Merci pour la review Chloris ! Je vais essayer de répondre dans l'ordre !

On m'a déjà dit à plusieurs reprises que le style « journal intime » était un peu rebutant au premier abord. Je n'y avais pas pensé quand j'ai choisi... Mais je suis contente d'arriver à convaincre des lecteurs !:)

Oui, la mort de Greg était horrible mais nécessaire. Crystall était trop embourbée dans cette relation pour avancer. Et si au fur et à mesure des chapitres du tome 1, elle parlait moins de lui et plus des Maraudeurs, c'est parce que ces derniers étaient nouveaux dans sa vie. Quand on a l'habitude de côtoyer quelqu'un presque H24, on ne pense pas à l'écrire dans son journal, je pense. Voilà pourquoi elle en parlait moins si tu veux la raison exacte ! Crystall n'aurait négligé Greg pour rien au monde !

Ah, la Mary – Sue la hantise de chaque auteur ! XD J'essaie de faire en sorte que mes persos fassent « réels », alors ça ne colle pas vraiment avec l'héroïne parfaite. Crystall n'a jamais maîtrisé la communication par esprit parce qu'elle est nulle en légilimancie et qu'il faut les deux pour que ça marche, idem pour l'interlocuteur de cette communication. Même si elle y était parvenue, elle n'aurait jamais pu s'en servir. Et elle n'a pas fini de faire des recherches/entraînements je peux te l'assurer.

Maintenant que tu parles de lui, (et un petit spoil au passage) je suis en train d'écrire le chapitre où Andreas revient en force et on va en apprendre un peu plus long sur lui ! Idem pour Selwyn.

Quand j'ai commencé cette fic, j'avais pour but (et c'est toujours le cas) de parler essentiellement de magie et de développer la première guerre contre Voldemort. Comme je l'ai dit dans le tome précédent, je n'avais pas prévu d'introduire une relation amoureuse avant un long moment. Alors ça ne va pas prendre beaucoup plus d'ampleur que ça en a déjà.

Et puis, tu l'as si bien dit : Crystall veut faire tellement de chose qu'une vie n'y suffira pas. On a tous une longue liste de ce qu'on veut faire avant de mourir et peu de gens auront la chance de tout faire...

Et Zilphya ! Je ne me lasserais jamais de le dire : je l'adore. La fic à son propos est en cours !

Voilà, sur cette longue réponse, je vous souhaite à tous une bonne lecture ! ^^


Pétunia et Vernon Dursley

Samedi 11 août 1979 : orphelinat de Kathie

Je suis venue ici autant pour voir comment elle allait que pour avoir des nouvelles de ma sœur.

- Elle a du mal, m'a avoué Kathie. Elle sort rarement de sa chambre et ne parle à personne en général.

- Au moins reste t –elle tranquille.

- Elle va aller à Poudlard en septembre, il va lui falloir des affaires pour cela.

- Je vais voir si mes parents ne l'avaient par déjà emmenée acheter ses affaires. Les connaissant, c'était certainement le cas. Je te les ferais apporter par un elfe si je les trouve. Est-ce que tu pourras l'emmener à King's Cross ?

- Non. Je ne peux pas me permettre de partir et de laisser Marlène seule. Tu devras t'en charger.

J'ai soupiré. Franchement, ça ne m'enchante pas vu comment c'est déroulée notre dernière entrevue. Et ça ne va pas lui plaire non plus.

- Tu as tout ce dont tu as besoin pour les enfants ? ai – je dit pour changer de sujet.

- Avec les subventions du Ministère et le don que tu nous as fait, je pourrais faire subsister l'orphelinat pour deux vies entières, a t –elle ironisé.

- Alors ne te contente pas de subsister : donne leur tout ce qu'ils ont besoin et plus encore. Il y a deux ailes de ce bâtiment qui sont encore à l'abandon ainsi que le dernier étage de cette aile – ci. Engage quelqu'un pour s'en occuper et tu pourras donner une chambre à chacun d'eux.

- Je ne veux pas faire venir des inconnus ici. On ne sait jamais de qui il peut s'agir et certains enfants ont assez peur des nouvelles têtes.

- Ils ne pourront pas toujours avoir peur des gens qu'ils ne connaissent pas, Kathie.

- Pour ce moment, ils sont trop jeunes, a t – elle décidé d'une voix sèche.

- Très bien. En ce cas, je vais voir ce que je peux faire moi-même avant de repartir.

En réalité, je ne suis pas en train de faire grand-chose. J'ai ordonné à mes quatre elfes de rendre le dernier étage de l'aile Nord – Ouest vivable. Je leur ai aussi parlé de ce qu'il se faisait ici. Ils ont eu l'air enchanté de pouvoir aider. Sans doute parce qu'ils se sont rendus compte que ce projet me tient à cœur.

Moi, je suis allée visiter les deux ailes abandonnées. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé dans ce bâtiment. Mais les murs écroulés, les traces de brûlures, les meubles renversés et fracassés laissent penser qu'une lutte plutôt conséquente a été engagée.

Kathie l'a racheté à des moldus, mais vu certaines traces, je me demande si ça n'était pas une demeure sorcière auparavant. Ça va demander pas mal de boulot à remettre en état, mais ça en vaut la peine, sincèrement.

Dimanche 12 août 1979 : chez Sirius

Je suis encore passablement choquée par ce qu'il vient de se passer. James et Lily sont arrivés en début d'après midi pendant que Sirius et moi nous nous entraînions dans le jardin pour le préparer à son examen pratique d'entrée au CEIMOD qui va avoir lieu dans un peu moins de 2 semaines maintenant. Et à mon plus grand bonheur, j'ai réussi à lui apprendre quelques astuces sur les sorts qu'il avait du mal à maîtriser.

- Vous faites plaisir à voir les enfants ! nous a lancé James en arrivant mains dans la mains avec Lily.

On ne les avait pas entendu arriver et on a tous les deux sursauté.

