tête du S.H.I.E.L.D. avec elle, bien qu'il fut en-dessous d'elle. Il aurait prétexté que c'était parce que c'était uniquement parce qu'il était préoccupé par la course à l'armement mais l'un n'empêchait pas l'autre. Il le prouvait constamment. La Directrice n'aurait jamais pas la folie de laisser toutes les manettes entre les mains d'Howard.
Même s'il était son ami.
- Il est très froid avec Tony.
- Je sais. Il a du mal.
- C'est son fils ! Comment un père peut avoir du mal avec son fils ? Protesta Dolly.
- Ça arrive. Howard est comme ça. Il a toujours eu beaucoup de pression. Quand je l'ai connu, il buvait déjà. C'est quelqu'un de bien.
Sa fille serra les dents.
- Je suis inquiète. Est-ce qu'il n'y a rien à faire ? Tony à l'air vraiment très triste.
- Bien sûr qu'il l'est, ma chérie. Ses parents n'ont jamais de temps pour lui.
Peggy se leva pour venir auprès de sa fille qui avait baisé les yeux, contenant sa rage face à l'injustice.
- Nous avons beau être là pour lui, ce n'est pas pareil, tu t'en doutes bien.
Dolly soupira et acquiesça.
- Oui, tu as raison.
Surtout pas quand un des plus grands sujets de conversation qu'ils avaient n'était autre que son père à elle en personne. Elle aussi, d'une certaine façon, elle n'avait jamais eu de père mais elle avait sa mère pour toujours être là…
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Tony n'entendait plus de cris. Il déglutit difficilement et sortit de sa cachette. Il rampa pour s'en dégager et hésita néanmoins avant d'avoir le courage de quitter sa chambre. Il s'imagina être Arthur, pas celui du dessin animé, ni du ballet, mais celui du livre ! Sinon, son père lui en voudrait… Être celui des livres était bien mieux !
Il marcha le long du couloir, prêtant l'oreille à tout bruit.
Il descendit les escaliers et se rendit dans le salon.
- Maman ? Papa ? Appela-t-il timidement.
Rien.
- Jarvis ?
Il l'avait appelé d'une toute petite voix. Parce que s'il était occupé, il accourrait quand même pour venir s'occuper de lui et il ne voulait pas déranger le majordome.
S'avançant vers le fauteuil, il trouva Leo allongé sur le tapis et s'installa auprès de lui. Il lui caressa le poil et s'appuya contre lui.
C'était étrange.
Il était tout froid.
- Leo ? Tu es malade ? Demanda-t-il.
Il caressa le pelage douillet mais n'eut pas de réaction. Il secoua doucement son fidèle compagnon. D'habitude, il se réveillait quand c'était comme ça…
Il secoua plus fort.
- Leo ?!
Toujours rien.
- LEO ?
Le garçon le secoua de toutes ses forces.
Tony se leva et courut à la porte.
- JARVIIIIIIIIIS ? Appela-t-il, paniqué.
Ça ne tarda pas : le majordome arriva en courant, manquant de tomber sur une moquette.
- Tony !
Il le prit dans ses bras.
Une autre cavalcade les surprit. C'était Maria qui se précipitait auprès de son fils tant aimé.
- Que se passe-t-il.
- Leo est tout malade, il bouge plus. Gémit-il.
Les deux adultes se jetèrent un regard inquiet. Leo était un vieux chien. Il avait déjà quatorze ans ! Il ne le montrait pas à son tout jeune maître parce qu'il était très intelligent mais les fins de journée étaient souvent pénibles pour le quadrupède…
Jarvis confia donc l'enfant à son employée et il s'approcha de l'animal. Il priait intérieurement pour que ce ne soit pas un cadavre. L'enfant avait besoin de garder son fidèle ami auprès de lui.
Il était une de ses plus grandes joies.
Le majordome dut malheureusement se confronter à la réalité des faits lorsqu'il eut touché le chien. Il vérifia pourtant plus que de raison qu'il était mort. Jusqu'à ce que la réalité soit plus forte que tout.
Il se tourna vers sa maîtresse qui tenait l'enfant sanglotant dans ses bras et secoua lentement la tête.
- Mon petit trésor…
Elle lui caressa les cheveux avec affection.
- Leo va aller ben, hein ? Couina-t-il. Le vétérinaire… Commença-t-il avec espoir.
- Leo est mort. C'était un vieux chien et…
- Mort ? Gémit Tony. Mort comme Captain America ?
