Plume85: Salut, Chapitre 20 aujourd'hui !

Luciana: Le manga appartient à Akira Amano, sauf les OCs.

Plume85: Bonne lecture, désolé pour les OOCs.


Memòria


Je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire une fois qu'il serait devant moi. Une partie de moi devait espérer que les Vindice débarqueraient immédiatement et l'emmèneraient. Mais non. À la place, on se regarde dans les yeux. C'est étrange, pendant toute ma vie, ces yeux m'ont inspiré de la terreur, puis de la colère. De la même façon que ceux de Xanxus ont toujours cette lueur protectrice quand il me regarde, et cette douleur que je suis la seule à voir au-delà de sa colère. Tout comme à chaque fois que je me regarde dans le miroir j'ai l'impression de voir le regard d'un démon.

Mais maintenant, ce que je vois c'est un regard mort qui ne me quitte pas, certainement dû à la faible lueur d'espoir que je vois.

Espoir de quoi ?

Il se lève et me dépasse donc d'une tête, j'ai pas de talons. Enfant, la seule chose que je voyais toujours c'était ses yeux. Mais maintenant, je remarque sa peau tannée, comme celle de Xanxus, ses cheveux ébènes et lisses parsemés de cheveux blancs, et que j'ai hérité de quelques uns de ses traits. Autant Xanxus ressemble à notre mère, j'ai hérité quelques unes des caractéristiques de notre paternel. Tout comme Xanxus a hérité de sa posture fière et imposante, de son aura écrasante et d'une certaine colère également que je remarque à la façon dont il semble tendu.

Sauf qu'à son dos légèrement courbé, ses épaules baissées et son regard morne me suffisent amplement à savoir que ce n'est plus le cas. Toute la colère que j'ai contre lui s'atténue d'un coup pour faire place à un autre sentiment.

La pitié.

Parce que l'homme de mes cauchemars, celui qui m'a fait souffrir pendant deux longues années, est pathétique.

-Recuperaste tu ojo.

-¿ Que importa ?

J'ai jamais rien compris à l'espagnol mais là j'ai eu aucun problème. Comme dans le couloir.

-Je répondrai à tes questions, me dit-il en se rasseyant, basculant en italien.

Je détourne le regard, ma main venant automatiquement prendre mon médaillon, et je m'assois en face de lui, son bureau nous séparant.

-J'ai passé seize ans à détester Adoni Tacito, commençai-je en serrant mon poing vide, et maintenant j'apprends que cet homme est mon père et que je suis l'héritière d'une Famille mafieuse...tu devrais commencer à m'expliquer ça, et pourquoi cette tarée de génitrice a dit dans ses derniers instants que j'étais là pour que Xanxus reste avec elle.

Je me décide à le regarder. Nos yeux se croisent et peu importe à quel point je suis en colère contre lui, je ne peux pas nier notre lien de parenté. Le regard qu'il a en ce moment, c'est le genre de regard que j'ai. Intelligent et qui donne l'impression qu'il a la situation en main.

-Bien entendu, me répondit-il en croisant les bras sur son torse. J'ai rencontré Dafne alors qu'elle faisait des études à Barcelone. Nous sommes tombés amoureux, on s'est marié et Alejandro est né peu de temps après. Sauf que Dafne n'a pas supporté mon monde et peu de temps après que ton frère soit né, elle s'est enfuie à Latina. J'ai mis du temps à la retrouver mais j'ai finis par réussir. Vu que ses parents l'avait renié car elle était tombée enceinte jeune, elle vivait très mal. Quand je l'ai revu, Alejandro avait cinq ans et pouvait déjà faire apparaître sa flamme.

-Il t'a déjà rencontré ? Le coupai-je d'une voix rauque.

Je tousse un coup.

-Oui, mais il ne se souvient pas de moi. J'ai donc voulu le ramener car c'était le digne héritier des Vengadores. Mais Dafne n'a jamais voulu me laisser l'emmener même si je lui promettais de lui offrir tout ce dont il aurait besoin.

-Tu aurais pu l'enlever, cette pauvre folle n'aurait rien pu faire.

-Je l'aimais toujours, avoua-t-il d'une voix las, donc je lui ai proposé quelque chose.

-Faire un autre héritier, devinai-je en regardant le vide.

-Si Alejandro avait la Flamme de la Fureur, il y avait une chance pour qu'un autre enfant l'ait aussi. Mais elle a refusé, disant qu'elle ne pourrait pas laisser son enfant aux mains de la Mafia. Nous sommes donc venus à un arrangement.