- James ! s'est exclamé Sirius en écartant en grand les bras comme s'il n'avait pas vu son crétin de meilleur ami depuis des années.

- Reste loin de moi, tu es couvert de transpiration.

- Tu me blesses profondément ! Mais je sais bien que tu plaisantes ! Viens me faire un gros câlin !

J'ai levé les yeux au ciel tandis que James s'enfuyait comme le crétin qu'il est tout en braillant comme un âne.

- Ça faisait un moment que je ne les avais pas vu comme ça, a souri Lily.

- Ouais, ai – je renchéri. Parfois je me demande lequel est le pire.

- Pense au fait que moi je vais épouser l'un d'eux. Toi, tu as encore l'opportunité de fuir.

Je me suis contentée de sourire. Je ne pense pas saisir cette "opportunité" un jour. On les a regardé encore une seconde, et je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire quand Sirius s'est transformé pour finalement sauter sur le dos de James et lui lécher de visage.

- Tu es dégueulasse, lui a dit Potter quand il a finalement réussi à s'échapper. Pouah ! Et tu as mauvaise haleine !

Ça n'a pas perturbé Sirius qui avait l'air extrêmement fier de lui, même sous sa forme canine.

- Qu'est ce qui vous amène ici ? ai – je finalement demandé à Lily. On ne vous attendait pas.

- De toute évidence.

- Si on en discutait autour d'une table ? est intervenu James. Et après je me sois débarbouillé. Ton copain est vraiment un gamin puéril Crystall.

- Rappelle toi que c'était ton meilleur ami avant d'être mon copain : tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

Sirius et moi sommes passés sous la douche, parce que James n'avait pas tout à faire tord : pratiquer la magie sous le soleil de plomb du mois d'août ne nous a pas rendu très présentable. Et Lily a pris grand plaisir à nettoyer son fiancé avec quelques sorts bien placés.

On s'est installé sous le parasol dans le jardin avec un verre de citronnade.

- Voilà, a alors exposé Lily. James et moi nous nous sommes rendus compte de quelque chose.

- A savoir ?

- Toi, Crystall, tu es devenu une Lady appartenant aux 30 sacrés.

- Cette liste est une connerie ! me suis – je indignée. J'ai pas envie d'en faire parti.

Cette liste a été éditée au début du XXème siècle et comprend les noms des familles pouvant être considérées comme de "Sang – Pure" par les plus puristes de notre sorciété. C'est idiot. Les Potter n'y sont pas, et pourtant ils sont sorciers depuis plus de 5 générations. Bref, si ma famille a toujours retiré une grande fierté de s'y trouver, je ne partage pas leur avis sur la question.

- La question n'est pas là. En tant que tel tu es obligatoirement membre honoraire du Magenmagot.

- Et ? A quoi mène cette discussion ?

- Et donc en tant que Lady membre du magenmagot, tu as le droit de présider des cérémonies comme des mariages par exemple.

J'ai fixée stupidement James, puis Lily. Puis re – James. Et le sous entendu est arrivé jusqu'à mon cerveau.

- Vous voulez que je vous marie ? ai – je dit, tout en bénissant le fait d'être déjà assise.

- Ben… oui, c'est l'idée.

Je suis restée pétrifiée. L'idée ne me serait jamais venu à l'esprit. Je n'en veux toujours pas de ce titre de Lady, alors de là à accepter de l'utiliser pour quoi que ce soit… Sirius a claqué des doigts devant mes yeux et j'ai sursauté, revenant à la réalité.

- Oh… pardon, ai – je grommelé. C'est assez inattendu.

- Ouais, ça m'est venu comme ça, a répondu James. Je préfère que se soit toi plutôt qu'un individu qu'on ne connaît pas.

- Il va y avoir un problème de témoin, si je fais ça, ai – je dit pour tenter de soulever un problème.

- Mais non. Je demanderais à Remus ! Tant pis si je n'ai pas de témoin féminin. Mes ancêtres ne sont plus là pour le voir !

Son sourire a glissé de ses lèvres quand il s'est rappelé que ses parents non plus n'étaient plus là pour s'indigner à ce manquement à la tradition.

- Il faut que je réfléchisse, ai – je dit pour rompre le silence.

- Tu as encore quelques jours, mais n'oublie pas qu'on se marie d'ici la fin du mois !

- On ne risque pas d'oublier : tu nous en parles à chaque fois qu'on te voit, a ironisé Sirius.

- Ce sera le plus beau jour de ma vie, a soupiré James en retour, le regard perdu dans le vague.

Parfois, je me demande comment Lily fait pour ne pas être exaspérée par ce sorcier là. Ils sont restés un peu avant de rentrer chez eux. Ils ne vivent pas encore ensemble.

- Tu vas accepter ? m'a demandé Sirius.

- Je ne sais pas, ai – je soupiré. Vu comment je me suis soudainement retrouvée avec ce foutu titre, j'ai aucune envie de devoir l'utiliser.

- Mais tu vas devoir vivre avec au moins jusqu'à la majorité de ta sœur. Tu ne pourras pas faire de passation plus tôt à sauf si tu ne meurs, ce que je t'interdis formellement.

- Ben voyons… De toute façon, il est hors de question que je laisse ça à ma sœur : elle trouverait encore le moyen d'en faire quelque chose de mauvais.

- Voilà le bon état d'esprit ! Maintenant tu n'as plus qu'à envoyer un hibou à James et Lily pour dire que tu acceptes.

Je me suis contentée de secouer la tête. Je n'ai pas encore pris ma décision. Je ne sais pas quoi faire de cette demande.

