~A propos de l'histoire~

Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.

Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013). L'Enfant Maudit n'est PAS compté dans cette fic, car sorti après.

Résumé : 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard l'école de sorcellerie, aux côtés de son meilleur ami Gabriel Madder. Tout deux n'aspirent qu'à mener une vie paisible à Poudlard, aux côtés de leurs amis. Encore innocents, un peu idiots peut être, leur vie bascule lorsqu'ils se retrouvent impliqués malgré eux dans un grave accident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de prouver leur innocence, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.

Trois ans plus tard, James et Gabriel courent toujours après la vérité. Alors que la situation politique devient houleuse, résultat lointain des événements de leur deuxième année, apparaît une étrange et inquiétante affaire de meurtres en série. La crainte de la montée d'un nouveau mage noir prend peu à peu place dans la population. Poudlard semble rester relativement épargnée, mais pour combien de temps ? Entre tensions grandissantes et mystères à résoudre, ce début de cinquième année s'annonce tumultueuse et l'avenir peut-être plus sombre encore.

Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard

Rating du chapitre : K+


~Aide et correction~

Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Claes (anciennement Grenat) sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.


~Résumé du chapitre précédent~

L'opération pour s'infiltrer dans le bureau du directeur a lieu. Gabriel s'éloigne du stade de Quidditch pendant les sélections, pour s'envoler au dessus du château, jusqu'à la fenêtre du bureau. Pendant ce temps, Eliot, James et Bloom tâchent de faire comme si rien d'étrange se déroulait. James ne parvient guère à se calmer, alarmant quelques personnes. Malgré tout, Gabriel revient avant la fin, permettant à James de se ressaisir et ainsi être sélectionné dans l'équipe. Une fois cela fait, les quatre amis se retrouvent pour discuter de ce que Gabriel a découvert. Après leur avoir comté ce qui s'était passé dans le bureau, Gabriel révèle l'indice du Choixpeau. Ils réalisent alors qu'ils vont avoir besoin de l'aide de Séléné pour trouver le cœur de l'école.


Chapitre 21 : La requête

L'habituelle fête post-sélections tendait désormais sur sa fin après avoir occupé dignement toute l'après-midi. Ce qui était inhabituel en revanche, en tout cas pour Albus, c'était l'absence de son frère et de ses amis qui avaient, semble-t-il, déserté le Foyer dans la plus grande des discrétions. James avait toujours aimé ces célébrations après tout. Le Serdaigle ne pouvait cependant pas dire qu'il était surpris de ce scénario. Compte tenu de ce qui s'était passé durant les sélections, entre la performance médiocre de James, le comportement suspect de Bloom et d'Eliot ou l'absence temporaire de Gabriel, il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte que quelque chose se tramait.

« Donc, si je résume un peu ce que vous dites, James n'était pas le seul à ne pas être dans son état normal aujourd'hui, énonça Rose, songeuse. J'avais remarqué pour Bloom, elle n'a pas arrêté d'essayer de le calmer. Je ne savais pas par contre pour Eliot et Gabriel.
— Eliot était particulièrement tendu oui, confirma Scorpius. Je ne sais pas trop qui il surveillait précisément, mais je l'ai vu jeter pas mal de coups d'œil vers les gradins des professeurs. Autant dire que ça sent le mauvais coup à plein
— Sans oublier que Gabriel s'est absenté, dit Albus. L'excuse de la bièraubeurre est assez bien trouvée, c'est crédible et ils pouvaient facilement préparer tout ça en amont. Ils sont parmi les seuls à connaître les passages secrets permettant de sortir de l'école après tout, et de toute façon ce n'est plus vraiment le business des deux-F.
— Gabriel a mentionné qu'il avait eu recours à ton aide d'ailleurs Séléné, reprit Scorpius en tournant la tête vers la jeune aveugle. Tu confirmes ?
— Pour la cinquième fois au moins, oui, soupira-t-elle. En plus, d'après la discussion que j'ai eu avec lui ce matin, c'était vraiment prévu qu'il soit absent des sélections. Pour ce qui est du chemin, c'était parfaitement en accord avec celui menant à la statue de la sorcière borgne. C'est bien ici que se trouve le passage secret ?
— Oui, c'est bien ça. »

Albus porta son verre rempli de bièraubeurre aux lèvres. Ils ne connaissaient que trop bien James, Eliot, Gabriel et Bloom pour ne serait-ce qu'envisager que tout cela n'était que des coïncidences. Docteurs es bobards, préparateurs de mauvais coups professionnels, son frère et ses amis étaient des habitués du contournement de règles en tout genre. Albus était même convaincu d'ignorer une bonne partie de leurs coups d'éclats. Oh, ils s'étaient fait calmes en ce début d'année. Rien de rassurant. Scorpius, Rose et Séléné partageaient son opinion, si peu de mouvement de leur part en deux semaines, cela sentait le projet d'envergure. Leur présence régulière au sein de la bibliothèque n'était qu'un élément en plus dans la balance.

C'était pour cela qu'ils avaient estimé nécessaire de faire cette petite réunion de crise, profitant de l'animation du Foyer pour couvrir leurs discussions. Personne ne leur portait trop d'attention, leurs camarades étant trop occupés à brailler ou boire, riant souvent aux éclats. Avec tout ce qu'ils avaient remarqué et réuni comme signes, il n'y avait pas de doute à leur yeux : quel que soit leur projet, ils étaient passés à l'action aujourd'hui, au nez et à la barbe de tous.

« Tu as quelque chose à ajouter Al' ? s'enquit Scorpius.
— Pas vraiment, répondit le Serdaigle en se reculant sur sa chaise. Ils ont été malins, j'imagine qu'ils avaient déjà préparé la bièraubeurre dans le passage secret. Avec la cape par-dessus, personne ne pouvait le remarquer même en le connaissant. Et James a la cape depuis le début de la semaine.
— Je pense qu'on peut partir du principe que cette hypothèse est juste, marmonna Rose en réajustant ses lunettes. L'excuse parfaite pour s'absenter, avec un alibi assez fort pour ne pas attirer trop l'attention. Je dois avouer que sans la performance lamentable de ton frère, je n'aurais peut-être rien remarqué.
— On tourne quand même un peu en rond là, s'exaspéra Séléné. On a déjà fait le tour trois fois de tout ça. Ce serait peut-être temps d'essayer de chercher exactement ce qu'ils comptaient faire, non ?
— Tu marques un point, accorda Scorpius. Hum… Déjà, clairement, ils ne voulaient pas que les professeurs soient au courant…
— Rien d'étonnant jusque-là, ricana l'aveugle.
— …et pourtant ils ne l'ont pas fait de nuit, continua le blond en ignorant l'intervention.
— Oh, oui ! Je n'y avais pas pensé… C'est vrai que c'est étrange ça, c'est pourtant plutôt leur façon d'opérer en temps normal. »

Rose tourna son regard vers Albus, cherchant à savoir son avis. Le garçon hocha la tête.

