Chapitre 21 :
La lumière aveuglante du soleil me réveilla peu à peu. Je me frottai les yeux face à cette nuisance qui m'avait empêché de rester endormie. J'émis un grognement quand j'ouvris la bouche pour prendre une bouffée d'air, ma gorge me faisait horriblement mal comme-ci on avait essayé d'y mettre quelque chose mais je savais très bien que mes plongeons forcés dans l'eau glacée y étaient pour quelque chose.
Je m'étirai et sentis les courbatures dans mes bras, mes jambes et même dans les muscles de mes hanches. Mon cerveau en alerte avait fait que mon corps s'était contracté durant toute la durée de mon enlèvement. C'est avec un long soupir que je m'asseye me demandant combien de temps j'avais dormi. L'herbe dans laquelle j'avais atterri était entourée de sapins, me protégeant des regards, même si je me demandais si quelqu'un pouvait être dans les parages. C'était peu probable.
Je levai les yeux vers le ciel et les rabaissai aussitôt. Le soleil était à son zénith, il me brulait les yeux et la température estivale me réchauffait. D'après ce que j'avais appris en astronomie il devait être dans les alentours de midi. Je me souvenais avoir atterri ici alors qu'il faisait nuit, j'ai donc dû dormir plusieurs heures, mon corps en avait eu besoin.
Je m'accroupis, me méfiant de ce qui pourrait se cacher derrière les sapins qui m'entourait, qui sait peut-être que Caleb ne m'a pas aidé mais qu'il m'a envoyé dans un endroit bien pire que les cachots dans lesquels j'étais. Je n'entendais ni ne voyais rien de suspect. Doucement je me mis sur mes pieds, sursautant au moindre bruit, me souvenant que je n'étais plus en possession de ma baguette.
J'avançai doucement vers les sapins en faisant attention a où je mettais mes pieds nus. Je me baissai à chaque branche qui me barrait le passage et arrivai enfin à passer la dernière rangée d'arbres. J'essuyai ma chemise blanche et me dépêchai de mettre mes pieds dans l'herbe pour soulager la douleur. Quand je levai enfin les yeux vers l'horizon je ne pus m'empêchai d'émettre un cri de surprise. Je n'avais pas vu cet endroit depuis deux ans maintenant, je ne l'avais jamais vu de cet angle-là d'ailleurs. Devant moi se trouvait le Mont Greylock là où l'école de sorcellerie du Massachusetts avait été bâti, mon ancienne école était là devant moi. Les larmes aux yeux, je ne rendais pas encore compte que j'aurais à descendre dans la montagne pour la rejoindre alors qu'on nous avait toujours dit dès la première année que cette montagne était interdite.
Je devais arriver en haut avant la tombée de la nuit. Nos professeurs nous avaient mis en garde contre la créature de la nuit qui peuplait cette montagne, le dissimuleur, créature pouvant prendre l'apparence de n'importe quel objet. D'autres créatures vivaient dans cette forêt comme le puckwoodgenie ou encore le womatou, mais je préférais éviter d'y penser où mon courage me quitterait aussitôt.
J'ai mis presque deux heures à descendre la colline dans laquelle j'avais atterri - deux fois plus de temps que la normale. À cause de mes pieds nus j'avais dû esquiver et prendre des chemins moins épineux ou caillouteux. J'avais déjà faim et soif, je ne pouvais pas me blesser, cela me ralentirait davantage. J'étais aussi épuisée et surtout sans baguette alors je me devais de continuer pour demander de l'aide. L'école n'était jamais vide même durant les vacances d'été. Le directeur Atlantes Faulkner et sa famille séjournaient là toute l'année. Je n'arrivais pas à me dire que le père d'Antwan Faulkner était ma seule solution. Je n'aurais pas d'autres choix que de lui dire ce qui était arrivé, que je savais pour le Sixcle et qu'un chasseur de sorcier avait occupé ces lieux. Je préparais mon explication dans ma tête alors que j'aperçus une rivière.
