Je suis de retour... Pour vous jouer un mauvais tour ! (Enfin, non, juste de retour en fait.)

Après une pause impromptue puis... malencontreusement rallongée. Toutes mes plus plates excuses, en passant, et de nouvelles excuses dès lors que je me dois de vous annoncer que mon retour ne signifie pas une reprise de publication régulière. Je ne pourrai plus me permettre de poster un chapitre tous les mardis. Je vais me débrouiller comme je peux, poster à mon rythme, mais sachez que je ne vous abandonnerai pas. J'ai seulement des projets qui prennent du temps à côté de cette (sublime) fanfiction, mais je veux pouvoir l'écrire, et l'écrire bien. Pas la bâcler.

J'ai mis du temps, j'ai bataillé, mais le dernier chapitre sort tout juste du four et j'espère sincèrement que vous l'apprécierez autant que j'ai apprécié l'écrire.

Êldaw et Thranduil sont de retour pour votre plus grand plaisir, et je vous souhaite sur ce...

Une très bonne lecture. (Laissez une petite review, ça fait toujours plaisir !)


CHAPITRE 20

WHERE DID WE GO*

(Où étions-nous passés)

Le tissu glissa. J'essayai de refermer mes doigts dessus. Le tissu glissa trop vite, fuit entre mes doigts. Je tentai de le rattraper. Il s'échappa. Du sable qui me filait entre les mains. Une prise de fuite. Une prise de risque. Un bruissement, pareil à une aile froissée. Une chute. Le sol. Un tintement cristallin. Le verre se brisa. Le vin se répandit. Du rouge qui coulait sur la pierre, sombre, s'infiltrant dans les interstices, les fissures. La pierre se changea en bois, le vin en encre. L'encre rongea le sol. Noire, si noire. Du noir partout, jusque sur mes doigts, sur mes mains, dans ma peau… Des cendres. Je me sentis basculer. Mon équilibre vacilla.

J'ouvris les yeux. Le noir disparut aussitôt. Au lieu de la cendre, ou de ne je ne savais déjà plus quoi exactement, je me retrouvai à fixer une torche éteinte sur le mur en face de moi. Un instant, je restai la respiration coupée, puis j'eus une expiration tremblante. De la sueur froide coulait le long de ma nuque. Je soupirai. Ce n'était pas comme si je n'en avais pas l'habitude, mais j'étais encore pris au dépourvu par ces réveils épouvantables.

Il me fallut un moment supplémentaire pour me rendre compte que la nuit avait tout autant disparu que mon sommeil. Un rayon de lumière pâle passait par la fenêtre et formait un ovale au sol, mettant en évidence une traînée de poussières qui voletait sans but. C'est en l'observant que je me souvins où j'étais. Sa chambre, son odeur dans les draps, l'absence de présence.

L'absence de présence. Je me tournai lentement de l'autre côté sans savoir comment je trouvais la force de me mouvoir. Mon regard trouva le lit vide. Il était déjà parti. J'eus un pincement au cœur, comme une esquisse d'amertume entre le palais et la langue. Il y avait un léger renfoncement dans l'oreiller et un pli dans les draps, là où il s'était trouvé, comme si tout le lit voulait me rappeler que nous avions passé la nuit l'un à côté de l'autre, dans sa chambre, pris dans les bras d'un secret.

La pensée qu'il soit parti sans prévenir me froissait sans que je ne puisse brimer le sentiment, mais quelque chose de bien précis m'empêchait de lui en vouloir. Il n'avait pas été le premier à quitter ce lit sans prévenir. Le premier, ç'avait été moi. Sans la moindre pensée pour lui. Sans le moindre regard. Sans la moindre hésitation. J'avais pris la fuite.

Je n'avais qu'une toute petite idée de ce qu'il avait pu ressentir ce matin-là (si tant est que je puisse prétendre deviner les mystères de son cœur), mais cette dernière me rendait incapable de lui en vouloir. Surtout que Thranduil, lui, semblait avoir eu une pensée pour moi avant de quitter les lieux.

Mes yeux avaient trouvé un morceau de papier abandonné sur la table. J'étais tenté de me lever et d'aller vérifier qu'il s'agissait bien d'une note qui m'était destinée et non pas moi qui me faisais des idées, mais je n'avais pas véritablement envie de quitter son lit. J'y étais seul. C'était en soi un privilège et un outrage. Quand bien même, je ne savais pas qui devait être le plus outré : moi de son absence, ou le reste du monde de ma présence.

Je fermai les yeux, et le regrettai aussitôt. Les brumes de mes cauchemars revenaient battre derrière mes paupières à la moindre occasion. Il valait mieux y échapper. Et puis, plus important que d'échapper à des spectres, il fallait que je me lève si je ne voulais pas être en retard à la forge. Sarnas ne laisserait pas passer cela. Il avait été de trop mauvaise humeur le jour d'avant pour que je puisse espérer une amélioration aussi soudaine doublée d'un traitement de faveur. J'allais devoir l'affronter, lui, Ûlsarn, Faelygriel, et la montagne de travail à venir.

