Bonsoir !
Et oui, nous revoilà ! Enfin !
Après plus de trois mois d'absence ; nous tenons à nous en excuser. Nous le regrettons vraiment ; et nous espérons que vous nous le pardonnerez. Nous vous livrons aujourd'hui le dernier chapitre de Prête à tout ; celui que vous attendiez avec impatience, quitte à ne plus pouvoir croire qu'il apparaîtrait un jour…
Je ne vais pas vous retenir plus longtemps… Je m'excuse de ne pas répondre à toutes vos extrêmement gentilles et encourageantes reviews, mais je tenais à vous poster ce chapitre le plus tôt possible, ainsi que le chapitre de A fleur, enfin bref…
Je vous laisse lire !
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire à la fin de la lecture de ce chapitre. 43 pages Word cette fois ; on ne s'est pas moqué de vous ! Lancez-nous des tomates pour notre retard, des fleurs si vous avez aimé ; mais pour ce tout dernier chapitre qui signe la fin de notre premier bébé en commun, à Mushroom et à moi, nous serions vraiment émues que vus nous disiez ce que vous avez pensé de notre première collaboration, et si vous nous autorisez ou non à nous associer à nouveau pour vous offrir d'autres moments de bonheur et d'autres fics entre lutte et romance…
Nous vous aimons et vous embrassons bien fort !
Bonne lecture !
BELLA
Bon Dieu ce que j'en avais marre.
Quatre heures ! Quatre heures complètes à m'habiller, me coiffer, me maquiller, me recoiffer, arranger un peu le tombé de la robe, me remaquiller…
« Stop ! hurlai-je. Vous en avez pas marre de vous acharner sur moi ? »
Alice et Rose baissèrent la tête ; on aurait pu y voir l'expression de leur gêne, mais en fait, elles réprimaient juste un fou rire naissant.
Je les détestais, elles aussi.
« Bella, regarde-toi, au moins » fit Alice en m'observant avec fierté.
Rosalie tourna vers moi son immense psyché, de manière à ce que j'apparaisse dans le cadre doré.
Je sursautai, et reculai, ébahie.
C'était pas moi dans ce miroir.
L'image qu'il me renvoyait était celle d'une très belle jeune femme ; ses cheveux soyeux, d'un brun chaleureux, tombaient en boucles souples sur ses épaules. Elle était habillée d'une longue robe de soie, vert émeraude ; elle commençait en un bustier moulant, prolongé d'une jupe descendant en vagues sur ses jambes, les faisant paraître interminables. Un nœud soulignait le creux de sa taille.
Mes yeux remontèrent au visage de la jeune femme ; ses paupières étaient ombrées d'un léger vert qui approfondissait son regard chocolat, regard souligné d'un trait de crayon noir ; enfin, sa bouche était discrètement glossée et ses pommettes rehaussées d'une discrète touche de rouge.
Elle était magnifique. Je levai un bras, observant mon reflet en faire de même. C'était moi.
« Ok, fis-je, soufflée. Merci, les filles. J'ai pas d'autre mot. »
Elles sourirent, ravies.
« Bon, à nous d'aller nous préparer ! »
oOo
Elles mirent moins d'une heure pour se préparer ; faut dire qu'elles avaient déjà fait leurs retouches à leurs robes depuis belle lurette, et étaient magnifiques par essence, à l'inverse de moi.
Enfin, nous entendîmes du bruit en bas ; les garçons venaient d'entrer.
La peur contracta mon estomac ; et je me maudis.
J'allais à ce bal avec Edward. Edward, le garçon que j'aimais.
Avec qui je venais de passer la plus parfaite nuit.
Je fermai les yeux, me laissant replonger un instant dans ces instants privilégiés que nous avions partagés, la veille.
Le soir, Alice et Rosalie avaient voulu un résumé succinct de l'après-midi que j'avais passée avec mon… petit copain.
Les mots me réchauffaient le cœur. J'avais totalement confiance, maintenant. Je savais que quoi qu'aient pu dire Mike et Tyler, et quoi que s'apprêtaient à dire tous les autres jaloux, Edward et moi partagions quelque chose de fort.
Je l'aimais. Et j'avais de quoi espérer que c'était réciproque.
Il m'avait donné plusieurs raisons de l'espérer, la veille, pensai-je en rougissant.
Les filles avaient donc voulu savoir ce que lui et moi avions fait de notre vendredi après-midi ; j'étais devenue écarlate, et Rosalie avait grimacé en me pressant de ne pas répondre. Nous avions échangé un regard complice, et avions éclaté de rire sous le regard frustré d'Alice.
Puis elles avaient fait leurs essayages de maquillage et coiffure sur moi ; de manière très légère, à mon plus grand soulagement. Elles s'étaient montrées sensibles à mon envie de rejoindre Edward, et… à leur envie de rejoindre leurs copains respectifs, aussi.
On avait ensuite passé une soirée très agréable ; regardant un DVD dans les bras de nos amoureux respectifs. Alice avait tenu à ce qu'on se couche tôt pour avoir le teint frais pour le bal. Je soupçonnais aussi que Jasper l'avait… persuadée de rentrer au plus tôt.
Mais je ne m'en étais pas plainte. Loin de là.
La voix impatiente d'Emmett, en bas, me tira de ma rêverie. Je me replongeai dans le moment présent.
On était vendredi soir. Le soir du bal.
Le stress me revint. Il fallait que je fasse honneur à Edward.
Ça allait être un peu moins difficile que prévu grâce aux traitements que m'avaient fait subir les filles.
Nous nous concertâmes du regard, et descendîmes.
Mon sac était en bas ; j'aperçus Jasper et Emmett… Mais pas Edward.
Mon cœur me fit l'impression de se briser.
Ce que les autres remarquèrent visiblement.
« Il est où, Edward ? Commença à s'énerver Alice.
_ Il a dû partir en avance… Il t'a envoyé un message, Bella. » répondit Jazz. « Tu ne l'as pas eu ?
_ J'étais pas à côté de mon portable. » soufflai-je.
Les filles embrassèrent leur cavalier, alors que je regrettais déjà l'absence du mien ; je me sentais à nouveau seule. Et vulnérable. J'attrapai mon sac et en sortis mon portable, voir si au moins, Edward m'avait laissé une explication…
« Désolé de ne pas être là quand tu descendras l'escalier. Je serai au lycée, je dois voir mon prof de Littérature. Je t'aime. E. »
Mon cœur loupa un battement.
Je t'aime…
Il ne me l'avait jamais dit. Jamais. Alors… Pourquoi par sms ?
Était-ce sa façon de faire d'ordinaire ?
Il fallait que je parle à Rosalie.
« Bon, on y va ? S'impatienta Emmett.
_ Euh… Je crois que… j'ai oublié… quelque chose… » bafouillai-je.
Si on partait maintenant, je ne pourrais plus parler à Rosalie de la soirée. Et je voulais le faire avant de voir Edward.
Je rougis. Merde, fallait que je trouve un truc pour me retrouver seule avec elle.
« Ben magne-toi ! Fit Emmett.
_ Rose ? Tu veux bien… Euh… J'ai… un problème de fille… Si t'as de quoi… dans ta salle de bains… »
Rosalie écarquilla les yeux, et hocha la tête.
« Oh ! Bien sûr ! On monte. »
Je la suivis, alors que, heureusement, Alice restait en bas avec les mecs soudain gênés.
Je n'avais jamais compris ce qu'il y avait de gênant ou honteux, avec les menstruations… était-ce tabou ?
Je suivis Rose jusqu'à la salle de bains, et elle alla vers une armoire.
« En fait, Rose… C'est pas trop ma période du cycle. »
Elle se retourna, fronçant les sourcils.
« Mais…
_ J'avais besoin… De te demander quelque chose. »
Elle leva un sourcil surpris, et s'assit sur le rebord de la baignoire, curieuse.
« Vas-y, y a pas de mal.
_ C'est un peu gênant de te demander ça, mais… T'es la seule à savoir…
_ Oui ? Demanda-t-elle d'une voix hésitante.
_ Edward… »
Je pris une inspiration.
« Il ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. »
Un silence tomba entre nous, et elle se mordilla un peu la lèvre, gênée.
« Laisse-lui le temps. C'est sérieux pour lui… Il ne veut sans doute pas aller trop vite.
_ Ouais, mais… bon, dans ce cas… J'aimerais juste savoir si… éventuellement, il y aurait une possibilité, pour quelque chose d'aussi sérieux, qu'il me le dise… disons, par téléphone ou pire, sms. »
Je baissai le regard, écarlate.
« Quoi ? Oh, non, jamais ! Pourquoi ? Il ne ferait jamais ça. Pas pour quelque chose qui lui tient à cœur. »
Mon cœur me fit l'effet de se briser, et cette fois, je pâlis. Les larmes aux yeux.
Rosalie se leva d'un bond, et vint vers moi, écartant mes cheveux de mes joues.
« Putain, me dis pas qu'il a fait quelque chose de ce genre ?
_ Il m'a dit « je t'aime » par sms. Fis-je en essayant de réfréner mes larmes.
_ Mais quel con ! » Gronda-t-elle de colère. « Putain quel con ! »
Elle posa ses mains sur mes épaules.
« Bella. C'est rien. Il doit y avoir une explication.
_ Oui, il y en a une. Ça ne lui tient pas tant à cœur que ça.
_ Mais si ! Je suis certaine qu'il… Tu comptes, pour lui. C'est certain.
_ Mais pas de cette manière… soufflai-je.
_ Bella… »
Je posai ma main sur son bras.
« C'est pas grave, fis-je tristement. Je sais qu'il t'a vraiment aimée… Et que, quelque part, ça ne pourra jamais être pareil, avec moi. On n'oublie jamais son premier amour… Tant pis. Je ne le quitterai pour autant… ça fait juste mal. »
Sur ce, je me tus, triste, mais les joues sèches.
Ça faisait mal, mais j'aimais assez Edward pour accepter l'ombre de Rosalie…
Je me retournai pour redescendre. Rosalie me suivit de près.
« Je continue à dire qu'il doit y avoir un malentendu… » souffla-t-elle.
Je ne pus répliquer, sans que les autres n'entendent. Alors je me tus.
Direction le bal de fin d'année…
oOo
La limousine nous déposa un peu à l'arrière de la salle de bal… Parce qu'il y avait trop de monde, beaucoup, beaucoup trop de monde autour. Et puis, ça me soulageait. Et les autres l'avaient compris ; je n'avais pas envie de me pointer à cette soirée sans cavalier.
Pas si c'était pour subir une fois de plus les réflexions de Crowley et Newton.
« Hey, regardez, c'est Edward là-bas ! » s'exclama Alice.
Je relevai la tête ; effectivement, dans la pénombre, je reconnus sa silhouette.
Je frissonnai alors qu'une bourrasque de vent glissait sur la peau nue de mes bras - satanée Alice qui avait refusé qu'on prenne une veste, mais peut-être mon frisson n'était-il pas dû seulement au froid - et suivis les autres qui se dirigeaient vers lui.
Au fur et à mesure que j'avançais, je pouvais voir que ses yeux, intenses, ne me lâchaient pas.
Je marquai une pause au moment où les autres s'arrêtèrent, incertaine ; et détournai le regard, un peu gênée, avant de faire les derniers pas qui nous séparaient.
« Bonsoir. » soufflai-je en déposant un léger baiser sur ses lèvres, incapable de le regarder dans les yeux.