- Oui, mon chéri. Leo est parti retrouvé Captain America pour l'aider à battre les méchantes personnes au paradis. C'est un bon chien.
- Mais… Mais…
Tony ne put rien faire faire contre ses larmes. Il ne comprenait pas pourquoi son fidèle ami l'avait abandonné pour rejoindre le Capitaine. Ce n'était pas juste !
- Mais moi aussi j'ai besoin de l'aide de Leo. Protesta-t-il.
Il leva les yeux, les poings tremblant, les joues ravagées de larmes.
- Captain America ! Pitié ! Rends-moi Leo ! Gémit-il. Tu es assez fort pour battre les méchants sans lui ! S'il te plaît ! C'est mon meilleur ami !
Maria serra son fils contre lui en le bordant, posant des baisers sur ses joues salées.
- Ça va aller, mon chéri.
- Pitié… Je serai sage, Captain America…
Le garçonnet tremblait.
Pourquoi on ne lui rendait pas son chien ?
Il y eut du bruit. Les marches grinçaient sous le pas d'Howard qui sentait énormément l'alcool. Jarvis se précipita auprès de lui pour parler en faveur de l'enfant. À voir sa tête, s'il ne disait rien, l'homme s'en prendrait à son fils pour faire tant de grabuge.
Il avait une chance que le concepteur comprenne la douleur d'un petit garçon.
Peut-être de les réunir enfin…
- Monsieur, Leo vient de mourir. Tony l'a trouvé…
- Ça suffit, Tony !
Le petit sursauta dans les bras de sa mère.
- Tu ne vas pas pleurer pour ça ! C'était mon chien, tu me vois pleurer ?!
- N… Non. Gémit Tony.
- Alors tais-toi ! Tu m'empêches de travailler à pleurer comme ça. Ce n'est qu'un animal ! On en aura d'autres et tu les oublieras. Pourquoi tu ne peux pas être un peu plus viril que ça ?!
- How… Commença Maria.
- Que je ne t'entende plus pleurer ! Les hommes Stark sont faits de fer ! Les hommes Stark ne pleurent pas pour un vulgaire animal !
Mais Tony avait bien du mal à retenir ses larmes. Il vit la main de son père se lever et poussa un cri en jetant son visage entre les seins de sa mère.
Alors Howard le saisit, l'arrachant à Maria pour lui coller une baffe monumentale.
- Howard !
- Ne te mêle pas de ça, Maria. Lui reprocha-t-il.
Jarvis ne pouvait pas voir ça. Il devait se dresser contre son employeur ! Mais qui s'occuperait de l'enfant s'il se dressait une fois ? S'il devait partir…
C'était un affreux cercle vicieux et il se détestait.
Après cinq minutes, le garçon était recroquevillé sur lui-même, aux pieds de son père. Lequel ne demeura pas longtemps, remontant à l'étage.
- Tony !
Maria prit son fils dans ses bras. Il gémit de douleur.
- On fera un bel enterrement pour Leo.
- Non… Papa ne veut pas.
Sa mère le serra dans ses bras. Il aurait l'enterrement pour son chien ! Elle le relâcha et partit d'un pas décidé vers l'étage. Cette fois, elle aurait gain de cause, même si elle devait essuyer des coups !
- Tony…
Jarvis prit l'enfant dans ses bras.
- Je veux être avec Leo et Captain America…
- Ne dites pas des choses comme ça. Je sais que vous souffrez beaucoup. Vous savez, quand je suis triste, je ne pleure pas mais je fais des choses pour me changer l'esprit. Pourquoi vous ne feriez pas l'armure d'Arthur dont vous me parlez souvent ? Celle que vous avez fait avec des légos.
Le garçonnet renifla.
- Arthur, il a du métal, comme les vrais Stark, pas du plastique.
La peine rongeait son petit cœur, les mots de son père le frappant encore et encore. Mais il s'accrocha à la chemise de son majordome.
- Vous savez quoi ? J'ai quelques bibelots métalliques, des petites chutes. Si vous êtes très prudent, je vous les donnes. Et vous pourrez la faire.
Le jeune maître leva ses yeux larmoyant vers lui.
L'idée était exquise…
Il ne pourrait pas oublier son pauvre Leo mais s'il pouvait faire l'armure dont il avait toujours rêvé, peut-être que son ami canin la verrait et qu'ils pourraient la faire pour Captain America… Pour qu'il la revête au Paradis…
- Merci. Chuchota-t-il vers la seule personne qui l'aimait vraiment…
