Switched at Death par Rikurt36
Résumé : Quand la forme Voltron d'Ethan et Aiden est « tuée » par le Darach, leurs deux personnalités sont altérées et Ethan se retrouve obsédé par Lydia alors qu'Aiden tombe amoureux de Danny. Mais comment réagiront leurs amants respectifs ?
Notes de l'auteur : Ma nouvelle fiction s'appelle « Switched at Death » (« Echangés à la mort »), ce qui fait référence à l'expression « switched at birth » (« échangés à la naissance »). J'espère que vous apprécierez l'idée un peu folle que j'ai eue, et que j'avais d'abord proposée en prompt à ma chère DoctorLoveRose, qui me l'a finalement retournée ! Alors je lui dédie cette fanfiction.
Notes du traducteur : Voilà encore une de mes fictions que j'ai traduite en français pour vous !
– Est-ce que vous pouvez les sauver ? demanda Cora après avoir aidé à allonger les jumeaux sur deux tables différentes.
Ethan et Aiden étaient incroyablement immobiles, et du sang séché tombait de leurs bouches où le vétérinaire avait mis des masques à oxygène. Lydia se tenait près de son amoureux et la sœur de Derek prenait soin d'Ethan alors que Deaton cherchait des instruments médicaux.
– Je ne sais pas. Le Darach a tué leur forme Voltron, mais il y a une petite chance pour que leur forme humaine soit toujours en vie. Par contre, ils risquent d'être endommagés, s'ils se réveillent.
Finalement, il piqua les bras des jumeaux pour leur injecter un liquide clair. Mais rien ne se produisit.
– Ils ne bougent pas. Pourquoi est-ce qu'ils ne bougent pas ? demanda Lydia tout en tenant la main d'Aiden.
Mais les Alphas prirent soudain une grande inspiration, se relevant en position assise.
– Aiden ! dit la rousse, soulagée.
Le plus grand des jumeaux tourna la tête vers elle, baissant les yeux vers leurs doigts entremêlés. Il semblait perdu et assez perturbé. Ses yeux cherchaient désespérément son frère, qui avait refusé la tentative de Cora de l'aider à s'asseoir sur la table et avait laissé ses jambes se balancer dans le vide.
– Est-ce que ça va, les gars ? demanda Cora avec inquiétude.
– Ma tête me fait un mal de chien. C'est comme si j'avais été percuté par un camion, confessa Ethan.
– C'est normal, étant donné que vous êtes presque morts.
– Qu'est-ce que… Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Aiden en bégayant, récupérant peu à peu.
– Eh bien, le Darach vous a tués après que vous avez fusionné, donc j'imagine que votre forme Voltron est morte, expliqua Deaton. Mais on a réussi à vous sauver. Les filles vous ont ramenés juste à temps, sinon vous seriez morts.
– Merci, souffla doucement Aiden.
Ethan renifla, et sauta sur le sol, les mains sur les hanches.
– C'est bon, Aiden ? On peut y aller, maintenant ?
– Quoi ? Où est-ce que vous allez ? dit Lydia en fronçant les sourcils.
Ethan se retourna pour la regarder. Pour la regarder vraiment. Elle pressait sa main contre celle de son jumeau, son bras autour de ses épaules, même si Aiden avait l'air embarrassé par ce contact. Le plus petit des loups-garous ouvrit la bouche pour répondre, mais s'arrêta alors qu'il se perdait dans la contemplation de la jeune fille. Pour la première fois, il la voyait vraiment. Ses yeux vert foncé, ses cheveux roux magnifiques, ses lèvres peintes et ses courbes fines sous sa robe bleue. Quand il réapprit à respirer normalement, il secoua la tête et dit d'une voix peu stable :
– La meute pourrait avoir besoin de nous.
– Mais vous venez juste de vous réveiller ! protesta Lydia. Vous devez vous reposer, Ethan.
Elle se tourna vers son frère.
– Aiden, dis quelque chose !
Le garçon bronzé haussa les épaules, terriblement mal à l'aise, et murmura à son frère :
– Eth, je ne sais pas si on devrait faire ça… Je veux dire, Deucalion nous aurait carrément laissé mourir… Je ne pense pas qu'il mérite encore notre aide.
– Aiden, on n'appartient pas à leur monde !
– Mais la meute se fiche de nous. Pas celle de Sott…
Ethan leva les yeux au ciel et s'approcha de son frère, le prenant par le bras en le dégageant volontairement de l'emprise de Lydia.
– Tu viens avec moi.
Il tira sur son bras, mais leur amie rousse le stoppa.
– Ethan, laisse-le tranquille ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu n'es pas comme d'habitude.
Elle jeta un coup d'œil à son petit ami, qui regardait passivement la main d'Ethan sur son poignet.
