Vous avez failli ne pas avoir de chapitre ! J'ai envoyé le 23 à ma béta et elle voulait faire de la rétention de chapitre jusqu'à ce que j'ai fini de traduire la suite, vous vous rendez compte ? XD Heureusement, elle s'est ravisée, sinon vous auriez eu un chapitre qui n'était pas corrigé aujourd'hui. Parce que oui, je voulais pas vous priver du coup vous auriez eu le chapitre dans sa version moche x)
En tout cas, je remercie encore et toujours mes chers lecteurs anonymes à qui je ne peux pas répondre directement. Merci aussi à Bruniblondi et Orange Sanguine, comme toujours ! Sans elles, cette traduction ne serait pas aussi avancée et, par conséquent, le rythme de publication n'aurait pas été aussi fluide x)
Bonne lecture, on se retrouve en bas ;)
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Stiles sait que certaines personnes craquent sous la pression d'être ignorées à l'école, mais pas lui. En fait, il adore ça. Les gens ne le regardent même pas. S'il essaie de commencer une conversation avec quelqu'un – ce qu'il fait de temps en temps pour voir le regard qu'ils lui lancent – ils le fixent avant de s'enfuir rapidement.
Ses profs font ça aussi, à l'exception de Miss Schiffer, sa prof de maths. Enfin, et Finstock aussi, mais son heure de sport a officiellement été transformée en heure d'étude, qu'il passe à la bibliothèque. Il lève la main en classe, mais ne se fait jamais interroger. Quand il rend ses devoirs, ça se passe sans un mot.
La seule personne qui semble dérangée par tout ça, c'est Danny, qui s'est retrouvé lui aussi traité de la même manière. Jackson n'est toujours pas revenu à l'école Stiles entend des rumeurs comme quoi il va échouer à la fin de l'année et se faire transférer à l'autre école normale pendant l'été. De ce que peut dire Stiles, ce n'est pas du tout nécessaire. Son père et Derek ont tous les deux fortement insinué qu'ils veulent le transférer dans l'école de Cora pour son année de première. Il ne se prononce pas sur le sujet. Comme il est membre de la meute, il peut aller à l'école surnaturelle même s'il n'est pas lui-même une créature surnaturelle, mais Scott ne peut pas. Et il ne veut pas laisser Scott derrière lui. Alors il n'en discute pas pour le moment.
C'est dans des moments comme ça qu'il aimerait mieux s'entendre avec Talia. Il est presque sûr qu'elle pourrait arranger le transfert de Scott aussi, mais il ne sait pas comment lui demander. Pour être honnête, si Stiles avait voix au chapitre, il adorerait intégrer Scott à la meute. Scott est son frère, d'abord, et puis Stiles est fatigué de toutes ces nuits d'hiver passées aux urgences pendant que son ami essaie d'inspirer assez d'air pour rester en vie. Il est presque sûr que la morsure améliorerait au moins son asthme, et le soignerait peut-être même. Mais il ne sait pas comment demander ça à Talia non plus.
Dans tous les cas, Stiles a formé une amitié hésitante avec Danny, en partie pour lui montrer qu'il ne lui en veut pas et en partie parce que Danny a du mal à encaisser le fait d'être totalement ignoré. N'ayant jamais été populaire, Stiles arrive facilement à gérer ça. Mais Danny a toujours été quelqu'un de très social, il est au-dessus de populaire, c'est le mec que tout le monde apprécie sincèrement.
« Ça leur passera. » Lui assure Stiles. « Laisse passer l'été et ils auront tout oublié. Une fois que la saison de lacrosse aura commencé, tu feras quelques arrêts spectaculaires et tu seras de nouveau adulé. »
« J'espère. » Répond Danny en soupirant. « Je veux dire, je… mérite quand même un peu ça. »
« Il y a différentes sortes de courage. » Dit Stiles. « Il faut beaucoup de bravoure pour faire face à ses ennemis, mais il n'en faut pas moins pour affronter ses amis. »
Danny fronce les sourcils. « Ça me dit quelque chose. »
« Albus Dumbledore. » Répond Stiles en mordant dans une pomme, et Danny rit.