Mardi 14 août 1979 : chez Sirius

Voldemort n'est pas mort, malheureusement, nous venons d'en avoir la confirmation. Et il donne dans la provocation : il a attaqué un petit village moldu pas très loin de Poudlard. Franchement, Dumby aurait pu se déplacer en personne

Quand j'ai transplané aujourd'hui, j'ai laissé tomber le masque. Je n'ai plus personne à protéger en cachant mon identité. Et de toute façon, les mangemorts ont vu que je possède deux baguettes. C'est peu courant et ils ont sans doute fait le parallèle entre la femme masque et moi. Ils ne peuvent pas être stupides au point d'avoir manqué un truc aussi énorme.

Je n'ai pas tout de suite su que Voldy était là, mais j'ai senti après quelques minutes son aura de magie noir se répandre dans le prés où j'avais réussi à déplacer mon combat pour épargner un maximum de gens.

Ça a bien failli me tuer parce que j'ai trébuché sur quelque chose où plutôt quelqu'un, couché dans les hautes herbes.

Et là, je me suis trouvée face à deux têtes blondes que je connaissais. Mais c'était tellement surréaliste que j'ai mis plusieurs secondes avant de réagir. Le temps pour Eléna Beef de monopoliser la parole :

- Crystall ! s'est elle exclamée. C'est incroyable qu'on se croise ici, hein ? Qu'est ce que tu viens faire là ? Tu cherches aussi des traces d'Enormus à Babille ? Xeno et moi ne sommes pas très loin de tomber dessus ! Je le sens ! Pas vrai Xéno ?

- Exactement mon amour.

J'ai perdu d'autres précieuses secondes à réaliser que Xenophillus Lovegood et Elena Beef formaient sans doute le couple le plus improbable de tout Poudlard. Un sort m'a roussi le haut du crâne.

- Ouh ! s'est exclamée Elena. Qui a fait ça ? C'est dangereux !

- Pas le moment, il faut que vous vous en alliez, l'ai – je coupée. Transplanez !

- Je n'ai pas mon permis… m'a répondu Elena en se levant, totalement inconsciente du danger. J'ai essayé de le passer trois fois, mais je le loupe toujours. La dernière fois, j'ai laissé un bout de ma langue en arrière, tu te rends compte ? Ma langue ! Qu'est ce que j'aurais fais si je n'avais plus été capable de parler correctement ?

- On aurait été bien plus tranquille, ai – je asséné en lui appuyant sur la tête pour qu'elle ne soit pas une cible trop facile. Reste penchée. Lovegood, debout, je vous sors de là !

- Endoloris ! a hurlé l'un des mangemort m'ayant poursuivie hors du village.

- Protego !

- Mais c'est qui ces gens ? s'est enquis Elena en pointant du doigt les mangemorts. Carnaval c'est pas aujourd'hui.

- Tu le fais exprès ? ai – je répondu. Ce sont des mangemorts !

Et là, il s'est passé un truc étonnant : au lieu de faire une remarque à deux noises sans aucun sens, elle s'est tu et son regard c'est brutalement assombri. Avec les yeux plissé, et son expression dure, elle arrivait à se rendre menaçante. Je n'aurais jamais pensé pouvoir dire ça d'elle. Elle n'a jamais autant ressemblé à un Serpentard qu'à ce moment là !

- Ces gens ont tué les parents de ma meilleure amie, a t – elle sifflé.

- Pas le temps pour les vengeances. Lovegood, prends la et transplane !

- Je n'ai pas mon permis, m'a t –il tranquillement appris. Les créatures magiques que je traque sont parfois allergiques au transplanage.

Je me suis un moment demandée s'il n'était pas en train de se foutre de moi, mais il avait l'air beaucoup trop sérieux. Et personne sain d'esprit plaisanterait là-dessus dans un moment pareil. Quoique, Xenophillus et sain d'esprit dans la même phrase, c'est un peu contradictoire…

J'ai attrapé Elena par le bras et je l'ai poussée devant moi avant de leur tourner le dos pour faire face aux mangemorts :

- Allez vous en ! ai – je ordonné en sortant ma deuxième baguette. Je vous couvre.

- Mais les …

- Partez ! Courez bon sang !

Heureusement, Xeno, en Serdaigle intelligent, m'a obéie. Il a attrapé sa moitié et s'est mis à détaler comme un lapin. J'ai fini par abattre un premier, puis un deuxième mangemorts (merci les deux baguettes) et je me suis retrouvée face au dernier. J'ai senti les problèmes dès que je l'ai vu ranger sa baguette. Ça m'a juste arrêtée une seconde, le temps pour lui de tendre ses paumes vers moi et d'envoyer une gerbe de feu digne d'un lance flamme moldu.

Un sorcier adepte de la magie élémentaire.

Généralement, les incantations sont la seule forme de magie pouvant se passer de baguettes. Mais les sorciers élémentaires les plus puissants sont capables à force d'entraînement de se passer également de leurs baguettes pour manipuler leur élément principal. Autant dire que si j'ai progressé en magie élémentaire, je ne faisais pas le poids. J'en ai été réduite à rester sur la défensive.

C'est Remus qui m'a tirée de là. Il est arrivé derrière le mangemort, qui était tellement concentré sur moi qu'il n'a pas remarqué qu'il y avait un nouvel antagoniste avant de se faire proprement assommer.

- Salut ! ai – je lancé.

- On a besoin de toi dans le village.

- Les renforts ne sont toujours pas arrivés ? me suis – je inquiétée.

- Si, tu étais la dernière à ne pas en avoir terminé.

- Alors quoi ?

- On a besoin de tes talents de guérisseur.

Haussant un sourcil, et parce qu'il n'avait pas l'air vraiment pressé, je suis tranquillement revenue vers l'endroit où on avait besoin de mes services et j'ai trouvé James couché sur le ventre, le bas de sa chemise et son pantalon en lambeau. Il avait des traces circulaires faites de dizaines de petits trous à plusieurs endroits, dont deux magnifiques en plein sur ses fesses, ainsi que des coupures plutôt profondes.

- Qui lui a fait ça ? Les Mangemorts ? ai – je demandé en me penchant sur les blessures.

