Relecture Brynamon qui a fortement insisté pour que je ne tue pas Riley, je vais voir ce que je peux faire…

Réponde de bry : j'espère bien !

Merci à Veronicka pour son soutien indéfectible et sa review. C'est aussi une bonne auteure alors jetez un œil sur ses fics.

Merci à Lililoo pour sa review et à Becob85 de lui avoir conseillé ma fic.

Je me remets à écrire après deux semaines de maladie pour moi et mes filles… J'allais tafer à reculons c'est pour dire.

J'étais sur mon autre fic, me revoilà donc après un mois d'absence (trop long je sais !) du coup j'ai eu du mal pour ce chapitre qui n'est pas sorti de manière fluide.


21 : Sacrifice


POV RILEY

La veille.

Je m'étais changé, je voulais descendre voir le chasseur. Pourtant je fus alarmé par des voix paniquées. Je sortis de ma chambre pour aller voir mais Victoria était déjà là, portant Bella dans ses bras. A son visage choquée, je compris que ce que je ne voulais pas qui se produise s'était produit. Je rageai intérieurement mais son bras sanguinolent me ramena à la réalité immédiate : la soigner et espérer qu'elle s'en remette. Rosalie déboula à sa suite, courroucée et pale. Elle débita beaucoup de paroles dures que j'endurai sans un mot, me poussant pour laisser place à Victoria afin qu'elle entre dans ma chambre. Je la suivis, soucieux, ignorant Rosalie.

James ! James ! James !

-Vous devez nous relâcher, décréta Rosalie avec raison.

-Je ne peux pas. Je dois aider mon frère.

Elle se renfrogna, darda sur moi des yeux écœurés.

-Je ne sais pas ce que j'espérais de votre part mais sachez une chose : je ne resterai pas cette fois les bras croisés à vous laisser nous faire du mal.

Elle me contourna, rejoignit Victoria pour prendre la relève mais elle s'y opposa farouchement :

-Je peux le faire, j'ai des notions de médecine.

Le pouls de Bella était faible. Tiendrait-elle la nuit ? Alors qu'elle sectionnait la bretelle de sa robe de nuit, je remarquai un symbole étrange incrusté dans sa chair.

-Mais qu'est-ce que c'est ? Demandai-je en me penchant.

-La marque de James, me révéla Rosalie dans un souffle. Il l'appose sur toutes ses acquisitions.

Je la regardai horrifié.

-J'y ai échappé, j'étais sa poupée, il ne voulait pas m'abimer.

Je me pris de plein fouet toute son amertume et sa haine. Une haine viscérale dès qu'elle parlait de lui. Sous mon regard insistant, elle ramena ses bras autour d'elle, angoissée subitement. Je compris enfin ce à quoi elle était destinée. Et lui qui m'avait parlé d'amour, savait-il seulement ce que cela voulait dire ?

-Je vais chercher James ! Sifflai-je, hors de moi.

Je fis volte face, sans écouter leurs protestations. J'étais furieux.

Je passai la nuit à sa recherche en vain. Je revins à l'aube, trouvai Rosalie endormie près de Bella de retour dans sa chambre. L'autre jeune femme, Rachel, dormait aussi. Il était encore tôt. Je ressortis, un minimum rassuré que Bella ait passé la nuit.

Je descendis en cuisine vérifier que mes domestiques étaient déjà arrivés, j'avais une chose à leur dire car j'attendais de la visite. Mais un homme manquait à l'appel. A la place une enfant, aux cheveux longs et ondulés d'un ton rouge plus soutenu que Victoria, se faufila entre les hommes et se présenta :

-Pardonnez l'absence de mon père, Messire Whitherdale, il est malade. Je me prénomme Bree Tanner, je suis ici pour le remplacer au pied levé afin qu'il ne perde pas son nouvel emploi.

Je restai interdit devant cette frimousse déterminée, essayant de cacher sa peur, se tenant droite dans sa robe noire et son tablier blanc un peu passé.

-Cela ne fonctionne pas ainsi.

Je fis un signe aux deux autres pour qu'ils commencent leur journée, l'ignorant sciemment. Elle perdit confiance.

-Je le sais bien Messire, je comptais sur votre bonté pour me permettre de sauvegarder la place de mon père.

