Hey ! Bonne fin de week-end à tout le monde. Bon, je voulais vous dire que initialement j'avais prévu cette fic sur 12 ou 15 chapitres puis je vous ai dit qu'il y aurait 3 ou 4 chapitres de plus et finalement, nous voilà au chapitre 21... Donc, je vais arrêter de vous dire combien de chapitres je pense qu'il me reste car je ne sais même pas encore quand je vais la finir. J'espère que vous serez heureux de savoir qu'il vous reste encore plusieurs chapitres !

Bref, je vous laisse avec ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira !

Attention, le prochain signera enfin la rencontre avec Jane&co !

/!\ Disclaimer : La série Once Upon A Time et ses personnages ne m'appartiennent pas !


Dangereuse Attraction

chap 21

Peu à peu les émotions de la journée eurent raison d'elle et Regina se laissa glisser dans les bras de Morphée, la main tenant toujours fermement celle de la blonde, ayant presque peur que celle-ci ne s'envole et ne disparaisse à jamais.

Emma jetait des coups d'œil à la brune à côté d'elle dès qu'elle le pouvait et était attendrit par ce visage si angélique. Arrivant à un feu rouge, la blonde sorti son téléphone et captura ce moment, tout en se promettant qu'elle n'en dirait jamais rien à l'intéressée. Elle alla dans sa galerie de photo et y retrouva la photo qu'elle avait prise plus tôt au diner, lorsque Regina venait de mordre dans sa frite. Emma ne put retenir un sourire devant l'expression dégoût clairement affichée sur le visage du maire. Le feu repassant au vert, elle rangea son téléphone et se remit en route. Elles étaient bientôt arrivées, plus que quelques minutes et elles seraient à Boston.

La voiture jaune passa devant le panneau annonçant leur arrivée à Boston et Emma ne fut qu'heureuse de retrouver cette ville dans laquelle elle avait vécu près de deux ans tout de même. Il était minuit passé et les rues étaient silencieuses, à part près des boites de nuit où la musique se faisait entendre jusqu'à l'extérieur. Elle redécouvrait cette ville comme si c'était la première fois et s'émerveillait devant les grattes-ciel plongés dans la nuit. Elles passèrent devant le poste de police et Emma sourit à tous les souvenirs qui lui revenait.

La fois où Jane s'était tirée elle-même dessus pour atteindre son ravisseur et où Maura avait crié en voyant son amie s'effondrer au sol. Ou encore, la fois où Emma n'avait pu retenir son fou rire lorsque Jane lui avait appris que sa mère était en couple avec le commandant la blonde rit à ce souvenir. Le Sheriff se rappelait aussi du jour où Frankie et Maura était restés dans le hall pour maintenir un colis qu'ils croyaient piégé à l'explosif, ayant fait évacuer tout le commissariat. Emma avait adoré cette période de sa vie, ils avaient été sa petite bande de potes malgré toutes les choses qu'elle ne leur avait et ne leur dirait jamais. Ils avaient réussi à la faire rire et à lui donner l'impression de vivre.

Emma se gara finalement devant son appartement et souffla d'appréhension. Même si elle avait vécu ici deux ans, elle ne s'était jamais senti chez elle et encore moins maintenant qu'elle considérait sa maison comme étant à Storybrooke. Emma relâcha la main de la brune et s'extirpa de la voiture. Elle en fit le tour et ouvrit la portière du côté passager en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle détacha Regina et la porta dans ses bras, espérant que celle-ci ne se réveille pas, avant de fermer la portière avec son dos. Elle gravit les marches qui la séparait de l'immeuble et composa le code de la porte d'entrée, priant pour qu'ils ne l'aient pas changé pendant son absence. Entendant la porte se déverrouiller, elle remercia silencieusement les dieux et pénétra dans le hall. Elle décida de prendre les escaliers et monta les trois étages pour enfin arriver devant la porte de son ancien chez elle. Elle réussit tant bien que mal à dénicher ses clés qui se trouvaient au fond de la poche de son jean. A l'aveugle, elle tenta de trouver le trou de la serrure et se félicita lorsque la clé s'enfonça. Elle pénétra finalement dans son ancien appartement qu'elle n'avait toujours pas rendu au propriétaire, payant chaque mois le loyer.

