Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).

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Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Merci à tous pour vos reviews. Je sais que ce titre vous inquiète, non ? :p Voici enfin l'entrée en scène tant attendue de James Potter ! Bonne lecture ;-)


Chapitre 21 : Tel père, tel fils


J'espère que tu as eu de bonnes idées, parce qu'il a abandonné.

— Pardon ? De qui tu parles ? demanda Ginny.

— Tu n'as pas remarqué que ça fait trois jours que Drago a arrêté de te draguer ?

Les yeux de la Gryffondor s'élargirent un peu, puis elle commença à ricaner quand elle eut compris.

— Qu'est-ce que vous mijotez ? intervint Daphné, les sourcils froncés. Quel rapport entre Harry et Drago qui te court après ?

— Pas grand-chose, minimisa Ginny. Potter a juste eu l'idée de m'envoyer Malefoy dans les pattes avec un pari stupide.

— Et qu'est-ce que tu as parié, Harry ?

— Le perdant devait faire un gage qu'on n'a pas encore choisi, mentit-il.

— Tu n'as pas déjà donné, avec les gages de Malefoy ? se moqua la Serpentard.

Harry grogna à ce souvenir, alors que Daphné et sa sœur ricanaient.

— Tu n'en es toujours pas débarrassé, depuis le temps, enfonça Cloé.

— Il a triché, se défendit le Préfet-en-Chef.

— Non, Harry, il a été plus retors que toi, c'est différent.

— Vous pouvez m'éclairer, ou vous préférez garder le mystère toute la nuit ? se plaignit Ginny.

— De toute façon, ce n'est pas important pour l'instant, mit-il un terme au débat. On parlait de Malefoy.

— Au contraire, Harry, ça pourrait me donner une idée. Racontez-moi cette histoire, ça a l'air drôle.

— Voyons, Harry, tu ne vas pas commencer à faire des cachotteries à tes amies, non ? insista Daphné.

Il la foudroya du regard, mais abandonna la partie pour cette fois. De toute façon, Cloé dirait sûrement tout à Ginny un peu plus tard, alors autant se débarrasser de ça au plus tôt.

— Malefoy m'a mis au défi de sortir avec une Black avant la fin de ma cinquième année.

— Et tu as échoué ? s'étonna faussement la sixième année. Je croyais que tu pouvais sortir avec qui tu voulais quand tu voulais, tu me déçois.

— J'ai en effet réussi à sortir avec sa cousine. Sachant que sa mère s'appelait Black, j'avais gagné.

— Sa cousine ? Qui ça ?

— Cassiopée Lestrange, l'informa Daphné, amusée, alors que Harry se renfrognait. Et c'est là que ça devient drôle, parce que Drago a objecté qu'elle n'était pas une Black, et que donc que ça ne comptait pas.

— Et ? Il était trop tard pour sortir avec quelqu'un d'autre ? Ne me dis pas que tu t'es fait avoir aussi bêtement.

Cette fois, Daphné éclata vraiment de rire, vite rejointe par Cloé.

— Il s'est avéré, répondit douloureusement Harry, que la seule personne portant encore le nom de Black se trouve être mon idiot de parrain, et qu'il n'est pas prêt d'avoir des marmots. Du moins pas volontairement et légitimement, ajouta-t-il pour lui-même en ricanant.

— Tu veux dire, commença lentement Ginny, que tu n'avais aucun moyen de gagner ton pari, en fait. Malefoy t'a piégé en beauté.

— Pas la peine de le rappeler, j'avais déjà remarqué.

Cette phrase fut de trop et les trois jeunes filles redoublèrent d'hilarité. Harry croisa les bras en faisant une moue boudeuse, vaguement conscient qu'il montrait à ce moment la maturité d'un gamin de trois ans.

— Alors, tu n'as pas dit : c'était quoi, l'enjeu de ce pari ? continua Ginny quand elle eut repris ses esprits.

Harry resta silencieux, plus renfrogné que jamais. Ce fut Cloé qui apporta la réponse, très amusée de la situation :

— Pansy n'a jamais vraiment compris que Harry ne pensait pas ce qu'il lui avait dit.

— Tu as dragué Parkinson ?

— À ton avis, pourquoi elle s'est décollée de son fiancé en fin de cinquième année ? Il faut avouer que Malefoy a été inspiré, sur ce coup-là, concéda Daphné, je ne crois pas qu'il aurait pu trouver un meilleur moyen de se débarrasser d'elle.

