Samedi 23 décembre 1995
Chère Marie,
La Discussion a eu lieu aujourd'hui. Et ça a été mouvementé.
Ce sont les jumeaux Weasley qui ont insisté pour qu'on parle enfin. Alors nous nous sommes tous installés dans la bibliothèque. Enfin, tous... Tous ceux en qui Harry, Hermione et moi pouvons avoir raisonnablement confiance : Remus, Sirius, les jumeaux, Ginny, et même Bill, Fleur Delacour et Kingsley ont pu se joindre à nous.
J'ai été surprise par la présence de Fleur. Je savais que Bill et elle formeraient un couple, mais je ne savais pas que c'était déjà le cas dans le cinquième livre. Enfin bon, elle est là parce qu'elle est en couple avec Bill et s'entend bien avec Harry depuis le Tournoi l'an dernier, que Bill lui a parlé de ce qui s'est passé avec Ginny et qu'en tant que Française, elle n'a pas été élevée dès le biberon à admirer la personnalité lumineuse de Dumbledore.
Elle est magnifique. Poesy n'est franchement pas à la hauteur. C'est une belle actrice, je ne dis pas le contraire, mais elle n'arrive pas à la cheville de la beauté de Fleur. Elle a de longues boucles dorées, des yeux parfaitement bleus, un sourire extraordinaire, une peau impeccable et parfaitement unie, un corps à se damner et une grâce incroyable. Elle est parfaite, je te dis... Même Sirius ne peut pas s'empêcher de la regarder un peu trop souvent. Curieusement, Harry est complètement insensible à son charme. Il doit la trouver belle (c'est objectivement impossible d'affirmer le contraire), mais elle n'a pas l'effet sur lui qu'elle a sur Sirius, par exemple, ou sur Ron (je l'ai vu plus tard dans la journée face à elle, il est aussi ridicule que décrit dans le livre...). Peut-être que le fait qu'il est mage l'aide à avoir suffisamment de protections mentales pour ne pas être influencé par son Allure ?
Nous avons rapidement appelé Andromeda Tonks pour la tester, et tester Bill également. Aucun des deux n'a de verrou ou de potion dans son système, mais il y avait plusieurs sorts d'influence (Bill devait par exemple ignorer ses deux plus jeunes frère et sœur, Fleur ignorer Harry). Avait. Andromeda a tout enlevé, et a refusé de faire partie du groupe : elle tient à ne pas en savoir trop, elle a peur que cela perturbe son activité de Guérisseuse. Mais elle a promis qu'elle se tiendrait à notre disposition si on a besoin de ses compétences. Une fois l'indépendance de Bill et Fleur vis-à-vis de toute influence assurée, nous avons pu commencer la réunion.
Sirius s'est tourné vers moi :
« Ton idée, tes actions, ton programme.
–Merci du cadeau... j'ai grogné. Bon. Tout d'abord, je suis rassurée, parce que chacun d'entre vous peut pratiquer l'Occlumancie. Pour que tout se passe bien et que tout le monde soit en sécurité, j'insiste pour que tout le monde apprenne à monter des défenses mentales.
–Harry a dit hier qu'il ne pouvait pas, a déclaré Bill en fronçant les sourcils.
–Harry a dit hier que Dumbledore a la certitude que Harry ne peut pas et que les leçons avec Snape seront inutiles.
–Si Harry commence aussi à jouer avec les mots, s'est amusé Remus, je dois définitivement dire que tu as une mauvaise influence sur lui. »
J'ai souri et j'ai continué :
« Harry, comme Hermione et moi, est un Occlumens accompli. Les jumeaux ont déjà de bonnes défenses.
–Oui, nous avons vite compris l'intérêt qu'on ne sache pas à l'avance quelles farces on préparait, a commencé Fred.
–Sans oublier bien sûr le fait qu'on ne sache pas que nous sommes coupables, a terminé George.
–Bien sûr, ce serait dommage, j'ai souri. Vous pouvez aller encore plus loin dans ces défenses, votre pourcentage n'était pas au maximum avant-hier. Vous le ferez ?
–Nous le ferons, ont dit les jumeaux en chœur.
–Merci. Remus aussi a de faibles défenses. Tu les renforceras également ?
–Bien sûr.
–Sirius ?
–Je suis à quatre-vingt pour cent. Éducation Black oblige. Je vais faire en sorte d'être à cent pour cent.
–Merci. Et est-ce que tu peux apprendre l'Occlumancie à Ginny ? Elle a le potentiel mais n'a jamais appris.
–Bien sûr. »
Il a regardé Ginny, qui a hoché la tête. Je me suis tournée vers Bill et Fleur.
« Et vous ?
–Je vais suivre les cours de Sirius avec Ginny, a répondu Bill.
–Je suis Vélane, a dit Fleur. J'ai naturellement quelques défenses. Je vais les renforcer.
–Merci. Kingsley ?
–Je suis Auror, je suis à soixante-quinze pour cent de ma capacité. Je vais y travailler aussi.
–Parfait. Alors en attendant que vous soyez tous à fond dans vos défenses d'Occlumancie, nous allons simplement aujourd'hui aborder les points les moins dangereux. Ne vous inquiétez pas, il y a déjà du pain sur la planche. D'abord, et en guise d'introduction, nos résultats, à Harry, Hermione et moi. »
J'ai posé sur la table de salon au centre du groupe nos trois diagnostics. J'avais hésité à mettre aussi ceux de Harry, lorsque j'en avais parlé à Hermione et lui avant la réunion, mais il a dit que de toute façon, le sujet des Dursley et sa vie là-bas serait abordé. Mes résultats et ceux de Hermione ont provoqué de la surprise, sans doute par rapport à notre puissance magique, mais ceux de Harry ont provoqué de la colère et de la peine. Quand j'ai récupéré les diagnostics, je n'ai pas attendu leurs réactions pour continuer :
« Je savais que Harry n'avait pas eu une chouette enfance chez les Dursley. J'ai appris il y a quelques semaines à quel point, et ce diagnostic montre que j'étais encore en dessous de la réalité. Remus, tu as le dossier médical de Harry ?
–Oui.
–Bien. Mon objectif pour ces vacances est de faire en sorte que Harry ne doive plus jamais retourner chez les Dursley, soit via une émancipation qui lui permettra de choisir un nouveau lieu de vie, soit par la nomination d'un nouveau tuteur qui lui trouvera un foyer plus adapté. Ensuite, il est évident que je veux que Dumbledore paie pour tout ça. Dans cette double optique, il nous faut accumuler des preuves des abus divers de Dumbledore sur Harry, qu'ils soient physiques, mentaux, légaux. »
À côté de moi, Hermione prenait des notes au fur et à mesure. Nous avions déjà déterminé une liste de ce qu'il nous fallait aborder, et j'ai donc commencé par le premier point :
« Nous avons le dossier médical de Harry, et les diagnostics établis avant-hier en base de départ. Bill, comment est-ce qu'on peut faire une étude des sorts placés sur la maison des Dursley ?
–Vous pouvez engager une équipe via Gringotts, pour ça. Pourquoi ?
–Parce que je veux vérifier la légitimité de la seule explication que daigne donner Dumbledore à Harry quand il demande pourquoi il doit retourner chez les Dursley chaque été : la protection de sang que sa mère lui aurait donnée en mourant, et qui coulerait dans la seule personne toujours en vie de leur famille : sa tante Pétunia. »
Bill a froncé les sourcils :
« Je n'ai jamais entendu parler d'une telle magie, mais je peux demander pour vous dès demain qu'on envoie une équipe d'évaluation chez les Dursley.
–Merci, a dit Harry. Indique aux Gobelins de prendre le paiement nécessaire sur mon compte. »
Bill a hoché la tête, et j'ai continué :
« À propos de compte : est-ce que Harry, en tant que titulaire, ne devrait pas recevoir un bulletin régulièrement ?
–Selon son contrat, au moins une fois par an, si ce n'est une fois par mois, a répondu Fleur.
–Je n'ai jamais rien reçu, a soupiré Harry. Est-ce que j'ai le droit de demander un rendez-vous avec un chargé de compte pour avoir des explications à ce sujet et faire un point sur ma situation bancaire ?
–Bien sûr... Je peux le demander pour toi, si tu veux.
–Pas si vite, je suis intervenue. Sirius, et si tu me répétais et développais ce que tu m'as annoncé avant-hier soir au sujet de la famille de Harry ? »
Sirius m'a regardée un moment, puis a soupiré :
« J'avais une compulsion sur moi qui m'empêchait de t'en parler, pup. Mais le nom de Potter est bien plus qu'un simple nom de famille.
–Harry n'est pas au courant ? s'est étonné Bill en ouvrant de grands yeux.
–Non, a soupiré Sirius. C'était mon rôle, en tant que parrain et en tant que Black, de le faire, mais j'en ai été découragé. Et visiblement, Dumbledore n'a pas estimé que c'était nécessaire à l'éducation de Harry.
–C'est criminel... a dit Kingsley en fronçant les sourcils.
–En effet, a reconnu Sirius.
–De quoi vous parlez ? s'est impatienté Harry.
–Harry, les Potter sont... sont une très vieille famille de magie. Une des plus vieilles qui soient en Grande Bretagne. Et une des plus nobles, aussi. C'est une famille... très riche en histoire et en prestige, et pas uniquement grâce à James ou à toi. Ça remonte à la fondation de votre famille, il y a des siècles. Tu es l'unique héritier de la Très Ancienne et Très Noble Famille des Potter. »
Et les majuscules s'entendaient parfaitement dans sa façon de prononcer cette expression. Hermione a cessé de prendre des notes, et a regardé Sirius, bouche bée :
« Je croyais qu'il n'y avait que deux familles qui possédaient une telle puissance...
