Hello, amis lecteurs ! La semaine passée, je n'ai pas pris le temps de remercier tous ceux qui m'ont laissé des commentaires, ou qui ont mis cette histoire (ou moi *flattée flattée*) dans leurs favoris. Je vais donc vous répondre ici, à la fois pour le chapitre 19 et le chapitre 20.
RoronoaAgathou: eh oui, le passé de Sanji n'est pas des plus joyeux, mais il a quand même eu de la chance dans son malheur ! S'il était resté à la campagne au lieu de monter à Paris, il aurait été directement victime des dragonnades, par exemple. En comparaison, je ne sais pas si finalement je ne trouve pas le passé de Zoro plus tragique. Enfin, tu jugeras par toi-même ;-) Toi qui aimes les révélations, tu vas être servie !
hasegawa-chan: je pense que Sanji et Zoro sont aussi "têtes de mule" l'un que l'autre ! Mais bon, c'est vrai que Sanji fait plus d'efforts pour se montrer sympa, c'est son côté "charité chrétienne" :-p ça ne veut pas dire pour autant qu'il est plus près d'avouer ses sentiments...
Les Otakus Jumelles: ahah, contente de t'avoir (de vous avoir ?) réconciliée(s) avec les UAs alors ^^
Pauline et Rineca: comme dit à Agathe, l'histoire de Sanji aurait pu encore être pire, si j'avais vraiment voulu être sadique ;-) sinon, il a grandi dans un monde où, si tu n'étais pas chrétien, tu étais exclu de la société, donc ça va mettre un peu de temps avant qu'il passe outre les interdits de la Bible, et qu'il assume son homosexualité. Patience ! ^^
Elowlie: eh oui, ça fait du bien que Sanji reprenne un peu du poil de la bête et commence à tenir tête à Zoro ! Leurs bagarres sont tellement drôles à écrire ! :-p quant au costume, j'imagine que tu as déjà ta petite idée dessus, mais ça va arriver ! ;-)
kovdow19: ouah, merci pour tes compliments ! Je ne sais pas si tu trouveras ce chapitre-ci aussi "hilarant", mais j'espère en tous cas que mon histoire continuera à te plaire autant ! :-p
Berthy45: ouhlà, première fic que tu lis et tu choisis un UA ? C'est rare, ça ! ^^ Je suis en tous cas ravie que tu aies choisi mon histoire, et qu'elle te plaise :-)
Et voilà, je pense que j'ai fait le tour. Encore juste un petit bonjour à Neelae, qui a dévoré cette fic en 24h et qui s'est montrée des plus enthousiastes dans sa review : merci à toi ! Et sur ce, je vous laisse assouvir votre curiosité suite au petit suspense de la semaine passée...
Smoker ? Qu'est-ce que le vieux commissaire pouvait bien lui vouloir ?
Le mentor de Tashigi était venu plusieurs fois à l'appartement, et Zoro et lui avaient assez vite sympathisé. C'était d'ailleurs lui qui avait présenté Smoker au reste de son groupe d'amis, et notamment à Ace. Le commissaire avait voulu en profiter pour soutirer à Luffy des informations sur les activités de son père, avant de comprendre que le plus jeune des Monkey D. était bien trop simplet pour être dans la confidence.
Mais après la mort de Tashigi, Zoro et lui ne s'étaient plus contactés. L'un comme l'autre se sentaient après tout coupables du décès du sergent, et se revoir n'aurait servi qu'à exacerber ce sentiment. A vrai dire, le sabreur pensait même que la dernière fois qu'il avait vu le numéro de Smoker s'afficher sur son écran, ça avait été justement pour lui annoncer la fausse-couche de sa femme. Serrant donc la mâchoire, Zoro décrocha, en espérant que les nouvelles ne seraient pas aussi mauvaises cette fois-ci.
- Allô, ici Roronoa Zoro ?
- Je sais bien que c'est toi, je n'ai pas composé ton numéro par erreur, grogna le commissaire à l'autre bout du fil.
- Commissaire Smoker, le salua l'épéiste. Un problème ?
- A toi de me le dire. Tu connais un certain Gecko Moria ?