Je me résignai à me lever et à me préparer, non sans redouter une énième source d'appréhension. La conversation que j'avais eue avec Tauriel me revenait à l'esprit. La connaissant, elle allait trouver un moyen de me coincer après notre échange maladroit et écourté, si elle n'en avait pas déjà un en tête. J'y avais échappé jusque-là, avec l'aide de toute ma mauvaise foi et de ma réserve, mais je sentais que j'allais finir par lui dire la vérité. Il fallait que j'arrête de me voiler la face. Elle devait avoir compris. Si ma manière de me dérober ne s'était pas chargée de ne trahir, l'interruption de Thranduil l'avait fait. Je ne savais pas comment je me sentais par rapport à cette éventualité, mais de toute manière j'avais autre chose à penser en ce début de journée.

Prêt à quitter les lieux, je jetai finalement un coup d'œil au morceau de papier abandonné sur la table. Le message ne manqua pas de me faire esquisser un sourire malgré sa brièveté et son apparente sobriété. C'était bien une note qui m'était destinée. Thranduil évoquait des obligations pressantes en deux courtes lignes, puis il semblait en avoir rajouté une troisième dans une écriture incertaine : « Ce soir, si tu en as envie, reviens. » Fallait-il vraiment qu'il me le demande ? Je crois que je serais allé le trouver même sans qu'il n'en formule le désir.

Le papier trouva ma poche et je sortis enfin des quartiers du roi. Je ne pouvais pas me permettre de m'éterniser plus longtemps en ces lieux.


Les phrases lui revenaient en tête aussi clairement que s'il était en train de revivre leur conversation de la veille. Il revoyait Êldaw et ses yeux clos, son épuisement qui se lisait jusque dans les traits de son visage, ses cheveux d'ébène un brin négligés, et surtout, son cœur qui parlait outre ses lèvres.

- Vous n'avez pas le droit d'être aussi injustement attirant et… beau et noble… et troublant…

Thranduil eut un rictus amusé. Il avait été surpris, et le jeune homme avait en réalité ébranlé quelque chose en lui. Sa nervosité l'avait rattrapé, et il lui était reconnaissant de ne pas rouvrir les yeux. Il n'aurait su dire s'il aurait été capable de soutenir son regard.

- Et toi tu es épuisé. Tu devrais dormir au lieu de dire n'importe quoi.

- Embrasse-moi…

Thranduil demeura interdit. L'ordre le troublait. Face à lui, le jeune homme était silencieux, les paupières toujours closes, la respiration ralentie par le sommeil qui s'insinuait entre ses draps et sa peau. Il hésita sans réellement comprendre ce qui le retenait. Quelques instants auparavant, il l'avait pourtant tiré à lui comme si son contact était une nécessité. Il balaya la sensation désagréable. Même sans la demande spontanée d'Êldaw, il l'aurait embrassé par pure envie, presque par besoin. Dans le silence de la pièce, il pressa ses lèvres contre les siennes.

Le geste plus simple, bref, mesuré. Mais il eut sa sincérité. Il se redressa lentement et ne put s'empêcher de laisser trainer son regard sur les traits du visage de l'archer qui se retrouva à marmonner dans la pénombre.

- Ça reste injuste…

Thranduil ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Son entêtement était adorable, même s'il ne comprenait pas vraiment la raison de ce sentiment d'injustice. Êldaw s'exprima si bas, cette fois-ci, qu'il ne fut pas certain de bien l'entendre.

- Je suis incapable de te détester…

Une seule phrase, expirée sans barrière, qui aurait dû le faire sourire davantage. Mais pas cette fois. Pas cette nuit-là.


L'aveu lui avaient serré la gorge. Il s'était demandé un instant s'il l'avait bien entendu, puis, après avoir décrété qu'il n'avait pas pu se tromper, s'était laissé ronger par les mots. La raison exacte lui échappait. Il n'avait su dire s'il avait ressenti un sentiment de malaise, ou alors de l'inquiétude. Peut-être bien un mélange des deux. Un mélange qui s'avérait lentement dévastateur.

Pourquoi n'était-il parvenu à sortir ces quelques mots de son esprit ? Pourquoi avait-il été incapable de s'en défaire ? Parce qu'il était déjà arrivé qu'Êldaw puisse le détester ? Parce qu'il craignait que cela ne soit à nouveau le cas, un jour ou l'autre, pour une raison ou pour une autre ? Leur dispute le hantait, comme toutes les fois où il avait pu le blesser sans le vouloir.

Mais il y avait autre chose encore. Dans un premier temps, l'espace d'une seconde, il avait accordé à son aveu la légèreté qui lui était dû. Le jeune homme le taquinait, le narguait, comme il le faisait d'ordinaire. Une sorte de « Bien trop attirant et beau… pour que je sois capable de te détester. » Cependant, bien vite, il s'était avéré que cette phrase maladroite l'empêcherait de dormir.

