Hey la compagnie !

Je réponds tout de suite à ce que certains doivent penser : non la fic n'est pas abandonnée !

Je sais que quatre mois de silence c'est long. Je m'en excuse d'ailleurs, je n'avais pas l'intention de trainer autant mais... enfin pas mal de choses se sont produites qui m'ont empêchées d'écrire à ma guise.

Mais bon, le chapitre est enfin là après un long moment, alors profitez-en bien ! Je dois dire que je me suis pas mal pris la tête pour l'écrire. Je voulais quelque chose qui colle bien au caractère du personnage alors, ça n'a pas été évident. Le résultat est un peu... enfin vous verrez bien.

Comme c'est le premier chapitre qui est entièrement rédigé selon le point de vue de Gaara, j'aimerais assez que vous me donniez vos avis. C'est surtout pour savoir si j'ai réussi à bien coller au personnage. Oh, et si c'est simplement pour dire que vous avez aimé, j'en serais bien sur très heureuse !

Sur ce, bonne lecture !

Note : les passages entre /... / sont les pensées de Gaara.


Plus jamais seul

Chapitre 21 : Me laisseras-tu faire ?

/… /

Lorsque j'ai croisé le regard de Naruto en passant le seuil de la porte, j'ai su qu'il se doutait de quelque chose. Son regard était brillant d'une nouvelle certitude. En même temps, il semblait craintif, comme au début de notre collocation. Je n'ai aucun doute sur le fait que ça ait un rapport avec moi. Même lui doit trouver étrange que je rentre en classe au même moment que Sasuke Uchiha. Surtout en ayant disparu un bon moment. Naruto n'est peut-être pas le plus futé des hommes, mais il peut quand même faire un rapprochement aussi basique.

Quelque part, je me demande si le fait qu'il découvre ce que j'ai infligé à Sasuke soit si terrible. Connaissant la propension du blond à la curiosité, il finirait tôt ou tard par apprendre la vérité. A ce moment, il ne servirait à rien de nier. J'ai pris, de surcroit, un trop grand plaisir à cette petite vengeance pour ne pas m'attribuer les cicatrices du brun.

Un plaisir malsain m'a envahi quand l'Uchiha s'est approché de moi tout à l'heure pour me faire part de son bilan de santé. Des cicatrices qui ne disparaitraient sans doute jamais sur le torse, des plus fines sur les jambes qui, avec le temps, avaient de bonne chance de s'estomper. Et ne parlons pas de son anus qui lui était toujours douloureux. Je l'avais laissé dans un état déplorable mine de rien.

Au premier abord, je l'ai pris pour un fou. Me confier avec un grand sourire tous ces détails... Puis, j'ai fini par comprendre que c'était une sorte de jeu pour lui. C'était prendre ou être pris. Sasuke Uchiha avait prit Naruto et il avait ensuite été pris par moi. Il s'agissait là d'un jeu pervers qui s'avérait risqué et dangereux. Un jeu qui collait bien au caractère tordu du personnage. Je ne connais personne de sain d'esprit qui s'amuserait à violer ses camarades de classe juste pour satisfaire son égo. Jouer les jolis cœurs auprès des filles, mais dans l'ombre, s'amuser à prendre des hommes violemment. Ce garçon a une personnalité complexe et effrayante, à plus d'un abord.

La flamme éphémère qui illuminait les prunelles azur a rapidement disparue et le grand sourire de Naruto et revenu plus vite qu'il n'avait disparu. Encore une fois, j'ai une étrange impression. Son sourire n'est pas factice mais j'ai l'impression qu'il est forcé, et ce n'est pas la première fois que j'ai ce sentiment. En y réfléchissant bien, quelque chose a toujours l'air forcé dans ses attitudes. Je ne m'en suis aperçu que récemment, mais je suis convaincu que c'était déjà le cas depuis un certain temps. Naruto cache quelque chose d'enfui profondément dans son cœur, tout comme moi. Quelque chose qu'il ne veut pas montrer à la face du monde.

Alors que je m'apprêtais à avancer, le blond commença à agiter le bras dans ma direction.

- Eh Gaara ! Ben alors, qu'est-ce que tu fichais ?

- Rien.

Du coin de l'œil je regardais l'Uchiha qui avait un sourire mauvais. Une autre partie de notre conversation me revint en tête. Je soupçonne d'ailleurs que la raison première qui l'a poussé à venir me voir était justement pour cette mise en garde. J'ai horreur que l'on me dise ce que je dois faire et cet imprudent s'amuse à me mettre en colère.

