Salut mes cobayes : comment allez-vous ? Je vous ai manqué ? Vous m'avez manqué. La vie passe trop vite… Mon rêve c'est d'être capable de dormir seulement cinq heures par nuit, comme ça je pourrais faire tout ce que j'ai envie. Sauf qu'en vrai je suis une marmotte T.T
Bon, mais au moins, la marmotte a un nouveau chapitre pour vous !
J'espère qu'il vous plaira ! Des bisous et bonne lecture.
Chapitre 21
« Il faut que ça redevienne physique entre vous ».
Tony insulta mentalement Ezekiel de tous les noms, la joue écrasée contre le fin tapis gris, le corps endolori de haut en bas. Il tapa plusieurs fois sur le sol pour signifier qu'il se rendait, et Loki le libéra de son emprise. L'étudiant se redressa en grimaçant, massant son poignet tordu par la dernière action. Il leva une main en signe d'apaisement et s'éloigna des tatamis pour aller s'essuyer le front dans une serviette blanche et boire quelques gorgées d'eau fraîche.
« Gna gna gna… que ça redevienne physique… Ben la prochaine fois que ton conseil de séduction c'est de se battre avec un authentique DIEU de dix fois ton poids, dix fois ton âge, mille fois tes capacités, ton conseil, tu peux te le foutre dans le… »
- Tu abandonnes déjà ? Demanda Loki qui sautillait près de lui, un grand sourire pendu sur les lèvres.
- Hein ? Ah non, pas du tout ! Attend je m'échauffe juste là, je vais te mettre misère après…
« Il n'y a pas cent mille solutions, avait dit Ezekiel. Faut que tu mettes tes phéromones sur lui. Chatouille le, fais lui des câlins ou tabasse le, mais il faut le toucher. »
Le plus évident pour Tony avait alors semblé être la dernière option, étrangement. Loki avait accepté de bon cœur de reprendre l'entraînement, ainsi se retrouvaient-ils désormais trois soirs par semaine au dojo du campus.
Et même s'il se plaignait pour la forme, Tony adorait ces rendez-vous qu'il n'aurait manqué pour rien au monde. Il consentit à retourner sur le terrain d'entraînement et eut du mal à se concentrer à nouveau. Rien que pour voir Loki dans sa tenue d'artiste martial, il était prêt à prendre tous les coups du monde. Par-dessus le kimono blanc qui laissait parfois entrevoir ses clavicules, il portait le hakama noir traditionnel, pantalon noir large et plissé qui dissimulait parfaitement ses mouvements. Il avait attaché ses longs cheveux noirs à l'arrière de son crâne et ressemblait très précisément a un samouraï, ses mouvements souples et élégants l'emmenant à travers toute la salle comme une danse. Tony lui se sentait l'air stupide et pas du tout à son avantage. Il n'avait pas non plus l'impression de progresser. Peut-être parce qu'il passait plus de temps à mater son professeur qu'a réellement écouter ses conseils. Il s'obligea à faire mieux : savoir se défendre par lui-même ne serait pas une mauvaise idée.
- On reprend, dit Loki, et quelques regards d'autres binômes se tournèrent vers eux.
La salle était assez petite et intimiste, couverte de tatamis gris. Les murs dépouillés accueillaient simplement les portraits des fondateurs de différentes classes d'art martiaux. Loki attrapa un sabre d'entraînement en bois et fit signe à Tony de se placer en défense.
Le benjamin tenta de se concentrer sur l'arme et pas sur le corps parfait qui la maniait. Plus facile à dire qu'à faire.
- Si je t'attaque par-là, corrigea Loki après l'avoir vu échouer plusieurs fois, je te laisse une ouverture. Il faut que tu viennes au contact, que tu t'infiltres dans ma garde. Tu repousses mon poignet pour éloigner le danger, et tu essayes un atémi à la nuque. On fait ça ?
Tony acquiesça.
Une sonnerie de téléphone interrompit l'exercice et l'empêcha d'échouer lamentablement. Il s'excusa en grognant et quitta de nouveau les tatamis. Le numéro d'Ezekiel clignotait. Tony s'éloigna un peu pour ne pas déranger les autres étudiants, sentant le regard de Loki qui l'accompagnait.
- Ouais ?
- Mec il se passe un truc incroyable.
