21. Curieux
Malicia ouvrit les yeux subitement. Des gouttes de sueur lui perlaient le front, le souffle coupé, elle avait l'air apeuré. Elle se redressa lentement avec beaucoup de peine, tous ses membres étaient courbaturés. Puis s'assurant qu'il n'y avait personne autour d'elle, elle se relaissa tomber sur son oreiller et se mit à pleurer silencieusement.
C'était la deuxième fois en trois jours qu'elle rêvait encore de l'incendie de sa maison et de la disparition de toute sa famille. Elle dormait mal, faisait toutes sortes de cauchemars et se levait au moins trois fois par nuit. Chaque rêve devenait de plus en plus violent.
La jeune fille repoussa ses couvertures, on était en janvier, mais elle avait beaucoup trop chaud. La respiration encore haletante, elle se laissa glisser du lit pour retomber à quatre pattes au sol. Se relevant lentement, elle se dirigea vers la salle de bain pour s'asperger le visage d'eau fraîche. Il était cinq heure du matin, et Malicia n'avait plus du tout sommeil. Sans faire de bruit, elle se faufila dans le long couloir qui menait à la pièce commune.
Devant la cheminée, elle fut étonnée d'y trouver Sirius qui était assis et regardait rêveusement les flammes.
- Yahaaaaa !!!
- Arg !
Malicia se jeta sur le fauteuil et écrasa le sorcier qui était terrifié.
- Ca va pas de faire des coups pareils ? J'ai cru faire une crise cardiaque. Préviens la prochaine fois…
La jeune Ladislava ne répondit que par un large sourire coquin. Elle l'embrassa longuement avant de s'installer confortablement sur ses genoux et de se blottir contre lui.
- T'as vu comment tu es habillé ? On est en plein hiver et toi t'es juste en pyjama. T'aurais du mettre une robe de chambre.
- Il faisait trop chaud dans la chambre, je me suis pas rendue compte.
Malicia enfouit son visage dans l'épaule de Sirius qui lui caressait les cheveux et ferma les yeux tout en sentant son odeur. C'est à force de se faire câliner que Malicia plongeait petit à petit dans un doux sommeil.
- Tu t'es levée bien tôt, murmura Sirius.
- Mmmm ? demanda paresseusement la sorcière.
- J'ai l'impression que tu ne dors pas très bien en ce moment, tu as l'air assez fatiguée.
Malicia ouvrit lentement les yeux et fixa le feu en prenant un air rêveur.
- J'ai juste cauchemardé, c'est tout.
Sirius n'essaya pas de chercher plus loin, il savait que ça l'énerverait et qu'elle allait se refermer sur elle-même. C'était déjà très étonnant qu'elle soit venue se réfugier vers lui aussi facilement. Après un long moment de silence, ce fut Malicia qui décida de rompre le silence.
- Je rêve souvent de ma famille… De leur disparition.
- C'est étrange. Il y a eu un élément déclencheur pour que tu penses à ça ?
- Ben non, c'est bizarre. Tout est très flou dans ma tête mais c'est toujours la même chose. Le feu, le sang et ces yeux rouges.
En disant ses derniers mots, Malicia caressa la marque noire de Sirius du bout des doigts. Celui-ci frémit, puis serra un peu plus fort la jeune fille contre lui.
- Tu as des nouvelles de Lui ? demanda le sorcier un peu inquiet.
- Non. Et toi ?
Sirius tourna la tête de droite à gauche en signe de négation. Il allait répondre quand ils entendirent quelqu'un se racler la gorge juste derrière eux. Ils se retournèrent surpris pour se trouver face à Drevan qui les regardait avec un petit sourire.
- Oh, excusez moi, je ne voulais pas vous déranger.
- Tu n'avais cas être plus discret, marmonna Sirius sous le regard noir de Malicia.
- J'ai entendu des voix et…
- Tu as l'ouie bien fine, railla le sorcier.
- Sirius, ça suffit. Désolés d'avoir fait autant de bruit, on serra plus discret Drevan.
- Non, ne vous en fait pas, et puis je n'ai plus sommeil.
- Tu veux t'asseoir avec nous ?
- Non, marmonna Sirius qui ne lâchait plus le blond des yeux.
- Oui avec plaisir.
Malicia se leva pour s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil de Sirius tandis que Drevan s'installait sur le canapé. Sirius tout grognon n'essaya pas d'être amical durant toute la conversation entre Malicia et Drevan. Et il fut très agressif lorsque le jeune blondinet se mit à parler de sa cousine.
- J'ai vu que tu t'entendais bien avec Mila.