Les autres se dirigèrent vers l'entrée, les filles étant gelées - moi, aussi, d'ailleurs -, et je voulus les suivre, mais Edward m'entoura de ses bras et me retint un peu contre lui.
Je me laissai aller dans son étreinte, sans toutefois pouvoir le regarder… Jusqu'à ce qu'il me prenne le menton entre ses doigts et me relève la tête.
« Désolé. Fit-il avec un léger sourire.
_ De quoi ? » Demandai-je distraitement. « Ah. D'être arrivé en avance. C'est pas grave. » soufflai-je.
D'être arrivé avant moi, bien sûr. De quoi d'autre, hein ?
« Ma mère va m'en vouloir pour ça. » répondit-il avec un sourire tirant sur la grimace.
Je lui souris distraitement.
« Et moi je vais t'en vouloir si on ne va pas se mettre au chaud tout de suite. »
Il ouvrit son blaser et me lança un regard suggestif. Même ma tristesse ne put m'empêcher de lui adresser un vrai sourire alors que je me blottissais, la tête dans son cou, contre lui. Il tenta tant bien que mal de refermer les pans de son vêtement sur moi, et je glissai les bras autour de sa taille.
Puis je finis par me dégager, et le pris par la main en me détournant vers l'entrée.
« Rentrons. » murmurai-je en l'entraînant.
Nous rejoignîmes le flot de jeunes qui entraient ; et ça commençait à me donner le tournis. Ils nous regardaient, pour la plupart, surpris de voir Edward Cullen avec… Ben, moi. Et je n'aimais pas être le centre de l'attention. Un peu raide, je fendis la foule, en bousculant certains au passage, pour rejoindre les autres.
Alice commençait déjà à se déhancher sur les quelques notes qui résonnaient, en attente visiblement qu'un groupe monte sur scène - il y avait un piano, deux guitares, une batterie, une basse, et deux micros sur l'estrade.
« Au fait… tu es superbe. » me glissa soudain Edward à l'oreille.
Je frissonnai, rougissant légèrement.
« Mouais… Tu me fais relativement honneur aussi. » plaisantai-je avec un regard complice.
Il me sourit à nouveau, sa main se resserrant sur la mienne.
« Je voulais encore une fois m'excuser… pour… le message. »
Instantanément, je perdis mon sourire, et détournai le regard, à nouveau mal à l'aise.
« Y a pas de mal.
_ C'était pas quelque chose à faire. »
Je haussai les épaules, mal à l'aise.
« Vraiment, je n'aurais jamais dû te dire ça…
_ T'es juste pas obligé de me parler de sentiments que tu n'éprouves pas réellement. Je prends notre relation telle qu'elle est. » le coupai-je.
Un prof arriva soudain, et tapa sur l'épaule d'Edward, alors qu'il me regardait avec surprise et… autre chose, que je n'eus pas le temps de déterminer. Il se retourna vers le prof.
« Allez, vous la reverrez plus tard, Cullen. On n'attend plus que vous. »
Sans un mot de plus, il s'éloigna, alors que je le regardais disparaître, perdue.
Jasper arriva derrière moi.
« Au fait, tu es superbe, Bella. J'espère qu'Edward te l'a dit. » rit-il.
J'eus un bref sourire. Oui, il me l'avait dit. Il avait même employé exactement les mêmes mots. Les mêmes mots que mon meilleur ami… Super.
Jasper dut remarquer mon malaise, car il me frotta le dos.
« Crois-moi. Tu vas passer une bonne soirée. Tu vas aimer… la suite. Je te le promets. »
Je lui adressai un petit sourire, et me retournai vers les autres.
Quelqu'un tapota dans le micro, et il y eut un toussotement.
Les élèves se retournèrent vers la scène, mais quand ils virent que c'était le prof de musique, la majorité revint à son occupation initiale. Boire et parler, pour la plupart.
« Bonsoir. » commença le professeur. « Nous déclarons donc ouvert le énième bal de Noël du lycée de Forks… Qu'en dire ? Je ne suis pas, comme peut l'être mon collègue de Lettres resté à coacher le groupe qui vous fera danser ce soir, un grand auteur de discours, et je ne vais pas vous casser les pieds plus longtemps… Je tenais juste à vous introduire l'un de vos camarades qui s'est gentiment proposé pour ouvrir ce bal avec l'une de ses compositions au piano… Edward Cullen ! Vous pouvez l'applaudir ! »
Je me figeai, et reportai mon attention vers le piano. En effet, Edward y était assis, le nez baissé ; et de là je devinais qu'il était écarlate.
La plupart des élèves s'était à nouveau retournés vers la scène ; et là, alors que les filles applaudissaient, les garçons sifflaient. Je les aurais bien fusillés un par un du regard, mais la salle était comble. Je repérai à quelques mètres Crowley et Newton qui ricanaient, mais reportai mon attention, agacée, sur Edward, qui commença à jouer.
Dès les premières notes, un peu hésitantes, je me sentis transportée. Ce fut à peine si j'entendis Rosalie marmonner « Mais quel idiot, on va pas lui voler son piano, il peut pas relever la tête ? ».
Sa musique était juste…
Elle me faisait ressentir un tas d'émotions ; tout d'abord, de l'hésitation… Et, bientôt, de la colère. Une forme de tourment qui fit accélérer mon cœur, avant de virer dans une impression de détresse, qui me fit chavirer. Cela dut se voir sur mon visage car Jasper passa un bras dans mon dos, comme pour me soutenir ; puis la musique se mua en fièvre, et, finalement, se termina sur une autre note, une note de…
D'espoir et de tendresse.
La dernière note résonna longtemps dans le silence de la salle ; puis, Edward se leva, et les applaudissements et sifflements reprirent de plus belle. Il vint rapidement sur le devant de la scène, et salua, raide comme la justice.
Quand il se redressa, son regard capta le mien ; et l'intensité, une intensité qui semblait pleine de… promesses, cette intensité qui brûlait dans ses yeux émeraude me fit violemment frissonner.
Il se retourna, et quitta la scène pour se diriger vers ce que je supposais être les loges improvisées, alors que le professeur de musique avait repris le micro pour le remercier, et que le groupe qui allait s'occuper de l'animation de la soirée s'installait derrière lui.
Il se passa peut-être une ou deux minutes… Peut-être plus. La groupe dont je n'avais même pas retenu le nom commença à jouer une intro, et Edward ne réapparaissait pas.
Je me sentais… vraiment étrange, je ne savais plus que penser. Alors, je ne pensais pas. C'était con, mais si vrai… Jasper me tira de ma catatonie.
« Je pense que tu devrais le rejoindre dans les loges, Bells. »
Il me fit un clin d'œil en me frottant le dos pour m'encourager, et j'acquiesçai, hébétée.
Je me dirigeai vers les épais rideaux qui avaient été tirés dans un coin pour fabriquer un recoin pour les artistes de la soirée, et vis une porte que je poussai.
C'était une partie des cuisines du lycée ; et, dans un coin, adossé à un mur, Edward semblait faire des efforts pour reprendre une respiration normale.
Il releva la tête à mon entrée, et ses yeux me donnèrent l'impression de m'aspirer vers lui.
Je me rapprochai de lui, mais m'immobilisai à deux mètres, tremblante.
« C'était vraiment très beau. » Commentai-je d'une voix un peu rauque.
Il me fit un sourire un peu faible, et détourna la tête.
« Content que ça t'ait plus. » me fit-il simplement.
Je baissai la tête, et commençai à faire semblant de lisser ma robe - complètement inutile, la soie était si fluide qu'elle ne faisait aucun pli disgracieux - pour me donner une contenance.
« D'accord… Je pense que t'as besoin d'être un peu seul… Je vais rejoindre les autres… Tu n'auras qu'à venir… Quand… »
J'étais incapable de terminer ma phrase, les mots s'étranglant dans ma gorge. Toujours sous le coup de l'émotion de son morceau ; comment pouvait-on être aussi atteinte par une musique ?
Je commençai à tourner les talons quand je le sentis m'attraper par le poignet ; je ne l'avais même pas entendu s'approcher.
« Ça t'a vraiment plus ? »
Il restait à distance convenable, mais je dus quand même relever la tête pour le regarder dans les yeux, surprise et à court de souffle - troublée.
« Bien sûr ! Tu en doutes ? M'exclamai-je d'une voix douce.
_ Si je te disais oui, tu me prendrais pour un malade mental ? Demanda-t-il avec un sourire contrit.
_ Non, je t'en collerais une et je serais vexée. » fis-je d'une voix faussement énervée.
Je dégageai mon poignet de sa main et croisai les bras sur ma poitrine en essayant tant bien que mal de le fusiller du regard.
Il sembla un peu décontenancé, me jaugea, et me fixa avec soudain plus de sérieux.
« C'était pour toi. »
Je perdis toute trace d'humour, et mon cœur loupa quelques battements. Je le regardai dans les yeux, surprise.
« … Merci… » fut tout ce que je trouvai à dire d'une voix hésitante.
Mais quelle nouille ! Réveille-toi, t'as pas mieux que « Merci » ?
« Euh… C'était… Je… »
Finalement, tu ferais mieux de la fermer tiens, me sermonna ma conscience.
Ta gueule.
« C'était vraiment incroyable, tu sais. T'as un vrai don pour le piano. »
Il semblait ne pas en mener large non plus ; on devait avoir l'air de deux ados prépubères en train de se tourner autour. Il fallait que ça cesse. On devait franchement avoir l'air pathétiques. Il avait détourné le regard, mais me lançait quelques coups d'œil de temps à autre…
« C'est peut-être un peu beaucoup pour une seule journée… » commença-t-il.
Oh, non… Il n'allait pas remettre le sujet de son message sur le tapis, quand même ? Et du fait qu'il était parti sans moi au bal ? On n'allait jamais s'en sortir… Il fallait que je réagisse. Avant de m'effondrer comme une guimauve.
« Tant pis. » fis-je d'une voix que je voulus neutre, en haussant les épaules. « Je suppose qu'on dansera pas les traditionnels slows et qu'on couchera pas ensemble alors. Faudrait pas aller trop vite, terminai-je avec un petit sourire coquin.
_ J'aime pas danser. » répliqua-t-il avec un sourire contrit.
Je lui lançai un regard noir en serrant encore plus les bras sur ma poitrine.
« Qu'est-ce qu'on fout là, alors ? » Grognai-je.
Il éclata de rire, enfin plus détendu, et posa une main sur ma hanche pour me rapprocher de lui.
« C'est toi qui as voulu jouer les groupies en venant dans les backstages, fit-il d'une voix basse.
_ Et Dieu sait que ça se bouscule pour te demander un autographe, Môssieur la star, raillai-je en regardant mes ongles.
_ J'ai toujours eu un immense succès auprès de la gente féminine, répliqua-t-il avec son satané sourire en coin.
_ Dans ce cas, je vais te laisser seul avec ton ego et tes autres fans, fis-je en levant un sourcil.
_ Tu en laisserais d'autres me toucher ?
_ Je ne suis pas propriétaire de ton corps… éludai-je avec un soupir théâtral.
_ Mais tu aimerais bien… »
Je ne pus empêcher un éclair de malaise de me traverser ; j'espérai qu'il n'avait rien vu. Je déglutis discrètement et repris un air mutin.