— Oui, et maintenant j'ai l'occasion de prendre ma revanche, alors qu'est-ce que tu as prévu de machiavélique, Ginny ? reprit Harry d'une voix forte.

— Machiavélique, moi ? Tu dois te tromper de personne.

Elle sourit d'un air innocent en sortant de sa poche un morceau de parchemin qu'elle lui tendit. Harry le déplia et le lut, d'un air intrigué. Ensuite il releva le regard vers la rouquine avec un sourire en coin et lui demanda :

— Je savais déjà que tu étais folle de moi, Ginny, mais quel rapport avec Drago ?

— Comme si tu n'avais pas déjà compris, fit-elle en levant les yeux au ciel. Choisis une fille, n'importe laquelle, et dis à Malefoy de lui déclamer ça pendant le petit déjeuner. Ça devrait faire du bien à sa réputation, je pense.

— Fais voir, Harry, ça commence à m'intéresser, demanda Daphné.

Harry lui passa le parchemin, plongé dans ses pensées. En réfléchissant à "l'heureuse élue", il eut soudain une idée, qui rendit son fou-rire difficile à retenir. Il faudrait qu'il pense à se faire un album pour Noël, il avait vraiment trop de photos intéressantes à garder.

— Mouais, c'est pas mal, commenta Daphné. Ça convient tout-à-fait pour un gars comme Malefoy. Tu ne penses pas, Harry ?

— Si, couina-t-il, c'est parfait.

— Tu vas bien, Harry ? s'inquiéta Cloé devant la faiblesse de sa voix.

Il hocha simplement la tête, essayant de se contrôler.

— C'est d'accord, Ginny, on fait comme ça demain. Maintenant passons à autre chose. Pourquoi étiez-vous toutes venues, déjà ?

Elles mirent quelques secondes à s'adapter au brusque changement de sujet. Mais Harry ne pouvait pas continuer à penser à la déclaration de Drago, ou il allait perdre le contrôle de ses nerfs.

— Je voulais te féliciter, se reprit Daphné la première, pour ton petit show. Je pense que tu as fait une bonne publicité pour le club de duel.

— Je sais, je suis imbattable, mais arrête, je vais finir par rougir, se vanta-t-il.

— Je parlais de ton strip-tease, Harry. Tu irais très bien en mascotte.

Harry inclina la tête pour concéder ce point, alors que les autres ricanaient joyeusement. On aurait pu se croire dans une de ses soirées, en voyant des Gryffondor et des Serpentard rirent ainsi ensemble. Et cela continua encore un long moment, avant que les invitées de Harry ne le laissent enfin profiter de sa nuit. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, il se leva et se dirigea dans sa salle de bain pour faire ce qu'il aurait dû faire bien plus tôt. Avec l'aide de sa baguette, il retira le pansement sur son bras et nettoya la pâte orange de l'infirmière.

Immédiatement, il sentit un regain de douleur et serra les dents pour ne pas gémir. La magie avait continué à faire effet et à brûler son bras, même si la pommade endormait la sensation de brûlure. Rapidement, il marmonna le contre-sort de son maléfice pour l'empêcher de continuer à se répandre, avant de reformer le bandage. Il hésita un instant, mais étala de nouveau ce qui restait de pâte orange. Ce ne serait pas parfait, mais ça suffirait jusqu'à ce qu'il retourne voir Pomfresh. Il put donc s'endormir sans trop de douleur, content d'avoir enfin réglé le problème Nott. Du moins c'était ce qu'il espérait.

-~~O~~-

Le lendemain, en sortant de l'infirmerie, ses oreilles bourdonnaient légèrement du fait des cris de Pomfresh. Qu'est-ce qu'il y pouvait, si son pansement n'était pas aussi réussi que celui d'une infirmière professionnelle ? Au moins, sa blessure serait rapidement guérie à présent. La joue de Nott ne pouvait pas en dire autant. Il garderait probablement une cicatrice pendant un bon moment. Harry s'assit tranquillement à sa place habituelle, vite rejoint par ses deux meilleurs amis. Il échangea un regard amusé avec Daphné avant de se tourner vers le jeune Malefoy :

— Dis-moi, Drago, tu n'as pas oublié notre pari ?