- Oh, oui, répondit Malicia en levant les yeux au ciel. Il faut dire qu'elle ne me laisse pas le choix. Elle est tout le temps collée à moi. J'ai du mal à faire un pas sans elle.
- Tu n'as cas lui dire qu'elle t'énerve, répondit Sirius brutalement.
- Oh, mais elle n'a pas dit qu'elle l'énervait, ajouta Drevan avec calme. Tu sais, Mila est très affective. Quand elle apprécie quelqu'un, elle a du mal à s'en séparer. Et puis elle ne connaît que toi.
- Oui, c'est vrai.
Malicia vira au rouge. Elle était mal à l'aise, elle avait oublié que Mila n'avait pas encore d'amis ici, et il fallait bien qu'elle s'attache à quelqu'un.
- Remarque Sirius, continua Drevan. Tu la connais un peu, et il me semble que tu l'apprécies bien. Tu devrais essayer de mieux la connaître comme je te l'ai déjà fait remarquer.
S'en fut trop pour Sirius qui ne supportait plus la présence de son camarade de chambre.
- Mais où est-ce que tu t'es mis ça dans la tête ? T'as un vrai problème toi. J'en ai rien à foutre de ta cousine alors fous moi la paix avec ok ?
Le jeune sorcier se leva et alla se diriger dans son dortoir, laissant Malicia rouge de honte et Drevan qui ne paraissait en aucun cas touché par les paroles de Sirius et qui gardait ce petit sourire.
Lorsque tous les élèves furent réveillés par une nouvelle musique matinale, Drevan prit congé de Malicia quand Mila fit son apparition. Malicia qui attendait Ingrid pour aller déjeuner vit Sirius se jeter tête baissée vers la sortie, pas très loin des deux nouveaux élèves. Elle ne fit pas attention à lui, trop énervée par son comportement du matin. Il n'aurait jamais dut dire ça à Drevan, même si il ne l'appréciait pas. Au petit déjeuner, tout le monde était présent, il n'y eut pas un seul retardataire. Etant donné que la musique était toujours aussi désagréable au bout d'une minute, tout le monde se levait très rapidement et était près en moins d'une heure. Et ce fut de même pour le repas de midi.
Sirius était assis juste à côté de Rodéric qui avait décidé de lui casser les oreilles en papotant sans cesse. Un peu plus loin, Malicia, Ingrid, Mila et Nathamael mangeaient silencieusement. Sirius vit que la nouvelle élève ne lâchait pas des yeux Malicia et observait tous ces mouvements.
Son regard se dirigea vers le plafond lorsque les hiboux arrivèrent pour déposer le courrier. Une chouette vint poser une lettre pour Sirius qui l'ouvrit intrigué par cette étrange écriture qu'il ne connaissait pas. Chaque lettre était remarquablement bien calligraphiée, toutes les lettres avaient les mêmes tailles, et il n'y avait aucune rature. L'encre utilisée était violette et le papier jaunit.
Cher Monsieur Potter,
Vous êtes invité à venir me rejoindre dans mon bureau ce soir à 18H00, ne soyez pas en retard.
Monsieur Neklan.
Sirius jeta un coup d'œil au directeur qui mangeait tranquillement avec les professeurs et qui papotait calmement avec Hermione. Il vit alors Ingrid qui faisait de même, puis elle se retourna vers son frère et lui montra la lettre qui était identique à la sienne. Tous deux firent une grimace d'incompréhension puis retournèrent leur attention à leur nourriture.
TOC TOC
- Entrez ! Chantonna une douce voix.
Sirius se faufila dans le bureau du directeur en ce faisant le plus petit possible. Sa sœur n'était pas arrivée, mais vu que sa montre indiquait l'heure prévue, il ne pouvait se permettre d'être en retard.
- Je suis navré monsieur, ma sœur doit être un peu en retard.
- Non, ne vous inquiétez pas, je ne l'ai convoqué qu'à 18h30. Mais asseyez vous donc.
Sirius s'installa sur une petite chaise et laissa son regard balayer la pièce. L'atmosphère qui régnait dans ce bureau était chaude et agréable. Les couleurs étaient apaisantes, il n'y avait que très peu d'objets, mais ceux qui étaient là étaient argentés et attiraient le regard. La position de chaque élément semblait avoir été étudié pour offrir le plus de réconfort possible aux gens présents. Tout était à sa place. C'était bien trop parfait au goût de Sirius, et au lieu de ce sentir à l'aise, il voulut se replier sur lui-même pour se protéger de ce lieu qui semblait vouloir l'hypnotiser.
- Votre rentrée ce passe-t-elle bien ?