« Je me console en me disant que ce soir, c'est censé être le cas… Officiellement du moins.
_ Et ça te suffit pas ? Après le « je t'aime » par texto, le piano, tu veux la demande en mariage en plein milieu des cuisines ? » fit-il avec un rire jaune, visiblement mal à l'aise.
Je me raidis, et me dégageai de sa proximité.
« Ça ira, je te remercie. On rejoint les autres ? »
Il se refroidit, et acquiesça d'un signe de tête.
Nous nous dirigeâmes vers la salle de bal, où la fête battait son plein, musique à fond et élèves déchaînés.
Alice et Rosalie dansaient comme des déjantées sur la piste, surveillées par Jasper et Emmett qui tenaient leurs verres et ceux de leurs cavalières. Nous les rejoignîmes, et ils firent un grand sourire à Edward.
« C'était très beau, mec, fit Jazz.
_ Attends tourne-toi Bells… » fit-il en faisant mine d'inspecter ma tenue. « C'est bon, robe intacte et cheveux encore bien coiffés. Alice sera contente mais bon, je pensais que vous étiez moins sages dans vos ébats ! » ricana-t-il.
Je levai les yeux au ciel.
« Ce que tu peux être pathétique !
_ Eddiiiiiiiie ! »
Nous nous retournâmes vers Alice, qui était arrivée en sautant presque sur le dos d'Edward, morte de rire, suivie de Rose.
« C'était vraiment trop mignon ton morceau. »
Elle se tourna vers Jasper.
« Tu sais ce qu'il te reste à faire l'an prochain, bouda-t-elle en regardant Jasper.
_ Chérie, l'an prochain, on devrait être à la fac, pas de bal du lycée, répliqua-t-il en souriant.
_ Merde. » répondit-elle pensivement.
Elle haussa les épaules.
« On va danser ? » Fit-elle avec un grand sourire.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, et l'entraîna vers la piste, suivie de Rose qui en fit autant avec Emmett. Je restai à nouveau avec Edward.
Je pouvais voir Newton, à un mètre, nous regarder, railleur. Je lui lançai un regard noir, auquel il répondit par un ricanement.
« Toujours avec la petite Swan, Cullen ? C'est si dur que ça de la sauter ? »
Je me raidis d'un coup, et fis les deux grandes enjambées qui me séparaient de lui pour attraper son verre - bière avec glaçons, mais il avait aucun goût en plus ! Je tirai la ceinture de son pantalon, cet idiot avait visiblement dû la desserrer après son dernier repas, et je vidai son verre sur son caleçon alors qu'il se mettait à hoqueter, éberlué.
Il se recula d'un coup, et je le fusillai du regard.
« Laisse tomber, Newton, toi et ton copain Crowley vous êtes gourés dans vos pronostics. On a baisé comme des bêtes hier, on est toujours ensemble, et on compte bien remettre ça dans l'heure, alors franchement va te faire foutre ok ? C'est pas parce que tu t'es dépucelé en baisant une poupée gonflable que tu dois te venger en nous insultant, Edward et moi ! »
Dire que j'étais hors de rage était faible. Je notai que quelques têtes s'étaient retournées vers nous, ricanant à voir Mike la bouche bée et les mains sur son entrejambe trempée. Je lui adressai un dernier regard de la tête aux pieds, et retournai aux côtés d'Edward, l'air de rien.
Un peu plus loin, je vis Emmett taper la paume de sa main dans celle de Jazz, et faire mine de s'essuyer une larme sur la joue.
« Mon petit bébé a tellement grandi, qu'il a remporté la guerre ! » fit-il d'une voix faussement aigue.
Muchu, dans Mulan. La référence me fit sourire alors qu'Alice et Rose applaudissaient, hilares.
Je me retournai vers Edward, qui n'avait toujours pas bougé.
Il me regardait, figé, les yeux écarquillés. Puis il se reprit, et me fit un petit sourire tendre et fier.
Je fondis devant lui, et enlaçai sa taille de mes bras.
« Tu vois, que ça valait pas le coup d'en faire tout un fromage de ce qu'ils m'avaient dit dans la cour de récré, l'autre matin, les deux abrutis. »
Il me fit un petit sourire en coin.
« Ne compte pas porter la culotte. »
Je me rapprochai de lui, ma bouche à quelques centimètres de la sienne, nos souffles se mélangeant, et posai une main sur sa taille et l'autre à plat sur son torse, alors que je me relevais un peu sur la pointe de mes pieds.
« Pourquoi, cela blesserait ta virilité ? Soufflai-je contre ses lèvres.
- Parce que tu en serais capable telle que je te connais.
- Hum… Faut bien que j'te défende, t'es si fragile ! » Répondis-je avec un sourire.
Il plissa les yeux et commença à me chatouiller. Je me tordis, hoquetant et essayant de lui échapper.
Évidemment, Emmett se pointa à ce moment là.
« Y a des hôtels pour ça bande de porcs !
- C'est du réchauffé ta vanne, Emmett, fis-je en levant les yeux au ciel.
- N'empêche que si vous copulez, évitez de le faire devant tout le monde… Quoique la crevette te fais p't'être pas tant crier que ça. » rit-il en lui donnant une tape sur l'épaule. « Ouais, finalement, ça peut être discret avec lui. »
Je levai les yeux vers Edward.
« Vas-y, défends-toi tout seul puisque Monsieur est si viril !
- Il n'y a que ceux qui doutent de leur pouvoir de séduction qui devraient se défendre là. » fit Edward.
Il m'embrassa avec envie.
« C'est pas mon cas. Et entre nous, j'ai pas entendu Rose cette nuit. La panne à même pas 20 ans, ça craint, Emmett. »
Emmett éclata de rire.
« C'est qu'on n'était pas dans la chambre, Eddie. Un jour, j't'apprendrai que l'amour se fait pas qu'au lit… Enfin, si Bella te supporte assez longtemps pour ça ! »
Sur ce, il s'éloigna en nous lançant un dernier clin d'œil.
Edward me regarda pensivement, puis me sourit d'un air suggestif.
« Ça peut se faire dans une limousine, fit-il en me collant contre lui.
- T'es au courant qu'elle a été louée avec chauffeur ? Finalement Emmett a raison, avec toi j'suis capable d'être muette, le taquinai-je.
- Je suis pas le genre de mec qui a besoin d'entendre sa copine s'égosiller pour lui prouver qu'elle a du plaisir. »
Ses mains se baladèrent un peu partout sur la soie de ma robe, et je lui renvoyai un sourire carnassier.
« T'as l'air bien sûr de toi. »
Il prit mes fesses en coupe, et me plaqua contre son bassin. Je souris en le découvrant tendu.
« Tu sais que j'ai raison. » fit-il.
Je me retournai, et collai mes fesses à son érection, mutine. Puis je me détachai l'air de rien, et allai saluer Angela et Ben qui passaient à côté, riant silencieusement de l'état d'Edward.
Mais il ne me laissa pas le temps d'en rire trop. Une fois mes deux amis éloignés, il revint à la charge, m'attrapant par la taille, et il m'entraîna vers les cuisines.
Nous traversâmes la pièce faiblement éclairée, pour passer par une autre petite porte au fond, et atterrir dans des toilettes réservées au personnel.
Edward me plaqua contre le mur.
« Tu n'as pas honte de m'exciter devant les autres ?
- Je devrais ? » Lui répondis-je en me léchant les lèvres.
Son regard s'assombrit, et sa main glissa le long de ma cuisse, caressant la soie de ma robe ; lentement, il s'accroupit devant moi sans me lâcher des yeux, et attrapa l'ourlet de la robe, qu'il remonta en se relevant.
Il se pressa contre moi, et je gémis en me sentant à nouveau plaquée contre le carrelage froid. Sa main passa sous l'élastique de ma culotte, pressant ma fesse, et mon souffle se fit erratique.
« Tu as conscience que je pourrais juste te laisser là, maintenant ? Qu'est-ce que tu ferais alors ? Souffla-t-il contre mon oreille.
- Peut-être bien que je me donnerais le plaisir que tu me refuses. » suggérai-je.
Il se décrocha de moi, se reculant un peu pour me regarder de ses yeux sombres.
« Tu serais incapable de faire ça. »
Je haussai un sourcil, et son regard se fit plus intense.
« Eh bien montre-moi, siffla-t-il d'une voix si rauque que ma culotte s'humidifia instantanément.
- D'accord. » acceptai-je avec un sourire coquin. « Mais tu dois me faire la promesse de ne pas me toucher dans ce cas. Pas une fois. »
Il n'en serait jamais capable, hein ? J'étais en feu, et je n'avais qu'une envie : lui en moi. Je pariais gros, en lui demandant cette promesse, mais j'avais envie aussi de lui faire perdre un peu de sa suffisance.
Il ne répondit rien, et je haussai un sourcil en commençant à froisser lascivement ma robe sur mon ventre, appuyée contre le carrelage blanc qui commençait à se réchauffer sous ma peau brûlante.
« Alors Edward ? Soufflai-je.
- Laisse tomber. » fit-il en revenant me plaquer contre lui.
J'enroulai mes jambes autour de ses hanches en laissant échapper un soupir de contentement, glissant mes doigts dans ses cheveux pour approcher sa bouche de la mienne, mais il se déroba à la dernière seconde pour venir suçoter l'endroit où ma carotide pulsait.
« Il n'y a que moi qui aie le droit de te donner du plaisir, ce soir, Bella… » grogna-t-il contre mon cou.
Je pressai d'une main son érection, lui arrachant un gémissement.
« Ben magne-toi, parce que là, je vais me réduire en cendres. »
Sa main glissa jusqu'à ma culotte trempée, et passa en dessous. Je gémis en sentant ses doigts venir glisser contre ma fente humide.
Et la lumière des toilettes s'alluma.
« PUTAIN ! » hurla la voix d'Emmett.
Edward me lâcha, et je retombai sur mes pieds, arrangeant ma robe, les yeux écarquillés d'horreur, alors qu'Emmett s'était retourné, et que Rose, derrière lui, s'était figée.
« Oh merde. » Paniquai-je en virant écarlate.
Edward se pinça l'arrête du nez.
« J'ai rien vu. Dîtes-moi que j'ai rien vu, par pitié. » fit Emmett. « Merde, vous foutiez quoi, là ?
- On tricotait, à ton avis ! Grognai-je.
- T'es rhabillée ?
- C'est bon, tu peux te retourner, tu crois qu'on a envie de finir, après ça ? »
Il se retourna prudemment, ouvrant d'abord un œil, puis l'autre. Souffla.
Un lourd silence s'installa entre nous quatre, pendant lequel on aurait entendu une mouche voler… s'il y en avait eu. Mais il n'y avait même pas ça pour casser l'ambiance qui s'était installée.
« On s'en va. » fit soudain Edward en m'attrapant par le bras pour me tirer vers la sortie.
Bien, ça nous apprendrait à vouloir coucher ensemble dans le même bâtiment qu'Emmett et Rose tiens. Tu parles d'une expérience.
Nous nous dirigeâmes à nouveau vers la salle de balle, et au moment où nous y pénétrâmes, un faisceau de lumière vint nous éclairer.
« C'est quoi cette merde ? » eut le temps de murmurer Edward avant que la voix du chanteur du groupe de musique ne nous éclaire sur notre situation.
