Chapitre 20
Harry était impatient de suivre ce cours sur le grand capitaine Harlock, il se demandait combien la coalition pouvait savoir sur son père. Le professeur commença à exposer ce qu'il savait sur le vaisseau, les soldats avaient bien fait leur rapport parce que les renseignements du prof étaient assez détaillés, mais ils ne connaissaient pas le plus grand secret de l'Arcadia, son âme.
Puis le professeur passa à l'équipage de l'Arcadia.
- Le vaisseau bien qu'impressionnant ne le serait pas autant sans ses hommes, l'équipage compte une cinquantaine de membres…
- Quarante, retenti une voix depuis le fond le l'amphithéâtre.
- Je vous demande pardons, s'exclama le prof.
Harry n'avait pas pu se retenir de le corriger. Peut être qu'il était temps que les soldats de Gaia apprennent qui était vraiment le capitaine. Il avait quitté l'Arcadia, mais son cœur restait malgré tout celui d'un pirate du capitaine Harlock. Il se leva alors et descendit les marches de l'amphithéâtre s'attirant les regards et les murmures surpris des élèves.
- Il y a au maximum quarante hommes à bord de l'Arcadia, plus le Capitaine et l'oiseau du capitaine, annonça Harry.
- Et comment pouvez vous savoir cela ? Et qui êtes vous ?
- J'appartiens à l'équipage de l'Arcadia, annonça Harry avec un léger sourire.
Cette annonce fit repartir les murmures de plus belle alors qu'Harry se tenait face au professeur.
- Je voix, murmura le professeur.
Il se détendit finalement lorsqu'il remarqua la présence des deux soldats en haut de l'amphithéâtre.
- Vous êtes le pirate que nos hommes ont capturé. J'ai hâte de connaitre les informations qu'ils pourront vous extirper.
A cette remarque Harry éclata de rire.
- Je suis un pirate de l'Arcadia, les soldats de Gaia n'obtiendront rien de moi qui pourrait les aider à vaincre le capitaine Harlock. Ma loyauté envers le capitaine est absolue, la coalition de Gaia pourra user de toutes les tortures, ils n'obtiendront rien de moi.
- Vous semblez bien sur de vous.
- Vous tous êtes ici pour apprendre à combattre le capitaine Harlock, mais vous ignorez qui il est réellement. Vous ne savez rien de lui, de ce qu'il a accompli et de ce qu'il continue d'accomplir pour cet univers et pour ses habitants.
- C'est un pirates, on sait très bien ce qu'il fait, il pille et détruit nos vaisseaux, répliqua l'un des élèves.
- Il est grand temps que l'on vous donne un vrai cours sur le capitaine Harlock, annonça Harry.
Il monta sur l'estrade et s'empara d'un stylo pour écrire quatre dates sur le tableau.
2970
2980
3002
3027
Puis il s'écarta du tableau et fit de nouveau face aux étudiants.
- Qui peut me dire à quoi correspondent ces dates ? demanda alors Harry. Allez ! Ne soyez pas timide, vous devez bien connaitre au moins l'une de ces dates, se moqua le jeune homme.
- La dernière, commença timidement une jeune femme, elle correspond à la guerre du retour.
- C'est exact, approuva Harry en notant l'information au tableau. Une autre date ?
Mais seul le silence lui répondit.
- Vraiment personne ? demanda Harry en s'installant en tailleur sur le bureau du professeur. Bon sang, mais ils vous apprennent quoi dans cette académie !
- J'ai bien peur que certains faits passés ont été oubliés ou perdus, annonça une voix depuis l'entrée.
Harry leva les yeux et eut un rictus en voyant le président accompagné de sa garde.
- Peut être que vous, vous pourriez répondre à ma question, nota Harry.
- Il existe bon nombre d'histoire sur le passé de l'humanité, nota le président en descendant les marches de l'amphithéâtre. Mais la plupart ne sont que ça, des histoires. L'humanité a perdu beaucoup de son passé lorsque nous avons émigré dans les étoiles.
Le vieil homme se tînt alors devant l'estrade où se tenait le jeune porteur.
- Chaque histoire possède son fond de vérité. Alors président, ces dates ?
- Si mes souvenirs sont exacts, la première fait référence à l'invasion de la Terre par des extraterrestres nommés Humanoïdes.
- C'est exact, répondit Harry en notant cette nouvelle information.
- La seconde fait référence à la tentative d'invasion des Sylvidres sur la Terre, continua le président. La dernière par contre… les évènements qui se sont déroulés pendant cette période ne peuvent être vrai.
- Ah oui ! Et pourquoi ça ?
- Les documents que j'ai pu lire sur cette période parlent de la disparition pure et simple de la Terre et d'entités démoniaques qui se servaient de la peur comme d'une arme.
- Et pourtant ces entités ont bien existés et la Terre a bien disparue, répliqua Harry d'une voix calme. Allez-vous assister à la fin du cours ?
- Pourquoi pas, répondit le président en s'installant sur un siège.
Le jeune homme adressa un sourire amusé au président de la coalition de Gaïa, puis il fit de nouveau face aux élèves.