- Euh… Oui, répondit Sirius complètement perdu.
- Il est vrai que nous avons un peu changé votre façon de vivre autrefois dans ce château… Mais je pense que tout le monde s'y fait rapidement. Je suis très fier de voir que les règles sont bien suivies par les élèves. Enfin sauf deux ou trois.
- Oui, pour l'instant.
- Je ne pensais pas que ce serait aussi facile. Je n'ai jamais été directeur d'une école de sorcier, j'avais peur d'être débordé. J'ai donc voulu mettre le plus de barrière possible pour…
- Monsieur, coupa Sirius exaspéré. Pourquoi m'avez-vous fait venir ?
Il y eut un silence. Sirius venait de couper la parole à son directeur qui le regardait avec un air calme. Mais le sorcier savait que de la colère se cachait derrière. Ces nouveaux élèves, professeurs et directeur étaient les mêmes, des hypocrites très étranges qui attiraient beaucoup l'attention.
- Vous êtes le fils d'Harry Potter.
- Oui et alors ?
- Votre père ne vous a-t-il pas appris à être poli ?
- Je ne l'ai pas connu Monsieur.
Il y eut un autre silence, puis le directeur se leva pour se diriger vers la fenêtre sous le regard d'un Sirius Potter quelque peu énervé et intrigué.
- Un grand homme votre père. Il m'a très étonné. Nous ne nous sommes rencontré que deux fois, mais ce fut assez pour que je comprenne que c'était quelqu'un de remarquable. Il était bien différent des autres sorciers.
- Oui, tout le monde le dit. C'était le survivant.
Sirius eut un petit rire moqueur.
- Un survivant qui est mort. Continua-t-il. Il n'est plus d'une grande aide aujourd'hui, il nous a juste abandonné trop fatigué de la vie.
- Qui vous a dit ça ?
- Ma mère.
- Ginevra Weasley… elle a tord de penser ça. Il ne l'a pas abandonnée…
- Il est mort ! Il est mort alors qu'elle était enceinte, forcément, elle s'est sentie abandonnée ! Cria Sirius en se levant.
- C'est un point de vue. Mais quand on laisse autant d'espoir aux gens, on ne peut pas vraiment parler d'abandon.
- Mais qui êtes vous pour me parler de ma famille comme ça ? Et puis de quoi parlez-vous, je ne comprends rien à votre charabia ! Tout le monde était horrifié d'apprendre sa mort, personne n'a vu l'espoir dans tout ça…
Sirius en avait les larmes aux yeux. Complètement frustré de parler de son père à un étranger.
- La mort de quelqu'un n'est pas synonyme de peine et de tristesse, mais d'espoir, à chaque fois.
- Ce que vous êtes cruel ! Vous ne savez pas ce que c'est que de perdre un être cher !
- Non, je ne sais pas. Moi je me réjouie de voir les gens s'en aller.
Il y eut un silence. Sirius ressentait tant de dégoût pour cet homme.
- Et vous dîtes ça en pensant à la mort de votre petite fille… Vous êtes ignoble.
Le jeune sorcier se renfrognait. D'où savait-il que cet homme avait perdu sa fille ? Il regarda le directeur qui avait arrêté de sourire et qui le fixait intensément. Puis un large sourire de vainqueur s'étendit sur son visage. Il attrapa un verre d'eau qui était posé sur sa table et tourna le dos à Sirius.
- Vous pouvez disposer.
Sirius ne se le fit pas répéter deux fois. Il fonça sur la porte le plus rapidement possible pour fuir ce fou qui le mettait dans un état de colère encore plus importante que provoquait la présence de Drevan. Une fois dans les couloirs, il se mit à courir comme un fou vers la Grande Porte. Dehors, il se dirigea essoufflé vers le lac et se mit à donner des coups de pieds dans la neige avant de hurler à plein poumon toute sa colère, frustration et haine.
Le soir même il reçut une lettre qui lui annonçait qu'il serait de corvée le lendemain soir pour avoir enfreint le règlement et avoir courut dans les couloirs.
Seule dans la chambre, Malicia était assise sur son lit et fixait l'enveloppe noir posée juste en face d'elle. Elle l'avait reçut ce soir même, et l'encre rouge sang lui annonçait tout à fait l'auteur de la lettre.
Malicia tourna et retourna l'enveloppe dans tous les sens pour s'assurer que rien ne se trouvait à l'intérieur sauf une lettre. Tout doucement, elle l'ouvrit avec précaution et en sortit une lettre noire pliée en deux. Elle l'ouvrit et lut un drôle de message.