– Toi non plus, Aiden.
– Viens là, Aid, répéta-t-il impatiemment en ignorant la remarque de Lydia.
Son frère obéit et il se tint bientôt près d'Ethan, tête baissée. Le plus petit mit une main sur son dos nu et dit :
– Merci de nous avoir ramenés à la vie. Mais on doit y aller.
– Hé ! cria Lydia en s'énervant. Vous ne pouvez pas partir comme ça ! On vous a sauvés ! Je pense qu'on mérite mieux qu'un simple « merci » !
Elle se rapprocha d'Ethan et mit un doigt sur sa poitrine.
– Espèce de louveteaux ingrats.
Ethan sentit sa peau le brûler sous son toucher. Il tenta de se contrôler, se demandant d'où venait tout ça. Son frère parut remarquer son malaise, et demanda dans un souffle :
– Tout va bien ?
– Je ne sais pas. Je me sens bizarre.
Il regarda Lydia. En plus de se sentir bizarre, il y avait visiblement quelque chose avec elle.
– Désolé, dit-il plus haut à Lydia. On va s'en aller. On se voit demain en cours, je suppose.
Les jumeaux partirent, et les trois personnes restantes se regardèrent, choquées.
– Qu'est-ce qui vient de se passer ? dit Lydia. Est-ce que vous avez vu ça ?
– Je ne les connais pas tellement, répondit Cora en haussant les épaules. Ils avaient l'air assez normaux.
– Tu n'as pas remarqué ? On aurait dit… qu'ils avaient été échangés.
Lydia sortit de sa salle de classe avec Allison, jetant un œil à son téléphone tout en marchant près de sa meilleure amie. Les filles se dirigeaient vers les casiers dans le lycée de Beacon Hills, et Lydia ouvrit le sien pour prendre quelques livres. Allison se tenait à côté d'elle et elle l'informa ensuite dans un murmure :
– Il y a quelqu'un qui t'attend.
Lydia fronça les sourcils, fermant son casier, et elle se retrouva en face d'un grand garçon bronzé qui était appuyé contre les placards métalliques.
– Ethan ? dit-elle, déconcertée.
– Salut, Lydia, répondit-il dans un sourire radieux. Ça va ?
Elle le regarda dans une expression de choc total. D'habitude, Ethan ne lui parlait jamais. Ils ne s'étaient pas adressé un mot depuis qu'ils étaient arrivés à Beacon Hills. Il avait même l'air de ne parler à aucune fille du tout. Il y avait quelque chose d'étrange à ce qu'il commence à le faire.
– Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle de façon un peu abrupte.
– Eh bien, à part toi, rien.
Allison pouffa derrière elle, et Lydia lui jeta des éclairs des yeux. La brune comprit le message et partit avec un sourire, annonçant qu'elle allait rejoindre Isaac dans la cour. L'adolescente rousse retourna son attention sur Ethan, qui attendait une réponse dans une posture provocatrice.
– Je ne sais pas à quel jeu tu joues, mais ce n'est pas drôle, déclara Lydia en s'éloignant de lui.
Le loup-garou la suivit. Elle se retourna vivement.
– Arrête ça tout de suite ! C'est quoi ton problème ? Depuis que ton frère et toi vous êtes réveillés hier, vous agissez bizarrement. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ?
Ethan plissa les yeux et parla très sérieusement.
– Ecoute, je n'en sais pas plus que toi. En fait, tout ce que je sais c'est que quand j'ai ouvert les yeux l'autre soir, tout ce que je voyais, c'était toi. Je ne sais pas ce qui s'est passé quand je suis « mort », mais j'ai changé. Je suis un homme tout à fait différent. Et je pense que je pourrais te plaire.
Elle ouvrit la bouche, décontenancée. Est-ce que c'était vraiment Ethan – Ethan le timide, Ethan le gay – qui lui disait ça ? Elle parvint à reprendre ses esprits, et demanda :
– Attends, est-ce que tu es en train de me faire des avances ?
– Eh bien, je ne suis certainement pas en train de faire de la pub pour le nouveau détergent.
Elle se retint de rire. Ça aurait pu être quelque chose que son frère aurait dit. Pourquoi est-ce qu'Ethan agissait comme Aiden ?
– Ecoute, je ne sais pas exactement ce que tu veux, mais j'ai des choses à faire, alors laisse-moi tranquille, s'il te plait.
– Lydia, attends !
Il l'attrapa par la main alors qu'elle partait. Elle frissonna à son toucher doux et délicat. Ses mains n'avaient rien à voir avec celles d'Aiden.