Elle me séparait du Mont Greylock, je courus vers celle-ci ne pensant plus à mes pieds et m'accroupis. Je pris de l'eau dans mes mains pour me rafraîchir la figure avant de me baisser pour boire l'eau à même la rivière. Après plusieurs gorgées je regardai mon reflet dans l'eau et me mis à paniquer. Ma respiration était saccadée, je reculai de plusieurs mètres, pétrifiée par l'eau. Quand je regardais l'eau de près, les souvenirs me revenaient, sa poigne dans mes cheveux pour me maintenir la tête dans l'eau, son reflet qui jubilait alors que je m'étouffais… Je frissonnai à en claquer des dents, mes ongles se plantèrent dans les paumes de mes mains et une crise d'angoisse commença. C'était trop tôt, je n'arriverai jamais à traverser cette rivière à la nage, réalisai-je en voyant dans quel l'état j'étais. Je n'arriverai pas à l'école à temps, un puckwoodgenie me lancerait une flèche empoisonnée ou un dissimuleur m'attaquerait sans hésiter. J'allai mourir ici, me dis-je avant de m'allonger en position fœtale.
Ce que je craignais arriva, il commençait à faire plus frais mais il ne faisait pas encore noir. Les jours étaient longs en juillet mais j'étais presque sûre que j'atteindrai l'école quand il fera nuit. J'étais restée évanouie devant la rivière pendant plusieurs heures, ma crise d'angoisse et ma fatigue avaient eu raison de moi. Je me levai, les jambes toutes tremblantes face à cette rivière qui me faisait toujours aussi peur. Je n'avais pas le choix. Je mis un pied dans l'eau puis l'autre, la froideur de l'eau soulageait mes égratignures. Je priai, en avançant lentement, d'avoir pied. Je n'aurais pas la force de me laisser flotter ou pire de devoir mettre la tête sous l'eau. Le courant n'était pas fort mais je reculai d'un pas car je me rendis compte que l'eau atteignait déjà mon cou. Je regardai le ciel se couvrir et pensai que je devais être courageuse, je ne pouvais pas ne pas réussir à traverser cette rivière. Je me retournai et me mis à flotter sur le dos, me sentant plus sereine le visage vers le ciel. Je battis doucement des jambes en m'aidant peu de mes bras. Une minute plus tard, la main que j'avais laissé tendue toucha de l'herbe et je me retournai aussitôt pour sortir de cette rivière. Ma chemise blanche était désormais transparente, j'étais frigorifiée et un orage menaçait de me tomber sur la tête. Si je ne mourais pas aujourd'hui, que ce soit attaquée par une créature ou de froid, cela relèverait du miracle.
J'essuyai mes pieds sur l'herbe sèche et ne perdis pas de temps. Je levai la tête vers le sommet du Mont Greylock et vis que la brume qui dissimulait l'école aux yeux des moldus étaient encore plus épaisse que d'habitude. Le temps était lourd, le ciel remplit de nuages gris, l'orage arrivait… Je m'enfonçai dans la montagne, mes mains sur mes bras pour me réchauffer quand je n'avais pas à les utiliser pour esquiver une branche d'arbre ou à planter mes ongles dans la terre pour m'aider à grimper.
Au bout d'une demi-heure je sentis une goutte me tomber sur les cheveux puis une deuxième sur le nez avant qu'un torrent de pluie ne s'abatte sur moi. Le tonnerre grondait alors que je courrais en glissant quelques fois et en me relevant aussitôt pour atteindre l'école au plus vite. J'entendais des animaux courir au loin - surement pour se réfugier - j'espère. Je tendis la main pour attraper une racine qui m'aiderait à atteindre le chemin qui était au-dessus de moi, un raccourci est toujours le bienvenu dans ces moments-là, mais quand ma tête arriva au niveau du chemin je me retrouvai face à une créature magique qui me regardait la tête penchée sur le côté. C'était un félin, mi lion mi puma, ses yeux jaunes se demandant surement ce qu'il allait faire de moi.