Alors qu'elle avançait dans le couloir et venait de refermer la porte derrière elle, elle sentit la brune remuer contre elle et se figea, ayant peur de l'avoir réveillé. Au lieu de ça, cette dernière se colla un peu plus contre elle en passant ses bras autour de son cou pour y enfouir sa tête. Emma traversa son petit appartement pour arriver jusqu'à sa chambre. Elle allongea délicatement la brune dans son lit qui grogna, ne ressentant plus la chaleur de la blonde. Emma lui ôta ses talons noirs et elle la couvrit avec les draps. Elle s'accroupit à côté du lit et pencha la tête pour mieux observer la belle endormie. Timidement, elle avança une main vers la brune et lui dégagea le visage en poussant ses cheveux vers l'arrière. Elle l'entendit soupirer et elle retira sa main, ne souhaitant pas la réveiller.

Le Sheriff se remit finalement debout et quitta la chambre sur la ponte des pieds. Tranquillement, elle rejoignit sa voiture garée dehors et en sortit les bagages. Elle remonta ensuite les escaliers pour retrouver son appartement. Une fois les bagages posées à côté de l'entrée, Emma se rendit à la cuisine pour se servir un dernier verre d'eau avant d'aller se coucher. Elle récupéra un plaid dans le placard du salon et s'allongea sur la canapé s'emmitouflant sous ce plaid.

_.-._.-._

Lorsque Regina se réveilla, le jour devait à peine se lever si elle en croyait la faible lueur qui inondait la chambre où elle se trouvait. Un rapide regard au réveil lui confirma cette pensée, il était 4h du matin. Elle observa la chambre où elle se trouvait et dû en venir à l'évidence qu'elle n'était plus chez elle. Les restes du sommeil disparurent et elle pu enfin deviner où elle était : dans la chambre de Emma, dans son appartement à Boston. Celle-ci avait apparemment dû l'allonger dans ce lit à leur arrivée. Alors qu'elle pensait trouver une chambre fade et vide avec juste une commode pour ranger ses habits, les murs de cette pièce étaient décorés de photos et de peintures.

Calmement, la brune se leva et s'avança pour pouvoir observer les photos de plus près. Emma était sur chacune d'elle, le visage souriant et entourée le plus souvent d'une femme brune et d'un homme noir. Sur d'autres, on y voyait une femme bien habillé, une blouse blanche par dessus sa tenue et un scalpel à la main. « Maura Isles » devina Regina, « Emma avait raison… Cette femme sait s'habiller. » Elle retourna à la photo où Emma se tenait au côté de la brune aux cheveux longs et le maire comprit qu'il s'agissait de Jane Rizzoli.

Photos après photos, Regina mit un visage sur ces noms que lui avait donné la blonde. Elle découvrait peu à peu ce qui se cachait derrière la forteresse que s'était construit Emma et se sentait privilégiée. Elle savait que Mary n'était pas au courant de sa vie avant Boston, à part son métier. Elle ne connaissait pas ses amis, elle avait même découvert son enfance simplement car Emma n'avait pas retenu ses paroles. Regina ne comprenait pas comment cette femme, qui devrait la détestait, lui faisait autant confiance. Comment cette femme qu'elle avait séparé de ses parents, qu'elle avait envoyé directement dans le système et dans ces affreuses familles, qu'elle avait séparé de son fils, pouvait la laisser pénétrer ainsi dans sa vie.

En observant de plus près les photos, Regina remarqua ce qui lui porta le coup fatal. Malgré les sourires et le bonheur qui irradiait de la blonde, au fond de ses yeux, la brune vit ce qu'elle essayait tant de cacher. Elle était détruit. Regina voyait qu'elle était réellement heureuse avec ses amies, que ce n'était pas un bonheur feint mais ça ne suffisait pas pour effacer tout ce qu'elle avait vécu. Ces gens l'aimaient, c'était indéniable, le maire le voyait à leurs expressions, à leurs gestes. Ces gens l'aimaient mais ce n'étaient pas assez. Malgré tout l'amour qui entourait Emma, celle-ci n'était pas entière. Et Regina ne pu que s'en vouloir encore plus. La vie avait tenté de réparer ses erreurs en offrant des amis, une famille et de l'amour à la blonde mais rien n'avait réussi à lui faire oublier.