-Quel âge avez-vous ?

-Seize ans.

Elle paraissait plus jeune bien que marquée par une vie somme toute difficile.

-Je ne peux engager de femme, encore moins une enfant, cela va à l'encontre de certaines convictions d'une de mes invités et je ne souhaite pas …

Je m'écoutais parler, me rendis compte de mes propos. Victoria agissait insidieusement sur moi, cette femme avait trop d'emprise. Pourquoi ce besoin de lui plaire ? Cela ne m'apporterait que des problèmes. Je regardai à nouveau la fillette, écoutant son cœur se déchainer. Je me raidis, reculai un peu et me détournai sans un mot…

-Messire, supplia-t-elle.

Je grommelai en soupirant :

-Dépêchez-vous de monter le déjeuner à mes invitées dès que ce sera prêt.

J'entendis son soupir de soulagement. Faisais-je bien ?

Au sous-sol, je détectai l'odeur de Victoria. Je longeai la première rangée, entamai la deuxième, elle était face à l'une des geôles. Je me figeai devant le spectacle qu'elle m'offrait.

-Vous êtes enfin rentré.

-Oui. Je vous remercie d'avoir pris soin de Bella.

Elle resta silencieuse.

-Comment va-t-il ?

-Il est toujours inconscient. Je commence à m'inquiéter Riley. Nous n'aurons pas les informations que nous voulons.

-C'est malheureux.

-Le plus malheureux c'est que vous ayez fait cela pour rien.

Elle me fit face. Elle s'était changée, arborant une robe en soie orangée phénoménale, aussi simple de coupe que sublime, soulignant sa silhouette sans défaut et longiligne, dégageant ses épaules. Ses cheveux était remontée en un savant chignon. Elle tenta de cacher un sourire devant mon air ahuri, je me repris aussitôt.

-Comment cela ?

-Emmett, le mari de Rosalie, le loup blanc, il ne sait pas qu'elle a été enlevée car il n'était déjà plus avec elle quand elle vivait avec le chasseur.

-Mais où est-il !

-Je n'en sais rien et elle non plus, elle s'en réjouit je vous l'assure.

C'était fâcheux car l'idée était bien d'éliminer ceux qui avaient attentés aux jours de James et il en faisait partie. Sans cela, Rosalie n'avait aucune raison d'être ici. A part servir de distraction à mon frère. Cette idée me répugna. Je devais trouver une solution…

-Il faut prévenir James, continua-t-elle.

-Je ne sais pas où il est.

-Vous ne l'avez pas trouvé ! S'inquiéta-t-elle.

-Non… et heureusement pour lui en fin de compte.

Elle me détailla sans répondre.

-Et Laurent ? Demanda-t-elle finalement.

-Non plus.

-Cela ne me dit rien qui vaille.

Elle avait raison. Je commençai à imaginer nombre de théories plus alambiquées les unes que les autres concernant cet ami loyal. Elle en profita pour s'approcher un peu vite, hésita à ma hauteur, troublée.

-Votre blessure ? A-t-elle cicatrisée ?

Je fis signe que oui. Elle me sourit avec timidité, élevant déjà sa main vers ma joue mais je fis demi-tour réceptif au signal de danger dans ma tête. Elle me retint le bras :

-Je dois vous dire autre chose, une chose qui ne va pas vous plaire.

-Laquelle ? Me crispai-je en ôtant sèchement mon bras.

-L'indienne, la sœur de Jacob Black, elle est enceinte.


POV JACOB BLACK

En fin de journée.

Il ne me fallut que deux secondes pour me décider, je fixai Paul, ignorant mon cousin. Il savait que je n'avais pas le choix. Il savait que comme lui, j'étais prêt à tout pour elle.

-Tu ne dois pas accepter Jake, c'est surement un piège !

-Je crois aux paroles de cet homme, le contredit Paul. Il nous propose ce compromis à l'insu de son frère mais nous devons nous décider vite.

-Tu ne peux croire une sangsue. Tu n'aurais même pas dû…

-Quil, cesse un peu ! Où est James ?

-Il ne va pas tarder…

-Jake ! Insista Quil. Il te jette en pâture au lion.

-J'aurais préféré qu'il me prenne moi ! S'égosilla Paul. Je n'ai pas de quoi marchander, ils n'en ont rien à faire de moi. C'est lui qu'ils veulent !