La nuit l'avait replongé dans le malaise, l'incertitude, presque l'angoisse. C'est une chose bien cruelle que l'esprit, surtout lorsque celui-ci vous revoie à vos démons et à vos peurs dès que vous avez l'imprudence de baisser votre garde, ne serait-ce qu'un peu. Les pensées vous dévorent. Elles vous tourmentent. Et vous vous retrouvez à vous détruire vous-même, parfois sans raison.

Il avait fini par mettre le doigt dessus d'une manière ou d'une autre – la raison. Une partie de lui priait pour qu'il se trompe. Mais il était bien trop enlisé dans sa peur pour l'espérer avec sincérité. Tourmenté, il trouva pourtant le courage de lui rédiger un mot le matin venu. Il s'était surpris à agir sous l'impulsion, sur le point de quitter la chambre sans réfléchir, drapé dans sa culpabilité et son angoisse, mais en voyant Êldaw endormi dans ses draps, il n'avait pu s'y résoudre.

Il avait l'impression de se briser le cœur tout seul. Et c'était sans doute ce qu'il était en train de faire, mais il n'arrivait pas à faire autrement. Une tempête de pensées et d'émotions contradictoires s'était levée en lui, menaçant tout sur son passage. Il se remémorait leurs conversations, les émotions qu'il percevait sur le visage du jeune homme. Il se souvenait de ses propres maladresses, de leur dispute, de la façon dont ils se poussaient tous deux dans leurs retranchements, souvent sans s'en rendre compte. Et, surtout, il repensait à la discussion qu'il avait surpris la veille entre Êldaw et Tauriel.

Il n'avait pas voulu arriver au beau milieu de leur échange, encore moins surprendre des fragments de phrases. Mais il s'avérait que ces fragments l'obsédaient et le terrifiaient à la fois, une terreur qu'il n'aurait pas imaginé ressentir au moment où, plus tard, dans sa chambre, il l'avait tiré à lui pour l'étreindre. Ou peut-être que si, tout compte fait. Peut-être qu'il avait ressenti le besoin de l'étreindre pour chasser l'angoisse qui menaçait déjà de l'envahir. Peut-être avait-il simplement voulu ressentir sa présence pour l'étouffer, pour se rassurer. Oui, peut-être.


- Tauriel.

Le roi venait de l'interpeller sans qu'elle ne s'y attende. Elle était plongée dans ses pensées, sur le point d'aller confier une mission de routine aux éclaireurs, quand le ton impérieux de son souverain l'avait saisi sur place. Elle l'interrogea par réflexe, surprise mais respectueuse.

- Votre Majesté ?

Il ne répondit pas tout de suite. Elle n'aurait su lire les traits de son visage, ce qui lui était plutôt commun mais qui avait le don de la mettre mal à l'aise dans certaines circonstances. A cet instant précis, c'était en effet le cas. Au départ, ce ne fut pour aucune raison précise, seulement une sorte de prémonition, mais bien vite, elle comprit que son malaise était justifié.

- Vous ne m'avez jamais dit que vous connaissiez Êldaw.

Sa voix était blanche mais la remarque n'était en rien anodine. La capitaine de la garde l'avait compris aussitôt. Bien entendu, depuis la malencontreuse interruption de la veille, elle s'y était attendue. Cependant, même préparée à l'éventualité, elle ne s'était pas préparée à la réponse. Elle s'interdit de paraitre évasive. Ce serait la façon la plus simple de se trahir.

- Je ne… commença-t-elle, mais il l'interrompit avant même qu'elle ne puisse démentir.

- N'essayez pas de nier ou de vous justifier. J'en ai parlé avec lui. Je sais ce qu'il en est.

La possibilité de ce qu'Êldaw avait pu répondre lui faisait froid dans le dos. Elle n'imaginait pas qu'il puisse avoir révélé les circonstances de leur rencontre, mais vu comment le roi s'adressait à elle, il l'avait très certainement fait, que ce soit de son plein gré ou non. Elle resta silencieuse, sentant peser l'appréhension sur ses épaules. Elle avait de quoi argumenter s'il l'interrogeait, mais elle ne pouvait pas prévoir ce que Thranduil lui réservait. Il arrivait à ce dernier de décider qu'une conversation était terminée avant même qu'elle n'ait commencé. Elle redoutait que ce soit le cas ce jour-là.

Tauriel avait toujours su ce que cacher sa rencontre avec son ami signifiait. Encore plus depuis que son existence avait été révélée. Dans l'immédiat, elle craignait la sentence mais elle ne regrettait pas le moindre de ses actes, peu importe ce que Thranduil en pensait.

- Vous n'auriez pas été aussi familier l'un envers l'autre si vous ne vous connaissiez pas.

Elle ne répondit pas bien qu'elle eut vite compris qu'il avait surpris leur conversation.