–En effet, a souri Sirius. Les Black et les Potter. Chacun à la tête d'un courant magique : les Black représentants de la magie noire et du traditionalisme, voire du protectionnisme, et les Potter, représentants de la magie blanche et partisans du progrès et de l'égalité entre toutes les créatures magiques. Notre amitié, à James et moi, a enterré une guerre vieille de mille ans entre nos deux familles.
–C'est pour ça qu'on vous regardait d'un drôle d'œil, quand vous étiez ensemble ! » s'est exclamé Remus.
Sirius a éclaté de rire :
« Oui.
–Comment ça se fait que Remus, votre meilleur ami, ne soit pas au courant ? j'ai demandé en fronçant les sourcils.
–Remus sait parfaitement le prestige de nos deux familles, a répondu Sirius tranquillement, comme n'importe quel sorcier ayant grandi parmi des sorciers. Mais seuls les nobles savent véritablement la hiérarchie délicate entre eux, et les différentes alliances et oppositions qui les gouvernent. Surtout aujourd'hui, où les guerres sont uniquement politiques, et non plus sur les champs de bataille. Remus savait que ma famille était proche de la magie noire et que tout le monde sauf moi avait toujours été à Slytherin ou Ravenclaw. Il savait que les Potter tiraient leur fierté de leur aptitude à défendre la magie blanche et à appartenir à Gryffindor. Ce n'est pas pour autant qu'il connaît l'étendue réelle de notre héritage, à James et moi. Personne dans cette pièce, à part moi, et peut-être Fleur, elle-même noble en France, en a une véritable idée. »
Fleur a incliné la tête :
« J'ai été surprise de voir que Harry ne faisait pas appel aux privilèges Potter pour se sortir de la compétition, ou pour bénéficier d'une certaine aide lors des épreuves.
–Pardon ? est intervenu Harry, en colère.
–Les Potter sont une des deux plus puissantes familles de Grande Bretagne, a expliqué Fleur, et tous les nobles d'Europe le savent. De plus, les Potter ont un héritage magique qui en font une des plus puissantes familles européennes. Tu as des privilèges uniques liés à ta famille et à ton titre. Je crois que même le Ministre de la Magie de Grande Bretagne ne peut pas t'imposer sa loi comme il veut. »
Il y a eu un silence. Même moi, je ne m'attendais pas à ça. Puis Hermione a demandé, curieuse :
« Et quelle place occupent les Delacour dans la noblesse magique française ?
–Plutôt élevée, a répondu Fleur en souriant. Nous sommes la branche magique de l'ancienne famille royale française. Les non-magiciens sont plutôt républicains, d'où notre système démocratique, en France, mais les magiciens sont encore assez royalistes, et ça apporte un certain prestige à ma famille.
–C'est pour ça que ta mère était aussi furieuse après la deuxième épreuve, l'an dernier ? a demandé Harry.
–Oui, a grimacé Fleur. Se servir de Gabrielle sans notre autorisation a causé un incident diplomatique assez grave. Seuls le prestige de Dumbledore au sein de la Confédération Magique Internationale et le fait que l'Héritier Potter n'a entamé aucune procédure ont empêché ma famille d'en entamer elle aussi. Nous aurions su que tu n'avais pas réagi parce que tu ne savais pas que tu pouvais réagir, nous aurions sans hésiter rendu cet incident beaucoup plus public. »
Harry l'a regardée un instant, puis s'est levé pour faire les cents pas. Je sentais son trouble, sa colère et son désarroi. Il se retrouve encore dans une situation qui le dépasse complètement. Puis il s'est arrêté pour se placer derrière le canapé qu'on occupait, lui, Hermione et moi, et il s'est appuyé des deux mains dessus avant de ricaner :
« Bien... Après Survivant, plus jeune Attrapeur de Quidditch depuis un siècle, pourfendeur de Basilic, Quatrième Champion d'un Tournoi qui ne devrait en compter que trois, homme à abattre pour Voldemort, et Archimage, me voilà propulsé super-noble... Quoi d'autre ?
–Tu es depuis deux ans le meilleur parti célibataire de Witch Weekly. » a annoncé Ginny d'une voix tranquille.
Je n'ai pas pu m'en empêcher : j'ai éclaté de rire. Après l'énumération de Harry, ce classement typiquement issu d'un magazine féminin était tellement incongru... Rapidement, tout le monde a suivi, et ça nous a fait du bien. Harry s'est rassis entre Hermione et moi, plus détendu. Sirius a été le premier à reprendre son calme :
« Sérieusement, Harry... Je sais que ça fait beaucoup pour toi, et il y a des choses pour lesquelles je ne peux que te soutenir moralement. Mais pour ton héritage de noble, je peux te former, et je ne suis pas le seul. Les Potter ont des alliés, comme les Longbottom ou les Bones, et ils seront encore plus en mesure que moi de te donner l'éducation parfaite pour que tu puisses faire face à ceci. Augusta Longbottom sera furieuse de découvrir que tu n'étais pas au courant. »
Harry l'a regardé, puis a hoché la tête :
« Je crois que je vais les contacter, alors. Augusta Longbottom est bien la grand-mère de Neville ?
–Oui.
–Et qui, chez les Bones ?
–Amelia Bones, a répondu Kingsley. Elle est actuellement à la tête du Département des Forces de l'Ordre Magique. Ma patronne. En plus de cette histoire de noblesse, elle sera parfaite pour te former aux rouages du Ministère et de la justice magique. »
Harry a hoché la tête, et j'ai vu Hermione prendre des notes. J'ai repris :
« En attendant de former Harry, est-ce que cet héritage peut avoir un intérêt dans la situation du jour, c'est-à-dire le libérer de la tutelle de Dumbledore ?
–Oui, a répondu immédiatement Sirius. Harry est le dernier de la lignée Potter, et il a plus de quinze ans. À titre exceptionnel, il a le droit de demander son émancipation et les pleins pouvoirs de son titre de Lord Potter.
–Comment ? a demandé Harry avec excitation.
–En allant à Gringotts et en prouvant que tu es le dernier des Potter, a répondu Sirius en haussant les épaules. C'est assez simple, ils ont des tests rapides spécifiques pour ce genre de requête.
–Mais le titre de Lord va entraîner des devoirs, également, pour Harry, je suis intervenue. Est-ce qu'il ne vaut mieux pas pour lui qu'il les découvre avant de récupérer son titre ? »
Sirius a pris le temps de la réflexion, et a hoché la tête :
« Si, ce serait plus prudent. Avant d'agir, Harry, rencontre au moins Augusta Longbottom et Amelia Bones, elles te diront si c'est une bonne idée ou pas. Je pense qu'elles te diront oui, mais elles sont plus au courant des devoirs réels des Potter que moi, et vu les devoirs de ta famille, je préfère avoir leur opinion.
–D'accord, a répondu Harry facilement. Je vais essayer de les rencontrer entre Noël et jour de l'an.
–Parfait, j'ai souri. Et... Pour pouvoir être certains d'avoir un dossier solide contre Dumbledore, que je n'ai pas l'intention d'épargner... Est-ce que tu connais des avocats compétents, Sirius ?
–Les avocats de la famille Potter seront ravis de s'occuper de ça. Je peux vous retrouver leurs coordonnées.
–Ce serait même judicieux de les rencontrer en premier, est intervenu Kingsley. Ils vous diront les éléments dont ils ont besoin pour ce dossier, et ça vous évitera de multiples visites à Gringotts ou chez les Longbottom ou les Bones. »
Harry, Hermione et moi avons échangé un regard, et Harry a hoché la tête :
« Je leur envoie un message dès aujourd'hui pour essayer de les voir avant Noël.
–Vu ton nom de famille, ils pourront certainement te recevoir demain, » a ricané Sirius.
Harry a grommelé, mais il n'était pas vraiment de mauvaise humeur. J'ai souri et j'ai repris :
« Ils seront également capables de nous dire si les parents de Harry ont fait un testament ?
–Oui, sans doute, a répondu Remus en fronçant les sourcils. Pourquoi cette question ?
–Parce que dans de nombreux possibles, les Potter avaient un testament, avec une liste des gardiens potentiels pour Harry, et surtout la mention qu'il ne faut surtout pas le confier aux Dursley. C'est également une piste à vérifier.
–Des possibles ? Qu'est-ce que c'est que ça ? » a demandé Fleur.
J'ai rapidement expliqué mes origines et d'où viennent mes connaissances. Elle a ouvert de grands yeux surpris, puis a souri :
« Je comprends mieux le rapide bouleversement de la vie de Harry, alors qu'il était complètement ignorant de sa situation l'an dernier. Tu es le grain de sable dans l'engrenage. »
J'ai souri. C'est une métaphore qui me plaît. J'aime bien être l'élément perturbateur des projets qui ne me plaisent pas, pour une raison ou une autre.
« Exactement. Pour en revenir au sujet, on avance bien : une solide piste d'émancipation, avec juste des précautions à prendre pour ne pas plonger Harry dans une situation encore plus complexe qu'elle ne l'est, et un dossier à charge contre Dumbledore qui avance. Le but premier était d'offrir un nouveau foyer pour Harry. Est-ce qu'il y a une meilleure option qu'ici ? Parce que c'est franchement lugubre, désolée Sirius. »
Sirius a éclaté de rire, et a répondu :
« Aucun problème, je suis tout à fait d'accord. Il y a Lions' Rock, évidemment. »
Lions' Rock, ça veut dire le Rocher aux Lions. En entendant ça, je n'ai pas pu m'empêcher de chantonner :
« C'est l'histoiiiiiire de la vie... »
Tout le monde m'a regardée bizarrement, et j'ai eu un rire gêné :
« Désolée... Référence non-magique. Le Roi Lion. Les lions qui règnent sur la savane, et qui la dominent du haut de leur rocher. Ce rocher s'appelle comme ça...