Son ton pressant me renforça dans ma conviction.

-En plus ils sont nombreux, il y a beaucoup de Sang-froid en renfort. Ils n'ont rien laissé au hasard, continua-t-il avec inquiétude.

-S'il y a une possibilité qu'il dise vrai concernant Rachel, je préfère faire les choses sans heurt pour la préserver elle et son enfant, comprends-tu Quil !

Il contesta mais avec moins de virulence nous proposant d'en juger par nous-mêmes.

-Allons-y, approuvai-je.

Je suivis Paul, refoulant ma peur, Quil sur mes pas. Ma poitrine se comprimait à mesure que j'avançais, Bella n'était pas loin, mais la voir et la sortir de là serait une autre paire de manche. Chaque chose en son temps. Un homme assez grand se tenait dans la grande allée menant à la propriété. Je respirai avec acharnement pour garder mon calme et ne pas muter. Il avança vers nous en glissant, fantomatique et dangereux dans ce costume noir à col montant, ressemblant vaguement à James. Pourtant dès qu'il fut non loin de moi, je remarquai quelque chose de différent chez lui. Il me détaillait de haut en bas mais sans animosité ou mépris. Il était juste curieux. Je ne portais pas grand-chose, nous étions peu vêtus, nous dénotions à ses côtés. Il se tenait dans une posture qui n'était pas dans la défensive, arborant calme et sérénité. Etait-ce une façade ? Ou une ruse ? Les poings serrés, je gardais mes bras en parallèle pour éviter tout incident. Il se posta devant moi, bien en face, m'examinant, me jaugeant plutôt. Il s'attarda sur mon épaule droite. J'y passai machinalement la main, percevant la cicatrice laissée par la marque de James.

-C'est donc vous…

Il disait cela avec une infime part d'admiration. Je soutins son regard, exprimant de la répulsion :

-Je regrette d'avoir failli à mon devoir, j'aurais dû me douter qu'il était coriace comme de la vermine. Il a eu de la chance.

Il plissa les yeux.

-Jamie a toujours été très chanceux.

Jamie… impossible d'intégrer cette fraternité, c'était anormal, cela les rendait trop humains.

-Où est-il ?

-Il n'est pas là. Il ne va pas tarder.

J'aurais voulu l'avoir en face de moi pour régler cela une fois pour toute.

-Pourquoi ce marché ?

-Je ne veux pas de mal à votre sœur. Ni à son bébé.

-Alors pourquoi l'aider dans ce cas ! Pourquoi cautionner ses actes barbares !

-Il est ma seule famille et je n'accepte pas que l'on puisse lui faire du mal.

Que pouvais-je objecter à cela ?

-Il est lâche ! Il a kidnappé Bella et Rachel, deux jeunes femmes sans défenses, pourquoi ne m'a-t-il pas affronté moi directement ?

-Parce qu'il n'était pas là, c'est moi qui ais procédé.

-Vous…

Je tremblais comme un fou, derrière j'entendis Paul exhaler un cri de rage, entamant sa mutation, tout en fonçant droit sur le Sang-froid. Il y eut un coup de feu qui l'érafla au flanc, le poussant à reculer, stoppant net toute rage et processus de transformation pour nous deux. Une femme d'une beauté hypnotique et malsaine nous mettait en joue, déjà prête à recommencer.

-Ce sont des balles en argent, alors à bon entendeur.

Le Sang-froid n'avait pas bougé, son expression était la même, enfin presque, il semblait contrarié.

-Je me soumets à votre exigence pour le bien-être de ma sœur, capitulai-je avec hargne. Je veux la voir avant de me constituer prisonnier. Et j'espère pour vous qu'elle n'a rien.

Il esquissa un léger sourire. Il se détourna et rentra dans la maison. Je ne pus m'empêcher de surveiller la sangsue rousse, dès fois qu'elle ait la gâchette facile. Elle m'était familière. D'autres vampires se matérialisèrent derrière elle. En effet, ils étaient nombreux, constatai-je avec appréhension. Il revenait déjà avec ma sœur dans les bras, je restai fixé sur elle, envahi par une paix éphémère mais bien réelle, je me sentis moins lourd, moins oppressé. Je la pris dans ses bras pour l'éloigner de cette créature, l'examinant sous toutes les coutures. Dormait-elle ou l'avait-il droguée ?

