Chapitre 20
La Grande Salle avait été particulièrement décorée pour l'occasion. Au plafond flottaient des centaines de bulles de la taille d'un cognard, abritant une petite bougie. Si l'on y regardait de plus près, sur les bulles, on pouvait voir inscrit un nom, une profession ainsi qu'une date de naissance et de décès, car chaque petite bulle brillait à la mémoire des personnes tombées un an plus tôt durant la Guerre. Étudiants, enseignants, aurors, médicomages et autres créatures magiques.
Colin Crivey,
Élève de Poudlard, Gryffondor,
7 septembre 1981 – 17 mai 1998
Rémus Lupin,
Loup-Garou au grand cœur et ancien Maraudeur de Poudlard,
20 mars 1960 – 17 mai 1998
Nymphadora Lupin,
Auror, métamorphomage,
1er novembre 1973 – 17 mai 1998
Il y avait également une bulle pour chaque victime, assassinée ou torturée par Lord Voldemort ou ses sbires avant cette date fatidique.
Cédric Diggory,
Élève de Poudlard, Poufsouffle,
13 mais 1977 – 24 juin 1995
Sirius Black III,
Ancien Maraudeur de Poudlard,
21 mars 1960 – 17 juin 1996
Franck Londubat,
Auror,
18 décembre 1960 – Toujours en vie, interné à St Mangouste
après avoir subi le sortilège du Doloris
Alice Londubat,
Auror,
8 août 1961 – Toujours en vie, internée à St Mangoust
après avoir subi le sortilège du Doloris
Alastor Maugrey,
Auror à la retraite,
29 mars 1945 – 27 juillet 1997
James Potter,
Ancien Maraudeur de Poudlard,
27 mars 1960 – 31 octobre 1981
Lily Potter,
Élève brillante et sorcière éblouissante,
30 janvier 1960 – 31 octobre 1981
Hedwige,
Chouette très intelligente,
Décédée le 27 juillet 1997
Toutes ces bougies étaient éclairées d'un blanc éclatant, représentant la pureté et la bonté de chacun. Mais petit à petit, des bulles de couleur dorée s'élevaient depuis l'entrée de la Grande Salle. Le professeur MacGonagall, accompagnée des professeurs Flitwick et Chourave, expliquait le principe des bulles magiques et distribuait un bout de parchemin à chaque élève qui souhaitait laisser un message. Une fois le texte inscrit, elle le glissait dans la bulle pour que cette dernière s'illumine et s'envole auprès des autres, un message de remerciement et de gratitude brillant à sa surface lisse.
La Team Camétiboc et leurs parents/membres/annexes/amis ne manquèrent pas de laisser eux aussi un petit mot à l'adresse de tous ces gens.
« Colin, Tonks, Remus… Vous êtes plus ou moins proche de moi, de mes amis, mais vous avez tous contribué à notre histoire. Aujourd'hui nous sommes tous réunis pour vous remercier, vous remercier du plus profond de nos cœurs pour avoir combattu les forces du mal. Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes unis, grâce à vous ».