Il a maintenant des A dans toutes ses classes à l'exception de l'histoire, où il a un B. Il suppose que c'est à cause du papier qu'il a écrit qui comparait son prof à Hélène de Troie et qui disait basiquement que personne ne commencerait une guerre en son honneur. Même les profs extérieurs n'ont pas aimé cette comparaison, même si Stiles est sûr qu'ils ont trouvé ça hilarant. Il peut supporter un B en histoire. Ça fera un peu baisser sa moyenne, mais il ne veut de toute manière pas être major de promo. Ses notes sont encore assez bonnes pour lui permettre d'intégrer l'école qu'il veut.
De toute manière, il ne reste que deux semaines. Il va survivre. Il va aller bien.
C'est pourquoi son cœur bat la chamade quand l'interphone grésille en plein milieu de sa classe d'histoire et que la secrétaire dit qu'il y a une annonce. Son corps entier se tend, prêt à s'enfuir comme une antilope ayant senti le lion.
« Il a été porté à mon attention qu'une annonce a été faite, il n'y a pas très longtemps, pour Stiles Stilinski. Annonce qui a été faite sans sa permission, et qui détaillait ses sentiments à propos de moi, Derek Hale, et de mes attributs physiques. » C'est la voix de Derek dans le haut-parleur, forte et claire et tellement pleine de confiance. Stiles sent sa bouche s'ouvrir. Il porte son regard vers Scott, comme pour lui dire 'C'est quoi ce bordel, mec, tu lui as raconté quoi ?' et il voit Scott sourire à pleines dents. Ça, ça, c'est la surprise dont ils parlaient au barbecue. « Je voudrais rendre public moi aussi quelques-uns de mes sentiments, ainsi que mes opinions en réponse. Moi, Derek Hale, a absolument envie de manger Stiles Stilinski tout cru. Je le veux entièrement, toutes les pièces de cette configuration actuelle hautement séduisante. »
« Oh mon Dieu ! » Stiles marmonne, tout rouge, mais il apprécie énormément la jalousie dans les regards que tout le monde lui lance.
« Je suis particulièrement attiré par ses longues, longes jambes » Continue Derek. « Ainsi que par sa bouche. À la fois quand il parle et quand il l'utilise pour d'autres choses, comme m'embrasser. Et puis, ai-je mentionné ses mains et ses doigts ? Parce que je pense que je dois le mentionner. Ses doigts, en particulier, sont totalement injustes. J'ai des fantasmes à propos de ses mains. Très détaillés. »
« Bon sang, mon pote ! » Lâche Scott et Stiles commence à rire de manière presque hystérique.
« Je voudrais en outre ajouter que, bien que je prévoie joyeusement de passer le reste de ma vie avec Stiles, je préférerais me poignarder le visage avec une fourchette que passer cinq minutes dans une pièce avec n'importe lequel d'entre vous. Sauf toi, Scott, t'es quelqu'un de bien. » Il y a une pause. « Et si l'un de vous doute que ce soit vraiment Derek Hale en train de parler, je serais dans le bureau principal pendant un moment. »
Le haut-parleur s'éteint. Tout le monde le regarde. Stiles saute sur ses pieds et dit : « Euh, M. Swanson, je dois y aller. Je, euh, je reviens tout de suite. » Et puis il file en dehors de la pièce sans attendre la permission. Il court presque dans le couloir jusqu'à l'office principale où Derek est, comme il l'avait dit, en train de lire un livre. Stiles ouvre la porte et dit : « Oh mon Dieu, tu es fou ? Tu, tu es, je sors avec un taré ! »
Derek lève les yeux. Malgré ses paroles, Stiles sent la joie et les hormones, alors Derek fait un rictus en mettant un marque-page dans son livre avant de se lever pour rejoindre son compagnon. Le rictus se transforme alors en ce petit sourire qui n'est réservé qu'à Stiles. « Tout ce que j'ai dit est vrai. » Dit-il avant de hausser les épaules et de tendre la main vers lui. « En plus, je ne pouvais pas laisser seulement Oncle Peter arranger la situation. » Il se calme un peu. « Je n'ai pas écouté l'enregistrement, par contre. C'est privé, et c'est à toi. »
« Alors comment tu as su quoi dire, oh mon Dieu, Peter l'a écouté » Dit Stiles. « Eh bien, d'accord, je ne vais plus jamais oser remettre les pieds chez toi… »
« À cause de Peter ? Tu sais qu'il viendra juste te trouver. »
« Ugh, tu as raison. Je l'adore, mais c'est vraiment un mec chelou. » Stiles se dandine d'un pied sur l'autre. Plusieurs adolescents passent par l'office, se dénuquant presque pour voir à l'intérieur. Stiles lève les yeux au ciel, mais ne commente pas. « Donc, euh, tu viens toujours me chercher après les cours dans, genre, une heure hein ? Parce que tu devrais. »
« Alors oui. » Derek met une main dans sa poche, sort la clé USB et la tend à Stiles. « La seule copie. »
Stiles tend la main pour la prendre, mais se contente de replier ses doigts contre ceux de Derek. Les joues rouges, il dit : « Tu devrais, euh, tu devrais l'écouter. Parce que bon, j'ai entendu ce que tu as dit, après tout. »
« Avant que je passe te chercher ? »
« Absolument. » Répond Stiles.