« Et les voilà ! Les gagnants de la première édition du concours Reine et Roi du bal de Forks, Isabella Swan et Edward Cullen ! Oh oh, vu leur coiffure, on dirait qu'ils ont consommé leur couple sans attendre la remise des couronnes ! »
Des applaudissements retentirent, et je me figeai.
Quoi ? Une élection ? C'était quoi ce délire ? Jamais il n'y en avait eu à Forks !
Avant que j'aie eu le temps d'analyser la situation, je me sentis entraînée par les mains de mes camarades, et je devinai qu'Edward, derrière, subissait le même sort.
On nous fit monter sur scène, et sans que je comprenne, nous nous retrouvâmes face à une Jessica furibonde tenant deux couronnes.
Les lèvres pincées, elle se dirigea vers moi pour m'en placer une sur le crâne de façon presque méprisante.
« Tu peux toujours faire ta fière. » murmura-t-elle. « T'es reine que parce que t'es avec Edward, sinon, c'est moi qui aurais gagné ! »
Je réalisai enfin ce que signifiait cette élection, et souris à pleine dents.
C'était un peu comme reconnaître enfin au grand jour ma relation avec Edward. Cette relation soulignée par une couronne.
Je me retournai vers mon cavalier, soudain gênée par l'attention des autres mais malgré tout heureuse à en crever ; tellement heureuse que ça devait se lire sur mon visage.
Et je me figeai.
Quand Jessica se recula après avoir couronné Edward, je pus voir sur son visage la gueule qu'il tirait.
Nos regards se croisèrent, et mon sourire heureux se figea en même temps que mon cœur.
Il tirait la gueule.
La colère m'atteignit, et je me retournai, descendant de scène.
« Eh, attendez, Isabella ! Le traditionnel slow des couronnés, fit le chanteur dans son micro.
- Dansez-le avec mon cavalier ! Moi, j'me tire ! »
Et je fendis la foule, arrachant ma couronne que je jetai dans les mains d'une Alice figée.
Je sortis de la salle de bal sous les regards effarés, et m'engouffrai dans un des taxis présents pour ramener les élèves trop bourrés, ou encore les filles désespérées comme moi.
Je donnai l'adresse de mon père au chauffeur, et m'appuyai contre la vitre, bras croisés, trop en colère pour être triste.
Au bout d'un moment, des phares vinrent éclairer la lunette arrière de mon taxi, et je me retournai. Un autre taxi nous suivait. Enfin, prenait le même bout de route que nous.
Tournait au même endroit que nous.
S'arrêtait juste devant la maison de mon père.
Putain, Edward en descendait. Ma colère flamba encore plus violemment, alors que je quittais le taxi en claquant la porte. Il avait été payé par le lycée et l'association des parents d'élèves, et même si j'avais eu l'envie de donner un pourboire, j'avais rien sur moi. Rien d'autre que cette putain de robe qui me grimait comme si je pouvais espérer jouer la petite amie de Cullen.
Je passai la porte de la maison de mon père, voulant la claquer, mais ne l'entendant pas se refermer. Évidemment, mon charmant cavalier avait dû la retenir.
« Vas-y ! Bella ! Bella mais attends-moi bon sang ! » cria Edward en entrant à ma suite, agacé.
Je me retournai violemment vers lui.
« T'attendre ? Non ! Va te faire foutre, c'est FINI, tu m'entends ? » Hurlai-je en réponse.
Il se referma sur lui-même.
« Évite les gestes théâtraux, personne ne te regarde à part moi. Fit-il.
- Casse-toi puisque mes gestes t'énervent ! »
Il mit ses mains dans ses poches en me toisant.
- Je te trouve plus que lunatique pour le coup. Je peux savoir pourquoi ce pétage de plomb ? »
Mes yeux l'incendièrent.
« Savoir ? Tu veux savoir ? Mais t'es con ou quoi ? Va servir tes sourires ultra bright et tes je t'aime par sms à une autre, moi, j'adhère plus ! »
Sa mâchoire se crispa.
« Alors c'est ça ton problème ? Une erreur de frappe ? Tu crois que j'en suis fier ? Ton prince charmant n'est pas parfait, je croyais que t'étais légèrement au courant, Bella !
- Une erreur de frappe ? » hurlai-je en retour. « Et moi je suis quoi au juste ? Une erreur de hameçonnage ? En effet, t'as du Prince charmant que la belle gueule, mais tu sais quoi ? Tu vas pouvoir aller t'en servir pour une autre ! »
Il me fit un sourire amer.
« Ça t'arrange bien de dire ça.
- Moi ? Moi, ça m'arrange ? Oh, non, arrête ton char ! J'te rends ta précieuse liberté, va pleurer sur tes relations foireuses dans le lit d'une autre !
- Comme ça tu pourras te défouler sur ton pote à la réserve ! Je suis sûr qu'il n'attend que ça !
- Non, j'dirais plutôt que comme ça j'me trouverai quelqu'un qui pensera un peu à sa partenaire, et pas qu'à sa queue !
- Non mais j'hallucine ! Il est où le rapport ? Tu voulais quoi ? La robe de princesse avec les accessoires I will always love you, la déclaration et le partie de jambes en l'air sur mon piano, ou mieux, dans mon baldaquin ?
- Non, à la base, je voulais juste un petit ami sincère, pas quelqu'un qui m'envoie un sms avec je t'aime, comme le ferait n'importe quel ado prépubère !
- Au moins j'ai eu un minimum de couilles pour te dire ce que j'avais sur le cœur. Et je constate que tu n'as eu aucune réaction, fit-il avec amertume et un brin de tristesse.
- Des couilles ? Par sms ? Et ce que tu avais sur le cœur ? Mais à d'autres ! Tu ne m'aimes pas vraiment, si j'en doutais j'en ai eu la preuve rien qu'à voir la gueule que t'as tiré tout à l'heure, alors franchement arrête les mensonges, c'est plus la peine. »
Le silence tomba, et Edward finit par m'adresser un sourire amer.
« C'était trop beau pour durer.
- Ouais. Pour une fois, on est d'accord. Va mentir à une autre connasse. Répondis-je sur le même ton que lui.
- Tu seras jalouse.
- Je serai peut-être jalouse, mais au moins je ne me ferai plus d'illusions ! Répliquai-je, la voix cassée.
- Et tu pourras jouer au docteur dans un tipi !
- Toujours mieux que d'être ta pute personnelle !
- Y a encore une heure, t'avais pas l'air contre !
- Y a encore une heure, je pensais qu'au moins ça ne te faisait pas chier de te montrer avec moi !
- Et c'est vrai que j'ai prouvé le contraire depuis !
- Exactement ! Alors barre-toi, maintenant ! C'est pas parce qu'on n'est plus en public que j'vais gentiment écarter les cuisses et te laisser me baiser dans les deux sens du terme !
- J'aime pas ta vulgarité.
- Mais tu ne M'AIMES PAS, MERDE ! Casse-toi !
- Si je t'aimais pas, j'resterais pas en face de toi en ce moment à te regarder te rendre ridicule ! »
Ses mots tombèrent comme un couperet, et je me fis soudain amère, refusant de croire une fois de plus ses reproches et ses faux sentiments.
Je me retournai, et commençai à retirer mes chaussures, soudain lasse.
« Si tu m'aimais, tu serais juste heureux qu'on soit ensemble… Mais comme on dit, hein, avec des si…" fis-je d'une voix froide.
Je l'entendis à peine s'approcher ; il me saisit par les hanches, me retourna, et je poussai un petit cri en levant la tête vers lui ; ses yeux brillaient de colère.
Il me colla contre lui, et m'embrassa passionnément.
« Avec des si, je te ferais beaucoup, beaucoup moins chiante. » Murmura-t-il à mon oreille.
Une de ses mains glissa durement de ma hanche à mes reins, et l'autre remonta emprisonner mon sein gauche, alors que sa bouche glissait le long de ma jugulaire, et mon souffle devint erratique alors que je sentais le désir envoyer des décharges vers mon sexe humide.
J'eus la présence d'esprit de me reculer avant de perdre complètement pied, et le regardai avec colère.
« Et moi, même avec des si, jamais je n'essaierais de te changer, parce que je t'aime tel que tu es depuis le début. Même quand tu m'ignorais. Même quand tu jouais avec moi. Même quand tu me détestais. Et même maintenant que tu n'essaies pas de cacher ton ennui ! »
Il se figea et me lança un regard brûlant, ou plutôt…
Non, incendiaire, pareil à une déflagration qui m'aurait consumée sur place. Ses yeux étaient emplis d'une émotion que je ne lui avais jamais vue, plus forte encore que dans nos moments les plus intenses.
Il me reprit à nouveau contre moi, brutalement, mais je n'eus même pas l'idée de protester - son regard m'en empêcha.
« Depuis le début ? » me demanda-t-il d'une voix à la fois sèche et bouleversée, une lueur de doute et de colère venant se mêler à son regard enflammé.
Je tournai la tête, refusant de le regarder plus longtemps, et essayai de fixer un point derrière lui.
Je parlai d'une voix plus calme mais amère.
« Et oui, j'ai de la constance vois-tu. Ou bien j'suis trop conne. Je suppose que tu préfères cette version. T'acceptes de me lâcher maintenant ? »
Il me serra encore plus contre lui en ancrant ses mains sur mes hanches.
« Jamais je te lâcherai. »
Je tressaillis, alors que des larmes menaçaient de s'écouler de mes yeux, et je le frappai violemment sur le torse avant d'enfouir mon visage dans son épaule.
« T'es qu'un salaud ! Gémis-je contre lui.
- Et toi une putain d'emmerdeuse lunatique et susceptible. Tu dois sans doute être la femme de ma vie. » me répondit-il.
Je restai contre lui quelques secondes, puis finis par relever la tête en le fixant de mes grands yeux brillants.
« C'est ce qui te parait logique et raisonnable ? Ou il y a un minimum de sentiments derrière ça ?
- Il faut que tu comprennes que toi et moi ça n'a rien à voir avec Rose. C'est plus… passionnel. Je te trouverai toujours chiante et emmerdante par moments comme tu me trouveras con et asocial. Mais je veux être avec toi. Plus que tout. Reine ou pas. »
Il me regarda avec son petit sourire en coin, et quelque chose en moi lâcha. Je l'aimais. J'aurais été prête à tout pour lui. Oui, mais… Pour combien de temps ?
« Ouais, mais combien de temps ça durera, hein ? Quelques mois ? Un an ? La passion, c'est cool, mais je sais très bien qu'un jour ça ne me suffira plus. Désolée Edward.
- Et qui me dit que ça ne sera pas toi qui me laissera ? Personne ne le sait ! Tu pourrais voir demain quelqu'un qui te plairait plus ! Et tu resteras avec moi ?
- Mais tu le fais exprès ou quoi ? Sincèrement, tu crois que si ça pouvait arriver, je t'aurais pas déjà rayé de ma vie ? Tu vois, je ne m'amuse peut-être pas à balancer je t'aime par sms parce que tout le monde le fait, mais quand je le dis, c'est pour de vrai ! »
Je devins soudain lasse, et relâchai toute la tension de mon corps entre ses bras. Mon regard vogua au loin, et j'attendis, simplement, qu'il daigne me lâcher.
« Je ne dis pas je t'aime à quelqu'un qui ne me regarde pas dans les yeux. »
Je captai à nouveau son regard, vidée.
« Eh bien qu'est-ce que tu as fait par sms alors, hein ?