« Je m'étais déjà posé la question, dit-il. Je n'ai pas vraiment de réponse, seulement deux pistes éventuelles. La première, c'est qu'ils avaient besoin que tout le monde soit rassemblé au même endroit pour ça… mais le problème, c'est que je n'arrive pas à imaginer la moindre raison pouvant nécessiter cela.
— Et l'autre ? demanda Rose.
— Ils avaient besoin qu'une personne en particulier soit absente du château. C'est déjà plus probable, mais la question reste de savoir qui. Les professeurs sont bien entendu en première ligne de nos suspects, mais ça reste très… vague.
— Ne prend pas cet air défaitiste, s'amusa Scorpius. C'est déjà énorme qu'on ait réussi à déduire tout ça !
— On sait au moins par où commencer », confirma Séléné.

Albus répondit par un léger sourire, un peu gêné. Il restait frustré. Tout ce qu'ils avaient n'étaient que des hypothèses et des extrapolations. Il voulait du concret. Il but une nouvelle gorgée de bièraubeurre, portant un moment son regard vers ses camarades de Serdaigle qui étaient partis loin, très loin, dans la théorisation de la saison à venir – ils étaient néanmoins tous d'accord pour donner Serdaigle vainqueurs.

« J'espère vraiment qu'ils ne sont pas encore en train de s'empêtrer dans une mouise pas possible, soupira-t-il finalement.
— J'aimerais bien te rassurer, mais les connaissant, c'est tout à fait possible, répondit Scorpius en lui tapant légèrement dans le dos. Après tout, courir après les ennuis est en quelque sorte une marque de famille chez les Potter, non ?
— C'est bien une phrase de ton père ça, ricana Rose.
— Hey ! Il n'a pas forcément tort, tu sais ?
— Je vais donner raison à Scorpius, s'amusa Séléné. Quoi qu'il en soit Albus, évite de trop t'inquiéter. On les surveille de près depuis trois ans maintenant, ce n'est pas maintenant qu'on va les laisser faire de nouvelles conneries ! »

Le sourire confiant que lui adressa Séléné remonta un peu son moral. Albus devait admettre qu'il avait été profondément marqué par l'épreuve qu'avait traversé son frère, bien plus qu'il n'oserait jamais l'avouer à quiconque. Malgré cela, il savait très bien que Scorpius, Rose et Séléné en étaient parfaitement conscients, et Albus leur était reconnaissant qu'ils n'aient jamais essayé de lui faire avouer. À dire vrai, ils avaient décidé spontanément de l'aider dans la tâche qu'Albus s'était imposé, celle de veiller sur James et ses amis. Un peu rassuré, il vida simplement son verre, écoutant tranquillement pendant les minutes à venir les chamailleries habituelles de Rose et Scorpius, avec un certain amusement.

En entrant dans la Grande Salle pour le repas, Albus se sépara de ses trois compères pour s'asseoir à la table des Serdaigle. Il trouva rapidement Jolyne, occupée à lire un livre tout en mangeant de façon distraite. Un sourire prit place sur les lèvres du garçon. Typique, songea-t-il en s'installant à côté de son amie qui semblait bien trop absorbée par ses lectures pour le remarquer.

« Hum… Contes et Légendes de Lycan, dit Albus en tordant le cou pour lire le titre du livre. C'est pour un travail en défense contre les forces du mal ? »

L'asiatique eu un léger sursaut, avant de tourner la tête vers Albus. Le garçon lui répondit par un large sourire, satisfait de son effet.

« Toi alors, marmonna-t-elle en déplaçant une mèche de cheveux hors de son champs de vision. Tu sais très bien qu'un rien me surprend quand je lis…
— Et tu sais très bien que ça me fait rire, répondit Albus. Du coup, pour ma question ? C'était l'année dernière les loups-garous, non ?
— C'est juste un bouquin que je lis pour mon plaisir personnel, répondit Jolyne. Je suis tombée dessus hier pendant que je cherchais de quoi réviser pour le cours de soins aux créatures magiques. Il y a plein d'histoires issues d'un peu partout dans le monde, c'est vraiment très intéressant. Les lycanthropes ont toujours fasciné et développé l'imagination des sorciers. Des moldus aussi même, c'est dire !
— Je n'en doute pas une seule seconde…
— Et… j'imagine que ça ne t'intéresse pas vu ta réponse pleine d'enthousiasme.
— Désolé », s'excusa Albus qui ne l'était pas du tout.

Il était à dire vrai bien plus occupé à se servir une assiette qu'à essayer d'écouter ce que pouvait lui raconter Jolyne. La jeune fille soupira, secouant la tête d'exaspération, poussant Albus à finalement afficher un sourire gêné.

« Tu pourrais au moins faire un effort pour paraître un minimum à l'écoute… Enfin…
— Désolé, répéta le garçon, cette fois avec un semblant de culpabilité. C'est juste que… ça n'a jamais été trop mon truc les créatures.
— Oublie ça, souffla Jolyne avec un brin d'agacement. Parlons d'autres chose. Comme tes sélections tiens. Bien joué Bubus, tu es toujours aussi performant que dans mes souvenirs.
— Oh ! Tu veux dire que tu es venue y assister cette année ? » s'étonna Albus.

Jolyne lui répondit par un sourire, hochant la tête.

« Je te l'avais promis je te rappelle.
— J'avais oublié, dit le garçon en se frappant le front. Désolé de t'y avoir forcé, je sais bien que ça n'a jamais été ton truc…
— Non, ne t'en fais pas, ça m'a fait plaisir, le rassura Jolyne. Par contre, ton frère n'a pas été très bon aujourd'hui, pourtant je croyais me souvenir qu'il volait bien.
— Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, répondit Albus. Je n'ai pas eu l'occasion de lui demander, et de toute façon, je doute qu'il me dise quoi que ce soit.
— Pourquoi tu n'irais pas lui demander maintenant ? Je veux dire, il est en train de discuter avec Scorpius et les autres.
— Hein ? »

Albus fronça les sourcils alors que Jolyne lui pointait du doigt la table des Gryffondor. Elle disait vrai. James s'étaient approché de Scorpius, Rose et Séléné et semblaient leur murmurer quelque chose. Scorpius semblait sur la défensive remarqua Albus, ce qui était assez inhabituel. Après quelques secondes, Séléné se leva et suivi le grand frère d'Albus le long de la table, laissant Scorpius et Rose seuls. Ils quittèrent la salle sans vraiment attirer plus que ça l'attention avec le va et vient des élèves qui venaient manger ou qui retournaient dans leurs salles commune. Voilà donc qui était étrange.

