L'azur sera pourpre
Alleluia ! Dieu soit loué ! Car je ne vois pas d'autre raison que celle de l'intervention divine qui a permis la finalisation de cette fanfiction ! Bon, en réalité, je dois avouer que je me suis triturée (vite fait) les méninges pour trouver un épilogue sympa. Le temps que je consacre à la fanfiction est quasi nul en ce moment, et le peu de temps que je passe à réfléchir à cette ultime fic est plutôt faible – et a été relativement peu productif. Mais ALLELUIA l'illumination divine a envahi mon cerveau (comprendre : j'ai eu une idée !) et voici enfin l'épilogue tant attendu internationalement (par mes lecteurs se comptant sur les doigts d'une main ? Allez, deux mains ?) de cette longue fiction qui aura mis plus de cinq ans à voir sa fin advenir. J'espère que mon style et la façon dont je traite l'histoire n'aura pas trop évolué de sorte à ce qu'un lecteur qui lirait mon histoire d'une traite ne soit pas ''choqué'' par les changements entre les chapitres.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 20
Rédemption
Remus attendait, seul, sur une chaise, dans un coin d'une salle d'attente de l'hôpital Sainte-Mangouste. Il se trouvait au quatrième étage, dans le service de pathologie des sortilèges, où sont internés les sorciers atteints de maladies incurables qui sont la conséquence de sortilèges. Il ne se sentait pas très à l'aise à cet endroit, et avait peur de finir comme les autres patients, et de devoir faire la causette avec Gilderoy Lockhart jusqu'à la fin de sa vie. Non, plutôt mourir que d'en être réduit à ça !
Heureusement pour lui, il ne venait que pour une banale consultation auprès d'un guérisseur du service. En effet, certains des guérisseurs de ce service avaient suivi une formation en psychologie afin de mieux s'occuper des patients internés, parfois à vie, dans ce service si spécial.
- Monsieur Rémus Lupin ? lança une voix féminine.
Une jeune femme en robe verte attendait que Rémus le rejoigne. Elle avait une longue chevelure d'un roux flamboyant, qui aurait fait pâlir toute la famille Weasley de jalousie. Remus se leva et alla rejoindre la guérisseuse. Elle le conduisit dans son cabinet, referma la porte, et se présenta :
- Je suis la guérisseuse Emma Darwell, enchantée de vous rencontrer monsieur Lupin.
- Remus Lupin, enfin vous le savez déjà, répondit Remus en pointant la fiche que venait de lire la guérisseuse.
- Pourrais-je savoir ce qui vous amène à consulter un guérisseur du service de pathologie des sortilèges ?
Remus soupira, et commença alors une brève explication.
- Je ne suis pas là pour me faire interner. J'ai été soigné il y a peu de temps, ici-même, pour une autre raison. Vous avez dû lire mon dossier, je présume ?
- Oui, répondit la guérisseuse. Tentative de suicide, vous avez été admis à l'hôpital après que Mrs Granger vous a amené ici, en état critique.
- C'est bien cela... répondit Remus d'un air désolé. Je suis là pour ça.
- Pardonnez ma curiosité – enfin, il faudra vous y faire, nous sommes là pour ça – est-ce que vous êtes venu de votre propre initiative ?
- Oui... oui mais j'y ai été fortement incité par les guérisseurs, et par Hermione Granger. Mais je suis là de mon plein gré. J'ai décidé de m'en sortir.
- Et bien, il n'est jamais trop tard, monsieur Lupin.
Remus n'aimait pas être là, mais il devait admettre qu'il en avait besoin.
- Madame Darwell, je peux à mon tour vous poser une question ?
- Allez-y.
- N'auriez-vous pas, par pur hasard, un frère qui exerce au Canada ? Ou quelqu'un de la famille ?
La guérisseuse haussa les sourcils.
- Vous voulez parler d'Anselme ?
- Oui, c'est bien cela... vous êtes donc bien sa sœur ?
- Oui, répondit la guérisseuse. Mais, même si je vois mon frère assez rarement – le Canada, ce n'est pas la porte à côté, et de toute façon il est toujours occupé à travailler jour et nuit – il ne m'a jamais parlé de vous.
- C'est que nous avions donné de faux noms, expliqua Remus. Vous savez, avant la fin de cette guerre, nous voulions rester prudents... en tout cas, si un jour vous avez l'occasion de revoir votre frère, et que vous y pensez, remerciez le de la part de Mr et Mrs Scott. Nous avions vraiment été peu sympathiques avec lui, alors qu'il nous a aidé bien plus que l'on ne peut l'imaginer.
- Très bien, j'y penserais.
Elle nota quelques bribes sur un parchemin, dont Remus ignorait la nature. Peut-être commençait-elle déjà à prendre des notes sur son nouveau patient ?
- Je ne sais pas si tout cela va vraiment m'aider... soupira Remus.
- Vous pensez que vous avez atteint un stade critique au point de ne plus pouvoir vous relever des épreuves que vous avez traversées ?