« Je peux faire ça. » Sur ces mots, Derek se penche légèrement et embrasse Stiles d'une manière qui ne devrait pas être permise dans le bureau d'une école.
Stiles se recule quelques minutes plus tard, légèrement essoufflé. « Si tu veux que je retourne en classe, tu ferais mieux de t'arrêter. » Dit-il.
Derek se recule d'un pas. « Ouais. Je passerai te prendre. »
« Oki doki. » Stiles se retourne et quitte la pièce alors qu'un autre groupe d'étudiants passe par hasard. « Yo, arrêtez d'essayer de venir mater mon compagnon, enfoirés ! » Leur lance-t-il.
« T'es impossible ! » Lui crie Derek.
Stiles retourne en classe avec un sourire jusqu'aux oreilles. Le professeur qui remplace M. Jimenez jusqu'à la fin de l'année se contente d'un léger hochement de tête quand il revient, comme s'il avait considéré l'idée d'une punition avant de décider que ça ne servirait à rien. Tout le monde le regarde. Scott en ricane presque, ses deux mains cachent sa bouche et il apprécie clairement la scène.
Puisqu'il n'y a de toute évidence aucun moyen d'empêcher les autres de le regarder, Stiles se contente de dire à la classe les mots exacts qu'il avait prononcés dans l'enregistrement. « Derek Hale veut totalement me manger tout entier ! » Dit-il en souriant.
« Totalement ! » Acquiesce Scott en gloussant.
M. Swanson soupire. « Asseyez-vous s'il vous plaît, M. Stilinski. » Stiles obéit. Il essaie au mieux de se concentrer sur le cours, mais c'est extrêmement difficile. Il pense à Derek qui rentre à la maison pour écouter l'enregistrement. Il sait que Derek a du mal à se croire attirant depuis le feu. Avec un peu de chance, les compliments répétés sur son torse, ses biceps et ses fesses commenceront à rentrer.
Il se demande où Derek va l'écouter. Sa chambre ? Sur son lit ? Dans la salle de bains, avec deux épaisseurs de mur pour garantir son intimité ? Est-ce qu'il va ne l'écouter qu'une fois, ou bien en boucle ? Et quand il aura fini de l'écouter, il fera quoi ? Est-ce qu'il… Stiles réalise que le cours d'histoire n'est peut-être pas le meilleur moment pour penser à ça. Il a besoin d'une douche froide.
Pour se distraire, il envoie un SMS à Scott. 'Je suppose que ta pa pensé à enregistrer ça'
À l'autre bout de la classe, il voit Scott sourire de toutes ses dents. 'J'assure tes arrières bro' répond-il.
'cool' renvoie Stiles. Maintenant, il va pouvoir écouter le petit discours de Derek en boucle. Il peut l'écouter à la maison ou peut-être dans la douche s'il réussit à avoir l'I Pod waterproof qu'il veut à Noël, ou il pourra l'écouter quand il veut, il peut…
Il ne va pas survivre au prochain cours.
Quand la cloche sonne, il n'ose même pas se lever. Son pantalon n'est pas assez large pour cacher sa formidable érection. Il apprécie énormément, vraiment, ainsi que tous les fantasmes qui l'ont causée, mais il ne veut pas vraiment que d'autres la voient.
Scott s'approche de lui en riant et laisse tomber un pull sur ses genoux.