« Désolé Jolyne, je reviens…
— Ne t'en fais pas, je vais veiller à ce que personne ne touche à ton assiette, s'amusa son amie.
— Je t'accorde toute ma confiance », assura Albus en se levant.

Il fit un petit signe de la main à Jolyne, s'éloignant de la table des Serdaigle. Albus traversa la Grande Salle jusqu'à la table des Gryffondor où il retrouva Scorpius et Rose. Personne ne s'étonna de le voir s'asseoir ici, c'était après tout assez habituel.

« On en sait pas beaucoup plus que toi, déclara aussitôt Scorpius avant même qu'Albus ne puisse poser la moindre question. Tu as l'air crevé d'ailleurs…
— Le Quidditch reste épuisant, dit Albus en réprimant un bâillement. Mais je ne suis pas là pour parler de ça, dites-moi la suite plutôt.
— Ton frère est arrivé et nous a demandé à parler avec Séléné en privée, reprit Rose. On a voulu venir avec elle, mais il n'a pas voulu. Pourtant il se doute bien qu'elle va tout nous répéter !
— J'imagine que le reste du groupe doit les attendre à l'extérieur… Ça leur ressemble bien.
— Oui, c'est plutôt en accord avec leur façon d'agir habituelle. En ne demandant à parler qu'avec l'un de nous plutôt que notre groupe entier, ça assure que les professeurs ne voient pas notre association d'un mauvais œil.
— On s'était aussi dit ça, répondit Rose. Mais il reste la question de pourquoi c'est spécifiquement Séléné qu'ils sont venus chercher. Ça ne serait pas encore plus discret pour James de venir te chercher toi ? Je veux dire, tu es son frère. Personne ne trouverait bizarre qu'il vienne chercher son frère pour lui parler en privée.
— Je t'avoue que je n'en ai pas la moindre idée.
— On va donc devoir attendre le retour de Séléné pour en savoir plus, conclut Scorpius. Ma curiosité a été piquée ».

Ce n'était pas bien difficile ça, s'amusa mentalement Albus. Le moindre petit mystère de l'école, la moindre rumeur, avait le don de faire briller l'œil du blond. Scorpius était une sorte d'aventurier dans l'âme, quelque chose pour laquelle Albus avait une sorte d'admiration, lui qui l'observait de loin, de façon plus posée. Scorpius était même parfois particulièrement dur à suivre au goût du Serdaigle. Il ne tenait jamais en place.

« Toi, tu es encore parti dans tes pensées, s'amusa justement Scorpius. je connais ce sourire en coin.
— Peut-être », éluda passivement Albus.

Scorpius le fixa encore un instant, avant de tourner son regard vers l'entrée, tendant le cou pour tenter d'apercevoir les boucles caramel de Séléné, ce qu'Albus imita aussitôt. Il ne fallut que quelques minutes, deux ou trois tout au plus, pour que la jeune fille apparaisse à l'entrée de la Grande Salle. Elle s'avança tranquillement entre les tables, avant de prendre place du côté de Rose, comme si de rien était. Elle tourna malgré tout la tête vers Albus, même si elle gardait, évidemment, se yeux hermétiquement clos.

« Il me semble que mon absence ne t'es pas passée inaperçue Al', déclara Séléné en lui souriant.
— Je ne peux rien te cacher, s'amusa Albus.
— Qu'est ce qu'ils te voulaient ? demanda aussitôt Scorpius en se penchant vers elle. C'était pour nous passer un message ?
— Du calme Scorpius, laisse-la respirer veux-tu ? s'enquit Rose.
— Oui, mon assiette va refroidir si je ne la termine pas maintenant, s'amusa l'aveugle. Tu pourras bien attendre encore une ou deux minutes, non ? »

Scorpius grogna en se rasseyant, croisant les bras.

« Allons, ne boude pas, tu ne vois pas qu'elle se fiche de ta tête ? rit Albus.
— Tu es d'une immaturité des fois, soupira Rose.
— Hey, d'où c'est moi le problème ? Je voulais juste savoir ce qu'il en était, c'est aussi pour ça que tu es là Al'.
— Et Al' est capable d'attendre un peu, comme tout humain parfaitement constitué, glissa Séléné.
— Gnagnagna…
— Je crois quand même que tu l'as assez fait attendre, il va commencer à vraiment s'énerver si tu continue », conseilla Albus.

Séléné hocha la tête, reposant sa fourchette dans son assiette. Elle se pencha vers eux, baissant le ton pour s'assurer qu'on ne les écouterait pas.

« James et les autres m'ont fait venir pour me demander quelque chose, dit-elle. Ils voulaient savoir si j'étais capable de sentir le flux de la magie du château, s'il avait une direction.
— Hein ? Si… les flux de magie ont un sens ? répéta Scorpius. Pourquoi ils voudraient savoir ça ?
— Ils ne l'ont pas dit directement, mais si j'ai bien compris… Ils veulent en connaître l'origine.
— L'origine ? s'étonna Rose. Mince, je ne m'étais jamais posée cette question… Le château possède une sorte de source ?
— Je ne sais pas trop, avoua Séléné. Il y a bien une sorte de flux dans la magie de l'école, quelque chose qu'on pourrait décrire comme un « mouvement »… mais c'est pas vraiment totalement ça non-plus. C'est vraiment difficile à décrire en fait. J'ai bien essayé de leur expliquer un peu comment on faisait pour sentir la magie, les sensations que ça donnait, mais je ne suis pas sûre qu'ils étaient vraiment intéressés pour le faire eux-mêmes.
— Laisse-moi deviner, ils t'ont demandé de plancher sur la question, dit alors Scorpius
— Évidemment. Mais j'avoue que ça m'a rendue curieuse aussi. Je me demande si Poudlard a vraiment un point d'origine concernant sa magie.
— Tu en pense quoi Al' ? demanda Rose en redressant ses lunettes. Tu es resté bien silencieux depuis tout à l'heure. »

Albus ne répondit pas tout de suite. Malgré sa fatigue, depuis le moment où Séléné leur avait révélé qu'ils cherchaient l'origine de la magie de l'école, quelque chose s'était mis en place dans l'esprit d'Albus, comme une sorte de déclic. Toutes les pièces du puzzle s'étaient tout à coup mises en place, formant une image claire. Pendant des années Albus s'était demandé exactement ce que son frère et ses amis pouvaient bien chercher, comment ils espéraient découvrir la vérité sur ce qui s'était passé trois ans plus tôt.