— J'espérais que tu l'avais oublié, en fait. Tu t'es enfin décidé ?

— Oui, répondit simplement Harry pour le faire mariner.

— Alors, pressa Drago, c'est quoi mon gage ?

— Je ne vais pas te le dire tout de suite. Disons que tu as encore un peu de temps pour essayer de deviner.

Drago marmonna quelque chose ressemblant vaguement à "sadique" en retournant à son petit déjeuner, un pli sur le front montrant sa légère inquiétude. Quand Harry vit que la majorité des étudiants étaient arrivés, dont une jeune femme en particulier, il sortit un petit morceau de parchemin de sa poche. Par précaution, il avait recopié le "discours" de Ginny sur un autre parchemin pour que Drago pense que c'était son idée –il aurai été capable de croire à une tricherie. Harry le tendit à son voisin de table et lui chuchota à l'oreille ses instructions.

— Quoi ! s'horrifia le concerné après avoir lu. Tu veux que… Hors de question !

— Tu n'as pas le choix, mon vieux. Tu as perdu ton pari, maintenant tu assumes les conséquences.

— D'accord, mais… Tu n'aurais pas pu choisir quelqu'un d'autre ?

— Quelqu'un avec qui tu aurais pu sortir deux jours pour redorer ton blason, par exemple ? Eh bien non, désolé pour toi, sourit Harry, son ton contredisant grandement ses paroles.

Drago le regarda d'un air suppliant, puis détourna les yeux du visage hilare de son meilleur ami.

— Bon, je n'ai plus qu'à espérer la croiser dans un coin discret.

— Pas besoin d'attendre, je crois que je viens de la voir entrer pour manger. Tu as beaucoup de chance, ce doit être le destin.

— Attends, maintenant ? Mais tu es fou, ma parole ! La Grande Salle est pleine !

— Et alors ? fit innocemment Harry. Dépêche-toi, c'est ça ton gage.

— Tu me le paieras, Potter, grogna le blond en se levant.

— Ta baguette, Drago !

Le jeune Malefoy lui tendit le bout de bois en grimaçant. Il n'aurait pas fallu qu'il puisse jeter un sort de Silence avant de parler, ce serait dommage que le reste de la salle ne profite pas de ce qu'il allait dire. Le sourire de Harry s'élargit alors qu'il le suivait des yeux à travers la salle, de plus en plus de regards se tournant vers lui. Discrètement, il pointa sa baguette sur le dos de son meilleur ami et murmura :

— Sonorus. Et maintenant, ma chère Daphné, admire le spectacle.

— À qui tu l'as envoyé faire sa déclaration ? s'enquit-elle.

— Tu verras bien.

Drago était presque arrivé à la table des Gryffondor et Harry croisa le regard amusé de Ginny. Il lui fit un clin d'œil et vit la surprise puis un zeste de colère remplacer le rire dans son expression. Drago marchait dans sa direction et s'arrêta près d'elle, s'agenouillant à ses pieds. Un silence expectatif s'était installé et tout le monde le fixait, certains élèves s'étant même levés pour mieux l'épier.

— Tu es… commença-t-il.

Il s'interrompit rapidement en remarquant que sa voix résonnait dans toute la salle. Les rires commencèrent à s'élever alors que les deux protagonistes foudroyaient un certain Préfet-en-Chef brun à l'autre bout de la pièce. Mais tous se turent quand Drago se résigna à continuer, alors qu'on aurait facilement pu faire cuire un œuf sur ses joues :

— Tu es la personne la plus merveilleuse que j'aie jamais rencontrée. Dès que je te vois, dès que je te t'entends, dès que je sens ta présence, ma seule envie est de t'embrasser. Mais toi, c'est à peine si tu me regardes, alors comme je ne peux pas t'avoir, je sors avec d'autres filles pour te remplacer. Mais je te jure qu'aucune d'entre elles ne compte, et qu'aucune ne comptera jamais, à part toi. Alors je sais que je ne te mérite pas, je sais que je vais continuer à agir comme un idiot parce que je ne t'aurai jamais, mais je voulais quand même que tu le saches.

À ce moment, il fit une pause pour reprendre son souffle, et beaucoup pensèrent qu'il avait terminé et commencèrent à applaudir. Par un malheureux concours de circonstance, ce fut à cet instant que les portes de la Grande Salle s'ouvrirent. Theodore Nott entra et se figea en entendant les acclamations, qui s'arrêtèrent elles-mêmes quand tout le monde se tourna vers lui.

