Bonjour mes chers lecteurs,

Alors je vous annonce officiellement que... je ne suis pas morte ! Je suis bien vivante et jamais, au grand jamais, je n'aurais abandonné cette fic. Je n'ai jamais cessé de travailler sur cette histoire et, je vous le jure, elle m'en a donné de la misère, vous ne savez pas comment ! Mais je ne prendrai pas le temps de vous expliquer les raisons de mon abominable longue absence. Ça prendrait trop de mots et, en ce moment, je n'ai qu'une seule envie : vous souhaiter une bonne lecture ! :)

Mais d'abord je veux remercier mes révieweuses, qui j'espère seront encore avec moi (Mon Dieu, après une si longue absence, ce ne serait pas surprenant qu'on m'ait oubliée...). Alors merci beaucoup à :Bergère, Lil's87, Evangeliade, Plume de Phenix22, Lunashura, Clair-2-lune, Eladora, Amanda, Lena Stein, yucateca, Alice Loves Rock Music et Morgane. :)

Et aussi, je remercie SophyDray's pour avoir mis cette fic dans ses favoris ! ^^

Bon alors, sans plus tarder, je vous laisse à la lecture de ce chapitre qui suit précisément le précédent. D'ailleurs, il est conseillé de relire un peu le chapitre d'avant pour ne pas trop être perdu, et question de se remettre un peu dedans...

Bonne lecture ! ^^

Chapitre vingt-et-un ― La vengeance

(― Vous allez me le payer, Black, menaça-t-elle, vous allez me le payer amèrement pour avoir réussi à me faire perdre la tête !)

— Ce n'est pas de ma faute, haleta Sirius. Je n'avais pas prévu tomber amoureux de vous. Mon cœur est subitement devenu cinglé, je n'ai rien pu faire.

― Vraiment ? répliqua McGonagall en le regardant d'un air incrédule. Vos plans corrects n'avaient donc aucun rapport avec cette idée de faire en sorte de m'aimer pour de vrai ?

― N-non, balbutia Sirius, pris de court. Enfin, si... heu... je veux dire... Je dois y aller..., lança-t-il alors, à brûle-pourpoint.

Et il relâcha McGonagall pour rejoindre la porte à la hâte. Leur discussion avait soudain dévié vers des eaux dangereuses. N'ayant toujours pas accompli son défi jusqu'au bout, il ne voulait pas courir le risque qu'elle découvre trop tôt qu'il n'avait pas été nécessaire qu'elle le croit...

— Je reviendrai demain, assura-t-il en attrapant la poignée, et je vous expliquerai tout à ce moment-là, si vous le voulez...

Mais la porte refusa d'ouvrir et Sirius se rappela alors qu'elle était toujours verrouillée.

— Tiens donc, dit lentement McGonagall dans son dos, d'un affreux ton soupçonneux, j'ai comme l'impression que vous n'avez pas encore réussi votre défi... Pourtant, je vous ai cru, Black. Vous resterait-il une dernière chose à faire ? Ou que je ne dois pas faire... ?

Sirius fit volte-face et la regarda. Quelque chose s'était contracté du côté de son estomac.

— N-non, assura-t-il avec malaise, tout va bien. Il ne me suffit que de retourner à la salle commune... Et... et vous savez, professeur, que vous ne devez pas me poser de questions à ce sujet, ajouta-t-il en brandissant un doigt accusateur dans sa direction.

McGonagall, qui avait refermé son peignoir, le dévisagea un moment sans rien dire, une expression inquisitrice sur le visage. Durant ce temps, Sirius craignit terriblement qu'elle ne soit sur le point de tout faire rater son défi, jusqu'à ce que, à son plus grand soulagement, elle dit :

— D'accord, je vous laisse partir.

― Merci, remercia aussitôt Sirius, tandis qu'elle tirait sa baguette magique de sa poche. Merci beaucoup, je...

― Mais sachez que je ne reviens pas sur ma décision de faire comme s'il ne s'était rien passé entre nous, coupa-t-elle sèchement, dès que vous sortirez d'ici.

― Mais, professeur ! protesta Sirius.

― Vous devez respecter ça, Black, et le comprendre, également !

— Non ! s'exclama-t-il, entêté. Vous ne pouvez pas me demander de faire comme si rien ne se passait entre nous ! Je suis malade de vous ! Je ne vais pas pouvoir me retenir de vous sauter dessus à chaque fois que je vous croiserai dans les couloirs. Et vous-même ne pouvez pas me résister.

― Vous savez, lorsque vous vouliez tout à l'heure que je vous aide à tranquilliser votre cœur, rappela abruptement McGonagall en faisant rouler sa baguette entre ses doigts, à étouffer vos espoirs...

— Ça, c'était avant que vous ne me révéliez que vous partagiez les mêmes sentiments amoureux que moi ! objecta précipitamment Sirius. Vous n'arriverez pas à vous faire détester de nouveau. Je ne cesserai pas de vous aimer. Et vous le savez pertinemment, puisque c'est pour ça, justement, que vous avez refusé ma requête, tout à l'heure.

― Oui, mais maintenant, c'est différent, s'obstina McGonagall avec assurance. C'est différent parce que je me rends compte que je peux facilement le faire. Je vous l'assure, Black, je suis capable de me faire très détestable...