« C'était donc ça… marmonna-t-il
— Oh, toi tu as mis le doigt sur quelque chose, dit Scorpius en baissant la voix, vérifiant qu'on ne les écoutait pas. Partage-donc avec nous.
— C'est évident… Ils veulent retourner là-bas, sur les lieux du crime…
— Oh… fit Rose en ouvrant grand les yeux. Tu veux dire… Qu'ils étaient là où la magie de Poudlard prend source quand c'est arrivé ?
— Oui, confirma Albus, dans un souffle. Je ne sais pas trop ce que ça peut être exactement, mais quand on y réfléchit, si le château possède vraiment un point d'origine de magie, c'est en effet là qu'il faudrait agir pour mettre en vrac les défenses. C'est évident, pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? James et Gabriel n'ont aucun souvenir de ce qui s'est passé, ils ne savent donc pas non plus où cette source se trouve.
— Ils espèrent donc, en trouvant la source, essayer de trouver des indices, conclut Scorpius, pensif. Ca se tient… Mais ce n'est pas un peu… dangereux ?
— Ils n'ont pas l'attention de faire du grabuge, dit Séléné d'une voix assurée. Ils savent parfaitement les conséquences qu'auraient leur intervention sur la magie de l'école. On la connaît tous… »

Albus hocha la tête, se remémorant avec un pincement au cœur l'activation catastrophique des défenses du château, le chaos qu'elles avaient causées. Il ne pensait pas son frère et ses amis assez fous pour se risquer à reproduire cet incident.

« Je ne suis pas certain qu'ils trouvent quelque chose malgré tout, dit Scorpius, sceptique. Les Aurors n'ont rien trouvé à l'époque, je doute qu'il reste quoi que ce soit trois ans après, s'il y a eu quelque chose pour commencer…
— Tu pense que je ne devrais pas les aider ? ricana Séléné.
— Non, pas du tout !
— Je te taquine, Scorpius. Même si je ne voulais pas les aider, ils viendraient m'embêter jusqu'à ce que je cède.
— C'est bien leur genre, en effet… » marmonna Rose en portant son regard vers les cinquième années.

Albus tourna lui aussi la tête vers le bout de la table, là où avaient pris place son frère et ses amis. Rien d'étrange, ils s'étaient simplement mis à table, les assiettes remplies de victuailles, discutant joyeusement d'un quelconque sujet avec leurs camarades de dortoirs. Pas un seul regard dans leur direction, pas la moindre trace qu'il se passait quelque chose d'inhabituel.

« James m'a proposé d'emprunter la cape, dit Séléné après avoir repris de son plat. Ils veulent avoir une réponse le plus vite possible, donc que je m'en charge cette nuit.
— Pourquoi ils ne viennent pas avec toi en ce cas ? demanda Rose. Ils auraient leur réponse comme ça.
— Tu oublies qu'on parle de mon frère, ricana Albus. Il tient à conserver le mystère… Et puis, ils ne savent pas qu'on a compris leur petit manège.
— Je viendrai avec toi Séléné, proposa Scorpius. Je pourrai t'aider
— Ce n'est pas dans le noir que ton regard va ma servir », s'amusa Séléné.

Scorpius s'offusqua, ce qui fit rire Albus et Rose, habitués à ce genre de scène. Décidant qu'il n'y avait rien de plus à ajouter, il se leva de la table, saluant sa cousine pendant que ses deux autres amis se chamaillaient. Albus retourna à la table des Serdaigle, retrouvant ainsi Jolyne qui s'était à nouveau plongée dans son livre. Elle avait cependant tenue parole, puisque son assiette était en effet telle qu'il l'avait laissé. Jolyne avait même poussé le vice jusqu'à la maintenir à température, une attention que le garçon ne pouvait qu'apprécier. Albus la remercia avant de faire honneur au repas. Il était affamé.

Sitôt son repas terminé, Albus suivit Jolyne hors de la Grande Salle, prenant la direction de la Tour des Serdaigle. Ils empruntèrent un passage secret, habituel pour les bleu et bronze, avant de commencer à gravir les marches menant au fameux aigle qui gardait leur salle commune. La réponse donnée, ils pénétrèrent enfin dans la salle commune. Avec un sourire, Albus souhaita bonne nuit à Jolyne avant de monter dans le dortoir des garçons, où la plupart de ses camarades se trouvaient déjà.

« Tu te couche déjà Al' ? s'étonna Stanley Sickes.
— Les sélections de Quidditch m'ont épuisé, avoua Albus en enfilant son haut de pyjama.
— Oh… Dans ce cas on va descendre en bas, histoire de ne pas te gêner, dit David Watts. Bonne nuit Albus ! »

Le garçon hocha la tête, se recouvrant de sa couette. Tout en fermant les yeux, son esprit continuait à se remémorer tout ce qu'ils avaient dit lors de la journée. Albus était plutôt content de lui, il était sur la bonne voie pour enfin pouvoir comprendre ce que cherchait exactement son frère. Il s'enfonça dans son oreiller, espérant obtenir dès demain les résultats de la recherche de Séléné.

Malheureusement pour Albus, son sommeil ne fut pas aussi conséquent qu'espéré. Il fut réveillé le matin à une heure beaucoup plus matinale qu'il ne l'aurait souhaité. Penchée au dessus de lui après l'avoir secoué énergiquement, Marta Farlay, la capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, lui souriait à toutes dents.

« Debout champion ! s'exclama-t-elle.
— Keskispass ? balbutia Albus en clignant des yeux.
— C'est une matinée parfaite pour débuter la saison d'entraînement ! annonça Farlay d'un ton joyeux. Prépare-toi, je te veux dans la salle commune dans dix minutes.
— Tu… tu es sérieuse ? »

Albus jeta un coup d'œil à son réveil qui le narguait en affichant quelque six heures du matin. À dire vrai, à travers la fenêtre du dortoir, il pouvait observer les premiers rayons du soleil qui perçaient à peine au dessus de la forêt. Il fit une grimace, reportant son attention sur sa capitaine.