Zoro se renfrogna en entendant ce nom. Moria ! Encore lui !
- Je l'ai déjà croisé. Pourquoi ?
- Parce qu'il nous a appelé aujourd'hui pour avoir tes coordonnées, répondit Smoker. Tu as une idée de ce qu'il te veut ?
- … Aucune, mentit le kendoka. Et quoi, vous lui avez donné ?
- Pour qui tu me prends ? Bien sûr que non ! Mais tu as eu de la chance qu'il soit tombé sur moi, parce que j'ai des collègues qui auraient eu moins de scrupules. Surtout quand il a dit qu'il travaillait pour un certain Doflamingo, et que si je me montrais coopératif, il pourrait faire en sorte que mon commissariat soit refinancé à la hausse.
Zoro fronça les sourcils. Est-ce que ça voulait dire que Moria avait déjà parlé de Sanji à son patron ? Non, il bluffait certainement. Il n'allait pas prendre le risque de lui parler Sanji sans être sûr de son coup. Il allait d'abord chercher à le rencontrer, pour s'assurer que le réformé venait bel et bien d'un autre siècle.
- Zoro ? insista Smoker. Qu'est-ce que tu as fait pour que Doflamingo en personne veuille tes coordonnées ? C'est ce petit crétin de Luffy qui t'a encore mis dans le pétrin ?
- Non, non, Luffy n'a rien à voir avec ça, le défendit le bretteur avec une certaine lassitude.
- Ce serait bien la première fois ! Si ce n'est pas lui, alors quoi ?
- Ce serait trop long à expliquer au téléphone, et vous ne me croiriez pas, de toute façon, soupira Zoro.
- Depuis combien de temps tu crois que j'exerce ce métier, gamin ? s'offusqua le commissaire. Des histoires complètement dingues, j'en ai vues tellement que plus rien ne peut m'étonner…
- Ecoutez, demandez à Ace de vous expliquer quand il rentrera, il est au courant, souffla Zoro. Mais là, je ne suis pas tout seul, et…
- Et tu n'as pas envie de discuter plus longtemps avec moi. Je comprends.
Zoro ne trouva rien à répondre à cela. Smoker avait raison, après tout.
- Tu sais, gamin… Moi aussi, je me sens toujours coupable pour la mort de Tashigi. Je la considérais comme ma fille, et tu le sais. Je ne me pardonnerai jamais ce qui s'est passé. Mais Ace m'a fait comprendre que ce n'était pas en refusant d'être heureux à nouveau que j'effacerais l'histoire. Et ça vaut aussi pour toi. Ça fait trois ans, Zoro... Tu es encore jeune ! Tu es célèbre, tu gagnes bien ta vie… Tu pourrais facilement trouver quelqu'un d'autre.
Le champion de kendo en resta estomaqué, la main crispée sur son téléphone. Après trois ans de silence, à l'exception des quelques fois où Zoro et lui s'étaient recroisés et avaient échangé quelques mots pour être polis, de quel droit le commissaire se permettait-il de lui donner ce genre de conseils ?!
- Tashigi n'aurait pas voulu que tu…
- Ne me dites pas ce que Tashigi aurait voulu ou non ! le coupa-t-il, hors de lui. Vous n'en savez rien, et moi non plus ! Avant l'incident, on croyait tous les deux qu'elle était d'accord avec notre décision, pas vrai ? Il a fallu une tragédie pour nous montrer à quel point on avait tort. Et qui de nous deux aurait cru qu'elle se suiciderait ? Aucun. Ni vous, ni moi, n'avons été capables de savoir ce qui se passait dans sa tête, les derniers mois. Alors ne venez surtout pas me dire qu'elle aurait voulu que je refasse ma vie !
Et sur ce, il raccrocha, et se mit à faire les cent pas dans son salon, toujours furieux. Il ralentit cependant en voyant Luffy passer sa tête à travers la porte de la cuisine.
- C'était l'enfumé ?
- Smoker, Luffy, il s'appelle Smoker, gronda Zoro. Et oui, c'était lui.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda Nami, dont la tête apparut à côté de celle de Luffy.