-Pourquoi ne se réveille-t-elle pas ?

-Je lui ai administrée un léger sédatif, intervint la rousse, rien d'invasif ou de dangereux pour l'enfant.

-Pourquoi ?

-Elle manquait de sommeil, elle était agitée.

Derrière moi, j'entendais l'impatience de Paul. Je me tournai vers lui, la déposai dans ses bras. Je l'embrassai sur le front un long moment, lui demandant de me pardonner.

-Ramenez-là saine et sauve à la maison, c'est un ordre. Maintenant ! Criai-je presque devant leur inertie.

Je leur tournais déjà le dos malgré leurs protestations.

-Je suivrai avec Bella, ne vous inquiétez pas.

Face au maitre des lieux je repris le contrôle de mes émotions. Une première chose de réglée. Mes amis étaient déjà loin.

-Si jamais James ou qui que ce soit d'autre a touché à un seul cheveu de Bella, je vous ferai tous regretter de ne pas être mort. Que vous soyez dix, cent ou mille, je m'en contrefiche.

Je le contournai, avançai, traversai la foule sanguinaire, me contenant avec peine. J'avais cédé uniquement pour ma sœur. Un sacrifice qui tombait à pic pour eux. Maintenant c'était James que j'attendais.

Devant la porte d'entrée, un frisson désagréable me parcourut, j'attendis, me ravisant, trop désireux de voir ma Bella. Il traversa ses congénères et approcha sans bruit.

-Elle dort.

Je fronçai les sourcils. Il restait impassible, c'était difficile de savoir s'il mentait en cet instant.

-A cette heure-ci ?

-Elle manque cruellement de sommeil, elle aussi.

Méfiant, je continuai d'insister, m'exhortant au calme, alors il me conduisit jusqu'elle. Dans les escaliers immenses, je le suivis de près et dus me faire violence pour ne pas me jeter sur lui. J'étais à cran, anxieux, déboussolé par cet environnement luxueux qui n'inspirait pas de méfiance. C'était comme un retour en arrière, faisant ressurgir des souvenirs que je voulais oublier, me rappelant que l'enfer pouvait avoir l'aspect du paradis et que l'on ne pouvait échapper à ses démons. Quand il toqua avant d'entrer, je ne prêtai pas attention à ce geste incongru, perdant mon souffle si proche du but.

Je vis d'abord Rosalie, elle me jeta un œil surpris et méfiant. Je me désolai de sa présence ici. Je compris que je n'étais pas la seule cible de la rancune de cet infâme Sang-froid. Elle se leva comme pour me barrer le chemin.

-Je suis désolé de vous revoir dans ces circonstances.

Elle fronça les sourcils, elle ne me reconnaissait pas. Forcément.

-Je suis Jacob, l'éclairai-je, votre mari et moi-même avons combattu ensemble contre James.

Ses yeux s'illuminèrent, elle s'écarta du chemin pour me laisser enfin accéder à Bella. Elle était très pâle, endormie dans d'épaisses couvertures. Je m'accroupis, bouleversé, les yeux rivés sur elle et je lui murmurai :

-Je suis là, je vais te sortir d'ici mais avant je dois régler certaines choses. Ce ne sera pas long, je te le promets, repose-toi en attendant.

Je n'osai la toucher même si j'en mourrais d'envie.

-Allons-y maintenant, décréta le Sang-froid, resté en retrait.


POV SETH

Le lendemain

Nous avions reçu le message d'Edward, nous avions donc formé des groupes pour ratisser les proches états afin de dénicher des indices, j'étais avec Embry, fouillant les environs car il n'était pas très rapide, Sam était avec Caleb et Emmett étaient avec Zafrina et Benjamin. Ces derniers se rendaient au domicile de Laurent.