Ses yeux scintillèrent d'une lueur malveillante. Sirius, pensant qu'elle essayait seulement de l'intimider, réprima le malaise qui remontait en lui.

― Arrêtez, dit-il, imperturbable. Je sais que vous êtes capable de vous rendre très détestable. Mais, bizarrement, c'est justement ça qui m'a amené à tomber amoureux de vous. Franchement, Minerva, poursuivit-il avec un rire incrédule, ne pensez pas que vous arriverez à faire disparaître aussi facilement mes sentiments pour vous. Vous ne pourrez pas m'empêcher de vous aimer. Vous n'y parviendrez pas.

― Vous voulez parier ? lança alors McGonagall sans cesser de caresser sa baguette dans ses mains, le regard toujours brillant de cette étrange expression malicieuse.

Cette fois, Sirius se sentit nettement mal à l'aise. Qu'avait-elle en tête, soudainement ?

― Allez, Black, mettez-moi au défi, insista-t-elle. Ça serait intéressant d'inverser les rôles, non ? À moi le tour de relever un pari audacieux et à vous de subir les tourments émotionnels les plus douloureux.

— J'ai souffert autant que vous lors de ce vous-savez-quoi ! s'emporta Sirius, indigné. Et arrêtez ce jeu ! Pourquoi tenez-vous tant à vous venger ? Vous m'aimez, vous aussi. Pourquoi ne pourrions-nous pas être heureux, tous les deux, à s'aimer tranquillement ?

— Parce que ce n'est pas aussi simple que ça, répondit-elle entre ses dents. Je ne pourrais pas supporter de perdre ma réputation à cause de vous et votre pari stupide.

― Je garderai le secret de notre amour !

― Il y a déjà des rumeurs qui circulent...

— Je m'arrangerai pour les démentir !

— Black..., soupira McGonagall.

— J'utiliserai Karline, s'il le faut, et je suis prêt à passer le reste de mes retenues avec Rusard...

― Black ! répéta McGonagall.

— Ensuite, nous serons discrets, continua Sirius avec détermination, nous ferons attention, personne ne le saura, je connais de très bons moyens pour circuler dans les couloirs sans être vu, vous savez...

Black, je ne changerai pas d'idée, bon sang ! s'écria McGonagall avec colère, n'est pourtant pas compliqué à comprendre : je-ne-veux-pas-de-vous-dans-ma-vie !

Il y eut un silence glacial pendant lequel on n'entendit que le faible crépitement des flammes mourantes dans l'âtre du foyer. McGonagall fixait Sirius d'un regard terriblement noir et le cœur de ce dernier lui remonta alors dans la gorge.

— Minerva, reprit Sirius à mi-voix, dans une dernière tentative désespérée, m'aimes-tu ? S'il te plaît, je veux seulement t'entendre dire, au moins juste une fois, que...

— Non, Black, assena-t-elle d'un ton incisif. Non.

Ses mots le transpercèrent comme des lames brûlantes. La colère bouillonnait en Sirius, à présent. Ainsi donc, elle continuait à nier ses véritables sentiments pour lui. Puisque c'était comme ça...

― D'accord, dit-il alors, froidement, tandis que le sang battait à ses oreilles. J'accepte de vous lancer le défi, dans ce cas. Si vous ne voulez toujours pas m'avouer comme vos gestes que vous m'aimez autant que je vous aime, professeur McGonagall, eh bien, j'accepte votre aide afin d'espérer me dépêtrer de cet amour maudit ― cet amour impossible parce que vous ne voulez pas qu'il le soit ! Mais vous ne disposerez que d'un seul mois pour y arriver, avertit-il en pointant un doigt menaçant vers McGonagall qui l'écoutait sans broncher, la baguette immobile entre ses mains. Si, à la fin de l'année, vous n'y arrivez pas, si je suis toujours amoureux de vous, si j'ai toujours envie de vous embrasser, eh bien...

Il marqua une pause, le temps d'avancer de quelques pas et de bien plonger ses yeux, profondément dans les siens, puis, poursuivit :

― Je reviendrai te voir chez toi, Minerva, et te ferai l'amour comme personne ne te fera jamais l'amour de toute ta vie !

La baguette de McGonagall tomba par terre dans un bruit sourd. Si ce n'était pas de la pénombre de la pièce, Sirius était sûr qu'il aurait pu voir ses pupilles dilater.

― Alors ? reprit Sirius en s'efforçant de ne pas trop paraître satisfait de la réaction troublée qu'il venait de lui susciter. Acceptez-vous le défi avec la conséquence, professeur ? Sinon, vous pouvez toujours laisser tomber le défi et passer directement à la conséquence, ajouta-t-il d'un air goguenard. C'est vous qui décidez...

— J'accepte, trancha McGonagall en reprenant vite contenance.

D'un pas ferme, elle s'avança à son tour vers Sirius, rejeta ses longs cheveux en arrière et lui tendit la main.

― J'accepte de relever ce pari et de subir la conséquence si jamais j'échouais.

Pour un moment, Sirius resta sans réaction, stupéfait. Puis il cligna des yeux, afficha un sourire en coin et lui serra la main, prenant soin de la caresser du bout des doigts avant de la relâcher.

