21.
Alguérande s'était mis en communication avec l'Arcadia.
- Le Solon et ses vaisseaux d'escorte ont totalement disparu. Je ne les capte plus. Et toi, est-ce que Toshiro trouve quelque chose ?
- Je te rappelle que c'est toi qui dispose d'un fleuron de la technologie galactique !
- Comme si Toshy avec ses mises à jour n'égalait pas notre niveau, sourit le jeune homme. Mais, comme à l'habitude, ce sont nos adversaires qui nous surpassent. Cette fois, les Pirates ne veulent plus être trouvés !
- Je suppose que tu reprends ton vol vers Ulhora, pour ton escale ?
- En l'absence de menace immédiate, ce sont effectivement mes ordres, récita Alguérande.
- Voilà un petit soldat bien obéissant, ne put s'empêcher de lâcher Albator. Au vu de mes années de vadrouille, je me demande bien comment j'ai pu supporter cette discipline de fer…
- Oui, une totale liberté, je me doute que tu ne peux que la savourer à chaque instant, sourit son fils, absolument pas touché par la remarque. Mais on se fait à tout. Je n'ai pas aimé quand tu m'as inscrit au Pensionnat, et encore moins quand j'ai choisi l'Académie Militaire. Pourtant je me suis adapté, j'ai apprécié ne pas avoir à décider quoi que ce soit !
- Ce qui fait que te voilà commandant de bord à devoir prendre toutes les décisions, insista le grand Pirate balafré.
- L'histoire ne manque effectivement pas de sel. Je me suis fait avoir ?
- Assez !
- Vas dire ça à Warius Zéro, tu seras bien reçu ! gloussa alors Alguérande. Et il n'hésite jamais à mettre les choses aux poings quand il l'estime nécessaire.
Le capitaine de l'Arcadia tourna la tête vers Warius qui se tenait hors champ de caméra des ordinateurs en liaison.
- Toi, je te débarque une fois à Ulhora. Trouve-toi une autre bonne poire pour te véhiculer.
- Quoi, tu prévois de nouvelles lubies et qu'il faille t'arrêter dans tes élans ? rit Alguérande.
- Et moi, le Karyu me rejoint à Ulhora, donc tes menaces ne me font ni chaud ni froid, rétorqua un Warius affichant un grand sourire.
- Je préfère te savoir reprenant un vol normal, déclara sérieusement Albator. En plus tu retrouveras des cuirassés de la Flotte aux abords d'Ulhora, vous serez en position de force contre les Pirates battant pavillon de la dernière Reine des Pirates. Essaye d'apprécier cette halte et de te détendre.
- Je vais essayer, papa. Tu restes dans le coin ?
- Je ne serai jamais loin.
- Pas possible, une pareille couveuse ! s'amusa Alguérande.
- Tu verras quand tu seras toi aussi un père ! Mais tu n'auras pas besoin de tenir un de tes enfants dans les bras. Tu as déjà tout l'amour de l'univers dans le cœur !
- A un de ces jours donc, papa.
- A bientôt, mon grand chéri.
Alguérande mit fin à la communication.
Leyne Dox était venue retrouver le second du Pharaon.
- Je t'attendais pour le goûter. J'avais fait préparer des crêpes, leurs accompagnements…
- … et du café servi par cette si efficace Mousse ? ironisa le lhorois.
- Oui, elle est toujours assignée aux cuisines, et de service pour les officiers supérieurs du bord. A quoi étais-tu donc si occupé que pour oublier notre petit moment de détente ?
La Médecin-Cheffe s'assit en face de la table de travail de Gander.
- J'essaye de découvrir qui est notre capitaine ! Il est tellement… déroutant.
- Un terme qui le définit assez, convint la Mécanoïde. Si jeune et pourtant on perçoit nettement une maturité inversement proportionnelle à son âge, des chariots de souffrances qui l'ont endurci à un point inimaginable ! Mais son dossier personnel est quasi vide, tu ne trouveras rien. Et tu n'as pas à fouiller ainsi.
- Je ne cherche que dans les fichiers accessibles au public, je ne force aucune archive. Comme si j'étais capable d'une telle bassesse. Nous étions tous les deux sur le même cuirassé avant d'être affectés ici, nous nous connaissons si bien !
- Mais tu es tellement intrigué, tu pourrais dépasser les bornes, sans le vouloir. Et ce jeune homme est d'une extrême sensibilité !
- Toi, tu l'aimes beaucoup, sourit Gander à l'adresse de la Médecin-Cheffe.
- Oui, comme de nombreuses femelles à bord, à commencer par cette Mousse à qui il fait tant d'effet qu'elle en lâche ses cafés !
- Vous êtes vraiment toutes les mêmes, gloussa le second du Pharaon. Un joli minet se pointe et vous fondez ! Quoique le concernant, ce serait plutôt un chat sauvage ! D'ailleurs, je crois qu'en enquêtant sur son père, j'arriverai à le comprendre ! Les crêpes seront pour une prochaine fois !
Leyne croisa les jambes.
- Je peux rester.
- Si tu veux, merci.