Embry était morose. Pourtant il avait appris à se servir des armes fabriquées par Jasper, le frère d'Edward. Cela me rendait furieux de le savoir prisonnier de cette sangsue. Embry m'en avait fait la confidence à force de l'avoir tanné avec ça. Mais je voyais bien que son humeur désagréable n'était pas liée à cet enlèvement. Cependant, il ne lâcha rien de plus. Je n'étais pas du genre à me vexer ou à râler cependant son attitude commença à m'exaspérer après un certain temps…

Zafrina ne nous avais pas donné beaucoup d'informations, juste de quoi nous indiquer ce que nous devions faire et pourquoi. La nièce d'Edward était décidément édifiante. Il allait bientôt nous rejoindre, Jessica restera à Portland pour veiller sur sa belle-sœur et sa nièce. Le soir même nous revînmes à notre point de ralliement, bredouilles. Embry fatiguait, je le voyais mais jamais il ne l'aurait admis devant moi. J'eus l'étrange sensation de lui avoir servi de nourrice. Zafrina le couvait un peu trop à mon avis, le tenant éloigné du danger. Mais pourquoi donc ? Sûrement parce qu'il était le plus vulnérable.

J'espérais que les autres trouveraient quelque chose parce que je n'en pouvais plus. Mes nuits étaient peuplés de cauchemars et je ne retrouverai la paix que quand James serait réduit en cendre.

Nous mangions tous les deux, quand Zafrina arriva avec Ben et Emmett, ils avaient trouvé quelque chose…

Il était tard quand le reste de la troupe arriva. Nous pûmes enfin savoir ce que Zafrina avait découvert.

-Nous ne sommes pas les seuls à chercher ce vampire…

-Qui d'autre le cherche ?

-Les Volturi.

Elle assena cela avec gravité mais je n'en saisissais pas le sens. Elle s'expliqua mais cela me passa au dessus, je voulais juste trouver cette pourriture et lui dire en face ma haine contre lui avant de le tuer. C'était cela la réalité de ma vie.

-…l'incendie de sa propriété il y a deux semaines leur a été rapporté et leur a causé beaucoup d'émoi. Ils ne sont pas insensibles à la mort de tant des leurs. Ils cherchent à savoir ce qui s'est passé et donner un coup de main si possible.

-De qui tiens-tu ces informations ? Demanda Sam.

-D'un vieil ami, éluda-t-elle, nous avons conversé lui et moi. J'ai su le convaincre.

-Je n'en doute pas un instant, s'agaça Embry pour je ne sais quelle raison.

-En tout cas, maintenant nous savons où est James ! Nous annonça Ben en lui lançant un regard mécontent.

-Où cela ! M'écriai-je.

Elle m'étudia, impénétrable, penchant légèrement la tête.

-A Seattle. Alec doit déjà y être avec ses hommes et nous allons en faire de même dès maintenant.


POV JASPER

La veille au soir.

-Argh !

Je me tins la tête entre les mains, pris de vertige, je m'étais redressé trop vite et je cherchai à me repérer. Je me retranchai vers le fond de cet endroit sombre, dont l'air était un peu humide. Des lampes éclairaient suffisamment les alentours restreints pour que je comprenne rapidement où je me trouvais. J'avais échoué à protéger Rosalie. Je m'angoissai déjà à l'idée que mes femmes aient été capturées elles-aussi quand une voix me détourna de ces idées cauchemardesques :

-Lâchez-le !

Je sursautai, reconnaissant la voix de Rosalie. La porte s'ouvrit brusquement, un homme entra dans l'endroit exigu sans y être forcé. Je m'écartai de son chemin, me jetant vers l'avant pour forcer le chemin. Mais j'étais de nouveau prisonnier, face à moi Rosalie se figea, puis me sourit :

-Jasper, vous allez bien, j'en suis fort soulagée, je me suis fais du souci.

Je fixais l'homme à ses côtés, celui que j'avais blessé. Il ne semblait nullement affecté. Il s'était soigné à temps. Je crispai mes doigts sur les barreaux, enragé :

-Où est ma femme ? Et Lucy, où est-elle ? Où est ma fille !

-Elles étaient à l'hôpital quand vous êtes arrivé… je suis désolée Jasper, je m'en veux si vous saviez.

Je me fichai de ses excuses, ma famille avait besoin de moi, Lucy… elle devait être très malade si Alice avait jugé urgent de l'emmener au dispensaire. Je ne comprenais pas ce que je faisais ici !

-Pourquoi ne pas m'avoir tué ! Pourquoi suis-je prisonnier et pas Rosalie !

