Le temps sembla se suspendre. Hermione baissa sa main doucement, sans quitter des yeux la Sang-pur dont les joues se teintaient d'une délicate couleur pivoine, d'humiliation et de rage. Puis Drago se leva. Ses traits reflétaient la fureur et il saisit le bras de Hermione, l'enserrant jusqu'à lui couper la circulation sanguine, pour la tirer derrière lui alors qu'il quittait la pièce presque en courant, sans un mot. Laissant Astoria se débrouiller seule avec ses larmes de colère.

Il fit traverser des couloirs à toute allure à sa prisonnière avant d'arriver dans un corridor étroit près de l'entrée où il déverrouilla une porte d'un coup de baguette. Il la traîna à toute vitesse dans un escalier en tourelle, où ils auraient pu se rompre le cou sur les marches de pierre humides et glissantes. Ils débouchèrent sur un autre couloir, glacial, et Hermione reconnut des cachots sombres.

Il la fit marcher jusqu'à un grand cachot où se trouvaient les membres de l'Ordre emprisonnés à cause d'elle, attachés aux murs, en chaînes. Il lâcha Hermione et saisit Cho Chang, visiblement terrifiée, par les cheveux après l'avoir libérée d'un autre coup de baguette, la poussa devant lui.

-Endoloris !

Cho s'écroula en hurlant. Ses cris se répercutaient contre les parois de pierre nue, s'amplifiaient. Le visage de Ginny était congestionné de rage, celui de Luna pour une fois sérieux.

-Malefoy, arrête, hurla Hermione.

Il ne l'écouta pas, et la chinoise continua à crier.

-Malefoy, je t'en supplie, arrête !

Maintenant elle était vraiment affolée. Elle ne cessait de le supplier, mais rien à faire. Le blond ne bougeait pas d'un centimètre, sa baguette résolument pointée vers la prisonnière. Les cris de Cho commencèrent à diminuer, jusqu'à s'éteindre : était-elle évanouie ? Ou pire...

Finalement, après que Cho eut fini de crier, il leva la baguette et tâta simplement le corps du pied.

-Malefoy...

Il tourna le regard vers Hermione qui sanglotait sans même s'en rendre compte. Il avança à grands pas, la tira par les cheveux hors de la cellule puis se tourna vers un elfe qui avait apparu comme de par hasard.

-Chang est évanouie, occupe-t'en.

L'elfe se courba et pénétra dans la cellule alors que Hermione, rassurée sur le sort de Cho mais pas sur le sien, se laissa tirer jusqu'aux marches, toujours par les cheveux. Finalement il la lâcha et cracha :

-Plus jamais tu ne lèveras la main sur ma promise, est-ce clair ?

Elle soutint son regard, son courage revenant depuis qu'elle avait appris la survie de l'ancienne Serdaigle :

-Tu ne l'aimes même pas.

Il se figea.

-Pardon, Granger ?

-Tu as bien entendu. Tu n'aimes pas ta fiancée.

Il prit son menton entre ses doigts et la regarda dans les yeux.

-Peu importe ce que je ressens pour elle, Granger, et dont tu n'as aucune idée. Elle reste ta maîtresse.

-Je n'ai pas de maître, brava-t-elle.

Il lui offrit un sourire narquois.

-Tu joues avec le feu, tu le sais ?

-Je n'ai pas peur de me brûler, souffla-t-elle.

Il la lâcha et se détourna avec un soupir en serrant les poings.

-Comment veux-tu que je prenne soin de toi si tu ne me laisses pas faire, murmura-t-il.

-Tu ne prends pas soin de moi Malefoy.

-Si. Je le fais. Mais ton ressentiment à mon égard te dévore et tu ne peux rien voir.

-Je suis capable de partager les choses.

-Pas quand il s'agit de moi, affirma-t-il d'une voix traînante en se retournant vers elle. Tu me tuerais si tu le pouvais.

-Et toi, tu me tues à petit feu, répliqua-t-elle. Je t'en prie Malefoy...relâche les prisonniers. Ils n'y sont pour rien dans cette relation que nous partageons.

-Comment vois-tu cette relation, Granger ?

-Il m'est impossible de la définir. Trop de facteurs entrent en compte. Dont eux.

Il soupira.

-Drago...

Il faillit sursauter. Son prénom sur la langue de Hermione avait un goût particulier, le goût de la passion épicée par le respect et l'admiration. Il aimait sa manière de rouler ces cinq lettres. C'était plus érotique encore que de prononcer le sien. Elle l'avait dit avec une infinie douceur. Elle en appelait à son cœur. Il la détestait de détenir autant de pouvoir sur lui sans avoir rien fait pour le mériter.