- Un… Un womatou, murmurai-je alors que cette créature se mit à me rugir en pleine tête
Je baissai les yeux aussitôt en contrôlant ma respiration, les womatou avaient le pouvoir d'hypnotiser et de lire dans les pensées. Ils étaient rapides et les livres que j'avais lu les disaient invincibles. Je n'avais pas d'alternative, si je m'enfuyais son instinct lui dirait de me poursuivre et si je levais les yeux vers lui je risquais de faire face à ses pouvoirs psychiques. Je m'obligeai à calmer ma respiration et à réfléchir à un plan. Peut-être allait-il se lasser de moi, s'il voulait m'attaquer il l'aurait déjà fait, non ?
Le womatou se mit à rugir une nouvelle fois, je sursautai en levant les yeux vers les siens par mégarde. Ses yeux jaunes rencontrèrent mes verts et je sentis qu'il entrait dans ma tête. Je pensais que j'allais mourir ici mordue par ce womatou alors que je voulais atteindre l'école pour leur dire ce que j'avais appris et pour survivre aussi, moi qui avait perdu mes parents dans un incendie à l'âge de quatorze ans, moi qui ne pensait qu'à me venger pour ma famille. Mon père qui était intelligent, doux et parfois maladroit, ma mère qui était froide, stricte mais courageuse. Je clignai des yeux quand le womatou se recula en baissant la tête. La créature avait lu dans mes pensées, compris-je. Elle attrapa ma manche droite d'une rapidité déconcertante, je n'eus même pas le temps de crier qu'elle me tirait pour m'aider à atteindre le chemin où elle se trouvait. Bouchée-bée et à genoux sur la terre humide, je ne fis pas attention à la légère douleur que je ressentais dans le poignet, mes yeux fixaient les siens.
- Merci, dis-je à cette bête, normalement féroce, qui m'avait aidé
Etait-ce mon attachement à ma famille ou mon envie de survire qui l'avaient touché quand elle a fait un tour dans mes pensées ?
Elle pencha la tête vers moi avant de se retourner et d'avancer tranquillement dans la forêt. Le tonnerre me fit sursauter et je vis que le womatou s'était arrêté. Il avait l'air de m'attendre, voulait-il me guider jusqu'à l'école ? Il ne m'avait rien fait jusqu'ici, je pouvais lui faire confiance, je n'avais pas d'autres options.
Je suivis le womatou qui adaptait son rythme au mien et menaçait les animaux magiques ou non qui rencontraient notre chemin. Une heure et demi plus tard j'aperçus le château de granite derrière les sapins. Le womatou s'arrêta comme-ci il voulait me dire que nos chemins se séparaient ici. J'eus envie de lui faire une caresse mais je n'osai pas, tout le monde savait que les womatou étaient sauvages et impossible à domestiquer. Je lui dis merci une nouvelle fois et il me tourna le dos, courant à toute vitesse vers l'endroit d'où nous venions - je ne savais pas qu'elle allait rejoindre ses petits, son instinct maternel était la raison pour laquelle elle m'avait aidé.
Je souris et me tournai vers le château. Je franchis les dernières rangées de sapin, je voyais enfin l'école dans son ensemble. Le château de granite, les tours gigantesques, les murs protégeant l'école et le portail où étaient gravé les armoiries de l'école... À bout de souffle et à bout de force, heureuse et soulagée d'être enfin arrivée ici, je m'agenouillai devant le portail et me mis à pleurer toutes les larmes de mon corps, j'étais sauvée. Quoi que ?
Les sortilèges qui protégeaient l'école s'activèrent à mon arrivée, des puckwoodgenies embauchaient pour protéger l'école sortirent de leur cachette pour regarder qui était devant l'école en pleine nuit et en pleine vacances scolaires.
- Lumos, entendis-je quelqu'un murmurer
Je tournai la tête vers la voix - mes cheveux ne me cachaient pas totalement la vue - parfois il vaudrait mieux.