-Rosalie est mon invitée. Je dois vous poser quelques questions. Après vous pourrez partir rejoindre votre famille.

-Ne le croyez pas un instant.

Je me tournai vers l'homme derrière moi. Assis dans une posture de méditation, il ne me regardait pas. Je n'avais pas le temps, ni l'envie de m'interroger à son sujet.

-Quoi que vous fassiez, vous êtes condamné. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire.

-Ô que si, ces Sang-froid je sais les reconnaitre…et je sais de quoi ils sont capable.

-Comment avez-vous eu connaissance de notre existence ? Me demanda le vampire.

-Les Volturi. Ils nous pourchassent.

Il eut un mouvement de recul, lui aussi les craignait comme n'importe quel Sang-froid sensé.

-Pourquoi ?

-Ils veulent ma fille mais jamais cela n'arrivera…

-Qu'a-t-elle de si particulier ! Me coupa-t-il.

-Rien qui ne vous concerne, me ravisai-je, conscient d'en avoir trop dit.

Je le dévisageai, le scrutai même, cherchant à savoir si l'homme derrière moi avait raison. Etais-je de toute façon condamné à mourir ?

-Je ne répondrais pas à vos questions, quelle qu'elles soient. Qu'allez-vous faire de moi maintenant ?

-Rien pour l'instant. Mon frère saura vous faire parler.

Il s'en allait déjà malgré mes protestations. Rosalie tenta de me raisonner en vain. J'étais prêt à exploser, je perdais la raison, je ne voulais pas être enfermé. Je voulais protéger les miens de la cruauté de ce monde sanglant, les humains étaient aussi cruels que les vampires. Ce monde était voué à la perdition. Seule l'aura d'espoir entourant Alice parvenait à me redonner confiance en l'existence. Elle était celle qui m'avait tiré des ténèbres de la guerre dont j'avais gardé de terribles séquelles. Son seul sourire, sa seule voix, m'apaisait. L'idée de ne plus la revoir m'écrasa, j'étais subitement silencieux, abattu.

-Rosalie ! Entendis-je le Sang-froid l'appeler de loin.

Elle posa sa main sur la mienne, je la retirai, me détournant d'elle.

-Nous devons nous battre, murmura-t-elle désespérée. James va revenir, il va nous replonger en plein abîme.

Je ne répondis pas.

-Cette fois ce sera nous qui le plongerons en enfer, décréta l'homme derrière moi.

Je me trainai dans un coin pour m'asseoir, Rosalie approuva d'un signe de tête et s'éloigna, en ayant recouvré sa sérénité. L'homme me lança un œil déterminé et assuré. Il avait lui aussi vécu sous la coupe de ce vampire odieux, semble-t-il. Et il projetait de fuir. Ce que je ne comprenais pas c'était pourquoi il était entré de son plein gré.

-Pourquoi êtes-vous là ?

-Je me suis constitué prisonnier pour libérer ma sœur.

Je ne saisissais toujours pas. Ce James aimait les femmes alors pourquoi en troquer une contre un homme ?

-En quoi êtes-vous plus important que votre sœur ?

-Je l'ai laissé pour mort lors de notre dernière confrontation.

-Mais… comment ?

-Parce que c'est un loup-garou, me révéla une voix nouvelle peu amicale.


POV ALICE

Le lendemain

Installée dans une chambre des plus confortables (celle de Jasper), je veillais ma Lucy. Elle allait mieux mais était très fatiguée. Nous étions dans la demeure d'Elizabeth Masen. La mère des deux frères. Leur père respectif étant mort tous les deux. J'avais pris un plaisir relatif à la revoir. Elle était toujours égale à elle-même, un peu froide et hautaine sans compter sa rancune car elle me tenait responsable de l'éloignement de son fils, cependant voir sa petite-fille l'avait un peu radoucie.

J'avais réussi à dormir dans le train, et puis nous étions arrivées tard après une escale où Edward en avait profité pour passer un télégramme. Jessica était restée à l'écart après ses confidences, me jetant des coups d'œil inquiets par moment.

-Je ne trahirai pas votre confiance, lui avais-je promis.

Il faisait nuit depuis bien longtemps, nous avions diné tous les quatre assez rapidement (Jessica étant repartie voir son père). Elle devait revenir le lendemain matin.