-Les billets...soufflai-je en me rappelant de ce vague souvenir.

-Elle m'a dit qu'elle ne pourrait pas continuer longtemps avec ses revenus. Elle m'a demandé de lui donner de l'argent et en échange, elle acceptait d'enfanter mon nouvel héritier afin qu'Alejandro reste avec elle. Il était prévu que je prenne le nourrisson aussitôt né, afin qu'elle n'ait aucun attachement envers lui. Sauf que nous avions tout les deux oublié quelque chose.

-Je suis restée deux ans et des poussières avec elle, lui rappelai-je d'une voix froide.

-Je sais, c'est parce qu'aucun de nous n'avions prévu l'éventualité qu'Alejandro s'attache immédiatement à toi. Sans qu'il ne le sache, il t'a protégé. Du coup, sachant qu'elle n'avait déjà plus toute sa tête, Dafne a supplié Timoteo, Vongola Nono, de la rencontrer. Alejandro parti, je t'ai récupéré et lui ai donné le dernier de ses paiements. J'ai commencé à t'entraîner pour ton rôle d'héritière. Aussi surprenant que ce soit, tu as rapidement compris l'espagnol le catalan. Mais quand c'était pour la pratique, tu étais trop faible. Tu as appris à utiliser une arme, mais tu refusais de tirer sur un pauvre lapin. L'un de mes hommes t'as appris à bricoler des armes et des appareils électroniques mais tu préférais regarder des livres d'images...tu étais trop gentille pour devenir le prochain Boss, trop faible.

-Donc t'as eu la superbe idée de faire de moi une expérience ? Crachai-je en le foudroyant du regard.

J'ai l'impression de lire du regret dans son regard.

-J'avais besoin d'un héritier, héritière plutôt, puissant pour que les Vengadores puissent prendre leur revanche sur ces déchets de Vongola, reprit-il d'une voix hargneuse. Si j'ai financé les Estraneo pour leurs expériences, c'est parce que j'étais obnubilé par ça. Moi-même étant scientifique, j'ai créé le projet Immortel. Les Estraneo m'ont laissé ce qu'il fallait dans leur laboratoire secondaire. Je n'ai pas pris n'importe quels sujets, seulement ceux qui semblaient être les plus résistants. Beaucoup sont morts. Voyant que ce projet n'aboutissait pas et que tu étais trop faible pour prendre ma position, on m'a convaincu de t'envoyer là-bas pour te rendre plus forte. Ce que j'ai fait peu après tes trois ans, après que tu aies rencontré le fils de Hide. J'ai demandé à Alaric d'effacer tes souvenirs des Vengadores et la suite...tu la connais.

-Pour détruire les Vongola...est-ce que tu es responsable de la mort de Federico ?

-Non. Ce jeune homme a découvert mon identité, mais je ne l'ai pas tué. Il a été envoyé sur une fausse piste dans ce camp de tueurs à gages en Sicile par quelqu'un d'autre.

-Il y a autre chose que tu dois expliquer.

-Quoi donc ?

-La raison de cette haine qu'ont les Vengadores envers les Vongola et ce qu'il s'est passé il y a bientôt soixante-dix ans, tranchai-je d'une voix ferme. J'ai le droit de savoir si les raisons qui t'ont poussé à me faire vivre cet enfer sont de bonnes raisons.

-Tu as tout les droits de savoir.

Il se lève et va à un buffet. Il fouille dans un tiroir, le ferme après avoir trouvé ce qu'il cherchait et se rassoit, me mettant une feuille sous le nez.

-Un arbre généalogique ? Fis-je en le prenant.

-Regarde tout en bas.

Mon nom apparaît à côté de celui de Xanxus, sous celui de Guillermo. Je remonte jusqu'au Premier du Nom et remarque même qu'il y a sa mère. Mère qui a eu un autre enfant d'un père diff...

Oh fuck.

-C'est probable que la Flamme de la Fureur vienne du côté maternel du Premier du Nom.

-Côté maternel qu'il a en commun avec Ricardo, le Vongola Secundo...qui est devenu le Secundo car c'était le cousin du Primo du côté paternel...

-Il est écrit dans les journaux lui appartenant que Ricardo, même si il allait rester au poste encore plusieurs années, voulait un candidat potentiel pour lui succéder. Notre Premier du Nom a voulu ce titre mais il lui a été refusé car il n'avait pas le sang des Vongola. Il a donc décidé de partir en Espagne et de créer sa propre Famille, les Vengadores.

