Pendant plusieurs semaines Hermione disparaissait à tout moment, laissant sur place ses amis interloqués. Ces derniers se demandaient ce qui pouvait bien lui arriver mais toutes les fois où ils l'interrogeaient elle se dérobait. En fait elle cherchait quelqu'un, elle cherchait un homme des ténèbres mais plus elle cherchait et plus il lui échappait.
Severus Rogue quant à lui tentait désespérément de préserver son identité mais cela devenait de plus en plus difficile, à mesure qu'ils échangeaient des lettres. Elle était parvenue à lui faire dire plus de choses à son sujet qu'il n'aurait voulu et il n'arrivait pas à déterminer s'il regrettait ou non. Pire, elle lui avait fait promettre de venir à sa rencontre un jour mais c'était une demande qu'il ne pouvait satisfaire. Pourtant il avait accepté.
Un soir, alors que la nuit était tombée plus vite que d'habitude sur le château, Severus saisit l'occasion et se rendit là où il savait pouvoir la trouver. Mais avant toute chose il devait se préparer. Il alla donc dans sa réserve avant de se doucher longuement, puis il prit la direction de la somptueuse salle de bain. Parvenu devant le battant il chuchota le mot de passe et attrapa le tableau pivotant avant qu'il s'entrouvrit de plus d'une main, là il prit sa baguette et lança un sortilège informulé qui plongea la pièce dans le noir complet. C'est avec le pied aussi léger que celui d'un chat que le sombre professeur avança parmi les ténèbres tout en en se dévêtant en silence, jusqu'à se glisser au côté de sa belle qu'il parvenait à situer en usant de légilimencie.
Hermione était parfaitement immobile depuis l'instant où l'obscurité s'était faite et son intuition lui dictait de ne pas bouger d'un iota, même lorsqu'elle sentit un homme se glisser à ses côtés sans jamais la toucher, mais électrisant malgré tout sa peau. Un doigt léger parcourut son corps depuis ses hanches jusqu'à son visage, soulignant au passage les courbes et les creux délicats, où il fit le tour de sa mâchoire avant de s'attarder sur sa bouche. Puis le doigt fut remplacé par une main chaude et puissante qui prit son visage afin de l'approcher d'une bouche qui laissait s'échapper une fragrance entêtante. La jeune femme se laissait aller à ses sensations, s'abandonnant complètement à l'inconnu jusqu'à ce que celui-ci dépose ses lèvres sur les siennes dans un court baiser avant de la lâcher et de s'en aller. Il s'habilla et quitta la pièce tout aussi furtivement et dissipa l'obscurité d'un coup de baguette alors que le panneau allait se refermer.
Severus s'en était retourné à ses appartements et laissé tomber sur le lit encore tout habillé. Sur son visage on pouvait voir un air heureux comme cela n'avait plus été le cas depuis très longtemps. En comparaison, mener la vie dure aux élèves le laissait parfaitement indifférent. Et c'est ainsi que le sommeil le trouva...
Un corps ondulait lentement, plein de grâce sous un nuage de tissu blanc. On distinguait seulement des courbes de femme et un soupir profond émergeait d'une bouche rouge de désir...
Hermione de son côté avait l'impression de n'être qu'une boule de coton flottant dans l'air, et c'est dans cet état qu'elle arriva à son lit. Là, la jeune femme se laissa immédiatement happer par cet appesantissement, bercée par le souffle régulier de ses camarades de chambrée ainsi que par les bruits nocturnes. Toute la nuit durant elle dormit paisiblement tout en rêvant du mystérieux inconnu...
Un homme d'une belle stature marchait dans une forêt à la lueur du crépuscule. Elle ne parvenait pas à distinguer son visage ni le reste de son corps car le personnage était comme éclairé de derrière. Mais tout ceci était loin de l'inquiéter, au contraire elle tentait désespérément de l'approcher, cependant à chaque fois il se dérobait.
Ce n'est qu'arrivé au petit matin qu'Hermione se réveilla en sursaut alors qu'elle avait presque réussi à se saisir de l'inconnu, tandis qu'une odeur aussi familière qu'étrangement enivrante venait lui chatouiller les narines.
Mais ce comportement étrange n'interloquait pas seulement les deux Gryffondor, en effet Drago n'avait rien perdu de son ardeur, bien au contraire celle-ci c'était considérablement accrue. Il suivait le chemin de ses pas dès qu'il le pouvait, en catimini.
C'est au détour d'un couloir alors qu'Hermione se glissait derrière une tapisserie, dissimulant un raccourci, qu'il saisit l'occasion de l'accoster.
— Hermione, attend !
Surprise, elle faillit manquer une marche alors qu'elle descendait.
— Je voudrais te parler s'il te plaît.
Voyant que la jeune femme ne répondait rien, il enchaîna.
— Voilà c'est a propos de la dernière fois sous le Saule Cogneur.
— Oui le jour où tu m'as agressée sans raison...
— Je sais et j'en suis vraiment désolé, ça ne se reproduira plus. Mais j'avais une bonne raison, j'ai cru que c'était Parkinson. Bref ce n'est pas de ça dont je voulais te parler mais plutôt de ce que je t'ai dis ce jour-là et aussi de ce qui s'est passé dans la Salle des Trophées.
— Oui, et... ?
— Je n'aurais pas dû.
— Pas dû quoi ? Me dire que tu m'aimais ? Ou faire des galipettes avec une de mes amies avant de la laisser complètement nue pour me courir après ? A moins que ce ne soit les deux ?
— Hermione je t'en prie. Ce que je veux dire c'est que je n'aurais pas dû faire des galipettes, comme tu dis, avec elle... Ni avec les autres.
— Ça alors, railla-t-elle mais néanmoins surprise, Drago Malefoy le tombeur de ses dames, le Casanova de Poudlard, regrette toutes ses conquêtes et tous les cœurs brisés !
— Ne te moques pas s'il te plaît, c'est déjà assez difficile ce que j'ai à te dire. Donc je me lance. Je t'aime Hermione. Je sais que je ne « devrais » pas comme le pense mon père, enfin lui pense que je ne dois pas même s'il ne sait rien de tout cela. Mais mes sentiments pour toi sont bel et bien là et je ne peux pas les ignorer. Je ne peux pas nier que j'ai tenté de les ignorer je l'avoue, mais c'est impossible. Je tiens à ce que tu le saches. Je tiens vraiment à toi et j'espère que mes sentiments sont partagés. Je sais que je t'ai blessée en faisant ça avec elle mais je le regrette, c'est d'ailleurs pour ça que je t'ai couru après cette nuit-là mais je n'ai pas réussi à te retrouver. Il n'était pas dans mon intention de te faire du mal. J'en suis vraiment désolé.
— Je t'arrête de suite, l'interrompit-elle. Tu ne m'as pas blessée au sens où tu l'entends.
— Comment ça ? Fit le jeune homme complètement perdu.
— C'est vrai ça m'a fait de la peine de te voir comme ça avec elle, mais pas parce que j'ai des sentiments pour toi. J'en ai pour elle.
— Oh, hoqueta Drago totalement abasourdi.
— Oui, Drago, voilà tu sais tout. J'aime les femmes. Maintenant laisse-moi j'ai des choses à faire.
Hermione l'abandonna là, un air encore ahuri sur le visage tandis qu'elle dévalait les marches.