« T'es le meilleur, frangin ! » Lui dit Stiles. « Le meilleur des meilleurs ! » Il se lève, le pull jeté sur le bras pour que le retombé cache stratégiquement son giron. « Je t'aime ! » Crie-t-il en direction de l'autre adolescent.
Il a un autre cours après histoire. C'est l'un de ces cours à la carte et qui changent régulièrement et aujourd'hui, c'est chimie. Il salue M. Harris avec un grand sourire en se demandant ce qu'il a pensé de l'annonce. Harris a l'air de vouloir assassiner quelqu'un. Stiles ne serait pas surpris de l'entendre dire qu'aujourd'hui, c'est cours pratique et essayer de mettre de l'acide chlorhydrique dans son bécher.
Au lieu de ça, Harris aboie qu'ils ont une interro surprise. Il y a des grognements d'incrédulité et de stress. Stiles voit Scott grimacer et il lui envoie un sourire d'excuse. Harris fait le tour de la classe en posant avec brusquerie une feuille face cachée devant chaque élève. Puis « Commencez ! »
Stiles retourne la feuille et la fixe. C'est tellement avancé que ça pourrait tout aussi bien être du grec. Il mordille le bout de son crayon. Il sait qu'ils ont vu quelques points en classe et il reconnaît quelques éléments grâce à certaines de ses lectures sur Wikipédia. Il jette un œil rapide à Scott et constate que celui-ci est déjà en train d'écrire. Comme à peu près tout le monde.
Alors c'est comme ça, pense-t-il, et il lève la main. Harris l'ignore et fait semblant de ne pas le voir. Alors il s'éclaircit la gorge. Toujours aucune réponse. Il hausse les épaules. « M. Harris, je pense que vous m'avez donné le mauvais test. »
« Silence ! » Dit Harris avec brusquerie. « Si vous ne connaissez pas la réponse, passez à la question suivante. »
« On n'a rien vu de tout ça en classe. » Précise Stiles.
« Oh vraiment ? Est-ce que quelqu'un d'autre a un problème ? Non ? Eh bien, M. Stilinski, je suppose que vous n'avez tout simplement pas assez bien écouté. »
Stiles jette un coup d'œil rapide à la copie de Scott. « Son test n'a pas les mêmes questions. »
« Êtes-vous en train de regarder la copie d'un autre étudiant pendant l'interrogation ? » Demande Harris. « Ça s'appelle tricher, M. Stilinski. »
Stiles soupire. Eh bien, au moins ça a été efficace pour faire partir son érection. Alors il se lève, prend son "interrogation" jusque devant la classe et la rend. Tous les yeux sont posés sur lui alors qu'il retourne à sa place et sort son téléphone.
« A moins que vous ne vouliez une retenue, M – Stilinski - » commence Harris, mais Stiles est déjà en train de composer le numéro.
« Hey, uhm, Mme Hale ? Oui, je suis désolé de vous déranger au travail, mais - »
Le visage de Harris devient de plus en plus rouge. Il prend l'une des feuilles que les autres élèves ont eues, se dirige vers la table de Stiles et claque la feuille dessus. « Au travail. » Grogne-t-il.
« Ah, peu importe. » Dit Stiles au téléphone. « Tout s'est arrangé. Uh huh. Merci. » Tout le monde le regarde encore. « Des lasagnes. Okay, on se voit à six heures. » Il raccroche, se rassoit et prend son crayon. « Oh, ça semble bien mieux. » Dit-il. « Une simple erreur, n'est-ce pas ? Tout le monde aurait pu faire la même. »
Harris se contente de lui envoyer un regard noir. Stiles sourit et commence à répondre aux questions. Il avait été un peu déçu que Harris survive à l'examen très critique de l'école par Talia avec pas plus que quelques réprimandes mais, d'une certaine manière, c'est encore mieux. Forcer Harris à rester au pas vis-à-vis de Stiles et lui rappeler que maintenant le jeune homme a du pouvoir sur lui restaure sa bonne humeur. Quand il finit l'interro – avec facilement cinq minutes d'avance sur ses camarades malgré son départ en retard – son esprit se remplit de pensées plus plaisantes, comme ce qu'il va faire après l'école.