–Non, m'a contredit Hermione. Il s'appelle Lions' Pride. »
La Fierté des Lions, si tu traduis. J'ai fait la grimace :
« Charmant... Tu m'étonnes qu'il y ait eu des controverses sur la forme du rocher, avec ça... »
Les regards se sont fait encore plus interloqués, Hermione a eu une expression choquée (je viens sans doute de lui pourrir un Disney oh combien innocent...), et Fleur a pouffé. J'ai senti qu'on allait me demander des explications, et j'ai enchaîné rapidement :
« Passons. Qu'est-ce que Lions' Rock ?
–La demeure ancestrale des Potter. L'un des domaines les mieux protégés du monde. »
Il y a eu un silence, et j'ai senti la tension monter chez Harry et Hermione. J'ai soupiré et décidé de mettre les pieds dans le plat. C'est ma spécialité, après tout :
« Si les Potter ont une demeure ancestrale aussi sécurisée, qu'est-ce que les parents de Harry faisaient à Godric's Hollow sous un simple Fidelius ? »
Nouveau silence, puis Sirius a regardé Harry dans les yeux :
« Je suis désolé, pup. De ne pas avoir été assez méfiant à l'époque. Cette histoire de diversion paraissait extrêmement convaincante, alors.
–Diversion proposée par Dumbledore, je suppose ? j'ai demandé.
–En effet...
–Pourquoi ? a demandé Harry en fronçant les sourcils. Il a voulu m'offrir en pâture à Voldemort ?
–Harry, je suis intervenue, j'aimerais qu'on réserve ces explications à un jour où soit il y a moins de monde, soit tout le monde maîtrise absolument parfaitement son Occlumancie. »
Harry m'a regardée un long moment, avant de froncer les sourcils :
« Tu sais pourquoi...
–Je sais pourquoi. Je ne pensais pas que Dumbledore irait jusqu'à faire sortir tes parents de leur domaine pour ça, mais oui, je sais pourquoi.
–Tu n'as aucune intention de garder ça secret ?
–Certainement pas envers toi, non, j'ai répondu immédiatement. Je veux juste que Dumbledore ne sache pas que tes connaissances viennent de moi. »
Le froncement de sourcils de Harry s'est accentué :
« Tu as peur des représailles ?
–Il a fait sortir tes parents de Lions' Rock, Harry, en sachant parfaitement que Voldemort était à leurs trousses. Il a forcé l'obtention de ta tutelle, et t'a confié aux bons soins des Dursley pendant une dizaine d'années. Il a bloqué nos pouvoirs, à Hermione, toi et moi, et toutes les personnes auxquelles nous avons demandé un diagnostic concernant de possibles influences ont eu pour l'instant un résultat positif. J'ai d'excellentes raisons de me méfier de lui. »
Harry a hésité, mais j'ai repris avant lui :
« Tu sauras, je te promets. C'est dans ton intérêt de savoir. Mais pas dans n'importe quelles conditions. Alors pour l'instant, on se concentre sur ton émancipation, et sur la mise à l'écart de Dumbledore. »
Il m'a regardée un long moment, avant de hocher la tête et de se tourner vers le groupe :
« Bien. Écrivons à mes avocats, qu'on fixe ce rendez-vous. Après Noël, j'irai rencontrer Lady Longbottom et Madam Bones, et ensuite, ce sera Gringotts. Et pour Lions' Rock ?
–Tes avocats pourront t'en dire plus, a assuré Sirius.
–OK. Bill, est-ce que cette évaluation peut-être faite avant demain ?
–Non, pas une évaluation officielle, a répondu Bill. Mais je peux en faire une informelle ce soir, afin qu'on sache dans quoi on s'avance, avant d'en établir une officielle à ajouter au dossier.
–Merci, mais ne te mets pas en danger pour ça, a aussitôt répondu Harry.
–J'irai avec lui, est intervenu Kingsley.
–Moi aussi, a ajouté Remus. A nous trois, nous serons en parfaite sécurité et Bill pourra travailler tranquillement.
–Merci, a dit alors Harry avec un sourire.
–Parfait ! je me suis exclamée. Bien, cette lettre ! Harry, ta plus belle plume et ta plus belle écriture ! Et... Comment on écrit à des avocats qu'on n'a jamais rencontré ? »
Les adultes présents nous ont aidé à construire la lettre pour les avocats de la famille de Harry, et Sirius a retrouvé leurs coordonnées. Hedwig est rapidement apparue une fois la lettre terminée, et est repartie avec un pincement affectueux envers son maître.
L'ordre du jour immédiat étant terminé, nous avons continué sur l'histoire de la famille Potter. Apparemment, même si Bill, Fleur, Kingsley et Remus sont au courant que les Potter sont nobles, il n'y a véritablement que Sirius qui sait vraiment l'histoire de la famille de son ancien meilleur ami et son filleul.
Les Potter sont apparemment une famille de combattants. Depuis des siècles, sans doute depuis leur fondation, ce sont des chevaliers-mages, défendant le monde magique contre les mages noirs et les injustices en tout genre. James aurait passé toute son enfance à perpétuer l'héritage familial en apprenant la magie de combat et le maniement de différentes armes, dont l'épée. Ça a fait rire Kingsley, qui a déclaré que les résultats spectaculaires de James lors de son admission à l'Académie des Aurors ne l'étonnaient alors plus.
Sirius a dit que même s'il était un peu déçu que Harry ne soit pas un vrai Maraudeur, il était quand même fier de lui, et que Harry était un vrai Potter : avec des prédispositions certaines en magie de combat, et une volonté d'apprentissage tournée vers la pratique et non la théorie. James a toujours mieux appris lorsqu'il étudiait hors des classes, c'était même la raison première de leurs farces, à Sirius et lui. Et Charles, le père de James (et donc grand-père de Harry), avait bien compris ça, et se contentait de vérifier chaque été le niveau de connaissances réel de son fils, plutôt que de s'attarder sur ses notes en classe, contrairement aux parents de Sirius. James, histoire de ne pas déshonorer les Potter, s'est juste arrangé pour avoir des notes convenables aux OWLs et aux NEWTs auxquelles il avait souscrites.
D'après Sirius, Harry suit exactement le même chemin : un parcours acceptable en classe, mais quand on le teste en situation réelle, il se montre d'un coup beaucoup plus doué, avec des connaissances plutôt... étonnantes pour un élève de son âge, que même Hermione n'a pas. Harry a voulu protester, mais Sirius l'a rapidement fait taire :
« Tu crois que je n'ai pas vu quels livres tu empruntes dans cette bibliothèque et à Hogwarts ? Ce ne sont pas des sujets étudiés en classe, et ce sont souvent même des sujets qui ne sont pas de ton niveau scolaire. Des paysages mentaux ? Tu t'es intéressé à ce sujet avant même que tu découvres que tu es archimage. »
Harry a rougi, mais n'a rien trouvé à répondre.
Selon Sirius, dans les très vieilles familles comme les Potter et les Black, certaines capacités deviennent presque héréditaires, comme la magie de combat pour les Potter, ou la magie noire pour les Black. Harry n'a pas à avoir honte d'étudier davantage sur le sujet. C'est ce qu'il est. Les différents adultes présents ont même promis que, quand la situation se sera un peu stabilisée, ils nous formeraient tous les trois dans leur domaine de compétence.
J'avoue que j'ai hâte.
En attendant, je me suis levée :
« Bon. On arrête de se cacher dans la librairie ? Si vous avez des questions, vous savez où nous trouver, de toute façon.
–Tu es pressée ? s'est moqué Harry.
–Oui, je veux faire quelque chose avec Hermione et toi. »
Harry a levé un sourcil, et j'ai compris que mes paroles pouvaient être mal interprétées et que par conséquent, elles seraient mal interprétées.
« Je croyais que tu n'étais pas prête pour moi seul, et maintenant, tu veux inviter Hermione à te joindre à nous ? Je n'ai pourtant vu aucune compulsion à ce sujet.
–Idiot. J'ai fini le livre sur les Animagi. »
J'ai soudain eu l'attention de tout le monde, et j'ai éclaté de rire :
« Ne vous affolez pas, si je ne le propose qu'à Hermione et Harry, c'est parce que la méthode pour devenir Animagus est différente pour les mages et pour les sorciers. Vous autres, adressez-vous à Sirius.
–On peut regarder quand même ? a demandé Sirius.
–Si tu veux, j'ai répondu en haussant les épaules. On peut utiliser ta salle d'entraînement ?
–Oui.
–Hermione, Harry, intéressés ? »
Les deux jeunes gens se sont levés avec un grand sourire, et nous sommes tous les trois allés dans la salle d'entraînement des Black. Tout le petit groupe nous a suivi. Une fois dans la salle, je me suis tournée vers eux :
« Restez sur le côté. Vous verrez tout, mais je ne sais pas en quoi nous allons nous transformer, et généralement, les animaux choisis par les mages sont loin d'être inoffensifs. »
Seuls Harry, Hermione et moi sommes allés au centre de la salle. Je leur ai fait signe de s'asseoir par terre, puis j'ai commencé mes explications :
« Pour les sorciers, il faut prendre une potion qui donnera son animal, puis apprendre petit à petit à se métamorphoser, à force de méditation et de concentration. Chez les mages, c'est beaucoup plus rapide. Comme nous avons un lien plus intime avec la magie et avec notre esprit, c'est beaucoup plus simple : il nous faudra méditer pour chercher notre animal intérieur, puis après, comme pour les sorciers, forcer la transformation. Sauf que normalement, pour nous, cela ne devrait pas prendre des semaines, voire des mois, mais à peine quelques minutes : nous maîtrisons beaucoup plus profondément notre magie.