Et là, contre toute attente, il y a eu un gros fou rire contenu dans le cercle des membres de l'Ordre rassemblé autours de James qui avait l'air mécontent de se retrouver les fesses à l'air. Ce que je comprends totalement.

- Quoi ? ai – je demandé sans comprendre.

- Ce… a commencé Lily avant de prendre une grande inspiration. James était tellement content de voir que Voldemort s'en allait qu'il s'est assis dans un bac à fleur contenant des tentaculas vénéneuses sans regarder ce qu'il faisait.

J'ai vraiment tenté de ne pas rire, mais même en essayant de tousser pour le cacher, ça n'a pas fonctionné. C'était stupide. Il s'en serait sorti sans dommages si il avait pensé à regarder où il allait s'asseoir.

- Tu as pris la fiole de contrepoison sur je t'avais donné ? lui ai –je quand même demandé.

- Bien sûr ! a t –il grincé en me fusillant du regard. Je sais que les tentaculas sont vénéneuses. Soigne moi au lieu de rire comme un phoque !

- Tu as toujours su parler aux filles, Potter, ai – je répliqué. Ça explique sans doute pourquoi il t'a fallu 7 ans avant de convaincre Lily de sortir avec toi… Mais je ne peux rien faire dans l'immédiat. Tu as été mordu par une plante magique et ces blessures sont aussi peu réceptives à la magie aux celles causées par des créatures magiques.

- Alors quoi ? m'a t –il demandé sèchement.

- Alors tu as de la chance. Comme je suis un maître des potions compétent, je vais te préparer une crème cicatrisante pour que tu sois capable de t'asseoir sur une chaise le jour de ton mariage. En attendant : interdiction formelle de poser tes fesses où que ce soit. Soit tu restes debout, soit couché sur le ventre. Lily, je compte sur toi pour le surveiller.

- Pas de problèmes.

Je suis partie avant que le Ministère n'arrive, appelé par Maugrey qui s'était joint au combat entre temps. Après une bonne douche, me voilà dans mon labo de potion. Plus vite j'apporterais la crème à James plus facilement il cicatrisera. On ne le sait pas en général, mais les morsures de tentaculas laissent des cicatrices quand elles ne sont pas soignées.

*Chez Sirius plus tard*

J'ai apporté la crème à James avec Sirius, mais j'ai laissé à Lily le soin de l'étaler. Hors de question que je fasse ça, surtout pas vu où sont localisées les morsures. Ne poussons pas quand même.

Ils ont remis cette histoire de mariage sur le tapis, me demandant si j'avais réfléchi. J'aurais bien aimé prétendre que ça m'était sorti de la tête, mais impossible d'oublier cette maudite demande. Ils m'ont suppliée du regard… alors j'ai cédé, bien sûr.

Donc, je vais devoir présider la cérémonie. Ça change tout. Ce n'est pas anodin. Généralement les dirigeants de familles préfèrent laisser aux membres du Ministère le soin d'officier.

Mercredi 15 août 1979 : Suffolk Coast

Aujourd'hui, j'ai beaucoup de choses à faire. Mais aujourd'hui est aussi la date d'anniversaire de Greg. Il aurait eu 19 ans. Alors je suis venue ici me recueillir un moment. J'ai regardé le soleil se lever. Malheureusement, je ne peux pas rester.

*Ministère*

Je crois que je comprends pourquoi personne n'insiste en général pour se faire marier par quelqu'un n'appartenant pas au Ministère. Je suis là depuis l'aube pour faire les démarches nécessaires pour que je puisse officier légalement. Et je suis à deux doigts de dévaster les bureaux du Département de la Justice Magique !

Ces connards de petits fonctionnaires ont exprès compliqué les choses pour que le Ministère soit certain de pouvoir mettre son nez dans tous les mariages sorciers ! Il faut vraiment le vouloir. Si ça n'était pas pour Lily et James, ça ferait longtemps que j'aurais quitté cet endroit de fou !

Si j'entends encore une seule fois "Pour ça, il vous faut remplir le formulaire 10322 B, mais c'est au bureau 55, pas ici au 23" et qu'audit bureau 55 on me dit "Ah mais non ! Vous ne pouvez pas remplir ce formulaire si vous n'avez pas le formulaire 789 ! Il faut que vous alliez au bureau 46 !" et que là on me lance "Avant tout, il faut que vous ayez remplis le formulaire 8520 au bureau 55" alors que justement c'était pour le formulaire 8520 que j'étais au bureau 55 au début ils vont comprendre leur douleur.

*Chaudron Baveur*

ENFIN ! Me voilà délivrée du Ministère. Je signal qu'il est quand même plus de 18h. Et la seule raison pour laquelle j'ai obtenu grain de cause, c'est que j'ai plus ou moins pris en otage tout le Département de la Justice Magique. En clair, personne n'a pu partir avant que j'ai bouclé ma procédure. Je suis bien sûr partie avant l'arrivé des aurors.

C'est extraordinaire ce que ça va vite quand les fonctionnaires ont envie de rentrer chez eux ! En moins d'une demi heure, j'avais bouclé les papiers. Comme quoi, il suffit parfois juste de savoir leur "parler".

*Chez Sirius*

Une lettre m'attendait quand je suis rentrée. Elle n'était pas très longue. C'est Elena qui me l'a envoyée pour me remercier d'avoir sauvé sa vie et celle de Lovegood hier. Elle dit qu'il faudrait qu'on se voit une fois avant qu'elle n'entre à Poudlard pour passer ses ASPICs. Je ne crois pas que je vais le faire : je ne me sens pas capable de supporter ses bavardages incessants.

Samedi 18 août 1979 : Citadelle

Aujourd'hui, j'ai été appelée au Culot du Chaudron. Et une fois de plus, la potion n'était pas gentille – gentille. Avec la quantité de corne d'Erupif que j'ai mis là dedans, j'aurais pu faire exploser tout le chemin de Traverse. Je peux te garantir, Journal, que j'ai bien fait attention quand je l'ai préparée cette potion.