Quand la cloche sonne, Derek l'attend à sa place habituelle devant la porte, mais quand Stiles sort, il ne se jette pas sur l'homme plus vieux comme il en a l'habitude. Ce n'est pas parce qu'il est en colère, Derek ne pense pas. Il n'a pas l'air énervé, et il n'en a pas non plus l'odeur. Il a l'air... un peu désespéré. Ses mains tremblent légèrement et l'odeur de phéromones suffit presque à renverser Derek par terre.
« J'ai passé les deux dernières heures à me demander si tu allais continuer dans la direction de 'ne me donne pas ta queue avant que tu ne saches te défendre' » Dit Stiles en approchant.
« Il y a plein de choses qu'on peut faire sans ta queue. » L'informe Derek.
« Mais est-ce qu'on peut les faire sans que ma queue les apprécie ? Je ne pense pas, Derek. Je ne pense vraiment pas. »
« J'ai dit que je n'allais pas jouer avec. Pas que tu devais prétendre ne pas en avoir. Parce que ce serait bizarre. » Il ouvre la porte de la voiture. « En parlant de ça, Peter m'a choppé alors que j'allais dans ma chambre et m'a fait un, un discours sur les loups-garous et leur période réfractaire. Bon Dieu. »
Le sourire de Stiles lui mange tout le visage. « Tu as aimé l'enregistrement à ce point, alors ? »
« J'ai vraiment aimé l'enregistrement à ce point. » Il jette un œil à Stiles. « Mais, euh, c'était avant que je n'aille l'écouter dans ma chambre. »
« Eh bien, tu connais Oncle Peter. » Dit Stiles avec entrain. « Indécent au meilleur des moments. T'as vraiment mis un T-shirt col en V blanc juste pour me torturer ? C'est ma Kryptonite juste quand il pleut, et il fait un grand soleil, mais bon... Si jamais tu veux plonger sous une douche pour satisfaire mes fantasmes, je ne t'en empêcherai pas. »
« Gardons cette idée pour un autre jour. » Dit Derek.
« Oui, mais bon après aujourd'hui, j'ai quand même le droit de te faire des trucs avec mes mains, non ? » Demande Stiles en lui faisant un sourire si innocent que Derek manque écraser un piéton.
« Ne fais pas ça pendant que je conduis ! »
« C'était juste une suggestion. » Répond Stiles. « Alors, on va où ? »
« Un endroit privé. Des suggestions ? » Demande Derek.
« A quel point je vais avoir d'ennuis si je réponds 'chez moi' ? » Dit Stiles avec un grand sourire.
« Est-ce que ton père est à la maison ? Ou susceptible de rentrer avant huit heures ce soir ? »
« Il est au boulot, mais, euh, tu as conscience qu'il n'est que trois heures, hein ? Je veux dire, tu penses vraiment qu'on peut s'y mettre pendant cinq heures, toi ? Oh mince, tu le penses totalement ! » Stiles commence à devenir tout excité. « Cinq heures ? Ça a dû être un sacré discours sur la période réfractaire que Peter t'a fait ! »
Derek commence à rire. « Je ne suis pas vantard, contrairement à certains. Je pensais juste qu'on aurait peut-être envie de plusieurs rounds. Et peut-être un peu de nourriture entre-temps. »
« Bah merci de crever ma bulle, mon pote. » Dit Stiles. « Et aussi, tes références culturelles ont à peu près vingt ans de retard et c'est vraiment adorable ! »
« Ça n'a pas de retard si on n'a pas trouvé de remplacement. » Se défend Derek. Stiles lui envoie un regard attendri et amusé. « Peu importe. Tu sais que les gens me demandent tout le temps pourquoi je n'achète pas une liseuse à la place de mes livres ? C'est cool des fois d'avoir du retard. » Ajoute le loup-garou.
« Des ignorants. » Acquiesce Stiles. « En tout cas, mon père rentre vers cinq heures, alors on pourra peut-être faire un round avant qu'il ne soit là. Et après, on pourra s'enfuir. En criant. »
« Ou peut-être s'échapper. Discrètement. »
« Absolument. »
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Stiles ne sait vraiment pas comment aborder le sujet de l'incendie avec Derek, sachant que ce n'est pas quelque chose dont cette famille aime parler. En plus de ça, Talia a pratiquement interdit tout le monde d'en parler, donc ça ne sera pas possible de le faire si elle est à la maison. Ou pendant que quiconque est à la maison, si Stiles peut l'éviter.