— Ce n'est pas la peine de me vouer un culte, je ne m'appelle pas Potter, déclara-t-il narquoisement.

Pour éviter une méprise, Harry crut nécessaire de rectifier le tir et d'aider son meilleur ami à trouver le courage de terminer :

— Désolé de te décevoir, mais ils applaudissaient Drago et sa déclaration. D'ailleurs, ne t'arrête pas en si bon chemin, vieux, ajouta-t-il en prenant un ton compatissant. Courage, tu ne dois pas avoir honte de ce que tu ressens.

Il répondit avec un grand sourire au regard de pure haine de la part du blond, qui lâcha à contrecœur la dernière phrase que Harry avait ajoutée au texte de Ginny :

— Je suis fou amoureux de toi, Ginny Weasley.

Ensuite il se releva prestement et entreprit de fuir la salle sous les applaudissements et les rires des autres étudiants. Il croisa à l'entrée le jeune Nott, ce dernier paraissant stupéfié par ce qu'il venait d'entendre. Les Serpentard qui savaient, ou devinaient, la raison de tout cela riaient à gorge déployée, tout comme ceux qui appréciaient le moins Drago. D'un autre côté, Ginny regardait Harry avec une rage presque effrayante, inconsciente qu'elle était elle-même la cible de la haine de pas mal des filles de l'école. Weasley et ses amis, eux, faisaient à peu près la même tête que Nott à ce moment.

— J'espère que Crivey a pensé à prendre une photo, glissa Harry à l'oreille de sa voisine. Tu imagines, Drago Malefoy, écarlate, à genoux devant une Ginny Weasley toute aussi rouge de honte ? Ça fera un malheur dans les soirées mondaines.

— Est-ce que je peux savoir ce qui se passe, ici ? s'informa Nott d'une voix blanche.

— Harry vient de donner son gage à Drago, se dévoua Harper, et c'était d'aller déclarer un amour éternel à la fille Weasley.

— Il fallait bien le forcer à assumer ses sentiments, ce pauvre petit. Il commençait vraiment à se rendre ridicule.

— Parce qu'il était quoi, il y a cinq minutes ? railla Owen.

— Juste un peu sentimental, minimisa Harry.

— Un peu sentimental ? Je n'avais jamais rien entendu de plus guimauve !

— Et tu as eu cette idée tout seul, Potter ? fit pensivement Nott.

— Bien sûr que j'ai trouvé ça tout seul ! s'offusqua Harry. Tu oses remettre en cause mon imagination en matière de gages ?

— Non, mais ce n'est pas vraiment ton genre de blague. Ton genre aurait plutôt été de lui dire de l'embrasser pour qu'elle le gifle.

— J'y avais pensé pour mettre à la fin de son discours, mais c'aurait tout gâché si elle avait été trop surprise et qu'elle avait répondu.

— Jaloux, Potter ? se moqua Nott.

— Disons que le but n'était pas d'arranger un coup à Drago, nia prudemment Harry. Et j'aurais adoré continuer de parler avec toi, mais il faut que j'aille en cours, Theo. J'espère que ta joue ne te fait pas trop mal.

Sur ces mots, Harry se leva et se dirigea vers les serres. Il n'aimait pas beaucoup l'air calculateur qu'arborait Nott à la fin du repas, mais que pouvait-il faire ? Il ne devinerait sûrement pas qui avait proposé cette solution à Harry, c'était vraiment trop improbable. C'était une des raisons pour lesquelles Harry avait choisi Ginny –autre le fait qu'elle avait fait une tête absolument désopilante– : personne ne pourrait croire qu'ils étaient complices dans cette affaire. Harry ricana. Qu'est-ce que c'était bon d'être un génie.

-~~O~~-

L'histoire du grand amour entre Drago Malefoy et Ginny Weasley resta longtemps dans l'esprit des commères de Poudlard. Harry avait été déçu d'apprendre que Crivey avait été trop pris de court pour immortaliser l'instant, mais il s'était rattrapé en écoutant les rumeurs plus farfelues les unes que les autres. Harry apprit par exemple que les deux tourtereaux étaient déjà sortis ensemble plusieurs années auparavant, dans le plus grand secret, mais que Ginny avait préféré tout arrêter en apprenant que Drago était fiancé. Ou encore, qu'ils se retrouvaient souvent le soir dans des salles désaffectées, sans que leurs amis ne le sachent.