Chelsea Potter, Gryffondor, 7ème année (2017)
« Chelsea a évoqué deux prénoms pour qui je voudrais rendre un hommage tout particulier : Nymphadora Tonks et Remus Lupin. Mes parents qui sont morts vaillamment, dans le seul but que je puisse vivre dans un monde de paix et de bonheur. Aujourd'hui, la paix est rétablie et je suis très entouré. Pour eux et tous ceux qui sont tombés dans ce combat pour la liberté, merci ! »
Teddy Lupin, Gryffondor, 7ème année (2017)
« Ils avaient un rêve. Le rêve de voir le soleil se lever sur un monde en paix. Le rêve de pouvoir se coucher ensemble près des leurs sans ne rien risquer. Le rêve de voir leurs proches évoluer dans un monde tranquille et serein. Grâce à leur combat, grâce à leur lutte, grâce à notre lutte, ce rêve est enfin réalité. La menace qui planait sur chacun d'entre nous n'est plus. Maintenant pour eux, pour nous, pour ceux qui sont partis et ceux qui restent, il nous faut vivre. Vivre et non survivre. Vivre et être heureux pour eux, pour tous ceux qui ont participé à cette guerre de près ou de loin, vivant ou mort. Vivre, tout simplement. »
Saki Potter-Malfoy, Serpentard, 7ème année (2017)
« Dans ma famille, nous n'avons pas toujours fait les bons choix. Mon père était un Mangemort et beaucoup de personnes pensaient que j'en étais un aussi, mais non. Lors de la Guerre j'ai fuis, lamentablement. Je me suis réfugié chez mes grands-parents en France en attendant que tout ça passe. Vous demander pardon serait vraiment déplacé de ma part alors je ne le ferai pas. Je vous dirai seulement merci, merci d'avoir sauvé notre monde, ainsi qu'une personne très spéciale pour moi... »
Théodore Nott, Serpentard, 7ème année
« Je n'ai jamais été très doué avec les mots, alors pardonnez-moi si ce texte est médiocre. On ne peut pas dire « merci » n'importe comment, on ne peut pas dire à toutes ces personnes « merci d'être mort pour moi », mais plutôt « merci de m'avoir sauvé. Merci de nous avoir sauvés. »
Scropius Malfoy, Serpentard, 7ème année (2017)
« Il n'y a pas de mot pour décrire toute la gratitude que j'ai envers vous tous, ainsi que toutes les personnes encore en vie. Grâce à vous tous, la seule peur que je ressens est celle de la défaite de mon équipe de Quidditch préférée. Un simple merci ne suffirait pas, même répété un milliard de fois, mais merci quand même de vous être tous et toutes battus pour nous. »
Gérémiah Flint-Dubois, Serpentard, 7ème année (2017)
Lorsque Gérémiah, qui était la dernière du groupe, rendit son bout de parchemin à McGonagall, cette dernière la regarda étrangement.
_Quoi ? J'ai fait des fautes ?
_Non, C'est juste que...
Comment pourrait-elle expliquer qu'elle avait été surprise de découvrir les identités des personnes devant elle ?
_Quoi, ce n'est pas parce qu'on passe notre temps à faire des âneries, qu'on a pas de cœur ni de respect envers les personnes qui nous ont permis de vivre la vie paisible qu'on a !
La Team Camétiboc s'éloigna, laissant une McGonagall désemparée. Ce n'était pas du tout ce qu'elle pensait, mais elle préféra laisser couler. Elle ne put cependant pas retenir un petit sourire étirer ses lèvres, se disant que, sous leurs airs froids et leur caractère de « sales gosses », la Team Camétiboc restait des enfants respectables et avec de l'éducation.
_Ton message a intérêt d'être à la hauteur de tes prédécesseurs, jeune homme, menaça-t-elle le suivant qui n'avait rien demandé.
L'entièreté des murs de la salle était recouverte de végétations. Des fleurs et même parfois des fruits poussaient puis disparaissaient avant que quelqu'un n'ait pu les cueillir. Sur l'estrade où se trouvait habituellement la table des professeurs, se trouvaient toutes sortes d'instruments enchantés à vent, cordes et de percussions. Sur le mur de droite se trouvaient les tables de buffets variés, allant du canapé le plus fin à la vulgaire chips. A la citrouille, les chips, s'il vous plaît. Sur la gauche, près des fenêtres, se trouvaient les tables où pouvaient s'asseoir les étudiants fatigués d'avoir trop dansé ou ceux qui fuyaient la piste de danse. La Team Camétiboc se retrouvait en grande majorité assise autour d'une table, alors que Chelsea et Teddy enchaînaient les danses de toutes sortes. Le pauvre Teddy se retrouvait parfois perdu dans ses pas et laissait son âme-sœur le guider. Le trio autour de la table, soit Saki, Gérémiah et Scorpius, ne lâchèrent pas des yeux leurs amis tout en grignotant et buvant de temps en temps. Ils n'avaient aucune idée de qui avait bien pu avoir l'intelligence d'importer de l'Ice-Tea zéro sucre du monde Moldu, mais qu'il ou elle soit bénit ! Ils ne se doutèrent pas le moins du monde du sourire qu'esquissa Dumbledore à cet instant, après avoir entendu siffler à son oreille gauche, signe qu'on disait du bien de lui.
Un murmure arriva jusqu'à la table de la Team et leurs regards se portèrent sur les grandes portes ou plutôt sur la personne qui venait de les franchir. Leurs yeux s'ouvrirent en grand et leurs mâchoires manquèrent de se décrocher.