Nous sommes de la même espèce, avait-il dit, tu es un être aussi sombre que moi. Je l'ai su dès que j'ai croisé ton regard la première fois. Nous avons les mêmes yeux.

Je ne peux pas nier que j'ai éprouvé un certain plaisir dans la douleur de Sasuke. Je ne nie pas non plus que j'ai ma part d'ombre. Une part qui est beaucoup plus développée que chez un être humain normal. Il n'était pas rare que je fasse souffrir mes partenaires jusqu'à il y a peu. Pour moi, tous n'étaient que des objets destinés à assouvir mes pulsions. Je n'aimais pas spécialement voir leurs visages crispés dans la douleur mais je ne connaissais pas d'autre moyen de m'exprimer.

Il a fallu que je quitte mon village natal pour commencer à me comporter en être humain. Là-bas, les villageois ne me voyaient que comme un moins que rien, un insecte nuisible, quelque chose qu'il fallait exterminer. Paradoxalement, ils avaient peur de moi, à un point tel, qu'ils ne m'approchaient pas. Ils me dénigraient dans mon dos, ne me parlaient pas. J'étais toujours seul et je suis très vite devenu froid et insensible, en partie à cause de ce comportement.

Heureusement, une fois majeure Temari est partie avec Kankuro et moi et nous avons fuit dans la grande ville de Konoha. Cet éloignement m'a permis de faire le point et avec lenteur, j'ai commencé à changer. Ce n'était pas radical mais je m'ouvrais plus aux autres.

Bien sûr la noirceur n'a pas disparue, elle est toujours bien ancrée en moi. Mais c'est depuis que Naruto est entré dans ma vie que je sens que mon monde change plus radicalement. Pour la première fois, j'ai envie d'être avec quelqu'un. La présence d'autres personnes me pèse moins qu'avant et j'en suis même venu à porter secours à ceux qui en avaient besoin. Jamais je n'aurai fait preuve d'altruisme il y a encore quelques mois.

Aujourd'hui je ne me considère plus comme une personne dominée par ses sombres instincts. Bien que cela me coute de le penser, c'est en partie grâce à Naruto. Ce même Naruto qui me colle partout et qui en est arrivé à éprouver un sentiment étrange que je ne connais pas encore. L'amour. Du moins, c'est-ce que j'ai cru entendre un soir alors que j'entrais en silence dans sa chambre. Depuis, je me demande sans cesse, ce qu'il peut bien me trouver. Je n'ai jamais été agréable avec lui, je l'envoyais balader dès que je le voyais et je l'ignorais royalement. Mais lui, il restait collé à moi, indifférent au peu d'intérêt que je lui témoignais. Comment peut-on en arriver à éprouver des sentiments positifs face à une telle attitude ? C'est un mystère complet.

Je me demande d'ailleurs si je ne me suis pas fourvoyé sur ce que j'ai entendu. Naruto était à moitié endormi et j'ai très bien pu mal comprendre. Seulement, il y a ce qu'il s'est passé hier. Il avait l'air tellement affecté par le fait que je le rejette… Il en pleurait presque. Je sais parfaitement que Naruto est du genre expansif, mais je sais aussi qu'il n'a aucune expérience en matière de relations intimes. C'est clair comme de l'eau de roche.

Avec ce qui s'est passé avec l'Uchiha, il y a de forte chance que tout futur rapprochement soit assez compromis. J'en ai fait l'expérience. En temps normal je n'aurais pas tenu compte du fait qu'il me résiste et j'aurais continué. A ce moment, j'étais excité comme une puce, j'avais une envie incontrôlable de prendre son corps. Je ne sais pas par quel miracle je me suis arrêté. Peut-être était-ce son regard terrorisé ou son corps tremblant comme une feuille ? Je ne saurais le dire, mais toujours est-il que quelque chose dans son attitude m'a ôté toute envie de le posséder de quelque façon que ce soit.

S'en est troublant.

A ce moment, j'ai ressentis un sentiment que je ne connais pas. J'ai eu - et j'ai toujours - envie de protéger cet imbécile qui arrive à se faire violer mais qui cache toutes ses souffrances derrière un masque au sourire figé.