– Je sais que normalement je suis nul pour ça, mais là j'ai l'impression d'être invincible, et c'est pour ça que j'ai besoin de te dire ça maintenant, pendant que j'en ai encore le courage…
Lydia fronça les sourcils. C'était quoi ça encore ?
– Je t'aime bien. Je sais que ça peut paraitre bizarre, et je ne sais pas comment ça se fait, tout comme je ne sais pas pourquoi je suis comme ça, mais si je sais quelque chose, c'est que je t'aime bien.
Pendant un moment, ses mots semblaient purs et honnêtes, et Lydia se sentit tomber à moitié pour eux, mais ensuite elle se rappela. Ethan avait peut-être les traits d'Aiden – ses cheveux, ses yeux, son sourire – mais il n'était pas Aiden. Elle libéra sa main et dit :
– Je suis désolée, Ethan, mais c'est ton frère que je préfère.
Il écarquilla les yeux. Apparemment, il était trop sûr de lui et ne s'attendait pas à se prendre un râteau. Lydia sourit doucement et partit pour de bon, laissant le loup-garou au beau milieu des couloirs.
Danny se retourna dans le couloir, à temps pour voir Ethan prendre la main de Lydia Martin et la serrer. Il avait d'abord froncé les sourcils, mais ensuite il avait senti une chaleur violente dans son ventre. De la jalousie. Il savait qu'Ethan était gay, et qu'il ne le tromperait jamais – pas avec une fille, en tout cas. Mais quand il avait vu la façon dont son petit ami regardait Lydia, dont il la touchait, il s'était senti blessé. Et en danger.
L'Hawaiien ferma son casier – peut-être un peu hâtivement – et se dirigea à grands pas vers eux, fixant Ethan, à présent seul dans le couloir après le départ de la jeune femme rousse. Il mit sa main sur l'épaule de l'autre garçon et dit :
– Salut, qu'est-ce qui se passe ?
Ethan se retourna si vite que Danny n'était pas sûr de l'avoir vu bouger. Le plus petit leva un sourcil, regardant sa main qui était maintenant sur son bras. Danny ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait l'air… dégoûté. L'adolescent aux cheveux noirs sourit doucement et répéta :
– Je t'ai vu avec Lydia. Qu'est-ce qui se passe ?
– Je lui parlais juste. Qu'est-ce que tu veux ?
Danny fut frappé par son ton. Ethan était d'habitude gentil et attentionné, mais il sonnait plus agressif et impatient à présent.
– Rien.
Sa main descendit jusqu'à celle d'Ethan et il la saisit.
– Est-ce que ça va, bébé ?
Ethan grimaça au surnom et dégagea sa main.
– Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?
Ethan secoua la tête, comme s'il était las. Danny caressa doucement sa joue, mais cela fit seulement reculer le plus petit des deux adolescents.
– Ne me touche pas !
– Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
– Danny, je ne… Ecoute, je pense que je ne peux plus être avec toi.
– Quoi ?
Ethan releva les yeux vers Danny, qui le fixait de façon incrédule.
– Comment ça, tu ne peux plus être avec moi ?
– Je ne suis plus amoureux de toi. Enfin, pour tout te dire, je ne me rappelle pas t'avoir déjà aimé.
Les yeux de Danny se remplissaient déjà de larmes, mais il essaya de rester calme et de demander :
– Comment est-ce que tu peux ne plus m'aimer ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
– Je ne sais pas, d'accord ? Tu l'as vu par toi-même, je n'aime pas que tu me touches, ou que tu me donnes des surnoms… Je pense que je ne suis pas gay, finalement.
– Mais, Ethan, tu ne peux pas… tu ne pas devenir hétéro du jour au lendemain, je veux dire, il doit y avoir quelque chose qui a déclenché tout ça, il doit y avoir… Oh.
Danny s'arrêta, se rappelant soudainement depuis quand Ethan agissait bizarrement.
– C'est elle, pas vrai ?
Il baissa les yeux.
– C'est Lydia, hein ?
L'étudiant hawaiien renifla, ne prenant même pas la peine d'essuyer ses larmes.
– C'est toujours Lydia, de toute manière.
Devant le regard interrogateur d'Ethan, il répondit par un faible :
– Je l'ai toujours détestée. Tu sais pourquoi ? Même quand on était à la maternelle, je savais qu'elle était dangereuse. C'est pour ça que j'étais content quand j'ai découvert que j'étais gay au lycée. Au moins je savais qu'elle ne me briserait pas le cœur. Mais elle l'a fait, à la minute où tu l'as choisie à ma place.
– Ecoute-moi, Danny, je suis désolé. Tu es un bon gars, on s'est bien amusés tous les deux, et je ne l'oublierai pas, mais… Je ne suis juste plus intéressé.
Il s'arrêta alors que Danny tentait de cacher ses sanglots.