Draco Malfoy venait de faire une entrée des plus remarquées. Pas une fracassante et bruyante, rien de cela. Le jeune homme était juste entré dans la Grande Salle et son charisme, sa prestance et sa tenue avaient fait le reste.
L'héritier Malfoy et futur père de deux enfants était vêtu d'un pantalon de smoking noir, qui épousait à merveille ses jambes. À ses pieds se trouvait une paire de chaussures de danse noire et blanche, qui lui donnait plutôt l'impression de glisser sur le sol que de marcher, voir même de le survoler. Il avait revêtu une chemise blanche, les manches relevées jusqu'aux coudes. Il portait également un gilet noir derrière et recouvert de velours de couleur émeraude devant. Une cravate, qui ressemblait à celle de son fils, était autour de son cou, qu'il resserra négligemment, provoquant presque des évanouissements dans la foule. Ses cheveux blonds avaient été coiffés dans un style coiffé-décoiffé à en faire pâlir de jalousie les meilleurs coiffeurs du monde entier. Il passa d'ailleurs négligemment sa main dans sa chevelure, accentuant son côté décontracté mais élégant.
En clair, Draco Malfoy n'avait laissé personne indifférent. Hommes, femme, plus jeune, plus vieux, personnages de tableaux et même armures magiques. Même la Team Camétiboc, puisque Gérémiah râla qu'elle n'avait pas jeté son dévolue sur le bon Malfoy. Saki ne se gêna pas de lui rappeler qu'elle serait alors sa belle-mère, voir même la mère de Scorpius, souffla Chelsea qui les avait rejoint en compagnie de Teddy pour se reposer. Alors que Marcus et Olivier dansaient toujours. Saki avait manqué de s'étouffer de rire, alors que Miah clamait qu'elle serait une belle-mère du tonnerre, la preuve, ça rime !
_Merci, mais non merci. T'avoir comme meilleure amie suffit largement.
_Ça veut dire quoi, ça ?
_Rien du tout, sourit Saki.
_Ouais c'est ça, soupira Miah en noyant son chagrin dans son verre d'Ice-Tea avec zéro sucre.
S'il y avait bien une personne à qui le jeune homme blond avait fait de l'effet, même sous le joug d'un philtre d'amour, c'était bien Harry Potter. Le brun avait, comme toute la Grande Salle d'ailleurs, posé ses yeux sur sa Némésis et son cœur avait fait un bon dans sa poitrine, alors que son cerveau lui disait de détourner son regard et de le détester. Harry Potter se sentait perdu. Que devait-il faire ? Suivre son cœur ou bien cette petite voix dans sa tête ?
Il oublia bien vite ses questions lorsque Ginny le força à poser les yeux sur elle. Le philtre faisait à nouveau effet.
_A quoi penses-tu, Harry ? susurra Ginny.
_A... au message que je voulais écrire.
Le jeune homme brun se détourna du regard de la rousse et se pencha sur la table pour écrire sur son bout de parchemin avant de le rendre à Chourave.
« Dumbledore disait qu'à Poudlard une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent. Mes années à Poudlard et même après, m'ont apporté bien plus qu'une simple aide. Poudlard et le monde de la magie se sont liés pour moi, pour ma survie. C'est toute cette amitié et cet amour qui m'ont permis de vaincre Tom Elvis Jedusor. Mon destin scellé par cette prophétie, l'amour de mon père et de ma mère, le combat de mes amis et de ma famille. Chaque jour, vos âmes résonnent dans mon cœur. Ma cicatrice ne me picote plus depuis longtemps, mais je pense toujours à vous. Merci, je vous aime.
Harry Potter, Gryffondor, 7ème année »
Le brun jeta un œil par-dessus l'épaule de Ginny et la vit écrire un message plutôt long, mais où elle parlait des membres de sa famille disparue, de camarades et amis à leur tour tombés durant cette guerre et leur confiant qu'ils lui manquaient et qu'elle les aimait. Une fois terminé, la rousse tendit son billet à l'enseignante de Botanique et entraîna Harry sur la piste de danse pour se changer les idées et surtout tenter de refouler le flot de larmes qui menaçait de couler de ses yeux. Ce n'est pas parce qu'elle avait mis un plan de séduction en place durant la soirée qu'elle en oubliait la raison de ce bal.
Après plusieurs valses tantôt lentes tantôt entraînantes, la rouquine en eu assez de la foule qui semblait l'empêcher de se rapprocher de son Harry. Mais la Team Camétiboc veillait au grain. Certes ils n'oubliaient pas que Ginny et Harry étaient les parents de Chelsea, mais il ne fallait pas pousser mémé dans les bouses de veracrasses non plus ! Car si Ginny empêchait le départ d'Harry pour le Japon, le futur se retrouverait perturbé et la Team Camétiboc ne verrait sans doute pas le jour et ça c'était inconcevable pour nos quatre amis. Voir cinq en comptant Teddy.
C'est pourquoi, alors que cette dernière attirait Harry vers le parc, la Team Camétiboc envoya les agents 008 et 009 – c'est-à-dire Marcus Flint et Olivier Dubois – espionner le déroulement des choses afin d'intervenir si besoin était.
A l'autre bout de la salle de bal, un blondinet était vexé, outré et mitraillait de ses magnifiques yeux gris les deux silhouettes qui s'éloignaient hors de sa portée. Sa vision fut d'autant plus gâchée par l'apparition soudaine d'une Astoria, pas vraiment belle, qui sortit d'il ne savait où. Après l'incident qui s'était déroulé dans le couloir, il fut sur ses gardes et ne la quitta pas des yeux. Ne voulant pas s'attarder en sa compagnie, il lança d'une voix glaciale et traînante, assortie d'un regard qui aurait pu lancer un avada pour faire bonne mesure :
_Dégage.
Astoria ne se démonta pas devant le comportement du blond et elle lui annonça qu'elle venait en vérité s'excuser pour son comportement extrêmement déplacé à son encontre. Le Serpentard fut surpris, mais resta tout de même prudent vis-à-vis de la sorcière – au sens propre comme au sens figuré.
_Je suis désolée, mais j'ai paniqué, mes parents comptent me marier à Gregory Goyle, tu comprends qu'entre lui et toi, mon choix penche en ta faveur, dit-elle les yeux baissés, semblant gênée.
_Et en quoi cela me regarde-t-il ? Il restait Zabini, Nott ou bien Pucey. Voir même les Weasmoche, malgré le fait que se sont des traîtres à leur sang.
Après une courte pause, il reprit d'une voix frôlant le zéro absolu :
_Si tu es désespérée au point de coucher avec quelqu'un sans son consentement pour réussir, ça te met au même niveau que ces filles de joies de mauvaise qualité de La Vélane Affriolante dans l'allée des Embrumes.
Alors qu'il allait continuer sa diatribe, après s'être rafraîchi la gorge avec une lampée de jus de citrouille, il sembla avoir une illumination divine et reprit d'une voix mièvre au possible qui ne correspondait pas du tout au personnage :
_Oh mais… Ma licorne rose de la forêt de Brocéliande, comment puis-je oser te parler de la sorte ?! s'exclama le blond en surprenant la jeune fille.
L'héritier la serra fermement dans ses bras en s'excusant de son comportement horriblement déplacé et non convenable envers une personne telle qu'elle. C'est alors qu'elle remarqua, dans le dos du blond, la petite Poufsouffle, qui lui adressa un sourire, signe qu'elle avait versé la potion dans le verre du Serpentard comme convenu.
Tandis que Draco traînait Astoria sur la piste de danse pour effectuer une valse très tournante, la petite Poufsouffle tourna la tête vers la table de la Team Camétiboc et leur adressa un clin d'œil. Ce geste fut suivit d'un soupir de soulagement de la part de Scorpius, se disant que dans quelques heures il serait enfin conçu. Et valait mieux tôt que tard, car il commençait à devenir de plus en plus transparent et ça, ça l'inquiétait beaucoup le p'tit Scorpius ! Prenant exemple sur Gérémiah, il préféra noyer son chagrin dans son verre d'Ice-Tea zéro pour cent.
D'ailleurs, en parlant de la Team Camétiboc, seuls Chelsea et Teddy investissaient la piste de danse, alors que les trois autres membres préféraient de loin rester assis. Saki et Gérémiah parce que ce genre de soirée ce n'était pas du tout leur truc, Miah préférant très largement lorsqu'une guitare, une basse et une batterie s'associaient pour former de la « musique de sauvages » tandis que sa cadette préférait les musiques traditionnelles nipponnes. Scorpius, lui, étant un sang-pur, était habitué à cette ambiance et la raison qui faisait qu'il restait assis sur cette chaise était que la personne qu'il avait envie d'inviter à danser lui jetterait le contenu de son verre à la figure avant de retourner s'empiffrer de crackers au fromage et autres mini-pizza.
_On s'ennuie, soupira la brune, le menton appuyé dans sa paume de main.
_Vois le bon côté des choses, tenta de la rassurer Saki. On est sûr à quatre-vingt-dix pour cent qu'on verra le jour tous les quatre.
_Cent pour cent, tu veux dire, notre plan est génial, comment veux-tu qu'il échoue ?!
_Il y a toujours eu un farfadet pour gâcher nos plans, répondit Scorpius.
_On est en quatre-vingt-dix-neuf, Rose n'est pas encore née et sa mère est occupée ailleurs, sourit Miah.
Saki et Scorpius se jetèrent un regard, puis s'accordèrent un sourire. Ils levèrent ensuite tous les trois leurs verres trinquant à leur réussite et la future naissance de leur Team.
_Attendez, dit soudainement Miah. Où est le père de Rose ?
Ils fouillèrent tous les trois la salle du regard, cherchant désespérément le jeune homme. Ne le trouvant pas, leur inquiétude grimpa davantage. Un simple regard échangé leur fit comprendre qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes et profitant que Chelsea, Teddy, les jumeaux et Daphné soient occupés sur la piste, ils se précipitèrent hors de la salle, à la recherche des deux futurs parents, souhaitant avoir encore un peu de répit dans leur vie.
A l'extérieur du château, la situation était toute autre. Ginny avait entraîné Harry près du terrain de Quidditch et elle l'invita à monter dans l'une des tours des gradins du stade, pour admirer la vue que celle-ci donnait sur le terrain, ainsi que sur le parc, la bâtisse et la Forêt Interdite.
_C'est magnifique, souffla Harry, charmé par la vue de nuit de sa seconde maison.
_Je savais que ça te plairait, lui répondit Ginny en venant entourer sa taille de ses bras par derrière.
Le brun à lunettes se retourna et serra la rouquine dans ses bras. Cette dernière n'eut qu'à se hisser sur la pointe des pieds, malgré ses talons hauts, pour embrasser son vis-à-vis, chose qu'elle rêvait de faire depuis des années ! Mais ce baiser semblait étrange au goût de l'Élu, qui ne repoussa pas pour autant son assaillante.
Sans qu'il ne comprenne comment, il se retrouva allongé sur l'un des bancs, des vêtements commençant à voler un peu partout dans les gradins.
Ce rapprochement donna quelques idées à un autre couple venu en espionnage.
De l'autre côté du château, dans les cachots, deux personnes dansaient et tournaient sur de la musique non existante, la mélodie raisonnant dans leur tête. Cela pouvait sembler stupide d'un point de vue extérieur, mais pour eux c'était magique. Ils avaient passé près de huit ans à se détester, étant chacun dans un groupe ennemi, l'une chez les Rouge et Or, l'autre chez les Vert et Argent. Et durant toutes ces années écoulées, ils n'avaient pas pensé ne serait-ce qu'une seconde, qu'ils se retrouveraient ainsi, l'un dans les bras de l'autre, à danser ou plutôt à air-danser, un soir de bal de Commémoration d'après-guerre. L'un d'eux avait espéré que cela se produise un jour, sans trop y croire vraiment et se sentait enfin comblé comme jamais encore il ne l'avait été. L'autre, n'y avait jamais songé avant ce soir, se disant que les Vert et Argent étaient tous les mêmes : vils, avides de pouvoir, mauvais, perfides et toute la panoplie du Mage noir en puissance. Mais il n'y avait que les idiots qui ne changeaient pas d'avis, non ?
Et puis, pour une raison qu'ignorait la Rouge et Or, elle avait envie de lui faire confiance à cet idiot parfois un peu à côté de la plaque et diablement beau. Peut-être que la venue des quatre trouble-fête était en fait une bonne chose car, sans ça, elle ne serait sûrement pas là, les joues en feu, les mains accrochées aux larges épaules du jeune homme, qui la serrait étroitement contre lui de ses bras forts. Elle alla crocheter ses doigts derrière la nuque du Vert et Argent et cala sa tête contre le torse de ce dernier, souriant en entendant son cœur battre soudainement plus vite et cogner contre sa cage thoracique.
Perdus dans leur petite bulle, ils n'entendirent même pas un « beurrrk » prononcé par trois Vert et Argent, qui hésitaient grandement à les interrompre ou les laisser tels qu'ils étaient. Chelsea déteignait trop sur eux. Mais pas assez. Scorpius agita sa baquette d'un geste souple, faisant s'effondrer une étagère remplie de chaudrons, qui chutèrent sur le sol en un bruit assourdissant. Les deux adolescents en train de danser cessèrent tous mouvements, Blaise serrant Hermione dans ses bras, comme s'il cherchait à la protéger d'un chaudron sauvage enragé, qui aurait décidé subitement d'avoir des dents et tenter de les mordre.
Lorsqu'ils remarquèrent leur position, les deux tourtereaux sentirent leurs joues s'enflammer puis ils s'éloignèrent de l'autre, commençant à ranger tout le bazar.
De l'autre côté de la porte, les filles tapèrent dans les mains du blond et ils s'éloignèrent en soupirant de soulagement. Ils venaient d'avoir un sursis à leur vie paisible, puisque Rose avait un an de moins qu'eux.
Dans la Grande Salle, Astoria en venait presque à regretter son geste, vu tous les surnoms ridicules que lui infligeait Draco. Même les Poufsouffles n'avaient pas autant d'imagination ! Mon amour en chocolat, ma libellule, mon canard en sucre, mon oasis du Sahara, mon bonbon au caramel, la citrouille de ma vie, ma pâquerette des champs fleuris, sans oublier celui qui lui tapait le plus sur les nerfs : Astorinette. Bien sûr, la liste n'était pas exhaustive. Ne pourrait-on pas être amoureux et garder ses neurones ?! La honte pour un sang-pur.
Elle retrouva le sourire lorsque le blondinet l'attira hors de la salle. Enfin ses souhaits étaient exhaussés ! Ou pas. Elle se retrouva dans la cuisine de l'école, avec un sang-pur s'essayant à faire des chocolats pour se faire pardonner de son comportement. Tout était dans le mot « essayer ». Elle commençait à avoir peur de finir empoisonnée quand elle le vit ajouter un reste d'anchois qui traînait par là depuis quelques jours si on se fiait à l'odeur.
Pour le distraire de sa recette plus qu'étonnante, elle entreprit de l'embrasser à pleine bouche. Sauf qu'il la repoussa, lui clamant qu'il était hors de question qu'il salisse une jeune fille pure et innocente ! Elle commençait décidément à regretter son idée de philtre d'amour.
Soudain une idée la frappa ! Il s'agissait en réalité d'un chou de Bruxelles sauvage qui passait par là, jeté par-dessus l'épaule du blond qui disait qu'un chocolat de cette saveur serait mauvais. Elle fit semblant de se trouver mal pour attirer l'attention de l'apprenti cuisinier. Ça ne manqua pas, il se précipita sur elle pour la rattraper avant qu'elle ne s'effondre sur le sol, comme une magnifique serpy-llère.
_Mon doux brocoli des îles, que vous arrive-t-il ?!
_Je ne me sens pas très bien, il y a trop de monde ici, j'étouffe !
_Vous tous, sortez, il lui faut de l'oxygène !
De gros yeux globuleux le fixèrent incrédules avant de disparaître dans des « pop » retentissant, tel un feu d'artifice digne d'une fête nationale, mais sans couleur.
Astoria sourit. Ils étaient enfin seuls...
Et la jeune fille en fleur, pure et innocente – ou pas – se jeta sur le pauvre petit Serpentard sans défense afin de lui faire subir les pires outrages.
Il est de notoriété publique que les soirs de bal se terminent dans la débauche et la luxure, ce bal ne fit pas exception puisqu'il vit la conception de deux membres de la Team Camétiboc et les retrouvailles de nombreux couples.
On passe la barre du vingtième chapitre ! CHAMPAGNE !
Merci de nous suivre depuis tout ce temps !
S&G
P.S. : Oui, on sait, on est samedi, pas vendredi, mais une accumulation de de quelques que petits trucs persos on fait que le chapitre n'est là que maintenant.
