Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Nan, je vais pas faire la liste, ou sinon, c'est po rigolo :p

Rating : M

Et voici un nouveau chapitre ! Fans du Milo/Camus, dites-moi ce que vous en pensez !!

Lys : Et oui, enfin un lemon :p

L'aime bien, celui-là :-)

Lys : Qu'est-ce que tu nous traficote avec Shaka et Sorente, là ??

Mais rien !

Lys : Si je connaissais pas la suite, je dirais "allez Sorente"...

Mais arrête, tu fais peur aux gens, là !

Lys : :p

Bonne lecture !


Chapitre 20

Approche

Il ne savait pas quelle heure il était et il n'avait pas envie de se coucher. En fait, il était préoccupé. Aphrodite était du genre à s'attacher aux gens, mais ne le montrait pas. Malgré lui, il s'était habitué à voir cette bouille d'enfant prendre son repas avec eux, et ce soir encore, il n'avait pas réapparu autour de la table. Mû non plus n'était pas venu, et vu l'air inquiet de Saga, le suédois avait préféré ne poser aucune question, mais il était décidé à se renseigner le lendemain. Et à cela s'ajoutait un autre soucis : Hyoga.

À l'heure du dîner, il s'apprêtait à monter quand il avait vu Camus, Milo et Hyoga monter, eux aussi. Il les avait alors attendu, content de ne pas monter seul. Maintenant, il regrettait de ne pas être monté tout de suite. Quand tous trois furent dans son temple, Aphrodite rencontra les yeux de Hyoga.

Le Cygne l'avait fusillé du regard, lui exprimant par l'intermédiaire de ses prunelles seules toute sa haine à son encontre. Le Poisson n'avait pas mis longtemps à comprendre. D'un façon ou d'une autre, le russe avait appris qu'il avait une liaison avec Ikki.

Camus, empoignant Hyoga pour éviter une possible dispute, voire bagarre, était parti devant, et le Scorpion avait raconté à Aphrodite rapidement sa gaffe. S'il n'avait pas été chamboulé par le regard tueur du si calme chevalier du Cygne, il aurait frappé Milo.

Un soupir s'échappa de ses lèvres. Aphrodite était loin d'être rassuré. Il aurait voulu en parler avec Ikki, mais il n'osait pas vraiment. En fait, il ne savait pas ce qu'il voulait. Il aurait voulu garder le Phénix, mais il avait la désagréable sensation qu'il n'était pas à lui, mais qu'il appartenait plutôt à Hyoga. En parler avec son amant revenait à provoquer une sale dispute entre lui et Hyoga. Qui pourrait peut-être en venir aux mains.

« Aphrodite ? »

Le suédois fut étonné d'entendre la voix du Gémeau à cette heure-ci. Il interrogea le grec du regard, tout en se tournant vers lui.

« Que fais-tu ici ?

- Je sors de chez Sion. Je demandais un petit conseil pour essayer d'aider Kiki.

- Il ne va pas bien.

- Non, pas vraiment. »

Saga poussa un long soupir.

« À vrai dire, je suis sûr que c'est de ma faute.

- Kiki a du mal à partager son maître, c'est normal. Mais j'espère que ça va s'arranger.

- Je l'espère aussi. Et toi, t'es histoire de cœur ? Ça avance ?

- Pas terrible. »

Aphrodite rit, gêné. C'était si facile de voir quand il était entiché de quelqu'un ?

« Tu avais l'air préoccupé.

- On va dire que j'ai piqué l'amant d'un garçon, et que ce garçon est un peu jaloux.

- Hyoga jaloux ? J'ai du mal à croire ça.

- Comment tu sais ??

- Hyoga et Ikki étaient ensemble, et Kanon vous a vu, toi et Ikki, vous embrasser.

- C'est pas possible, on est si voyant que ça ?

- Kanon est un fouineur, c'est dans sa nature. Enfin, je vais te laisser, ou Mû va se demander ce que je fais.

- Tu lui diras que tu l'as trompé avec moi !

- Bonne idée, il viendra te tuer ensuite.

- Pas si moi je le tue avant avec une de mes roses !

- Allez, passe une bonne nuit !