Pour Stiles, ça n'est pas vraiment pressé, mais avec la présence de Kate à Beacon Hills, il est très nerveux. Si elle a essayé une fois de tuer la famille Hale et qu'elle a échoué, rien ne dit qu'elle ne recommencera pas. Et ça, enfin, explique pourquoi elle s'intéresse à lui. Un homme à l'intérieur.
Mais il est aussi presque certain que si un Hale apprend pour Kate, il ira arracher la gorge de celle-ci et ça causerait beaucoup de problèmes. Pour le moment, ils ne peuvent rien prouver. Alors Stiles ne dit rien et attend le bon moment. Ce moment se présente enfin quelques jours après le barbecue. Derek est venu le chercher à l'école et ils sont dans la Camaro, alors une intimité totale est assurée. Derek mentionne que Peter a un jour plus mauvais que d'habitude.
« Alors, pourquoi... » Stiles prend une inspiration. « Est-ce que je peux poser des questions sur l'incendie ? Je veux dire, pourquoi Peter est tellement convaincu que c'est pas un accident ? »
Derek regarde dans le rétroviseur pour s'assurer qu'ils sont seuls sur la route il sait que quand ce sujet est abordé, il a moins de contrôle alors il ralentit la voiture, bien qu'il ne s'arrête pas de conduire. Garder l'esprit à moitié sur la route pourra rendre les choses plus faciles. Stiles fait partie de la meute. Il a le droit de savoir. « Je... euh, je ne suis pas vraiment sûr. L'instinct, peut-être. » Ses mains se resserrent un peu sur le volant, mais il ne s'arrête pas de parler. « Il ne parle pas de ses raisons et s'il y avait... » Derek se lèche les lèvres nerveusement. « Tu sais, des détails ou, euh, des spécificités ? Je ne les connais pas. Parce que je ne savais rien. Juste après, je veux dire. Je suis resté à l'hôpital un moment. » Il y a un instant de silence. « Mais il n'est pas stupide, tu sais ? » Il ne regarde pas Stiles, parce que désobéir à un alpha n'est pas une bonne chose et il ne devrait pas demander à quelqu'un d'autre de le faire. Alors il se contente de dire ça et de laisser les mots raisonner dans l'air.
« Oui, mais ta mère aussi est intelligente. » Dit Stiles. « Je veux dire, elle est une grande avocate, elle travaille très dur et... Elle doit avoir ses raisons pour penser que Peter se trompe. »
Derek prend une seconde pour penser à ça, parce qu'il n'y a jamais vraiment prêté attention avant. C'est un peu étrange, après réflexion, que Peter et Talia pensent des choses si différentes à ce propos. « Je pense qu'il y a une ou deux choses. Avec nous, on est toujours moitié humain, moitié loup. Les deux en même temps. L'un ne part pas quand on est sous l'autre forme. Tu le sais. Mais je pense que parfois, on se repose plus sur l'un que sur l'autre. Maman se repose sur son côté humain alors que Peter privilégie le loup. Donc elle doit essayer de rester logique ? » Il ajuste sa prise sur le volant. « C'est aussi ce qu'ils ont perdu, je pense. » Il se mord fortement la lèvre, essayant de réprimer ses souvenirs. « Maman... a perdu beaucoup. Un père, un frère, et T-Tyler et David. » Sa voix se brise et il enlève son pied de l'accélérateur un instant, voyant autre chose que la route. « Et... et... » Il ne peut pas dire plus de noms. « Tellement de personnes. » Il prend une inspiration tremblante. « Mais tu peux surmonter ça. Ça fait mal. Mais les gens peuvent continuer à vivre après des pertes de ce genre. Elle est notre alpha maintenant, alors elle a besoin d'aller bien. Pour vivre dans le présent et ne pas rester bloquée en arrière. Mais Oncle Peter a perdu Tante Olivia. » Les yeux de Derek se braquent sur Stiles comme s'il a peur de finir sa pensée. Mais il poursuit. « Sa compagne. Pour un loup-garou, on ne peut pas se remettre de ça. Il ne surmontera jamais ça, il ne passera jamais à autre chose. »
« Est-ce que tu veux qu'on arrête d'en parler ? » Demande Stiles avec hésitation. « Tu as l'air bouleversé. Je ne voulais pas ça, j'étais juste curieux. »
Derek laissé échapper un souffle d'air. C'est un peu angoissé, mais en aucun cas, il ne semble énervé. « Bien sûr que tu es curieux. C'est comme un éléphant de la taille d'un Oliphant(1) à chaque fois que Peter entre dans une pièce. » Il secoue légèrement la tête. « On n'a pas besoin d'arrêter, mais tu dois me laisser aller à mon rythme et comprendre que je vais être touché. Tu as le droit de savoir, et tous les autres vont soit refuser d'en parler, soit ne rien savoir, soit être Peter. »