Et comme il y avait des conditions particulières pour le transport, la conservation et l'utilisation, c'est moi qui suis allée l'apporter au client.

Pour tout dire, surfer aussi allègrement avec l'illégalité, ça ne me plaît pas de masse et j'envisageais sérieusement d'arrêter. Avant de voir la tête du client en question.

Je n'avais en face de moi ni plus ni moins que Silas Selwyn. Il a paru surpris en me voyant. Il m'a fallu une seconde pour me rappeler que mon apparence était méconnaissable et qu'il devait simplement s'étonner que ce ne soit pas le vieil homme rabougrit qu'il voir d'ordinaire qui lui apporte sa commande. Il a une tête à être un habitué des lieux.

Alors, je me suis montrée si polie que j'en ai eu la nausée et je lui ai listé tout ce qu'il ne fallait surtout pas faire à moins de vouloir mourir dans d'atroces souffrances : ne pas secouer, aucun chocs, pas de contact avec quoi que ce soit à cause de la corrosivité, conserver à l'abri de la lumière etc…

Je me demande ce qu'un membre de l'Ordre peut bien faire avec une potion aussi meurtrière. Je savais qu'il était louche, et j'en ai la confirmation.

Je vais le surveiller de plus près pour voir ce qu'il cache.

Ce boulot a finalement son utilité. En vendant des trucs illégaux, je sais qui sont les gens qui les achètent ! Et je suis sûre que je pourrais même tomber sur des Mangemorts.

Quand je suis arrivée à la Citadelle, Zylphia est venue me trouver.

- Comment cela se passe t –il avec Luther Rosier ? s'est – elle enquis.

- C'était risqué de m'envoyer là bas avec son nom alors qu'il ne l'utilise plus.

- Le risque fait parti intégrante de la vie, a t –elle souri. Alors ?

- Plutôt bien… Tu l'as connu de ton vivant ?

Je n'aurais pas évoqué le sujet de moi-même, mais puisqu'elle le lançait, j'étais quand même curieuse.

- Effectivement. Quand je suis revenue dirigeante il était lui-même Héritier de sa famille. Les Rosier avaient un commerce florissant avec les Gobelins et il était toujours bon de les avoir dans ses amis.

L'information m'a étonnée. Si c'était vraiment le cas, il n'y en a plus aucune trace aujourd'hui. Ça a dû se voir sur mon visage puisqu'elle a précisé :

- Le frère cadet de Luther, Adrian, a repris les affaires de la famille quand il a dû quitter le monde. Et en tant que Mangemort, il n'a pas réussi à conserver une entendre cordiale avec les Gobelins. Les Rosier ont perdu énormément d'influence et d'argent après ça.

- Je vois. Mais j'étais plus curieuse à propos des réelles relations que vous entreteniez tout les deux. Il a paru dévasté en apprenant que tu étais un fantôme.

- J'imagine que Luther avait comme projet de m'épouser un jour où l'autre, a admis Zilphya dans un haussement d'épaule. Mais je suis morte, et il n'y a pas lieu d'évoquer ce genre de choses.

Moi je trouve ça intéressant. Je ne sais rien d'elle et je suis plus ou moins contrainte de lui faire confiance et de la suivre aveuglément. Alors j'aime bien en apprendre plus sur elle.

Je continue mon travail pour trouver un indice sur la lycanthropie, mais je fais toujours choux blanc !

Jeudi 23 août 1979 : chez Sirius

Sirius passe son examen pratique pour l'entrée au CEIMOD en ce moment. Je sais que je n'ai aucune raison de m'inquiéter pour lui, mais ça ne m'empêche pas de le faire.

Je vais aller travailler un peu. Le mariage est la semaine prochaine et je suis encore plus stressée que si je repassais mes ASPICs.

*Chez Sirius, plus tard*

Sirius essaye de me faire croire qu'il est serein et qu'il n'y a aucune chance qu'il ait raté. Mais je commence à le connaître suffisamment bien pour comprendre que ce n'est pas vrai. Pour la première fois de sa vie, il s'inquiète d'avoir raté un examen. L'an passé, il se moquait de louper ses ASPICs. Il aurait redoublé, point barre, sans que cela ne le fasse sourciller, même si ça aurait mis un coup à sa fierté. Mais ça ne l'aurait pas dérangé.

Faut croire que même un Maraudeur ça grandit. James va se marier et fonder une famille, et Sirius commence à s'inquiéter de son avenir. Je dirais presque qu'il était temps !

Lundi 27 août 1979 : chez Sirius

Pouah ! Quelle journée ! Je n'aurais jamais pensé qu'un mariage soit aussi épuisant. Mais c'est officiel, au jour d'aujourd'hui Lily Evans est Madame Lily Potter aux yeux des moldus. Mais ils n'emménageront ensemble que le soir du 30 août après leur mariage sorcier.

La cérémonie était prévue à 16h. Pourtant, on s'est levé tôt Sirius et moi. Et on a eu raison. Parce que quand on a sorti nos tenues, monsieur c'est rendu compte qu'il n'avait rien à se mettre.

- Mais je te jure que j'avais un costume dans cette armoire ! s'est –il exclamé avec véhémence quand je l'ai massacré du regard. Je l'ai même mis à la Saint Valentin.

Et là, j'ai réalisé un truc. J'avais emprunté (et jamais rendu d'ailleurs), un costume dans son armoire le soir où Voldemort m'avait donné rendez vous. Et visiblement, c'était le seul qu'il devait posséder. J'ai essayé de ne pas avoir l'air trop coupable, mais il a immédiatement deviné que c'était de ma faute et du coup c'est retombé sur moi.

- Comment j'aurais pu savoir que tu n'avais qu'une seule tenue correcte ?! me suis exclamée, incrédule.