— Sincèrement, vous m'impressionnez, professeur, susurra-t-il avec incrédulité réjouie. Pourtant, avec une conséquence pareille, vous devez bien vous douter que, quelles que soient les choses horribles que vous prévoyez me faire subir pour que je cesse de vous aimer, je resterai tenace. Vraiment, ne serait-ce que pour avoir la chance de vous faire jouir comme jamais sous les couvertures...

— Voyez-vous ça, dit McGonagall dont les yeux se remirent à étinceler de cette mystérieuse lueur agaçante. Eh bien, moi, je peux vous assurer, Black, que d'ici peu, vous n'éprouverez plus qu'une seule envie à mon égard : me tuer.

Sirius éclata d'un rire désinvolte.

― Tant que ça ?

McGonagall lui jeta un regard de défi, puis, sans ajouter un mot, alla ramasser sa baguette qui avait roulé un peu plus loin, aux pieds d'un fauteuil. Sirius la regarda se rendre ensuite à un bureau dans le coin de la pièce.

― Heu..., dit-il. Allez-vous me laisser sortir bientôt ou... ?

— Donnez-moi le temps de griffonner un mot que vous pourrez apporter avec vous au cas où vous rencontreriez Mr Rusard ou un autre membre du personnel, et je vous laisserai partir ensuite, dit-elle en allumant une chandelle d'un coup de baguette. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive encore plus d'ennuis que je m'apprête à vous en causer, Black.

Elle sourit d'un air narquois. Avec le jeu d'ombres et de lumières sur son visage, Sirius la trouvait plus belle que jamais. Comment pouvait-elle croire qu'elle arriverait à modifier les émotions qu'il éprouvait pour elle ? Quels mauvais plans pouvait-elle avoir en tête ? Tandis qu'elle se penchait sur un morceau de parchemin, trempant une longue plume dans l'encrier, Sirius essaya de deviner ce qu'elle pouvait bien faire de détestable pour faire en sorte qu'il désire la tuer. Se montrer plus froide que jamais à son égard ? Ne cesser de lui enlever des points ? Lui donner des retenues à perpétuité avec Rusard ? Cependant, Sirius était sûr que, rien qu'à l'idée qu'il avait une chance qu'elle lui appartienne à la fin de l'année, il serait assez fort pour passer à travers n'importe quoi. N'importe quoi !

À moins que...

― Vous ne prévoyez pas de me... enfin... de me faire quelque chose de détestable avant que je ne sorte d'ici ? demanda-t-il, soudain craintif.

Levant les yeux vers lui, McGonagall eut un nouveau sourire en calant une mèche de cheveux derrière son oreille.

― Je ne sais pas..., répondit-elle nonchalamment. Que je vous donne une retenue de plus ou que je vous enlève des points maintenant suffirait-il pour vous donner envie de me tuer ?

Instinctivement, Sirius recula vers la porte, sa main allant se refermer sur sa baguette dans le fond de sa poche. Elle savait, pensa-t-il avec horreur. Il ne comprenait pas comment avait-elle découvert toute la vérité sur son pari, mais elle savait. Elle savait tout ! Sa perspicacité avait atteint son comble. Ce n'était pas possible ! S'apprêtait-elle vraiment à le condamner toute sa vie aux furoncles ?

Une peur panique serra la poitrine de Sirius. Il devait sortir de là et vite. Avant qu'elle ne décide de le punir...

― Évidemment que non, Black, je le sais bien, poursuivit McGonagall qui s'était repenchée sur son parchemin, semblant ne pas avoir remarqué l'agitation de Sirius. Une simple punition qui s'ajouterait à toutes celles que vous avez reçues durant vos années scolaires, ne suffira jamais à irriter un grand habitué aux châtiments tel que vous...

― Ex-exactement, bégaya Sirius qui était sur le point de tirer sa baguette de sa poche pour essayer un Alohomora sur la porte.

― C'est pourquoi je ne pense pas à vous punir maintenant...

― Ah...

Cette fois-ci, la vague de soulagement qui submergea Sirius fut si grande que ses jambes faillirent se dérober sous lui. Il avait vraiment cru qu'il allait devoir passer toute sa vie avec ces abominables furoncles au derrière à cause d'elle. Le corps tremblant, il s'appuya contre le panneau et essuya la sueur froide sur son front.

― Vous... vous n'allez pas me punir ? dit-il en essayant de retrouver une voix normale, confiante. Vous avez d'autres plans en tête, alors... ?

― Oui, répondit simplement McGonagall.

Dans un bruissement, sa plume continuait de parcourir la surface du parchemin.

― Heu..., risqua Sirius. Est-ce que ces plans en question sont... corrects ?

― Aussi corrects qu'ont été les tiens...

― C'est-à-dire ? demanda précipitamment Sirius.

― Oh, mais je ne vous permets pas de me poser de questions à ce sujet, Mr Black.

Elle lui lança un regard ironique par-dessus sa plume.

― Et ce n'est pas un pari, n'est-ce pas ? ajouta-t-elle.

― Professeur, dit Sirius d'un air agacé, vous vous moquez de moi ?

― Je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez ? répliqua-t-elle sèchement avant de retremper sa plume dans l'encrier et se remettre à écrire.

Sirius soupira en roulant les yeux.