Stiles remue un peu, croisant et décroisant les doigts en souhaitant avoir pensé à emmener quelque chose pour s'occuper les mains. Finalement, il se contente de dire : « Penses-tu que c'était un accident ? »
Le regard de Derek se braque sur Stiles et la voiture fait une légère embardée sur la route. Pour une certaine raison, la question l'a véritablement surpris. « Bien sûr. Bien sûr que... Je ne... » Il n'arrive pas à prononcer les mots. Personne ne lui a jamais demandé son opinion avant. On l'a laissé ressentir ou ne pas ressentir ce qu'il voulait, en silence. Il veut que ça ait été un accident. Que ce soit terminé. Mais il sait aussi qu'il ne peut pas s'empêcher de surveiller ceux que Peter pense être des ennemis. Même si Peter fait parfois des erreurs. « Peter n'est pas stupide. » Dit-il finalement.
« Non, eh bien, je suis d'accord. » Dit Stiles. Mais il n'insiste pas. Derek est trop touché et s'il ne connaît vraiment aucun détail, ça ne sert à rien de pousser. Il va devoir trouver ses réponses ailleurs. « N'en parlons plus, d'accord ? »
Derek soupire de soulagement. « Oui, je... Okay. Allons... Allons quelque part où je pourrai me coller pathétiquement à toi pendant un moment et où on pourra faire quelque chose d'amusant après. »
« Eh bien, je propose que nous retournions chez moi pour regarder la télé en se câlinant sur le canapé, alors. »
« Ça me semble bien. » Dit Derek, donc c'est ce qu'ils font. Mais l'idée continue de titiller Stiles. Il ne sait pas quand Kate pourrait passer à l'action, ce qu'elle prépare. Il va devoir aller carrément à la source.
Trouver Peter seul est finalement plus facile que prévu. Il attend juste quelques jours avant de 'décider' de faire un nouveau plat avec de l'alcool dedans. (Du teriyaki, pour être exact. Sa recette préférée mérite du xérès.) Tous les autres adultes sont au travail et Laura a les enfants, alors Stiles dit : « Hey, Oncle P, est-ce que tu peux m'emmener en courses ? J'ai besoin d'un peu de vin pour le repas de ce soir. »
« Mm. » Dit Peter et il a l'air un peu distant, faisant tourner son alliance autour de son doigt. « Très bien. »
Dans la voiture, Stiles réalise qu'aborder ce sujet alors que Peter a déjà un mauvais jour n'est peut-être pas une bonne idée. Le faire là où personne ne peut l'aider si Peter pète un câble est une idée profondément stupide. Mais il ne peut s'empêcher de penser que si jamais quelqu'un entend sa conversation avec Peter cette personne l'empêchera immédiatement. Alors il attend qu'ils aient fait les courses, espérant que cette activité quotidienne ancrera Peter dans la réalité.
Ils retournent à la voiture et mettent les courses dedans, mais Stiles ne démarre pas. Il reste juste assis pour un moment. Peter a à peine dit trois mots de toutes les courses et Stiles sait que c'est mauvais signe, mais il prend son courage à deux mains et dit rapidement : « Peter, pourquoi es-tu si convaincu que l'incendie n'était pas un accident ? »
Le regard de Peter se tourne lentement vers lui et Stiles retient sa respiration, craignant d'avoir poussé Peter trop loin. Mais Peter répond d'un ton lent et mesuré. « Je ne sais pas vraiment, Stiles. C'est juste quelque chose que... Je le sais, là. » Il touche sa poitrine. « Je me réveille avec ça chaque matin. L'idée, la connaissance que ma famille a été assassinée. Je le sais de la même manière que je sais hurler, de la même manière que je ressens l'appel de la lune. Ils m'ont été pris. »
Stiles déglutit. « Okay. J'ai... Besoin de te demander quelque chose. Mais j'ai besoin que tu restes calme, d'accord ? Parce qu'il n'y a que toi et moi ici, et si tu pètes un câble, je, je ne serai pas capable de me protéger moi-même. »
« Très bien. » Dit Peter calmement. « Mais je ne peux rien te promettre. »
« Je sais. » Stiles laisse échapper un soupir. Puis il sort un mouchoir de sa poche et le tend à Peter. « Sens ça. »
Peter fronce légèrement les sourcils, mais il se penche et sent le mouchoir. La réaction est immédiate. Ses yeux brillent d'un bleu intense et il lève le regard sur Stiles, les lèvres retroussées sur un grognement. « Qu'est-ce que c'est ? » Demande-t-il, les épaules tendues sous la lutte pour rester calme.