- J'en ai plusieurs mais pas pour chez les moldus ! Si je me pointe avec une robe de sorcier, Lily va me tuer !

- Très bien ! me suis – je exclamée. Mets tes chaussures, on sort.

- Quoi ? Pourquoi ? C'est pas le moment de…

- On va aller dans un magasin moldu stupide cabot. Et on va te l'acheter ce costume.

- Je ne porte que du sur mesure ! s'est –il horrifié.

- Ben tu feras un effort aujourd'hui ! Si tu avais pris la peine de regarder plus tôt qu'au dernier moment on en serait pas là !

Bref, on était encore en train de se chamailler quand on est arrivé dans le premier magasin moldu qui exposait des costumes. Et bien entendu, Sirius a trouvé à redire sur chaque modèle que le vendeur nous montrait. J'ai fini par le pousser de force dans une cabine d'essayage et le menaçant discrètement de ma baguette.

Et là ! Horreur ! Désespoir ! Le costume lui allait parfaitement. La morphologie de Sirius Black est tellement banale qu'il entre dans un costume taillé pour le plus grand nombre. J'ai levé les yeux au ciel en comprenant ce qui lui traversait l'esprit. N'a t –on pas idée de penser des choses aussi stupides ?

Mais bon, malgré cet incident, nous sommes arrivés à l'heure. Lily portait une simple robe blanche, la vraie robe de mariée étant réservée au mariage sorcier. Heureusement, elle a réussi à trouver quelque chose qui plaît à tout le monde. Bref, c'est pas le sujet aujourd'hui.

Quand nous sommes arrivés, James, Lily, Peter et Remus étaient déjà présents. Les sorciers d'un côté et Lily de l'autre avec celle que j'ai supposé être sa sœur.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle et Pétunia ne se ressemblent pas du tout. La seule similitude que j'ai pu leur trouver sont leurs yeux. Autrement sa sœur est blonde et assez osseuse. Grande et maigre. Si je les avais croisées dans la rue sans les connaître, je n'aurais jamais pensé à le relier par le sang.

Le beau frère de Lily s'appelle Vernon et il est aussi ramassé et large que sa femme est grande et fine. Bon, j'exagère un peu. Il n'a qu'un embonpoint relativement modéré, mais il devrait quand même se surveiller.

Quand je me suis approchée pour les saluer, surtout Lily à vrai dire, même si j'étais curieuse de faire la connaissance du reste de sa famille, j'ai clairement senti que je n'étais pas bienvenue.

- Tu as dit qu'il n'y aurait pas beaucoup de gens comme toi, a dit Pétunia sans même répondre à mon bonjour.

- Ils sont tous arrivés. Et ce sont mes amis autant que ceux de James, tu sais.

- J'espère que ce n'est pas contagieux, a marmonné Vernon en pensant que personne ne l'entendrait.

Merlin m'en garde, mais je ne veux plus jamais croiser des gens pareils de ma vie ! Ils sont… Ils sont comme les mangemorts avec les moldus et les nés - moldus au détail près qu'il ont peur de nous et aucun moyen pour nous nuire. Sinon, je pense qu'ils ne s'en priveraient pas.

Lily a l'air consciente de ce qu'ils pensent de nous, et d'elle aussi par extension, mais elle ne veut pas admettre qu'elle ne puisse pas arranger ça. D'un côté je peux comprendre : ce sont les derniers membres vivants de sa famille…

Je suis rapidement retournée parmi les "anormalités" de mon monde. Vu ma mine sombre, ils ont tous compris ce qu'il venait de se passer.

- Je vois que tu as fait la connaissance de ma charmante future belle famille, a grincé James en leur envoyant un regard noir.

- Je me demande pourquoi ils nous haïssent comme ça, est intervenu Peter. On ne peut pas haïr aussi fort sans raisons.

- Tu es sûr que tu n'as rien fait pour, James ? a demandé Remus. Tu es sans doute le seul autre sorcier qu'ils ont rencontré en dehors de Lily.

- Il y avait Servilus aussi, a craché l'interpellé. C'est forcément de sa faute.

- Ne parlons pas de lui aujourd'hui, est intervenu Sirius d'une voix apaisante. On ne va pas lui faire le plaisir en lui permettant de tout gâcher… Et au pire, un petit sort de rien du tout rendra peut –être la sœur de Lily et son morse de mari plus agréable.

- Je t'interdis de sortir ta baguette en public aujourd'hui, ai – je soufflé. Tu as oublié les consignes de Lily ou quoi ?

Il a essayé d'avoir l'air innocent, mais ça n'a pas marché. Le jour où il y parviendra n'arrivera sans doute jamais. Il a toujours une tête de coupable pour tout ce qu'il fait. Si jamais il se fait arrêter un jour, il n'arrivera jamais à convaincre les aurors qu'il dit la vérité.

Quand tout le monde a finalement été présent, et que l'heure est arrivée, on est entré dans la mairie et on s'est installé dans la salle, chacun du côté du marié qu'il accompagnait. Je me suis assise du côté de James, même si j'aurais sans doute spontanément choisi celui de Lily en premier lieu. Mais c'est un mariage moldu, alors je me suis mise avec les sorciers.

L'homme qui allait les marier, et dont j'ai oublié le nom, est entré en portant une écharpe avec les couleurs du drapeau anglais. La cérémonie a été courte au final. Il a présenté aux mariés leurs droits et devoirs (fidélité, assistance, secours, et j'en passe) avant de demander y s'ils consentaient. Puis ils se sont passés l'un à l'autre une bague au doigt et on a été mis à la porte.

Franchement, c'était froid et sans âme. Je n'ai pas du tout aimé. On voyait que le type en avait rien à faire de ce qu'il se déroulait là.

On s'est ensuite tous rendu à Hyde Park pour prendre des photos. Pétunia avait les lèvres pincées si fortement quand elle a été obligée de prendre une photo juste avec Lily et moi que je me suis étonnée qu'elle ne se soit pas cassé une dent ou deux.

