Couple HP/DM
Rating : M
Note : Yaoï, homophobes s'abstenir.
Chapitre corrigé! Merci Ceres!
Lexique :
Adjib : cœur vaillant.
Kopesh : sabre recourbé.
Mesore : dernier mois de la saison Chemou, soit juin-juillet, il signifie 'naissance de Râ'.
Chapitre 21 : Adjib
Ce ne fut que deux jours plus tard qu'ils reçurent des directives du pharaon. Néanmoins ils avaient su mettre à profit ces journées qui leur avaient notamment permis de se retrouver, autant physiquement qu'émotionnellement. Harry avait consolé, avec ses maigres moyens, Drago pour la perte de son mentor. L'homme qu'il considérait davantage comme un père que son géniteur qui profitait largement de sa luxueuse vie et dont il n'avait que de rares nouvelles.
S'il lui manquait une raison – ce qui était loin d'être le cas – pour trahir son Dieu, il n'en avait dorénavant plus. Il se vengerait d'Apophis et de ses sbires abjects, pour Séverus, pour Harry qui avait failli mourir et pour sa vie gâchée.
Et il avait prit soin du petit brun à chaque instant, s'assurant avec un empressement presque fatiguant qu'il était en parfaite santé. Si bien qu'au bout d'un moment, le fils de Sekhmet, lassé, avait fait en sorte de le distraire suffisamment pour qu'il ne le harcèle plus, ce qui ne fut pas pour déplaire au blond.
En outre, ils avaient aussi retrouvé Haânkhès et lui avaient raconté tout ce qu'elle avait manqué. Elle fut chagrinée d'apprendre qu'Harry était passé si près de la mort sans qu'elle n'en sache un mot et qu'elle n'ait pu être utile. Elle se promit des les accompagner désormais, elle se devait de protéger ces deux enfants. Pour l'instant, la seule chose en son pouvoir était de les entraîner et développer autant que faire se peut leur magie, leur seul moyen de défense contre l'ennemi.
Harry fut ravi de lui montrer les progrès qu'il avait accomplis autant au niveau de la métamorphose que de sa magie offensive. Drago eut en revanche, plus de réticence à dévoiler les siens. L'effet de surprise était un sérieux avantage. Néanmoins, maintenant que Séverus n'était plus là pour l'aider, Haânkhès était l'unique personne de confiance qui restait et qui pourrait lui permettre de s'améliorer. Et dans le peu de temps qui leur était imparti, la veuve fit de son mieux pour accroitre leur puissance.
Au bout de ces deux jours de liberté, ils furent rappelés auprès du pharaon et leur amie tint, cette fois, à les accompagner. Leur accueil fut loin d'être aussi méprisant que la dernière fois : les serviteurs s'inclinèrent sur leur passage. Eux même firent une profonde révérence au pharaon qui leur répondit d'un signe de tête.
Autour de lui était réunie une dizaine de guerriers, tous grands, imposants à l'allure dangereuse dans leurs tenues de combat. Ils portaient une tunique de cuir brune dont une lanière leur barrait le torse, quelques plaques de métal complétaient l'ensemble aux endroits les plus vulnérables. Ils étaient l'élite de la garde du pharaon et le représentaient parfaitement.
Osorkon prit la parole :
« -Il est temps de prendre des dispositions, nous n'avons que trop tardé à préparer nos défenses. Harry, Drago, décrivez nous notre ennemi et tout ce qu'il nous serait utile de connaitre.
-Comme vous avez pu le constater Mon Seigneur, Apophis préfère ne pas agir directement, il utilisera avant tout des subterfuges pour parvenir à ses fins. Par exemple il a prit possession de notre ami pour s'infiltrer et vous atteindre alors que vous étiez vulnérable. Il ne se lancera dans une confrontation directe qu'en dernier recours et à mon humble avis majesté, il faudrait l'obliger à nous attaquer de front et rapidement si nous voulons avoir l'avantage et ne pas lui laisser le temps de mettre en place ses stratégies.