La voix paniquée de son ami indiquait qu'il ne s'agissait pas là de quelque chose de positif.
- Quoi ?
- Regarde, je t'envoie une vidéo.
Tony afficha les images sur l'écran de son smartphone. Une épaisse fumée noire, des flammes rugissantes dans les derniers étages d'une haute tour de béton.
- C'est à un quart d'heure d'ici, il y a eu une explosion de gaz. Les pompiers n'arrivent pas à intervenir, c'est trop haut. Les hélicos ne peuvent pas se poser. Regarde, il y a des gens qui font signe aux fenêtres… Ils ne peuvent pas sauter, il y a au moins vingt étages !
Le cerveau de Tony fonctionna rapidement pour parvenir à la conclusion rationnelle.
- Attends… Ne me dit pas que…
- Est-ce qu'on a le choix ?
- Mec, on ne l'a même pas essayée en labo !
- Mais on a fini les dernières améliorations mardi dernier ! Et puis on ne va quand même pas rester là à ne rien faire ? En théorie, ca marche…
- En théorie ça marche, répéta Tony en faisant les cent pas l'esprit en ébullition.
Avait-il vraiment le choix ? Pouvait-il raccrocher, retourner jouer avec Loki pendant que des gens mourraient dans les flammes, tout en sachant qu'il avait peut-être une solution pour en sauver ne serait-ce qu'un ? Bien sûr que non, il n'avait pas le choix. C'était trop tard. Et pourtant, c'était une très mauvaise idée. Ils n'avaient pas testé l'armure. Le moindre réglage défectueux pouvait l'envoyer valser et s'écraser dans l'incendie. La batterie pouvait lâcher, les retropulseurs aussi, il pouvait perdre le contrôle sur l'armure… Ils n'avaient pas non plus décidé de quoi faire de cet outil, mais ils n'avaient certainement pas souhaité le révéler au grand public. Vraiment, il était dix fois trop tôt et c'était une très mauvaise idée.
Mais il n'avait pas le choix.
Il plaça une oreillette dans son oreille, cala son téléphone dans sa poche et retourna rapidement auprès de loki.
- Je suis désolé. J'ai une urgence. Ezekiel est hyper malade, improvisa-t-il. Il vomit partout, je pense qu'il s'est intoxiqué avec la bouffe chinoise de ce midi. Je vais le voir, il faut que je reste à côté pour l'emmener à l'hôpital si ça dégénère.
Joue rosée, regard fuyant, respiration rapide. Loki haussa un sourcil.
- Tu veux que je t'accompagne ?
- Hein ? Ah, euh, non, je préfère t'épargner ca, et puis, euh, je pense qu'Ezekiel n'a pas trop envie que plein de gens le voie dans ce état, c'est… C'était sympa, on se voit vendredi ! Je file !
Et il quitta le dojo en courant sans plus de retenue.
Loki joua machinalement avec le sabre en bois qu'il tenait toujours, le faisant rouler entre ses doigts tout en méditant.
Depuis son retour, Tony lui cachait des choses et lui mentait. Très mal, au demeurant, il aurait pu lui donner des cours à ce sujet aussi. Que lui cachait-il ? Il détacha ses cheveux, s'inclina devant les portraits avant de quitter les lieux. Il se promit de s'intéresser plus sérieusement à la question dans les temps à venir.
Tony débarqua à l'atelier en nage, le souffle court et les joues rougies tant par le froid que l'effort physique. Ezekiel l'attendait déjà, chaque morceau de l'armure étalé sur leur plan de travail. De la main droite, il attrapa une canette de soda pour se réhydrater, alors qu'Ezekiel habillait déjà sa main gauche de métal.
L'aîné avait affiché sur l'écran de l'ordinateur portable de Tony les images en direct de l'incendie qui continuait de ravager des pans entiers de l'immeuble. Cela constituait une source de motivation suffisante pour que les deux amis se démènent, et, en moins de dix minutes, Tony fut harnaché de la tête aux pieds.
- Je n'ai que trente minutes d'autonomie, balbutia-t-il alors qu'Ezekiel l'entraînait sur le toit de leur immeuble.
- Ça ira. On reste en contact, répondit-il en tapotant sa propre oreillette. Il faudra qu'on rajoute un module, pour que je puisse voir ce que tu vois.