- Vous avez conscience que c'est une faute grave vu votre position ?

Il avait relevé les yeux vers elle. Sa voix était dure.

- En tant que capitaine de la garde, votre devoir aurait dû vous dicter de reporter sa présence, et si ce n'est votre sens du devoir, votre bon sens aurait dû s'en charger.

- Votre Majesté, si je puis me permettre, Êldaw n'est pas une menace pour le royaume. Il ne l'a jamais été.

Il fronça légèrement les sourcils et balaya sa protestation d'un geste de la main.

- Il n'est pas question de lui mais de vous. C'est vous qui avez une responsabilité envers ce royaume, vous qui avez eu connaissance de son existence depuis des années et qui n'avez rien dit.

- J'avais mes raisons, parvint-elle à formuler, déglutissant quelque peu.

- Quelles qu'aient été vos raisons, votre opinion personnelle passe après la sécurité de cet endroit et de ses sujets.

Elle préféra garder le silence plutôt que d'objecter davantage. Elle ne ferait que s'attirer des ennuis. Thranduil la jaugea du regard pendant un moment, froid mais pas agressif, puis il finit par déclarer ;

- Je ne condamnerai pas ce manque à votre devoir, mais sachez que ce sera là mon unique avertissement. Si cela arrive à nouveau, je prendrai des mesures plus strictes vous concernant. Me suis-je bien fait comprendre ?

Tauriel s'était attendu à un blâme plus sévère. Sa compassion était étrange, inattendue, mais vu les circonstances, elle ne cracherait pas dessus.

- Oui, votre Majesté.

- Bien. Parce qu'Êldaw et vous me paraissiez plutôt alarmés quand je vous ai vu hier soir. Lui plus que vous d'ailleurs.

Elle fut quelque peu scandalisée qu'il s'immisce ainsi dans une conversation privée mais elle tenta de ne pas le montrer.

- Notre conversation était strictement personnelle. Rien dont vous n'avez à vous inquiéter.

Le roi ne parut pas convaincu.

- Vous me pardonnerez mais je suis obligé de m'inquiéter. A vous entendre mentionner les gardes et je ne sais quoi d'autre, je me demande si notre sécurité n'est pas compromise.

- Je vous assure, votre Majesté… commença-t-elle, cette fois sincèrement offusquée de son intrusion.

- Êldaw avait l'air de vouloir échapper à vos questions. Une telle attitude traduit forcément qu'il tente de cacher quelque chose et je…

- Votre Majesté, l'interrompit-t-elle avec plus de présomption qu'elle ne l'aurait cru. Je vous assure, ce n'est pas ce que vous croyez avoir entendu. Nous ne parlions…

Elle inspira profondément.

- …d'un sujet qui ne le concerne que lui personnellement. S'il avait l'air de ne pas vouloir répondre, je crois que je peux dire que c'était justifié vu mon insistance. Je n'aurais pas dû. Êldaw est mon ami et il a ma confiance. Si vous en doutez encore, sachez que je peux témoigner pour lui. Il n'est en rien une menace pour le royaume. Vous n'avez pas à vous en inquiéter.

Thranduil resta un instant silencieux face à elle. Il avait l'air un peu surpris par son plaidoyer bien qu'elle fut incapable d'en déduire ce qu'il pensait.

- Je ne remettais pas cela en cause.

L'aveu avait été livré à mi-voix. Tauriel, troublée, eut envie de protester. C'était pourtant ce qu'il avait laissé paraître depuis qu'il l'avait interpellé. Elle se retint néanmoins de le lui faire remarquer.

Une lueur étrange passa dans le regard du roi, puis celui-ci reprit.

- Cependant je me dois d'insister…

Cette fois, Tauriel fut sur le point de perdre son calme. Elle se ravisa juste avant de faire une bêtise qu'elle pourrait regretter et prit un ton ferme mais maîtrisé.

- Votre Majesté, pardonnez mon aplomb mais je ne crois pas que ses fréquentations et ses inquiétudes vous concernent. Que vous évoquiez la sécurité, je veux bien. Et je m'appliquerai même à vous aider. Mais quand il s'agit de s'immiscer dans la vie privée d'un de vos sujets qui n'a commis aucune faute, un ami, qui de plus est, je suis obligée de prendre sa défense. Lui qui n'a connu quasiment que Sarnas, sa tante et moi pendant des années, je ne pense pas qu'il mérite qu'on lui reproche de faire connaissance avec d'autres personnes.

Elle savait qu'elle était allée trop loin. Elle s'était adressée à son roi sur un ton qu'elle n'aurait jamais dû employer, mais quand il s'agissait d'Êldaw, elle se sentait impliquée et obligée d'agir. Thranduil, le visage fermé, ne chercha pas à protester. Alors qu'elle aurait cru le voir lui reprocher son comportement sans attendre, il garda le silence quelques instants pour finalement répondre d'une voix blanche.

- Naturellement.