« Marta… C'était hier les sélections, marmonna Albus dans un bâillement.
— Très juste, il n'y a pas une minute à perdre, dit Farlay. J'ai concocté un nouveau programme d'entraînement cet été, je suis sûre qu'on va encore plus dominer le championnat cette année. On va prendre une longueur d'avance ! »

Le regard enthousiaste de la jeune femme était plutôt effrayant pour Albus en cet instant. Il n'y avait sûrement aucune manière de la raisonner quand elle était dans cet état. Résigné, Albus se frotta les yeux avant de soulever ses couvertures.

« Parfait ! Prends tes affaires, je vais terminer de réveiller le reste de l'équipe..
— Je leur souhaite bien du courage », marmonna Albus.

Il n'était pas certain que Farlay l'ait entendu, elle s'était déjà éclipsée dans un autre dortoir. Albus resta quelques instants immobile, luttant contre le sommeil. Il était surpris que ses camarades ne se soient pas réveillé, mais c'était peut-être mieux ainsi. Albus se leva finalement, partant se saisir de sa robe bleue. Il s'emmitoufla dedans et ajouta une cape par-dessus, histoire de se tenir chaud. Il prit finalement son balai et descendit dans la salle commune. Il y retrouva quelques uns de ses camarades d'équipe, à peine plus réveillés que lui. Victor Stanton avait les cheveux encore plus en désordre que les siens et ne tenait debout qu'en s'appuyant sur son balais. Anna Bogard et Ramona Truman s'étaient laissées tomber dans l'un des canapés, la tête penchée en arrière, le regard vague fixé sur le plafond. Albus marmonna un « bonjour », auquel les autres répondirent par divers grognements.

Le retour de Farlay, traînant littéralement avec elle leur nouveau poursuiveur de deuxième année, Owen Locherin qui semblait prêt à se rendormir, fit à peine réagir l'équipe.

« On est au complet ! s'exclama-t-elle en lançant Owen dans les bras de Victor. Je n'ai réuni que l'équipe première pour cette première séance, histoire de voir un peu la synergie. Allez, en route mauvaise troupe ! »

Albus jeta un coup d'œil inquiet à Owen, qui finit malgré tout par se redresser en grommelant. Victor lui fit un sourire d'encouragement, avant de suivre leur capitaine. Albus fit de même, sans réussir cependant à retenir un nouveau bâillement.

L'herbe du parc était encore humide de la rosée du matin quand il sortirent du château. Farlay leur parlait de Merlin savait quoi, Albus n'était pas certain qu'aucun de ses camarades ne soient à l'écouter. Lui ne l'était pas en tout cas. L'air était encore frais, Albus se félicitait de s'être couvert, surtout en voyant Ramona, leur gardienne, frissonner. Ils arrivèrent finalement devant le stade dans lequel ils pénétrèrent.

« Euh… Farlay s'est arrêtée de parler, fit remarquer Victor à Albus. Ca doit être important.
— Tu crois ? »

Ils comprirent bien vite pourquoi leur maniaque de capitaine s'était tue. Debout à côté du terrain se trouvaient un groupe de silhouettes vêtues de robes vertes, des balais à la main. Farlay semblait furieuse, se dirigeant à pas rapides vers l'équipe de Serpentard et leur capitaine, Damian Mahonne.

« Mahonne, qu'est-ce que vous fichez ici ? tonna Farlay.
— Je pourrais te renvoyer la question, répondit le capitaine des Serpentard. On allait commencer à s'entraîner, on s'est levé à l'aube pour ça.
— Mais… j'ai réservé le terrain, protesta Farlay.
— C'est impossible, je l'ai fait hier soir. »

Albus se fichait bien de savoir qui l'avait fait avant l'autre. Et il n'était pas le seul. Le reste de l'équipe de Serpentard semblait aussi réveillée et joyeuse que celle de Serdaigle. Arya, qui était l'attrapeuse de Serpentard depuis l'année dernière, lui souhaita le bonjour d'un signe de tête, les yeux encadrés de cernes. Albus y répondit d'un signe de main, soupirant un peu. Sa petite sœur, Lily, était un peu plus loin, lui faisant un sourire malgré son regard embrumé. Tous les trois se rapprochèrent, laissant leurs capitaines s'écharper.

« Vous aussi on vous a tiré du lit avec les poules ? demanda Arya.
— Il faut croire que c'est dans les gènes de nos capitaines d'être des espèces de maniaques du Quidditch, répondit Albus.
— Il ne manque plus que nos amis Gryffondor et Poufsouffle… soupira Lily. Mais bon, Pucey et Ulrich n'ont jamais été des énergumènes aussi obsédés que ces deux là. Je les envie…
— Je croyais que tu étais pressée de commencer la saison, ricana Arya.
— Les sélections n'étaient qu'hier ! se plaignit la rouquine. Et puis c'est quoi ces horaires ? Le week-end déjà je râlerais, mais alors avant les cours…
— Bienvenue dans le monde merveilleux des équipes de Quidditch de Poudlard… Ou en tout cas, dans celles dirigées par ces espèces de tyrans.
— Ils se ressemblent pas mal oui… Vous croyez qu'on pourrait les marier, nos capitaines ? » insinua malicieusement Albus.

Arya et Lily éclatèrent de rire alors que le ton montait encore plus entre leurs capitaines. Apparemment, Farlay avait réservé le terrain il y avait trois jours, document signé par Flitwick à l'appui, mais cela n'avait pas été répertorié sur le tableau. Albus s'attendant à les voir en venir aux poings, mais ce fut sans compter sur l'intervention de Cameron Poe, qui était leur batteur avec Victor.

« C'est bon Marta, ils étaient là avant nous, on leur laisse la place.
— Mais j'ai réservé le terrain il y a trois jours, rétorqua la capitaine. Je ne sais pas pourquoi ce n'était pas affiché.
— Tu peux pourtant vérifier Farlay, il n'y a rien sur le tableau, assura Mahonne.
— Reste qu'ils ont techniquement réservé le terrain avant nous, fit remarquer Sarah Cooper, l'une des poursuiveuses de Serpentard. Le mot de Flitwick est assez clair. J'imagine que Mr Busard a oublié de mettre ça à jour, ce ne serait pas la dernière fois. Et puis… on pourrait retourner dormir…
— Il n'est pas question d'annuler cette séance !
— La mienne non-plus ! ajouta Farlay.
— Oh, c'est pas bientôt fini ? s'agaça finalement Victor. Pourquoi ne pas tout simplement faire un match amical ? Nos deux équipes ont des nouveaux membres, et ce n'est pas comme si on avait commencé à travailler de nouvelles stratégies.
— Stanton a raison, dit Arya. En plus, ça permettrait de tranquillement se remettre dans le bain. »

Mahonne et Farlay se dévisagèrent quelques instants, pesant le pour et le contre. Finalement, dans un soupir commun, ils s'avouèrent vaincu et se serrèrent la main.