- Et une connexion à internet pour que je puisse avoir accès aux chaînes d'information. Et aussi…
- Oui oui, note tout dans un coin de ta tête. Maintenant il faut y aller, le pressa Ezekiel qui claquait des dents, simplement vêtu d'un jean et d'un sweat-shirt à l'effigie de dark vador.
Non loin à l'Est, on apercevait d'épaisses colonnes de fumées noires qui indiquaient clairement la direction à suivre. Le ronron diffus des sirènes des pompiers appuyait la scène. Tony inspira profondément, dans sa carapace de métal. A l'abri du froid, des regards, du monde extérieur. Il se sentit bien.
- Ok. On y va.
Les retropulseurs sous ses pieds s'animèrent et il flotta, tanguant quelques centimètres au-dessus du toit sous le regard fasciné d'Ezekiel.
- Pas mal les stabilisateurs !
Les deux amis échangèrent un regard en demi-teinte, ébahissement profond et anxiété mêlées. Ils ne pouvaient pas attendre davantage. Tony déglutit difficilement et actionna les moteurs secondaires. Un vrombissement emplit la nuit, et il fila dans l'obscurité, longeant le sommet des toits pour plus de discrétion. Ezekiel l'observa jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point rouge brillant au loin.
Tony retrouva cette sensation incroyable qu'il avait déjà éprouvé en s'enfuyant du bunker ou ils étaient retenus prisonniers quelques mois plus tôt. Sauf que cette fois ci, il laissait derrière lui un Ezekiel en pleine forme et en sécurité, ce qui rendait le tout bien moins angoissant.
Voler ainsi était incroyable. Il avait chaud, l'armure était lourde, il ne voyait pas grand-chose à travers le heaume : peu importait. Il se sentait étrangement à sa place, à survoler ainsi la ville, au-dessus sans en faire partie, seul mais pas vraiment, la voix d'Ezekiel a portée d'oreillette.
Les colonnes de fumées noires et âcres s'agrandirent, jusqu'à ce qu'il arrive à portée du bâtiment enflammé à l'angle de la Quinzième. Dans un quartier d'affaires, la tour cerclée par ses voisines rougeoyait, crépitait dans un bruit assourdissant. En contrebas, petits points affolés sur le bitume noir, les pompiers et secouristes, leurs camions rouges comme des jouets aux yeux de Tony, les lances qui crachotaient leurs trombes d'eau sur le monstre de feu…
Des draps tendus, des sirènes bleues, la police et des agents de circulation pour éloigner les curieux.
Tony avisa une camionnette de journalistes et de petits points brillants qui devaient être les caméras. Un hélicoptère survolait également les lieux, mais d'assez loin, trop prudent pour s'approcher vraiment des tourbillons de chaleur et de cendres.
Trois étages au milieu de la tour partaient déjà en poussières. Des échelles montaient sur les premiers étages et des civils évacuaient sous la houlette des pompiers. Businessman travaillant tard et agents d'entretien fuyaient au plus vite l'étreinte brûlante de l'incendie.
- A priori, le bas de l'immeuble est plutôt bien évacué, constata la voix d'Ezekiel dans son oreille. C'est pour ceux qui sont coincés au-dessus de l'incendie, les trois plus hauts étages de la tour. Ils ne peuvent pas prendre ascenseurs ou escaliers, le feu monte, et les échelles ne les atteignent pas !
- Je vais grave me faire griller par les journalistes ! On aurait pu mettre un module de furtivité, non ?
- On y pensera pour l'avenir !
Tony entreprit de se rapprocher au maximum, tout en essayant de rester dans l'ombre des tours adjacentes. Son cœur battait à tout rompre alors que l'odeur devenait plus forte et que la chaleur léchait les plaques de son armure.
- Pitié, pas de Tony Stark au barbecue ce soir, grogna-t-il entre ses dents.
Il arriva judicieusement par le côté où n'étaient pas les camionnettes de journalistes, et ne prit pas plus de temps pour réfléchir.
Place à l'action, désormais.
Deux personnes agitant les mains près d'une fenêtre furent ses premières cibles. Deux femmes pourchassées par les flammes, le chignon défait et la peau grise. Il en attrapa une sous chaque bras : elles étaient suffisamment légères pour qu'il ne fasse qu'un seul voyage.