Tauriel ne trouva rien à répondre, ne s'attendant pas à une telle réaction venant de lui. Il poursuivit.

- C'est d'ailleurs pour cela qu'il peut faire comme bon lui semble.

La capitaine de la garde en fut certaine : il y avait bel et bien une pointe d'animosité, ou tout du moins de froideur, dans le ton de sa voix. Il releva son regard sur elle.

- Je vais vous laisser reprendre votre travail mais sachez que c'est la dernière fois que vous vous adressez à moi en ces termes. Je vous ai donné un avertissement et j'espère sincèrement que vous ne me donnerez pas d'autres raisons de m'inquiéter. J'ai placé ma confiance en vous le jour où je vous ai faite capitaine de la garde. Ne me faites pas regretter ce choix.

Abasourdie par ses propos, elle ne trouva rien d'autre à faire qu'une révérence. De toute manière, la conversation était close et le roi était déjà en train de s'éloigner. En se redressant, Tauriel était toujours aussi perdue. Une chose était sûre : elle allait avoir du mal à digérer cette entrevue.

En reprenant son chemin, elle réalisa que le mélange de rage, d'inquiétude et de surprise lui faisait perdre de vue l'essentiel. Elle tenta de s'en débarrasser et de garder la tête froide mais ce n'était pas mince affaire. Thranduil. Qu'avait-il donc depuis qu'il avait surpris leur conversation la veille ?

Pour être honnête, Tauriel n'avait cessé de revenir à l'échange qu'elle avait eu avec Êldaw dès qu'elle avait eu un moment de libre pour le faire. Elle avait envisagé toutes les possibilités – toutes – et les avait rejeté les unes après les autres. Il ne restait que celle qu'elle avait écartée dès le début. Elle avait refusé d'y croire, dans un premier temps parce que cela ne faisait pas sens, puis, dans un second temps, parce que… Parce qu'elle avait simplement décrété que ce n'était pas envisageable.

Désormais ? Eh bien désormais, tout avait changé. Thranduil lui-même venait de lui livrer l'improbable sur un plateau d'argent. C'était la seule possibilité. Sur cette pensée terrifiante, Tauriel manqua de jurer au milieu de l'allée.


- Encore ?

Je me retins de lever les yeux au ciel. Ma tante se reprit.

- C'est juste que tu vas souvent voir Tauriel ces derniers temps. Je ne te vois plus beaucoup, se moqua-t-elle à demi.

- N'exagère pas.

J'avais répondu sur le ton de la plaisanterie même si le cœur n'y était pas. Alors que j'avais seulement annoncé que je sortais, elle avait déduit de façon automatique que j'allais voir mon amie. Je venais tout juste de le remarquer. Et je crois que ça m'avait mis une claque.

Ce n'était pas vraiment un mensonge… Du moins, pas au sens strict. Pourtant, sur le moment, ma décision de ne rien dire me pesa. Je ne savais pas exactement pourquoi. D'un côté, je crois que je n'aimais pas continuer à lui cacher une telle chose, même si je me sentais obligé de le faire. Au passage, il ne tenait qu'à moi de cesser de le cacher. D'un autre côté, j'avais envie de continuer à agir sans me poser de question, ce qui, je l'avais bien vu, était impossible à faire.

Une fois dehors, j'essayai de ravaler mon amertume et de ne plus y penser. La journée avait été assez longue comme ça. Pas que ç'avait été une mauvaise journée, j'avais d'ailleurs été plus reposé que les jours passés, mais le travail avait quand même été éprouvant. Maintenant que c'était derrière moi, j'avais seulement envie de le retrouver.

J'étais terriblement frustré de m'être endormi aussi vite la veille. Je m'étais trouvé dans sa chambre, je l'avais eu juste face à moi, et je n'étais pas capable de me souvenir de la moitié des choses que nous nous étions dites. Sur le moment, je m'étais senti bien d'être avec lui, juste « avec lui », mais maintenant… Bah, ça importait peu. J'allais le revoir dans quelques instants.

Le mot était toujours dans ma poche. Est-ce que cela faisait de moi un sentimental ? Peu importe. J'étais le seul à savoir que j'avais conservé ses mots, et pas seulement sur papier. « Ce soir, si tu en as envie, reviens. » Il l'avait écrit lui-même. Cela ne dépendait que de moi. Cependant, je ne pouvais faire autrement que me dire qu'il avait aussi été un peu égoïste lui-même en rédigeant la ligne. Il avait dû espérer que j'ai l'envie de le revoir, et ce simple fait m'arrachait un sourire malgré moi.

Arrivé à proximité de ses quartiers, je sentis l'impatience me gagner au même titre que la nervosité. Par instinct, je rejoignis sa chambre. Ce n'est qu'en poussant la porte et en trouvant la pièce vide que je me rappelai que nous n'avions convenu ni de l'heure ni du lieu de nos retrouvailles. Peut-être était-il dans la salle d'eau en contrebas ? Bien que je n'entende rien qui ne me fasse croire qu'il était dans son bain, je me penchai à la rambarde pour vérifier. Aucune trace de lui. Je retournai sur mes pas et inspectai rapidement sa chambre. Celle-ci n'avait pas changé depuis que je l'avais quitté le matin même. Cela signifiait qu'il n'y était pas revenu.