La brune avança la main vers une photo où Emma était seule, riant à gorge déployée et les yeux presque fermés, tenant dans sa main ce que Regina pu identifier comme une gobelet de café. De l'autre main, elle pointait quelque chose ou quelqu'un mais c'était hors du cadre, le maire ne pu donc pas savoir ce qui faisait autant rire son Sheriff. Espérant que la blonde ne le remarque pas, elle décrocha la photo du mur et l'observa quelques instants avant de la glisser dans la poche intérieur de son manteau. Elle savait qu'elle n'avait aucun droit de faire ça mais ça avait été plus fort qu'elle. Elle avait trouvé Emma tellement belle sur cette photo, tellement épanouie dirait-elle que son geste avait été impulsif, elle avait voulu garder cette photo près d'elle pour toujours.

Honteuse de s'immiscer ainsi dans la vie de son amie, elle se recula et sortit de la chambre pour y chercher la blonde. Elle marcha doucement, ne voulant pas faire de bruit si elle dormait encore, et la trouva allonger dans le canapé. Elle bougeait et combattait quelque chose d'invisible, de la sueur coulant sur son visage. Regina ne réfléchit pas plus en voyant ça, elle enleva son manteau qu'elle posa sur la table basse et s'allongea contre Emma en la prenant dans ses bras. La blonde se débattait pour la pousser mais le maire tint bon et lui caressa les cheveux en lui murmurant des mots doux : « Tout va bien, Emma. C'est fini. Tout va bien. Tu es en sécurité mon Emma. Tout va bien. » Petit à petit, Regina la sentit se détendre et sa respiration reprit un rythme normal.

Emma retomba lentement dans un sommeil sans cauchemar et se colla à Regina. La brune continua ses attentions avant de s'endormir à son tour. Elle fut réveillée, elle ne savait combien de temps après, en sentant des lèvres se poser contre son cou. Elle ne pu retenir un soupir ce qui fit sourire la blonde contre sa peau.

- Sa Majesté est réveillée à ce que je vois, commença Emma d'une voix encore rauque de sa nuit. Regina ne répondit pas et se contenta d'enfouir sa tête dans le cou du Sheriff pour y respirer son odeur. Par contre, je ne comprends pas ce qu'elle fait sur mon canapé…

- Je me suis réveillée vers 4h et en venant voir où tu étais, j'ai vu que tu faisais un cauchemar…

- Oh… C'est pour ça alors…

- C'est pour ça quoi ?

- J'étais en plein cauchemar comme tu as dis et il a disparu en quelques secondes, je suppose que c'est à ce moment là que tu t'es allongée avec moi…

- Je ne sais pas, je ne pense pas…

- Je t'ai déjà dit que je n'avais jamais cauchemardé une seule fois les nuits que j'avais passé à côté de toi.

- Si tu le dis, Emma voulut répondre mais le maire ne lui en laissa pas la chance. Quelle heure est-il ?

- Bientôt 8h30. Nous devrions aller au poste pour récupérer l'adresse de mon frère.

- Bonne idée, admit Regina en se remettant debout.

- Vas à la salle de bain en première, continua Emma en se levant à son tour, ta valise est dans l'entrée si tu veux prendre des habits. J'ai des serviettes dans la commode dans la salle de bain, prends en une.

- D'accord, merci, sourit Regina en allant chercher sa valise.

_.-._.-._

Emma resta stoïque de longues secondes à observer la brune se diriger vers l'entrée avant de secouer la tête pour lui montrer où était la salle de bain. La blonde profita de ce moment pour envoyer un message à Mary Margaret.