– Je pense que ce serait mieux si tu arrêtais de me parler. OK ?
Danny aurait voulu hurler sa rage, insulter Ethan et lui rappeler tout ce qu'ils avaient ensemble, mais au lieu de ça, il se soumit, et répondit docilement :
– OK.
Tandis que son ex-petit ami partait, il ne parvint plus à restreindre ses larmes et explosa au milieu du couloir.
Lydia quitta Ethan avec pitié, mais aussi avec perplexité. Ethan n'était pas dans son état normal. Elle devait trouver Aiden, elle avait besoin d'explications. Il était dans le couloir suivant, prenant calmement quelques livres dans son casier parmi la foule. Elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue mais il s'écarta immédiatement.
– Lydia ! Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais là ?
– Rien, dit-elle avec un grand sourire. Je voulais juste te voir. Ça va ? Tu as la tête de quelqu'un qui a vu un fantôme.
– Ouais, tu m'as surpris.
Il passa une main dans ses cheveux et se mordit les lèvres.
– Alors, hum, quoi de neuf ?
– Je pourrais te retourner la question ! Tu agis tellement bizarrement.
– Pourquoi tu dis ça ? murmura-t-il en baissant les yeux.
– Bah, tu n'es jamais timide, ou mal à l'aise, d'habitude.
– Je ne sais pas. Je me sens bizarre, aussi.
Lydia prit son bras et commença à marcher dans l'école. Son petit ami, qui marchait fièrement dans les couloirs auparavant, semblait raser les murs à présent.
– Qu'est-ce que tu dirais de nous trouver une classe vide ? On pourrait parler en privé là-dedans, proposa-t-elle vicieusement.
– Eh bien… Je ne suis pas vraiment d'humeur…
Lydia s'arrêta violemment, et se tourna vers lui.
– Aiden. Tu es toujours d'humeur pour le sexe.
– Pas cette fois, désolé…
– OK, qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi.
Elle croisa ses bras sur sa poitrine.
– Je ne bouge pas tant que tu ne m'as pas dit.
– Je dois aller en cours…
– Tu te fiches des cours !
Elle se calma.
– OK. Alors, qu'est-ce qui se passe ?
– Je… Rien. Il ne se passe rien.
– Aiden.
– Ouais… ?
– Je sais qu'il y a quelque chose.
Aiden se mordit les lèvres, à nouveau.
– Tu sais que tu peux me le dire.
– C'est juste… C'est juste…
Il inspira.
– Je ne sais pas ce qui s'est passé chez le véto, mais depuis, je ne suis pas dans mon état normal. Je… Je ne suis pas moi-même. J'ai peur tout le temps, je suis incertain, je vis dans une timidité constante. Et le truc c'est que, quand je me suis réveillé, la seule personne que je voulais près de moi était…
– Moi, évidemment, coupa-t-elle en souriant doucement, compatissante.
– Non, j'allais dire Danny, marmonna-t-il.
Lydia leva un sourcil, restant bouche bée.
– Danny ? Genre Danny Mahealani ?
– Ouais… Je sais que c'est chelou, mais je n'arrive pas à me le sortir de la tête. J'ai beaucoup pensé à lui, ces derniers temps. Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas encore allé lui parler, parce que tout le monde dit qu'il est trop cool.
– De quoi tu parles ? C'est le petit ami de ton frère, pourquoi est-ce que tu irais le voir ?
– Il est mignon, dit Aiden après une minute de silence.
– Quoi ?
Lydia était folle.
– Aiden, c'est un garçon.
– Ouais, c'est dommage.
Lydia secoua la tête.
– Tu débloques. Qu'est-ce que Deaton t'a fait ?
Comme Aiden ne répondait pas, elle attrapa sa main et l'attira dans une salle de classe. Il recula rapidement.
– Viens, Aiden.
– Non, je ne veux pas aller là-dedans.
– Pourquoi pas ?
– J'ai dit que je n'étais pas d'humeur.
– Peut-être que tu irais, si j'étais Danny, dit-elle en ne plaisantant qu'à moitié.
– Peut-être, qui sait ?
Elle se stoppa immédiatement, lâchant sa main.
– Donc tu es en train de dire que tu préfères Danny à moi ?
– Je n'ai pas dit ça. J'ai dit que Danny ne me ferait pas faire ce genre de choses.
– Oh, parce qu'il est tellement parfait ! Tout le monde aime Danny, bien sûr ! grogna haineusement la rousse. Tu sais quoi ? Tu n'as qu'à aller avec lui, puisque tu l'aimes tellement !
– Lydia, je ne voulais pas te fâcher…
– Trop tard, chuchota-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux, mais elle les arrêta tout de suite.