–Donc on commence par de la méditation ? a demandé Hermione.
–C'est ça. Nous devons, via cette méditation, trouver le cœur animal de notre être, et cela nous indiquera en quoi nous transformer. J'ai fait quelques recherches supplémentaires pour voir si nos pouvoirs spécifiques n'influenceraient pas la transformation. Ton analyse et ton mentalisme, Hermione, comme mon empathie, ne jouent aucun rôle. Mais nous avons tous les trois un pouvoir élémental, même deux pour Harry. Ça, ça joue : le pouvoir élémental et le cœur animal de notre être sont liés. Si on trouve l'un, on trouve également l'autre. Alors soit on cherche le cœur animal et on trouve notre ou nos éléments quand on trouve notre animal, ou soit on cherche notre élément et on trouve notre animal par la suite. C'est tout bon ? »
Harry et Hermione ont hoché la tête, et j'ai souri :
« A la découverte de notre animal intérieur, donc ! »
Et j'ai fermé les yeux pour entrer en méditation. Je n'ai aucune difficulté à entrer en méditation. J'avais essayé, en tant que Manon de vingt-et-un ans sans magie, mais je n'y étais pas arrivée à l'époque : la moindre pensée perturbait ma concentration, et en fait, j'essayais de me forcer de ne penser à rien et d'écarter toute pensée, ce qui est le meilleur moyen justement de penser à quelque chose. En fait, il ne faut pas refuser les pensées qui nous viennent, juste les laisser glisser. C'est un peu comme quand on voyage en voiture : on regarde la route devant soi, et on voit les maisons et les arbres sur le bas-côté, mais on n'y accorde pas plus d'importance que ça.
Là, ma destination, c'est mon moi animal. Quelque chose que je n'ai encore jamais cherché à toucher. En fait, depuis que je parviens à ''maîtriser'' la méditation, je n'ai plus pratiqué la méditation ''sauvage'', celle qui permet juste de se laisser porter par les flots. Et c'est un état méditatif beaucoup moins évident à atteindre que l'état méditatif permettant d'entrer en contact avec son esprit, l'état nécessaire pour l'Occlumancie par exemple.
En fait, cela demande un bel effort de ne pas faire d'efforts... Mais j'ai fini par réussir à atteindre le bon niveau de méditation. J'avais l'impression de flotter dans un environnement entièrement vierge.
Aucun son, aucune sensation.
Puis j'ai entendu un bruit sourd.
Boum. Boum. Boum boum...
Les battements de mon cœur.
Et des couleurs sont apparues. Jaune, rouge, orange. Comme du feu ou de la lumière vive qu'on regarde à travers les paupières fermées.
J'ai continué à me laisser porter. Je n'avais qu'une idée en tête : trouver mon animal ou mon élément.
Mon animal ou mon élément.
Les couleurs se sont intensifiées, et ont pris des formes plus nettes. On aurait dit des arbres. De grands arbres serrés étroitement, toujours dans les mêmes couleurs, du jaune au rouge. Les arbres paraissaient en flamme, mais en même temps, j'avais la certitude qu'ils ne brûlaient pas. C'était ce qu'ils étaient : en flamme. Des arbres de feu. Le feu est mon élément ?
A peine ai-je eu cette réalisation que je me suis déplacée dans cet étrange univers. D'abord lentement, puis de plus en plus vite. Je filais entre ces arbres de feu, sans jamais les toucher, louvoyant habilement entre eux, avec une vitesse et une dextérité dont jamais je ne me saurais crue capable.
Puis j'ai senti le sol sous moi. Je courrais, véritablement, au lieu de me déplacer de façon immatérielle.
Je courrais, ou plutôt je bondissais.
J'étais à quatre pattes.
Et je continuais à avancer à toute vitesse. Les sensations étaient moins subies, à présent, et j'avais l'impression de maîtriser ma course. Pourtant, je continuais à me déplacer à la même vitesse et la même agilité. Quel que soit mon animal, je vais l'aimer...
Enfin, je suis arrivée dans une clairière. L'herbe était verte et riche. C'était la première fois depuis que j'étais entrée dans cette étrange transe que je voyais une autre couleur que les tons rouge-orangé des flammes. Au centre de la clairière, un immense arbre. Le bois était brun sombre, les feuilles vert profond, et partout dans l'arbre, des rubis, qui étincelaient comme des flammes.
Je crois que j'ai atteint le centre sauvage de mon être, l'espace de calme absolu au milieu de la tempête de flammes.
J'ai avancé lentement vers l'arbre. J'étais toujours à quatre pattes, et je commençais à comprendre que j'étais sous ma forme animale. Je n'étais pas très grande : ma tête était à un mètre environ du sol. Je sentais de manière très précise le sol sous mes pattes, qui amortissaient chaque pas. Je marchais très silencieusement. Par curiosité, j'ai regardé une de mes pattes avant : une patte de chat, une grosse patte de chat. De grand félin, sans doute. Avec des tâches brunes sur un pelage doré. Et de jolies griffes rétractiles. Avec les tâches, je sais que je suis un jaguar ou un léopard. Une panthère en tout cas. J'en saurai plus en me voyant.
Comme pour réaliser ce souhait, une silhouette est apparue derrière l'arbre, le contournant lentement. Une silhouette gracieuse, sur quatre pattes, avec un pelage tacheté et une longue queue.
Un léopard.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que c'était bien ainsi : les léopards sont moins trapus que les jaguars, plus sur la vitesse que sur la force. Et peut-être plus adaptés à une femme...
Le léopard s'est approché de moi. Il faisait ma taille. Je me suis assise sur mes pattes arrières pour l'examiner. C'était un bel animal. Son pelage était effectivement plus doré que jaune, et ses tâches avaient autant de nuances de brun que mes cheveux. Les yeux avaient exactement la même couleur que les miens. Le plus fascinant restait la façon dont tout son pelage reflétait la lueur des flammes. C'était magnifique.
Il s'est assis à son tour et a soufflé devant lui. Et a craché quelques flammes. Comme un dragon. Les flammes se sont posées entre nous, et ont commencé à changer de couleur, du rouge, au jaune, au blanc. Leur chaleur augmentait. Et le léopard s'est relevé et s'est avancé vers les flammes, et y a donné un coup de patte. Les flammes ont disparu.
J'ai compris le message : même sous ma forme animale, j'ai un certain niveau de contrôle de mon élément. À moi de découvrir tout le potentiel que cela peut receler. Le léopard s'est éloigné de moi et a créé un mur de flammes entre nous. À travers, je l'ai vu s'éloigner, puis se tourner vers moi. D'un bond, il a commencé à courir, et au moment de franchir les flammes, a sauté en avant.
Et n'est jamais réapparu de l'autre côté des flammes. Au lieu de ça, je l'ai vu sortir de la barrière de feu qui entourait la clairière et s'avancer vers moi tranquillement. Je peux voyager à travers les flammes.
Génial, moi qui ai peur de la poudre de Cheminette...
D'ailleurs, mon élément est le seul des quatre éléments dont j'ai peur. J'ai peur du feu, alors que je ne crains ni la terre, ni l'air, ni l'eau. Mais mon élément est le feu. Comme s'il suivait mon fil de pensée (ce qui est possible, après tout, je suis en train de voyager dans mon subconscient le plus primaire), le léopard s'est approché de moi et m'a donné un gentil coup de tête. Puis il a soufflé quelques flammes sur mon visage.
Je suis brutalement sortie de ma transe, et j'ai retrouvé contact avec la réalité. La salle d'entraînement était de nouveau autour de moi.
Hermione était déjà sortie de sa transe et elle m'a regardée avec un sourire :
« Alors ?
–Alors je vais faire une jolie concurrence à Crookshanks, j'ai répondu avec satisfaction.
–Un félin ?
–Oui, un grand félin. Et toi ?
–Moi, c'est Remus et Sirius qui vont mettre leur queue entre leurs jambes... a ricané Hermione, avec une certaine fierté.
–Canin ?
–Oui. Tu maîtrises ton élément sous ta forme animale ?
–Oui, j'ai acquiescé. Si tu poses la question, je suppose que toi aussi ?
–En effet. L'eau. Et toi ?
–Le feu. Combien de temps je suis restée en transe ? »
Hermione s'est tournée vers le groupe qui était toujours assis près de l'entrée de la salle. Sirius a du comprendre son air interrogatif, car il a annoncé :
« Une heure et demie. Bon résultat ?
–Oui, j'ai répondu. On attend Harry avant de passer à l'étape suivante ?
–Vu nos résultats, je préfère, » a répondu Hermione.
Nous avons donc attendu Harry, qui était toujours plongé dans sa transe. J'avais imaginé qu'il aurait été le plus rapide de nous trois : il a toujours beaucoup plus agi à l'instinct que Hermione et moi. Et pourtant, nous avons attendu encore deux bonnes heures avant que monsieur ne daigne revenir à nous.
Pendant ce temps, Hermione et moi avons commencé à exploiter notre élément respectif, en compagnie des autres. En fait, nous avons découvert qu'en tant que mages, nous pouvons maîtriser tous les éléments. Mais notre élément principal sera celui avec lequel nous aurons le plus d'affinités, et qui nous offrira quelques pouvoirs supplémentaires.