J'ai un peu parlé avec les quelques moldus présents, leur apprenant que nous avions tous étudié à Poudlard, l'école pour "surdoués". Je leur ai dit que je travaillais dans la chimie et que je faisais de la recherche. Ce n'est pas très loin de la vérité après tout.

Ensuite, nous avons tous été invités à passer le début de soirée dans la maison du nouveau couple Potter avant d'aller dîner au restaurant. Ils vont vivre dans la maison de James à Godric's Hollow. Pour l'occasion, elle a été un poil redécorée. Tous les portraits bougeant, le chaudron, les balais ont été remisés au grenier pour ne pas mettre la puce à l'oreille des moldus. Je parie que même Vernon et Pétunia qui ont inspecté chaque grain de poussière n'ont rien pu trouver de suspect.

Je savais que l'un des Maraudeurs finirait pas être agacé de ce comportement. Je l'étais moi aussi. Mais je suis une Poufsouffle et je savais que ça peinerait Lily alors je n'ai rien fait. Eux, ce sont des Gryffondors et ils ne supportent pas de se faire traiter avec autant de dédains par des gens comme ça.

A la fin du dîner, la serveuse qui apportait le dessert a, comme par hasard, trébuché et les desserts ont, comme par magie, atterri sur les vêtements et les têtes de Pétunia et Vernon, épargnant tous les autres.

Mortifiée, la serveuse s'est presque excusée à genoux tandis qu'ils piaillaient et rugissaient.

- C'est de leur faute ! vagissait Vernon. Ces anormalités ont essayé de nous assassiner ! Je t'avais dit que ça finirait mal Pétunia !

- Mais non, a tenté Lily en levant ses mains. Nous n'y sommes pour rien ! Il devait y avoir un pli dans le tapis simplement !

- C'est toujours comme ça avec toi ! lui a lancé sa sœur. Dès que tu es dans les parages, il se passe des choses !

- Allons nous en, a décidé Vernon en attrapant le coude de sa femme. Et ne vous attendez plus à rien de notre part ! Nous avons fait suffisamment d'efforts !

- Tunie, attends, a supplié Lily.

- Non. Et oublie notre participation à la deuxième cérémonie ! Tu te trouveras des témoins aussi anormaux que toi !

- Des honnêtes gens comme nous n'ont rien à faire avec des choses comme vous, a craché Vernon avant de quitter le restaurant.

Le silence c'est installé. On s'est tous regardé, personne ne croyant vraiment au scandale fait pour quelques tâches qui auraient disparu avec un sort de nettoyage des plus basique. Puis Lily a laissé échapper un sanglot et s'est précipitée vers les toilettes. Et l'air suprêmement satisfait de James et Sirius, que j'avais noté du coin de l'œil, a disparu en un éclair.

- Génial, absolument génial, ai – je sifflé entre mes dents. Vous deux, vous allez devoir ramper pour vous faire pardonner.

- Mais...

- Vos gueules.

Je les ai planté là pour aller retrouver Lily. Les moldus ne comprenaient pas ce qu'il venait de se passer. Elle n'a pas été bien difficile à retrouver : on l'entendait pleurer à travers la porte. J'ai doucement toqué et elle a reniflé bruyamment.

- Lily, laisse moi entrer.

Elle est restée silencieuse. J'ai fermé les yeux et j'ai transplané de l'autre côté de la porte. Il est généralement déconseillé de transplaner sur des distances aussi courtes. La désartibulisation est curieusement bien plus grave sur les courtes que sur les longues distances.

Elle était assise sur le battant des toilettes, son maquillage avait coulé sur ses joues, et elle se mouchait avec du papier toilette. Elle avait l'air de la femme la plus malheureuse du monde. Je l'ai prise dans mes bras en lui murmurant des banalités affligeantes, comme quoi ça allait s'arranger etc…

- C'est ma dernière famille, a t –elle gémi dans mon cou. Et je les aime, même si eux ne nous aiment pas. Je… je voulais tellement que ça s'arrange entre nous. Je ne veux pas les perdre eux aussi… Mais maintenant… maintenant elle ne voudra plus jamais me voir.

- Je suis désolée Lily. Je ne sais pas si c'est dû à la malchance ou si quelqu'un est vraiment responsable, mais on va tout arranger. On va essayer au moins d'accord ? Tu ne peux pas partir perdante comme ça tout de suite. Ça ne te ressemble pas.

Il a encore fallu de longues minutes avant que j'arrive à la faire sortir de la cabine. Puis, il a fallu arranger son état. Merlin merci, la magie peut faire des merveilles. Alors mis à part ses yeux gonflés, rien n'indiquait la crise de larmes quand nous avons quitté les toilettes.

James attendait dans le couloir et il s'est précipité sur Lily, l'arrachant à mon bras, dès qu'elle est sortie pour pouvoir la serrer contre lui. Il ne s'est pas excusé alors soit c'était vraiment un coup de malchance, ce que je ne crois pas, soit c'était Sirius. Ou alors il a pensé que s'il se désignait coupable, elle ne voudrait plus se marier avec lui le 30. Du point de vue sorcier, leur mariage moldu est nul. James n'a fait ça que pour faire plaisir à Lily.

Bref, je ne sais toujours pas ce qu'il s'est vraiment passé. Sirius n'a rien avoué non plus et ce n'est pas faute d'avoir essayé de lui faire cracher le morceau. Si jamais j'apprends un jour que c'était lui je le lui ferais payer.

Un certain malaise flottait sur la tablée quand nous sommes revenus tous les trois. Les Maraudeurs ont visiblement réussi à tourner la situation afin d'expliquer les paroles de Pétunia et Vernon avec suffisamment de succès pour qu'on ne nous pose plus de question.