- Une connerie. C'est pas la première fois. J'voyais pas ça… de cette façon. »
Je me focalisai à nouveau sur lui, me redressant légèrement.
« Ah bon ? Et tu le voyais comment, alors ?
- Un face à face pour commencer. De la sincérité et de la spontanéité. Une mélodie au piano, un sourire, des étoiles dans les yeux, un baiser, de la maladresse et un je t'aime dit avec les yeux ou la bouche. »
Mon cœur rata quelques battements, mes yeux ancrés aux siens sans pouvoir s'en détacher.
« Il y avait au moins la maladresse. » Soufflai-je.
Il me sourit en retour.
« Et le piano. »
J'échappai un petit rire sans joie.
« Et maintenant ? »
Il me serra dans ses bras, inclina sa tête vers mon cou et y déposa un baiser avant de se redresser pour me regarder dans les yeux.
« Je t'aime. » dit-il.
Je commençai à rire nerveusement, sous le choc.
Tu deviens folle ma fille.
Ta gueule ma conscience.
J'agrippai sa nuque, et le rapprochai de ma bouche, le regardant avec colère.
« Ok. Va te faire foutre, Cullen… Mais plus jamais sans moi. »
Je pris ses lèvres, les mordant avant de glisser ma langue entre elles, déjà à court de souffle mais incapable de me détacher de lui - après tout, étouffée dans ses bras, c'était une belle mort…
Il rit contre mes lèvres, et me rendit mon baiser, puis finit par se reculer en me lançant un regard intense.
« Bella ? Me demanda-t-il d'une voix rauque.
- Oui ?
- Où se trouve ton père ?
- Au lycée, en train de vérifier qu'il ne s'y passe pas de folies. » répondis-je avec un air mutin.
Son regard s'assombrit.
« Il est au mauvais endroit, pour ça. »
Je frémis, et il me saisit soudainement comme une jeune mariée ; me porta dans les escaliers, jusqu'à ma chambre.
Il me déposa sur mes pieds, à côté du lit ; et me fit me retourner lentement, sans me lâcher du regard.
Dos à lui, je pouvais sentir son souffle sur mon épaule ; je gémis quand ses lèvres - si douces, si chaudes - se posèrent sur ma peau offerte.
Je voulus me plaquer contre lui, mais il m'en empêcha de ses deux mains sur mes hanches.
« Ttt ttt ttt. » souffla-t-il contre mon épaule, sa langue caressant le creux de mon cou. « Ne sois pas pressée, mon amour.
- Pourquoi, tu as des projets pour moi ? » Murmurai-je, me délectant de la douceur de ses baisers.
Ses doigts voyagèrent du creux de mes hanches jusqu'à ma taille, puis sur mes côtes, et l'une s'égara en redescendant sur mon ventre tandis que l'autre venait jouer avec la minuscule fermeture de ma robe.
Il la fit glisser lentement, effleurant la peau qui se découvrait de son index froid, m'arrachant une série de frissons et de gémissements, et je plaquai mes fesses à son bassin, commençant à me frotter lascivement contre son entrejambe.
Il hoqueta, et me retourna pour venir me coucher sur le lit, se plaçant au-dessus de moi.
Il me regarda dans les yeux, les siens reflétant désir, détermination, possessivité ; toutes ces émotions qui, à elles seules, pour peu qu'elles vivent dans son regard émeraude, auraient pu me faire mettre à genoux.
« Je t'aime. » fit-il.
Sa bouche fondit sur la mienne, et je gémis, glissant mes mains dans ses mèches cuivrées ; ses doigts caressaient mon corps, par-dessus la soie de ma robe. Le contact du vêtement ne faisait qu'augmenter le désir que j'avais pour lui ; cette boule qui grandissait dans mon ventre, cette chaleur qui me consumait, ce désir qui coulait entre mes cuisses. Je frottais mes jambes l'une contre l'autre dans l'espoir de calmer les décharges dans mon sexe déjà ouvert pour lui, et dans ce mouvement j'effleurai son membre tendu.
Sa bouche me mordit l'épaule en réponse, et ses mains firent glisser ma robe le long de mon corps, lentement, sensuellement. Ma peau diaphane se révélait sous ses yeux noirs de désirs, et je frémis quand sa langue rejoignit mon soutien gorge.
Je me cambrai contre lui au moment où il aspira mon mamelon à travers le tissu, et il en profita pour me débarrasser complètement ma robe, laissant ses mains glisser sur l'extérieur de mes cuisses, puis sur mes genoux, et remonter en caressant l'intérieur sans toutefois se poser sur mon sexe palpitant - le seul endroit où elles auraient pu me soulager.
Mes doigts s'activèrent soudain ; il était hors de question que je ne me venge pas de cette manière qu'il avait de me consumer.
Ma jambe se glissa entre les siennes, frôlant son impressionnante érection, le déséquilibrant. J'en profitai pour le faire basculer sur le dos, et je m'assis à califourchon sur lui, un sourire coquin sur les lèvres.
« Moi, j'en ai des projets, pour toi. » Fis-je d'une voix rauque.
Je le sentis se durcir encore plus contre moi, et son regard me foudroya alors que je m'employais à défaire lentement les boutons de sa chemise, en commençant, une fois n'était pas coutume, par le bas.
J'effleurai ses abdos, me léchant les lèvres, et frottant mon intimité contre son entrejambe - autant pour l'allumer que pour essayer de me calmer un peu.
Il se raidit, et ses mains vinrent écarter violemment les pans de sa chemise, arrachant les trois derniers boutons au passage. Il se redressa, rapprochant nos deux sexes séparés pas plusieurs couches de vêtements.
« J'ai envie de toi. » grognai-je contre son oreille avant d'en mordiller le lobe. « D'une manière qui devrait être illégale. Je te veux en moi, je te veux autour de moi, et je suis prête à devenir ta chose si tant est qu'en échange tu me sois éternellement fidèle. »
Ses mains se déplaçaient le long de mon dos non plus avec douceur et légèreté, mais avec une envie et une force qui me faisaient sentir telle une poupée de chiffons dans ses bras ; il me modelait, me sculptait, faisait de mon corps son œuvre ; et, loin d'en être offusquée, je me fondais avec plaisir dans chacun de ses gestes.
J'attaquai sa bouche, mordillant sa lèvre inférieure durement, glissant ma langue brutalement contre la sienne. Il grogna, et dans le même temps mes mains vinrent caresser l'endroit où nos entrejambes se frottaient, attisant nos deux désirs. J'ouvris sa ceinture, et il se débarrassa de son pantalon et de son boxer dans un même geste.
Son sexe se dressa contre moi, et je me léchai les lèvres avec désir en le regardant ; puis je vins le frôler sur toute sa longueur avant de caresser son gland humide de liquide pré-éjaculatoire.
Ses hanches se levèrent contre les miennes, et il serra les dents en fermant les yeux un court instant. J'en profitai pour me reculer d'un coup, et je me penchai jusqu'à prendre toute sa longueur dans ma bouche.
« Bella ! » cria-t-il avec rage et passion.
Je fis glisser ma langue le long de sa verge en ressortant son sexe de ma bouche, puis je glissai à nouveau autour de lui, mordillant sa peau tendue à l'extrême.
« Arrête ça ! » grogna-t-il en me regardant faire, les yeux couleur charbon.
Je ne l'écoutai pas, et revint titiller de mes lèvres et de ma langue son bout humide. Il frémit en moi, et se retira avant d'éjaculer.
Il se leva du lit, juste le temps d'attraper ma robe ; et revint se coucher sur moi, le regard déterminé et légèrement moqueur.
« Puisque tu en intenable, tu me forces à employer les grands moyens. »
Avant que j'aie pu dire quoi que ce soit, il me saisit les mains, et les remonta au-dessus de ma tête. Je voulus me débattre, par jeu, mais il était assis sur mes hanches. Il se servit de ma robe pour attacher mes poignets entre eux.
« Edward ! » glapis-je.
Pourquoi fallait-il que ma robe soit si longue ?
Il me sourit d'un air enflammé, et sa bouche glissa dans mon cou, traçant une ligne de feu jusqu'à ma clavicule, puis jusqu'à ma poitrine, alors qu'il finissait de me débarrasser de mon soutien-gorge.
Sa langue titilla mon mamelon un moment, pendant que sa main s'occupait de l'autre, et je me tordis sous lui, cherchant son contact contre mon sexe, des larmes de frustration aux yeux.
« Salaud. » gémis-je quand sa langue s'attarda sur mon nombril.
Il arracha ma culotte dans un bruit de tissu déchiré.
« C'est comme ça que tu m'aimes… Non ? »
Sa bouche plongea sur mon intimité, et je hoquetai.
Sa langue glissa entre mes replis, et je me mordis la lèvre jusqu'à saigner.
Ses dents attaquèrent mon petit paquet de nerfs, et mon cœur me fit l'effet d'exploser dans ma poitrine.
Et, enfin, trois de ses doigts pénétrèrent durement mon vagin, et je me contractai autour de lui en hurlant ma jouissance. Il posa sa bouche sur la mienne, et le goût de mon désir et de mon sang se mêlèrent sur nos deux langues.
Je mis quelques secondes à redescendre sur lui ; fier de lui, il me regarda avec une passion impossible à dissimuler, et me détacha de mes liens de fortune en caressant ma peau tremblante.
« Tu vois que je te fais crier.
- Fais pas le malin. » répliquai-je en donnant un coup de hanche pour m'empaler sur sa verge tendue.
Il ferma les yeux, ratant une inspiration, et ses deux mains, posées de chaque côté de ma tête, se crispèrent sur le drap. Il travailla sur sa respiration sifflante, se retenant sans doute de venir aussi rapidement en moi ; et, sans lui laisser de répit, je commençai à bouger les hanches.
Il plaça ses mains dessus, les immobilisant, et commença à me pénétrer à son propre rythme ; violent, profond. Mais lent.
Très lent.
Et ses yeux se rivaient aux miens, m'incendiant et me défiant.
Ses mains pétrissaient mes hanches, me marquant comme étant sienne.
Ses lèvres frémissaient des sons que j'étais la seule à avoir le droit d'entendre.
La jouissance m'emporta comme un torrent, et je me resserrai autour de sa verge, l'entraînant avec moi dans mon plaisir ; nous criâmes d'une même voix nos prénoms, et il s'effondra sur moi.
oOo
Impossible de savoir combien de temps nous restâmes couchés, enlacés ; j'étais contre lui, et j'étais bien.
Nous avions été prendre une douche quand nos jambes avaient pu supporter le poids de nos corps ; transformant cet instant de répit en amour dévastateur. Puis nous nous étions recouchés, sans plus oser toucher le corps de l'autre, physiquement épuisés mais encore trop sous le coup de l'émotion pour être fatigués.
Notre soirée ne pouvait se finir ainsi.
« On bouge ? » Me dit-il d'une voix basse.
Je réfléchis quelques instants.
« On va sur la falaise ? » répondis-je.
Ses yeux brillèrent, et il hocha simplement la tête.
« Attends, je vais m'habiller chaudement.
- Tu crois en avoir besoin ? Plaisanta-t-il.
- Toi et ton ego… » soupirai-je.
Il se leva derrière moi, et j'allai à ma penderie sortir un gros pull, un jean, des chaussettes, et une surveste en polaire de mon père.