-Vengeurs, traduisis-je en lâchant mon médaillon. Donc tu m'as envoyé là-bas à cause d'une connerie telle que ça ?!

-Non, je suis pas un idiot. Je me fiche complètement de ça, c'était il y a très longtemps.

-Alors il y a soixante-dix ans...

-Il y a soixante-dix ans, répéta-t-il avec une colère mal dissimulée, tu dois certainement penser que ce sont les Vengadores qui ont attaqué les premiers, non ?

-C'est la version des Vongola. Et les Vongola avant le Decimo, j'ai tendance à avoir mes doutes. Surtout que ce que tu m'a dit, tu appelles le vieux déchet par son prénom, donc vous vous connaissez.

-Effectivement. C'était en 1945 précisément, en juin. Ma mère n'avais jamais aimé la violence et préférait de loin être en paix avec les Vongola. Elle a demandé à voir la Huitième Vongola pour discuter d'un traité de paix. En guise de sa bonne foi, elle n'avait emmené que deux hommes, ainsi que moi. Qui voudrait engager une bataille avec son propre fils sur le terrain ?

Son rictus sarcastique ne m'échappe pas.

-Daniela, son nom si je me souviens bien, avait aussi emmené son fils. J'avais trois ans et lui huit. Elles nous ont demandé d'aller à l'écart, mais je me souviens encore. Ma mère avait tendu sa main pour montrer qu'elle voulait la fin de cette bataille, et elle souriait ! Je me souviens encore des mots de Daniela. « J'aimerais pouvoir faire la paix, mais c'est dans votre sang de nous faire la guerre. ». Elle a pointé son arbalète sur moi, son fils déjà disparu des lieux et a tiré. Ma mère est morte en me protégeant.

-Donc tu as voulu me rendre forte pour que je détruise les Vongola...pour venger la mort de ta mère. De...ma grand-mère...

Je ricane. Un ricanement nerveux à cause de tout ce qu'il vient de me dire.

-Je ne pense pas que Timoteo ait jamais perdu ta trace. Il a dû tout de suite savoir qu'Alejandro était mon fils, et à cause de sa flamme il a accepté de l'emmener. Pourquoi il aurait accepté de prendre un gosse qui venait de la rue sachant qu'il serait accusé d'adultère ? Pourquoi il ne t'aurait pas emmené aussi ?

J'écarquille les yeux. Il a raison. Je n'y avais jamais vraiment pensé mais...les gens ne savaient pas que Xanxus était adopté. Nono a forcément dû être accusé d'adultère. Il a décidé d'assumer ça...pour éviter toutes menaces potentielles.

-Tu comprends maintenant pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait.

-Dans la Mafia, c'est la Famiglia avant la famille, soufflai-je sans émotion, tu es comme ça alors.

-Je le suis. Tu n'es pas une bâtarde Esperanza, tu es mon digne successeur de part le sang.

-Tu as envoyé Alaric et Nick chez Simon pour me surveiller.

-Oui.

-Et ensuite j'ai été prise par les Cavallone...la Russie...

-J'ai demandé les services de ce Giegue pour te ramener...je ne pensais pas que tu pourrais le tuer et t'en sortir. Je n'avais surtout pas prévu qu'il engage un combat contre toi.

-Mais à Namimori, avec Kyôya...

-J'ai envoyé Nick te ramener, sachant que tu ne te laisserais pas faire il a pris plusieurs hommes. Après, j'ai demandé à Alaric d'y aller. Il vaut mieux que ce soit lui qui t'explique pourquoi il t'a fait vivre ça.

-CEDEF...

-Je l'ai aussi envoyé te ramener, mais je n'ai pas orchestré l'attaque. Je n'ai pas les ressources pour.

-Donc des alliés, tu as des alliés. Ceux qui en veulent aux Vongola au point de faire sauter le CEDEF, et d'attaquer lors de la Cérémonie de Succession.

-Tu es vraiment ma fille, me fit-il remarquer avec un minuscule sourire de fierté mélangé à de la tristesse.

-Pourquoi maintenant ? Le questionnai-je en lâchant mon médaillon. Pourquoi ne pas m'avoir récupéré avant contre mon gré ?

-Tu n'aurais pas été aussi coopérative si tu avais été là contre ton gré...ou si tu étais venue plus tôt.

Je ne dis rien. Il a raison, j'aurais été capable de l'attaquer à vue il y a quelques années.

-Qu'est-ce que tu attends de moi maintenant ? Que je reprennes les rennes et que j'attaque les Vongola ? Que je trahisse mes deux frères ?