- Toi aussi. »

Un sourire complice sur les lèvres, ils se séparèrent, Aphrodite rentrant dans son temple et Saga partant vers celui du Bélier. Il réfléchit aux paroles d'Aphrodite, et se demanda quelle serait sa réaction s'il le trompait. Saga n'avait pas particulièrement envie de mettre quelqu'un d'autre dans son lit, Mû le comblait tout à fait, et il n'irait de toute façon jamais jusqu'à provoquer sa colère. C'était qu'il était plutôt effrayant et, malgré son visage d'ange, il était très puissant. Il avait quand même renvoyé Aphrodite et Masque de Mort dans l'au-delà.

Tout à ses pensées, il descendit les longs escaliers de pierre, traversant les temples discrètement, de façon à se déranger personne. En allant voir Sion, il avait rencontré Dohko, à qui il avait parlé de Kiki. La Balance ne savait pas trop quoi faire, à par lui parler et essayer de savoir ce qu'il n'allait vraiment pas. Malheureusement, c'était ce que lui et Mû essayaient déjà de faire.

Aller voir le Grand Pope était un prétexte comme un autre pour rentrer le plus tard possible au temple. Ainsi, Mû serait seul avec Kiki. Il se doutait que son amant n'était pas dupe et devait s'en douter.

Saga arriva enfin au tout premier temple du chemin du zodiaque. Il entra directement, sans frapper, et chercha Mû du regard. Il le trouva assis dans le canapé du salon, les yeux fermés. Il avait l'air endormir, mais sa voix qui s'éleva dans la pièce lui prouva le contraire.

« Alors toi aussi, tu fuis le temple ?

- Je voulais vous laisser entre vous.

- Il est rentré il n'y a pas longtemps. Il semblait bizarre, il n'a pas beaucoup mangé. Il était trop calme, en fait.

- Quelqu'un a dû lui parler.

- Ou notre dispute de cet après-midi.

- Vous vous êtes disputés ?

- Oui. »

Mû n'avait toujours pas ouvert les yeux. Saga entra dans le salon, il était toujours à l'entrée. Il s'assit à côté du Bélier, l'embrassa sur la tempe et le prit dans ses bras. Ses paupières se soulevèrent, un soupir passa entre ses lèvres.

« Il ne pense à rien.

- Je croyais que tu n'aimais pas lire dans les pensées des gens.

- Je n'aime pas ça. Mais était vraiment bizarre, quand il est rentré. Il a fais ce que je lui ai demandé sans protester. »

Saga caressait les cheveux mauves du Bélier qui se laissait câliner, toujours inquiet pour son apprenti. Quand il était rentré, il était étonnement calme. On aurait pu dire qu'il était normal, mais ses yeux dans le vague, comme s'il avait envie de se coucher, c'était plutôt inquiétant. Kiki était couché, mais Mû savait qu'il ne dormait pas encore. Apparemment, il ne pensait à rien.

Mû fut tiré de ses pensées par une paire de lèvres qui glissait dans son cou, laissant de légers baisers sur sa peau claire. Des mains relevaient sa chemise en une invitation muette. Mû gémit, il se laissait aller. Il avait besoin d'oublier un peu ses soucis. Il répondit passionnément au baiser du Gémeau qui s'afférait à le dévêtir.

OoO

Aiolia regarda l'heure. S'il continuait à flemmarder dans sa cuisine, il allait être en retard au petit-déjeuner et affronter le regard noir de Saori qui fusillait de ses yeux bleus les derniers personnes à arriver aux repas. Elle n'appréciait pas ce genre de retard depuis que Julian était là.

D'ailleurs, on voyait peu le jeune, passant sûrement son temps avec Saori ou s'évadant quelque fois avec Sorente. En pensant à Sorente, le Lion sourit. Il avait remarqué les regards appuyés qu'il lançait vers Shaka, qui lui ne semblait pas du tout les remarquer.

Le grec finit de boutonner sa chemise et sortit enfin de chez lui. Il monta rapidement les marches et rencontra Shaka qui, lui aussi, semblait avoir flemmardé dans son lit, ce qui était étonnant pour quelqu'un d'aussi matinal. Quoique, depuis leur retour, l'hindou n'était plus celui qu'ils avaient connu, il était plus accessible et plus sympathique que le grand et sage chevalier de la Vierge. Et ce nouveau Shaka qu'il rencontrait tous les jours lui plaisait bien plus. Et il n'était pas le seul, d'ailleurs.