-Qu'as-tu dit, Granger ?

-Malefoy...

-Non. Tu as dit Drago.

Elle haussa les épaules. Elle ne s'en était pas rendu compte et cela avait glissé de sa bouche naturellement.

-C'est bien ton prénom non ? Je suis désolée, cela m'a échappé. Mais si tu préfères que je...

Non ! Je veux dire, non, Drago c'est bien.

Il s'approcha soudain d'elle et, méfiante, elle recula. Sa chance s'arrêta juste derrière elle avec le mur. Il encercla sa tête de ses bras, de part et d'autre, et huma discrètement son parfum féminin. Elle le regardait, les yeux brillants. Éclatante. Belle. Émouvante. Il la voulut soudain, plus qu'il n'avait jamais voulu une femme.

-J'ai envie de toi, Granger...

Il perçut parfaitement bien son frisson et s'en réjouit. Il regarda sa bouche entrouverte et nota que sa respiration s'était accélérée.

-Tellement envie de toi...je n'en peux plus. Tu me rends fou...

Elle haleta et il fondit sur sa bouche, capturant ses lèvres. Aussitôt, elle noua les bras autour de son cou et se plaqua brutalement contre lui, recherchant sa chaleur, la flamme qui les caractérisait tous deux. Les langues s'épousaient à merveille, se caressant, à l'écoute, dominant, dominées...il saisit ses hanches et colla son bassin contre le sien. Leurs bas-ventres se heurtèrent et elle gémit d'anticipation. Si cela n'aurait tenu qu'à lui, il la retournerait pour la prendre là, maintenant, contre le mur des cachots. Mais il se dit que la femme qu'il aimait méritait mieux qu'un couloir sombre et...

Femme qu'il aimait.

Il l'aimait.

Oh putain. Voilà qui compliquait toute la donne.

Il aurait dû s'en douter finalement. Tant de temps à fantasmer sur elle, à pleurer en cachette pour elle, à la veiller, à s'en soucier...à l'aimer tout simplement.

De son côté, Hermione était incapable de penser correctement. Le désir était plus grand que jamais. Un mot de lui et elle serait sienne à jamais. Le manque, l'envie, montaient en elle comme une vague. Un raz de marée sentimental. C'était tellement plus intense, plus mordant et plus satisfaisant que quand elle était avec Ron. Elle n'avait jusqu'alors rien analysé parce qu'elle ne voulait pas y penser, et parce qu'elle éprouvait les mêmes frissons qu'avec le rouquin, mais en mille fois plus amplifiés. C'était ainsi, tout naturel, parce qu'il était l'homme qu'elle aimait et qu'il n'y avait pas de place pour le doute et...

Homme qu'elle aimait.

Elle l'aimait.

Oh putain. Voilà qui compliquait toute la donne.

Elle aurait dû s'en douter finalement. Tant de temps à fantasmer sur lui, à en rêver la nuit et le jour aussi d'ailleurs, ses regrets quand elle s'était échappée du Manoir, tout cela...elle l'aimait tout simplement.

Ardent, Drago la plaqua contre le mur et tint d'une main ses poignets au-dessus de sa tête alors que de l'autre, il retraçait la courbe de ses hanches. Elle soupira et il se sentit s'enflammer. Par Merlin, il tuerait pour garder cette femme-là une seconde supplémentaire dans ses bras. Elle était celle qu'il lui fallait. Elle glissa ses mains de sa nuque jusqu'à son visage pour les écarter un moment.

-Drago, haleta-t-elle, ta fiancée...

-Au diable cette idiote, répliqua-t-il sur le même ton en dévorant son cou de baisers.

-Mais...

-Tu me rends fou...

Elle gémit alors qu'il mordillait sa carotide gentiment et parvint à dire,

-Allons ailleurs...

Il ne répondit pas mais passa ses mains sous ses fesses pour la soulever du sol et elle enroula d'instinct ses jambes autour de sa taille. Il la porta dans les escaliers le plus rapidement possible, sans cesser de l'embrasser entre deux marches. Elle glissa sa langue dans le cou de son amant et titilla sa peau. Elle jubila de le sentir frissonner. Finalement, ils parvinrent dans le Manoir et il la déposa à terre pour l'embrasser sur les lèvres avant de murmurer,

-Suis-moi, mon ange...

Elle hocha la tête et il lui agrippa la main pour l'entraîner à sa suite, avec autant d'empressement à l'aller mais pas pour les mêmes raisons. Ils coururent presque dans le dédale de couloirs jusqu'à ce que Drago les mena dans une chambre du premier étage, vide. Il verrouilla la porte et insonorisa la pièce avant de se tourner vers elle. Il y avait tant de désir dans ses yeux qu'elle en frissonna. Jamais on ne l'avait regardée avec autant d'intensité, comme si elle était la seule chose qui faisait son monde. Il prit son visage en coupe et la dévisagea à l'en faire rougir de tant d'attention avant de lui souffler,

-Tu es la plus belle femme au monde...