D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais ressentit le besoin, ni l'envie, de protéger quelqu'un. C'est donc tout nouveau. Et je dois dire que c'est un sentiment déboussolant et intrigant. Je n'irais pas jusqu'à dire que je suis amoureux de Naruto - d'autant que je ne sais pas ce qu'est l'amour - mais je suis attaché à lui. Tout comme je le suis d'une certaine façon à mon frère et ma sœur. Bien qu'il y ait une subtile différence entre ses deux sentiments.

Tu n'es pas seulement son chien de garde mais son nouveau possesseur.

J'aurais donné tout ce que j'avais pour ne pas entendre une telle idiotie. Je ne me suis jamais érigé en protecteur du blond. Du reste, je ne me considère toujours pas comme son chien de garde, comme l'a si bien dit Sasuke. Je n'y peux rien si Naruto est faible et a besoin que l'on veille sur lui. La première fois, j'ai peut être arrêté sa tentative de viol - ce qui était un hasard complet - mais la seconde tentative avait réussi. S'il avait été sous ma protection, jamais une telle chose ne serait arrivée. Quand je décide de protéger quelqu'un, je ne le lâche pas d'une semelle.

Je ne suis pas non plus le « possesseur » de Naruto. Les personnes ne sont pas des choses susceptibles de possession. Même si je sais pertinemment que Sasuke pensait à un tout autre type de possession, celle qui permet de jouir du corps de l'autre. Ce n'est pas l'envie qui me manque de le faire pourtant, j'ai envie d'entrer en Naruto depuis que je l'ai pris dans mes bras. Son corps fin est agréable en main et j'apprécie la douceur de sa peau. Mais si l'Uchiha pense que j'en ai déjà pris possession, il commet une erreur monumentale. Avec le blondinet je ne pourrais jamais passer outre son refus. Je ne le pourrais pas et surtout je ne le voudrais pas. Rien qu'un coup d'œil dans les pupilles azur suppliantes et je suis déboussolé.

Finalement, peut-être ai-je bien un sentiment que l'on pourrait qualifier « d'amoureux » envers Naruto. Mais, il s'agit là d'une vision objective dans la mesure où je ne sais pas ce qu'est l'amour. Partant, le désir que j'ai pour cet idiot et l'envie de le protéger - sans oublier que je ne peux m'empêcher de penser à lui - tout cela réuni, pourrait très bien figurer un début d'amour.

Pour le moment, je vais tenter de m'investir dans le début de relation que j'ai entamé avec Naruto. Les choses évolueront à leur rythme, et je ne compte pas laisser Sasuke Uchiha avoir ce qu'il convoite. Il ne l'a pas dit de vive voix mais s'en prendre au blond lui a visiblement plu et il recommencera à la moindre occasion le lui permettant. Je le sens. Son aura était chargée de désir au moment où il a abordé le sujet portant sur Naruto.

Il n'hésiterait pas à le forcer une fois de plus si cela lui permettait de m'atteindre, et il est évident qu'il veut saillir son arrière train rebondit une seconde fois.

Naruto ne pourra pas te satisfaire sexuellement. Tu peux venir me voir quand bon te semble et si je trouve que c'est trop long, je découvrirai bien un moyen de t'attirer à moi.

C'était on ne peut plus claire. Blesser Naruto engendrerait des représailles de ma part, et c'est exactement ce qu'il attend. Ce masochiste irait jusqu'à blesser ce qui m'est cher pour que je me venge. Seulement s'il pose encore un doigt sur Naruto, ce ne seront plus des égratignures, plus ou moins indélébiles, qu'il récoltera mais bien un allé simple pour la tombe. C'est d'ailleurs ce que je lui ai répliqué et cet inconscient m'a rit au nez avant de rebrousser chemin. Je me demande dans quel environnement il a pu grandir pour se comporter de la sorte. Il me parait encore plus déséquilibré que j'ai pu l'être à une époque.

- Alors Gaara, qu'est-ce que t'en dis ?

Mon regard remonte vers les orbes azurées en quête de la question que viens de me poser mon compagnon. Apparemment, j'étais tellement absorbé par mes réflexions que je n'ai pas fait attention au déroulement de la conversation. Et les amis de Naruto semblent eux aussi attendre que je parle. N'ayant aucune idée de l'objet sur lequel portait la discussion, je me contente de garder le silence. C'est ce que je fais le mieux et il s'avère que c'est une technique très efficace pour avoir la paix. Ou pour se sortir du pétrin, comme dans le cas présent.

- Apparemment, les fringues c'est pas trop ton truc, reprit Naruto après m'avoir fait un clin d'œil.