Je m'habillai rapidement, sentant son souffle s'accélérer derrière moi ; j'étouffai un petit rire moqueur. Il s'habilla en vitesse aussi, et je lui lançai un pull de mon père, puisqu'il avait déchiré sa chemise.
Quand je me retournai, il était face au mur, appuyé de ses deux poings dessus - sans doute pour se contenir. Je m'approchai de lui.
« J'ai fini. » lui soufflai-je à l'oreille.
Il se retourna brusquement et me plaqua contre lui.
« Pas moi. »
Il m'embrassa rudement ; puis m'éloigna, reprenant une respiration qu'il voulut contrôlée.
« Sortons de cette pièce, où je ne réponds plus de mes actes… »
oOo
Quelques minutes plus tard, nous avions appelé un taxi pour nous conduire au plus près du chemin qui menait à la falaise.
Il nous y déposa, et, ma main dans la sienne, Edward et moi montâmes jusqu'à l'endroit où, pour la première fois, nous nous étions unis.
Nous nous assîmes, moi entre ses genoux, et il me serra contre lui.
J'envoyai un message aux autres, ainsi qu'à Jake, pour leur dire où nous nous trouvions, et qu'ils nous rejoignent. Et ce fut ce qu'ils firent ; dans l'heure qui suivit.
D'abord les gars de la Push, et Leah. Puis Emmett, Rose, Alice et Jazz. Ils étaient venus avec la limousine, garée plus loin dans le chemin forestier.
Les Quileutes allumèrent un feu, mais ne repartirent pas sur leurs légendes. Les filles, qui ne s'étaient pas changées en sortant du bal, restèrent le plus près possible, y attirant leur copain respectif. Cela me permit au moins de rester un peu à l'écart avec Edward.
Le nez dans mes cheveux, il me serrait contre lui sans me lâcher une seconde. Et j'étais bien, quitte à être son objet… Non, décidément, je ne voulais pas être autre chose.
De toutes façons, nous n'en étions plus à essayer de définir ce qu'on était l'un pour l'autre. Il n'y avait plus rien à dire. Et quand les autres voulurent rentrer, vers six heures du matin, c'est avec naturel que je lui dis :
« Bon, l'arrogant de service, tu me lâches que je puisse me lever ? »
Et c'est sans s'en formaliser qu'il me répondit.
« C'est bon, la chieuse. T'as deux minutes non ? »
Je me retournai vers lui, l'embrassant en me frottant contre son entrejambe. Il grogna, et finit par se lever.
« Ça va être ta fête, fit-il à voix basse.
- Que de la gueule… » murmurai-je avec défi…
Après tout, notre couple était basé sur ça. Le conflit et le désir. Le plaisir et la lutte. Et si à vos yeux ce n'était pas l'idéal, en quoi cela pouvait nous importer ?
Tant que je serais à ses côtés, il pouvait être certain de n'avoir aucun moment de répit…
EDWARD
C'était la panique à la maison.
On avait été virés à une heure de l'après-midi tapantes par une Alice et une Rosalie qui s'étaient retroussées les manches, me laissant même pas le temps d'embrasser une dernière fois Bella.
On n'avait pas le droit d'approcher le périmètre de chez moi sous peine de nous retrouver sans cavalière ce soir.
Emmett avait tenté de passer par la fenêtre de la cuisine et s'était vu expulsé par sa sœur que je n'avais jamais vu hurler si fort.
Il avait alors essayé de convaincre Jasper pour qu'il « fasse diversion » afin que nous puissions voir les robes de nos copines respectives.
Parce que j'avoue que plus le temps passait, plus j'avais hâte de voir ce qu'elles avaient préparé à Bella.
Hier soir, j'avais juste entendu des « elle sera parfaite » et des « si tu savais tout le temps qu'on a passé avec Rosalie à chercher tout dans les moindres détails pour qu'elle se rappelle de cette soirée toute sa vie. »
J'ai tenté, il y a un peu plus d'une heure, d'essayer d'en savoir plus à mon tour, la curiosité étant un fléau contagieux et Emmett commençait réellement à me taper sur le système en sautant partout. J'avais l'impression d'avoir un mixe de sa sœur et de Rose devant moi et c'était franchement pas beau à voir.
J'avais eu une bonne excuse ; j'avais fait exprès d'oublier mon costume à la maison. Elles étaient tellement accaparées avec leurs aller retours dans la chambre de Rose, la cuisine pour leur ravitaillement et la salle de bains, qu'elles n'y avaient même pas fait attention.
Sauf que Alice avait prévu le coup ; elle m'avait fait poireauter sur le seuil de la maison en claquant la porte avant de la fermer à clés pour m'empêcher de tenter toutes intrusions. Elle m'avait fusillé du regard quelques minutes plus tard en me mettant dans mes bras une housse de vêtement, un boxer, une paire de chaussettes, mes chaussures, ma cravate, ma trousse de toilette et avait même coincé une rose rouge entre mes dents avant de refermer une nouvelle fois la porte à clés.
Je tourne la tête depuis le salon de Jasper lorsque j'entends un claquement de porte assourdissant venir de chez moi et vois Alice courir dans ma direction. Elle va finir par casser les gonds si elle continue à fermer la porte de cette façon.
Quelques secondes plus tard, elle ouvre brusquement celle du vestibule et nous regarde, complètement paniquée, Jasper et moi.
« Où est mon frère ? Nous demande-t-elle rapidement.
_ Euh, il est allé s'occuper de la limousine il y a une vingtaine de minutes avec ton père. » Répond Jazz, un peu hésitant.
Elle marmonne, visiblement pas satisfaite de la réponse.
« Il y a un problème ? Lui demande-t-il.
_ Je monte pas sur ta moto en jupe et il faut absolument que j'aille chez moi récupérer ma voiture. Il faut que j'aille faire un saut au centre commercial. C'est affreux ! Catastrophique ! Ça ne se passe pas du tout comme je l'avais prévu !
_ Je t'emmène, si tu veux. » La coupé-je.
Elle se tourne vers moi, ses yeux de chat brillants soudain puis me regarde suspicieusement.
« T'as tes clés ? »
Merde. Elle m'a repéré.
« Non. » Marmonné-je.
Elle réfléchit à toute vitesse, jette un regard à l'horloge murale.
« Dans 2 minutes 30 devant ta voiture. » Réplique-t-elle en tournant les talons.
Un claquement de porte plus tard, je me tourne vers Jasper en haussant les sourcils alors qu'il sourit.
« Elle se prépare mentalement à ce jour depuis qu'elle est entrée au collège. » Dit-il à la réponse silencieuse que je lui pose.
J'acquiesce doucement quand j'entends un nouveau claquement de porte.
« Je te conseille d'y aller. Apparemment, ça a duré moins de 2 minutes 30. » Me dit-il en se replongeant dans son bouquin.
Je sors de la maison d'un pas pressé et la vois me jeter un regard assassin en me tenant les clés de ma voiture.
« 2 minutes 30 ! Lui dis-je.
_ Moui… Enfin environ. Dépêche-toi et roule pas à 2 à l'heure, je dois être de retour avant une demie heure. » Répond-elle en montant dans l'habitacle.
Un jour, il faudra que je demande à Jasper comment il fait pour la supporter au quotidien.
oOo
Une heure et demie et un passage à la poste plus tard - j'avais demandé à ma mère de me trouver l'appareil photo pour Jasper - je suis de retour à mon… QG.
« T'étais où ? Me demande Emmett dès que je franchis le seuil de la maison.
_ Faire un tour, Maman. » Réponds-je sarcastiquement.
Jasper retient un rire alors que le colosse marmonne.
« T'as pas trouvé une interstice du quartier interdit sans nous l'avoir dit, j'espère ?
_ Il vient d'arriver. Marmonne Jasper.
_ On sait jamais… Et c'est quoi que t'as dans les mains, là ?
_ T'es du FBI ? Grogné-je en posant le paquet sur la table.
_ Mais c'est qu'il est devenu comique depuis qu'il fait des mamours à Bella…
_ Laisse-le tranquille. Marmonne à nouveau Jasper en regardant tout de même avec curiosité le paquet posé non loin de lui.
_ Tu peux l'ouvrir. »
Il me regarde en haussant des sourcils.
« C'est pour toi. Rajouté-je un peu mal à l'aise.
_ Pour moi ? Répète-t-il en tirant le paquet à lui avec un rictus.
_ La masturbation, ça rend sourd, fais gaffe. Lui dit Emmett en se rapprochant à son tour.
_ Tu diras ça à ta sœur, alors. » Répondit-il en arrachant le papier kraft.
J'éclate d'un rire moqueur alors que le brun grogne à ses côtés.
« T'es malade… Souffle-t-il en sortant l'appareil photo numérique de l'emballage.
_ C'est une déclaration d'amour ? Demande Emmett tandis que Jasper sort doucement l'appareil de sa boite.
_ Un dessous de table. Marmonné-je.
_ Non, je peux pas. Me dit Jazz en reposant l'appareil.
_ Mais si.
_ J'ai besoin d'un nouveau PC portable si on peut passer commande. »
Jasper lance un regard noir au colosse.
« Non, mais… Commence-t-il en se tournant vers moi.
_ Écoute, tu le prends ou je le casse.
_ C'est un Olympus E-620 ! Ça ne se casse pas !
_ Eh bien on va dire… Joyeux Noël pour les 10 ans à venir ! »
Il éclate de rire en reportant son attention sur l'appareil.
« Ça marche. A charge de revanche. »
J'esquisse un rictus et me détourne.
Franchement, je lui devais bien ça…
« Tu vas pouvoir immortaliser le bal. Lui dis-je.
_ Et comment !
_ D'ailleurs, en parlant de bal, il faudrait peut-être s'activer… Il nous reste deux heures, là. Nous dit Emmett en regardant rapidement son portable.
_ On passe en premier avec Edward. Lui répond Jasper en détournant son attention de l'appareil photo.
_ Eh ! Pourquoi ?
_ Parce qu'on n'aura plus d'eau chaude si on passe après toi, voilà pourquoi. Edward, vas-y… Je vais regarder d'un peu plus près mon nouvel appareil. »
oOo
Après m'être rapidement douché et passé près d'une demie heure à m'habiller, je me bagarre avec le nœud de ma cravate devant le miroir mural du rez-de-chaussée. Pourquoi ma mère ou Rose ne sont jamais là quand on a besoin d'elles ?
« Attends… Je vais t'aider. »
Je me retourne pour voir la mère de Jasper arriver vers moi de la cuisine.
« J'y suis jamais arrivé… Marmonné-je en lui tendant ma cravate.
_ Jasper non plus. C'est pour ça que je suis là, c'est la tâche que m'a confiée Alice. » Répond-elle en souriant.
Ah ouais… Elle aura tout prévu du début à la fin.
« Nerveux ? Me demande-t-elle en terminant le nœud coulant.
_ J'aime pas danser.
_ C'est au bal de fin d'année que j'ai rencontré le père de Jasper. Même si celui-là n'est pas celui de fin d'étude, il compte aussi. »
Je déglutis mais ne réponds pas, pensant à la tête que fera Bella en voyant que je ne vais pas la chercher au pied de l'escalier de chez moi. Mais une demie heure avant tout le monde, je n'ai pas le choix.
La mère de Jasper lisse une dernière fois les épaulettes qu'Alice a retouché hier soir une dernière fois et me sourit.