#Excuse-moi, j'ai totalement oublié de te dire que nous étions arrivée à Boston. Tout va bien.

Comme elle s'en doutait, elle n'eut pas à attendre plus d'une minute avant qu'un appel de sa mère n'apparaissait à l'écran de son téléphone.

- Allô ?

- Oh, Emma ! Je me suis fait du soucis mais comme ton père me l'a dit : pas de nouvelles, bonnes nouvelles !

- Je suis grande, maman. Arrêtes de me surprotéger.

- Tu es ma fille, Emma, et j'ai raté 28 ans de ta vie. Pour moi, tu n'es encore qu'une bébé…

- On ne va pas encore avoir cette conversation, si ? J'ai 28 ans. Je suis une femme qui n'a pas besoin d'aide, arrêtes de croire que je ne sais pas me débrouiller toute seule.

- Ce n'est pas que je pense, tenta la brunette.

- Mary… Bon, je n'ai pas envie de partir sur ce terrain dès 8h du matin… Comment va Henry ?

- Très bien, souffla la femme face au changement de sujet. Comme on est samedi, il dort encore.

- Réveilles-le avant 10h, tu veux ? Il ne faut pas qu'il passe sa journée à dormir.

- Oui, ne t'inquiètes pas. Au faite, pourquoi êtes-vous à Boston ?

- C'est à mi-chemin pour aller à New-York donc comme ça je vais en profiter pour revoir quelques amis.

- Quelques amis ? Tu ne m'as jamais parlée de quelconques amis, je croyais que tu étais une femme solitaire.

- Je ne t'en ai pas parlé car quand j'en avais l'occasion c'était sous la malédiction et j'avais encore pour projet de ne pas m'éterniser à Storybrooke.

- Tu voulais abandonner Henry ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je disais que je voulais trouver un compromis avec Regina pour que je puisse venir le voir deux fois par mois et l'avoir un week-end chez moi de temps en temps car je savais qu'elle ne lâcherait pas l'affaire.

- C'est ton fils !

- Il est aussi le sien, maman. Elle était là pour lui lorsque je ne pouvais l'être.

- Tu as raison… Pardonnes-moi, j'ai encore du mal avec tout ça.

- Ce n'est rien. Bon, je vais te laisser. Je vais faire le p'tit dèj.

- Toi ? Rit Blanche. Mon Dieu, pauvre Regina…

- Eh ! Vous allez arrêter de tous vous moquer de mes compétences en cuisine ? Sourit Emma. Je sais cuisiner, vous ne m'en laissez juste jamais l'occasion.

- Mais oui, ma fille. Bonne journée, et tente de ne pas empoisonner Regina. Je pense que Henry voudrait garder sa mère.

- Gnagnagna… Je n'ai en aucun cas l'intention de l'empoisonner.

- Non, c'est vrai que c'est plus son truc à elle. Fais gaffe si elle te donne une pomme.

- Maman ! S'agaça Emma.

- Je plaisante Emma. Je plaisante, rit Mary, montrant à sa fille qu'elle disait la vérité. Passes-lui mon bonjour.

- Je le ferais quand elle sera sortit de la douche.

- Fais attention à toi.

- T'inquiètes. Fais un bisous à papa de ma part, s'il-te-plaît.

- Bien sûr.

- Et un autre à Henry de la part de ses mères.

- Ça va de soit. Au revoir, ma fille.

Emma rangea son téléphone dans la poche arrière de son jean et elle entendit le bruit de la douche s'actionner. Elle retourna au salon où elle récupéra le manteau de la brune, échoué sur sa table basse, pour l'accrocher dans l'entrée. En le soulevant, elle vit quelque chose tomber de la poche intérieur. Elle se pencha pour le ramasser et fut plus que surprise de découvrir une photo d'elle, riant aux larmes. Elle se rappelait de cette photo, du jour où Vince l'avait prise. Ça avait été le fameux moment où Jane lui avait annoncé la relation qu'entretenait sa mère avec le commandant Cavanaugh. Se demandant comment cette photo avait pu se retrouver dans le manteau du maire, elle se rappela qu'elle l'avait initialement épinglé au mur de sa chambre.