- Ch… Chang c'est toi ? dit la voix venant de ma droite
Antwan Faulkner était là, à cinq mètres de moi, les sourcils relevés au maximum et ses cheveux, habituellement coiffés d'une raie au milieu, étaient sur son front à cause de la pluie torrentielle. Sa robe de sorcier était également trempée, le balai qu'il avait dans la main droite me fit comprendre qu'il revenait d'une sortie tardive. Même trempé jusqu'à l'os il pouvait vous faire sentir inférieur à lui, même épuisée il m'énervait…
- Par la barbe de Merlin mais qu'est-ce-que tu fiches ici ! s'écria-t-il
Je secouai la tête en pensant que le mauvais sort s'acharnait sur moi. Pourquoi lui ?
Je regardai tout autour de moi quand je traversais la cour de l'école en direction de la porte d'entrée. Rien n'avait changé. J'aperçus le terrain de Quidditch, j'y jouais avant, ma mère adorait ça. Le banc où Caleb et moi nous étions embrassés pour la première fois ou encore la serre, là où mon père et moi allions planter des plantes aussi farfelues les unes que les autres, notre moment à nous, me rappelai-je avec émotion.
Faulkner tapota sur la grande porte avec sa baguette et elle s'ouvrit aussitôt. Il entra dans le hall, je le suivis et fus tout aussi subjugué que la première fois que j'y suis entrée. Cela faisait tellement longtemps que j'avais vu cette coupole circulaire en verre qui servait de plafond. J'étais tellement en admiration devant cette école qui renfermait mon ancienne vie que je ne remarquai pas que Faulkner s'était arrêté et tourné vers moi. Je le percutai de plein fouet. Je secouai la tête et levai les yeux vers l'élève que je détestais le plus dans cette école. Ses yeux à lui ne fixaient pas les miens mais ma chemise qui était transparente et qui laissait peu de place à l'imagination.
- Pervers ! m'écriai-je en mettant mes mains sur ma poitrine
Il émit un rictus moqueur avant de me regarder de haut, comme d'habitude.
- Maintenant que nous sommes au sec tu peux me dire ce que tu fiches ici ? Et dans cette tenue en plus ? Bien qu'elle ne soit pas déplaisante à regarder, ajouta-il en me reluquant une nouvelle fois
Je le fusillai du regard. Même épuisée il arrivait à me fatiguer encore plus.
- Je ne peux pas te le dire à toi, répondis-je, tu n'es pas encore…
J'allai lui dire qu'il ne savait pas encore que son père fait partie du Sixcle ou que les chasseurs de sorciers existent mais je me tus à temps.
- Je ne suis pas encore quoi ? demanda-t-il. Et puis arrête de trembler comme ça ! s'agaça-t-il
Il me lança un sort de séchage. La chaleur que je ressentis aussitôt me fit soupirer de contentement. Je ne pensais qu'à une chose maintenant manger et dormir. Je devais tout de même voir son père avant, me souvins-je.
- Ton père, je veux voir ton père, dis-je
- Mon père est parti d'urgence au Mystic Camp, me révéla-t-il, quelque chose s'est passé…
Mes yeux s'ouvrirent sous le choc. Ils doivent être en train de me chercher au camp, j'avais complétement oublié.
- Quelle heure est-il ? lui demandai-je paniquée
- Vingt-deux heures quarante-deux, me répondit-il avec nonchalance, mais tu ne devrais pas être au Mystic Camp toi aussi ? Et ne me dis pas que tu es venue ici à pied à travers la montagne ? me demanda-t-il en pointant du doigt mes pieds égratignés
Cela faisait environ vingt-quatre heures que j'avais disparue. Kraven devait se doutait que les chasseurs y étaient pour quelque chose tout comme Alexandre. Ils devaient me croire morte sur le bucher…
- C'est une longue histoire, Faulkner, une longue histoire, répondis-je. J'ai besoin de m'asseoir et d'envoyer un hibou au Mystic Camp et à ton père aussi, lui dis-je, et je meurs de faim !