Aucun mot, aucune présentation, juste les mains qui s'accrochaient désespérément à lui alors qu'il descendait vers le sol. L'atterrissage sur le bitume fut un peu brusque, par manque de pratique jaugea Tony.
Les deux demoiselles l'inondèrent le remerciements, mais la surprise et la curiosité disputaient la place à la reconnaissance dans leurs yeux.
- Comment peut-on vous remercier ?
Tony cligna plusieurs fois des yeux, bien à l'abri derrière son masque de fer, prenant une voix plus grave que la sienne. Elle se réverbéra dans la coque de métal et en sortit presque déformée. Loin de l'autre côté de la rue, il y avait les policiers, les pompiers, les journalistes. S'il manœuvrait discrètement, et sortait les civils par l'arrière du bâtiment comme il venait de le faire, alors peut-être demeurerait-il invisible aux regard gourmand des caméras.
- Ne dites à personne que j'existe. Ne parlez jamais de moi. Je vous en prie, c'est extrêmement important ; afin que je puisse continuer à …
A quoi exactement ? Sauver des vies à l'abri des regards ? Que comptait-il faire avec cette armure ? S'en servir de nouveau, recommencer ? Était-ce le bon choix ?
Ses pensées se bousculaient alors qu'il reprenait son envol, après avoir accepté les promesses de silence ferventes des deux jeunes femmes.
Il reprit conscience plusieurs heures plus tard, sur le canapé de son appartement, une serviette éponge enroulée autour des hanches et les cheveux humides, le regard ahuri et les souvenirs sous formes de flashs lumineux diffus. Il ne se rappelait ni être rentré à l'appartement, ni du nombre d'allers-retours effectués pour amener des hommes et des femmes à bon port.
- Dix-huit, estima Ezekiel en lui tendant un soda. Dix-huit, mec, c'est incroyable.
Et, effectivement, Tony ne parvenait pas à y croire. Le détail des visages s'effaçait déjà de sa mémoire, pour ne laisser place qu'a un sentiment diffus de satisfaction du devoir accompli.
- Allez, je note tes impressions à chaud, expliqua Ezekiel en attrapant un calepin.
Il s'installa à côté de Tony. La chaleur de la douche quittait peu à peu le plus jeune et il frissonna, attrapa un plaid et s'en recouvrit.
- C'était ouf. C'était totalement ouf. La sensation de voler.. Et d'être intouchable, mec. De servir à quelque chose, aussi.
Ezekiel sourit, les yeux pétillants.
- Merci, chouchou. Maintenant, les détails techniques si tu veux bien.
- Hein ? Ah. Bien sûr. Rééquilibrer la poussée du propulseur droit qui est légèrement trop faible. Le centre de gravité global doit remonter un peu plus haut, là il est un peu trop bas sous le nombril. Il faut connecter l'armure à internet, vraiment, avoir accès aux chaînes d'information. Une vision thermique pour voir les victimes dans les décombres. Et aussi…
- Holà, doucement ! J'écris pas aussi vite que tu penses.
Tony paraissait préoccupé, soudain.
- Si on l'améliore… Je veux dire… Ce n'est plus que pour la science, n'est-ce pas ? On va l'utiliser ?
Zeke stoppa son écriture, son stylo tapota le bord du carnet noirci de notes.
- Je ne sais pas, tu veux l'utiliser ?
- Je me sentirais coupable de ne pas l'utiliser en ayant vu ce qu'on peut faire avec, répondit aussitôt Tony. Et toi ?
- Pareil.
Ils hochèrent la tête d'un geste synchrone. Les implications étaient immédiates : s'ils prenaient la responsabilité d'utiliser leur création pour se rendre utilise à la société, aucune erreur n'était permise.
Il fallait travailler plus dur que jamais.
- Donc je disais, assouplir les jointures au niveau des coudes, peut-être un de ces nouveaux matériaux en fibre de carbone…
La nuit avala leurs idées enthousiastes.
Voilà mes loulous, ca faisait longtemps que je voulais écrire une scène d'action un peu cliché, retro, genre comics des années 80, l'armure mal faite et le courage dégoulinant du super héros qui protège femmes, enfants et opprimés xD Ça m'a fait plaisir, j'espère que vous aussi!
Plein de bisous pour votre Noël, et à très vite ¡
Laukaz