« Tu es très beau. Ta cavalière a beaucoup de chance. » Me dit-elle.
J'esquisse un rictus et me détourne.
Je regarde l'heure : il va falloir que je parte.
« Je dois y aller. Vous pouvez dire aux deux demoiselles là haut qu'elles ne s'inquiètent pas et que je suis parti au lycée ? »
Elle me regarde, surprise.
« Tu reviendras ?
_ Je fais l'ouverture… Marmonné-je au bout d'un moment de silence.
_ Oh… » Sourit-elle.
Un mal pour un bien, c'est ce que je me répète.
Je la salue d'un signe de tête et sors dans la fin de journée froide en observant les fenêtres allumées du premier étage de chez moi avec un pincement au cœur. Je monte dans ma voiture et sors mon portable, en espérant qu'elle le verra avant de descendre les escaliers.
« Désolé de ne pas être là quand tu descendras l'escalier. Je serai au lycée, je dois voir mon prof de Littérature. Je t'aime. E. »
J'envoie le message lorsque je me rends compte des derniers mots que je lui ai écrits. Merde !
Mon cœur ratte un battement alors que je me traite de tous les noms. Mais quel con, c'est pas vrai !
Première boulette de la soirée.
Deuxième, si on compte le fait qu'elle va venir au bal toute seule.
Je serre des dents en mettant le contact.
Il est trop tard pour reculer. En espérant qu'elle ne m'en veuille pas.
oOo
« Mr Cullen ! Nous parlions justement de vous ! »
Je jette un vague regard au personnel qui installe
les dernières chaises autour de tables rondes entourées de petits sapins de Noël, aux personnes qui installent le filet au dessus du terrain de basket qui va nous servir de piste de danse où se trouvent des ballons rouges, blancs et argentés, l'estrade à la place des gradins où trône le vieux piano de la salle de musique dépoussiéré, le DJ qui installe ses platines…
Pour un petit lycée, je trouve qu'ils s'en sortent pas si mal. Alice et Rose vont être enchantées.
Une main se pose sur mon épaule, me faisant sursauter, et je me tourne vers mon prof de Littérature qui me regarde avec un grand sourire, une femme d'une cinquantaine d'années dans une robe de soirée assez démodée, rouge à paillettes derrière lui qui me sourit également.
« Vous connaissez Mrs Ledger, notre aimable principale. » Me dit-il en me présentant. « Miranda, laissez-moi vous présenter notre petit virtuose qui, paraît-il, fait des merveilles avec un piano.
_ Enchantée. Me dit-elle avec un signe de tête.
_ De même. Marmonné-je, mal à l'aise.
_ Vous êtes pile à l'heure. J'aime les gens ponctuels, c'est une qualité si rare de nos jours. J'espère qu'on s'est bien occupé de votre instrument, j'ai demandé à ce qu'on le traite avec le plus grand soin.
_ Je vais voir ça.
_ Et j'espère que votre cavalière ne vous en veut pas trop pour votre généreuse proposition. » Rajoute-t-il.
Mon estomac se tord un peu et je regard discrètement mon portable pour voir si Bella ne m'a pas répondu à tout hasard. Rien.
« Mr Berty ! »
Mon prof se retourne vers un membre du personnel qui le hèle depuis l'autre du gymnase et il s'excuse rapidement avant de trottiner jusqu'à lui.
J'en profite pour m'éclipser jusqu'à l'estrade et vérifier le piano.
Je m'assois sur le tabouret et teste les gammes quand mon portable vibre, m'arrachant un haut le cœur.
« Tu nous as faussés compagnie ? J. »
J'esquisse un rictus, un peu déçu mais en même temps soulagé.
« Elle va m'en vouloir à mort. Et je parle même pas d'Alice et Rosalie. »
« T'inquiètes, je lui dirai. Et le cadeau qu'elle va avoir… Presque aussi beau que le mien. »
Le cadeau qu'elle va avoir n'effacera pas la tristesse et la déception qu'elle va ressentir en voyant que je manque à l'appel si elle ne regarde pas son portable. Parce qu'avec Alice et Rose, je doute qu'elle en aie le temps.
Quelques minutes plus tard, Jessica, sa copine, Crowley et Newton débarquent en regardant la salle autour d'eux d'un œil critique.
Mr Berty se précipite à leur rencontre et serre la main de la blonde, dans sa robe bustier bleu nuit de princesse. Elle lui fait un grand sourire mielleux et acquiesce avec enthousiasme en reportant son attention sur le gymnase. Puis ses yeux croisent les miens et je la vois dire quelque chose à mon prof de Littérature avant de se diriger vers moi.
Merde, ça faisait longtemps.
« Edward. » Minaude-t-elle. « Quel plaisir. Il paraît que tu vas nous jouer quelque chose.
_ Hmm…
_ C'est Bella qui va être contente. Vous sortez ensemble, d'après ce qu'on m'a dit. C'est vrai ?
_ Hmm… »
Elle éclate de rire comme si elle venait d'entendre la meilleure blague de l'année.
« Cache ta joie.
_ Que veux-tu que je te réponde d'autre ?
_ Alors c'est vrai…
_ Tu le verras dans la soirée.
_ En tout cas, elle n'est pas là. » Dit-elle en regardant autour d'elle. « Ça m'étonnerait qu'elle se soit éclipsée aux toilettes pour se repoudrer, c'est vraiment pas son genre. »
Je soupire, me détourne du piano.
J'ai pas trop envie de jouer pour « elle seule ».
Un silence s'installe durant le quel elle joue avec le satin de sa robe, me regardant en alternance avec le piano quand sa copine la hèle un peu plus loin. Elle soupire de déception et descend en souplesse de l'estrade.
Je regard d'un œil morne les premiers arrivants affluer, observant la salle autour d'eux, cherchant des connaissances.
Mr Berty traverse la salle au pas de course jusqu'aux platines du DJ et quelques secondes plus tard, une musique d'ambiance commence à résonner des grandes baffles installées un peu partout.
Ça y est.
On y est.
Le bal de Noël.
Ma première véritable sortie avec Bella en partie ratée.
Je me lève du tabouret en mousse un peu mangé aux mites et décide d'aller faire un tour dehors, histoire de prendre l'air.
En sortant, je croise Angela Weber et son copain et mon estomac se tord un peu.
Elle me fait un vague signe de tête que je lui rends.
Il se passe plusieurs minutes ; puis, dans le noir, cinq silhouettes.
Je les reconnaîtrais entre toutes. Emmett et sa carrure imposante. Rosalie et son corps qu'à une époque, je connaissais par cœur. Alice, qui est la première à m'apercevoir. Jasper, qui m'adresse un sourire encourageant.
Et elle.
Elle, qui approche timide et gênée. Qui me fend le cœur au moment où elle marque une pause hésitante. Qui le fait rebattre quand elle vient déposer sur mes lèvres un baiser plus léger que les ailes d'un papillon.
Les autres rentrent, et elle veut les suivre. Moi, je ne le veux pas. Je veux profiter d'elle. Encore un peu. Parce que je sais que dans quelques minutes, je vais devoir la laisser pour monter sur la scène ; et si ce n'était pas pour elle, je sais que je ne le ferais pas. Que je me défilerais, et que je l'enlèverais. Je suis peut-être égoïste, mais je la veux pour moi seul.
Je la retiens dans mes bras.
Et je m'excuse dans un souffle.
_ De quoi ? » Demande-t-elle distraitement.
Je ne sais pas vraiment. De mon message. D'être là. De bientôt devoir la laisser à nouveau. D'être exclusif.
« Ah. D'être arrivé en avance. C'est pas grave. » souffle-t-elle.
Oh, Bella… Pas seulement…
Nous parlons doucement, et elle m'avoue avoir froid. Une vague de chaleur se propage en moi alors que je lui ouvre mon blaser ; elle vient se coller tout contre moi, contre mon cœur qui bat uniquement pour elle.
Il me faut faire un véritable effort pour ne pas la kidnapper.
Sauf qu'à un moment, ma propre chaleur ne nous suffit plus, et elle m'entraîne au sein de la fête ; là où ni elle ni moi ne sommes à notre place, mais pourtant, où j'aime la désigner comme étant mienne.
Je ne peux pas résister à l'envie de lui glisser à l'oreille à quel point je la trouve belle. Et je sais que je ne suis pas le seul, ce soir ; mais je sas aussi qu'elle n'en a pas conscience.
Elle frissonne et rougit. Une flamme brûle en moi, et je me retiens de l'entraîner à l'écart pour lui faire comprendre à quel point j'ai envie d'elle.
« Mouais… Tu me fais relativement honneur aussi. » plaisante-t-elle, mutine.
Ma main presse la sienne, alors qu'un sourire se forme sur mes lèvres.
« Je voulais encore une fois m'excuser… pour… le message. » fais-je soudain.
Son visage change d'expression, et je me maudis d'avoir lâché ça ainsi.
« Y a pas de mal.
_ C'était pas quelque chose à faire. Vraiment, je n'aurais jamais dû te dire ça…
_ T'es juste pas obligé de me parler de sentiments que tu n'éprouves pas réellement. Je prends notre relation telle qu'elle est. » répond-elle soudain.
La surprise m'envahit, ainsi qu'une certaine forme de colère et…
Merde, elle ne veut donc pas comprendre ?
Qu'est-ce qu'elle signifie par « sentiments que je n'éprouve pas » ? Est-elle donc si aveugle ? Suis-je donc si illisible ?
Une tape sur mon épaule me tire de mes réflexions.
« Allez, vous la reverrez plus tard, Cullen. On n'attend plus que vous. »
Je me retourne ; c'est mon prof de musique. Je la regarde une dernière fois, mais à cet instant, je suis incapable de parler.
Alors je m'en vais. Je rejoins le piano, ce cadeau que je lui fais pour lui prouver - d'une manière de plus -, qu'elle est l'unique à faire battre mon cœur.
Le stress m'envahit alors que mon professeur m'introduit ; mes mains sont moites, et je suis bien incapable de détacher mes yeux des touches noires et ivoires.
Puis le vide se fit dans ma tête, mais pas dans mon cœur. Mes mains retransmettent cette mélodie qu'elle m'a inspirée, et Dieu sait qu'à cet instant, tout ce qui est moi lui appartient.
Dieu le sait, oui… Mais elle ?
La dernière note vibre longtemps sous mes doigts ; et je finis par me lever, et saluer trop rapidement et maladroitement le public. Je voudrai le regarder, encore et encore. La dévorer des yeux. Mais je ne veux pas me donner en spectacle. La donner en spectacle. Livrer notre couple en pâture à nos camarades avides de commérages.
Alors je disparais. Je vais m'isoler dans un coin déserté, juste le temps de me calmer ; j'aimerais qu'elle me rejoigne, mais je ne sais pas si c'est bien prudent pour la bienséance. Je vibre, je tremble ; j'ai mis toute mon âme dans ma musique, je lui ai livré tous mes sentiments, tout ce que je suis. Les dés sont jetés, et ça me fait peur.
Je suis terrifié.
Et elle apparaît.
Je la dévore des yeux.
Elle me complimente, visiblement troublée.
Je détourne le regard, car je ne sais pas si c'est par politesse ou vérité qu'elle me dit aimer ce que j'ai joué.
Elle veut me laisser seul. Je ne pourrais pas le supporter. J'ai besoin d'elle, et je la retiens.
Ça me semble si normal.