– Je suis désolé, ce n'était pas mon intention.
Elle leva la tête vers lui. Il avait vraiment l'air désolé.
– Pourquoi est-ce que tu es si gentil ?
– Parce que c'est ma faute si tu es fâchée.
Elle renifla fort et il ajouta :
– Je suis désolé. Je pense que ce serait mieux si je partais. Et… ce serait aussi mieux pour nous deux si on… tu sais, si on arrêtait tout ici.
– Alors tu veux rompre maintenant ? demanda-t-elle simplement.
– Oui. Je sais que je suis un con, mais…
– Non, c'est faux, coupa Lydia. L'Aiden que j'ai connu ne se serait jamais excusé, et il n'aurait jamais fait ça comme ça. Il aurait été un con. Mais tu n'es pas l'Aiden que j'ai connu. Plus maintenant. J'imagine que c'est pour ça qu'on ne s'entend plus.
– Oh… Donc tu es d'accord pour qu'on s'arrête ici ?
– Ouaip. Tu es devenu tellement prude, ça n'aurait pas marché de toute façon.
Ils se sourirent.
– J'espère vraiment que tu seras heureux. Avec Danny, ou qui que ce soit.
– Tu penses vraiment que Danny m'aime bien ? demanda Aiden en s'empourprant.
– Je ne sais pas, répondit-elle en haussant les épaules. Il aime bien ton frère.
– Ton argument n'est pas valable, rigola-t-il. C'est comme si je te demandais si tu aimais bien mon frère.
– Peut-être que c'est le cas, se murmura-t-elle à elle-même.
Et elle s'en alla.
La récréation venait juste de commencer, et Ethan se dirigeait vers la cour après son altercation avec Danny. Il ne savait pas pourquoi il avait été si méchant avec le garçon, mais il avait eu l'impression que Danny était trop tactile avec lui, et ça l'avait révulsé. Il se dit que, peut-être, il avait été trop dur avec le pauvre adolescent. Il savait qu'il avait toujours été très gentil avec lui, et comment le remerciait-il ? En le larguant comme de la merde.
Tandis qu'il attrapait la poignée de la porte pour se rendre au-dehors, Ethan sentit quelqu'un lui prendre le bras pour le faire faire un demi-tour. Il eut seulement le temps de voir des cheveux roux et des yeux magnifiques, et Lydia lui chuchota vicieusement :
– Tout compte fait, tu es plutôt sexy toi aussi, et je préfère passer du temps avec toi dans une classe vide qu'avec personne.
Ethan lui rendit son sourire, ressentant son désir déjà grandissant, et la suivit dans le bureau du Coach Finstock.
Aiden regarda Lydia partir, et alla finalement dans la cour pour prendre un bol d'air frais. Il était heureux d'avoir mis un terme à leur relation. Il avait eu le sentiment qu'ils n'avaient plus rien à partager, et il était content que ce soit terminé.
Le garçon aux cheveux bruns attendait son frère sur un banc, son téléphone à la main, mais le loup-garou ne s'était pas montré et ne répondait pas à ses messages. Il ne savait pas où il pouvait être. Comme il s'impatientait, il regarda autour de lui et son cœur rata un battement. Etait-ce Danny qui pleurait sur le banc opposé ?
Automatiquement, il se mit debout. Prenant une profonde inspiration, il marcha dans la direction du garçon. Il était à environ dix pas et il eut le temps de détailler son allure pendant son trajet, et c'était comme s'il le découvrait pour la première fois. Danny était grand – plus grand qu'Ethan, mais sûrement de la même hauteur qu'Aiden. Ses cheveux étaient tellement sombres qu'ils paraissaient teints, mais Aiden savait qu'ils étaient naturellement beaux, tout comme lui. Il avait sa tête dans ses mains, et peu importait combien il avait l'air misérable, parce que quand il releva la tête à la vue des pieds d'Ethan, son visage plein de larmes était toujours extrêmement mignon. Même si ses yeux marron étaient humides, ils respiraient la gentillesse et l'honnêteté. Ses traits carrés lui allaient bien, le faisant ressembler à un enfant beau à croquer, et Aiden mordit ses lèvres, pour s'empêcher de vouloir embrasser sa bouche délicieuse.
– Est-ce que tout va bien ?
Danny renifla.
– Ouais.
– Tu pleures, fit inutilement remarquer Aiden.
– Non. Non, je vais bien.
– Tu es sûr ? insista-t-il.
– C'est pas comme si t'en avais quelque chose à faire, marmonna Danny.
– Qu'est-ce que tu as dit ?
Danny secoua lentement la tête, ignorant sa remarque.
– Je peux m'asseoir ?
– Fais-toi plaisir, grommela le joueur de Lacrosse.