Il hocha les épaules et me dit de venir dans les appartements privés de sa famille. Je n'ai jamais fait confiance à ce garçon, il avait utilisé le sortilège de l'imperium sur moi pour me forcer à dire à mon père que je voulais l'épouser à ma majorité. Caleb m'avait sauvé de lui, soufflai-je en pensant qu'il avait fait ça pour me faire encore plus de mal que ne le ferait Antwan. Il était désormais majeur et ne venait plus au Mystic Camp, je me pensais débarrassé de lui à tout jamais jusqu'à ce qu'Alexandre me dise qu'il était lié au Sixcle.
Je le suivis, traversant la salle de restauration où tous mes souvenirs revenaient – la table des professeurs, la place où mon père s'asseyait. Je ressentis de la rage envers Caleb en revoyant tout ça, il m'avait piégé - Faulkner avait raison j'avais été faible d'être tombée amoureuse d'un sang-de-bourbe.
Le long couloir menant à ses appartements était décoré de tableaux ou coupes rappelant les succès des sorciers ayant étudié ici. Je m'arrêtai une seconde sur une étagère :
Elerinna Chang avril 1972 : premier prix du concours de botanique avec les félicitations de Linh Chang
Une photographie me montrait avec mon père devant la plante que j'avais parfaitement fait pousser - un trophée à la main tandis que l'autre tenait le bras de mon père, fier comme le professeur de botanique qu'il était.
- Nostalgique ? murmura Antwan qui s'était arrêté n'entendant plus mes pas derrière lui
- Euh oui, répondis-je doucement n'ayant pas l'habitude d'avoir une conversation sérieuse avec lui
- Viens, me dit-il en me tirant par le poignet gauche, on y est !
J'avais beaucoup plus l'habitude qu'il se comporte comme ça, comme une sale brute.
J'émis un cri de douleur quand sa main s'empara de mon poignet. Intrigué, il souleva ma manche déchirée et ce qu'il vit lui fit lever un sourcil. Des traces de crocs entouraient mon poignet, je ne saignais pas mais des ecchymoses allaient se former.
- Tu es bien venue ici par la montagne ! comprit-il les yeux écarquillés. C'était quoi ? me demanda-t-il en me montrant mon poignet
- Un womatou, murmurai-je en sachant très bien qu'il ne me croierait pas
- C'est ça Chang ! Et moi je me suis accouplé avec un hippogriffe, répliqua-t-il en secouant la tête
Il continua sa route, s'arrêta devant la grande porte noire et murmura le mot de passe. Il ouvrit et se posa avec nonchalance sur l'encadrement de la porte me faisant comprendre son impatience. Je franchis rapidement le pas de la porte et il la claqua derrière moi. L'ambiance de cet appartement était comme je l'avais toujours imaginé, de couleur bordeaux et noir, aristocratique et gothique à la fois.
Il enleva sa cape trempée, se lança un sort de séchage et sa frange sèche tomba aussitôt sur son front.
- Assied toi, me dit-il en me montrant des fauteuils luxueux installés autour d'une table basse
Il ne fallait pas me le dire deux fois. Je courus presque pour m'installer sur le fauteuil moelleux sentant la fatigue revenir à son contact, j'allais m'endormir.
- Hey Chang ! crit-il en claquant les doigts. Tu ne devais pas envoyer un hibou ?
- Si mais je n'ai pas la force, baillai-je en m'appuyant sur l'accoudoir du fauteuil
- Dors, dit-il d'un air sérieux, je vais envoyer un hibou disant que tu es là. Cela devrait suffire non ? se demanda-t-il à lui même
Il fit apparaitre un morceau de parchemin avec sa baguette et se mit à écrire avec sa plume. Je me forçai de garder les yeux ouverts jusqu'à ce qu'il appelle son Grand-Duc et qu'il lui dise d'envoyer son mot le plus vite possible au camp.