L'un des guerriers s'inclina et déclara :
-Notre puissance d'attaque est la plus importante du pays votre altesse, nous ne craignons rien de ce côté-là. Cependant, si je puis me permettre, il serait préférable de ne pas l'attaquer sur son terrain.
-Expliques-toi Adjib, mettrais-tu en cause la puissance de Râ ? s'indigna le pharaon.
-Pas le moins du monde Mon Seigneur. Comme l'a fait remarquer le garçon de façon pertinente, il faudrait le forcer à nous attaquer mais sur notre terrain et selon nos règles. Ainsi nous éviterons les mauvaises surprises et mettrons toutes les chances de notre côté. Apophis se ferait balayer.
-Sur notre terrain signifie t-il ici, à Bubastis ? intervint Harry.
-C'est exact, répondit Adjib.
-N'est ce pas un peu dangereux de le laisser approcher si près ? Ne pouvons nous pas trouver un lieu éloigné de la capitale mais qui nous serait quand même propice ?
-Bubastis est une ville parfaitement protégée et la grâce du dieu solaire est dessus, nous n'y risquons rien, décréta Osorkon, il nous faut plutôt trouver ce qui fera venir ce vil serpent.
-Peut être que si nous le provoquons suffisamment, il viendra se jeter lui même dans la gueule du loup, avança Drago, son arrogance pourrait jouer en notre faveur.
-Ce n'est pas une mauvaise idée, confirma Adjib, et si ce n'est pas suffisant nous pourrons harceler certains de leurs avant-postes pour le défier. Cependant j'aimerais mettre en place avant les protections de la cité. Je préférerais que tout soit prêt avant d'accueillir le traitre.
-Pour cela je te fais confiance, chef de mes armées. Préviens-moi lorsque Bubastis sera devenue indestructible, dit le pharaon, Harry, Drago, vous accompagnerez mes soldats, renseignez les autant que possible. Adjib vous initiera au khépesh. Mes prêtres vous entraineront ensuite aux arts magiques. Quant à toi Haânkhès, j'ai une mission à te confier, reste auprès de moi je te dirais ce que tu dois faire. Je veux le meilleur de tous. Nous allons détruire ce sale serpent et quand nous en aurons fini avec lui, il ne sera plus qu'un dieu mineur ! »
Les soldats d'Osorkon se frappèrent la poitrine en poussant un cri sauvage, sous la détermination de leur maître. Ils s'éclipsèrent ensuite les uns après les autres. Adjib fit mine aux deux garçons de le suivre.
o0o0o0o
Pendant plusieurs semaines, la capitale fut en émoi : des travaux fleurissaient un peu partout, on voyait défiler des soldats lourdement armés, des bruits inquiétants montaient du palais... Les habitants qui vivaient en dehors des fortifications avaient été invités à s'installer à l'intérieur. Tout annonçait une bataille imminente, mais les citoyens ne s'en inquiétaient pas rien ne pouvait leur arriver au sein de la ville de Râ. Trop confiants, personne ne se douta que l'un des habitants informa le temple d'Apophis des préparatifs en cours.
Tom n'était certes plus là, Drago, son second, avait lui déserté, mais le plan d'Apophis ne s'était pas restreint à ces deux hommes et quelqu'un d'autre dirigeait désormais le temple. Ce dernier fut contrarié d'apprendre que ses ennemis se préparaient à son attaque. Les plans que Tom avaient préparés étaient brillants, cela reviendrait à du gaspillage de ne pas les utiliser pour la simple raison que leur adversaire s'armait. Il n'y aurait qu'à modifier deux ou trois détails et agir rapidement pour raser ces incapables.
Les forces d'Apophis étaient bien plus puissantes et bien plus préparées, ils n'en feraient qu'une bouchée. Ainsi le nouveau prophète décida t-il de mettre en route le plan et la guerre contre le dieu solaire. Il se leva, appela son serviteur et lui transmis des missives à remettre d'urgence. Après l'avoir renvoyé, il s'enquit du nouveau prêtre en second, le signal pouvait être lancé.
o0o0o0o
Loin de se douter de ce qui se tramait dans le camp adverse, les enfants de Râ planifiaient la bataille imminente.