-J'aurais dit oui sans hésiter il y a quelques années. Mais plus maintenant. Je suis vieux, je suis fatigué, et je suis rongé par les remords d'avoir brisé ma petite fille. J'ai fait passé les Vengadores avant toi et j'ai pris conscience de mes actions que quand tu t'es échappée. Tu étais trop jeune pour que je puisse dire si tu pouvais reprendre les rennes, j'étais trop impatient de voir tes progrès et déçu en voyant que tu n'avais aucune endurance. J'ai fait pleins d'erreurs te concernant et je sais que rien ne pourra les réparer. Je sais que des excuses ne feront rien. Maintenant je veux simplement que tu saches la vérité et que tu fasses tes propres choix. J'attendrai patiemment que tu m'envoies à Vendicare.

-Tu enlève tout le fun à t'envoyer là-bas si tu ne te défends pas, crachai-je en rentrant mes ongles dans mes cuisses.

Quand est-ce que ma colère envers lui s'est calmée à ce point ? Le fait est que je comprends parfaitement à quel point on est prêt à faire absolument tout pour se venger. Le fait est que ma colère est dirigée vers les Vongola d'avant Tsunayoshi.

-J'ai besoin des Vongola, m'entendis-je déclarer d'une voix dure, j'ai besoin de Tsunayoshi afin de changer la Mafia et refaire d'elle ce qu'elle était au début, avant le Secundo et tout ce qui c'est passé à partir de son règne. Je ne détruirai pas les Vongola. J'en ai marre de toutes les injustices qu'il y a dans ce monde. Je veux changer ça et j'ai besoin que Tsunayoshi change les Vongola pour ça.

-Tu me fais penser à ma mère.

-Vraiment ?

-Aussi bien physiquement que mentalement.

-Sauf que moi, je sais que pour avoir la paix, on doit se battre pour avant. Il y aura toujours des gens qui préféreront le genre de monde dans lequel on vit. Mais pour ça, les Vongola doivent vaincre cette menace qui pèse sur eux. Tu connais l'identité du Big Boss toi, alors dis-le moi.

-Je ne peux pas. L'omerta m'en empêche. Les seuls à savoir sont les Boss, ainsi que leur successeur si ils en ont.

-Tu me dis que si je veux savoir l'identité de ton ennemi, je dois accepter de te succéder.

-Exact.

-Tu te fous de ma gueule ?! Lui criai-je en me levant d'un bond, renversant ma chaise. Après tout ce que t'as dit, tu me demandes de devenir...le Dixième du Nom ?!


Memòria


Maintenant elle comprenait Xanxus.

-Laisse...la bouteille !

Le barman regarda la jeune femme terminer son verre de tequila et rouvrir la bouteille. Elle ne supportait clairement pas l'alcool mais elle continuait. C'était pas son problème au pire. Il retourna s'occuper d'autres clients, la gardant tout de même à l'œil.

-Tous des connards, marmonna-t-elle en buvant au goulot.

Xanxus buvait pour oublier sa douleur et elle le comprenait tellement maintenant. Elle savait qu'elle était bourrée, mais tout ce que son père lui avait dit la faisait rire maintenant. La vérité qu'elle cherchait tant, ça faisait un mal de chien. Mais là elle ne sentait plus rien. Jusqu'à ce qu'on lui enlève la bouteille des mains.

-Hey toi ! S'exclama-t-elle en se tournant lentement. D'où tu...

Elle regarda l'homme sans rien faire pendant quelques secondes puis se leva. Elle tituba et dû se rattraper au bras de l'individu, qui ne cilla pas.

-Comment...tu fous quoi...ici ? Parvint-elle à demander en faisant des pauses.

-C'est pas le plus important pour le moment.

Il lui prit le poignet et la traîna dans la rue. Même si c'était Barcelone, il n'y avait personne à cette heure tardive, ou matinal selon du point de vue. Sans qu'il ne s'y attende, un poids s'accrocha à son cou et des sanglots et reniflements se firent entendre. Il leva les yeux au ciel, cachant au maximum son agacement.

-Maintenant je te vois entièrement...mais dans un état pitoyable.


Memòria


Plume85: Voilà, j'espère que vous avez aimé et merci d'avoir lu en tout cas ! Maintenant on connaît le papa de Luciana et Xanxus, youhou ! JuriiGothic, merci de la review, comme d'hab' :), et j'espère que tu es contente de tout savoir sur la naissance de notre chère, tendre et très chiante protagoniste. Heureuse que tu trouve Luciana et Hibari mignons :). Allez, laissez-moi vos avis en reviews et ciao~!