Quoiqu'il en soit, ni l'un, ni l'autre ne parlaient plus à Harry, si l'on exceptait les hurlements de rage que Ginny avait poussés quand elle était venue le voir le soir même. Apparemment, elle n'avait pas apprécié que les nombreuses admiratrices de Drago deviennent brusquement jalouses d'elle et le lui fassent savoir.

— Sors avec quelqu'un d'autre, ça fera taire les rumeurs, lui avait-il calmement proposé.

— Laisse-moi deviner, tu te sacrifies pour le rôle, c'est ça ? avait-elle raillé.

— En fait ce serait une mauvaise idée de te mettre l'autre moitié des filles de Poudlard à dos, je pense.

Cette réponse l'avait un peu calmée, mais n'avait pas empêché la Gryffondor de le menacer de moult tortures si jamais sa réputation en était durablement entachée. Bien entendu, Harry avait été terrifié par ses avertissements et avait eu la réaction appropriée, selon lui : il avait éclaté de rire. Son visage portait toujours les marques des Chauve-Furies qu'elle avait lancées sur lui avant de claquer la porte.

À présent que ses problèmes internes à Serpentard étaient réglés, il décida de s'atteler à la tâche ardue d'amener son père à faire ce qu'il voulait –et qui était le mieux pour Cloé. Le samedi suivant, le dernier du mois de novembre, il rédigea donc une lettre dégoulinante d'hypocrisie à l'intention de son géniteur, espérant que les sous-entendus seraient suffisants pour atteindre son but.

Cher Père,

J'espère que tout se passe bien pour votre campagne, même si je ne doute pas que peu de gens doivent se dresser sur votre chemin après la malencontreuse aventure de Nott. Parlant d'eux, je vous annonce que le fils ne devrait plus être un problème pour moi dans l'immédiat. Je lui ai donné une leçon de magie en public et me suis arrangé, en plus de cela, pour rendre ce petit duel humiliant. Mais je suis sûr que Sirius a déjà évoqué ceci avec vous, donc je ne m'étendrai pas.

En revanche, je dois vous parler du problème que constitue l'autre personne portant le nom de Potter dans ce château. Je pense que vous voyez de qui je veux parler. Je sais que je vous avais dit être capable de gérer cela tout seul, mais il se trouve que c'est plus difficile que prévu.

En effet, vous savez que cette idiote a réussi à se faire recruter dans l'équipe de sa maison, et qu'elle est responsable de mon hospitalisation d'il y a quelques semaines. Eh bien, non contente de retourner ce que je lui ai appris contre moi, elle passe son temps à se pavaner dans le château, comme si cet accident prouvait qu'elle valait mille fois mieux que moi.

Je ne veux bien sûr pas avoir l'air de geindre, mais je commence à être à court d'idées pour que mon nom de famille cesse de résonner dans notre noble salle commune avec le mépris justifié que les Serpentard lui accordent. À chaque fois que j'entends quelque chose de ce genre, je me sens personnellement attaqué, même si je sais que ce n'est pas le cas –et que celui qui est en train de parler se dépêche de s'excuser, comme il se doit.

Aussi, je voulais savoir si vous aviez une idée sur la manière de procéder pour qu'elle cesse de salir notre nom.

Avec mes plus sincères salutations,

Harry Potter

"Potestas nostra perennis"

Bien entendu, il savait que Cloé prendrait sûrement très mal la décision de son père quand elle arriverait, mais il savait aussi que c'était la meilleure solution à long terme. Même si c'était difficile à accepter et à encaisser, moins elle verrait leur père, mieux elle se porterait. Après tout, ce n'était pas comme si James Potter avait jamais été présent pour sa fille auparavant. Il avait été trop occupé à faire de Harry son parfait petit héritier. Harry ne s'en plaignait pas trop, sachant que c'était uniquement grâce à cet entrainement qu'il était désormais capable de protéger sa sœur. Mais il savait que Cloé, elle, avait longtemps souffert de ce favoritisme.

Harry se secoua mentalement pour cesser de remuer des souvenirs déplaisants. Cette époque était révolue et bientôt, Cloé serait débarrassée de tout cela. Du moins tant que James Potter tombait dans le piège qu'il lui avait tendu.