― C'est ridicule. Je comprends que vous puissiez être en colère contre moi parce que vous m'aimez et que vous ne voulez pas m'aimer, mais, quand même... Votre façon de vous venger en jouant avec moi est stupide. Vous ne réussirez jamais à étouffer mon envie de vous faire l'amour fougueusement à la fin de l'année !

― Black ! s'exclama McGonagall en le dardant de ses yeux perçants.

― Quoi !

― Taisez-vous, sinon je vous enlève des points.

Outré, Sirius ouvrit la bouche dans l'intention de répliquer, mais estima plus prudent de la refermer. Leur pari était commencé depuis plusieurs minutes déjà. Il était donc normal que McGonagall tente de l'énerver et de le monter contre elle. Mais Sirius ne lui donnerait pas cette satisfaction. Il était résolu à continuer de l'aimer, coûte que coûte. Il ne la laisserait pas remporter ce pari, c'était hors de question. D'ailleurs, l'idée qu'il puisse la détester à nouveau lui paraissait totalement absurde.

― Je t'aime, dit Sirius à voix basse. Je t'aime et je t'aimerai toujours.

Ces mots lui étaient échappés avant qu'il puisse les retenir, en dépit du récent avertissement de McGonagall. Sirius jura mentalement, se traitant de misérable crétin. Maintenant, il redoutait d'avoir fait l'erreur de trop, celle qui allait lui être fatale. Le cœur battant, il guetta la réaction de McGonagall, espérant de tout cœur qu'elle ne décide de lui enlever des points parce qu'il avait parlé alors qu'elle lui avait demandé de se taire.

Heureusement, les yeux restés fixés sur son parchemin, on aurait dit qu'elle ne l'avait même pas entendu. Sirius respira donc profondément, essayant de se calmer à nouveau, la main crispée sur la poignée sans qu'il ne s'en était rendu compte. Son désir de sortir de là s'accroîtrait terriblement. Il n'en pouvait plus d'appréhender de voir son propre défi échouer d'un moment à l'autre.

« Allez, Minerva, mais qu'est-ce que tu écris, bon sang ? », pensa-t-il avec impatience. Il n'était pourtant pas nécessaire d'écrire de si longues lignes pour expliquer à Rusard qu'il fallait le laisser retourner tranquillement au dortoir sans ennui. Sirius se demanda si ses amis étaient encore dans le couloir, de l'autre côté de la porte, à l'attendre patiemment sous la cape d'invisibilité.

L'absence de bruissements de plume depuis un bon moment attira le regard de Sirius vers le bureau de McGonagall. Celle-ci tenait sa plume immobile au-dessus de l'encrier. Était-elle en train de se relire ? Avait-elle enfin terminé de rédiger ses paragraphes interminables ? À la lueur de la flamme oscillante de la chandelle, Sirius aperçu alors une larme briller au coin de son œil, qu'elle s'empressa d'essuyer immédiatement avec le dos de sa main. Sirius voulut lui demander ce qu'il n'allait pas, mais se ravisa au souvenir qu'il ne devait pas dire un mot, sous peine d'être puni avant d'accomplir son défi. Le silence persista encore un peu, puis McGonagall, posant enfin sa plume sur son bureau, le rompit d'une voix ferme :

— Voilà. Ce mot vous permettra de rejoindre votre salle commune sans problème.

Elle se leva et revint vers Sirius pour lui tendre le morceau de parchemin qu'elle avait plié en quatre. Sans cesser de la regarder d'un air inquiet, Sirius le mit dans sa poche. McGonagall agita ensuite sa baguette vers la porte. Un imperceptible déclic se fit entendre.

— Je vous laisse partir... Black.

Mais Sirius ne bougea pas, les yeux toujours fixés sur McGonagall. Il avait envie de l'embrasser encore, et il avait la nette impression que c'était réciproque... McGonagall le contemplait d'un regard avide qui s'attarda à plusieurs reprises sur ses lèvres. Puis, d'un pas qui parut inconscient, elle se rapprocha de lui. Sirius sentit une chaleur venir l'enrobée de toute part. Il était sur le point de s'avancer vers elle à son tour, comme hypnotisé, lorsque la main de McGonagall vint se poser soudain sur sa poitrine et le repoussa en arrière.

― Partez, dit-elle d'une voix faible, effrayée, les yeux brillant d'affliction. Partez, je vous en prie...

Surpris, Sirius la regarda un moment d'un air ahuri. Puis il se retourna vers la porte dont il tourna la poignée. Mais avant qu'il ne mette le pied dans le couloir, elle le rappela :

― Black !

Il s'immobilisa aussitôt, pivota sur ses talons et la regarda à nouveau. Apparemment, à en juger par l'expression embarrassée sur son visage, elle avait dû crier son nom contre sa volonté. Sirius attendit patiemment dans l'encadrement, la main encore sur la poignée, dans l'espoir qu'elle lui révèle ce qui semblait la torturer de l'intérieur. Enfin, après une profonde respiration, riant à moitié comme si elle se trouvait ridicule, elle dit :

― Non, rien... Je voulais seulement vous souhaiter une bonne nuit.

Et elle lui adressa un pâle sourire.

Gardant toujours le silence, Sirius hocha la tête, essaya de lui communiquer par son seul regard tout l'amour sincère qu'il avait pour elle, puis sortit enfin des appartements de McGonagall, en refermant doucement la porte.