- Mais enfin, s'exclama Remus, cela fait des années que tout cela est arrivé ! Hermione a été formidable avec moi, et je n'arrive pas à effacer toutes ces choses de mes pensées ! La guerre est finie, Nymphadora vengée, et pourtant, rien de cela n'efface ce qui s'est passé ! Je n'arrive pas à oublier que Hermione a tué Nymphadora, même si elle n'y était pour rien. Je n'arrive pas à oublier comment Nymphadora est morte. J'ai toujours cette scène horrible, quand je rentre chez moi, et que je la trouve, là, dans la cuisine... J'ai essayé pendant des années d'oublier, Hermione m'a aidé, elle m'a laissé une chance, je lui ai laissé la chance de m'aider, et... et j'en suis encore là. Une personne normale aurait fait son deuil, non ?
Remus s'était levé, pendant qu'il parlait, et semblait exaspéré.
- Je voulais juste être en PAIX ! Si seulement j'avais réussi à mourir, je serais tranquille ! J'aurais pu rejoindre mes amis morts au combat, j'aurais pu cesser de me tourmenter avec... avec tous ses souvenirs... c'est ça... c'est ça qui me gangrène, la MEMOIRE ! Vivre avec cette mémoire de malheur !
Il s'arrêta, et regarda la guérisseuse, qui l'avait écouté attentivement sans dite un mot.
- Madame, vous n'êtes pas d'accord ? Je n'aurais pas déjà dû faire mon deuil ? Ah, c'est vraiment désolant, d'en arriver à... à ça... je suis tellement, tellement désolé d'avoir voulu infliger ça à Hermione.
- Vous parlez de votre tentative de suicide ? Vous culpabilisez à l'idée qu'Hermione aurait pu souffrir de vous perdre ?
- C'est... oui, c'est ça... Je devrais m'en moquer, mais non, je m'en veux d'avoir fait ça... vous voyez, encore des remords ! Encore des souvenirs, de la culpabilité...
- Remus, vous semblez, en effet, vivre dans le passé.
- Oui, et je n'arrive pas à construire le présent et encore moins le futur. Voilà. Je crois que j'ai posé le problème.
- Oui, vous avez posé le problème, et vous l'avez plutôt bien fait. Vous avez déjà franchi une étape en m'exposant tout cela.
- Quoi, c'est aussi facile que ça ? Il suffit que j'admette mes problèmes pour qu'ils soient résolus ? s'esclaffa Remus, d'un ton ironique.
- Bien sûr que non. Mais sans cela, comment pourriez-vous espérer continuer à travailler avec moi à aller mieux ?
Remus ne répondit pas. Il eut un profond soupir.
- J'ai vraiment envie d'aller de l'avant. J'ai de la chance, en fait, d'être là. Ce que je vous disais, tout à l'heure, que j'avais envie d'être en paix, qu'on me fiche la paix, de ne plus me souvenir de tout ça... je sais que c'est une solution de facilité. Que les problèmes ne s'évacuent pas, qu'ils s'affrontent, se surmontent... mais c'est beaucoup trop dur. Je ne peux pas y arriver seul.
- Et c'est parce que vous ne pouvez pas y arriver seul que vous êtes venu me voir. C'est parce que vous ne pouvez pas y arriver seul que après cette consultation, vous allez rentrer chez Hermione Granger, pour vous éloigner un peu de votre maison où vous avez vécu des moments si terribles, pour retrouver cette femme qui est prête à vous aider et qui accompagnera notre travail par son soutien moral et affectif. La mort et la vengeance n'ont jamais été des remèdes miracles pour se remettre de la perte d'un être cher. Mais le dialogue, le soutien de vos proches, et l'acceptation peuvent faire leurs preuves. Vous dites qu'une personne normale aurait fait son deuil il n'y a pas de règle universelle qui dit qu'il faut faire son deuil dans un délai déterminé, Remus. Votre deuil viendra. Votre repos viendra lui aussi. Vous pourrez reconstruire votre vie. Vous ne chercherez plus à disparaître. Mais pour cela, il vous faudra de l'aide, et je suis là pour ça.
Remus acquiesça.
- Depuis quand n'êtes-vous pas retourné voir Nymphadora ? demanda la guérisseuse.
- Vous voulez dire... depuis quand ne suis-je pas retourné sur sa tombe ?
- C'est bien cela oui.
- Depuis... depuis très longtemps.
- Y êtes vous retourné depuis la fin de la guerre et la mort de Bellatrix Lestrange ?
- N... non. Vous pensez que je devrais y retourner ?
- Je pense que cela pourrait vous faire du bien. Mais cette fois-ci, vous n'irez pas la voir simplement. Vous irez lui dire au revoir.
AMEN !
Ceci est le dernier chapitre, mais il y aura un épilogue. Oui oui je sais c'est trop l'arnaque, vous vous dites, ''mais ça n'en finira donc jamais, à chaque fois elle dit que le prochain chapitre est le dernier, et elle traîne son histoire en longueur, elle veut qu'on soit mort avant d'avoir lu la fin ?''. Et bien je vous annonce d'ores et déjà que l'épilogue est ECRIT et qu'il n'y aura pas de surprise-surprise ''pouf un chapitre bonus'' ! Il est dans le même style que le prologue ! Il servira de conclusion à l'histoire, même si ce chapitre apporte son lot de réponses et de conclusion également.
Mais, séchez vos larmes, car comme je sais que la patience n'est pas une vertu facile, l'épilogue ne se fera pas attendre. Que cela ne vous dispense pas de me couvrir de reviews pour ce chapitre, j'accepte les insultes et remontrances, et les compliments aussi, quand même. A très bientôt tout le monde ;)