Le soir même, Harry ouvrait la Salle-sur-Demande pour la fête. Comme à leur habitude, les Serpentard étaient avec lui et prirent place avant que les autres n'arrivent. Harry alluma la radio et programma la liste de chansons, puis appela Misti pour qu'elle commence à servir ses amis. Il commençait à y avoir pas mal de monde d'invité, avec le rythme d'un nouveau à chaque soirée depuis le mois de septembre. Mais ce soir-là, il y aurait au moins un absent, car Drago avait décidé de ne pas venir. Il avait dit que ce serait une meilleure idée de rester dans la salle commune, au cas où des gens se poseraient des questions sur le fait que Ginny quitte sa salle commune.

Quand les autres arrivèrent, Harry sourit intérieurement en remarquant que son meilleur ami n'avait pas eu une si bonne idée que ça, finalement. Ou du moins, dans l'absolu, elle n'était pas mauvaise, mais le problème était que Ginny avait apparemment eu la même. Il ne fut d'ailleurs pas le seul à constater cette absence simultanée.

— C'est quand même bizarre que Weasley ne soit pas venue, fit Owen d'une voix narquoise.

— Oui, et Malefoy non plus, ajouta Ernie Macmillan avec un petit sourire. Y aurait-il un rapport ?

Les autres ricanèrent, et beaucoup semblaient prendre l'information sérieusement. Il fallait dire qu'ils étaient les mieux placés pour se rappeler des efforts de Drago. Colin Crivey, qui venait pour la première fois, cependant, n'avait pas l'air d'y croire :

— Ne me dites pas que vous écoutez ces rumeurs débiles. Ginny est restée dans la salle commune parce qu'elle était fatiguée, c'est tout.

— Ah oui ? s'étonna Daphné. Drago a donné la même excuse, tout-à-l'heure. Quelle coïncidence !

— Franchement, vous les imaginez ensemble ? Ils se détestent ! maintint Crivey.

— Tu n'étais pas encore invité, donc tu n'as pas pu le voir, mais je peux t'assurer que Malefoy ne la déteste pas tant que ça, objecta Finnigan. Il a sorti le grand jeu pendant les dernières soirées pour sortir avec elle.

— Et puis ne dit-on pas que la haine est proche de l'amour ? dit rêveusement Parvati Patil.

Harry leva les yeux au ciel. Ce proverbe devait être le plus stupide qu'il n'avait jamais entendu. Franchement, il ne connaissait personne qui soit tombé amoureux de son ou sa pire ennemie. Enfin, à part ses parents, mais ils ne se haïssaient pas dans leur jeunesse, ils se méprisaient mutuellement. Un peu comme Drago et Ginny, en fait. La haine, c'était plutôt ce qu'il y avait entre lui et des gens comme Nott ou Weasley frère. Et il n'y avait aucune, mais alors aucune chance qu'il s'entiche d'un de ces abrutis. Il aurait déjà fallu change de bord, et puis qu'il tombe sur la tête une bonne cinquantaine de fois pour ne serait-ce que les supporter.

Classant l'idée comme stupide, il remarqua que Crivey s'était renfrogné en entendant la théorie. C'était bon à savoir, il y aurait sûrement un moyen d'en profiter un peu plus tard dans l'année. Tapant dans ses mains pour mettre fin à cette discussion potentiellement beaucoup trop romantique, Harry déclara :

— Bon, on ne va pas rester debout là toute la soirée à parler des absents, non ? Je crois qu'on a beaucoup mieux à faire, tu n'es pas d'accord, Parvati ? ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Il emmena immédiatement la Gryffondor sur la piste. Il avait été célibataire trop longtemps et voulait s'amuser. En plus, Patil avait semblé très intéressée récemment, et il était temps selon lui de conclure, s'il ne voulait pas qu'elle se lasse.

— Dis-moi, comment les autres réagissent dans votre maison ?

— De quoi tu parles ?

— Eh bien, une Gryffondor qui sort avec un Serpentard, ce n'est pas banal. Comment les autres le prennent ?

— Pourquoi tu veux savoir ça ? demanda-t-elle suspicieusement.

— Ça pourrait m'intéresser de savoir si ça poserait des problèmes que je sorte avec une Gryffondor, si tu vois ce que je veux dire.