C'est énervant la facilité avec laquelle il peut lire en moi. Il y a peu, il se demandait encore ce que pouvais bien signifier les regards ténébreux que je lui envoyais sans cesse. Il s'y est vite habitué, quoique je le vois encore trembler sous l'intensité de mes œillades. Espérons que sa clairvoyance n'aille pas jusqu'à découvrir trop vite la petite vengeance que j'ai accomplie. Naruto a beau avoir subi des blessures intimes et traumatisantes, je le connais assez pour savoir qu'il ne voudrait pas qu'il arrive la même chose à son agresseur. Il est affolant - voire inconscient - d'être d'une telle gentillesse. D'un autre côté, il est trop crédule, et seigneur ce qu'il peut être bête et empoté par moment !

… … …

La fin des cours ne tarde pas à arriver et au moment de sortir je croise le regard onyx de Sasuke Uchiha. Il m'envoie un sourire en coin avant de passer la porte. Mes yeux se plissent en comprenant qu'il m'envoie un avertissement. J'ai intérêt à ne pas perdre des yeux mon blond pendant la course d'orientation prévue dans quatre jours. Ce sera le moment idéal pour ce pervers d'agir.

- Alors tu m'expliques, me lance Naruto une fois que j'ai mis un pied hors du lycée.

Il m'attendait fermement campé devant les grilles de l'établissement, les poings pressés sur les hanches. On aurait dit une mère sur le point de rabrouer un de ses enfants ou une petite amie mécontente de l'inattention de son copain. A cette réflexion, un micro sourire ourle la commissure de mes lèvres, Naruto se comporte déjà comme si nous étions un vieux couple alors que nous ne sommes ensemble que depuis vingt-quatre heures.

- Je vois pas ce qu'il y a de drôle ! S'écrit-il face à mon silence. T'as un truc depuis que t'es revenu des toilettes ce midi. T'écoute pas ce qu'on te dit et en plus t'es toujours en train de regarder Sasuke !

Je suis étonné, voire même interloqué que Naruto ait remarqué ce fait. J'ai pourtant été discret.

Mon regard ancré dans le sien j'essais de sonder ce qu'il peut bien penser à ce moment précis. Je peux facilement lire de l'inquiétude dans ses billes couleur de ciel d'été. Je dirais aussi qu'il y a de la peur et quelque chose que je qualifierais comme de la colère. M'en voudrait-il d'avoir parlé à Sasuke ? Je doute qu'il le dise de vive voix, il n'a jamais parlé de ce qu'il s'était passé entre eux deux. Il ne le fera sans doute jamais. Du moins de son propre chef.

- Nous avons juste discutés, dis-je en commençant à avancer.

- De quoi ?

Je lui lance un regard en coin avant de reprendre la parole.

- En quoi cela te concerne-t-il ?

- Euh… c'est que… tu n'es pas spécialement proche de lui, alors je me demandais ce que vous avez bien pu vous dire.

Il est gêné, les rougeurs sur ses joues en attestent. Intéressant.

- Pourquoi devrais-je te le dire ?

- Ben… on sort ensemble, non ? Alors… on peut se dire des choses qu'on ne se disait pas avant…

- Et ?

- Allez quoi Gaara, je veux juste savoir ce que tu faisais avec Sasuke, c'est tout !

Maintenant, il s'énerve. Hum, c'est amusant de le voir passer par autant de sentiments contradictoires. Malheureusement je ne peux rien lui dire pour le moment. Plus tard, peut-être.

- Je te l'ai dis, nous avons parlé. Et le sujet de cette conversation ne te concerne en rien. Le fait que nous sortions ensemble n'est pas un élément suffisant pour que j'accède à ta demande.

- Mais pourquoi ! Bon sang, c'est pas compliqué quand même ! Je veux pas que tu restes seul avec ce gars !

- Pourquoi ?

Là, je suis surpris. C'est moi qui ne veux pas qu'il reste seul avec lui. Je sais très bien me défendre et jamais je ne me laisserais violer par un type de son espèce. S'il y a bien quelqu'un qui a besoin de protection c'est lui, pas moi.

- C'est un salaud de la pire espèce ! Il est dangereux, je le sais parce qu'il m'a vio…

Naruto s'est tu promptement en plaquant les deux mains sur sa bouche. Ses yeux sont exorbités et des tremblements parcours l'entièreté de son corps. Je le sens au bord des larmes. Il ne peut physiquement pas en parler. Il n'a pas oublié. Quelqu'un comme Naruto ne peut pas ranger simplement quelque chose d'aussi horrible qu'un viol dans un coin de sa tête et l'y oublier.