- Je vais demander aux elfes de te préparer quelque chose, allonge toi dans le canapé en attendant
Je hochai la tête me levant difficilement du fauteuil pour venir m'écraser dans le canapé et m'endormir aussitôt. J'étais tellement épuisée que je ne pensais plus à la menace que pouvait représenter Faulkner. Jamais je ne me serais endormie devant lui avant, jamais…
- Elerinna ! Elerinna ! quelqu'un criait en me secouant
Je me frottai les yeux et les ouvris doucement. Des yeux bleu ciel étaient à deux centimètres des miens. Je les reconnaitrai n'importe où !
- Au nom de Merlin ! Tu es vivante ! s'écria Alexandre qui se jeta sur moi pour m'enlacer
Je lui rendis son étreinte, je me retenais de craquer une nouvelle fois. Ça y est ! J'étais saine et sauve. Alexandre se détacha de moi au bout de dix secondes, remis son col de chemise en place, gêné de s'être laissé aller devant tout le monde. Kraven était là, il avait l'air à la fois furieux et soulagé. Il était accompagné du directeur du Mystic Camp : Monsieur Larsen ainsi que de Bao qui me regardait de haut. Je leur jetai un rapide coup d'œil avant de me jeter comme un ogre sur la nourriture préparée par les elfes, j'étais affamée. Je n'avais pas mangé de la nourriture américaine depuis deux ans. Je mordis dans le hamburger à pleine bouche - me fichant de la sauce qui me tachait le coin de la bouche.
- Miss Chang, entendis-je le directeur de l'école Atlantes Faulkner m'appeler
Je reposai doucement le hamburger sur la table et bus un verre d'eau. Celui-ci se remplissait automatiquement alors j'en bus trois d'affiler avant de me dire que je devais me tenir devant eux.
- Elle n'a pas l'air d'aller mal, commenta Bao
Je fronçai les sourcils, comme pouvait-il dire ça ? Kraven donna un coup de coude à Bao qui s'écrasa presque sur une commode qui était à deux mètres de lui. Il baissa les yeux et personne n'osa dire quelque chose au vampire.
- Mais qu'est-ce qu'il fait ici ? demandai-je tout haut en montrant Bao du doigt
Il me détestait depuis cette histoire avec Marie MacDonald. Il leva la tête et son regard sombre me fixait avec méfiance.
- Le directeur a prévenu mes parents de ta disparition, commença-t-il, ils sont très inquiets. Mais, dit-il en avançant vers moi, la question est où est Caleb ? Il a disparu en même temps que toi, me soupçonna-t-il en me pointant du doigt
C'était incroyable ! Il voyait que j'étais une vraie loque, habillée d'une chemise déchirée pleines de boues, que j'étais égratigner sur les jambes et les pieds. Je devais être blanche comme un cadavre et il osait me soupçonner d'avoir quoi ? Tuer Caleb ?
- Comment oses-tu ? me levai-je en le pointant du doigt. Si tu savais ! m'exaspérai-je
- Si je savais quoi ? s'énerva-t-il. Tu as changé depuis l'année dernière à trainer avec ces futurs mangemorts ! Tu as rompu avec Caleb et t'en est prise à une fille de parents moldus !
Antwan leva les yeux vers moi avec un sourire en coin. Il mit sa main sous son menton et écouta avec intérêt l'échange qu'on avait. Alexandre semblait vouloir en savoir plus sur ma cinquième année à Poudlard, je le voyais dans ses yeux.
- Cela ne veut pas dire que… Que je suis responsable de sa disparition ! criai-je. Il n'a même pas disparu d'ailleurs, dis-je en écartant les bras
Bao sortit sa baguette de sa poche et la pointa vers moi. Jamais je n'aurais cru que Bao aurait levé sa baguette sur moi. Quelqu'un m'aurait dit ça je lui aurais ri au nez en lui disant que cela serait plus probable que ce soit Barty…
- Où est mon ami ! s'écria-t-il en insistant sur le mot ami
Je levai les mains en guise de paix, comment pouvait-il retourner la situation de la sorte ? Caleb était le méchant de l'histoire, pas moi, pas encore du moins.