« Bonjour, Shaka ! Passé une bonne nuit ?

- Pas terrible.

- Tu ne progresse pas ton rêve, n'est-ce pas ?

- Non, et je suis tellement énervé que je ne suis plus capable de méditer.

- Tu n'en a pas besoin !

- Les bonnes habitudes se sont pas faciles à perdre.

- J'imagine bien. Au fait, comment tu t'en sors, avec Sorente ?

- Comment ? »

Shaka paraissait étonné, il n'avait apparemment pas remarqué le petit manège du général de la Sirène. C'était vrai que, comme ça, l'hindou avait plutôt l'air naïf et il ne le voyait pas tellement se mettre en couple avec quelqu'un.

« Sorente te regarde tout le temps.

- Et alors ?

- Ça se voit, il est amoureux de toi.

- Impossible.

- Pourquoi ?

- Je ne vois pas ce que je pourrais avoir d'attirant.

- Si c'était Masque de Mort qui me disait ça, je serais d'accord, mais toi, avoue que t'es quand même pas le plus moche.

- Tu exagères !

- Et alors ? Bref, qu'est-ce que tu comptes faire avec Sorente ?

- Mais rien du tout ! Je n'ai pas de sentiments pour lui.

- Tu vas briser un cœur.

- Rien ne me dit qu'il est amoureux.

- Je t'assure, il te regarde tout le temps.

- Occupe-toi de tes oignons. Et avec Seika, ça avance ?

- Comment tu le sais ?!

- Ça se voit comme le nez au milieu de la figure.

- Je sais pas trop.

- Tu es amoureux ou non ?

- Oui, bien sûr… En fait, je sais pas trop.

- Fais attention à ne pas te tromper, ce serait embêtant. »

Aiolia acquiesça d'un signe de tête. Plus les jours passaient, et plus il doutait. Seika l'attirait, ça, il n'y avait pas de doute. C'était sûrement sa timidité qui l'empêchait d'avouer ses sentiments à la jeune fille. Et pas qu'à elle, une autre personne commençait doucement à prendre une place dans son cœur. Une personne qui était pris ou qui n'allait pas tarder à l'être.

Il avait toujours entendu dire qu'être bi était génial car on avait plus de chances de trouver l'âme sœur. Mais, justement, comme on aimait les deux sexes, il était en fait difficile de choisir entre un homme et une femme. Si le Lion avait avoué ça à son frère, nul doute qu'Aioros aurait éclaté de rire. Lui aimait les femmes, il n'avait pas ce soucis.

Ils arrivèrent enfin au dernier temple, après avoir rencontré au passage Shura et Masque de Mort. Ces deux-là s'étaient plutôt bien rapprochés, le Cancer était moins agressif qu'autrefois. La mort semblait l'avoir changé et dans le bon sens.

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle à manger, ils constatèrent qu'ils étaient les derniers à arriver. Saori, qui avait pris cette fâcheuse habitude, les fusilla du regard, alors que Julian leur adressait un sourire amicale. Ils se demandaient sérieusement comme le jeune homme avait pu vouloir épouser un demoiselle pareille.

Les chevaliers s'assirent. Le repas avaient déjà commencé depuis quelques minutes. Aiolia, assis à côté de son frère, regardait ce dernier. Il semblait fatigué et préoccupé. Aioros mangeait machinalement, semblant plongé dans ses pensées.

« Aioros, ça ne va pas ?

- Oh, si, ça va.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- C'est juste que… Non, rien.

- Aioros, parle-nous. »

Aioros jeta un œil au visage inquiet de Shaka. Le Sagittaire avait toujours un sourire sur le visage, et le voir dans les nuages était un peu étrange.

« En fait, dans mon rêve, je vois quelqu'un, qui me sauve, expliqua le grec. Ça s'est réellement passé, quand j'étais jeune. Et cette femme, je suis sûr qu'il s'agit de la « princesse ».

- Tu penses l'avoir vu en vrai ? S'étonna Seiya.

- Je l'ai vraiment vu. Toute noire, comme une ombre, avec un seul œil doré.