Elle aurait dû être offusquée de voir que Regina se permettait de prendre une de ses photos mais sans savoir pourquoi, elle ne lui en voulait pas. Elle savait que ce n'avait pas été un acte malveillant. Non, elle sentait que Regina avait juste eu envie d'avoir une photo de la blonde sur elle, comme elle-même avait fait avec les photos du diner et dans la voiture.

Souriant devant ce fait, Emma chercha rapidement un marqueur noir dans ses tiroirs qu'elle trouva fièrement après quelques secondes de fouille. Elle s'agenouilla près de la table basse et retourna la photo avant de la poser sur le meuble. Elle écrivit quelques mots pour la brune et souffla ensuite dessus pour faire sécher l'encre. Après ça, elle rangea le marqueur et glissa la photo dans la poche intérieur du manteau, comme si de rien n'était. Le Sheriff se remit debout et accrocha le manteau à l'entrée.

Alors qu'elle se rendait dans la cuisine, la voix Regina lui parvint à travers le bruit de l'eau qui coulait :

- Emma ! Appelait-elle.

- Que se passe-t-il ? Demanda la blonde, s'approchant de la porte de la salle de bain.

- Je n'arrive pas à couper l'eau, c'est bloqué !

- Ah, oui, j'ai oublié de te parler de ça. Il faut que tu maint-

- Quoi ? Coupa le maire. Je ne t'entends pas Emma !

- Maintiens le b-

- Rentres, Emma ! Je ne t'entends pas !

Emma obéit malgré les images qui lui venait en tête à l'idée d'être si proche du corps nu du maire. Elle s'avança doucement et fit entendre sa présence en se raclant la gorge, faisant bien attention de ne pas regarder à travers le rideau de douche.

- Restes appuyer sur le bouton qui est sur le pommeau, dit-elle enfin, à côté de la baignoire.

- Le vert ?

- Oui, celui-là.

- Ok, je le maintiens et ensuite ?

- Maintenant, coupes l'eau normalement.

Quelques secondes passèrent avant que Emma entende enfin l'eau s'arrêter de couler et un petit soupire de soulagement de la part du maire.

- J'ai bien cru que je n'arriverais jamais à arrêter l'eau.

- Ouais, désolée. Je n'y ai plus pensé, rit Emma. C'est une petit excentricité des proprios.

- Pour rallumer, je n'ai pas besoin de toucher au bouton vert ?

- Non, ce n'est que pour éteindre.

- Merci, Emma.

- Mais de rien, votre Majesté, le Sheriff ne la voyait pas mais elle était sûre que Regina venait de sourire. Bon, je vais tenter de nous faire à manger.

- Toi ? Rit moqueusement la brune, cachée derrière le rideau.

- Nan mais tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ? Répondit Emma, faussement agacée. Mary m'a dit exactement la même chose ! Sourit-elle. J'ai dit « tenter », ce n'est pas comme si j'allais te faire les pancakes du siècle.

- Tout ce que tu feras m'ira très bien, Emma.

- Bref, je te laisse finir de te laver.

Emma s'éloigna et referma la porte derrière elle, apercevant malgré elle l'ombre de l'autre femme à travers le rideau. Se mordant la lèvre pour ne pas succomber à ses pulsions et rejoindre la brune, elle prit le chemin de la cuisine.

Elle voulut entreprendre la préparation des pancakes mais en ouvrant les placards elle se rappela qu'elle n'était pas revenue dans son appartement depuis presque un an, laissant parfaitement le temps aux produits de se périmer. Elle hésita quelques instants et décida de laisser un mot à Regina pour ensuite enfiler sa veste et quitter l'appartement. Lorsqu'elle sorti de l'immeuble, elle se mit à trembler face à la fraîcheur de la matinée et enfonça ses mains dans les poches de sa veste. De mémoire, elle prit le chemin du café le plus proche et se secoua pour se réchauffer en pénétrant dedans. Elle demanda un café et un chocolat chaud à emporter avant de rajouter une dizaine de pancakes, des griffes d'ours et une pomme. Une fois sa commande prête, elle attrapa les deux sacs et se remit en route pour l'appartement où Regina devait probablement être sorti de la douche.