Par exemple, Hermione peut respirer sous l'eau, alors qu'il faut que je passe par une métamorphose partielle pour me faire apparaître des branchies pour y arriver. Elle maîtrise également plus subtilement les différents états de l'eau.
Moi, je peux effectivement voyager de flamme en flamme, y compris sous ma forme humaine. Et c'est nettement moins désagréable que la Poudre de Cheminette. En fait, c'est quasiment instantané : j'entre dans une flamme et je ressors de l'autre, aussi naturellement que si je passe à travers une simple barrière. Maintenant, le plus gros défi sera d'apprivoiser mon élément.
Enfin, Harry est sorti de sa transe, et il a affiché un sourire idiot, absolument ravi.
« Alors ? a aussitôt demandé Sirius.
–Alors j'ai largement ma place à vos côtés lors de la prochaine pleine lune. Remus ne me résistera jamais, même en loup-garou.
–Tu te transformes en quoi ?
–En jaguar des ombres. »
Il y a eu des sifflements admiratifs, mais j'ai froncé les sourcils :
« En quoi un jaguar des ombres est différent d'un jaguar classique ?
–Plus gros, plus rapide, plus féroce, a répondu Sirius. C'est comme comparer un loup et un chien. Donc ton élément, c'est les ombres ?
–Oui. Les ombres et la foudre. Et vous deux ?
–Loup des glaces, » a répondu Hermione.
De nouveau, un accueil étonné et impressionné. Je suppose que le même genre de comparaison vaut aussi pour elle. Harry s'est tourné vers moi :
« Léopard, avec pour élément le feu.
–Un léopard des flammes ?
–Peut-être... j'ai répondu en hésitant.
–Est-ce que en tant que léopard, tu peux aussi voyager à travers les flammes ? a demandé Sirius.
–Oui. C'est comme ça que j'ai eu l'idée de tester en tant qu'humaine.
–Alors tu es un léopard des flammes. Tu n'as pas constatée que tu étais plus grande qu'un léopard classique ? »
J'ai réfléchi, révisant mes connaissances sur les léopards. Il avait raison : si ma tête se trouve à un mètre du sol, je suis très grande pour un léopard, surtout pour une femelle. J'ai hoché la tête :
« Je ne m'en suis pas rendue compte dans ma transe. On se transforme ? »
Mon ton impatient a fait rire tout le monde, puis Harry a tendu la main vers le centre de la salle :
« Tu as eu l'idée, à toi l'honneur. »
OK. Puisque c'est comme ça. J'ai souri et je me suis rendue au centre de la salle. J'ai de nouveau cherché à atteindre mon centre sauvage, mais sans entrer dans un état méditatif. Je veux toucher le léopard en moi pour le libérer et forcer mon corps à se transformer. Et d'un coup, j'ai comme trouvé une bonde, et la transformation a eu lieu.
Pour te décrire ce qui vient, j'ai du faire appel à toute mon Occlumancie. Quand on se transforme, on perd de son humanité. Je comprends maintenant comment Padfoot a été utile à Sirius pour survivre à Azkaban. Tout est différent, les préoccupations complètement différentes. Et pourtant, la Manon humaine est toujours là, avec ses souvenirs, et quelques unes de ses émotions primaires. C'est comme ça que je me souviens, même s'il a fallu un gros effort d'Occlumancie.
Les couleurs sont plus nettes, les formes aussi. Le léopard a une vue bien plus perçante que l'humain, apparemment. Les odeurs et les sons sont plus forts, également. Et dans cette salle voûtée, ça résonne particulièrement. Je ne m'en étais pas rendue compte tant que j'étais humaine, mais en tant que léopard, les sons m'agressent.
Les envies ne sont plus les mêmes. La volonté d'impressionner ses amis a fait place à l'envie de se protéger dans cet endroit peu rassurant, si peu naturel pour un léopard. J'ai envie d'air, de forêt et de chaleur. A défaut d'air pur et de forêt, je peux avoir la chaleur : j'ai soufflé des flammes devant moi, des petits jets pour faire des boules de feu. Leur lumière est fascinante, et leurs déplacements m'intriguent. Je donne des coups de patte dedans pour les faire se balader. La chaleur est agréable, et rassurante. En jouant avec les boules de feu, j'oublie où je suis, j'oublie que je suis dans un endroit pas du tout adapté à ma nouvelle forme.
Puis un rire. Un rire masculin, mais très perçant pour mes oreilles de félin. Je relève la tête brusquement, et je sens la peur émaner du groupe d'humains, qui se calment et restent silencieux. C'est un soulagement. L'un d'eux s'avance vers moi, lentement, les deux mains ouvertes.
« Manon ? »
Manon.
Je sais que c'est moi. Ce garçon m'appelle.
Il émet une aura rassurante et amicale. Les auras d'émotions ne mentent pas, je le sais. Ce garçon ne me veut pas de mal. Je le laisse s'approcher de moi et reporte mon attention sur les boules de feu, qui commencent à s'éteindre. De quelques coups de patte, je les fais disparaître. Le garçon s'est arrêté à quelques mètres de moi. Je sens son hésitation. Pas vraiment de la peur, mais il se demande comment agir pour ne pas me faire peur à moi.
Pff... Je suis un léopard, je n'ai pas peur d'un humain. Néanmoins, pour lui montrer que je suis amicale envers lui tant qu'il l'est envers moi, je me couche sur le flanc, la tête levée et les oreilles droites. Une attitude à la fois détendue et attentive. Il semble le comprendre, car il reprend sa marche vers moi. Il ne s'arrête que lorsqu'il est assez prêt de moi pour me toucher, et s'agenouille.
« Tu es magnifique, Manon. »
Ma fierté de félin prend le dessus, et je ne peux m'empêcher de fermer doucement les yeux en laissant échapper un ronronnement. Il a un petit rire. J'ouvre les yeux pour le regarder. Il semble détendu, lui aussi, et son aura est tranquille, amicale, affectueuse. Il y a une étrange envie, un désir. Je penche la tête, et il sourit, un grand sourire d'humain. Un félin aurait montré ses dents ainsi, je l'aurai immédiatement attaqué, mais c'est un humain, et c'est ainsi que les humains montrent leurs émotions positives.
« Je peux te toucher ? » a demandé le garçon en tendant une main.
J'ai donné un coup de museau tout doux dans la main. Il n'a rien d'une menace, alors pourquoi pas ?
Il a posé sa main sur ma tête, entre les deux oreilles, puis l'a fait glisser dans le cou. Ses doigts se sont enfoncés dans ma fourrure. De nouveau, je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai ronronné en fermant les yeux. Je suis un félin, que diable ! Et un félin aime les marques d'attention affectueuses. Les caresses ont continué, le long de mon cou, de mon épaule, de mon flanc.
J'ai entendu trois autres personnes approcher. Leur aura n'est pas menaçante non plus, juste curieuse, alors je les ai laissées faire. Il ne faudrait pas par contre que tous les humains viennent. Sans m'arrêter de ronronner, j'ai ouvert les yeux pour regarder les trois nouveaux humains : une jeune fille et deux hommes.
Hermione, Remus et Sirius. Et celui en train de me caresser, c'est Harry.
Hermione s'est agenouillée devant moi :
« Tu es vraiment très belle, Manon. Tu permets que je t'observe de plus près ? »
J'ai baissé lentement la tête pour montrer mon assentiment. Hermione s'est assise en tailleur à côté de Harry et a posé un carnet de notes à côté d'elle.
« Je n'ai jamais vu de gros félin, en tout cas pas de si près. Je peux examiner tes pattes ? »
J'ai posé une patte sur ses genoux. Elle dégage de la pure curiosité, l'envie de savoir, parce qu'elle aime savoir. Doucement, elle a pris ma patte, et l'a soulevée pour examiner le dessous, les coussinets et l'endroit où sont repliées mes griffes. Je l'ai sentie appuyer sur la jointure d'une de mes griffes, et elle est sortie par réflexe. Harry a lâché une exclamation :
« Par Merlin ! Inutile pour elle d'avoir des armes, avec ça !
–Oui, c'est un léopard. Ses griffes sont plus importantes que celles de la plupart des grands félins parce qu'elle en a besoin pour grimper dans les arbres. »
Elle a relâché la pression, et la griffe est retournée dans son fourreau de chair. Hermione a reposé ma patte, et s'est penchée vers ma tête.
« Je veux juste t'étudier, » a-t-elle annoncé d'une voix rassurante.
Je ne suis pas inquiète. Son aura n'a toujours rien de menaçant.
« Est-ce que tu perçois ses pensées ?
–Pas vraiment, a répondu Hermione. Son Occlumancie est plus faible, mais elle a l'esprit plus proche de celui d'un léopard. Ce que je perçois, c'est son humeur générale, ses besoins primaires. Pour l'instant, elle se sent bien et pas menacée. Je crois qu'elle a toujours une bonne partie de son empathie, parce qu'elle nous fait tout à fait confiance. »
En parlant, elle a prit mon visage entre ses mains pour l'observer. Elle a caressé doucement les oreilles, a suivi les contours de la mâchoire, puis m'a relâchée en souriant :
« Tu es comme dans la vraie vie : tu as l'air d'une gracieuse et innocente fille, mais tes griffes et tes dents sont prêtes à servir. »
Je lui ai donné un coup de tête amical et elle a eu un petit rire. Puis elle s'est levée :
« Nous allons faire un test, Manon. Tu as suffisamment de ton humanité pour nous faire confiance, nous laisser approcher et comprendre notre humour. Est-ce que tu as suffisamment maîtrise de toi pour supporter la présence d'un autre Animagus ? »
J'ai incliné la tête, curieuse. Jusque là, je pense que j'ai été un digne félin, maître de mes émotions et capable d'analyser le danger avant d'agir tête baissée.