Il avait un sourire rayonnant en la regardant dans les yeux, et elle finit par détourner les siens en rougissant, comprenant le sous-entendu. Il se retint de soupirer de dépit. C'était vraiment trop facile.

-~~O~~-

Quelques jours plus tard, il partit en avance pour le cours de Défense. Il voulait parler un peu à son parrain, mais aussi éviter de croiser Parvati Patil. Après avoir passé la nuit avec elle dans la Salle-sur-Demande à la fin de la dernière fête, elle semblait s'être mise dans la tête qu'ils sortaient ensemble. D'accord, il lui avait un peu suggéré l'idée, mais ce n'était pas une raison pour le coller sans arrêt. Il ne pouvait plus faire un pas sans l'avoir sur le dos, ou plutôt accrochée à son bras, pour être exact. Pire qu'une sangsue.

— Alors, Harry, qu'est-ce qui t'amène ? l'accueillit Sirius.

— Pour être franc, le fait qu'ici Patil me fichera la paix.

— Ce n'est pas très gentil de dire ça de ta petite amie.

— Depuis quand suis-je gentil avec mes petites amies ? railla Harry.

— Depuis quand tu sors avec des Gryffondor ?

Harry leva les yeux vers son interlocuteur, surpris. Il fut rassuré de voir que Sirius paraissait plus curieux que réprobateur.

— Depuis samedi soir, en fait. Comme dit Drago, elles aussi ont ce que je cherche chez les filles.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda son parrain.

— Comme si tu ne le savais pas.

— Vrai. Donc c'est elle ta première griffie ? Tel père, tel fils, je suppose. Je me souviens que ton père avait commencé pour ennuyer ta mère. Il était sorti avec sa meilleure amie et passait tout son temps avec elle, ça rendait Lily complètement folle.

— Et à la fin de l'histoire, ils se sont rendus compte qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, et se sont enfin mis ensemble, ce que tu attendais depuis des années, termina Harry. Je sais, tu me l'as déjà raconté.

— En fait, c'est la version courte. Pour la version longue, il va falloir attendre un autre jour, parce que là le cours va bientôt débuter.

En effet, à peine quelques instants plus tard, la cloche sonnait et les élèves commencèrent à arriver au compte-goutte. Harry prit bien soin de s'installer à côté de Daphné et le plus loin possible de sa petite amie, et le cours commença. Sirius était un prof assez doué et apprécié, en particulier parce qu'en apparence, il était parfaitement impartial en ce qui concernait les maisons. En apparence seulement, car il retirait rarement des points à Serpentard, tout comme il en ajoutait peu aux autres maisons. Mais il le faisait avec subtilité, et son attitude sympathique le mettait à l'opposé de Rogue dans l'esprit des élèves. Ironique quand, dans le fond, ils faisaient exactement la même chose.

Sirius commença à introduire les bases de l'Occlumancie, même si c'était en limite du programme. Le discours était plutôt ennuyeux pour Harry qui l'avait déjà entendu plusieurs fois pendant son enfance. D'autant plus ennuyeux qu'il ne comprenait strictement rien à cette branche de la magie. Même la menace de demander à Rogue, un expert reconnu, de lui donner des cours particuliers n'avait pas suffi. Il n'était simplement pas fait pour être un Occlumens. Et apparemment, il ne devait pas être le seul à le penser, car malgré l'affection que les élèves portaient à leur professeur, l'attention dans ce cours en particulier rivalisait avec un de ceux de Binns.

La plupart faisaient mine d'écouter, pensant sûrement que ça finirait par devenir intéressant, mais leur nombre commençait à diminuer. Harry, lui, ne se gênait pas pour regarder par la fenêtre, laissant vaguement traîner une oreille pour ne pas rater une éventuelle question qui lui serait posée. Mais ce ne fut pas le cours qui fit sortir la classe de sa torpeur, mais des coups frappés à la porte.

— Entrez ! invita Sirius, interrompant son exposé.

Le panneau de bois s'écarta et laissa passer la fille Crivey, l'amie de Cloé.

— Excusez-moi, professeur, mais le directeur m'a envoyé chercher Harry Potter. Il faut qu'il vienne dans son bureau tout de suite.

— Bien, répondit Sirius. Mr Potter, suivez Miss Crivey et allez-y. Vous reviendrez prendre vos affaires plus tard.