Le match amical dura une bonne heure. Ce fut assez détendu et bon enfant aux yeux d'Albus, finalement plutôt content de retrouver ainsi la voie des airs. Il s'était quelque peu battu avec Arya, à la poursuite du vif d'or. Pas question de la laisser gagner cependant, même pour une rencontre sans enjeu comme celle-là, et le garçon avait mis un point d'honneur à s'emparer de la petite balle au nez de son amie et concurrente, offrant donc la victoire à son équipe, qui était de toute façon déjà en avance avant ça. La séance fut levée et les joueurs purent rejoindre le château pour une douche et un petit-déjeuner. Albus attendit néanmoins Arya et Lily à la sortie des vestiaires.

« J'ai été lamentable, se plaignit Lily alors qu'ils avançaient sur le sentier.
— Mais non, ne t'en fais pas, la rassura Arya. C'était ton premier match, sans entraînement en plus.
— Contre la meilleure équipe de l'école, glissa malicieusement Albus.
— Erf… Même si ça me fait du mal de l'admettre, je dois avouer que c'est vrai…
— J'ai quand même laissé passer beaucoup de buts idiots… »

Albus la trouvait dure avec elle-même. Lily n'était qu'en deuxième année, ses capacités étaient vraiment impressionnantes pour son âge.

Ils entrèrent dans le hall d'entrée, encore vide de monde à cette heure-ci. Les cours ne commençaient après tout que dans une heure, rares étaient donc les élèves à être déjà descendus prendre leur petit-déjeuner. Le concierge en revanche était déjà levé et les salua de son plus grand sourire quand ils s'approchèrent.

« Eh bien, vous êtes motivés cette année, dit Keepood en se rapprochant d'eux. Et pourquoi diable les Serdaigle et les Serpentard étaient tous les deux en entraînement ?
— Sûrement une erreur de Mr Busard, répondit Albus.
— Du coup on a décidé de faire un match amical, ajouta Arya.
— Ma foi, cela me semble être une riche idée. On n'apprend jamais mieux qu'en situation réelle, vous ne trouvez pas ?
— Je ne sais pas… » marmonna Lily, toujours un peu déprimée.

Albus se sentait un peu mal pour sa sœur. Elle avait rêvé pendant des années d'entrer dans l'une des équipes de Quidditch de Poudlard, comme lui et James. Keepood remarqua lui aussi la tristesse de Lily. prenant un air réconfortant, le concierge se pencha vers la rouquine, mettant la main sur ton épaule.

« Ne te décourage pas Lily, si j'en crois l'expérience de tes frères, je n'ai aucun doute sur ton talent au Quidditch, assura Keepood.
— Justement… Ils sont bien plus doués que moi…
— On essaye de la rassurer depuis tout à l'heure, dit Arya au concierge.
— Ah… je vois. Eh bien, pourquoi pas discuter un peu de ça ? Autour d'un chocolat chaud, ça vous dit ? Suivez-moi donc jusqu'à mon bureau. »

Après un regard, Albus, Lily et Arya hochèrent la tête, ne voyant pas de raisons de refuser. Contrairement au vieux Rusard, dont il avait entendu bien des histoires de la part de son frère et surtout de son père, Keepood était quelqu'un de plutôt sympathique. Ils suivirent le concierge jusqu'à son bureau, situé dans un des couloirs du premier étage. Il déverrouilla la porte où était placardé quelques règlements de l'école, et les invita à entrer.

Ce n'était pas un endroit qu'Albus avait vu souvent. Surtout comparé à James. Il devait cependant avouer qu'il s'agissait d'un lieu plutôt cosy. Keepood avait installé plusieurs lampes aux murs pour compenser celle suspendue au plafond, donnant un air plutôt chaleureux à la pièce. Des affiches de Quidditch couvraient les placards qui contenaient les dossiers des élèves, et on pouvait même trouver, dans un coin de la pièce, le balai du concierge, ainsi qu'une vieille robe de Quidditch jaune, relique d'un ancien temps. Le bureau était quelque peu désordonné, à la fois recouvert de formulaires en tout genre, mais également de multiples éditions de balai magasine. Keepood fit apparaître d'un coup de baguette deux chaises en plus de celle déjà présente, et les invita à s'asseoir alors que lui-même prenait place dans son fauteuil.

« Attendez quelques secondes, marmonna-t-il en se penchant, que je sorte les tasses et le lait…
— Vous avez sérieusement de quoi préparer du chocolat chaud là-dedans ? demanda Arya sceptique.
— Bien sûr ! J'adore le chocolat chaud, et je reste convaincu qu'annoncer des retenues passe bien mieux avec quelque chose à boire. Je demande aux Elfes de Maison de maintenir ma réserve à flots, et ces charmantes créatures y mettent un point d'honneur.
— C'est tante Hermione qui ne serait pas contente, s'amusa Albus.
— Ce sont des Elfes payés, précisa Keepood. Mais plutôt que de parler de ça, parlons plutôt de cet entraînement. Comment ça s'est passé ce match ?
— Plutôt bien, dit Arya. Bon, on s'est fait battre à plates coutures, mais les Serdaigle étaient déjà la meilleure équipe l'année dernière.
— C'est de ma faute ça, je n'aurais pas dû laisser passer tant de buts, marmonna Lily.
— Lily, ils n'avaient que trente points d'avance, c'est rien. On a perdu parce que c'est Albus qui a attrapé le vif d'or.
— La loi cruelle du Quidditch, commenta Keepood. Heureusement que nos vif d'or sont moins rapides que ceux utilisés en ligue professionnelle.
— Hein ? C'est vrai ça ? s'étonna Albus.
— Bien sûr, on ne peut pas se permettre de faire durer un match trop longtemps, pour le bien de l'école. Ça ne vous a jamais surpris qu'aucun match de Quidditch joué à Poudlard n'ait duré plus que quelques heures ? Voilà la raison. Oh, tenez. »

Il leur tendit à chacun une tasse fumante, posant la sucrière à côté.