Je dus reconnaître que mon impatience se mua en frustration. Ne sachant pas où le trouver, je décidai qu'il valait mieux vérifier sa bibliothèque et rester dans les parages à l'attendre plutôt que de repartir et d'aller à sa rencontre. Mieux valait qu'on ne me voit pas rôder.

Heureusement pour moi, ma frustration s'évapora à l'instant où j'entrouvris la porte et où mes yeux trouvèrent sa silhouette drapée dans un tissu gris pâle. Je brimai à peine le sourire qui se glissa sur mes lèvres. Il était penché sur la table, occupé à étudier quelque document, mais je pouvais deviner qu'il m'avait entendu entrer.

Je fis quelques pas dans la pièce, puis je dus m'arrêter. Il venait de tourner la tête vers moi et son regard m'avait transpercé avec une violence inouïe. Son visage était fermé. Ses traits étaient tendus. Je ne parvenais pas à lire ses émotions ni ses pensées mais je savais que quelque chose n'allait pas. J'étais sur le point de l'interroger quand son hostilité me devança.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Pris au dépourvu, je fus incapable de lui répondre.

- Tu ne devrais pas être ici.

- Pardon ?

Je tombais des nues. Il allait s'en retourner à son étude sans plus de cérémonie mais se ravisa et affronta mon regard.

- Tu m'as bien entendu.

J'étais perdu. Perdu, et terriblement mal. Qu'est-ce que j'avais encore fait ? Rien de mal, à mon souvenir. Alors qu'est-ce qui me valait soudain autant de froideur de sa part ? Son agressivité me terrassait. Elle me donnait la nausée. Pourtant, j'étais décidé à éclaircir la situation. Je refusais d'être traité de façon aussi injuste, quand bien même j'avais envie de disparaître et d'éviter la confrontation. Je ne voulais pas abandonner. D'abord pour moi. Ensuite pour lui. Ce qui était nouveau et avait le don de me rendre encore plus résolu.

- Tu peux m'expliquer ?

Les traits de son visage se tendirent encore davantage. Je le vis à la tension de sa mâchoire. J'eus l'impression qu'il se retenait de soupirer, et il sembla prendre sur lui pour se redresser et me faire face.

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Maintenant, cesse de te jouer de moi et sors d-

- Cesse de te jouer de moi ?!

J'étais interloqué, et cette fois sincèrement énervé. Pour ne rien arranger, il croisa les bras et adopta un air presque exaspéré.

- Ne te fatigue pas. Cela a dû être relativement éprouvant pour toi de feindre depuis le début. Je t'en prie, ne t'inflige pas ça davantage.

Je fis mon possible pour garder mon calme face à son sarcasme.

- Feindre ? Mais qu'est-ce que tu racontes, bon sang ?

Cette fois, il fronça les sourcils. Ce n'était pas de l'incompréhension, plutôt du mécontentement, ce qui était bien pire à cet instant.

- Cesse, dit-il en secouant vaguement la tête. Epargne-moi ça, veux-tu ? Je ne suis pas aveugle et je refuse de te laisser me tourmenter.

- Te… te tourmenter ? Pardon mais il va falloir que tu m'expliques.

Ses doigts se crispèrent sur son bras mais il s'évertua tout de même à répondre.

- Si tu veux tout savoir, j'ai parlé à Tauriel.

- Tu as parlé à Tauriel ? Tu te fiches de moi ?! Tu avais dit que tu ne t'en prendrais pas à elle !

- Que voulais-tu que je fasse ?! s'emporta-t-il en faisant un pas en avant. Tu t'obstines à me mentir et à jouer au martyr juste sous mon nez alors que-

- Te mentir ?!

Cette fois, j'étais véritablement hors de moi. Rien de ce qu'il disait ne faisait sens et le simple fait qu'il ait interrogé Tauriel me rendait dingue. Comment pouvait-il se le permettre alors qu'il m'avait promis quelques heures auparavant de ne rien lui reprocher ? Pire encore, il s'en prenait à moi pour un comportement qui n'était pas le mien, loin de là. Grandissant de rage et de frustration, je fus incapable de me contenir.

- Quand t'ai-je menti ? Sur mon hybridité ? Sur mon existence ? Tu en es toujours là ? Bien ! Bravo !

- Je me fiche de ça ! protesta-t-il.

- Ah, vraiment ? Alors dis-moi, bon sang !

Nous restâmes à nous jauger pendant quelques instants. J'avais du mal à respirer à cause de la fureur. Pourtant, ce n'était pas ça qui me faisait souffrir. La raison de ma douleur, c'était de le voir lui, glacial, alors que tout ce que je voulais, c'était… Tout mais pas ça.