Le repas s'est rapidement achevé et je suis vraiment triste pour Lily que ça se soit fini de la sorte. Ce mariage, c'était comme une sorte d'adieu à ses connaissances moldus. Elle va continuer à vivre presque totalement immergée dans le monde sorcier. Ça aurait dû bien se passer.

Mardi 28 août 1979 : chez Lily

Nouvelle situation de crise. Lily a essayé de voir sa sœur aujourd'hui pour qu'elles se réconcilient. Sans aucun succès. Elle est revenue chez elle (elle habite encore la maison de ses parents pour le moment, en attendant qu'elle soit vendue), en pleurs. Une véritable fontaine. Elle est inconsolable.

Et il est hors de question que ça reste comme ça. James est allé faire un scandale auprès de Pétunia et Vernon. Il est parti aussitôt que Sirius et moi avons mis un pied dans la salon. Je n'ai pas eu le temps de le retenir. Sinon il serait en ce moment bâillonné, saucissonné et jeté dans le placard à balais. Il ne peut faire qu'aggraver la situation avec son arrogance Gryffondorienne.

Je peux déjà l'imaginer arriver avec son air déconfit et une tronche de six pieds de longs. Sirius a tenté de parier sur la durée qu'il mettrait à revenir. Mais je n'ai pas envie de rigoler. Cette situation n'a rien de drôle : cette semaine est censée être la plus belle de la vie de Lily, puisqu'elle s'y marie deux fois.

*Chez Sirius*

Il a fallu moins d'une demi –heure pour que James revienne et s'avachisse sur le canapé, l'air choqué. Il ne doit pas entendre "non" tous les jours dans sa vie. Qui dit non au Grand James Potter, hein ?

Mercredi 29 août 1979 : chez Sirius

Aujourd'hui, je vais m'attaquer au problème de moldu de Lily. Sérieusement, si elle veut ces deux idiots comme témoins, elle les aura et c'est non négociable. Je vais faire un saut à Gringotts avant d'y aller. J'ai un autre moyen de les convaincre de venir s'ils ne se montrent pas coopératifs.

J'ai piqué leur adresse dans le carnet contenant toutes celles des invités. Vu le casse tête que ça a été (heureusement que j'ai pu refiler le bébé à Peter dès que possible et qu'il n'arrive pas à me dire non) je suis contente que ça ait enfin une réelle utilité.

Il est hors de question que je le dise à qui que ce soit. D'abord pour ne pas susciter une nouvelle vague d'espoir de la part de Lily, ensuite parce que ça pourrait être une belle surprise et enfin parce que je n'ai pas envie que tout le monde le sache si jamais je me loupe aussi.

Bref, c'est parti !

*Chez Sirius*

Y'a pas à dire : je suis la meilleure. Rien de mieux qu'un peu d'autosatisfaction.

Pétunia et Vernon habitent un petit appartement dans le centre de Londres. Quand elle m'a reconnue en ouvrant, elle a essayé de me claquer la porte au nez, mais j'ai mis mon pied dans l'embrasure et j'ai forcé le passage.

- Vernon ! a t –elle hurlé, l'air terrifiée.

- Quoi ? Qu.. Sortez immédiatement de chez moi sale monstre !

J'ai immédiatement compris que la solution "leur demander une fois de plus gentiment" ne servirait à rien. Alors j'ai plongé ma main dans ma poche, ce qui les a fait se raidir sans doute parce qu'ils craignaient que je prenne ma baguette, et j'ai abattu la liasse de billet que le meuble de l'entrée. Ils ont regardé l'argent avec des yeux ronds.

- Voici 1000 £, ai – je annoncé tout de go. Je vous en donnerais encore 1000 de plus si vous vous présentez à la cérémonie de mariage de Lily.

Ils en ont bégayé. J'ai à peine sourcillé. J'ai de l'argent maintenant, autant m'en servir pour faire une bonne action. Ça ne représente plus rien pour moi.

- Qui nous dit que ce ne sont pas des faux !?

- Si je voulais vous arnaquer, j'aurais simplement à sortir ma baguette et à vous obliger à faire ce que je veux, ai – je répondu simplement. J'ai moins de scrupules que mes amis. Mais ça blesserait Lily, elle tient à vous sans que je n'en comprenne la raison, alors je fais ça de la manière douce.

En réalité, j'aurais quand même hésité avant d'utiliser l'imperium, mais au final, j'aurais bien pu m'y résoudre.

- On a un marché ? ai – je insisté tandis qu'ils continuaient à fixer l'argent.

- Qu'est ce qui nous garanti que d'autres anormaux ne vont pas à nouveau nous attaquer ? a demandé Vernon.

- Personne ne vous attaqué : ce n'était qu'un malheureux hasard, ai – je menti pour ne pas en rajouter une couche. Mais je ferais passer un avertissement et vous pourrez partir dès que la cérémonie sera terminée. Je pose cependant quelques conditions : de un vous ne nous insultez pas, ce serait la meilleure façon de vous faire agresser. Je dis ça pour vous. De deux, vous allez être souriants avec Lily. Je m'en moque que vous la détestiez, jouez la comédie. Félicitez là, puis dites que vous ne voulez pas rester, ça suffira. Et de trois, je veux que cela reste entre nous.

Ils ont presque bondi sur la liasse de billet quand je l'ai lâchée. Visiblement, ils ne sont pas contre absolument tout ce qui vient de chez les sorciers... Et ils semblaient avoir oublié que mon « anormalité » est contagieuse. Si c'est pas malheureux. Mais c'était tellement prévisible…

- Oh ! ai – je dit sur le pas de la porte. Si jamais vous envisagez de prendre l'argent sans vous présenter à la cérémonie demain, je reviendrais vous rendre une visite. Et alors je vous donnerais une véritable raison de craindre les sorciers.

Vu leur air horrifié, je suis sûre qu'ils y ont pensé, mais je crois que j'ai été suffisamment convaincante.

Une bonne chose de faite. Je ne vois pas ce qu'il pourrait mal se passer maintenant !


A suivre...