« Pour en revenir au résultat, trente points, ce n'est en effet pas beaucoup, dit Keepood après avoir bu une gorgée. Regardez donc les Canons de Chudley. Même en attrapant le vif d'or, ce qui arrive rarement, ils ne sont pas capable de gagner le moindre match.
— Ça amuse beaucoup leurs supporters, sourit Albus en songeant à Ron.
— Les perdants ont toujours une certaine côte de sympathie, confirma Arya. Je suis persuadée d'ailleurs que c'est pour ça qu'ils maintiennent leur niveau lamentable même en changeant de joueurs, c'est leur fond de commerce.
— En plus, c'est la première fois que tu jouais contre une équipe complète, composée de joueurs ayant une véritable expérience, je me trompe ?
— Non, répondit Lily. Mais… D'habitude, j'arrive à contrer James la plupart du temps…
— Ça, c'est parce que tu es habitué au style de jeu de ton grand frère, dit Keepood. James est plutôt un bon Poursuiveur, mais rien que Marta Farlay est au moins aussi redoutable que lui, sinon plus. Il faudra que tu t'habitue à différents styles de jeu. Ça ne se fait pas en une séance, ça prend du temps.
— Vous croyez ?
— Puisqu'il te le dit, encouragea Albus.
— Regarde donc sa robe de Quidditch, dit Arya. Il a joué lui aussi quand il était à l'école, il s'y connaît.
— J'ai été gardien pour les Poufsouffle lors de mes deux dernières années d'études oui, confirma Keepood avec un sourire nostalgique. J'ai eu à arrêter les tirs de camarades qui sont aujourd'hui joueurs professionnels. Une sacré époque… »

Il resta quelques secondes silencieux, un sourire aux lèvres. Albus haussa cependant les sourcils. Dans le regard du concierge, on pouvait voir comme une sorte de tristesse, qu'il ne comprenait pas. Ce fut fugace, seulement quelques instants, si bien qu'il se demanda s'il se l'était imaginé. Keepood reporta son attention sur Lily, dont le moral s'était amélioré.

« Je suis certain que tu deviendras une excellente gardienne. J'attends votre premier match avec impatience. »

Albus, Arya et Lily quittèrent le bureau de Keepood après quelques minutes. La petite rouquine avait retrouvé sa joie de vivre, aussi Albus n'eu aucun remord à la laisser repartir vers la salle commune des Serpentard avec Arya. Il se dirigea lui-même vers la sienne, prendre une bonne douche, avant de descendre dans la Grande Salle, retrouvant Jolyne, occupée à lire la Gazette du Sorcier de la matinée. Elle leva cependant le regard quand il prit place, lui adressant un sourire de bienvenue.

« Il paraît que vous avez fait un match contre l'équipe de Serpentard ce matin, dit-elle en poussant l'assiette de toasts vers lui.
— Où t'as entendu ça ?
— J'ai croisé Ramona pendant que je descendais du dortoir.
— Bah… Tu connais Farlay, dit Albus en mordant dans son toast. Il y a eu un cafouillage avec les réservations, du coup, plutôt que de se battre comme des chiffonniers, on a décidé d'en profiter pour jouer ensemble.
— C'est cool ça. On a bien besoin d'entente entre les maisons en ce moment. Regarde-plutôt ça, le hibou me l'a laissé tout à l'heure. »

Elle lui fit glisser le journal, le tournant vers la une. Fronçant les sourcils, Albus s'en saisit pour lire un peu l'article que lui pointait Jolyne, avec un peu d'appréhension.

DISSENTIONS AU SEIN DU MAGENMAGOT SUR LE POUVOIR DES AURORS

L'assemblée magique se réunissait hier soir dans une session extraordinaire pour discuter de la série de meurtres qui ont eu lieu ces derniers temps. La question à l'ordre du jour concernait la liberté laissée aux Aurors pour cette enquête dont ne semble pour l'instant sortir aucun résultat. Brutus Montague se faisait alors le porte-parole pour une plus grande amplitude d'action, demandant à l'assemblée le vote de moyens exceptionnels pour faire la lumière sur cette affaire.

« Nous vivons une période sombre », a prononcé Montague lors de son discours. « Comment peut-on se considérer comme une société en paix quand d'effroyables meurtres sont perpétués au nez et la barbe de notre gouvernement ? Comment nos concitoyens sorciers peuvent-ils se sentir en paix quand un meurtrier court ainsi en liberté ? Nous devons régler ce problème au plus vite, donner à nos Aurors les moyens de faire la lumière sur cette affaire, quitte à agir en dehors de la loi commune ».

Cette allocution du représentant Conservateur a été accueillie avec une certaine défiance par le camp Réformateur. « Nous refusons que l'on utilise nos morts pour faire de ce gouvernement une dictature » , a déclaré Eleanor Cauldwell suite à la séance. « Dans le monde moldu, on n'assiste qu'à trop d'abus policiers – l'équivalent moldu des Aurors –, nous refusons donc catégoriquement de donner plus de pouvoirs à une institution en disposant déjà de trop. »

La seconde question à l'ordre du jour portait sur le groupe connu sous le nom « d'Indignés ». Si nous ignorons encore énormément de choses sur ce dernier à l'heure actuelle, leur leader, Némésis, avait déclaré récemment avoir des informations pour les Aurors. Cette invitation n'a pas été suivie par Harry Potter, qui avait déclaré alors ne pas faire confiance à « des encapuchonnés dont on ignore jusqu'aux motivations réelles ». La légalité des actions de ce groupe a donc été abordée lors de cette session sans que rien n'en ressorte. Les tensions entre les différents groupes étaient néanmoins palpables, laissant la séance se clôturer sans qu'aucun consensus ne soit trouvé, laissant plutôt apparaître une fracture grandissante, à l'image du reste de la population..

« Ça ne s'améliore pas dis-donc, marmonna-t-il en contemplant l'article. Maintenant, même la sphère politique commence à se séparer en plusieurs clans.
— L'information reste que ton père a refusé la proposition de ce Némésis, dit Jolyne. Il n'aurait rien perdu à l'écouter pourtant, tu ne crois pas ?
— Je ne sais pas, avoua Albus. Il doit avoir ses raisons, peut-être pour ne pas perdre la face, qu'est-ce que j'en sais ? Papa est parfois difficile à comprendre.
— J'espère vraiment qu'ils trouveront vite le coupable, je n'ai pas envie de voir de nouveaux meurtres… »

Albus ne put qu'hocher la tête, perplexe. Il ne savait pas trop quoi faire de cet article, et Jolyne avait un point. Pourquoi donc son père refusait de recevoir ce Némésis, aussi suspect paraissait-il ? Ce n'était pas comme s'il pouvait tenter quelque chose contre lui, c'était Harry Potter quand même ! Il mordit dans son toast, quand quelqu'un lui tapota l'épaule. Il tourna la tête, pour voir le sourire de Scorpius.