« -Nous aurons terminé les préparatifs au début de Mesore, déclara Adjib, le mieux serait de faire venir les fidèles d'Apophis à la fin du mois. Leur dernière défaite est top récente pour qu'ils aient un véritable chef. De plus, nous entamerons la saison la plus chaude, leur armée va se heurter à nos murs et ils n'auront ni eau, ni protection contre les morsures de Râ. Sans compter les maladies qui vont pulluler sous la chaleur.
-J'aime ton plan général, dit le pharaon, il manque cependant une chose : comment allons nous les faire venir en temps voulu ?
-J'ai pensé à deux solutions : soit une insulte publique de votre part, soit les deux garçons font connaitre leur présence ici. Dans les deux cas, Apophis ne pourra pas ignorer l'affront. Il faut néanmoins être précis et ne lancer l'offensive qu'à partir du moment où nous seront prêt. Ils auront ainsi jusqu'à la fin du mois pour se préparer, pile au moment où nous le souhaitons.
-C'est parfait. Dès que les défenses seront terminées, nous provoquerons ces satanés serpents ! » conclut Osorkon.
Pendant que la cité continuait à se barricader, Harry et Drago furent entraînés jusqu'à l'épuisement. Les guerriers d'Adjib poussaient leurs corps dans leurs derniers retranchements. Les séances de combat les laissaient ensanglantés et pantelants. Les deux jeunes n'étaient pas habitués à se battre sans magie et les soldats ne les ménageaient pas. Mais cet entrainement était indispensable, même s'ils passeraient la majeure partie de la bataille à affronter les prêtres d'Apophis, il ne fallait pas négliger le combat au corps à corps, qui savait ce qu'il pouvait advenir !
Mais alors qu'ils revenaient exténués de leur séance d'exercice, ils devaient enchainer sur l'apprentissage magique. Harry avait déjà progressé avec Haânkhès et Drago pensait avoir atteint les limites de ses capacités… c'était ce qu'ils croyaient.
En outre, ce n'était plus la veuve qui les épaulait, la mission qu'elle s'était vu confier par le pharaon l'avait envoyé au loin, mais les grands prêtres de Râ. La formation ne se fit pas en douceur, le temps manquait, mais elle fut efficace. Ils furent d'abord séparés afin de tester les spécificités de chacun et de les porter à leur paroxysme. Puis ils les firent s'entrainer ensemble de manière à ce qu'ils appréhendent le comportement de l'autre. Cette partie de leur apprentissage était la plus compliquée car elle nécessitait de connaitre exactement les réactions de son coéquipier, dans toutes les situations possibles et de réagir en conséquence.
Ils avaient bien entendu vu le cas où Harry se faisait posséder et ils avaient perfectionné leur technique. Cependant nombreuses autres situations problématiques leur faisaient encore défaut. Ils espéraient acquérir tous les procédés avant que n'arrive la fin du mois et avec elle les armées d'Apophis.
Mais en cette fin de journée, la seule chose à laquelle ils aspiraient était : du repos ! Affalés dans la salle d'entrainement, ils tentaient vainement de reprendre leur souffle. Les prêtres avaient déserté la pièce depuis de longues minutes déjà, mais les deux garçons n'avaient pas quitté le confort du sol : étendus, les bras en croix, le regard vide fixant le plafond.
« -Je crois qu'ils veulent nous tuer, ahana Drago, ils nous prennent toujours pour des espions et ils essaient de nous éliminer à petit feu.
Pour toute réponse Harry tourna la tête vers son ami et acquiesça mollement. A son tour, le blond regarda de son côté et sourit.
-J'aurais presque envie de te prendre là, à même le sol, ton corps en sueur contre le mien… mais je suis trop fatigué…
Le fils de Sekhmet commença à rire mais fut prit d'une quinte de toux.