_.-._.-._

Regina sortit finalement de la douche après 25 minutes, chose qu'elle ne faisait jamais. D'habitude, elle ne restait que 10 minutes sous l'eau mais aujourd'hui avait été différent. Elle avait profité de ce moment seule pour se relaxer et repenser aux événements de la veille.

Elle ouvrit la porte de la salle de bain et s'aventura dans l'appartement, tout en se séchant partiellement les cheveux avec une serviette. Elle pénétra dans la cuisine et au lieu d'y trouver la blonde, comme elle l'aurait pensé, elle vit un mot sur le comptoir.

« Je suis sortie nous acheter à manger, tout est périmé ici. Je ne serais pas longue. Si tu cherches ton manteau, il est dans l'entrée. -E »

Regina reposa le mot sur le comptoir et se rendit dans l'entrée pour ranger ses affaires de toilettes dans sa valise. Elle en profita pour sortir ses escarpins noirs qu'elle enfila ensuite. Se relevant, elle fouilla dans son manteau pour trouver la photo qu'elle avait décroché plus tôt du mur. Elle s'appuya contre le mur de l'entrée et l'observa quelques instants, souriant devant ce visage si heureux de Emma. Plus machinalement qu'autre chose, elle retourna la photo et y découvrit quelques mots au marqueur noir. Alors qu'elle pensait y lire des mots à l'encontre de la blonde, elle fut surprise en y voyant des mots pour elle.

« Cette photo est à toi tant que tu ne l'utilises pas pour m'ensorceler ou je ne sais quoi… - E »

Regina se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire mais l'opération fut totalement inutile. Elle était soulagée de lire que la blonde ne lui en voulait pas d'avoir volé cette photo. Entendant une clé se glisser dans la porte d'entrée, elle rangea la photo et attendit calmement que le Sheriff fasse son apparition.

- Je suis rentrée ! S'exclama Emma en refermant la porte derrière elle, n'ayant pas remarquer la présence de la brune. Oh ! Fit-elle en relavant finalement la tête. Je ne t'avais pas vu.

- Tu veux de l'aide ? Demanda Regina en s'approchant.

- Tu veux bien me tenir ça le temps que j'enlève ma veste, s'il-te-plaît ? Répondit la blonde en tendant les deux sacs.

- Oui, bien sur. Je vais les mettre dans la cuisine, dit la brune en s'éloignant. Une fois son manteau enlevée, Emma la rejoignit dans la cuisine.

- Je t'ai pris un café, commença-t-elle en le sortant d'un des sacs. Des pancakes, continua-t-elle en plongea sa main dans le seconds sac. Et une pomme, sortit-elle finalement. Bon, je sais qu'elle ne sera pas aussi bonne que celles de ton Honeycrisp mais c'est déjà mieux que rien.

- Merci, Emma, lui sourit Regina, en s'asseyant sur l'une des chaises autour de la table.

- Tu as bien dormi ? Demanda la blonde en l'imitant.

- Oui, ton lit est confortable.

- J'espère bien, il m'a coûté une fortune, rit Emma.

- Tu aurais un sèche-cheveux par hasard ? Demanda le maire en mordant dans sa pomme. J'ai oublié le mien à Storybrooke.

- Oui, je te le donnerai après manger.

- Merci.

- Chu à la bonfour che 'Ary, dit Emma, la bouche pleine de griffes d'ours.

- Miss Swan, réprimanda Regina. On dirait Henry.

- 'Arfon, rit Emma avant d'avaler sa bouchée. Je disais que tu avais le bonjour de Mary.

- Mary Margaret me passe le bonjour ? A moi ? S'étonna le maire.

- Oui, elle essaye de faire des efforts.

- Comment va Henry ? Demanda la brune, souhaitant changer de sujet.

- Je ne sais pas, quand Mary m'a appelée, il dormait. Mais si tu veux tu pourras retenter ta chance après, il sera peut-être debout.