Kraven utilisa sa super-vitesse pour lui voler sa baguette alors qu'Alexandre était en train de sortir la sienne pour me défendre.
- Sale suceur de sang ! s'énerva Bao
- Ça suffit ! retentit le cri du Directeur de l'école qui avait utiliser sa baguette pour se faire entendre à un kilomètre à la ronde
Tout le monde se tut. Je me rassis à ma place, aussi intimidée que les autres face à la colère du Directeur. Bao devait se dire que le directeur de l'école de Salem était bien plus sévère que Dumbledore, il n'avait pas tort.
- Miss Chang, commença Atlantes Faulkner, que s'est-il passé ?
- Où est Caleb Putnam ? ajouta Monsieur Larsen
Monsieur Faulkner lui lança un regard noir.
- C'est mon travail de surveiller les pensionnaires de mon camp, s'expliqua Monsieur Larsen, c'est une bonne chose d'avoir retrouvé Miss Chang mais elle est la dernière personne à avoir été vue avec Caleb Putnam.
Monsieur Faulkner hocha la tête, il me regarda et attendit que je réponde à leurs questions. La tension était palpable, ils voulaient tous que je parle.
- Je… Je ne sais pas si je peux le dire, hésitai-je en croisant le regard d'Alexandre
Alexandre ouvrit grand les yeux, il avait compris que les chasseurs étaient derrière ma disparition. Kraven fronça les sourcils et me fixa, il s'en doutait lui aussi. Il avança jusqu'à moi, s'agenouilla devant moi et plongea ses yeux dans les miens. Il entra dans ma tête et vit tout - mon rapprochement avec Caleb, mon réveil dans le cachot, ma torture, le portoloin et ce que j'avais vécu pour revenir ici.
- Je suis désolé ! dit-il en me serrant les mains. Jamais je n'aurais cru qu'il… qu'il était, s'excusa-t-il se sentant coupable
- Quoi ! Qu'est-ce qu'il a vu ? s'agaça Bao. Qu'est-il arrivé à Caleb ?
Bao et Caleb étaient devenu très amis à Poudlard. Lui aussi avait été berné, comme tout le monde.
Kraven lança un regard lourd de sens à Monsieur Faulkner. Cela ne regardait que nous.
- Monsieur Larsen, déclara le Directeur de l'école, je crois que Monsieur Chang, Monsieur de Chantérac, mon fils et vous-même devriez attendre dans la salle d'à côté.
- Bien monsieur, répondit le directeur du Mystic Camp qui s'en alla suivit des trois garçons
Antwan avait l'air agacé que son père ne l'inclut pas dans la discussion, Bao faisait tout pour sortir le moins vite possible tandis qu'Alexandre le forçait à avancer.
La porte se ferma derrière eux et le directeur lança un sort de silence. Personne ne pourrait entendre notre discussion.
- Alors Miss Chang, dîtes-moi ce qu'a vu Kraven dans votre tête. Dîtes-moi tout sur votre disparition…
Kraven s'assit à côté de moi, sa présence me rassurait, je jetai un œil dans sa direction et il hocha la tête pour me dire de parler. Je pris une grande respiration, ma douleur me rappela aussitôt les événements. Je ne savais pas par où commencer.
- Hier soir Caleb et moi sommes allés dans son bungalow et…
Je n'osais pas dire ça devant eux. Kraven savait, il l'avait vu dans ma tête, c'était très gênant. Je n'ai pas eu besoin de le dire au Directeur, je vis dans ses yeux qu'il avait compris.
- Ensuite, continuai-je, je me suis réveillé dans un cachot. Je n'avais plus ma baguette et la cellule était entourée d'un sortilège vaudou pour empêcher d'utiliser la magie
Au mot vaudou le Directeur perdit son calme et accourut vers moi. Il s'agenouilla devant moi, redoutant la suite de l'histoire.