Aiden obtempéra. Un silence gênant s'installa entre eux pendant un moment, et le loup-garou demanda :
– Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
– Pourquoi je te le dirais ?
– Je ne sais pas. Tu aimes Ethan. J'aime Ethan. On a au moins un point commun.
– C'est bien le problème. Ethan vient de me quitter.
Le ton de Danny était plus résigné que triste, et Aiden l'admira instantanément pour sa force et son self-control.
– Quoi ? Tu… Je veux dire il… Attends, tu es célibataire ? bafouilla Aiden.
– Mais quelle importance ? demanda l'autre étudiant, choqué.
– Aucune. Je suis désolé. C'est juste… Je ne comprends pas pourquoi il te quitterait…
– Eh bien, il a dit qu'il n'est pas gay finalement.
Le garçon aux cheveux noirs eut un rire jaune.
– Il n'est pas gay ? répéta Aiden, perturbé.
– Non. Il est amoureux de Lydia.
Aiden resta bouche bée.
– Lydia ? Lydia Martin ?
– Ouais, ta petite amie.
– Oh, on n'est plus ensemble. Je ne pense pas qu'on ait jamais été ensemble, en fait.
– Qu'est-ce qui s'est passé ?
– Je n'étais pas amoureux d'elle.
– Alors tu l'as larguée, tout comme Ethan l'a fait, devina Danny, haineux et écœuré.
– Non ! Non, Danny… Je… Je suis différent de Lydia, tu… Si j'avais été Ethan, je ne t'aurais jamais fait ça. Parce que tu es tellement extraordinaire. Et… Et parce que je t'aime bien.
– On ne se parle quasiment pas, comment est-ce que tu pourrais bien m'aimer ?
– Je n'ai pas besoin de te parler. Je peux voir combien tu es génial juste en te regardant. Ethan a été un connard de larguer une personne aussi merveilleuse. Je te jure qu'il le regrettera. Ça ne serait jamais arrivé avec moi, je te le promets. Et je…
Aiden fit une pause dans le but de rassembler la force nécessaire pour continuer.
– Je peux être cet homme. Je veux être cet homme, Danny.
Danny le fixait, purement déconcerté. Il resta immobile pendant quelques minutes, rendant Aiden mal à l'aise parce qu'il n'avait aucune réponse. Finalement, l'Hawaiien siffla :
– Pourquoi est-ce que tu te moques de moi ?
– Je ne me moque pas de toi ! Je te le jure.
– Alors tu es en train de me dire que tu m'as aimé tout ce temps et que tu veux sortir avec moi juste après que ton frère m'a largué ?
– En fait, je suis conscient que je t'aime bien depuis hier seulement, mais maintenant tu es célibataire, donc le problème est résolu.
Danny leva un sourcil. Il avait arrêté de pleurer et avait l'air très sérieux.
– Tu te fiches de moi. Pourquoi est-ce que tu fais ça ?
– Danny, essaie de comprendre ! Je suis sérieux. Quelque chose s'est produit dans ma vie, je ne sais pas encore quoi, et maintenant je sais juste que je t'aime bien. Je t'aime vraiment bien.
– Donc tout d'un coup tu m'aimes bien et Ethan ne m'aime plus ? demanda ironiquement Danny.
– J'admets que c'est une grosse coïncidence.
– Tu es dingue ! cria-t-il aigrement. Ce n'est pas drôle ! Je me suis déjà ridiculisé en croyant qu'Ethan pouvait vraiment m'aimer, je n'ai pas besoin que son frère me rappelle à quel point je suis insignifiant !
Danny s'était mis debout devant Aiden, qui leva le regard vers lui.
– Tu sais quoi ? Toi et lui, vous n'êtes pas si différents, et je vois clair dans votre jeu maintenant. Vous n'avez rien d'autre à faire qu'embêter les gens aimables et gentils ? La vérité, c'est que j'aurais dû voir ce que vous aviez en tête, vous avez toujours été si étranges, si mystérieux. J'aurais dû savoir ce que vous me feriez, ce que vous feriez à tout le monde. Vous aimez juste jouer avec les sentiments et le cœur des gens. Vous avez les miens. Est-ce que vous êtes satisfaits ? Et ne me dis pas que c'est faux parce vous avez réussi à me faire croire que j'étais quelqu'un pour vous, et haut la main, espèces de beaux connards. Maintenant c'est fini, personne ne profitera plus de moi. Je ne serai plus votre jouet stupide. J'en ai marre qu'on se serve de moi, qu'on me voie comme un cobaye. Parce que c'est ce que je suis, pas vrai ? Un garçon idiot que vous avez utilisé pour vous amuser, comme beaucoup d'autres, je parie. Alors, vous vous êtes amusés ? Est-ce que j'étais divertissant ? Vous pensez que vous pouvez échanger de personnalité et de partenaire amoureux autant que vous le voulez, mais il y a un point où votre petit jouet se casse, Aiden.