- J'étais là, hier, annonça-t-il d'une voix sèche. Je vous ai entendu, et Tauriel n'a fait que confirmer mes soupçons. Je n'ai pas besoin d'en savoir plus.

- Hier ?

Je ne comprenais pas. Et lui, il avait seulement l'air de croire que je me fichais de lui. Comme si je savais de quoi il m'accusait. Mais non. Il parut même pris en étau entre l'exaspération et une autre émotion plus complexe. Il haussa de nouveau la voix.

- Ne fais pas semblant, c'est encore pire. Va ! Sors d'ici et fais comme bon te semble, tu es libre depuis longtemps. Arrête de croire que je te retiens ou que tu me dois quelque chose. C'est parce que j'ai demandé de continuer à te voir ? Oublie. Je ne sais même pas ce que tu cherches à faire ! Me faire regretter tout ce que je t'ai fait subir ? C'est ça ? C'est un reproche ? Ta petite vengeance ?

- Vengeance ? Mais…

Cette fois, je ne le suivais plus. Je n'arrivais même plus à lui crier dessus tellement je peinais à comprendre de quoi il parlait. Il ne me laissa pas le temps de l'interroger et reprit en me coupant la parole, sans me laisser la moindre chance de me défendre.

- …jamais je-

- Tu m'as toujours détesté. C'est bien ce que tu as dit ? Alors continue. Continue et reprends ta vie ! Qui suis-je pour m'interposer ? Un imbécile. Un imbécile qui se laisse duper.

Il enchaîna presque aussitôt.

- Disparais. Retourne voir Tauriel. Elle sera certainement de bien meilleur conseil que moi. Si tu veux voir cet homme, ce garde ou je ne sais quoi, continue donc de le faire mais ne me l'inflige pas. Je ne crois pas mériter ça. Si je-

- Oh bon sang.

Je venais de mettre le doigt dessus. La vérité m'avait éclaté au nez en m'arrachant la moitié du visage au passage. Il me suffit d'une infime poignée de secondes pour réaliser ce qui était en train de se passer. Dans le besoin de m'en prendre à lui, après avoir autant encaissé, je me retrouvai à hausser le ton pour couvrir ses mots.

- Je parlais de toi ! Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?! Elle me harcèle quasiment à chaque fois qu'elle en a l'occasion pour que je crache la vérité ! Tu me vois vraiment annoncer à Tauriel que je suis tombé amoureux de toi ?! De quoi j'aurais l'air ? D'un idiot qui a passé son temps à détester quelqu'un et qui…

Thranduil croyait que je voyais un autre homme. A cause de quelques malheureux mots volés à une conversation, il s'était convaincu que je me fichais de lui depuis le début. Sa froideur ? Son seul rempart à la douleur. Ce n'était pas véritablement de la jalousie qu'il arborait. Non. Il était blessé. Blessé que je puisse avoir profité d'un baiser volé au détour d'une allée ou de la façon qu'il avait de me regarder. Blessé que je puisse feindre et me jouer de lui.

Une partie de moi s'était empourprée dans la signification de toutes ses choses, mais j'étais en réalité terrassé de ce je venais de comprendre sans même qu'il ne le formule. Et moi… Je venais à peine de me rendre compte de ce que j'avais avoué. Lorsque ce fut le cas, je ne parvins à finir ma phrase que d'une petite voix maladroite.

- Et… et qui, du jour en lendemain, n'en est plus capable.

Je me tus, profondément troublé et encore échaudé par cette dispute absurde. Le souffle court, je détournai le regard malgré moi. Tout cela était bien plus difficile à assumer que je ne l'avais imaginé. Mais malgré la difficulté et la chaleur qui me dévorait les poumons et me serrait la gorge, je me forçai à relever les yeux et à l'affronter.

Je n'étais pas le seul à avoir réalisé ce que je venais de dire, mais il avait visiblement beaucoup plus de mal que moi à concevoir que cela puisse être sincère. Alors que je pouvais toujours saisir le trouble dans son regard, il se réfugia dans son entêtement.

- Non. Je refuse de croire à ça. Arrête de te trouver des excuses.

Je levai les yeux au ciel et rétorquai :

- Je sais que je ne suis pas toujours franc mais ma mauvaise foi à des limites. Je peux bien vouloir continuer à me voiler la face, je ne peux pas te mentir là-dessus.

- Bien sûr que si !

Il venait de s'emporter de plus bel, faisant un pas en avant pour me défier. Je pouvais voir la douleur transparaître dans son regard maintenant qu'il s'était rapproché, une douleur encore plus intense lorsqu'il continua sur sa lancée.

- Tu ne peux que mentir. Je ne fais que te blesser depuis le début ! Je t'ai donné toutes les raisons de me détester ! Rien ne peut faire disparaître ta haine envers moi parce que je la mérite. Et si tu crois le contraire, c'est que tu te fourvoies. Je ne suis pas celui que tu penses avoir sous les yeux. Tu te bernes d'illusions !