- Des chasseurs de sorciers, dis-je enfin tout haut
Il se leva pour faire les cent pas. Il secouait la tête en disant que ce n'était pas possible.
- Ils sont responsables de l'incendie qui a tué mes parents, ajoutai-je
- Non, dit-il n'acceptant pas la vérité
- Ils les ont tué parce qu'elle faisait partie du Sixcle, révélai-je
Les yeux du Directeur sortirent presque de leurs orbites quand il entendit le nom de cercle. Il vint vers moi et mit ses mains sur mes épaules.
- Comment connais-tu son existence ? Vous lui avez dit ? reprocha-t-il à Kraven
Kraven fit non de la tête, exaspéré que le Directeur me coupe à chaque fois.
- Ecoutez Elerinna et vous comprendrez, dit-il
- Kraven m'a dit que les chasseurs étaient responsables de la mort de mes parents mais Alexandre a découvert l'existence du Sixcle et m'en a parlé hier, révélai-je
- Alexandre ? Monsieur de Chantérac ? me demanda-t-il surpris
Je hochai la tête.
- Le fils du stupide producteur de balai à découvert ça ? s'étonna-t-il
- Votre fils et vous-même devriez arrêter de sous-estimer Alexandre, conseillai-je
- Vous savez tout alors ? dit-il en réajustant sa cravate
- J'en sais même plus que vous, répondis-je
Il me regardait en attendant que je continue. J'avais enfin tout son attention.
- Caleb Putnam, prononçai-je son nom avec hargne
- Quoi qu'est-ce-que ce sang-de-b… Hum, se reprit-il, cet enfant de non-maj à affaire avec ça ?
- Caleb est bien plus qu'un sang-de-bourbe, me levai-je. Son père Gunther, son grand frère Calum, son cousin David, son oncle Zion et ses ancêtres sont des chasseurs de sorciers, déballai-je.
- Qu'est-ce-que vous dîtes ! s'écria-t-il
J'avançai doucement vers lui et continuai ma tirade.
- Ses ancêtres sont la raison pour laquelle le Sixcle a été créé il y a des siècles. Quand Caleb a reçu sa lettre pour entrer ici ils ont vu l'opportunité de l'utiliser pour infiltrer notre monde. Ils ont réussi ! criai-je. Mes parents sont morts car je l'ai laissé se rapprocher de moi ! m'effondrai-je
Je tombai à genoux, les vingt-quatre dernières heures me tombaient dessus de plein fouet. Je venais enfin de réaliser. Le contre coup de mon enlèvement, de mon sentiment de trahison et de culpabilité se sont enfouis en moi pour venir me presser le cœur au point de le faire saigner.
- Je vais l'amener à l'infirmerie, dit Kraven qui s'abaissa pour me porter, elle est sous le choc
Le Directeur aussi était sous le choc, il s'était assis sur un fauteuil et essuyait les grosses gouttes de sueur qui perlaient sur son front.
Kraven ouvrit la porte et nous fîmes accueilli par les regards inquiets, curieux et méfiants de ceux qui avaient quittés la pièce quelques minutes plus tôt. Il ne répondit pas à leurs questions sur mon état et s'élança vers l'autre côté de l'école. Sa super-vitesse me donnait le tournis, je ne distinguais rien, je sentais l'air sur mon visage. J'avais l'impression de voler sur un balai. J'avais l'impression de ne plus rien ressentir. J'avais l'impression d'être libre…
CHAPITRE 21 : JK Rowling a publié un texte sur école de sorcellerie américaine en 2016, j'ai commencé cette fiction en 2013 donc je n'ai pas pu suivre sa description d'Ilvermony et des maisons... Mais j'ai utilisé sa description de l'école, des créatures magiques qu'il y a aux alentours... J'espère que vous avez aimé ce chapitre, le prochain sera sur la réunion avec vous-savez-qui. N'hésitez à m'écrire des reviews constructives, j'en ai besoin :) Merci de lire. A bientôt !