« C'est du parfum. » Bougeant doucement, Stiles replie le mouchoir, le met dans son sac et le referme pour cacher l'odeur. « Je pense que tu l'as senti le jour de l'incendie. » Il parle délibérément lentement. « Tu te souviens du jour où tu m'as presque attaqué dans la cuisine ? »
Peter fronce les sourcils. « Non. Quand était-ce ? »
« Il y a deux ou trois semaines. Tu disais que je sentais comme un ennemi. »
« Je ne me souviens pas. » Dit Peter en secouant légèrement la tête. « Je suis désolé. »
Stiles fait un geste de la main. « Juste avant ça, j'étais à l'école, mais j'avais l'odeur d'une femme nommée Kate sur moi. Elle fait partie d'un des plus grands groupes anti-lycanthropes de la région. Elle essayait... De me faire travailler pour elle. En tant qu'agent infiltré. Je n'avais pas fait le lien à l'époque, mais ensuite, pour le barbecue, tu as réagi de la même manière quand tu as rencontré Allison. Allison est sa nièce, elle ne fait pas partie du groupe, et elle est vraiment gentille. Mais elle porte le même parfum. J'ai interrogé Scott à ce propos. Alors ça fait deux fois que tu as mal réagi à la même odeur. »
Il prend une inspiration profonde et continue. « Tu étais le seul membre de la famille qui n'était pas à l'intérieur ce jour-là. Je pense que tu as dû sentir cette odeur alors que tu arrivais sans même le remarquer. Personne d'autre ne l'a sentie à cause de la fumée, mais je pense que tu as senti la trace que Kate a laissée derrière elle en arrivant et repartant. »
Peter se contente de le fixer.
« Ce n'est pas juste ça. » Continue Stiles. « C'est juste que – rien de tout ça ne semble bien. J'ai fait quelques recherches. Sur la rapidité de propagation du feu. Sur la vitesse à laquelle la maison s'est effondrée. Et pas seulement ça, mais celui en charge de l'enquête a conclu très facilement à un accident. Les enquêtes comme ça peuvent durer jusqu'à des mois, mais il a signé son rapport à peine quelques jours plus tard. »
Peter reste silencieux un long moment. « Sais-tu pourquoi ma sœur est tellement persuadée que c'est un accident ? » Demande-t-il.
Stiles secoue la tête. « Ça n'a aucun sens pour moi. »
« Mais ça en a. » Répond Peter. « Si c'était intentionnel, c'était elle la cible. Sa famille est morte à cause d'elle. Et parce qu'elle n'a pas réussi à les protéger. Ce n'est... Pas quelque chose qu'elle puisse gérer. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Mais si tu décides de 'me faire plaisir' comme dit Aaron quand il pense que je ne peux pas l'entendre, ou 'encourager mes délires' comme dit Talia quand elle sait que je peux entendre, Talia ne sera pas contente du tout. Ça pourrait te rendre les choses très difficiles. »
Stiles y réfléchit une minute, puis dit : « On s'en fout. »
L'expression de Peter se transforme en un sourire plein de dents. « Je t'aime beaucoup, Stiles. » Dit-il. « Alors maintenant, dis-moi ce que tu as appris. »
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Oliphant : Créature éléphantesque absolument gigantesque que l'on peut trouver dans Le Seigneur des Anneaux
Et voilà mes loupiots, c'est déjà fini pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous aura plu ! On se retrouve le 4 mai pour la suite !