« Sirius ? Tu te transformes ? »
J'ai senti la peur de Sirius, qu'il a exprimée :
« Tu es folle ? C'est un dangereux prédateur et je ne suis qu'un chien.
–Un cabot peureux, en plus, s'est moqué Harry. Manon est parfaitement détendue, elle n'a même pas arrêté de ronronner alors qu'elle comprend tout ce qu'on dit. Et tu as deux mages pour te protéger au cas où. »
Sirius a hésité. Je sens sa peur. Il n'a pas confiance en moi.
Alors je me lève, doucement pour n'effrayer personne, et je m'avance vers lui pour lui donner un coup de tête dans les jambes et me frotter doucement contre lui. Harry a eu un petit rire :
« Tu vois ? Même elle te dit qu'il n'y a rien à craindre. »
C'est en effet le message que je veux faire passer. Sirius me regarde un moment puis grommelle :
« Si jamais tu fais quoi que ce soit, je veille à ce que tu deviennes le prochain repas de Remus.
–Hé ! » s'est exclamé celui-ci.
Mais la menace de Sirius n'est pas sérieuse, je le sens. Elle ne sert qu'à lui redonner du courage. Après un dernier regard, l'homme fait place au chien.
Les odeurs sont plus fortes, les émotions plus floues, plus basiques. Mais l'aura est la même : confiance, amitié, absence de menace, et cette infinie tristesse qui caractérise Sirius. Je m'assois pour lui montrer qu'il a la main. Ou la patte, comme tu veux. C'est lui qui a peur et a besoin d'être rassuré, pas moi.
Le chien s'approche de moi en reniflant, prudemment. De plus en plus proche. Puis il me touche. Son museau frôle mon visage, et je reste stoïque. Son odeur est assez désagréable, trop... canine, sans doute, mais c'est un ami, j'en ai conscience, alors je le laisse faire. Je tends juste mon propre museau pour lui montrer que je ne suis pas dangereuse. Puis je sens son envie de s'amuser, trahie physiquement par sa queue qui se met à s'agiter.
Sans prévenir, il me saute dessus.
« Padfoot ! » s'exclament les trois humains en chœur, la panique suintant de leur aura.
Mais je sais que... Padfoot ? Ah oui, c'est le nom de la forme animale de Sirius, n'est pas une menace, que c'est juste un chien, et qu'un chien est incapable de rester digne et sage comme un félin.
Bien, on va lui montrer que les félins aussi savent s'amuser...
Je me laisse tomber au sol, et nous partons dans une fausse bataille. Je ne sors pas mes griffes et nos morsures ne font que serrer à peine le pelage de l'autre. Mais Padfoot est peut-être un gros chien, ce n'est qu'un chien, face à un grand félin. Je suis un prédateur, un vrai, pas un toutou domestiqué.
J'ai rapidement le dessus, et Padfoot se retrouve plaqué au sol, tenu par mes deux pattes avant. Je lui donne un coup de museau amical et je me dégage pour lui permettre de se relever.
Il reprend apparence humaine, avec un grand sourire :
« Ah, ça change de Moony et de Prongs ! Il va falloir te trouver un nom, d'ailleurs !
–Et si elle redevenait humaine, avant ? » a suggéré Hermione.
Humaine ? Ah oui, je suis humaine, normalement. Tant pis, j'aime bien cette forme animale. Moins compliquée que la vie tortueuse d'une humaine. Mais je suppose qu'il faut revenir à la réalité... Alors je fais comme je l'ai lu dans ce livre : je force mon humanité à reprendre le dessus sur le léopard.
Et Manon l'humaine réapparaît.
J'ai été un peu déboussolée en redevenant humaine. La perte des sensations, mais le retour des émotions des autres, alors que je retrouvais mon empathie pleine et entière. J'ai remonté mes boucliers mentaux, et j'ai souri :
« C'est vraiment chouette ! C'est complètement différent de ce à quoi je m'attendais. Je pensais qu'on gardait davantage son humanité, en tant qu'animal.
–Non, a fait Sirius en secouant la tête. Mais pour un animal aussi dangereux, tu t'es bien comportée.
–Hermione a raison : j'ai gardé une partie de mon empathie en tant que léopard. Du coup, je savais que vous n'étiez pas des menaces. Mais je suis contente que pour cette première fois, il n'y ait eu que vous quatre à proximité immédiate, je ne sais pas comment j'aurais réagi avec plus de monde.
–C'est ce que nous nous sommes dit, » a acquiescé Remus.
Nous sommes retournés près du groupe, qui me regardait avec enthousiasme :
« Alors ?
–Alors c'est franchement génial. Qui peut devenir Animagus parmi vous ? »
Les jumeaux ont levé une main enthousiaste, et Bill a ri en levant la sienne. Je me suis tournée vers Kingsley :
« Et toi ?
–Je suis déjà Animagus. Déclaré, moi. »
Il s'est écarté, et un léopard a pris sa place.
« Il a l'air plus petit que moi, » j'ai dit en penchant la tête.
Tout le monde a éclaté de rire, puis Harry a répondu :
« Il est plus petit que toi. C'est un vrai léopard, pas un léopard des flammes. »
J'ai hoché la tête. Kingsley ressemble davantage aux léopards classiques : son pelage est plus jaune et moins chatoyant, ses tâches avec moins de variations de couleur. Ses yeux par contre ne sont pas ceux d'un léopard : ils sont entièrement noirs, de la même couleur que ses yeux humains.
« Transforme-toi à nouveau, Manon ? » a demandé Fred.
J'ai hésité, puis j'ai haussé les épaules et me suis transformée à nouveau.
Les odeurs sont revenues. Comme je suis plus proche des humains, leur odeur me saute au nez. Et celle du petit léopard à côté de moi aussi. En effet, la différence de taille est flagrante : je fais pratiquement une tête de plus que lui. Son odeur est nettement plus agréable que celle de Padfoot, sans doute parce qu'elle est féline.
George a ri :
« Par Merlin, King, tu te fais dominer par une jeune fille ! »
Nous nous sommes retransformés tous les deux quasiment en même temps pour rire avec le groupe. Kingsley, humain, me domine de trente bons centimètres. Facile. C'est vrai que du coup, c'est étrange que ma forme animale soit plus imposante que la sienne.
« Bon, quel nom nous allons te donner, alors ? » a fait Sirius en m'étudiant.
Des noms ont fusé. Je crois que j'ai eu droit à tout : Firepaws (Pattes de feu), Fireclaws (Griffes de feu), Firepurr (ronronnement de feu, merci Harry et ses moqueries), Fire, Paws, Claws, Purr (qui a failli l'emporter, jusqu'à ce que je rappelle l'arrogance naturelle des félins). Finalement, c'est Fleur qui l'a emporté avec Flamme, en français dans le texte. Je trouve ça un peu ridicule, mais les surnoms des Maraudeurs ne sont pas fait pour sonner intelligent. Comme ça me correspond bien (mes origines et mon élément) et qu'en plus ça sonne exotique (c'est français !), ça a été adopté quasiment immédiatement... Mais c'est toujours mieux que n'importe quel surnom comportant ''purr'', et au moins, ça n'indique pas ma nature de félin (contrairement à paws, claws ou pire encore, purr...).
Puis ça a été au tour de Hermione. Comme moi, elle s'est rendue au centre de la salle et, après quelques instants de concentration, s'est transformée. En louve des glaces, donc. Et je t'assure que ces bêtes-là sont impressionnantes. J'ai beau savoir que c'est la gentille Hermione sous cette apparence, encore maintenant, alors que je t'écris ces lignes, j'ai du mal à m'approcher d'elle tant que je suis moi-même humaine...
C'est une grande louve d'un gris argent, près d'un mètre vingt au garrot, haute sur pattes, taillée pour la vitesse. Elle a une mâchoire redoutable et bien visible, pas cachée comme moi sous un museau carré et tout doux. Elle a une longue queue touffue, des pattes griffues, et de grandes oreilles pointues qui sont droites ou couchées suivant ses émotions. Seuls ses yeux sont doux, avec le brun cannelle qu'elle a en tant qu'humaine. C'est une bête assez effrayante, et il n'y a pas de ronronnements pour t'amadouer.
Comme avec moi, Harry a été le premier à s'avancer vers elle. Je l'ai laissé faire, malgré mon appréhension : il s'était bien avancé vers un gros léopard, sans que celui-ci l'attaque. D'ailleurs, la louve s'est couchée elle aussi, dans une attitude à la fois non menaçante mais attentive. Harry s'est approché d'elle et l'a caressée. A sa manière de fermer les yeux, il était évident qu'elle appréciait le traitement. Puis il s'est écarté et a demandé :
« Montre nous ton pouvoir. »
La louve l'a regardé, puis s'est redressée. J'ai senti l'air s'assécher alors qu'elle rassemblait l'humidité ambiante pour en faire une flaque sur le sol, sur laquelle elle a soufflé, et une immense plaque de verglas s'est formée. La louve s'est avancée dessus avec précaution, puis a du se rendre compte qu'elle ne glissait pas, puisqu'elle a fait d'autres pas plus légèrement. Puis elle s'est tourné vers Harry, comme pour l'inviter à la rejoindre.
Harry ne s'est pas fait inviter deux fois, et il a avancé à son tour. Il a du cependant oublier que la louve est une louve des glaces car il a voulu avancer avec la même aisance qu'elle... et s'est magnifiquement retrouvé sur les fesses. J'aurais juré voir la louve rire. Elle s'est approchée de lui et lui a donné un coup de langue sur le visage, avant de souffler à nouveau sur la plaque de glace, qui s'est transformée en eau.