- Je ferai ça.

Le petit-déjeuner se continua en silence. Emma buvait son chocolat chaud tout en observant la brune. Elle était magnifique dans son pantalon tailleur noir et sa chemise blanche. Emma était subjuguée devant le spectacle qui s'offrait à elle. Mon Dieu, cette femme la rendait folle. Les cheveux encore mouillées, buvant son café les yeux fermées… Après mûre réflexion, Emma ne pensait pas être bisexuelle. Comme chaque femme, ça lui arrivait de relever les charmes de la gente féminine mais elle n'avait jamais été attirée. Non, c'était Regina Mills et aucune autre femme, ce qui était encore plus troublant. Le destin pouvait quand même jouer bien des tours. Elle était le Véritable Amour de la femme qui l'avait séparé de ses parents. Mais bon, Emma ne s'en plaignait absolument pas.

Regina, quant à elle, avait parfaitement vu la blonde la fixer et elle-même se forçait à ne pas la regarder. Emma avait encore les cheveux un peu emmêlés de la nuit et la trace de l'oreiller sur l'une de ses joues, ce qui lui donnait un air terriblement craquant. Le maire se retenait de ne pas sourire comme une idiote, elle ne voulait pas que Emma lui pose de questions. Qui aurait cru que la fille de Blanche-Neige serait son Véritable Amour ? On aurait dit le début d'une mauvaise blague, et pourtant… C'était la réalité. Ça faisait une sacrée vengeance tout de même. Mais après tout ce temps, Regina ne pouvait que penser qu'elle avait blâmé Mary pour lui avoir prise sa fin heureuse, sans se rendre compte que celle-ci la lui avait déjà rendu…

Regina fut sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit des mains se poser sur ses épaules et commencer à la masser. Elle laissa échapper un gémissement et balança la tête vers l'avant.

- Tu es vraiment super tendue, Regina, commença Emma, qu'est-ce qu'il y a ?

- Je pensais à ta mère.

- C'est vrai ? S'étonna la blonde en arrêtant ses attentions.

- Continue, supplia presque le maire en tapotant sur les mains de l'autre femme. La ressentant reprendre où elle s'était arrêtée, Regina répondit. Oui, c'est vrai. Je me disais que le destin aimait jouer des tours, Emma sourit à cette formulation, c'était ce qu'elle même avait pensé. Toi, Emma Swan, fille de Blanche-Neige, tu es mon Véritable Amour. Moi, la Méchante Reine. Si j'avais su… Regina rit toute seule avant de continuer. Eh bien… Si j'avais su, j'aurais écrasé le cœur de celui qui aurait osé me dire ça…

- Haha, rit sincèrement le Sheriff, c'est vrai que c'est assez… Déroutant.

- J'ai hâte de voir la tête de ta mère dès qu'elle comprendra.

- Elle le sait déjà.

- Oui mais il y a une différence entre le savoir et le voir, sourit Regina.

- C'est vrai que ça pourrait être un spectacle assez drôle si je t'embrassais devant elle…

- Tu n'es pas une enfant très sympathique envers tes parents.

- D'habitude si mais là ça ferait une bonne petite vengeance pour nous deux.

- Je ne vois pas de quoi tu voudrais te venger ? Que t'a-t-elle fait ?

- Ooh… Tellement, tellement de choses, si tu savais, rit Emma. La plus traumatisante c'est lorsque je suis rentrée à l'appart un jour et que je suis tombée sur elle et mon père dans une position plus que compromettante.

- Non, rit Regina, ne me dis pas que… ?

- Si, souffla Emma en fermant les yeux. J'ai les yeux qui piquent rien qu'à y repenser.

- J'aurais aimé être là, avoua la brune.

- Ew ! Grimaça le Sheriff. Dégueu !

- Noon ! S'exclama Regina. Pas pour ça ! Non, je ne veux pas voir ces deux idiots en actions, rien qu'à l'idée ça me dégoûte. Non, j'aurais voulu être là pour voir la tête qu'elle a dû faire en te voyant.