-Si tu as des nouvelles…

-Je viendrais te prévenir Edward ne t'inquiète pas.

Et elle était partie d'un pas vif, désireuse de mettre de la distance entre eux. Je m'apprêtai pour la nuit, ma belle-mère m'avait fourni de quoi m'habiller, quand on frappa.

-Oui ?

Elizabeth entra sans cérémonie. Elle affichait une quarantaine marquée. La vie ne l'avait pas épargnée. Ses long cheveux blonds et bouclés me rappelaient Jasper, mais ses traits étaient plus similaires à Edward tout comme ses yeux verts qui me dévisagèrent un instant, elle était pale et cela m'alarma.

-Puis-je vous aider ?

-J'aimerais m'entretenir un instant avec vous seule à seule.

-Faites donc.

Elle prit place dans le fauteuil molletonné près du lit. Je continuai à me déshabiller sous son œil choquée mais je n'en avais cure. J'étais fatiguée, autant me mettre à l'aise. Elle attendit donc que je termine, elle se focalisa sur sa petite-fille et son visage prit un autre aspect, exprimant une réelle affection. C'était perturbant. Même ses fils elle ne les regardait pas ainsi. Je pris place à ses cotés et patientai.

-Edward m'a tout raconté.

Je gardai le silence, mais l'émotion était là.

-Vous êtes en sécurité ici, je vais engager des personnes pour vous protéger et Mlle Stanley veillera personnellement sur vous le temps qu'Edward revienne avec son frère.

Je continuai de la dévisager, soucieuse. Maintenant que les choses étaient claires, allions-nous pouvoir nous entendre ? Me pardonnerait-elle d'avoir éloigné sa petite-fille ?

Je me sentais si seule sans Jasper, sans Rosie et sans ma sœur. Edward et Elizabeth était pour l'instant ma seule famille en plus de Lucy. J'avais besoin de soutien parce que je me sentais à bout de force.

-Je ne laisserai personne toucher à Lucy, soyez-en assurée Alice. J'ai perdu trop d'êtres chers, je ne pourrai me remettre d'une nouvelle perte.

Je fus surprise par cette confidence, quoique je n'aurai pas dû, les gens réagissaient souvent ainsi en ma présence. Elle se leva avec sa grâce habituelle. J'en fis autant. Elle se dirigeait déjà vers la porte.

-Je veux que vous restiez ici désormais, c'est votre maison aussi.

Elle quitta la pièce, me laissant réfléchir à ses paroles. Je ne percevais aucune tendresse dans sa voix. Je soupirai quand Jasper reviendrai (car il reviendrait, il ne pouvait en être autrement), je savais pertinemment que nous partirions. A Portland nous étions vulnérable, c'était sa ville natale, les Masen y était connus et même s'il ne portait pas ce nom, le lien était établi et le danger réel.

Je m'allongeai au coté de Lucy, priai pour le salut de mon époux et Rosie, et plongeai dans le néant.

OoooO

Je petit-déjeunai en bas, dans la salle de séjour. Elizabeth avait fait monter un plateau à sa petite-fille et lui tenait compagnie. Je profitai de ce moment de solitude pour réfléchir.

-Ne sois pas inquiète, Alice.

Edward s'assit face à moi et déjeuna à son tour.

-Tu l'es bien, toi, inquiet.

-Je dois repartir et je n'aime pas l'idée de te laisser ici.

-Jessica saura prendre soin de moi.

Il grimaça.

-Je n'ai pas le choix de toute façon.

-Ne sois pas si intransigeant avec elle, j'ai confiance en elle, si elle est dans le groupe c'est qu'elle y a sa place. Elle veillera sur nous, tu peux partir tranquille.

Il se détendit doucement.

-Je ne la comprends pas, je ne sais pas pourquoi elle m'enquiquine autant, me confia-t-il.

Je souris intérieurement. J'étais décidément la confidente née de chaque individu placée sur mon chemin.

-Cherche et tu trouveras, dis-je simplement.

Il se perdit en lui-même. Je le laissai méditer et remontai voir Lucy.