Ne sachant comment réagir, elle l'embrassa avec fougue et il répondit avec tant de passion qu'ils chancelèrent. Il la souleva encore une fois et elle enroula ses jambes autour de ses hanches. Il la mena au lit où il la fit tomber sans douceur, avant de monter, félin, à quatre pattes au-dessus d'elle, reprenant leur baiser et parcourant son corps de ses mains. Hermione posa les mains sur le torse de son amant et commença à déboutonner sa chemise avec des gestes saccadés. Rien n'importait plus que l'union entre leurs deux corps. La fusion.

Une fois fini, elle le débarrassa de la chemise blanche qui tomba à terre en un froissement, et elle posa les doigts sur son torse parfaitement dessiné. Il grogna et répliqua en ôtant la robe grise de servante de son amante. Elle se retrouva en sous-vêtements devant lui, sans gêne aucune. Il délaissa ses lèvres pour se mettre à califourchon sur elle et la détailler.

Sans reprendre son souffle, il plongea dans son cou pour y poser de petits baisers, traçant un chemin chaud et inédit sur sa peau. Il parcourut ainsi sa clavicule, et son sein, qu'il contourna en lui arrachant un gémissement de frustration alors qu'elle se cambrait sous lui, passant ses mains dans les cheveux argentés de Drago. Il s'amusa un instant à parcourir son ventre plat des lèvres, puis d'un coup, descendit entre ses jambes et embrassa son aine.

-Drago, souffla-t-elle. Drago, je t'en prie...

-De quoi, mon ange, susurra-t-il.

-Continue...encore...

Il eut un ricanement victorieux et enleva sa culotte d'un geste vif pour se baisser et poser sa bouche sur son intimité brûlante. Elle lâcha un cri et buta des hanches contre lui. Il la regarda, si belle, yeux mi-clos et visage à la fois concentré et lointain, joues roses de plaisir et les cheveux éparpillés sur les draps. Elle était un appel à la luxure. Sa langue explora les replis intimes de Hermione et bientôt, un doigt caressant vint la rejoindre avant de la pénétrer en douceur. Puis deux. Et jamais deux sans trois...elle haletait, gémissait, gesticulait, et Drago se sentit plus rempli d'orgueil bien masculin qu'il ne l'avait jamais été. Elle l'avait choisi, lui. Peut-être par intérêt certes, mais il en doutait. Et ne voulait pas y penser pour le moment.

Il finit par remonter dès qu'il la sentit au bord de l'orgasme, lui arrachant un cri de frustration. Il lui embrassa les joues, le front, les cheveux, le nez, la bouche. Elle ouvrit les yeux et entreprit de lui ôter son pantalon et son sous-vêtement alors qu'il la redressait contre lui pour enlever son soutien-gorge. Il la rallongea et entreprit de caresser ses seins en lui baisant le cou, alors qu'elle tendit la main pour l'enrouler autour de son membre tendu.

Il gémit à son tour au contact et elle sourit doucement avant de débuter des mouvements le long de son sexe, de plus en plus rapides. Il finit par rejeter la tête en arrière, ses traits torturés par le plaisir, et à son tour elle cessa quand il se trouva aux portes de l'orgasme. Il la regarda, frustré, et fut étonné de voir autant de malice dans ses prunelles. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Il ne put réprimer un sourire tendre et l'embrassa alors qu'elle l'attirait contre elle, impatiente.

Il se plaça aux portes du paradis et frotta doucement son sexe contre le sien, joueur. Elle geignit et il la saisit soudain par les hanches pour la pénétrer d'un coup puissant, leur arrachant un cri à tous deux. Elle était si serrée, même son séjour au bordel ne l'avait pas déformée. Grognant de plaisir, il se retira et recommença son petit manège, plusieurs fois, jusqu'à ce qu'elle le serra contre elle, lui interdisant de le refaire et franchement, il était bien d'accord.

La pièce brûlait autour d'eux, emplie de leurs gémissements et de leurs soupirs, de plus en plus forts, comme si elle s'accordait avec les amants maudits. Et lorsque Hermione éclata du plus puissant orgasme de sa vie, se rejetant en arrière, magnifique dans son plaisir, Drago se vida en elle, l'emplissant du liquide de l'amour et hurlant de plaisir à son tour. Ils restèrent un moment ainsi, pantelants, se serrant fort, dans une sensation partagée d'immense plénitude.