- Bien, fit Harry d'une voix forte. Commençons donc par le commencement. En 2970, la Terre était colonisée par les Humanoïdes, des extraterrestres à l'apparence humaine excepté leur peau verte. L'humanité était alors divisée en deux, ceux qui pouvaient servir les humanoïdes et ceux qui ne le pouvaient pas ou ne le voulaient pas. La vie sur Terre était difficile pour ceux qui aidaient les humanoïdes, je vous laisse imaginer ce que cela devait être pour ceux qui ne les aidaient pas. A l'époque, le capitaine Harlock était encore un soldat de la Terre. Il aidait au mieux les réfugiés et ceux qui étaient opprimés par les humanoïdes. Mais un jour, l'un des chefs humanoïdes lui proposa un travail, un travail qui résulterait par de nouvelles morts inutiles. Le capitaine a refusé ce travail, il fut donc congédié. C'est à cette période qu'il rencontra Tochiro et ils devinrent amis. Tochiro, qui ne supportait plus non plus l'oppression des humanoïdes proposa alors à Harlock de se rebeller, celui-ci accepta.
Harry s'arrêta alors pour s'emparer d'une bouteille d'eau posée sur une petite desserte près du bureau du professeur. Il déboucha la bouteille et en prit une gorgée.
- Qui est Tochiro ? demanda alors l'un des élèves.
Le jeune homme se tourna alors pour regarder le jeune homme qui lui avait posé la question.
- Tochiro est le génie qui a conçu et construit l'Arcadia. Harlock et lui décidèrent donc de se battre sous la bannière des pirates pour combattre les humanoïdes et regagner la liberté des hommes.
- Et ils réussirent ? demanda un autre élève.
- Le plus gros problème du capitaine n'était pas tant les humanoïdes que les humaines qui travaillaient pour eux. Voyant qu'ils n'arrivaient pas à vaincre Harlock, les humanoïdes envoyèrent un concepteur humain, le professeur Zon, combattre l'Arcadia. Comprenant qu'une partie de l'humanité était corrompue, le capitaine changea alors d'objectifs et voyagea dans l'univers pour trouver une planète où les humains pourraient vivre en paix, la planète idéale.
- Ca existe vraiment ça, railla un élève.
- Qui sait, répondit Harry avec un reniflement amusé. Ils pensaient l'avoir trouvée et se dirigeaient vers la planète qu'ils pensaient être idéals lorsque Tochiro mourut des suites d'une maladie grave. Malgré sa maladie, Tochiro n'a jamais cessé de travailler jusqu'au bout pour permettre à l'Arcadia de rejoindre la planète.
- Ca n'était pas la planète idéale ?
- Oui et non, répondit Harry, la planète abritait l'une des déesses de cette univers, la déesse dorée. Elle protégeait sa planète et n'aurait pas été contre le fait que le capitaine s'installe sur sa planète. Malheureusement, l'Arcadia ne fut pas le seul vaisseau à arriver sur cette planète, celui du professeur Zon était là aussi. Ainsi les deux camps rencontrèrent la déesse, celle-ci, généreuse, voulut aider l'homme de bien, mais ne pouvant choisir entre Zon et Harlock qui était celui qui ferais le plus de bien, elle décida de les tester. Elle fournit à chacun des camps une source d'énergie inépuisable avec pour seul consigne de ne pas s'en servir pour combattre.
- Mais l'un des deux s'en servit pour combattre, devina l'une des élèves.
- C'est exact, le professeur Zon, une fois la source de puissance entre les mains retourna sa veste et avec une partie de l'équipage, la partie humaine, il réalisa une mutinerie contre les humanoïdes. Une fois le vaisseau entre ses mains, il installa la source d'énergie et partit à l'assaut des installations humanoïdes. Le capitane Harlock n'était pas contre combattre les humanoïdes, mais jamais il ne toucherait aux civils, ce qui ne semblait pas être le cas de Zon. Le capitaine chercha donc à l'arrêter, les deux vaisseaux combattirent et malgré les difficultés, jamais le capitaine n'usa de sa source de pouvoir pour combattre Zon. Il avait fait une promesse à la déesse dorée et Harlock est le genre d'homme à tenir ses promesses même au péril de sa propre vie. Il réussit à vaincre Zon et lui offrit même sa rédemption. La déesse comprit alors qui elle devait aider, ainsi fit elle usage de son immense pouvoir pour détruire ceux qui étaient en train de nuire à l'univers, les humanoïdes. Leur planète fut détruite par la déesse et les quelques humanoïdes dispersés sur les planètes qu'ils avaient annexé, furent tués par ceux-là même qu'ils avaient asservit.
- Donc l'humanité fut libérée ?
- Oui, acquiesça doucement Harry, et le capitaine Harlock avait contribué à cette libération, il avait su prouver que son combat était le plus juste. Malheureusement, le gouvernement étant trop arrogant pour reconnaitre l'aide d'Harlock, le déclarèrent comme hors la loi. Le capitaine, ne pouvant et ne voulant pas infliger un tel fardeau à ses hommes, il les déposa sur une planète d'où ils pourraient rentrer chez eux pour être auprès de leur famille. C'est ainsi que finit cette période de crise, la première que le capitaine aida à résoudre.
Harry reprit alors une gorgée d'eau avant de jeter un coup d'œil circulaire sur la classe, son regard se posa sur le président qui l'observait avec attention comme pour déterminer si ce qu'il venait de leur révéler était vrai ou pas.
- Comment es-tu entré en possession de telles connaissances ? demanda le vieil homme.
- Je suis tombé sur les archives de l'Arcadia et Mimée m'en a également parlé.
- Donc tout cela est vrai ? demanda l'un des élèves.
- Ici le mensonge n'a pas de place, il ne devrait jamais avoir de place dans une salle de classe.
Le jeune homme marcha de long en large dans la salle pour se dégourdir les jambes puis il fit de nouveau face à son auditoire. Aujourd'hui, il n'y aurait pas de mensonges, aujourd'hui l'avenir de l'humanité, ses enfants connaitraient la vérité sur le plus grand protecteur de la Terre.