L'innocence mourra
Le serpent vaincra
Le mal entrera en toi, dévorera et contaminera
N'oublie pas à qui tu es destinée, Malicia.
La gorge sèche, la jeune fille écarquilla les yeux lorsqu'elle lu le dernier mot. De la lettre noire était entrain de se dégager une fumer grise. Alors que la jeune fille allait se reculer de la lettre, la fumée forma une boule et frappa de plein fouet la jeune fille qui tomba à la renverse et s'écroula par terre. Une horrible douleur lui parcouru les entrailles et alors qu'elle se tenait fermement le ventre, à moitié recroquevillée sur elle-même, elle sentit du sang au bout de ses doigts. Le sort infligé par Voldemort se réveillait, elle se remettait à saigner comme le jour de l'attaque.
Gémissant de douleur, Malicia pleurait à chaude larme. La douleur était trop intense, et la jeune fille commençait à voir la pièce tourner autour d'elle. Alors qu'elle allait s'évanouir, Ingrid et Mila apparurent dans son champ de vision. Puis plus rien. Malicia ne souffrait plus, le sang avait disparut, il n'y avait aucun trou dans son ventre, et elle restait là, hébétée, par terre, regardant ses amies inquiètes.
- Malicia, est-ce que ça va ? demanda Ingrid.
-Euh… oui.
La jeune fille s'assit au sol et regarda autour d'elle. La lettre avait disparut.
- Qu'est-ce que tu faisais par terre, on t'a entendu pleurer en rentrant, ajouta Mila.
- Mais non, pas du tout, répondit Malicia.
La jeune fille se leva tout à coup très mal à l'aise. Mila ne savait pas qu'elle était une ladislava et il ne fallait pas inquiéter Ingrid.
- C'est rien, je me suis juste cassé la figure du lit et me suis cogné. Ca m'a fait un peu mal. C'est tout.
- Il m'a semblé voir du sang… Continua Mila avec un air grave.
- Non… Je ne me suis pas ouverte. Bon… euh, je vais prendre une douche.
Sans laisser les deux Gryffondor ajouter un seul mot, Malicia s'enferma dans la salle de bain. Ses gestes furent très mécaniques, elle se déshabilla et alla se faufiler sous la douche sans faire attention si l'eau était à la bonne température. Elle laissa le liquide trop chaud se faufiler sur son corps et commença à se laver en vérifiant toujours l'état de son ventre.
- Hé ! Malicia ! Attend !!
Irwin regarda Sirius courir derrière la jeune fille qui se dirigeait vers la salle de classe.
- Ingrid m'a dit que hier soir tu as eu un malaise…
Le Serpentard n'entendit pas la suite, les deux tourtereaux étaient partis trop loin. Il marchait lentement, n'ayant pas eu le temps de réviser le cours de potion, Irwin relisait rapidement ses parchemins.
- Ce n'est pas très sérieux de faire ça maintenant.
- Casse toi et mêle toi de tes affaires, grommela le Serpentard sans jeter un regard à son interlocuteur.
- Oh, c'est bon ! Ce que tu es désagréable, je voulais juste parler…
L'individu marcha plus rapidement pour distancer Irwin. Celui-ci releva la tête pour remarquer que c'était Drevan qui lui avait adressé la parole. Il referma son livre et courut le rejoindre.
- Non, attend, je voulais pas être mal poli.
- C'est pas grave, je ne t'en veux pas.
- Je suis juste un peu de mauvaise humeur en ce moment. Alors j'ai tendance à envoyer balader tout le monde.
- Je m'appel Drevan, annonça le garçon en tendant la main.
- Irwin Kloves.
- Tu es le beau frère des jumeaux Potter.
- Malheureusement. On ne s'entend pas très bien, on est trop différent. Surtout avec Sirius.
- A cause de Malicia ?
- Quoi ?
Irwin s'arrêta net et regarda Drevan avec surprise et crainte.
- Je ne vois pas le rapport, je n'ai jamais pu me voir Sirius en photo.
- Ne t'énerve pas, j'ai dit ça comme ça. Ils ont l'air de bien s'entendre, alors…
- On ne peut pas parler d'autre chose ?
- Tu n'as donc pas révisé ton cours ?
Irwin leva un sourcil intrigué, Drevan était vraiment étrange.
- Tu poses beaucoup trop de question, on t'a déjà dit que tu étais curieux ?
- Non, je me renseigne, c'est tout, j'ai toujours été comme ça. J'aime savoir.
Et voilà!!! c'est un nouveau chapitre!!! j'espère qu'il vous aura plu... je remercie grandement tous les reviewers, ça fait très plaisir bazoux à tous