Danny avait des larmes dans les yeux, mais il ne tenta pas de les sécher. Aiden était bouche bée, il ne savait pas comment réagir. Danny avait faux sur toute la ligne. Il était tellement désespéré qu'il imaginait le pire.
– Non, tu ne comprends pas… Ce n'est pas ce que tu crois, Danny…
Mais le joueur de Lacrosse avait déjà disparu après avoir murmuré : « Je ne peux pas croire que je t'aimais bien », et Aiden avait été laissé seul avec un cœur brisé sur le banc. Il regarda Danny s'enfuir, vers le parking. Il avait gâché sa chance.
Lydia se rhabilla, fixant Ethan qui faisait de même. Lorsqu'elle était encore avec Aiden, elle avait toujours pensé qu'Ethan était faible et fragile. Mais à présent elle ne savait plus. Le frère jumeau de son ex-petit ami avait en fait été délicat, mais incroyablement satisfaisant et performant. C'était perturbant de ne plus savoir quoi penser de quelqu'un. La vérité était qu'elle appréciait Ethan – et maintenant encore plus – mais qu'elle ne savait pas si elle pouvait oublier Aiden en couchant avec son frère. Au moins, elle essaierait. Ethan avait vraiment l'air de bien l'aimer. Pourquoi ne pas lui laisser une chance ?
Alors que le garçon commençait à sortir de la pièce, elle l'attrapa par le poignet et il se retourna pour lui faire face. Elle avait un sourire diabolique sur les lèvres. La jeune fille rousse lui donna un baiser passionné – sa bouche avait vraiment un goût différent de celle de son frère.
– A bientôt, dit-elle avec un clin d'œil.
Et il partit. Lydia suivit, après quelques minutes, et chercha Allison, errant dans le lycée pendant les derniers instants de récréation. Elle ne la trouva pas, parce qu'elle était sûrement en train de se peloter avec Isaac quelque part, mais elle trouva quelqu'un d'autre. Et elle n'aurait jamais cru qu'une telle vision pourrait lui être donnée. Aiden, assis sur un banc, pleurait. Elle fronça les sourcils. Aiden ne pleurait jamais.
– Salut, chuchota-t-elle quand elle l'eut enfin rejoint.
Aiden leva la tête dans sa direction. Il sourit un peu et détourna honteusement le regard.
– Je rêve ou tu es vraiment en train de pleurer ?
Il renifla, puis s'essuya le nez de sa manche.
– Laisse-moi tranquille, supplia-t-il doucement.
– Je pourrais faire ça. Ou je pourrais juste m'asseoir ici et te demander ce qui s'est passé.
– Lydia, je viens juste de rompre avec toi, tu ne penses pas que ce serait bizarre si tu t'asseyais là, à écouter mes problèmes ?
– Primo, tu n'as pas rompu avec moi, on s'est tous les deux mis d'accord pour rompre. Et deuzio, je reste à écouter tes problèmes, parce que je t'apprécie, et je sors en quelque sorte avec ton frère, ou un truc dans le genre.
– Tu… Quoi ? demanda-t-il, choqué.
– Ouais, on vient de s'envoyer en l'air dans le bureau du Coach, mais je ne sais pas si c'était signifiant ou pas. On verra.
– Eh ben, il n'a pas perdu son temps ! rit chaleureusement Aiden en séchant ses larmes.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Il vient juste de larguer Danny. Et maintenant il est avec toi. Et je parie qu'il n'a même pas attendu que je te quitte pour t'inviter à sortir.
– Tu as raison, il n'a pas attendu. J'étais surprise, parce que ça ne lui ressemblait pas.
– Il ne ressemble plus à ce qu'il était. Et moi non plus, apparemment.
Aiden n'était pas perturbé par sa propre déclaration. C'était comme s'il avait déjà accepté la situation, comme s'il savait que quelque chose d'étrange s'était produit en eux et qu'il n'y avait rien à faire pour changer ça.
– Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
– Eh bien, tu ne vas peut-être pas me croire, mais je viens juste de dire à Danny Mahealani que je l'aimais.
– Quoi ? Tu as vraiment fait ça ? cria-t-elle presque en écarquillant les yeux.
Quand elle se calma, elle ajouta plus sérieusement :
– Alors… Tu aimes les hommes, maintenant ?
– Je pense que oui. Enfin, j'aime Danny. Mais lui non. Il ne m'aime pas, je veux dire.