- À quelle occasion ? Demanda Shura.

- Quand je fuyais de chez moi, avec Aiolia.

- Ah bon ??

- Tu n'étais qu'un bébé, à l'époque. Et je l'ai rencontré dans une rue, elle m'a indiqué un coin où me cacher, et elle est partie. Je me demande ce qu'elle faisait là.

- Moi aussi, je crois l'avoir vu. »

Peu à peu, les conversations s'arrêtaient.

« Où ? Interrogea Milo.

- Après la mort d'Aioros. On a essayé de m'arrêter, et je me suis enfuis. Quand je suis arrivé sur la place, j'ai vu cette personne, on aurait dis une ombre. J'ai cru que c'était la Mort.

- Maintenant que vous en parlez, moi aussi je l'ai déjà vu.

- Ah bon, Mû ?

- Dans mon clan, on enferme les enfants, dès le plus jeune âge, dans des chambres où ils sont seuls, et durant plusieurs années. Les parents ne viennent jamais nous voir, il y a des femmes qui viennent de temps à autre pour nous changer, nous laver et nous nourrir. Un jour, elle est rentrée dans ma chambre, et je l'ai suivie. Finalement, je suis sorti dehors.

- Et c'est là que je t'ai trouvé, fini Sion.

- Je croyais que la princesse ne pouvait pas sortir du monde des morts. »

Les regards se tournèrent vers Rhadamanthe qui regretta d'avoir prononcé ces mots à voix haute.

« Tu connais la Princesse ?! S'exclama Saori.

- « Connaître », c'est un grand mot. Disons plutôt que je l'ai déjà croisée.

- Et qui est-elle ?!

- Une servante proche d'Hadès. Il était interdit de lui parler et elle n'adressait la parole à personne. Elle était comme une ombre qui se déplaçait dans le château.

- Et tu connais son vrai prénom ?

- Bien sûr que non, il était interdit de lui parler. Hadès a bien insisté là-dessus. Certains se sont risqués à lui parler, elle ne leur a pas répondu. D'autres ont voulu voir son vrai visage, ils ont rencontré le mur. Elle est comme une ombre, c'est comme si elle n'existait pas dans le château. Mais, parfois, on la voit traîner, quand elle n'est pas occupée avec Hadès. Elle est très proche de lui, mais il me semble qu'elle n'a pas le droit d'aller dans le monde des vivants. Apparemment, elle a désobéi.

- C'est elle qui m'a ramené à la vie, à Élision, dit Seiya.

- Vous étiez dans le monde des morts, elle a simplement ramené ton âme dans ton corps. Enfin, « simplement »… Elle a une grande puissance, ce n'est pas une servante directe d'Hadès pour rien. Cependant, à cause de vous, elle a quand même trahi Hadès, en vous faisant sortir d'Élision. Si Perséphone l'apprend, ça va mal aller pour elle.

- Perséphone est en Enfer ? S'étonna Saori.

- Durant la guerre, non, elle n'était pas là. Mais il arrive qu'elle vienne faire un tour, et elle tient beaucoup à Hadès. Elle ne supporte pas la trahison.

- Et y a-t-il un moyen de la retrouver ?

- Je ne pense pas, Seiya. À cause la défaite d'Hadès, les Enfers doivent être sans dessus dessous, à moins que Perséphone ne soit intervenue. La Princesse est soit restée en Enfers, soit elle s'est cachée quelque part. Elle ne veut certainement pas qu'on la retrouve.

- J'aurais aimé la remercier.

- Tu ne le pourras sûrement jamais.

- Mais pour quelle raison a-t-elle fait ça ?

- Eh bien… Je n'en sais rien. Peut-être parce qu'elle était justement une servante d'Hadès et que c'était un moyen comme un autre de se venger de lui en sauvant les responsable de sa défaite. Ou peut-être qu'elle avait envie de vous sauver, car vous étiez vivants, vous l'aviez vaincu, alors ça aurait été bête de mourir là-bas. Il y a différentes hypothèses. »

Un silence s'installa dans la pièce. Rhadamanthe venait de leur dévoiler une partie de l'identité de cette étrange Princesse, qui avait sauvé les chevaliers de bronze et leur déesse. Seiya était déçu, il aurait voulu la retrouver pour la remercier. Et maintenant que le spectre venait de leur dire qu'elle risquait quelque chose à cause de ce qu'elle avait fais, son envie de la retrouver s'était accrue.

Rhadamanthe aurait voulu leu en dire plus, mais il ne savait pas grand-chose à propos de la Princesse, que tous les spectres avaient vu au moins une fois. Cette ombre qui longeait les mur, qui lisait en eux comme dans un livre ouvert, et qui les repoussait avec une violence extrême lorsqu'ils s'approchait trop près d'elle. Mais elle avait sans doute disparu. Elle s'est sans doute enfuie, loin des Enfers, loin de ce monde sombre, loin de cet endroit froid, loin de la Mort qui l'a enfermée.

OoO

Son papier était dans sa poche, il luttait pour ne pas le sortir. Kiki avait les mains coincées entre ses jambes, comme s'il avait peur qu'elles fassent quelque chose d'inconsidéré. L'enfant soupira. Il ne savait pas quoi penser. La veille, quand il avait quitté l'Île de la Reine morte, il n'était pas rentré tout de suite au temple du Bélier, il était resté un moment à traîner dans le Sanctuaire sans trop savoir où aller. Il avait peur. Peur de ce qu'il avait vu, peur de ce cet endroit, peur de cette femme magnifique. Il se souvenait encore de ses yeux bleu clair qui le dévoraient. Mais elle paraissait douce. Tellement douce.

Kiki avait envie de retourner là-bas et lui parler. Elle était trop belle pour être méchante. Mais les sirènes aussi sont belles et ce sont des sorcières. La jeune femme était pure, elle semblait incapable de faire du mal à qui que ce soit. C'était du moins l'impression qu'elle lui avait laissé. Cependant, l'apprenti savait que cacher sa découverte était mal. Il devait aller en parler à Mû. Quelque chose l'en retenait, comme si une voix lui disait qu'il fallait qu'il garde ce secret pour lui. Et ça lui faisait peur. En réalité, il était terrifié à l'idée d'entrer à nouveau dans ces ténèbres.

Ses jambes se desserraient autour de ses mains. Kiki était un enfant. C'était un gamin même un peu turbulent qui aimait l'aventure, découvrir des choses inconnues, apprendre et s'amuser. C'était un petit garçon. Et comme tous les petits garçons, il allait désobéir. Il allait mentir à Mû. Ce soir, quand son maître allait lui demander où il était passé, Kiki lui répondrait qu'il s'était promener sur la plage. L'enfant avait honte. Pourtant, il se mit sur ses jambes, s'épousseta et ferma les yeux pour se téléporter.

Cette fois, il prit la précaution d'apparaître dans la cabane. Il enfila un manteau, car il faisait vraiment trop froid pour qu'il se contente de son simple tee-shirt. Kiki marchait le plus vite qu'il pouvait. S'il n'avait pas été gêné par la hauteur de la couche de neige et sa petite taille, il aurait couru pour arriver au tunnel. Il repoussa dans un côté de son esprit la peur qui voulait lui paralyser les membres et lui faire faire machine arrière. Il devait savoir qui était cette femme et pourquoi elle était enfermée là.

Enfin, Kiki arriva devant le trou. Il frissonna, il sentait qu'il allait faire une bêtise. Il ferma les yeux et sauta, comme s'il se jetait dans une piscine d'eau froide. Il se rencontra pas l'eau, mais la température baissa violemment, il tremblait comme une feuille.

Les lèvres serrées, Kiki fonça dans le couloir, malgré le froid et espéra que la porte n'ait pas disparu. Saori ne l'avait pas vu, quand elle était passée dans le long couloir qui dessinait un cercle sur l'Île. L'apprenti esquissa un faible sourire quand il vit les grandes portes de bois sombre, sur lesquelles était tracé un grande croix rouge. Une croix qui interdisait quiconque d'entrer. Pourtant, l'enfant poussa les portes qui s'ouvrir avec facilité et il entra.

Il faisait moins froid. Kiki n'aurait su dire s'il faisait chaud au froid. En tout cas, il était bien. Comme la veille, une boule dorée se forma au creux de sa main afin de l'éclairer. Il s'avança prudemment dans l'endroit qui lui était toujours inconnu.

Cette sensation qui lui conseillait, ou plutôt ordonnait de s'en aller le prit à nouveau. Mais, têtu comme il était, il continua de marcher, guettant les longs barreaux qui partaient du plafond pour s'enfoncer dans le sol, comme au Cap Sounion. Et, enfin, il les vit. Kiki ne s'aventura guère dans les profondeur des ténèbres, il attendit le bruit des chaînes, signe que la jeune femme se déplaçait. Un petit sourire apparut à nouveau sur ses lèvres, il entendit un tintement, un bruit de tissus qui se froissent, de petits pas qui avancent sur le sol froid.

Un frisson parcourut son corps. La jeune femme apparut dans la lumière. Celle-ci lui jaunissait légèrement le teint, il devinait à quel point il devait être blanc. Il la trouvait aussi belle que la veille. Il parcourut des yeux la fine silhouette de son corps qu'il devinait sous la robe blanche, sa poitrine pas trop volumineuse, juste assez, et ses longs cheveux blonds clairs. Ses mains étaient fines, squelettiques.

Il revint vers son visage légèrement creusé, sans doute à cause du manque de nourriture. Et, à nouveau, il rencontra les yeux bleus qui s'imprégnaient de son image. Elle se laissa tomber sur le sol, s'asseyant sur la roche, et continua de contempler l'enfant. Kiki n'était plus effrayé, ou moins. Elle n'était pas agressive, elle semblait profiter du moment. Un être vivant était devant elle et elle l'admirait.

Prenant son courage à deux mains, l'apprenti du chevalier du Bélier s'avança vers les longs barreaux et s'agenouilla devant, soutenant le regard à présent doux de la jeune femme blonde. Il n'aurait su lui donner d'âge. Elle avait plus de la vingtaine, c'était certain. Il entrouvrit les lèvres, mais aucun son ne sortit de ses lèvres. La jeune femme pencha sa tête sur le côté, l'air de dire : « Il y a un problème ? ». Kiki sourit.

« Bonjour, je m'appelle Kiki. »

Surpris, il n'entendit pas sa voix résonner dans l'espace fermé. C'était comme si l'air étouffait sa voix, ce qui ne le rassura pas.

« Vous comprenez ce que je dis ? »

Elle hocha doucement de la tête, dans un signe affirmatif. Kiki fronça légèrement les sourcils.

« Vous ne parlez pas ? »

Nouveau signe de tête, la réponse était « non ». Elle porta sa main à sa gorge, effleurant sa peau de ses doigts fin et longs, dont les ongles étaient un peu longs. C'était des ongles de femme.

« Ah… C'est vous qui avez ramené les chevaliers d'or ? »

La jeune femme fit « non » de la tête.

« Vous avez quel âge ? »

Cette question lui trottait vraiment dans la tête, il avait besoin de la poser, même si elle était indiscrète et peu approprié à la situation. Elle regarda ses mains blanches, les présenta à Kiki, les doigts écartés. Elle les referma, les rouvrit, les rabaissa, et de releva ensuite que six doigts. Kiki en conclut qu'elle avait vingt-six ans. Il l'aurait crue plus jeune. Elle le pointa du doigt.

« Moi ? J'ai huit ans. Mais pourquoi vous êtes là ? Qui vous a enfermé ? Ah oui, vous ne pouvez pas parler… »

La jeune femme leva les yeux, semblant réfléchir. Elle devait chercher un moyen de communiquer avec lui autrement qu'avec les mots. Kiki ne comprenait pas le langage des signes, elle devait sans douter. Il soupira avec un sourire.

« Ce n'est pas grave. Mais votre prénom ? Je peux le trouver ? »

Elle regarda quelques instants l'enfant, puis le sol. Elle posa son doigt sur le sol et traça une drôle de forme. Il n'y avait pas de sable par terre, elle répéta le signe plusieurs fois jusqu'à ce que Kiki comprenne que c'était une fleur qu'elle dessinait.

« Fleur ? Non, le nom du fleur. »

Kiki vit avec surprise un léger sourire étirer les lèvres bien dessinées de la jeune femme blonde. Un sourire doux qui collait si bien à son visage.

« Un nom de fleur… Je sais pas… Rose ? »

Elle plissa le nez de dégoût, Kiki éclata de rire. Elle ne répondit pas au rire, mais son sourire qui grandissait sur ses lèvres le valait bien. L'enfant admira son visage. Pendant quelques minutes, il essaya toute sortes de noms, parfois plutôt extravagants. La jeune femme plissait le nez ou faisait des grimaces à certains noms, ce qui faisait rire Kiki.

L'apprenti avait fini par la tutoyer, se sentent bien avec elle. Il en avait oublié cette présence pesante qui les entourait. Il finit par regarder sa montre, et décida de s'en aller. Mû allait s'inquiéter, il devait être rentré pour cinq heure. Il se leva à regret lui dit « Au revoir » et, avec un dernier sourire, lui fit un dernier signe de la main, qu'elle lui rendit.

OoO

C'était à croire que tout revenait dans l'ordre. Ce soir-là, Kiki était rentré à l'heure au temple du Bélier et avait dîner avec l'ensemble des chevaliers. Certes, il n'avait pas été bavard, il semblait plutôt renfermé. Mais il était là, et sa présence leur avait un peu manqué. Saori n'avait guère fait attention à l'enfant et semblait de bonne humeur.

En bref, tout allait bien. Mais Milo savait que ce n'était pas le cas pour un certain chevalier du Cygne, qui d'ailleurs n'était pas venu s'asseoir autour de la table avec eux. Aphrodite avait été mal-à-l'aise, et le Scorpion le comprenait bien. Il n'avait jamais été particulièrement proche avec le Poisson, mais il savait qu'il n'était pas du genre à prendre l'amant d'un autre et de casser ainsi un couple. Ikki en avait fini avec Hyoga, et ce dernier n'arrivait pas à l'accepter. D'où la gène du suédois.

Milo et Camus avaient descendu le temple du Sagittaire et arrivaient à celui du Scorpion. Le Verseau était pensif. Il avait été touché par les larmes de son ancien apprenti. Son rôle aurait été d'aller dire deux mots à Aphrodite et à Ikki, mais il n'arrivait pas à en vouloir au Poisson. Le connaissant, il avait dû s'assurer que c'était bien fini entre Hyoga et le Phénix. Mais la rupture devait être trop proche et le russe n'avait pas encore tourné la page. Camus trouvait qu'en voulait à Aphrodite était ridicule. C'était à Ikki qu'il fallait adresser ces regards noirs.

La port d'entrée poussée, ils entrèrent dans les appartement de Milo. Celui-ci remarqua que son français était dans ses pensées. Avec un sourire, il l'enlaça par derrière et planta un baiser dans son cou, ce qui fit frissonner le Verseau. Il posa ses mains sur celles plus bronzées de Milo, se reposant contre son torse musclé, alors que le grec humait les cheveux doux couleur océan.

« Tu t'inquiètes vraiment pour Hyoga.

- Il a été mon apprenti, c'est normal.

- Il doit se débrouiller tout seul, il est grand.

- A-t-on idée de tomber amoureux d'un solitaire.

- Parce que je suis mieux, moi ??

- Oh, ça non.

- Méchant !

- C'est la vérité.

- On prend un bain ?

- Pervers.

- C'est pour ça que tu m'aimes, non ? »

Camus tourna la tête vers lui et rencontra les lèvres gourmandes de son Scorpion. Milo l'embrassa sur le front et partit dans la salle de bain faire couler l'eau, alors que Camus se chercha un verre d'eau. Hyoga le préoccupait, et passer un peu de bon temps avec son amant n'allait pas lui faire de mal. Milo avait toujours réussi à le distraire, lui faisait oublier ses soucis. Il ne s'était pas arrangé en grandissant, et le français savait déjà comment ça allait se finir.

Milo vint le rejoindre, l'enserra à nouveau dans ses bras par derrière et lui picora le cou, remontant vers la joue, puis la tempe. C'était doux, tendre, sans arrière-pensée. Milo aurait pu passer sa vie à câliner ainsi son français, à lui montrer son amour. Camus était du genre distant et renfermé, mais dans ses bras, il n'était plus la même personne.