Il n'avait même pas fait deux pas dans le couloir quand il fut brusquement engouffré par une étoffe invisible et qu'il se retrouva alors face à face avec James et Remus sous la cape.

— Patmol, nom d'un veracrasse ! gronda James, irrité. Un peu plus et on passait toute la nuit à t'attendre dans le couloir comme deux idiots. Qu'on frappe à la porte ne t'a pas ramené à la raison ?

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Remus, plus calme, l'air plutôt intrigué. Ça y est ? Tu lui as fait réaliser qu'elle t'aimait aussi ?

― J'imagine que tu lui as fait l'amour ? pensa James. On a pas osé coller l'oreille à la porte pour le savoir. Je n'aurais pas supporté de l'ent...

― Non, je ne lui ai pas fait l'amour, coupa Sirius d'un air sombre. Je dois attendre encore un mois avant de le faire.

― Ah oui ? s'étonna James alors qu'ils se mettaient en marche en direction de la salle commune. Et tu crois être capable de tenir jusque là ?

― Pas le choix, répondit Sirius. Pour elle, il est hors de question qu'elle s'embarque dans une relation amoureuse avec un élève.

― Je vois, comprit Remus. Il faut donc attendre que tu ne sois plus son élève...

― Oui, et il y a aussi le fait qu'elle a soudainement insisté de relever à son tour un pa...

Mais Sirius se fit interrompre par James qui étouffait un fou rire.

― Ben quoi ? dit Sirius en le regardant d'un air contrarié. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, Cornedrue !

― Désolé, gloussa James, mais c'est encore trop absurde dans ma tête : toi et McGonagall... Je n'arriverai jamais à m'y faire, ça me fait encore trop bizarre.

― Eh bien, fais-toi à l'idée parce qu'elle fera partie de ma vie pour très longtemps encore, Cornedrue ! répliqua Sirius avec colère.

― D'accord, tempéra James sans toutefois effacer son sourire moqueur de son visage, tu l'aimes, ça va, ne monte pas sur tes grands Hippogriffes. Mais je te rappelle que tu as toi-même dit que ce n'était pas normal que tu sois tombé amoureux d'elle, que c'était ridicule, insensé...

― Je sais, dit sèchement Sirius, agacé. C'est vrai que c'est ridicule, mais je n'y peux rien. Je l'aime, et je l'aime davantage depuis que je sais que c'est réciproque.

— Elle était intense lorsqu'elle t'embrassait, Patmol, commenta Remus d'un air envieux. Tu crois que j'aurai le droit à ça, moi aussi, un jour ? À l'amour, je veux dire... ?

— Très certainement, assura Sirius avec conviction. Et attends-toi à ce que ça fasse très mal.

— L'amour ne fait pas toujours mal, objecta James. Moi, avec Lily...

— Tu as souffert beaucoup avant qu'elle accepte enfin de sortir avec toi, interrompit Sirius en lui jetant un regard railleur.

— C'est vrai, je me souviens, enchérit aussitôt Remus, songeur, avant que James ne puisse rétorquer. La prochaine fois, ce sera moi, hein, qu'est-ce que vous en pensez ?

— Eh bien, j'en pense que le monde est fou de vouloir constamment trouver l'amour alors qu'il sait que la plupart du temps, ça fait mal, répondit Sirius d'un rire incrédule.

Prenant soin de ne pas trébucher l'un contre l'autre, enserrés sous la cape, ils s'engagèrent lentement dans l'escalier qui les mena au septième étage, en direction de la tour de Gryffondor.

— Qui est là ? s'inquiéta la grosse dame en fronçant les sourcils, dès qu'elle entendit les bruits de leurs pas qui approchaient.

Fripouille, lança James d'un ton amusé et le portrait n'eut guère le choix de pivoter pour les laisser entrer.

Une fois dans la salle commune qui était aussi sombre que les couloirs, ils ôtèrent la cape de leur tête et rejoignirent directement le dortoir.

— Je me demande si Queudver a réussi à semer Miss Teigne, s'interrogea James en poussant la porte.

— Sans doute, dit Remus. Je ne m'inquiète pas. Si on pense à toutes les fois où cette chatte lui a couru après et qu'il s'en est toujours tiré sans aucune égratignure, je suis certain qu'il est parvenu, une fois de plus, à échapper à ses griffes.

— Ah tiens, parlant de griffes, dit James avec un sourire narquois en se tournant vers Sirius qui entrait derrière lui dans la pièce. Maintenant que ça va être possible à la fin du mois, tu vas me le confirmer, n'est-ce pas, Patmol ?

— Confirmer quoi ?

— Si McGonagall griffe ou bien ronronne...

Sirius éclata de rire et le poussa sur le lit.

― Idiot ! Je croyais que je devais t'épargner tous les détails... ?

— Ben quoi ? dit James d'un air faussement innocent. Ce n'est pas de ma faute si ce détail en particulier m'intrigue malgré moi...

— Silence, dit soudain Remus. Je pense que Queudver dort.

Il s'était approché de son lit et Sirius vit que, en effet, Peter dormait paisiblement sous les couvertures.

— Mais qu'est-ce qu'il fiche à dormir alors que nous, nous sommes encore debout en plein milieu de la nuit ? s'indigna James en lui donnant une légère tape sur l'épaule.

Un ronflement sonore lui répondit.

— Cornedrue, gronda Remus, laisse-le dormir.

Puis il se tourna vers Sirius.

— Bon, allez, Patmol. Moi, je ne pourrai pas me coucher sans savoir si le maléfice du Consequatum Maxima t'est bien levé.

— Ah, oui, c'est vrai ! s'exclama Sirius dont l'esprit avait été fort préoccupé par deux yeux perçants.

Il fila aussitôt à la salle de bain. À peine referma-t-il la porte que James lança instinctivement un sort de silence vers l'entrée du dortoir, ce qui s'avéra une bonne idée puisque le hurlement que poussa Sirius ensuite aurait suffit à réveiller toute la tour de Gryffondor :

— Aaaaargh ! Non ! Ce n'est pas vrai ! CE N'EST PAS VRAI !

Peter se redressa en sursaut dans son lit.

— Hein ? Mais qu'est-ce que... ?

Se précipitant, Remus et James entrèrent en trombe dans la salle de bain. Sirius remonta rapidement son pantalon.

— Quoi ? dit Remus, alarmé.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda James, l'air affolé. Ne me dis pas que tes furoncles n'ont pas disparu ?

Évidemment qu'ils n'ont pas disparu ! s'exclama Sirius, paniqué. Je vous l'avais dit ! Étant donné que McGonagall SAVAIT que c'était un défi et qu'elle ait voulu M'AIDER, tout ça a fait en sorte que je sois fichu à JAMAIS !

— Non, calme-toi, Patmol, il y a sûrement une autre explication, dit Remus qui réfléchissait déjà à toute vitesse.

— Tu es sûr qu'elle ne t'a pas puni ? interrogea James au hasard tandis qu'il marchait de long en large dans la pièce, les mains sur la tête.

— Non, elle ne m'a pas puni ! répondit Sirius.

Les doigts crispés sur le bord du lavabo, il chercha frénétiquement dans son esprit, repassa mentalement toute la scène qui venait de se passer cette nuit, à la recherche de quelque chose qu'il aurait mal fait. Il se souvenait d'avoir frappé à la porte au bon moment, à une heure du matin, qu'il ait dit spécifiquement à McGonagall, mot pour mot, la bonne phrase et, bien qu'il avait failli échouer sur ce point, d'être reparti sans se faire punir.

Sirius était désespéré. Déjà que les mots : « Sirius Black est amoureux de Minerva McGonagall » s'étaient profondément gravés dans son cœur, il n'avait pas envie de les arborer toute sa vie sur son postérieur en plus ! À l'idée de continuer à y enduire de l'onguent pour éviter les démangeaisons, et de subir les moqueries de ceux qui s'apercevraient que le bas de son dos ainsi que toute la surface de sa fesse gauche étaient véritablement ravagés par ces boutons disgracieux comme le disait la rumeur qui allait sûrement circuler encore longtemps dans le château, il se sentait au bord de l'évanouissement. Ce n'était pas vrai. Ce ne pouvait pas être possible. Il ne passerait pas sa vie à regretter amèrement ce pari maudit, il ne le croyait pas. Non, vraiment, pensa Sirius, complètement désemparé, il aimait beaucoup McGonagall, mais il aurait préféré l'exprimer sur son corps d'une façon autre qu'avec des mots tracés si grossièrement et honteusement sur son postérieur.

Des mots... Le mot... Le mot que lui avait écrit McGonagall avant qu'il ne reparte de ses appartements !

Comme s'il venait de se faire frapper par la foudre, Sirius fit un soubresaut et plongea la main dans sa poche.

— Tu as trouvé quelque chose ? cria immédiatement James, le regard empli d'espoir.

— C'est quoi ça ? dit Remus en voyant le morceau de parchemin que Sirius s'empressait de déplier sous ses yeux.

— C'est un mot que Minerva m'a écrit, expliqua Sirius, pour que je n'aie pas de problème à me rendre à la salle commune si jamais je me faisais arrêter et interroger par Rusard sur mon chemin...

Dès qu'il lut les premiers mots, une horrible appréhension noua son estomac.

― C'est à moi que ce mot s'adresse... pas à Rusard...

― Quoi ? s'exclamèrent d'une même voix Remus et James en se précipitant sur le parchemin qui tremblait dans les mains de Sirius.

Par-dessus l'épaule de celui-ci, ils lurent en même temps que lui :

Cher Mr Black,

Pour m'assurer que personne d'autre que vous ne lira cette lettre, le contenu de cette dernière ne s'affichera que sous votre regard et s'autodétruira lorsque vous l'aurez lu jusqu'au bout. Alors je vous conseille d'y porter une grande attention parce que vous n'aurez droit qu'à une seule lecture.

― Dans ce cas, ne lis pas trop vite, Patmol, dit alors James. J'aimerais avoir le temps de tout lire avant que ça ne s'enflamme...

― Tais-toi et lis, répliqua Remus dont les yeux bondissaient rapidement d'un bord à l'autre du parchemin, l'air anxieux.

Sirius sentait son cœur cogner de plus en plus vigoureusement dans sa poitrine à mesure qu'il avançait dans sa lecture.

Black, je vais tenter de me faire le plus explicite que possible : je ne suis pas amoureuse de vous. J'ai honte de le dire, mais si j'éprouve beaucoup de difficulté à vous repousser à chaque fois que vous m'embrassez, c'est parce que c'est plus fort que moi : vous lui ressemblez. Voilà. Vous avez les mêmes gestes, le même regard doté de cette étincelle troublante, les mêmes manières de séduire... le même âge... Et si vous ne m'auriez pas arrêtée la première fois, j'aurais continué... J'aurais continué en m'imaginant le retrouver, lui, à travers vous, tout en vous oubliant...

Oui, je sais, je suis abominable, puisque tout à l'heure je me suis jetée sur vous alors que je savais que vous étiez amoureux de moi et qu'à ce moment-là, vous essayiez désespérément de fuir ces sentiments à mon égard. J'ai profité de vous, je l'avoue, honteusement, et je mérite donc d'en souffrir encore pour longtemps. Si seulement j'étais parvenue à tomber véritablement amoureuse de vous, cela aurait toujours été mieux que d'avoir envie de vous serrer dans mes bras pour ensuite me rendre compte, avec douleur, que vous n'êtes pas lui...

Je ne vous demande pas de me comprendre, Black, je vous demande seulement de me détester, de passer votre chemin. Je ne mérite pas de votre amour, ni de votre pitié. D'ailleurs, il me semble encore totalement absurde que vous puissiez m'aimer. Décidément, le philtre d'amour vous aurait plus perturbé que je ne l'avais craint...

Peu importe. Maintenant, laissez-moi me faire exécrable afin de vous aider à tourner la page sur cet amour impossible. Et passager... On s'entend, avec le nombre de petites amies qui ne vous ont été que de simples passades au courant de vos années scolaires, n'allez pas prétendre que vous resterez amoureux de moi pendent bien longtemps ; je n'y croirais pas.

Alors, premièrement, je vous annonce officiellement que votre pari est brisé : je sais tout. Il y avait longtemps que je soupçonnais qu'il était plutôt question de ne pas vous punir... Je crains donc que vous allez devoir passer toute votre vie avec ces furoncles au derrière... Je suis désolée, ce n'était pas intentionnel, ma perspicacité a encore fait des siennes. Mais, après tout, n'allez pas me dire que vous ne l'avez pas mérité. C'était à vous de réfléchir au moins cent fois avant de commettre cette énorme bêtise. Que cela vous serve de leçon, non ?

Deuxièmement ― simplement pour me rendre un peu plus détestable ―, à partir de demain, vous passerez toutes vos soirées en retenue avec Rusard ― les soirs de fin de semaine y compris. D'accord, cela vous enlèvera beaucoup de temps d'études, mais, je l'ai toujours dit, Black, vous êtes un élève exceptionnellement brillant. Je suis sûre que vous réussirez néanmoins vos ASPIC à la fin de l'année.

Et si tout ça ne suffit pas à vous mettre en colère contre moi, je veux bien continuer de vous en faire voir de toutes les couleurs, en me faisant plus détestable que jamais. Je vous l'assure, Black, j'en serai bien capable. Je suis aussi tenace que vous lorsqu'il s'agit de remporter un pari. Je suis convaincue qu'à la fin du mois, lorsque vous repartirez chez vous, vous n'éprouverez plus une once d'amour pour votre vieille enseignante de métamorphose et vos pensées seront déjà dirigées vers de nouvelles conquêtes plus jeunes et plus belles.

Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit et une excellente fin d'année scolaire.

M. M.

Dès que Sirius eut lu la dernière initiale de McGonagall, dans un bruit de grésillement, la lettre se calcina rapidement entre ses doigts, puis tomba en un petit tas de cendres sur le sol. Sirius avait encore les mains suspendues dans le vide devant lui au moment où il entendit la voix de James comme si elle lui parvenait de très loin :

― Ça alors ! Comment a-t-elle osé ? Patmol, permets-moi d'aller volontiers me rendre dans ses appartements, de la prendre par le cou et de serrer jusqu'à l'étouff...

― Patmol, dit Remus d'un air confus, interrompant James qui fusillait le tas de cendres d'un regard assassin, de quel pari parle-t-elle ? Tu ne lui as pas... ?

― C'est elle qui a insisté pour... heu... inverser les rôles, répondit Sirius.

Il s'efforçait de tenir un ton égal malgré le sang qui lui inondait la tête et le bruit sourd qui lui palpitait dans les oreilles.

― Elle trouvait cela amusant d'essayer de relever un défi à son tour... Elle m'a parié que, d'ici la fin de l'année, je n'éprouverai plus à son égard que l'envie de la tuer. Elle ne veut pas que je l'aime...

― Eh bien, elle a réussi ! s'exclama James en se remettant à faire les cents pas dans la pièce, tandis que Peter, qui s'était redressé dans son lit, les observait avec une grande curiosité. Elle a réussi à se rendre haïssable ! Nom d'un veracrasse, comment pouvons-nous espérer te débarrasser de ces furoncles, maintenant ? Elle a tout fait foirer ! Sale vieille chouette de...

― Ne l'insulte pas ! coupa Sirius.

― Oh, Patmol, je t'en prie ! s'emporta James en s'immobilisant devant lui, l'air exaspéré. Tu ne vas pas encore me dire que tu es amoureux d'elle ?

― Je n'ai pas l'intention de la laisser gagner son pari !

― Quoi ? s'écria James, les yeux ronds. Mais tu es complètement malade !

Cornedrue ! intervint Remus en se précipitant entre eux.

Manifestement, James voulait secouer Sirius pour lui redonner raison.

― Calme-toi un peu, veux-tu !

― Qu'est-ce qu'il disait, ce mot ? demanda Peter.

Fixant le tas de cendres aux pieds de ses amis, il se glissa en bas de son lit et les rejoignit.

― C'est McGonagall, répondit James d'un air dégoûté, les yeux dardant ceux de Sirius par-dessus l'épaule de Remus. Elle demande à Patmol de la détester parce qu'elle a profité de lui et qu'elle est parvenue à tout faire rater son défi.

― Effectivement, dit Sirius en repoussant Remus et James pour aller s'asseoir sur son lit. Mais dans sa lettre, elle me prouve une chose...

― Quoi ? demandèrent simultanément James et Peter.

Sirius leva les yeux vers eux et étira les lèvres dans un sourire malicieux.

― Elle me connaît mal... Très mal... Si elle croit qu'elle gagnera...

― Patmol, soupira Remus en s'avançant d'un pas. Elle a été très claire dans sa lettre. Finalement, on a eu tort. Ce n'est pas toi qu'elle aime, c'est bien cet autre homme. Sérieusement, Patmol, je pense qu'il serait plus sage et plus raisonnable de laisser tomber. Je sais que c'est dur puisque tu sembles l'aimer beaucoup, mais, justement, si tu l'aimes vraiment, tu dois comprendre que...

― Non, Lunard, interrompit Sirius d'un ton brusque, non. Cette lettre a été écrite strictement dans le but de me mettre en colère contre elle. Elle n'enferme aucune vérité !

― Mais, Patmol...

― Je reste convaincu que c'est moi qu'elle aime, poursuivit Sirius en haussant la voix, mais qu'elle se refuse toujours de se l'avouer. Et je ne peux PAS tolérer de perdre un pari, Lunard ! ajouta-t-il d'un ton cassant.

― Mais tu as déjà perdu ton pari ! fit remarquer Remus avec patience. Et tu risques les pires souffrances émotionnelles si tu tentes de remporter celui de McGonagall !

― Franchement, Patmol, enchérit James avec un mouvement de tête agacé, je sais que l'amour peut parfois être très fort... mais de là à vouloir continuer d'aimer cette... cette femme, prononça-t-il avec la plus grande répugnance, même après ce qu'elle vient de te faire ? Ça m'étonne que tu n'éprouves pas déjà l'envie de la tuer pour t'avoir condamné à vivre toute ta vie avec ces affreux furoncles au...

Mais Sirius n'écoutait plus. Le cœur battant frénétiquement dans sa poitrine, il venait de trouver le meilleur plan qu'il soit...

― Je n'ai pas perdu mon pari..., murmura-t-il alors.

― Quoi ? demanda Remus en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu as dit ?

― Je n'ai pas perdu mon pari ! répéta Sirius en se levant d'un bond. Enfin... pas encore !

James et Remus le regardèrent avec étonnement.

― Tu... tu crois ? dit James en poussant un rire incrédule.

― Oui ! assura fermement Sirius. Oui, j'en suis certain, je n'ai pas encore perdu ce pari !

― Mais McGonagall sait tout, objecta Remus d'un ton calme.

― Oui, je sais, dit Sirius.

― Alors ce n'est plus un défi si elle sait tout, non ?

― Oui, je sais, répéta Sirius dont les pensées se bousculaient dans sa tête. Mais si elle n'a pas conscience sur le moment que je suis en train de relever mon pari...

― Ah, oui, peut-être, comprit alors Remus en se caressant le menton d'un air songeur. Si McGonagall ne pense pas à te punir sur le moment parce qu'elle aura complètement oublié...

― Je ne vois pas, dit James, le front plissé dans un effort de compréhension tout comme Peter. Il est impossible que McGonagall ne se rende pas compte que Patmol tente de relever à nouveau son pari alors qu'il aura frappé à sa porte à une heure du matin et qu'il...

Mais Sirius le fit taire d'un geste de la main.

― C'est à la fin du mois que j'y arriverai, dit-il à voix basse, sentant l'excitation le brûler de l'intérieur. C'est à la fin du mois... et ce n'est pas seulement le pari de Mulciber que je relèverai à ce moment-là, mais celui de ma très chère Minerva également, dans un même temps... Et sans aucun philtre de confusion...

Note de l'auteure :

Bon... Là vous êtes en train de me dire : mais c'est pas la fin, ça !? Eh bien, non, ce n'ai pas la fin... C'était censé être la fin mais après des semaines de gossage intensif ― et Sirius ne voulait absolument pas accepter de finir son histoire de même ―, j'en était venue à... modifier la fin de ce chapitre-ci afin d'écrire un autre chapitre pour une fin qui aurait plus de bon sens...

Mais, surtout, pas de panique ! La suite est déjà toute corrigée, remaniée une centaine de fois et approuvée, prête à être envoyée pour demain ! ^^ C'est fini les longues attentes, je vous le promets ! (Et cette fois-ci, c'est une vraie de vraie promesse !)

Alors à demain pour la suite ! ^^ Et j'espère de voir que vous êtes encore avec moi... :S