« Qu'est-ce que tu fiche ici ? s'étonna le garçon. C'est rare que tu vienne à la table des Serdaigle.
— Je pensais que ça t'intéresserais d'avoir le fin mot de la recherche de Séléné, dit Scorpius d'un ton joyeux. Oh, et bonjour Jolyne.
— S-salut, marmonna la jeune fille en disparaissant derrière sa Gazette.
— Ouah… Je lui fais peur tu crois, Albus ?
— Elle n'a jamais été très à l'aise avec les autres, répondit-il avec un regard désolé pour Jolyne. On se retrouve pour le premier cours tout à l'heure, d'accord ? »

Jolyne hocha la tête. Albus se leva donc de son banc et suivit Scorpius jusque dans le Hall d'entrée, puis dans une salle de classe vide, où se trouvaient déjà Séléné, Rose, mais également le groupe de James, un brin agacé. Gabriel, assis sur un des pupitres, les bras croisés, se redressa en les voyant arriver.

« C'est bon, tout le monde est là ? demanda-t-il avec un peu de mauvaise humeur.
— Je n'allais pas laisser Al' en dehors de cette discussion, répondit Scorpius sans se dépareiller de son sourire. Mais oui c'est bon.
— Très bien dit James en sortant sa baguette. Collaporta. Assurdiato. »

Tant de prudence étonnait toujours autant Albus, tout en le confortant dans l'idée qu'ils touchaient là quelque chose d'important. James revint vers eux, posant son regard perçant sur Séléné comme tous les autres.

« Tu as eu le temps d'explorer notre requête ? demanda finalement Eliot.
— Pour qui vous me prenez ? sourit Séléné. Je vous rend ça d'ailleurs, merci. »

Elle tendit la cape d'invisibilité à James qui s'en saisit en remerciant la jeune aveugle.

« Du coup, quel est le résultat ? interrogea Gabriel. Est-ce que tu as trouvé… erf…
— L'origine du flux de magie, termina Bloom avec un regard vers Gabriel.
— Oui, ça.
— J'ai exploré un peu le château, ce qui m'a demandé de jouer un peu à cache-cache avec Keepood – ce type a un radar je vous jure, commença Séléné. J'ai suivi le flux de magie comme je le pouvais.
— Et ensuite ? s'impatienta James.
— Laisse lui le temps d'expliquer, dit Rose. Elle était déjà bien assez gentille de vous aider.
— Oui, oui...
— Eh bien, j'ai commencé à le trouver de plus en plus fort au fur et à mesure que je descendais les étages. Et… je crois avoir trouvé le point d'origine. »

Une véritable étincelle de triomphe s'était allumée dans le regard de James et Gabriel. Albus pouvait voir à quel point ils étaient pendus aux lèvres de Séléné.

« Où se trouve-t-il ? Quelque part au premier étage ? demanda Bloom.
— Non non, répondit Séléné, devenant sérieuse. Mais je ne sais pas si vous connaissez ce passage…
— S'il te plaît, on connaît tous les passages secrets de l'école, s'amusa James. Ce n'est pas comme si on était célèbres pour notre connaissance du château.
— J'oubliais à qui je m'adressais, avoua la jeune fille avec un rire.
— Tu ne nous as toujours pas dit où se trouvait ce fameux point d'origine, rappela Eliot. je sais qu'on est un peu pressant, mais c'est important pour nous, comme vous avez pu le deviner j'imagine.
— En effet », confirma Scorpius.

Une sorte de tension s'était installée, presque palpable. Finalement, Séléné se décida.

« Le point d'origine se trouve dans les sous-sols, dans les fondations même de Poudlard. Vous voyez le passage secret qui fait se rejoindre le couloir des cuisines au couloir du cachot n°5 ? Ça se trouve à peu près au centre, sur le mur opposé aux cuisines. Je ne peux pas vous en dire plus.
— C'est bien assez, sourit James, plus largement qu'Albus ne l'avait jamais vu faire. Merci beaucoup Séléné.
— Tu n'imagine pas à quel point tu nous as aidé, confirma Gabriel.
— De rien j'imagine ? J'espère vraiment que vous n'allez pas vous attirer des ennuis avec ce que vous comptez faire…
— Tu crois vraiment que je vais laisser ces deux idiots faire n'importe quoi ? ricana Eliot. Si tu n'es pas sûre d'eux, place donc ta confiance en moi, Séléné.
— Tu es à peine plus digne de confiance qu'eux », insinua Rosa.

Eliot éclata de rire, avant de fait un clin d'œil à la rousse. Ils s'éclipsèrent assez vite, l'air clairement plus joyeux que lorsqu'Albus était venu les retrouver. En les regardant partir dans les couloir, il ne pouvait cependant s'empêcher d'être inquiet.

« Pourvu qu'il ne vous arrive rien cette fois », murmura-t-il.

~Fin du chapitre~


~Notes~

Cela faisait quelques temps que ce chapitre était prêt, je le livre enfin, en... cadeau ?

Je suis en effet navré de devoir annoncer que Sigma va être en hiatus, en pause, jusqu'à nouvel ordre. Je ne peux pas le cacher avec les écarts de publication, j'ai perdu la motivation à écrire cette histoire. Les raisons sont multiples, que ce soit beaucoup de choses à faire dans la vie, un peu de tristesse sur le peu d'avis (je n'en blâme pas les gens, attention), mais aussi, et c'est ça qui m'a définitivement décidé, l'envie d'écrire autre chose.

Je travaille en effet depuis quelques temps sur un tout autre projet de fanfiction, qui a su renouveler ma flamme de l'écriture. Plutôt que de me mentir à moi-même, je préfère être honnête et mettre Sigma en pause à durée indéterminé, peut-être définitive. Le nouveau projet ne viendra pas tout de suite, je compte prendre vraiment beaucoup d'avance, afin de pouvoir proposer des updates plus régulières. Aussi car il est... assez ambitieux. Ce n'est pas du Harry Potter, mais je ne compte pas révéler tout de suite l'univers dans lequel il se déroulera.

Voilà. C'est tout ce que j'ai à dire. Merci d'avoir lu, j'espère que ça vous aura plu. ^^

Niv'