- Visiblement, Moria a appelé la police pour essayer d'obtenir mes coordonnées. Heureusement, Smoker a refusé de les lui donner, mais il finira par les avoir tôt ou tard, s'il continue à s'acharner…
- On verra bien à ce moment-là ! rétorqua Luffy avec optimisme. Tout ce qu'il faut, c'est s'assurer que Sanji soit prêt le jour où ça arrivera !
- Eh ben. On a intérêt à mettre un turbo, alors, parce qu'il est encore loin d'être au point… grommela le sabreur en se pinçant l'arête du nez.
- Mettre un turbot ? Je ne comprends pas cette expression, intervint Sanji en apparaissant à son tour. Un turbot n'est-il pas un poisson ? Mais peut-être voulais-tu dire « mettre un turban » ?
- Qu'est-ce que je disais…
~~oOo~~
Finalement, Nami et Luffy s'en allèrent, et Zoro put traîner Sanji dans la salle de musculation. Il ne put empêcher un sourire moqueur d'apparaître sur ses lèvres lorsque le blondinet se mit à se plaindre abondamment des vêtements de sport qu'il avait choisis pour lui : des baskets blanches avec des rayures jaune fluo sur le côté, un short d'un orange électrique, un débardeur vert néon et un T-shirt rose fuchsia. Oh, sa religion ne lui permettait pas les couleurs vives ? Quel dommage ! Ça avait dû échapper au kendoka ! Mais de toute façon, c'était soit porter cette tenue criarde et inassortie, soit s'entraîner en caleçon, pas vrai ?
Pour le pyjama aussi, Zoro avait pris un malin plaisir à lui choisir un modèle rouge vif, orné de petits Donald Duck portant une toque de chef. Il avait trouvé ça très approprié, curieusement. Mais chaque chose en son temps : Sanji n'avait pas encore vu cette tenue, et son expression révoltée tandis qu'il enfilait ses habits de sport était déjà amplement suffisante pour l'instant.
Sourcils-en-vrille se mit aussitôt à faire ses exercices habituels sans que l'épéiste n'ait rien à lui dire. Il les faisait à présent avec facilité, et Zoro se félicita d'avoir acheté ce DVD « Cuisses - abdos - fessiers » pour permettre à Sanji d'aller plus loin. Il fallait bien avouer que les mouvements que le champion de kendo lui avait montrés n'étaient pas très nombreux, et devenaient rapidement répétitifs. Il lui aurait bien proposé d'utiliser ses machines de musculation, et de soulever des poids, mais cela ne servait qu'à muscler le haut du corps, et ce n'était pas ce dont le cuistot avait besoin. Il n'avait pas l'utilité d'avoir des biceps d'acier : il devait juste savoir porter son propre poids lorsqu'il se mettait en appui sur les mains. C'étaient ses jambes qui devaient être fortifiées, et Zoro devait bien admettre qu'à part les squats (qu'il faisait abondamment tout en portant des haltères), il n'avait jamais vraiment réfléchi à des exercices spécifiques à ses membres inférieurs. Il séchait donc assez vite à l'heure de proposer des mouvements à Sanji.
Il lui avait bien demandé comment Zeff l'avait entraîné, à l'époque, mais ce que le blond lui avait raconté était difficile à reproduire. Sanji, enfant, avait dû se muscler les jambes tout en travaillant au Baratie, et son père adoptif s'était donc montré particulièrement inventif à l'heure de trouver des exercices faisables en cuisine. Par exemple, il avait interdit à son apprenti de s'asseoir durant la journée, lui avait fait faire la cuisine en appui sur un seul pied, et l'avait obligé à faire toutes leurs courses chez les différents fournisseurs en courant. Afin de travailler son équilibre, il l'avait forcé à servir des dizaines d'assiettes à la fois, ou de marcher avec les semelles enduites de graisse. Avec un système ingénieux de poulies, il avait attaché les chevilles de Sanji aux lourds couvercles en fonte de leurs deux plus grosses marmites, l'obligeant donc à faire travailler ses jambes à chaque fois qu'il fallait les soulever afin de servir à quelqu'un le plat du jour. De plus, pour développer ses réflexes et le forcer à être toujours sur ses gardes, il n'hésitait pas à l'attaquer à toute heure du jour ou de la nuit, et le punissait durement dès que quelque était cassé en cuisine, même si ce n'était pas Sanji qui en était responsable. Le cuisinier avait donc dû apprendre à esquiver les coups de Zeff sans rien heurter, ni ses collègues Patty et Carne, ni aucun meuble. Et encore, ce n'était là qu'un maigre échantillon de ce que l'ex-pirate lui avait fait subir !
Le mentor du réformé n'avait donc pas manqué d'inspiration, mais il avait eu plusieurs années pour faire de Sanji le combattant qu'il était devenu, et Zoro n'avait pas cette chance. Il fallait faire vite, car le temps pressait ! C'était aussi pour cette raison qu'il comptait emmener le cuistot, dès que celui-ci aurait reçu son déguisement, au dojo pour pouvoir s'entraîner avec Bon Clay. L'okama était habitué aux arts martiaux faisant usage des jambes, et il serait sans doute de meilleur conseil que Zoro. Ah ! Penser qu'il n'y avait pas si longtemps, Sanji n'était pas capable de sauter à la corde quinze minutes d'affilée sans interruptions, ou de faire cent pompes ou cent tractions à la suite… Et à présent, lorsqu'il se battait contre le kendoka, il fallait bien reconnaître qu'il lui tenait tête beaucoup plus facilement. Peut-être que la prochaine fois, Zoro pourrait prendre l'un de ses sabres et voir comment le blond arrivait à se défendre face à une arme ?
Soudain, Sanji se mit en poirier et commença à faire des pompes dans cette position, sur une main puis sur l'autre. Ce n'était pas un mouvement que Zoro lui avait recommandé, mais c'était une bonne idée, étant donné que le cuisinier se retrouvait souvent la tête en bas lorsqu'il se battait. Alors comme ça, le blondinet prenait des initiatives, à présent ? Ce n'était pas une mauvaise chose, mais ça prouvait bien au sabreur à quel point ses conseils étaient devenus inutiles. Il ne le reconnaîtrait jamais à voix haute devant le Sourcils-en-vrille, évidemment, mais il devait bien admettre qu'en effet, il négligeait peut-être un peu trop ses jambes. Lorsqu'il aurait de nouveau son appartement pour lui tout seul, il jetterait sans doute un œil aux exercices du DVD « Cuisses - abdos - fessiers ». Qui sait ? C'était peut-être ça, la clé pour vaincre Mihawk ! Plus de rapidité dans ses déplacements, un jeu de jambes plus souple et plus réactif… Il se voyait déjà surprendre le vieux bretteur grâce à ses nouvelles aptitudes, et lui arracher son titre de N°1. Il aurait gagné ! Il aurait enfin atteint l'objectif tant convoité ! Tout cela grâce à une remarque anodine que lui avait faite Sanji. Comme quoi, c'était peut-être une chance de l'avoir rencontré, finalement… Oh non, non. Il ne venait pas de penser ça. Revenant plutôt à l'image de Mihawk sur la deuxième marche du podium, il s'imagina brandir la coupe rutilante de champion du monde, et un léger sourire vint ourler les coins de sa bouche. Nettement mieux !
- Voilà, j'ai fini ! annonça soudain Sanji en s'approchant, une serviette autour du cou.
- Hein ? Déjà ? fit Zoro en sortant de sa rêverie. Bon, prends un tapis de gym et viens avec moi au salon, j'ai quelque chose pour toi.
Sanji se mit à saigner du nez dès qu'il mit le DVD en route, et que la présentatrice en body moulant apparut à l'écran. Zoro grimaça, dégoûté, et se demanda comment Robin pouvait penser que ce type était gay. Mais en même temps, elle ne s'était jamais trompée depuis qu'il la connaissait… Peut-être que le réformé refoulait son homosexualité à cause de sa foi ? Ça ne serait pas étonnant, étant donné qu'à l'époque d'où il venait, les sodomites étaient condamnés à mort. Ou peut-être qu'il était bi ? Ça expliquerait en tous cas pourquoi il bavait autant devant les nanas. A ce point-là de connerie, ça ne pouvait pas être de la comédie, quand même ? A moins que… Sanji avait dit qu'il était vierge parce que sa religion condamnait les relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage, mais peut-être que la réalité était toute autre ? Peut-être que tout simplement, aucune femme n'avait jamais réussi à le faire bander ?
Entretemps, Sanji avait arrêté de déclarer son amour éternel à la présentatrice qui ne l'entendait de toute façon pas, et s'était mis à faire les exercices. Zoro sentit sa bouche s'assécher en le voyant à quatre pattes, la jambe tendue derrière lui, et ses petites fesses rondes et musclées pointées vers le haut. Bon sang ! Est-ce qu'il faisait exprès d'être aussi sexy ? Il restait toujours très mince, mais il avait pris du muscle, et ça commençait à se voir. Comment ne pas baver devant ces jambes pâles et fines, à la longueur interminable ? Une musculature nerveuse se dessinait peu à peu sous la peau blanche, et l'épéiste trouvait ces jambes de statue grecque d'autant plus attirantes qu'il savait que c'était là que résidait toute la puissance du cuistot. Arg ! Est-ce qu'inconsciemment, il lui avait pris un short plutôt qu'un pantalon de jogging, parce qu'il voulait continuer à zieuter ces jolies gambettes ? Enfin, de toute façon, il fallait bien avouer que Sanji pouvait rendre n'importe quelle tenue sexy…
Oh, Zoro n'avait pas changé d'avis, non. Il ne voulait plus s'engager dans aucune relation, et pensait toujours que les sentiments ne serviraient qu'à le faire souffrir à nouveau, et à le distraire de son but. Mais s'il pouvait, une fois, rien qu'une fois, poser les mains sur le blondinet et lui montrer toute l'étendue de son désir…
Bon, ça suffisait ! Le bretteur se leva abruptement du canapé, et alla s'enfermer dans sa chambre. Il allait regarder sur internet ce qu'il pouvait bien acheter comme machine de musculation pour les jambes. Ça lui changerait sûrement les idées !
~~oOo~~
Zoro venait de faire l'acquisition d'un vélo d'appartement flambant neuf lorsque Sanji vint toquer à sa porte. Il était déjà douché et rhabillé, et il voulait que le sabreur lui explique comment fonctionnait la machine à laver, car il voulait faire une lessive.
- Ne m'as-tu pas dit que tu avais également du linge à laver ? ajouta le cuisinier avec naturel.
- Euh, oui mais…
Il avait dit ça pour se moquer de Sanji, et il ne s'attendait pas à ce que le blond le prenne vraiment au mot. Est-ce qu'il voulait vraiment devenir la « bonne à tout faire » de Zoro, et faire la cuisine, le ménage, la lessive etc. ? Pourquoi ? Le kendoka lui avait ri au nez lorsqu'il l'avait proposé !
- Hey, Sourcils-en-vrille. J'avoue que je ne te comprends pas. Je t'ai dit que nous deux, on ne serait jamais amis. Alors pourquoi tu t'obstines à vouloir faire tout ça ? lui demanda-t-il tout en fourrant ses vêtements sales dans la machine.
- Il n'y a pas si longtemps, tu m'as reproché de vivre de la charité des autres, répondit sobrement Sanji, sans le regarder. Je suis fort conscient du fait que rien ne vous obligeait à être aussi généreux envers moi, que vous connaissez à peine. Vous êtes même prêts à me défendre face aux gens importants qui me recherchent, alors que vous auriez peut-être reçu une récompense si vous m'aviez livré ! Je ne suis pas un ingrat. En attendant d'avoir mon propre logement, j'ai donc décidé de travailler pour mériter tout ce que vous faites pour moi.
Zoro se rappela soudain des paroles de Luffy : « Essaye de lui faire comprendre qu'il n'est une charge pour personne, et que c'est normal de s'entraider entre nakamas, OK ? » Il hésita un instant à répéter ces paroles au cuistot, mais se ravisa.
- Mpf. Si ça t'amuse, se contenta-t-il de dire.
Il lui expliqua comment sélectionner le bon programme, et lança la machine. Sanji regarda le tambour se mettre à tourner avec émerveillement, et l'épéiste s'en voulut de trouver qu'il était adorable, une fois encore. Guettant le blondinet du coin de l'œil, il se remémora ce qu'il lui avait dit ce matin, sur sa "philosophie" à l'égard des femmes. Quelqu'un qui mettait à ce point la gente féminine sur un piédestal pouvait-il vraiment être gay ? En plus, il avait bien parlé d'une fille qu'il voulait épouser, non ? Mais en même temps, est-ce qu'il aurait seulement osé la toucher, après avoir été témoin de son viol ?
- Hey, cible ambulante, le relança-t-il, brisant le silence qui s'était installé. Je me demandais un truc. Si tu n'as pas épousé cette fille, finalement, est-ce que c'est parce qu'un autre l'avait déjà "souillée" ?
Sanji se tourna d'un coup vers lui, l'air choqué.
- Espèce de salaud ! finit-il par cracher. Les femmes sont peut-être des pécheresses et de viles tentatrices par nature, mais dans ce cas précis, Camie n'avait rien fait pour mériter un tel sort ! Qui serait assez cruel pour ajouter l'abandon à l'outrage déjà subi ?
- OK, ça me rassure un peu… souffla Zoro. Pourquoi vous ne vous êtes pas mariés, alors ?
Sanji referma la bouche et hésita un instant avant de répondre.
- Elle est morte. Tuée par le même homme qui l'avait violentée. J'espère que cela te paraît une raison suffisante, tête de laitue ?
- Oh, merde... Je suis désolé... s'excusa Zoro en ouvrant de grands yeux. Et tu m'as dit que cet homme était ton ami ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Pourquoi ces questions, soudain ? Il me semblait que tu n'avais aucun désir de me connaître, se hérissa Sanji.
- J'essaye juste de comprendre ta fameuse "philosophie", grommela Zoro en haussant les épaules. Tu parles des gonzesses comme si elles étaient des espèces de déesses, et l'instant d'après tu les traites de "viles tentatrices", et tu dis qu'elles sont "perdues de réputation" si elles n'arrivent pas vierges au mariage. Au final, on ne sait pas si c'est par peur de les salir elles, ou de te salir toi, que tu n'as encore jamais trempé ton biscuit !
Sanji fronça les sourcils et sa bouche se réduisit à un trait fin. Oups. Visiblement, c'était un sujet à éviter…
- A mon époque, ce n'était pas une tare d'être vierge à mon âge, rétorqua-t-il sèchement. C'était même assez commun. Et si tu souhaites me poser des questions aussi personnelles, il va aussi falloir que tu répondes aux miennes, tête de chou !
- Huh ? Comme quoi ?
- Si tu refuses de donner une chance à cette pauvre Perona, ou de te remettre en couple avec qui que ce soit d'autre, est-ce parce que tu te sens coupable du suicide de ta première épouse ?
Ce fut au tour de Zoro de sentir la moutarde lui monter au nez.
- Je t'ai dit de ne plus me parler de Tashigi ! s'emporta-t-il.
- Et je ne l'aurais pas fait, si je n'avais pas entendu la fin de ta conversation avec ce policier, répliqua Sanji avec calme. Je suis suffisamment familier avec le sentiment de culpabilité pour savoir le reconnaître quand je le vois, crois-moi…
Zoro serra et desserra les poings plusieurs fois, se demandant s'il devait lui démolir la mâchoire ou saisir la perche qui venait d'être tendue. Finalement, il opta pour tourner le dos au blond et pour aller se chercher une bouteille de saké dans la cuisine. S'il devait avoir cette conversation, il lui fallait de l'alcool. Comme il le pensait, Sanji lui emboîta le pas, et ils se retrouvèrent bientôt tous les deux attablés face à face.
- Tu sais pourquoi je déteste autant ta manière de traiter les femmes ? grogna-t-il après avoir vidé une première coupe cul-sec. Parce que j'ai agi exactement pareil, quand Tashigi est tombée enceinte. J'ai demandé à son supérieur, le commissaire Smoker, de ne plus l'envoyer sur le terrain, et il a accepté. Je ne voulais surtout pas qu'il arrive quelque chose à notre bébé, tu comprends ? Et Tashigi n'a rien dit, alors j'ai cru qu'elle était d'accord.