Harry se leva sans un mot, le visage fermé. Qu'est-ce que pouvait bien lui vouloir le vieux fou ? Il n'avait pourtant rien fait de répréhensible ces derniers jours. Aurait-il enfin découvert que les appartements des Préfets-en-Chef n'étaient pas aussi réservés qu'ils étaient censés l'être ? Après avoir tourné quelques couloirs, son "guide" lui demanda timidement :

— Alors, c'est vrai que tu fais semblant de rejeter Cloé pour la protéger ?

— Oui, mais baisse le ton, je ne veux pas quelqu'un entende ça.

— Excuse-moi.

Il y eut à nouveau un silence gêné. Que devait-on dire à quelqu'un dont on était censé détester la simple existence et qui se trouvait être la meilleure amie de la personne la plus importante de sa vie ? Pas que Harry veuille absolument briser le silence, celui-ci lui convenait parfaitement, mais il paraissait gêner la petite blonde. Lui était de toute façon trop occupé à se poser des questions pour se soucier d'elle.

— Écoute, commença-t-elle, je voulais te dire que je suis…

— Pas la peine, grommela-t-il.

— Quoi ?

— Ce n'est pas la peine de t'excuser pour m'avoir insulté, développa Harry. D'une, tu n'as fait que me répondre la plupart du temps, et de deux ça ne me dérange pas du tout. Au contraire, ça rajoute du réalisme à ma comédie, donc continue.

— Oh, je… D'accord, j'essaierai.

— Tu sais pourquoi Dumby veut me voir ? s'informa-t-il.

— Non. Il a simplement envoyé un hibou à Cloé pour lui dire de venir dans son bureau et me demander d'aller te chercher.

— Cloé est convoquée aussi ? s'inquiéta-t-il.

Cette fois, il avait vraiment un très mauvais pressentiment sur ce qui allait se passer. Pourquoi avoir demandé à Cloé de venir aussi ? Il n'eut pas le temps de se poser cette question plus longtemps, ils étaient arrivés à la gargouille cachant l'entrée du bureau directorial.

— Le mot de passe est "Ballongommes", révéla Crivey. Au revoir, Pot… enfin, Harry.

— Tu peux m'appeler Potter, je suis habitué, lança-t-il en montant les escaliers mouvants.

Il frappa à la porte et entra. Il remarqua immédiatement que son pressentiment était justifié. Il y avait foule dans la petite pièce ronde. En plus de Dumbledore, le professeur McGonagall était assise droite sur sa chaise et les lèvres pincées, comme toujours. Mais ce ne fut pas elle que Harry remarqua en premier. Alors qu'il cherchait sa sœur des yeux, ceux-ci tombèrent sur deux personnes qui n'auraient jamais dû se trouver dans l'enceinte de ce château. Il se raidit imperceptiblement, son visage adoptant instantanément le masque hautain qui seyait à l'héritier d'une grande famille. Une unique pensée le traversa à ce moment.

Mais par Merlin, qu'est-ce que ses parents fichaient ici ?

— Ah, Mr Potter, vous voici enfin, salua Dumbledore. Je vous en prie, prenez un siège.

— Professeurs, Père, Mère, répondit prudemment Harry avec un hochement de tête à chaque fois. Je suis ravi de vous revoir avant l'heure.

— J'aurais préféré que ce soit dans de meilleures circonstances, fils.

— Que se passe-t-il ?

— Voyez-vous, Mr Potter, il se trouve que nous avons besoin de vous pour régler un petit problème administratif, expliqua le directeur. Vos parents ont proposé de…

— Ce n'est pas une proposition, professeur, coupa l'Auror. En fait, Harry, il faudrait que tu signes un papier pour nous.

— Quel genre de papier ? demanda Harry en fronçant les sourcils.

Ça commençait à devenir vraiment inquiétant. La surprise passée, il avait pu remarquer l'air choqué de sa sœur et celui réprobateur de sa mère. Apparemment, quelle que soit la procédure qui nécessitait sa signature, sa mère n'était pas entièrement en accord. Ce que Harry ne trouva pas très étonnant quand Dumbledore l'éclaira :

— Vos parents ont décidé de retirer votre sœur de Poudlard.


*sifflote* Bon, je vous prierai de ne pas jeter de tomates, ce n'est pas bien de gaspiller la nourriture. Jetez plutôt des reviews ^^