Une heure plus tard, Jessica entra dans la chambre. Son allure de garçon me fit sourire. Elle était parée pour sa mission, son arc dans le dos, d'autres armes sur les cotés. Elle resta à l'écart de ma fille, se postant vers la fenêtre. Elle observait l'extérieur, le visage fermé. Je la rejoignis, fixant le paysage magnifique mais la seule chose qui l'intéressait était le départ précipité d'Edward. Elle soupira, ma main se posa sur son épaule.

-Je dois vous dire une chose Alice.

Elle me fit face :

-Nous savons où est Jasper.

L'espoir se dissipa aussi vite quand elle rajouta :

-Certains Volturi se sont joints à ses geôliers.

-Aro ? Balbutiai-je.

-Un certain Alec et quelques autres.

-Mais pourquoi ?

-Je ne connais pas les détails. Mais Aro n'était pas avec eux.

Cela ne me rassura pas. Je ruminai cette information toute la journée, Lucy s'en rendit compte et tenta de m'apaiser :

-Jessica est là, Jessica est là. Elle va faire ce qu'il faut.


POV JAMES

La veille.

Il était temps de rentrer, les loups n'allaient pas tarder à arriver et je voulais être aux premières loges pour les capturer. J'avais pris des distances après m'être rassasiée de Bella car je savais que Riley le prendrait mal. Il m'avait frustré en me privant de Rosalie. Mais avec du recul, il avait eu raison, elle n'était pas en état de me contenter.

J'avais donc sillonné la ville de long en large, à la recherche de mon ami avec qui j'avais envie de converser d'un ton plus léger. Mais même lui me faisait faux bond. Pourquoi était-il parti ? Que faisait-il depuis tout ce temps ? Chassait-il ?

Je pris mon temps pour rentrer, contrarié, et me faufilai derrière la propriété, grimpant sans problème jusqu'à la chambre de Rose. Sa chambre était vide. Où était-elle ? Je sautai sur le balcon et poussai la fenêtre entrouverte. Je m'installai sur son lit, rêvassant à une douce vengeance et à des plaisirs charnels inégalés. Ce n'était plus qu'une question d'heure.

Je perçus son arrivée mais elle s'arrêta avant, entrant dans une chambre non loin. Celle de Bella, à tous les coups. Je l'avais déjà oubliée celle-là. Je me glissai jusqu'à la chambre à la suite de Rosalie mais je me heurtai à Victoria qui la suivait de près. Elle me prit le bras et m'entrainai hors de la chambre avec fermeté. Son regard me convainquit de la suivre. Je n'aimais pas être pris en faute. Elle semblait me réprimander comme un enfant d'un seul regard. Rosalie n'avait pas assisté à la scène et s'était assise près de Bella, lui prenant la main. Où était la sœur de Jacob ?

-Où allons-nous ? Dis-je, une fois éloigné.

-Nous avons un problème.

-Lequel ?

-Riley va vous expliquer.

Voilà qu'elle l'appelait par son prénom. Un étage plus bas, dans son bureau, je lui demandai des explications.

-Où étais-tu ? Me coupa-t-il.

-Par-ci par-là.

Il me donnait son dos, il était à cran. Je le voyais à sa posture rigide. Il me donna son profil, je manquai de reculer et il en fallait pour susciter de l'appréhension chez moi.

-Tu t'es enfui, je dirai.

-M'enfuir ? Mais pourquoi donc ?

-Bella…

Silence. Je jetai un œil à Victoria, gêné d'être en mauvaise posture devant elle. Je me figeai devant son allure d'une féminité inégalée. Elle resta neutre, évitant de me regarder. Je me retrouvai encastré la seconde suivante dans le mur derrière moi, le bras de mon frère en travers de ma poitrine. Je me mis en colère, mais que lui arrivait-il ?

-Tu as failli la tuer et pendant que tu te baladais, j'ai dû faire face à l'arriver de certains loups.

Ma colère se dissipa, laissant place à une excitation sans borne.

-Lesquels ?

Il se redressa, s'éloigna. Je me réajustai, nullement offusqué depuis ses révélations.

-Jacob et sa meute.

Si j'avais eu un cœur il aurait battu la chamade.

-Je veux le voir.

-Je dois te prévenir d'une chose…

Mais j'étais déjà loin. Malheureusement une mauvaise surprise me cloua net :

-Laurent !

Il tentait de forcer la serrure de la cage de Jacob.


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