-Tu sais comment parler aux hommes toi, dit il quand il fut calmé, mais désolé de te décevoir nous avons encore des choses à faire avant de pouvoir sombrer dans la débauche !
-Moi qui croyais ce cauchemar terminé, que nous veulent-ils encore ?
-Adjib nous attend sur les murailles, il veut nous montrer comment agir sur le terrain, enfin d'après ce que j'ai compris.
-Ca ne va pas être possible, soupira Drago.
-Et pourquoi si je ne m'abuse ?
-Parce que je ne compte pas me lever avant trois mois !
Le petit brun expira de façon désabusée. En grognant de douleur, il se releva légèrement, s'avança vers le fils d'Apophis en marchant à quatre patte, se pencha vers lui et… se mit soudainement à lui chatouiller les cotes. Le jeune homme hoqueta, se tordit dans tous les sens pour échapper à son agresseur.
-Arrête ! Arrête ! cria t-il, je me lève ! On va y aller sur ces foutus murailles !
Harry obéit le sourire aux lèvres.
-Tu vois quand tu veux ! »
Le blond grommela mais se leva tout de même. Ils se trainèrent jusqu'à leurs appartements où ils se débarrassèrent de leur transpiration et se rafraichirent. Alors que le brun se lavait à son tour, Drago arriva derrière lui et l'enlaça, laissant largement ses mains profiter du torse humide de son amant. Ce dernier se tourna, l'embrasse brièvement puis déclara :
« -Je croyais que tu étais fatigué ? De toute manière nous n'avons pas le temps, nous devons voir Adjib.
Se libérant de l'étreinte du blond, il se sécha puis s'avança vers la porte. Il reprit alors sur un ton suggestif :
-Mais si tu te sens toujours aussi fatigué ce soir, je trouverais bien quelque chose pour te détendre ! »
Et sur ces mots, il sortit. Le fils d'Apophis le suivit, des idées prometteuses plein la tête. Adjib les attendait en bas des murailles depuis un moment apparemment. Il ne fit aucun commentaire sur leur retard mais son regard fut relativement explicite.
« -Suivez moi, dit il, je vais vous montrer où vous serez situés au début de la bataille.
Ils grimpèrent sur les fortifications et le soldat leur expliqua leur position. Il prit Harry par l'épaule et le plaça derrière une corniche.
-Tu te placeras ici, de cette façon tu pourras…
Un cri perçant l'interrompit brutalement :
-Général ! Général !
L'interpellé se retourna, il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que l'autre poursuivit :
-Général ! Venez voir ! C'est urgent ! »
Sans discuter, les trois hommes le suivirent jusqu'à une longue vue installée en haut du mur. Adjib regarda dedans, sans laisser transparaitre de réaction. Puis en se redressant, le visage figé, il ordonna au serviteur :
« -Va prévenir le pharaon que les armées d'Apophis arrivent… »
Réponse aux reviews :
Liberlycaride : Et voilà, enfin le chapitre suivant ! J'espère qu'il te plaira autant que le précédent ! Et non ce n'est pas encore fini, en fait je dirais qu'on est plutôt à la moitié (un peu plus quand même). Et oui je sais, personne n'ai aimé que je tue Séverus, moi-même je l'adore, mais il fallait bien quelqu'un et ce ne pouvait pas être Harry ou Drago donc… Sinon pour ton petit défi, non ce n'est pas une de mes créations mais bien un personnage de JKR ! Tu rigoles si je te dis qu'aucun des noms que tu m'as donné n'est juste ? Bon du coup il n'en reste plus beaucoup, ça sera plus facile à trouver ! lol ! Barty Croupton en pervers ? Ouais ! Ses coups de langues étaient dégueu ! Sur ce je te souhaite une bonne lecture ! A la prochaine et merci pour ta review, biz !
Anonyme : Je ne suis pas allemande non, mais je l'ai étudié quelques années ! En tout cas je suis contente que ma fic te plaise ! A +++ et merci !