Je ne peux m'empêcher de ressentir de la pitié pour ce garçon. Et peut-être bien un soupçon de compassion même si, là encore, je ne connais pas ce sentiment. Depuis que j'ai rencontré Naruto, j'expérimente une palette de nouveaux sentiments. Cela me dérange toujours autant qu'au début, cependant, je dois dire que ça a quelque chose de jouissif, bien que déroutant.

D'un mouvement fluide, je saisis Naruto par le poignet et étreint son corps frissonnant dans mes bras. Son cœur bat la chamade, la peur de s'être dévoilé accélérant son rythme cardiaque. Une main enfouie dans sa chevelure de blé, je respire l'odeur fruitée de ses épis indisciplinés. C'est le moyen le plus efficace que je connaisse pour le calmer. Moyen qui a déjà fait ses preuves.

- Gaara…

Je relâche mon étreinte et découvre un Naruto aux yeux brillants et au visage écarlate. Il lance frénétiquement des regards circulaires autour de lui. Nous sommes en plein milieux de la rue. Si je comprends bien le fait que l'on puisse nous voir lui fait peur. Pour ma part, je n'ai rien à faire de ce que la population locale peut bien penser de mes agissements. S'ils ne veulent rien voir, ils n'ont qu'à détourner les yeux et nous ignorer, c'est ce qu'ils font le mieux quand ça les arrange. Deux homosexuels qui s'embrassent en plein milieux de la rue, ça fait tellement tache qu'il vaut mieux faire comme si on n'avait pas vu et passer son chemin sans rien dire. Certains seraient tentés de venir nous réprimander, à ces fous je leur servirais mon regard le plus diabolique qui soit et ils déguerpiraient telles les braves petites bêtes apeurées qu'ils sont.

J'ai envie de prendre les lèvres de mon imbécile personnel, pour prouver ma théorie, pourtant je ne le fait pas. Je crois l'avoir assez choqué pour aujourd'hui. Aussi, me contentais-je de tourner les talons et de reprendre ma route. Un mètre derrière moi j'entends les pas de Naruto qui me suivent. Il est silencieux et songeur.

Il ne m'a plus posé une seule question jusqu'à ce que l'on soit rentré. On dirait bien que j'ai trouvé le moyen de lui faire oublier sa colère et son entêtement. Si en le prenant dans mes bras je peux le calmer, le rassurer, lui faire tout oublier, le gêner au point qu'il en demeure silencieux, lui la véritable pipelette, et en plus si je peux le peloter à son insu, j'en userais plus souvent.

… … …

Le repas était bien entamé quand, à l'occasion d'une conversation portant sur le nouveau maillot qu'avait acheté mon frère, Naruto s'était précipitamment levé avec un air horrifié peint sur le visage.

- J'ai oublié d'appeler Iruka !

Puis, il partit directement dans le couloir où se trouvait le téléphone.

Depuis ma place, je le vois faire les cents pas, le combiné en main. Visiblement, il est nerveux. Une fois que son interlocuteur a eu décroché, il se met à parler à toute vitesse. Curieux de savoir de quoi il peut bien retourner, j'expédies la fin de mon repas et vais m'installer dans le canapé du salon, sous les regards curieux de Kankuro et Temari. Ils doivent se dire que quelque chose ne tourne pas rond avec moi aujourd'hui. Tout d'abord, je les ai salués ce soir en rentrant, ce que je ne fait qu'occasionnellement. Ensuite, je parle correctement avec Naruto et pas seulement par onomatopées. Et maintenant, je ne m'enfuis pas directement dans ma chambre, une fois le repas terminé, mais m'attarde dans le salon.

D'un regard torve je les interdis d'émettre une quelconque réflexion. Je sentais venir les récriminations et j'ai préféré y mettre fin de manière anticipée. J'ai bien l'intention de découvrir ce qui est important pour Naruto, au point de laisser en suspend son cher repas, donc pas de questions superflues. D'ordinaire, il aurait reporté son coup de fil à plus tard. Le sujet devait donc être important pour qu'il délaisse son activité favorite après le babillage : manger.

Faisant semblant d'être intéressé par un magasine qui trainait sur la table basse, je regarde du coin de l'œil, Naruto passer et repasser dans le couloir. A grand renfort de moulinet de bras je l'entends parler de certificat médical et de sport. Il a l'air paniqué par le fait qu'il l'ai oublié. