Bonjour à tous !

Sockscranberries : Héhé, heureuse que la mort de Ron et Ombrage t'aient fait plaisir.

Etoile Solitaire : J'ai essayé de rester relativement soft tout de même. Queudver ah... Il est déjà mort le pauvre.

LoloVoldy et Madison2220 : Merci pour vos commentaires, en espérant que la suite vous plaise autant :)

Amazonelo : La gaieté n'est pas pour tout de suite...

Zeugma : J'espère que la deuxième te satisfera :)

gabrielle : J'espère que j'arrive a insérer un peu d'originalité, je ne veux surtout pas risquer l'ennui !

Merci encore à tous pour vos review, etsans plus attendre... La phase deux de l'histoire !


Severus atterrit devant les grilles de Poudlard, Hermione inconsciente dans ses bras. Il fut soulagé lorsque les grilles s'ouvrirent en grinçant, lui prouvant que le château le reconnaissait toujours. Il traversa le Parc, heureusement vide. Il ignorait la date exacte du jour, mais les grands cris provenant du terrain de Quidditch lui indiquaient qu'il arrivait un samedi. Ce qui ne l'enchantait pas, Minerva se trouverait sans aucun doute dans les gradins à suivre le Match. Il hésita à chercher un moyen de la joindre, mais se ravisa. Il ne voulait pas être vu par les centaines d'élèves, alors il profita des couloirs vides pour se diriger rapidement vers la gargouille, gardienne éternelle du bureau directorial. Encore une fois, la créature fit un pas de côté si rapidement, sans même attendre un mot de passe, faisant hésiter Severus. Il était visiblement attendu. Il grimpa doucement les marches, prenant garde à ne pas cogner la jeune fille. Lorsqu'il pénétra dans le bureau, il fut accueillit par les murmures outrés des portraits des anciens directeurs. Les ignorant, il installa Hermione dans un fauteuil, l'emmitouflant dans sa cape. Lorsqu'il se redressa, il entendit clairement Phineas Black lui souhaiter la bienvenue, sous les grondements désapprobateur des autres peintures. Severus lui fit un signe de tête, et chercha des yeux Albus Dumbledore. Il était à sa place, et le regardait, les yeux brillants. Oh qu'il détestait ce regard, ces yeux bleus qui vous scannaient, qui vous décortiquaient plus que le meilleur des légilimens. Et maintenant ces yeux là lui renvoyaient toute la désolation de la situation. Albus semblait pour une fois à court de mots, mais finit par lui adresser un petit sourire triste, et murmurer :

- Elle arrive.

Oui, Minerva arriva rapidement, alertée de l'intrusion dans son bureau. Tous les Directeurs étaient reliés à Poudlard, par un lien invisible, qui ne cessait qu'a leur mort. Sans doute avait-elle même été prévenue de leur arrivée à peine avaient-ils transplané. Lorsqu'elle entra dans la pièce, elle eut un mouvement de recul en reconnaissant Severus. Mais il devina que ce n'était pas de le voir lui, qui l'avait surprise. C'était davantage le visage qu'il montrait, qui dérangeait. Potter avait eu la même expression d'étonnement. Rogue, l'homme éternellement tiré aux quatre épingles malgré ses cheveux gras, arborais aujourd'hui une barbe de plusieurs jours, des cheveux bien plus longs qu'autrefois, et surtout, la cavale de cinq ans lui avaient creusé d'énormes cernes et marques profondes de fatigue. Il était maigre, il lui manquait presque vingt kilos, ses robes faites sur mesure quelques années plus tôt lui tombaient sur les épaules comme un vulgaire drap élimé. Mais une chose n'avait pas changé depuis leur dernière rencontre : son regard. Ses yeux brûlaient toujours de cette flamme froide et noire, ses prunelles qu'on évitait de croiser plus qu'il n'en n'était nécessaire... Rogue était toujours là, sous l'apparence du vagabond affamé. Minerva baissa ensuite les yeux sur Hermione, étouffant un grognement. La pauvre petite avait une tête à faire peur, le visage très pâle et trop fin. Elle disparaissait presque dans une cape noire, mais on remarquait bien qu'elle aussi aurait besoin de reprendre quelques kilos. La directrice alla finalement s'asseoir, se laissant presque tomber dans son fauteuil.

- Vous disparaissez pendant des années, pas une seule nouvelle... Et je vous retrouve dans mon bureau, sans même un hibou d'annonce. Merlin Severus, mais qu'est ce qui se passe ? Demanda-t-elle d'une voix lasse.

Il resta silencieux quelques instants. Il regrettait d'être revenu à Poudlard, de revenir sous la coupe de ses Directeurs envahissants. Mais il savait aussi qu'il avait besoin d'aide, pour Hermione.

- Je ne suis pas sûr que vous souhaitiez savoir ce qui s'est passé pendant ces dernières années, Minerva. Répondit-il, tendu.

- Ne me sous estime pas. Je me doute de ce qui a pu se passer. Si le Ministère persiste à laisser la population dans l'ignorance, ce n'est pas mon cas. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi vous êtes revenus.

Severus l'observa longuement avant de répondre. Elle pensait savoir, mais jusqu'à quel point ?

- Seriez-vous d'accord pour cacher Miss Granger, ici, à Poudlard ?

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je serais responsable en cas d'accident et...

Une voix la coupa, provenant de la toile d'Albus Dumbledore.

- Je trouve au contraire que c'est le moins que l'on puisse leur donner, Minerva.

McGonagall se retourna vers lui, le rouge lui montant aux joues.

- Je suis d'accord avec mon collègue, annonça d'un ton solennel Phinéas Black.

Contre toute attente, la plupart des portraits acquiescèrent de manières plus ou moins enjouées. La directrice promena son regard de toiles en toiles, avant de frapper du poing sur l'accoudoir de son fauteuil.

- Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ? Vous, les Directeurs, me conseillez de faire entrer ce qui a tué autant de monde ? Pensez vous aux élèves ?

Severus se sentit bouillir. Il allait se lever, récupérer Miss Granger, et l'emmener loin d'ici, loin du monde. Mais Phinéas Black le remarqua, et cria presque :

- Minerva, Albus, vous avez suffisamment profité des uns et des autres ! Vous le leur devez.

- D'accord, nous leur sommes redevable. Mais … tenta McGonagall.

- Nous pouvons les installer chez moi … Grommela Dexter Fortescue d'un ton bourru.

- Ah ! Chez ta maîtresse plutôt, ricana un autre portrait dont le nom échappait à Severus.

Quelques éclats de rire parsemèrent les tableaux. Minerva baissa les bras.

- Calmez-vous Messieurs ! S'exclama Dilys Derwent, se levant de son fauteuil de de peinture rouge. Nous sommes d'accord, ils doivent rester, Madame la Directrice. Ils resteront.

Minerva s'enfonça dans son fauteuil, dépitée. Severus sourit intérieurement. Elle venait de se faire prendre au petit jeu qu'elle avait aimé copier de son prédécesseur. Mais il semblait que ses pairs avaient décidé qu'il en était assez.

- Bien... Je n'ai pas le choix j'imagine, dit McGonagall d'une voix faible. Chez vous, vous disiez Dexter ?

- Mais oui ma chère, je me suis arrangé un petit pied à terre derrière les serres. Séparé du reste du château, aucune chance que quelqu'un y pénètre par erreur. J'y ai apporté mes petites protections... disons, particulières, gloussa l'homme grassouillet.

Particulières ? C'était certain. L'endroit entier était particulier, depuis le chemin qu'il fallait parcourir pour l'atteindre. L'entrée du souterrain se cachait derrière l'armoire d'or qui renfermait toujours les instruments rares d'Albus Dumbledore. Dexter leur avait décrit la méthode avec fierté. Le tunnel caché causa quelques ennuis a Severus, qui avait reprit Hermione dans ses bras. Des centaines de marches s'enfonçaient jusqu'au plus profond des entrailles du château, un long couloir serpentait entre des obstacles invisibles, et quelques fuites d'eau provoquaient des flaques glissantes ici et là. Enfin, la Directrice s'arrêta face à un mur. Ils étaient dans un cul de sac. « Quand vous verrez, vous comprendrez », avait dit le portrait. Agacé, Severus se glissa entre le mur et Minerva, et fit face à la surface de pierre. Il libéra une main, et serrant la jeune fille dans son autre bras pour l'empêcher de glisser, il frôla l'obstacle. Sa main passa au travers, lui provoquant un soupir. Un faux mur, et c'est tout ? McGonagall tenta de faire de même, mais sa main à elle rencontra la pierre froide. Rogue fronça les sourcils, et essaya de faire traverser les jambes d'Hermione. Elles passaient. Il avança d'un pas franc, et une seconde plus tard, il se trouvait dans un patio circulaire fleuri, magnifique. Des buissons de roses rouges avaient peu a peu envahi les murs, l'herbe était folle, et le lierre avait prit possession du banc qui trônait au centre. Des fenêtres trouaient régulièrement la masse verte et rouge, et une porte tentait bravement d'échapper aux envahisseurs. Il se retourna vers le mur d'où il était sorti, et vit Minerva, complètement dépitée. Il pouvait la voir, mais pas l'inverse.

- Minerva ? Appela-t-il à voix haute.

- Severus ? Mais où es-tu ?

- Entrez donc.

La directrice tenta un pas en avant, et traversa à son tour la paroi.

- Seul l'homme « propriétaire » du lieu peut inviter j'imagine, commenta-t-elle. Charmant.

Severus haussa les épaules, peu lui importaient les trouvailles douteuses d'un Sorcier ayant vécu plusieurs siècles plus tôt. Il se dirigea vers la porte, d'un pas qui était resté raide depuis qu'il remarchait. Il l'ouvrit avec quelque difficultés, gêné par la jeune femme qu'il portait toujours. Il entra dans le pavillon qu'avait aménagé Dexter Fortescue pour sa chère maîtresse, qu'il avait fait vivre à Poudlard pendant des années, à l'insu de tous. C'était le petit privilège des directeurs, Poudlard leur faisait toujours une attention personnelle, un cadeau. Le décors n'avait rien pour plaire à Rogue. Des meubles lourdement décorés de fleurs, beaucoup de rose, des napperons, des assiettes au murs... Cela ressemblait bien trop au bureau de Dolorès Ombrage à son goût. Le grognement narquois que poussa Minerva dans son dos lui indiqua qu'il n'était pas le seul à y penser. Il installa Hermione dans un canapé recouvert de toile de Jouy. Contrairement au jardin, ce salon trop encombré avait l'air d'être régulièrement entretenu.

- Alors, qu'en pensez vous ? S'éleva la voix de Dexter, apparu dans un petit tableau rond perdu entre des assiettes décoratives.

- Répugnant, grogna Severus. Quelqu'un d'autre connaît cet endroit?

- Les elfes continuent de l'entretenir il me semble, répondit le tableau visiblement un peu vexé. Vous pouvez arranger le décors si vous préférez, C'est à vous maintenant. Ma chère Mary n'est plus là pour en profiter de toute façon.

- Les elfes... Murmura Severus.

- Vous pouvez leur interdire de venir. Vous décidez de tout ici, ajouta Dexter, retrouvant un peu de fierté.

- Vraiment ? Alors disparaissez, je vous interdit de venir fouiner ici sans mon accord, est-ce clair ?

- Bien sûr, je n'en n'attendait pas moins de vous, marmonna l'ancien directeur en quittant la toile.

Severus se laissa tomber dans un fauteuil de satin rose, épuisé. Minerva se promena quelques minutes dans les appartements, le laissant seul. Il regarda Hermione dormir, pelotonnée en position fœtale, sa queue qui s'était échappée de la cape pendant au sol. Elle n'avait pas dit un mot avant de s'évanouir, et ses yeux... Tellement vides. Elle aurait du mal à se remettre, il en était sûr. Peut être que cette cage dorée n'était pas le meilleur endroit pour elle finalement. Il aurait dû la ramener chez lui, dans la maison qu'il avaient occupé pendant leur chasse. Elle connaissait l'endroit. Ici, elle serait sans doute perdue, et enfermée. Mais il quelque part au fond de lui, il songeait qu'il ne serait peut être pas de taille pour réparer les dégâts qui avaient été faits. Il soupira profondément. Lui aussi, même s'il répugnait à l'admettre, revenait dans un sale état. Son corps entier le faisait souffrir, il rêvait simplement d'une nuit entière, dans un lit, pas un demi-sommeil assis dans un fauteuil, sursautant au moindre mouvement d'un dragon. Prêt à partir en chasse, à craindre qu'ils soient vus, ou pris. A voir encore et encore Miss Granger, si aimable, devenir une arme de destruction sanguinaire. Il fût tiré de ses pensées par la voix de la directrice qui revenait dans le petit salon.

- Il ne s'est pas moqué de toi, c'est immense. Je crois avoir trouvé une sortie plus simple, qui débouche sur une serre condamnée. Je n'ai pas pu passer, mais j'imagine que l'homme de la maison pourra. Je compte sur toi Severus, je ne veux pas voir Hermione se promener seule pendant l'année scolaire. Sommes-nous d'accord ?

- Oui, Madame la Directrice, cracha Severus.

- Ne le prend pas comme cela s'il te plaît, implora Minerva, agacée. Je ne demande pas mieux que vous aider, tu le sais. Veux tu que l'infirmière passe voir Miss Granger ?

- Laissez Poppy en dehors de cela, je ne veux pas voir cette vieille pie traîner ici.

- Elle a prit sa retraite, c'est une de ses nièces qui à prit le poste. Elle s'appelle Gladys, et est tout à fait compétente.

Severus se pinça l'arrête du nez en soupirant fortement.

- Le dernier sois disant « soigneur » à qui j'ai eu à faire, a tenté de m'assassiner et a fini sa misérable vie dans un tragique accident.

McGonagall pâlit légèrement.

- Je vois.

Rogue retourna à son observation de Miss Granger, et ne répondit pas au salut de Minerva. Il resta ainsi figé comme une statue pendant des heures, avant de sombrer finalement lui aussi dans le sommeil, longtemps après le coucher du soleil.

Lorsqu'il s'éveilla à l'aube, Hermione n'avait toujours pas bougé. Il daigna enfin se lever et visiter l'endroit. Minerva avait raison, c'était très grand. Une chambre immense, un boudoir, un deuxième petit salon, une cuisine, le tout s'enroulant autour du patio fleurit. Il retourna dans le salon récupérer Hermione, et l'emporta dans la chambre, l'installant plus confortablement dans le grand lit à baldaquin atrocement rose. Elle ne réagit même pas, toujours plongée dans un quasi coma.

Il l'observa encore près d'une heure, assis dans une petit canapé brodé. Merlin, il ne tiendrait pas longtemps dans un décors pareil, il en avait presque la nausée de toutes ces nuances de rose. Il décida finalement d'aller faire un brin de toilette, dans la salle de bain voisine. Elle était évidemment carrelée de rose, parsemée de fleurs blanches et une mosaïque géante de papillon achevait l'horreur. La baignoire était vaste, même si plus petite que celles que l'ont trouvait généralement à Poudlard. Une chose manquait cependant dans cette salle de bain de femme : un rasoir. Il faudrait vraiment qu'il récupère quelques affaires plus masculines. Des meubles aussi ? Il grogna à voix basse, et se dirigea d'un pas résolu vers le salon. De mouvements de baguettes rageurs, il envoya toute nuance de rose dégoulinante au néant, fit disparaître le papier peint, les assiettes, les tentures, laissant enfin les murs de pierre claire respirer un peu après autant de siècles d'écrasement, mais épargna le tableau de Dexter. Il métamorphosa le tissu des canapés et fauteuil en cuir brun et noir, tellement plus confortable et vivant. Il attrapa d'un geste vif un napperon qui encombrait une commode, et un petit sourire sadique aux lèvre, le consuma d'un coup de baguette. Une fois débarrassés de tous les bibelots, les meubles de chêne clair étaient plutôt agréables, il les laissa donc tel quel. Il changea la couleur des tapis pour un vert typiquement Serpentard, accordant les rideaux de la même couleur, leur supprimant en passant la dentelle excessivement mièvre. Il passa ainsi de pièce en pièce, défoulant sa rage contre le rose. Une fois la frénésie terminée, il observa son œuvre. Qui eut crû qu'une âme de décorateur de cachait en lui ? L'endroit était en tout cas à présent vivable. Trop froid, il manquait quelques affaires personnelles, ses livres... Minerva les avait-elle gardé ? Sans doute. Il ne manquerait pas de lui poser la question. Il laissa cependant la chambre d'Hermione en place, préférant attendre qu'elle se réveille. Si elle se réveillait un jour... Il n'aimait pas la voir ainsi, étrangement faible après des années de force brute. Même lorsqu'elle n'était qu'élève, il la voyait toujours débordante d'énergie. Et maintenant elle restait couchée, immobile, ne remuant même pas un doigt dans son sommeil. Il répugnait à demander de l'aide. Ils s'étaient débrouillés seuls pendant cinq ans, il voulait continuer ainsi. Mais était-ce seulement possible, raisonnable ? Si elle ne bougeait toujours pas demain, il faudrait qu'il se résigne, elle ne tiendrait pas sans eau ni nourriture très longtemps.

Lorsqu'elle était... Dragon, elle avait rarement chassé autre chose que ses proies humaines. Mais ces reptiles géants sont parfaitement adaptés aux repas aléatoires. De temps en temps elle disparaissait quelques heures, le laissant seul, et revenait visiblement rassasiée. Qu'avait-elle tué, il l'ignorait. Mais ce n'était certainement pas un être humain, elle n'avait jamais dévoré ses victimes. La première fois il avait cru qu'elle l'abandonnait. Cela faisait plusieurs mois qu'ils n'avaient trouvé aucun Sorcier Blanc. Il avait appelé longtemps, debout dans son jardin, et quand il allait baisser les bras, elle était revenue, s'excusant à travers son regard d'ambre. Alors il avait comprit. Si elle partait seule, il n'y avait pas d'urgence. Mais quand elle repérait un des salopards qui avaient voulu sa peau, elle poussait un grondement tellement bas qu'il était inaudible, résonnant simplement autour d'elle. Il la rejoignait, et elle l'emmenait. C'était étrange qu'elle ait gardé le pouvoir de transplaner, les dragons ne le possédant pas. Mais cela l'avait rassuré, le confortant dans l'idée que la jeune fille était bien encore présente dans l'animal. Et maintenant, restait-il assez d'Hermione dans Miss Granger ?