Lydia remarqua qu'Aiden essayait avec difficulté de ne pas pleurer. Sa mâchoire et ses poings étaient serrés, et il regardait le sol.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda l'étudiante aux cheveux roux d'une voix douce, mettant une main sur la sienne.
– Il pleurait parce que mon frère l'avait largué, alors je suis allé le voir et j'ai essayé de le réconforter, mais j'ai fini par lui dire que je l'aimais bien et il l'a mal interprété, il pensait que je me moquais de lui et… il est juste parti.
Aiden avait recommencé à pleurer au milieu de son discours. Lydia grimaça et plaça son bras autour de ses épaules. Il s'appuya sur elle et s'accrocha à ses vêtements pour trouver de l'équilibre, trouver du support.
– Ce n'est rien, murmura-t-elle. Danny était juste en état de choc, il ne savait pas ce qu'il disait…
– Bien sûr qu'il savait ! Tu aurais dû voir comment il me parlait… J'avais l'impression d'être de la merde.
– Il était juste surpris, c'était si anormal que tu lui dises ces choses.
– Tu es de quel côté ? Le sien ou le mien ?
– Le tien, bien sûr, chéri, le rassura-t-elle. Mais tu dois lui laisser du temps pour se remettre de sa rupture avec Ethan. Et après, peut-être qu'il sera capable de t'écouter et de commencer à t'apprécier.
– Tu penses vraiment qu'il pourrait m'apprécier, après ce qui s'est passé aujourd'hui ?
– Bien sûr. Si tu assez patient pour attendre qu'il soit prêt.
Aiden avait arrêté de pleurer. Il sourit à Lydia, se mettant droit.
– Je l'attendrai. Aussi longtemps qu'il le faudra.
– Tu es trop mignon, dit-elle, émerveillée.
– Les filles trouvent toujours que les gays sont mignons, non ?
Ils rirent.
– Bref. Merci, ajouta-t-il. De m'avoir aidé avec ça.
– Pas de souci. On a beau ne plus être ensemble, on reste des amis proches.
Elle fronça instantanément les sourcils et se tourna vers lui.
– Attends. Est-ce que ça fait de toi mon meilleur ami gay ?
La récréation était terminée et la sonnerie venait de s'arrêter quand les jumeaux retournèrent en cours avec réticence. Ils avaient tous les deux cours de Français, et ils étaient assis à côté – ce qui posait des problèmes à leur professeur pour les reconnaitre.
– Salut, dit Aiden en s'asseyant sur sa chaise quelques minutes après Ethan. Quoi de neuf ?
Ethan tourna la tête pour lui faire face. Quelque chose passa entre eux – ce n'était rien, juste un semblant de sourire – et ils n'eurent même pas besoin de parler parce qu'ils savaient exactement ce qu'il y avait de neuf. Ils avaient toujours été si proches, ils avaient toujours su qui était l'autre et comment il fonctionnait, mais maintenant qu'ils étaient l'autre, ils se connaissaient par cœur.
– Tu as rompu avec Lydia en douceur et tu as timidement demandé à Danny de sortir avec toi mais il a refusé et t'a brisé le cœur. J'ai raison ? dit Ethan – et ce n'était presque pas une question.
– Comment tu as su ? chuchota Aiden, faisant semblant de prendre des notes alors que leur professeur leur jetait un coup d'œil agacé.
– Parce que c'est quelque chose que j'aurais fait, quand j'étais… Bah, quand j'étais moi.
– Oh.
Le plus grand cligna des yeux et fronça les sourcils.
– Alors on a vraiment été échangés, hein ?
– Ouais, ou un truc dans le genre. J'espère juste que tu trouveras une manière d'être avec Danny.
– Et j'espère que tu seras un meilleur frère que je ne l'ai été, surtout maintenant qu'on n'a plus de meute et qu'on est à nouveau des Omégas.
– Ne t'en fais pas, frérot. Je te couvre.
Ethan lui fit un clin d'œil. Le professeur stoppa leur petite conversation et leur demanda quelque chose en français, à quoi Ethan répondit bravement avec un accent presque parfait : « Je ne connais pas la réponse, mais vous pouvez demander à mon frère. Maintenant, c'est lui le plus malin. » Et comme ils savaient tous les deux que c'était vrai, vu qu'ils avaient été échangés lors de leur mort, son jumeau sourit et donna la bonne réponse.
Notes du traducteur : Elle a pris du temps pour arriver, mais elle est enfin là, cette traduction ! La prépa m'a coupé toute envie et inspiration d'écrire, ou de poster, je suis désolée. L'année prochaine sera encore plus austère. Donc savourez ces derniers instants de mon activité sur le site ! Et dites-moi tant que vous le pouvez ce que vous avez pensé de ma fanfiction !