Harry, en sentant ses vêtements se tremper, s'est redressé brusquement en criant. L'eau a complètement disparu, et l'air a retrouvé son humidité habituelle. Quelques instants plus tard, Hermione était de retour, morte de rire.
Ils sont venus nous rejoindre, Hermione séchant Harry d'une main.
« Wouah, c'est une sacrée bête ! je me suis exclamée.
–Oui, a reconnu Hermione. Mais je suis contente, je garde une grande partie de mon intelligence humaine. Je n'ai pas ressenti autant d'animalité que j'en ai senti en provenance de Manon ou de Sirius.
–Sans doute ton pouvoir d'analyste ou de mentaliste qui te permet de faire plus facilement la part des choses, a suggéré Remus. Et du coup, tu supportes comment les autres Animagi ? On va commencer avec Sirius, c'est un autre canidé. »
Hermione a hoché la tête et s'est transformée immédiatement. Malgré son apparence effrayante, son attitude n'avait absolument rien de menaçant, même aussi proche de nous. Sirius l'a regardée un moment, et s'est transformé à son tour. Il est plus petit qu'elle, de trente bons centimètres. Ils se sont approchés l'un de l'autre, puis Padfoot a couché les oreilles en arrière en couinant légèrement.
« Ah oui, a fait Remus légèrement. Chez les loups, c'est une femelle qui dirige la meute. Et c'est évident que celle-ci est une alpha. À toi Manon. »
J'ai hésité : Hermione a l'air de parfaitement maîtriser son animalité, mais ce n'est pas mon cas. Je me suis écartée du groupe avant de me transformer à mon tour.
L'odeur provenant des deux animaux m'a assaillie immédiatement, et je me suis tout de suite sentie en danger. La louve des glaces est un prédateur aussi redoutable que moi, et son odeur de canidé ne m'inspire absolument pas confiance.
La louve et le chien ont du sentir ma méfiance, puisque la louve s'est figée, et le chien s'est avancé doucement vers moi. Il dégage une aura qui clame que c'est un ami et qu'il ne me fera pas de mal. Ma méfiance a un peu diminué, et j'ai vu l'aura en provenance de la louve. Elle est inquiète, mais pas agressive. Juste curieuse.
Je me suis détendue. La louve ne me veut pas de mal, comme le chien et le léopard que j'ai déjà rencontrés. Et comme la forme humaine de la louve.
Je me suis approchée d'elle, doucement. Nous sommes deux prédateurs, et si l'une de nous prend peur, cela peut provoquer un désastre. La louve m'a laissée faire. Elle veut me montrer que je peux lui faire confiance. Nous avons fini par être à portée de museau l'une de l'autre. La louve a franchi le dernier pas en me donnant un gentil coup de museau dans le cou. C'est une amie, et elle ne me fera jamais de mal : c'est ce que son aura clame. Alors je lui ai donné moi aussi un coup de museau pour lui montrer que je la comprends.
Elle s'est éloignée de moi et a reformé la plaque de glace que j'ai vue quand j'étais humaine. Puis elle est remontée dessus.
Padfoot n'a pas hésité avant de la suivre, s'amusant visiblement beaucoup à glisser dans tous les sens. Comme tous les chiens, impossible pour lui de rester sérieux.
Je me suis approchée plus prudemment. Je fais confiance à mes coussinets et à mes griffes pour ne pas glisser, mais je me souviens de la glace qui devient eau. Je regarde la louve, qui m'attend immobile sur l'étendue gelée. Bon, on y va.
Oh que c'est froid ! Je secoue mes pattes énergiquement pour essayer de les débarrasser de la sensation glacée.
J'entends des rires derrière moi. Ils me stressent moins à présent. Je m'habitue à la présence des humains.
Mais cette froidure, non, pas encore. Je suis un animal du feu, pas de la glace. Mais si je souffle sur la glace pour la réchauffer, elle va se transformer en eau. Je ne sais pas ce qui est pire...
Bon, on choisit l'eau. Je souffle sur la glace devant moi, et en effet, elle fond rapidement. Je vois la louve pencher la tête, curieuse. Je continue à souffler, et l'eau finit par s'évaporer. J'ai fait un trou sec et surtout pas gelé au milieu de son étendue glacée.
Voilà qui est beaucoup mieux. J'y place rapidement toutes mes pattes, ravie de retrouver des sensations normales dans mes coussinets.
La louve se transforme en Hermione, qui affiche un grand sourire :
« Je ne sais pas comment tu vas faire pour affronter l'hiver écossais, toi ! »
D'un geste, elle fait disparaître son étendue glacée, et je redeviens humaine.
« C'est amusant, j'ai répondu, parce que normalement, je préfère le froid au chaud. On va voir ce que ça va donner ! »
Sirius a repris à son tour apparence humaine et s'est tourné vers moi :
« Tu es sacrément méfiante, sous ta forme de panthère.
–Je suis un chat face à deux chiens. Forcément que je suis méfiante. On va remettre les compteurs à zéro : à toi Harry ! »
Nous sommes tous les trois revenus vers le groupe, pendant que Harry se mettait à son tour au centre de la salle. Quelques instants plus tard, il a disparu pour laisser place à un énorme jaguar noir. Aussi grand que la louve de Hermione, et beaucoup plus trapu qu'un léopard, entièrement noir, à part deux yeux vert émeraude et une forme d'éclair blanche sur le front.
« Oh putain ! » j'ai murmuré en français, et j'ai senti l'approbation muette des autres.
Le jaguar est taillé pour le combat : tout en muscles, puissant, pas aussi léger et taillé pour la vitesse qu'un léopard, et des pattes énormes, pleines de griffes bien aiguisées. Je parais presque gentille, à côté de lui.
Mais le jaguar me fait moins peur que la louve. J'ai toujours préféré les grands félins aux loups, et je trouve leur attitude plus facile à lire. Sans doute parce que moi-même j'en suis un, à présent. L'attitude du jaguar n'est pas menaçante, en tout cas. Il est un peu inquiet, déboussolé, mais pas agressif.
J'ai donc décidé de m'approcher de lui pour faire connaissance, comme Harry l'a fait avec Hermione et moi. Sirius m'a retenu par un bras :
« Tu es sûre de ce que tu fais ?
–Mais oui ! Ça reste Harry. Et c'est un félin. Dans deux minutes, il ronronne, et je pourrai me moquer de lui à mon tour. »
Le jaguar a du comprendre qu'il faisait peur à tout le monde, car il s'est couché. C'est vrai qu'il paraît un peu moins impressionnant comme ça. Je me suis approchée tranquillement, veillant à ce que mon attitude ne soit pas agressive et qu'il n'y ait aucune peur dans mon aura. Je sais que Harry ne la perçoit normalement pas, mais les prédateurs sentent ce genre de choses.
Le jaguar m'a laissée m'approcher, et je me suis assise à côté de lui pour l'observer attentivement. Il a une tête plus carrée que la mienne, et ses oreilles sont également plus grandes. Sa queue est plus courte aussi, par rapport à son corps. En même temps, ce n'est pas un grimpeur, et il n'a pas besoin de balancier. J'ai tendu une main pour le caresser, et il est venu chercher la caresse. J'ai souri :
« Toi aussi, tu es magnifique. Une panthère noire... Je suis jalouse. Et forcément, il a fallu que tu gardes tes beaux yeux... »
J'ai plongé ma main dans sa fourrure pour le caresser et comme prévu, il s'est mis à ronronner. Sa fourrure est incroyablement douce. Tu as juste envie de te blottir contre lui pour profiter de cette douceur et de sa chaleur de félin.
« Je suppose que vu que tes éléments sont les ombres et la foudre, tu auras du mal à nous faire une démonstration, n'est-ce pas ? »
Le félin a baissé la tête en signe d'assentiment. J'ai souri :
« On passe de suite à l'étape suivante, alors. Je vais me transformer aussi. »
Je me suis relevée et me suis éloignée légèrement avant de redevenir encore une fois Flamme. A chaque fois, c'est un peu plus facile, et à chaque fois, je garde un peu plus contact avec mon humanité.
Le jaguar m'a regardée avec intérêt, absolument pas méfiant. Je me suis approchée de lui pour lui donner un coup de museau, et il a levé une patte sans griffes pour l'enrouler autour de moi et me faire tomber. Nous savons tous les deux qu'un combat serait inégal entre nous : il est fait pour ça, et il est beaucoup plus grand et plus lourd que moi. Je n'ai même pas essayé de résister, et me suis contentée de lui donner moi aussi des coups de patte pour le faire jouer un peu. Il n'a pas réagi. Il s'est contenté de me regarder faire, sans répondre.
J'ai fini par comprendre qu'il a peur de me faire mal en ne maîtrisant pas sa force. Mais je suis un félin, et je suis plus résistante et plus habile à me protéger que lorsque je suis humaine. Alors je me suis dégagée de sa patte qui me maintient au sol, et je me suis couchée sur lui pour le mordiller dans le cou. Cette fois, il a répondu : il s'est retourné sur le dos pour essayer de me saisir avec ses quatre pattes, et je me suis dégagée vivement. Je n'ai pas la force, mais j'ai la vitesse.
Nous nous sommes mis face à face, tapis, prêts à bondir. Je sens l'inquiétude des humains derrière moi, mais je sens et je vois que le jaguar joue, comme moi : ses oreilles sont droites, sa queue s'agite paresseusement, et ses griffes sont soigneusement rentrées.