Main dans la main, ils rentrèrent dans la salle de bain et se déshabillèrent. Milo rentra le premier, suivit par Camus qu'il calla contre lui, entre ses jambes, après qu'il eut arrêté l'eau.

Le français se laissa aller contre lui, très bien dans l'eau chaude. Un bras de Milo entourait sa taille et une autre main caressait ses cheveux. Camus se laissa câliner au grand plaisir du grec qui n'hésitait pas à caresser la peau clair de son français. Quand cela devenait trop osé, Camus déplaçait sa main. Le français était parfaitement détendu et, les yeux fermés, il suivait les doigts de Milo qui s'entremêlaient à ses cheveux ou qui parcouraient sa peau.

Ce petit jeu tendre continua quelques minutes, jusqu'à ce que Camus sente, sans étonnement, le sexe de Milo durcirent contre ses fesses. Le Scorpion embrassait son épaule, son cou, tout ce que sa bouche pouvait atteindre.

Tout en suçant le lobe de son oreille, Milo attrapa les tétons dressés avec lesquels il joua. Camus frissonnait, les yeux toujours clos. Un main abandonna un téton et glissa sur son torse, son ventre plat, pour attraper son membre dressé. Le Verseau ne put retenir un gémissement aux caresses expertes de Milo qui mordillait sa peau, laissant un suçon à son passage.

« J'ai envie de toi… »

Un gémissement de plaisir lui répondit. Milo se délectait de tous les petits bruits de son amant et de son corps chaud qui frissonnait contre lui. Il insinua un doigt dans l'intimité du français qui gémit plus fort, gêné par l'intrusion. Mais vite le plaisir fit place à la petite douleur, et un second doigt, puis un troisième, entrèrent à leur tour, détendant les muscles et préparant à un intrusion plus grosse.

Le Scorpion cessa ses caresses et incita Camus à se retourner. Il voulait voir son visage d'habitude si sérieux, il voulait voir ses traits se déformer sous l'effet du plaisir trop intense. Le grec sourit. Le Verseau avait les joues rougies, il était vraiment craquant.

Il le fit monter sur ses cuisses et l'embrassa langoureusement, caressant sa langue, mêlant leur salive. Le Verseau avait enroulé ses bras autour de son cou, approfondissant leur chaud baiser. Milo parcourait son dos de ses mains, caressant les mèches bleues qui s'y étaient collées, touchant ses fesses pour remonter plus haut. Il gémissait contre la bouche de son français, celui-ci se frottait contre lui, attisant son désir, le rendant fou.

Milo empoigna les hanches de son amant, lui faisant comprendre, sans cesser de l'embrasser, qu'il voulait entrer en lui. Camus ne lui opposa aucune résistance, se laissant faire, en confiance. Doucement, Milo pénétra Camus qui gémit contre sa bouche. Une fois entièrement en lui, le Scorpion lutta pour ne pas se retirer et le prendre brutalement. Il ne voulait pas lui faire de mal, le plaisir de son amant était aussi important à ses yeux que le sien propre.

Camus avait mal, il était étroit et Milo plutôt imposant. Quittant ses lèvres pleines, il amorça un premier mouvement en poussant un gémissement de pur plaisir. Milo ne tint plus. Il lui reprit ses hanches et commença des va-et-vient en lui de plus en plus profond.

C'était trop bon d'être en lui, dans ce fourreau si étroit, de voir son visage exprimer l'intense plaisir qu'il ressentait, d'entendre ses cris de jouissance. Milo grognait son nom, écoutait le sien gémit par le Verseau qui perdait pied de la réalité. Ils étaient à deux doigts d'exploser. La libération vint, ils jouirent ensemble dans un même cri.

Camus retomba dans les bras de son scorpion, haletant, le corps encore tremblant. Milo caressait machinalement la longue chevelure mouillée de son amant. Il le souleva un peu afin de se dégager et le garda au chaud dans ses bras. Ils étaient bien, là, dans les bras l'un de l'autre, dans la tiédeur de l'eau. Ils avaient l'impression que plus rien ne pouvait leur arriver. Et ils avaient raison car, plongé dans l'eau de cette salle de bain, à l'abris dans le temple, ils ne pouvaient voir les légères ombres se mouvoir dans tout le Sanctuaire, effleurer les tombes, parcourir le sol rocheux.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !