Note d'auteur: Salut tout le monde! Vraiment vraiment désolé pour le temps que j'ai mis à écrire ce nouveau chapitre, j'ai juste eu beaucoup de mal à me concentrer sur l'écriture ces temps ci, et la raison tient en quatre lettre: Glee! Quoi qu'il en soit, j'ai finit par terminer ce chapitre, donc le voici sans plus attendre! Et merci beaucoup à Eedjil pour sa correction ultra rapide x)
Disclaimer: Toujours pas!
Point de vue d'Alexia Parkinson :
Je hais les secrets…
Enfin, ceux des autres, parce que j'adore les miens. Mais là n'est pas la question.
- Pourquoi ?
Thalia roule des yeux, exaspérée. Mais c'est sa faute, si elle me disait pourquoi elle ne peut pas venir avec moi à Pré-au-lard ce week-end, je ne serais pas en train de la harceler là. Non mais sérieux, j'ai d'autres choses à faire ! Comme par exemple… des choses.
- Parce que !
Je soupire, elle pourrait au moins trouver une excuse plus originale... ou une excuse tout court !
Honnêtement, le fait qu'elle ait des secrets pour moi ne me dérange pas, après tout moi j'en ai plein, comme par exemple, le nombre de personnes avec qui j'ai couché… parce que j'ai arrêté de compter après 43. Mais passons, le fait est que je comprends qu'elle ne veuille pas tout me dire, et ça me pose pas de problème, mais au moins, qu'elle soit subtile !
C'est quasiment écrit sur son front qu'elle voit quelqu'un, et ce qui me gêne le plus c'est que maintenant que je le sais, je meurs d'envie de savoir qui c'est !
Bon, vu qu'elle ne me dira rien, soyons plus direct.
- Je la connais ?
Elle se retourne, et même si elle essaie de ne pas avoir l'air paniqué, je peux voir qu'elle est déstabilisée. Touché !
- Qu'est-ce qui te fait croire que c'est une fille ?
Je lui lance un sourire arrogant avant de répondre.
- Et bien je ne le savais pas, mais vu ta réaction, maintenant j'en suis sûre… Et puis, t'es tellement gay ! Tu te baladerais avec un drapeau arc-en-ciel dans les mains ce serait pareil !
Ok vu son expression scandalisée, peut-être que j'en rajoute un peu, mais ce n'est pas ma faute si j'ai un super gaydar.
- Tu peux parler, Casanova !
Je roule des yeux, sérieusement, elle peut faire mieux. Mais bon continuons l'interrogatoire.
- J'ai déjà couché avec ?
Elle me lance un regard mauvais, et je regrette presque d'avoir posé la question… presque. Mais vu que je suis totalement dépourvue de conscience, je hausse un sourcil et attends qu'elle réponde. Ce qu'elle fait après avoir soupiré de manière dépitée.
- Bien sûr que non ! Je ne prends pas tes restes.
Je souris à sa réponse.
- Merci, tu viens de réduire la liste de tes copines potentielles à moins de quinze filles.
Sérieux c'est trop cool de faire une enquête ! Si je possédais une once de patience je chercherais toute seule la réponse en procédant par élimination mais vu que ce n'est pas le cas, et bien, disons juste que je suis douée pour mettre la pression aux gens.
- Tu veux me dire qui c'est avant que je trouve toute seule ?
Thalia semble envisager cette possibilité, je dirais au moins cinq secondes avant de répondre.
- Euh… Non !
Ok, ça ne marche pas sur elle.
Je déteste quand elle fait ça ! Parce que ça veut dire qu'elle ne changera pas d'avis peu importe le nombre de fois que je demande. Elle ne veut pas me le dire ? Très bien ! J'aurais préféré passer mon samedi à faire autre chose que la suivre mais vu que c'est comme ça je vais utiliser la méthode de Casey.
- D'accord, mais ne me demande rien pendant au moins deux semaines ! Et dire que j'allais partager avec toi un boulot facile et bien payé !
Elle roule des yeux mais je peux dire qu'elle lutte pour ne pas sourire.
- Et qu'est-ce que c'était ?
- Espionnage industriel !
Elle fronce les sourcils. Donc j'ai la grandeur d'âme de m'expliquer.
- Blaise projette d'ouvrir un nouveau bar et il veut que j'estime la concurrence à Pré-au-lard. Je te l'ai dit, facile et bien payé !
- Et illégal ! Il ne pouvait pas demandé à Isabel de le faire ?
Pourquoi doit-elle toujours voir le côté négatif des choses ? Sérieusement, illégal est juste un autre mot pour opportunité de rentabilité. Et puis ce n'est dangereux que si on se fait prendre.
- Isabel doit garder sa boutique et ce serait suspect si elle la fermait une journée de sortie. Voyons, ne sois pas si pessimiste. J'ai juste à me pointer, observer les alentours, boire un verre ou deux, et me tirer. C'est ce que font tous les autres adolescents.
Je sais qu'elle désapprouve. Même si elle adore oncle Blaise, quelques fois elle le trouve trop, quel est le mot déjà ? Ah oui, opportuniste.
Personnellement je ne vois pas ça comme vraiment répréhensible. Mais bon, en même temps j'ai soudoyé Casey pour les réponses dans sa matière et je fais chanter le professeur Chang pour qu'elle augmente ma moyenne, donc ce serait un peu hypocrite de ma part de juger Blaise pour son opportunisme.
Tiens en parlant du professeur Chang, notre confrontation était vraiment intense.
Tout le monde quitte le cours, mais je reste assise. Thalia fronce les sourcils et s'apprête à me demander pourquoi je ne me lève pas parce que d'habitude je suis la première à quitter la salle, mais je l'arrête.
- Pars devant, il faut que je demande quelque chose au professeur Chang.
Ma réponse semble vraiment l'étonner mais elle fait ce que je lui dis.
Il ne reste plus que moi et Chang. Elle évite de croiser mon regard et je sais qu'elle est nerveuse, voireeffrayée, et je ne peux m'empêcher d'être satisfaite à cette pensée. Je fais durer le moment le plus longtemps possible prenant bien mon temps avant d'arriver devant elle.
Le suspens doit être intenable parce qu'elle finit par parler en premier.
- Qu'est-ce que tu veux ?
Je souris, elle le rend presque trop facile. Et j'aurais presque honte d'être aussi sournoise si ce n'était pas aussi marrant.
- Je crois que vous savez exactement ce que je veux.
Elle ouvre la bouche pour protester. Mais je la coupe.
- Voilà ce qui va se passer, à partir de maintenant je n'obtiendrais jamais moins de A à vos évaluations, peu importe ce qu'il y a écrit sur ma copie…sinon, la prochaine fois que je visiterais le bureau de la directrice, ma langue risque de fourcher, et je pourrais laisser échapper par inadvertance certaines informations sur la façon dont vous récompensez les élèves, est-ce que c'est clair ?
Elle fronce les sourcils, plus à cause du venin de mes paroles que par la requête formulée dedans. Mais je peux dire que ma menace a assez retenu son attention pour qu'elle fasse ce que je lui demande. Et cette pensée est confirmée quand elle hoche la tête lentement.
Honnêtement j'avais prévu de m'arrêter là, quand je visualisais la scène dans ma tête je sors après qu'elle ait accepté le marché. Mais là, l'image de Rose avec les yeux rougis par les larmes me revient à l'esprit et je ne sais pas pourquoi mais je ne peux pas m'empêcher d'être en colère et les mots quittent mes lèvres avant que j'ai le temps d'y penser.
- Et une dernière chose, arrêtez votre petite aventure avec Finnigan.
Et c'est à ce moment qu'elle décide de protester !
- Quoi ? Non ! Tu ne peux pas me demander ça. Ce qu'il y a entre Liam et moi ne te regarde pas !
Je serre les dents, parce que c'est vrai, ça ne me regarde pas et en toute objectivité je ne vois vraiment pas pourquoi ça me travaille autant. Mais quand j'essaie de me raisonner, je finis par penser à Rose, et au tremblement dans sa voix quand elle a dit que Liam la trompait, et à la tristesse dans ses yeux. Et toutes les raisons sensées que j'ai trouvées s'envolent pour laisser place à une douleur dans ma cage thoracique et une horrible envie de frapper Finnigan. Mais vu qu'il n'est pas là, je dois me contenter de la seconde moitié de leur duo.
- Je m'en fiche, mettez fin à votre pitoyable excuse de liaison défendue ou la directrice ne sera pas la seule à être au courant… Si je me souviens bien, Isabel ne l'a pas très bien pris la première fois. Vous ne voudriez pas tenter un replay, n'est-ce pas ?
Si un regard pouvait tuer… Bizarrement je ne me laisse pas démonter par l'expression meurtrière qu'elle porte, parce qu'après tout ça veut dire que j'ai gagné. Donc je laisse un sourire arrogant se dessiner sur mon visage et après un dernier regard, sors de la salle.
Je ne comprends toujours pas pourquoi notre confrontation m'a mis dans un tel état. Je veux dire, ok ce qu'elle fait est légèrement immoral, et je suis quasiment sûre que c'est illégal ou contraire à la déontologie, mais il n'y a pas si longtemps je m'en serais foutue. J'ai fait pire !
C'est juste que depuis samedi, depuis ce « rêve », je ne sais pas exactement ce que c'est mais il y a quelque chose qui cloche chez moi. C'est inquiétant et intriguant à la fois. Et à chaque fois que je suis sur le point de mettre un mot sur la façon dont je me sens, toutes mes pensées se mélangent dans ma tête.
Une chose est sûre par contre, c'est que si je ne pars pas maintenant je vais être en retard.
- Bon faut que j'y aille, j'ai cours avec Rose.
Thalia hausse un sourcil, je sais qu'elle veut rajouter quelque chose, et le fait qu'elle garde le silence ne fait que m'irriter !
- Quoi ?
Un sourire se dessine sur ses lèvres. Et elle a l'air trop satisfaite à mon goût.
- Rien…je suis juste agréablement surprise qui tu te soucies d'être à l'heure.
Le « pour une fois » est sous-entendu, et je lève les yeux au ciel, ce n'est pas comme si c'était si rare que ça que je veuille être à l'heure !
Peu importe, je n'ai même pas à répondre à ça. Je sors de la salle commune, ignorant l'air satisfait toujours présent sur le visage de Thalia.
Quand j'arrive à la bibliothèque, à l'heure - et oui quand je le dis à l'intérieur de ma tête ça fait bizarre – Rose est déjà arrivée. Bien sûr elle est en avance.
Je ne sais pas vraiment comment l'accueillir après ce qu'il s'est passé samedi, tous laisse penser que nos prochaines interactions ne pourront être que maladroites. Notre conversation concernait des sujets bien trop profonds, et pas le genre de choses dont on parle avec une fille qu'on n'apprécie qu'à moitié. Et puis même si on ne tient pas compte des précédents facteurs, il y a aussi le rêve torride dont elle jouait le rôle principal. Et ça c'est définitivement quelque chose qui rend les interactions maladroites. Pas qu'elle ait besoin de savoir que je rêve d'elle, en fait il vaut mieux éviter si je veux la garder comme prof.
Et puis je vois même pas pourquoi je me prends la tête, j'ai qu'à improviser, comme d'habitude !
Je m'apprête à faire un commentaire pour lui faire remarquer ma présence, mais ferme la bouche au dernier moment.
Elle lit un bouquin, et cela semble assez cohérent vu qu'on est dans une bibliothèque mais ce n'est pas ce qui m'arrête. En fait je ne sais même pas ce qui m'arrête. Mais je reste là, sans bouger, et la regarde.
Ses cheveux lui tombent à moitié devant les yeux, avant qu'elle les replace derrière son oreille, et elle a ce regard, un regard d'ultime concentration, des plis se forment sur son front quand elle lit quelque chose qu'elle ne comprend pas. Et elle mordille sa lèvre inférieure pour s'empêcher de sourire quand elle a enfin trouvé la solution. Et…
Boom !
Je sursaute au son, et me retourne pour voir ce qui a causé le bruit, un gamin de troisième année vient de faire tomber un livre d'une étagère trop haute pour lui. Je lui suis presque reconnaissante pour m'avoir sorti de cette transe, mais quand je reporte mon regard vers Rose, ses yeux sont sur moi.
Ses yeux… je n'avais jamais vraiment fait attention, mais ils sont vraiment magnifiques, ils ont quelques chose d'envoûtant, et… voilà que je recommence, il faut vraiment que j'arrête avec les monologues intérieurs, je commence à me faire peur toute seule !
- Hey.
C'est tout ce que j'arrive à sortir étant donné que j'ai l'impression d'avoir une boule de la taille du vif d'or dans la gorge. Et ce qui est pire qu'un bonjour monosyllabique c'est qu'il n'y a pas une once d'arrogance dans mon ton.
Mais elle sourit, et par chance elle se charge de la suite. Et pendant qu'elle parle je me décide enfin à bouger, pour m'installer à côté d'elle.
- Salut…donc j'ai pensé qu'on pourrait voir l'enchantement aujourd'hui, je sais que tu maitrises les sorts de base, mais il faudrait revoir un peu tes connaissances théoriques. Qu'est-ce que t'en dis ?
Au moins elle ne mentionne pas samedi, c'est un bon point, faire semblant que rien ne s'est passé me convient parfaitement ! Et je peux enfin me détendre.
Ou presque. Après m'être éclaircie la gorge pour me débarrasser de la sensation gênante qui s'y était installée je lui réponds, le plus nonchalamment du monde en espérant qu'elle ne posera pas de question.
- En fait, je préférerais une autre matière… je pense que je n'aurais pas de problème en enchantement.
Elle fronce les sourcils, et je ne peux pas m'empêcher de répéter en boucle dans ma tête « laisse tomber, laisse tomber, laisse tomber, laisse… »
- Pourquoi ?
Et bien sûr elle ne peut pas laisser tomber ! Elle méprend mon air agacé pour de l'offuscation, puisqu'elle s'explique.
- Pas que je pense que tu n'y arriveras pas toute seule, tu es brillante, c'est juste que l'enchantement est un de tes pires sujets.
Wow c'est bizarre, elle m'a fait un compliment, et c'est… agréable. Mais là c'est parce qu'elle croit que je veux réussir de manière honnête, et je me sens presque mal de devoir baisser dans son estime après mes prochaines paroles.
- Je sais, mais il se trouve que le professeur Chang et moi sommes parvenues à un… arrangement.
Elle semble perdue un instant avant qu'elle réalise ce que veulent dire mes paroles. Je sais qu'elle est déjà au courant pour les réponses que me donne Casey, et je même si cela ne la dérange pas spécialement ce n'est pas quelque chose qu'elle approuve. Donc si elle savait en détail la nature de mon « arrangement » avec Cho Chang, elle me détesterait sûrement.
- Oh…
Elle fronce les sourcils, et évite mon regard, et tout d'un coup je ne sais pas pourquoi mais je me sens mal, ma gorge se serre et il y a cette impression désagréable dans mon estomac. Et je me souviens l'avoir déjà ressentie une fois, juste après avoir fait tomber Thalia de son balai quand on avait sept ans. La culpabilité.
J'essaie de prendre une longue inspiration le plus discrètement possible pour essayer de me débarrasser de ce sentiment stupide. Je veux dire, c'est ridicule ! Je ne devrais pas culpabiliser à cause de ça, je n'ai pas honte de ce que je fais pour parvenir à mes fins, alors pourquoi je me sens si mal de l'avoir déçue ? On n'est même pas amies, pour l'amour de Dieu !
L'idée de tout lui avouer me traverse l'esprit. Mais qu'est-ce que je pourrais lui dire « Hé, j'ai surpris ton copain avec Chang dans une position compromettante du coup je la fais chanter pour qu'elle augmente ma moyenne…sinon quelle matière tu veux réviser ? ». Mauvaise idée !
Et puis de toute façon, la culpabilité est un sentiment stupide ! Tu fais quelque chose de soit disant mal et tu te sens horrible pendant une durée aléatoire, avant de plus rien sentir du tout et d'oublier ce que tu as fait en premier lieu. Qui a besoin de ça ?
Je n'en peux plus ! Ok, faut que je fasse quelque chose pour me débarrasser de cette impression malsaine !
- Tu veux danser ?
Rose relève les yeux, étonnée, avant de hausser un sourcil étonnée. Et je suis bizarrement soulagée qu'elle n'ait plus l'air contrariée.
-Pas ici, je veux dire, dans la salle. Je ne suis pas vraiment d'humeur à réviser et le bal est dans un peu moins de deux semaines maintenant, on devrait revoir ta technique une dernière fois, ça te dit ?
Elle semble hésiter à dire oui. Et l'idée qu'elle ait envie de dire non me déplaît plus que je n'aimerais l'avouer. Heureusement elle prend la parole avant que je puisse recommencer un de mes monologues ultra flippants.
- En fait, je… euh… pourquoi pas ?
Je me force à sourire pour apaiser cette atmosphère, mais je ne croie pas que ça aide beaucoup.
Le trajet est long, je n'ai jamais eu autant l'impression de marcher au ralenti. Je savais que je n'aurais pas dû la consoler, maintenant c'est maladroit et bizarre. Et je déteste ce sentiment c'est pour ça que je ne suis jamais gentille avec personne, ça crée une sorte de lien émotionnel que je suis incapable de gérer.
On arrive à la salle, et ça me rappelle bizarrement la première fois que je lui ai donné un cours parce que je suis nerveuse sans aucune raison.
J'allume la musique, et m'approche d'elle de manière à envahir son espace personnel sans la toucher. Mon hésitation semble la déconcerter, parce qu'elle fronce les sourcils, et je sais qu'elle va demander pourquoi, mais le truc c'est que je serais incapable de lui donner une réponse.
Donc avant qu'elle puisse demander je prends ses mains et les place où il faut. Et c'est comme si chaque endroit où nos corps entraient en contact brûlaient mais d'une manière agréable. Je commence à mener la danse pour me débarrasser des pensées qui obscurcissent mon esprit, et cela marche un moment.
Mais alors, elle décide de relever la tête et de me regarder dans les yeux, et je ne peux pas empêcher des images de me revenir en mémoire. Et je sais que ce n'était qu'un rêve, que ce n'est pas vraiment arrivé mais cela semblait tellement réel que je me laisse distraire par la façon dont ses yeux semblent chercher des réponses sur mon visage.
Et je veux l'embrasser.
Je n'ai jamais autant eu envie de quelque chose dans toute ma vie. Et c'est terrifiant.
Pas le désir, parce que je suis habituée au désir, et même si je n'en ai pas envie je suis capable de le contrôler le plus souvent.
Ce qui est terrifiant c'est qu'elle ne se rend même pas compte de ce qu'elle me fait. Ce qui est terrifiant c'est qu'elle ne fait rien de particulier pour le provoquer. Ce qui est terrifiant c'est que je ne suis pas sûre que ça va passer.
J'arrête mes pas, ce qui la force à arrêter les siens. Et elle me lance ce regard confus, et je prends quelques pas en arrière pour pouvoir réfléchir clairement, je viens de remarquer que j'ai du mal à penser quand elle est trop près.
Maintenant que j'ai regagné mon espace personnel, j'ai assez de bon sens pour lui donner une explication.
- On fait une pause.
Elle hoche la tête et va s'installer au piano, elle appuie distraitement sur quelques touches et je ne sais pas si elle le fait exprès mais ça sonne plutôt bien.
Je m'assoie contre le miroir du fond, et l'observe. J'essaie vraiment de comprendre toutes les pensées étranges, et tous les sentiments troublants que j'ai eu ces derniers temps mais plus j'y pense plus tous ce mélange, et soudain ça me frappe.
J'ai presque envie de rire tellement c'est cliché, je veux quelque chose que je ne peux pas avoir. La seule personne dans ce fichu château sur laquelle je n'ai aucun effet. Et merlin, je n'ai jamais connu quelque chose d'aussi frustrant !
Mais tout ira bien, je sais que tout ira bien. Ça va finir par passer, ce n'est que du désir, de l'envie, et d'accord c'est légèrement plus fort que ce que j'ai l'habitude de ressentir mais je suppose que c'est proportionnel au défi qu'elle représente.
Peu importe, j'ai promis à Thalia que je ne tenterais rien, je me suis promis que je ne tenterais rien, je ne veux pas d'ennui, si j'essaie quoi que ce soit je me fais virer.
Je me relève, et bizarrement je me sens soulagée d'avoir enfin compris ce qui m'arrivait, j'ai l'impression qu'un poids vient de quitter mes épaules.
J'allais lui dire que la pause est finie mais à la place je finis par m'assoir à côté d'elle sur le banc du piano. Et maintenant que le problème est identifié, notre proximité ne me cause quasiment aucune réaction. Comme je l'avais dit, ça commence déjà à partir !
Et avec ça, ma délicatesse.
- Pourquoi tu ne quittes pas Liam ?
Honnêtement je n'avais pas l'intention de demander, c'est vrai que la question m'a traversé l'esprit plusieurs fois mais je n'ai jamais eu l'intention de demander, sauf que maintenant les mots ont quitté mes lèvres, et si je me fie à l'arrêt net de la mélodie qu'elle jouait, elle a entendu.
Ses doigts sont toujours au dessus des clefs mais elle n'appuie pas, elle semble réfléchir à la question avant de se tourner vers moi, lentement.
- Je te demande pardon ?
J'ai du mal à avaler ma salive, elle est bien trop proche, ok finalement peut-être qu'il faut plus de temps pour que ça passe. Mais j'essaie de me focaliser sur la réponse, je baisse la tête pour échapper à son regard et appuie distraitement sur quelques touches avant de répondre d'un ton que j'espère désintéressé mais je sais que ma nervosité transparait.
- Et bien tu sais, si tu crois qu'il te trompe pourquoi est ce que tu ne le quittes pas ?
Je ne peux m'empêcher de relever la tête pour mesurer sa réaction, elle ne semble pas en colère ni triste, elle semble… plutôt blasée en fait. Elle soupire comme si elle avait déjà répondu à cette question un millier de fois, elle l'a sûrement fait dans sa tête.
- Parce qu'il est parfait… il est gentil, intelligent, loyal… beau… toutes les filles le veulent, ma mère l'adore. Ce serait stupide de rompre juste à cause d'un doute non fondé.
Sauf qu'elle a raison et je veux lui dire, mais ça ruinerait totalement mon plan. Et merlin c'est horrible d'avoir une conscience ! Comment font les gens normaux pour supporter ça sur le long terme ?
Quoi qu'il en soit, dans aucun de ses arguments elle ne parle d'amour, ou de sentiments, et je ne peux m'empêcher de froncer les sourcils, j'ai toujours cru qu'ils formaient le petit couple idéal, mais je n'ai jamais pris le temps de penser que c'est peut-être pour cela qu'ils sont ensemble, parce que c'est ce à quoi on s'attend, le couple idéal.
L'idée me semble déplaisante : être avec quelqu'un parce que c'est ce qui est attendu de toi est pire qu'être avec quelqu'un tout court !
Je réfléchis un moment avant de lui faire part de mon avis et quand je trouve quoi dire je sais qu'il est inutile de fausser de l'arrogance, je vais être honnête pour une fois et dire ce que je pense comme je le pense, donc après avoir trouvé ses yeux je parle, ma voix semble bien trop douce, trop gentille, mais pour une fois je ne m'en soucie pas.
- Le fait qu'il soit parfait ne veut pas dire qu'il est parfait pour toi.
Elle ne répond pas tout de suite, et je ne sais pas si elle prévoit de répondre plus tard. Elle se contente de me regarder, comme si elle cherchait des réponses sur mon visage, cela me rend nerveuse d'être ainsi scrutée par ses intenses yeux marrons. Les battements de mon cœur accélèrent pour atteindre un rythme inquiétant mais je ne bouge pas, et après ce qui me semble être une éternité, elle détourne son regard.
- Je crois… je crois que ce sera tout pour aujourd'hui.
Je hoche la tête, parce qu'honnêtement je ne pense pas que je pourrais faire quoi que soit qui nécessite de penser aujourd'hui.
Elle se lève, se dirige vers la porte, et après un dernier regard vers moi, sort.
Je reste assise, en attendant que mon cœur cesse ce rythme démesuré.
Il y a quelque chose qui cloche chez moi !
Voilà!
Le prochain chapitre est du point de vu de Rose ou peut être Casey, j'hésite ;)