Je suis la première à perdre patience et à bondir sur lui. Il n'a aucun souci pour m'éviter, et d'un saut habile, il m'attrape en vol pour me plaquer au sol, ses deux pattes avant posées sur mon poitrail. Il me mordille le cou, me donne un coup de museau et se dégage pour me laisser me redresser.
Je me tourne alors vers les humains et lance une vague d'émotion joueuse vers Hermione. Celle-ci comprend le message et se métamorphose à son tour. La louve s'approche de nous, lentement pour être certaine qu'aucun de nous ne va mal réagir. Mais le jaguar n'a de toute évidence aucune difficulté à nous accepter. Peut-être parce que Harry nous a vues ainsi pendant un moment avant de se métamorphoser à son tour. En tout cas, il s'avance vers la louve et lui donne un coup de tête.
Ils font la même taille tous les deux, le jaguar nettement plus massif que la louve. J'ai l'impression d'être un chaton à côté d'eux. La louve accepte sans difficulté la salutation du félin, et commence à sautiller autour de lui.
Ces canidés, aucune élégance, même en jeu ! Mais la tentation est trop forte.
Rapidement, nous entamons un combat à trois. Le jaguar est plus massif et plus fort, mais est moins rapide que la louve et moi. Je suis plus petite que les deux, mais ma rapidité compense par rapport au jaguar, et je reste plus forte que la louve, qui est surtout une boule de nerfs (et de griffes et de canines... surtout de canines...).
« Ça suffit ! »
La voix nous immobilise tous les trois, et nous nous tournons vers les humains. C'est Remus qui a crié. Et il continue :
« Vous allez donner une attaque à certains d'entre nous à vous battre comme ça. Revenez ici et redevenez humains. »
Je me transforme immédiatement et je retourne vers le groupe.
Harry et Hermione m'ont suivie, et nous avons affiché tous les trois la même expression gênée. Puis j'ai dit :
« On ne craignait rien, vous savez. On ne faisait que jouer.
–Ceux d'entre nous qui peuvent se transformer en prédateurs, à savoir Sirius et Kingsley, le savent. Les autres ont beau l'entendre, ce n'est pas pour autant qu'ils ne sont pas inquiets. Sinon, je suis content que Flamme se sociabilise, Manon. J'étais un peu inquiet, au début.
–C'est de plus en plus facile à chaque transformation, j'ai reconnu. Je crois que mon empathie m'a joué un tour : comme je suis plus tournée vers les émotions, mes émotions et sensations animales ont pris le dessus. A présent, c'est à chaque fois un peu plus facile de garder mon humanité.
–Bien, c'est une excellente nouvelle. Harry, ressentis ?
–C'est génial ! On voit mieux, on entend mieux, et tout est plus fort.
–Tu n'as pas manifesté la moindre peur envers Manon puis Hermione.
–Je savais qui c'était. J'ai toujours gardé contact avec mon humanité, même si le jaguar est quand même très fort. Je suppose que tant que je suis calme, ça se passe bien, mais le vrai test sera quand je serai dans une situation stressante ou de combat.
–C'est possible. Ce sera d'ailleurs le cas pour vous trois, sans doute. Bien, trois Animagi de plus ! King, on compte sur toi pour ne rien faire remonter au Ministère ?
–Vous ne voulez pas vous déclarer ? s'est étonné Kingsley.
–Normalement, notre pouvoir d'Animagus est bloqué avec le verrou qui limite notre magie, j'ai expliqué. Donc si nous reconnaissons que nous sommes Animagi, nous reconnaissons que nous nous sommes libérés du verrou.
–Je vois. Je garde le silence pour le moment, alors.
–Merci. Maintenant, il faut un nom pour Hermione et Harry. Pour Harry, je propose Blackpurr ! »
Harry m'a donné un coup dans le bras alors que tout le monde éclatait de rire. La vengeance était facile, je le reconnais.
Finalement, Hermione sera Madam Icepaws (pattes de glace), et Harry sera Messer Bolt (éclair), en rapport avec l'élément foudre qu'il maîtrise et sa marque en forme d'éclair.
Devant l'insistance des jumeaux, à présent impatients d'être Animagi eux aussi, Sirius a promis qu'il terminerait la potion avant la fin des vacances, et qu'il les entraînerait à leur retour à Hogwarts.
Nous sommes donc remontés dans la cuisine avec un petit peu d'avance pour le dîner, et de meilleure humeur que si nous avions simplement terminé sur la discussion de tout à l'heure.
Hedwig était déjà de retour, et nous avons découvert avec impatience la réponse du cabinet d'avocats. Ils acceptent de nous rencontrer demain. Bill a alors déclaré à sa mère que malheureusement, Fleur et lui ne pourront pas dîner avec nous ce soir, et ils se sont rapidement éclipsés avec Kingsley et Remus.
Je suis contente de les avoir mis dans la confidence, tous les trois, même si la présence de Fleur et Bill n'était pas prévue avant leur présence d'office à la réunion de tout à l'heure. Mais nous aurons besoin de leurs compétences, et même tout simplement d'adultes supplémentaires. Les jumeaux sont peut-être majeurs à présent, mais ce sont encore des étudiants, et Ginny, Hermione, Harry et moi sommes encore plus jeunes. Sirius ne peut rien faire visiblement parce qu'il est censé être en cavale, et Remus a cette étiquette de loup-garou qui lui colle à la peau.
Là, nous avons terminé le dîner depuis un moment. Ginny, Hermione et moi sommes dans notre chambre, chacune dans notre lit, et Harry est venu nous rejoindre. Je crois qu'il s'est disputé avec Ron, mais il n'a pas envie de dire ce qui s'est passé. À tous les coups, Ron s'est montré jaloux et l'a accusé de tout faire pour le laisser à l'écart, lui, le pauvre meilleur ami qui a toujours tout fait pour le soutenir. Je sais que je suis mauvaise langue, mais que veux-tu... Je ne peux pas aimer tout le monde...
Pendant que je t'écrivais, Sirius est venu nous voir. Bill lui a envoyé un message, via Remus qui est rentré à Grimmauld Place sans encombre. Il a examiné les protections de Privet Drive et les résultats sont intéressants et dérangeants. Il veut nous voir avant qu'on aille demain chez les avocats, et il veut nous accompagner au rendez-vous. De toute façon, le rendez-vous est programmé dans l'après-midi, alors il lui suffit de venir le matin, et tout se passera bien. Enfin, j'espère.
En tout cas, tu sais tout ! Ça avance du côté de l'émancipation de Harry, et je suis un Animagus, une superbe panthère ! Madam Flamme à ton service, ma belle ! (et pas de blagues Capitaine Flamme, je te prie !)
Bisous et à demain, je sens que j'aurai encore plein de choses à te raconter !
Notes de l'auteur :
Finalement, j'ai pu publier mon chapitre le lundi, comme d'habitude ! :) Je suis en train de doucement redescendre de mon nuage Puy-du-Fou, et je fais en sorte que mon retour à la réalité soit le plus agréable possible avec cette fic :)
Ça fait un peu deux chapitres en un, pour une fois, avec deux événements complètement distincts : cette fameuse Discussion qui permet de mettre les choses sur la table avec tout le monde, Harry qui découvre son véritable statut dans la communauté magique, et nos trois mages qui sont à présent également Animagi. Vous les sentez venir, les Marie-Sue ? :)
La discussion me permet enfin de faire quelque chose que Blanche me demandait depuis le début de la bêta-lecture : impliquer les adultes ! :) A présent, Manon va continuer à apporter des éléments, mais elle ne sera plus seule décisionnaire.
Enfin, je crois que c'est le moment parfait pour reprendre notre petit jeu : quels sont les clichés présents dans ce chapitre ? (et ils sont trèèès nombreux).
Recommandations de fictions :
Quelques fictions correspondent à certains clichés présentés :
- L'animagus de Harry est souvent une panthère noire. La première fic que j'ai lue avec ce cliché, et souvent citée en référence par d'autres fics est Vox Corporis, que vous pouvez trouver sur ce site (en anglais, j'ignore si une traduction française existe). C'est aussi une de ces fics qui m'ont fait aimé la relation Harry/Hermione.
- Harry Lord et utilisant son titre est aussi souvent utilisé, souvent pour en faire un Super!Harry. Un exemple : Angry Harry and the Seven, où un Harry découvre à 11 ans sa place dans le monde sorcier et décide de s'en servir. C'est une histoire avec pour relation centrale Harry/Daphné, et comme le titre l'indique, c'est en anglais.
Réponses aux guest reviews :
Alea : Merci pour ta review ! Je ne pensais pas que mon style même d'écriture pouvait vous amener à comprendre ce qui pourrait être important (ou pas) pour la suite. Surtout en sachant qu'à ce moment-là de mon écriture, je lançais encore plein de pistes en attendant de voir ce que ça allait donner (j'ai supprimé beaucoup de ces fausses pistes, mais pas toutes, faut vous titiller un peu aussi ;) )
Pour la magie à l'origine de certaines religions anciennes, c'est juste une idée comme ça, ça n'a évidemment rien de concret (puisque dans la réalité, la magie n'est pas reconnue comme existante...). Mais ça m'avait amusée de glisser cette "information" :).
La baguette en bois faisant le lien entre la nature et la magie ? Non, je ne pense pas qu'il faille aller aussi loin. Le bois est juste un matériel disponible facilement, relativement peu coûteux et facile à travailler... Et les sorciers étant très conservateurs, ils gardent ce matériau plutôt que des composites plus modernes. Dans les philosophies qui seront présentées dans cette histoire, la baguette est même un frein. Mais je vais développer ça plus tard (tu dois commencer à avoir l'habitude de cette réponse ;) )
A bientôt
MAJ le 04/10/2017