J'ai peur. Je veux savoir si elle a vraiment aimé.
Et sa réponse me brûle le cœur.
Et sa tentative de me détendre m'amène presque les larmes aux yeux.
Je l'aime…
Et je finis par tout gâcher. À moins que ce ne soit elle. Comment savoir ?
_ Et ça te suffit pas ? Après le « je t'aime » par texto, le piano, tu veux la demande en mariage en plein milieu des cuisines ? » lâché-je.
Elle se raidit.
Elle doit avoir l'impression que je me moque sèchement d'elle.
Il y a un peu de ça. C'est ma réaction en réponse à ses doutes quant à la véracité de mes sentiments.
Elle se renferme. Elle veut rejoindre les autres.
Et, égal à elle, je me refroidis.
Les autres me parlent ; parlent entre eux. Ils sont heureux. Ils s'amusent dans ce bal.
Moi pas. Maintenant que j'ai offert en pâture mon cœur à Bella, et qu'elle n'a pas su le voir, j'ai juste envie de partir.
Jusqu'à ce que Newton ouvre sa gueule ; et que je voie ma Bella sortir ses griffes et se venger de tout ce qu'il a pu lui dire sur moi - sur nous.
Je réprime un grognement quand je comprends qu'il a insinué que je pouvais ne voir Bella que comme un coup à tirer.
J'ai envie de le tuer quand je pense au fait que, finalement, à une époque, ce fut le cas.
Mais je vois Bella ne pas se démonter, et lui faire regretter ses paroles ; et ma colère se transforme en tendresse, et ma culpabilité se change en fierté.
Elle me fait confiance.
Je la regarde revenir vers moi, et je ne résiste pas à l'envie de la taquiner.
Jusqu'à ce que son regard se fasse plus sombre, et qu'elle vienne répondre à mes avances.
J'ai besoin d'elle. Tout de suite. Et j'ai bien l'intention d'assouvir ce besoin.
Je l'entraîne dans des toilettes ; et elle s'offre à moi, le regard empli de désir et de défi.
Je la veux.
Je la déshabille lentement, comme si j'ouvrais un papier cadeau ; le bruissement de la soie contre sa peau me rend fou, et je me retiens à grand peine de déchirer sa robe émeraude - Alice me tuerait.
Elle me défie encore, se caresse le ventre quand j'essaie de la faire languir.
Et j'aurais aimé voir si elle était réellement capable de se toucher devant moi ; mais elle me demande en échange de ne pas poser autre chose que mes yeux sur elle, et ça, je sais que je serai incapable de le faire plus de trente secondes d'affilée.
« Il n'y a que moi qui aie le droit de te donner du plaisir, ce soir, Bella… »
J'aimerais commencer maintenant à la faire gémir contre moi, mais rien ne se passe comme prévu.
Et Emmett nous interrompt.
La frustration m'envahit comme un incendie alors que nous nous stoppons tous ; et c'est là que je comprends à quel point j'ai pu me tromper en pensant un jour que Rose était la femme de ma vie.
Parce que je n'ai jamais eu autant envie de tuer Emmett qu'en cet instant où il interrompt innocemment mon moment avec Bella, même quand il m'avait ravi Rose.
Je tire Bella vers la salle de bal avant de mettre mes désirs à exécution. Bella doit être aussi frustrée que moi, mais je doute que tuer son ami devant ses yeux m'autoriserait à finir ce que nous venions de commencer.
Et là, c'est l'horreur.
À ma colère de ne pas avoir été compris par celle que j'aime, à ma frustration d'avoir été interrompu, se surajoute les acclamations d'une foule de lycéens.
Une lumière qui se dirige vers nous.
Des bras qui nous poussent vers l'estrade.
Et, avant que j'aie pu comprendre, un titre de Reine et Roi du bal, une couronne, et des applaudissements.
Je ne veux pas de tout ça.
Ça me dégoûte.
Et quand Bella se retourne vers moi avec un sourire heureux, le temps se fige ; puis elle pâlit, et elle se retourne soudain.
Elle s'enfuit.
Et je me maudis.
Elle est en colère. Ça, c'est gérable.
Le problème, c'est qu'elle est triste, aussi. J'ai eu le temps de le voir dans ses prunelles dévastées.
Jessica se dit prête à remplacer ma cavalière en cavale, mais je la repousse.
Je cours à l'extérieur, et je vois le taxi démarrer ; je sais qu'il n'y a qu'elle pour avoir pu en emprunter un à cette heure peu avancée de la soirée. Alors je monte dans un autre, et, me retenant de lui indiquer de suivre son collègue comme dans un mauvais film américain, je lui donne l'adresse de Bella.
Il ne tarde pas à rattraper l'autre taxi. Et mon cœur se remplit de colère et de rancœur.
Pourquoi faut-il qu'elle interprète tout mal ? Pourquoi faut-il qu'elle fuie en permanence avant que je ne puisse m'expliquer ?
Nous sortons presque en même temps des taxis, et je sais que les chauffeurs doivent se demander quel jeu on joue. Je n'ai pas le temps de les fusiller du regard pour les convaincre de se barrer. Je retiens la porte que ma mule de copine cherche à me claquer au nez, et je rentre dans sa maison, désirant tout autant la tuer que lui faire l'amour jusqu'à lui faire mal.
Elle est là, dans l'entrée.
Et une nouvelle dispute démarre. Violente, plus qu'à notre habitude. Elle me crie qu'elle ne veut plus de moi ; mais croit-elle vraiment que je vais la laisser tomber ?
Je m'énerve contre elle, et je ramène Jacob dans la conversation. Ça me fait du bien. J'extériorise à la fois ma rage et ma jalousie ; et ses joues rouges, ses yeux brillants, ses cheveux emmêlés, son corps tendu… Seigneur, j'ai envie d'elle.
Il y a un silence. Elle devient froide. Je ne le veux pas.
Je la plaque contre moi, et je l'embrasse passionnément. Presque amèrement.
Elle se recule. Et ses mots fendent l'air surchargé de tension sexuelle et de colère.
« Et moi, même avec des si, jamais je n'essaierais de te changer, parce que je t'aime tel que tu es depuis le début. Même quand tu m'ignorais. Même quand tu jouais avec moi. Même quand tu me détestais. Et même maintenant que tu n'essaies pas de cacher ton ennui ! »
Mon cœur me fait l'effet de s'arrêter.
Je darde sur elle un regard brûlant ; et soudain, il n'y a plus qu'elle. Plus aucun bruit. Plus rien ne nous environne.
Il n'y a qu'elle, et la réalisation de la portée de ce qu'elle dit.
« Depuis le début ? »
Ma voix manque de me lâcher. Mes muscles se crispent, mon corps frémit entier.
Elle t'aimait avant même que tu ne la voies réellement…
« Et oui, j'ai de la constance vois-tu. Ou bien j'suis trop conne. Je suppose que tu préfères cette version. T'acceptes de me lâcher maintenant ? »
Elle est amère, et je la serre encore plus contre moi.
« Jamais je te lâcherai. »
Je grogne.
Plutôt crever.
Elle m'aime. Et je suis enfin heureux. Même si j'ignorais encore quelques minutes auparavant que la bonheur pouvait être teinté de colère et de frustration.
Elle n'a pas idée de ce que j'ai envie de lui faire à cet instant précis. Elle n'a pas idée du fait que je serais presque prêt à la broyer entre mes bras dans l'espoir de nous fusionner. Elle ne sait pas encore qu'elle vient de signer pour une éternité à mes côtés.
Avant de laisser libre cours à ma passion, je dois régler quelque chose. La rassurer sur une dernier point.
Et c'est ainsi qu'après un dialogue de sourds, je finis par lui dire les trois mots qui me brûlent tant depuis quelques temps.
« Je t'aime. »
Elle rit, nerveuse. Agrippe ma nuque comme si elle a peur que je ne disparaisse.
« Ok. Va te faire foutre, Cullen… Mais plus jamais sans moi. »
Deal.
oOo
J'avais tenu à vénérer son corps. À la pénétrer avec toute la force de mon amour. Et quand elle avait joui en criant mon prénom, j'avais su que j'avais gagné. Je l'avais gagnée, elle.
Et ma peau frémissait de froid dès qu'elle n'était plus en contact avec la sienne. Mes bras n'étaient plus capables de ne pas s'enrouler autour de sa taille ou de ses hanches. Je l'avais marquée, mais je n'en avais pas honte. Je voulais qu'elle sache que personne ne serait capable de lui offrir tous les sentiments que je portais pour elle.
Nous sommes sous la douche, et je savonne son corps ; laissant glisser ses mains sur sa peau humide, lavant la sueur qui la couvrait, traçant encore des lignes de feu sur sa peau - je ne veux pas effacer les traces invisibles de mon passage sur elle. Elle gémit doucement, et la tendresse m'envahit alors qu'elle caresse mon dos.
Mes doigts glissent sur sa peau mouillée, et je la dessine pour ancrer dans ma mémoire les moindres détails de son corps offert ; j'aime la sentir frémir sous moi, je veux la connaître par cœur. Je la connais déjà. Et je sais que jamais je ne pourrais l'oublier, même avec toute la meilleure volonté possible. Mes mains sont faites pour dessiner ses courbes, et je sais que même si je renaissais dans une autre vie, je caresserais encore son corps dans mon imagination. Même séparé d'elle.
Je me sens à peine glisser en elle. C'est devenu tellement naturel ; j'ai l'impression d'être chez moi. Je suis chez moi.
Nous nous menons mutuellement au plaisir, et cette fois, c'est doux. Si doux que je manque de pleurer quand nous jouissons ensemble.
Quand elle me regarde, ses yeux brillent avec la même force que les miens. Et j'ai envie de l'embrasser. Alors je le fais.
Ma langue glisse dans sa bouche, et fait l'amour à la sienne. Doucement, passionnément.
Nous nous séchons, et retournons nous coucher un peu. Juste de quoi reposer nos corps endoloris. La soirée n'est pas finie. Je ne veux pas qu'elle finisse.
Et c'est ainsi que nous nous retrouvons sur la falaise.
Là où tout a commencé sans que je ne le sache vraiment.
En quittant la ville où j'ai grandi, j'en ai voulu à mes parents. J'ai décrété que jamais je ne tolérerais d'autre ami, et que Rosalie resterait l'unique amour de ma vie.
Je pourrais m'en vouloir d'avoir été aussi con.
En fait, je suis juste heureux de n'avoir pas tenu ma promesse…
Note d'Effexor :
Et voilà !
Cette fois, c'est la fin. De la fiction, hein, pas de ce couple difficile...
Ainsi s'achève le fruit de notre toute première collaboration avec Mushroom... Pas la dernière, ceci dit, comme vous aurez pu le remarquer. Ce qui n'était au départ qu'une simple entente pour mettre en forme le rêve de l'une de nous deux s'est transformé en amitié puis en véritable complicité... Je ne pense pas que ma copaire de mains me contredirait si elle pouvait lire ça !
Nous serions ravies que vous nous donniez maintenant votre avis sur cette fic, notre collaboration, absolument tout ce qui vous passe par la tête et par le coeur... Il s'agissait là d'une toute première expérience et toute critique ou tout commentaire est bon à prendre, si court soit-il...
Nous vous disons au revoir pour cette fic, et à bientôt pour les deux autres que nous co-écrivons !
Merci de nous avoir suivies jusque là !