Plus il parlait, plus j'avais l'impression qu'il faisait tout pour s'éloigner de moi malgré sa proximité. Pourtant, je m'accrochai. Je m'accrochai du mieux que je le pouvais parce que je ne devais pas céder. Il était plus facile de rendre les armes et de fuir, c'était indéniable. Mais là, à cet instant, face à lui, je savais que fuir serait la pire décision à prendre. Si je devais me battre, ce n'était pas plus tard qu'il fallait le faire. Plus tard, je n'aurais plus que des regrets à affronter. Non, il fallait que je reste.

Je crois que ce qui m'interpella le plus fut la façon dont il poussa contre moi toutes ses défenses. Je ne voyais pas ce qu'il s'évertuait à vouloir me montrer. Je ne me laissais pas abuser par ses mots et son apparente colère. J'étais sûr d'une chose : il ne voulait pas que je le déteste. Malheureusement, selon lui, c'était la seule possibilité. Mais je connaissais la vérité. Je savais ce que je ressentais et il ne m'aurait pas fait dire le contraire. Que ce soit face à sa colère. Que ce soit face à sa douleur. Que ce soit face à ses cicatrices.

Ces dernières s'étaient rouvertes, et pas seulement dans ses mots. Sa peau s'était déchirée au fil de ses paroles. Il exhibait devant moi la marque de ses souffrances comme si j'allais enfin avouer que c'était une vision terrifiante et repoussante. J'aurais dû reculer ? J'aurais dû prendre un air horrifié ? Je n'en étais pas capable. Ce n'était qu'une plaie. Une plaie béante, certes, une blessure toujours ouverte, une cicatrice qui le hantait dans ses nuits et dans ses cauchemars, peut-être même au beau milieu de ses journées, quand les souvenirs s'acharnaient, mais cela restait son visage. Le sien, et pas un autre.

Thranduil venait à peine de finir sa phrase qu'il reprit sans en démordre.

- Je ne suis pas ces belles promesses que tu attends de moi. Je suis un désastre.

Il se tenait devant moi, le souffle court. J'étais incapable de me détourner. Tout ce qu'il disait m'atteignait bien plus qu'il ne pouvait le croire. Mais contrairement à ce qu'il devait penser, ses mots ne faisaient pas de lui un monstre à mes yeux. Ils ne levaient aucune vérité horrifiante. Tout ce qu'ils parvenaient à faire, c'était me peiner. Comment pouvait-il s'être convaincu d'une telle chose ? Il avait déformé la réalité de telle façon que je ne le reconnaissais dans aucune de ses paroles.

J'inspirai avec précaution, puis me risquai à répondre.

- Non. Tu es quelqu'un qui a survécu à une guerre qui a tout fait pour le briser. Et c'est sans doute ce qui fait de toi l'homme le plus courageux et le plus beau que je connaisse.

Je le sentis faiblir, mais il parvint quand même à nier.

- Tu te trompes. Je suis un véritable désastre et je me pare de mensonges pour… Pour être quelqu'un que je ne suis pas.

- Cela ne m'empêche pas d'avoir envie de t'embrasser.

J'esquissais un sourire maladroit. Le bout de mes doigts effleura sa joue meurtrie. A l'instant où il perçu mon toucher, il fit un pas en arrière, horrifié. J'aurais cru que les cicatrices disparaîtraient dans son mouvement de recul, mais elles restèrent figées dans sa peau.

Je ne savais plus quoi faire pour le convaincre. Je voulais juste qu'il comprenne que j'étais sincère et que je pensais tout ce que je venais d'avouer. Comment le lui dire ? Comment le lui dire sans qu'il ne tente de reculer à nouveau ? Je l'ignorais.

J'inspirai profondément. Toute cette émotion m'avait rendu fébrile. Épuisé, je tentai le tout pour le tout. Je savais désormais qu'il ne pourrait plus me rejeter. Ma seule peur était de briser quelque chose entre nous sans m'en rendre compte.

- Thranduil… Si ce que je pense de toi ne comptait pas à tes yeux, nous n'en serions pas là. Et je ne crois pas non plus que tu m'aurais embrassé, la première fois, si tu n'en avais rien à faire de moi. Alors… Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.

Je me mordis l'intérieur de la joue et me repris, nerveux.

- Ne m'oblige pas à le répéter.

L'incertitude passa sur son visage.

- A répéter quoi ?

- Ce que je ressens pour toi, avouai-je.

Cela sembla le troubler plus que tout ce que j'avais pu dire jusqu'ici.

- Je ne serais pas capable de te mentir.


SYML - WDWGILY

Pour ne pas vous décevoir... le chapitre 21 est actuellement en cours de rédaction. *blows a kiss*

Au passage, si vous avez une idée de résumé plus sympa pour cette fic, je suis preneur, faites vos propositions ! (Oui, celui que j'ai mis ne me convient pas...)