- J'en déduis qu'elle ne l'était pas ? demanda Sanji avec douceur, tout en se servant un verre de jus d'orange.
- Bravo, Sherlock, ironisa le champion de kendo en affonnant sa deuxième coupe. A un moment, Tashigi s'est retrouvée seule au commissariat à cause des festivités du 15 août, et elle a reçu un appel. C'était une petite vieille qui s'inquiétait d'entendre des cris et des bruits de lutte chez ses voisins. Et visiblement, ce n'était pas la première fois qu'ils se disputaient, et que la femme du couple en ressortait salement amochée. Alors, au lieu d'appeler des renforts, Tashigi a décidé d'y aller seule… Elle craignait pour la vie de cette pauvre femme, et elle en avait marre de devoir rester assise à son bureau, à faire de la paperasse.
- Ton épouse était bien courageuse, apprécia le cuistot avec un hochement de tête.
- Oh ça oui, elle l'était, se rengorgea Zoro avec fierté. Grâce à elle, la femme battue s'en est sortie et son mari a été mis sous les verrous. Il a fini par se rendre de lui-même après quelques jours de cavale. Il était torturé par la culpabilité parce que, au moment où elle a voulu le menotter et l'emmener au poste, il l'a repoussée et elle est tombée dans les escaliers de l'immeuble. Le temps que l'ambulance arrive, il n'y avait plus rien à faire pour sauver notre enfant. Quand Smoker m'a appelé, j'étais tellement furieux ! Mais je sais que Tashigi n'aurait jamais fait quelque chose d'aussi imprudent, si elle n'avait pas eu peur qu'on lui ordonne d'attendre gentiment au commissariat.
- Oh… Je comprends pourquoi tu te sens coupable. Mais de mon point de vue, les torts sont partagés. Smoker aurait pu ne pas accéder à ta requête, Tashigi aurait pu exprimer son désaccord directement, et en définitive c'est l'époux violent qui l'a poussée dans l'escalier, raisonna Sanji. Tout cela est évidemment une réelle tragédie, mais tu ne dois pas te blâmer trop durement. Ton souci initial de protéger votre enfant à naître me paraît bien légitime… D'autant que cet accident prouve que tes craintes étaient fondées.
- Cet accident, comme tu dis, ne se serait jamais produit si on ne lui avait pas interdit d'aller sur le terrain jusqu'à la fin de sa grossesse, parce qu'elle ne serait jamais partie sans son coéquipier, protesta Zoro en tapant la bouteille de saké sur la table (il avait entretemps décidé qu'il serait plus simple de boire directement au goulot).
- Peux-tu l'affirmer avec certitude ? Peut-être que c'était écrit, tout simplement, rétorqua le réformé. Quoi qu'il en soit, les fausses couches sont des choses qui arrivent, et bien que je conçoive que cela soit douloureux, cela ne justifie pas de s'ôter la vie. Tu n'aurais guère pu prévoir qu'elle en arriverait à de telles extrémités, plutôt que de réessayer d'avoir un autre enfant.
- On n'aurait pas pu réessayer ! On lui avait annoncé qu'elle n'en aurait jamais plus ! la défendit le sabreur en haussant le ton.
- Oh. Voilà qui est regrettable, commenta Sanji sans conviction, avant de terminer son verre. Mais si ton épouse préférait continuer à exercer son métier, aussi dangereux soit-il, plutôt que de penser à la sécurité du bébé qu'elle portait, peut-être était-ce mieux ainsi. C'est qu'elle n'avait pas la fibre maternelle !
Zoro se mit debout brusquement, prêt à faire ravaler ces paroles au blondinet, quand son téléphone se mit à sonner. Décidément ! Qu'est-ce qu'on lui voulait, encore ?
Heureusement, ce n'était que Robin, qui voulait savoir si elle pouvait venir ce soir, car elle n'avait pas eu le temps la veille de terminer sa leçon. Le kendoka s'empressa d'accepter, évidemment : ce serait l'occasion d'aller prendre l'air, avant que l'envie de trucider Sanji ne devienne trop forte !