- Elle ne m'a pas vu, j'ai fui aussi vite que possible.

- Je te comprends parfaitement.

- Bon, ce n'est pas que mais je devrais aller me doucher avant d'aller au poste.

- Oui.

Emma arrête son massage et se recula. Elle voulait embrasser la brune mais elle voulait que celle-ci soit prête et en ait envie alors elle se tourna pour partir mais une main la retint. Regina s'était mise debout et lui faisait maintenant face. Elle captura les lèvres roses de la blonde en doux baiser. Emma soupira de soulagement et elle se mêla à l'étreinte en pressant le maire contre elle. Dans ce baiser, Regina tentait de faire passer tout ce qu'elle n'arrivait pas à dire à haute voix, ces mot que ni elle ni Emma n'étaient capables de prononcer pour l'instant.

Le maire ne pouvait pas se mentir, elle avait eu envie d'embrasser la blonde depuis son réveil mais elle s'était retenue ne sachant comment s'y prendre. C'était nouveau pour elle, d'être avec femme. Elle, qui d'habitude n'était absolument pas gênée pour faire le premier pas et avoir ce qu'elle voulait, se retrouvait comme une adolescente devant son premier amour maladroite.

Emma mit finalement fin au baiser lorsque l'air vint à leur manquer. Elle ouvrit les yeux et sourit timidement à la brune qui la regardait intensément. Elle n'arrivait pas à déchiffrer ce regard mais elle savait que beaucoup de choses devaient se bousculer dans sa tête. Étant courte sur le temps, elle lui donna un dernier petit baiser avant de se rendre à la salle de bain.

_.-._.-._

Lorsqu'elle sortit de la douche, elle entendit Regina parler tout seule et devina qu'elle était au téléphone avec leur fils. Emma se dépêcha de s'habiller pour la rejoindre.

- Salut Henry ! Salua-t-elle forçant sa voix, faisant se retourner Regina qui s'avança vers elle.

- Tu as entendu ? Demanda la brune à l'encontre de leur fils. Attends je te mets sur haut-parleur, elle appuya sur un bouton et la voix du garçon retentit dans l'appartement. C'est bon.

- Salut gamin ! Recommença Emma.

- Salut Ma' ! Maman me disait que vous étiez arrivées à Boston.

- Oui, on est arrivée hier soir. Là, on voit aller rejoindre quelques amis à moi avant de reprendre la route pour New-York.

- Des amis à toi ? Demanda Henry, Regina sourit devant la curiosité de leur fils.

- Ouais, même qu'ils sont flics. C'est pas cool ça ?

- Trop cool ! S'exclama-t-il.

- Henry, je vais te laisser avec ta mère, intervint Regina. Bonne journée, on se parle ce soir !

- Oui, bonne journée maman ! Je t'aime !

- Moi aussi, mon chéri, sourit la brune. Où est ton sèche-cheveux ? Demanda-t-elle à Emma.

- OH, oui, il est dans la salle de bain, en dessous du lavabo.

- D'accord, merci. Je t'embrasse Henry, répéta le maire. Et embrasses tes grand-parents de ma part.

- Je le ferais. Bisous, à ce soir maman, Regina s'éloigna finalement et ferma la porte de la salle de bain derrière.

Henry raconta ce qu'il avait dit plus tôt à sa mère adoptive et Emma l'écouta attentivement, riant de temps en temps à certaines anecdotes. Entendant le bruit du sèche-cheveux se stopper, elle lui dit au revoir, promettant qu'elles rappelleraient ce soir et raccrocha.

Voyant qu'il était presque 10h, Emma et Regina enfilèrent leur manteau. Emma prit les valises, ferma la porte de l'appartement derrière elle et elles descendirent les escaliers qui les menèrent bientôt dans le hall de l'immeuble. La blonde rangea les sacs dans le coffre et pris la place conducteur, Regina l'attendant déjà du côté passager. Elle envoya un rapide message à Frost lui disant qu'elles arriveraient dans pas longtemps et elle démarra sa coccinelle jaune, se mêlant ainsi aux bouchons de Boston.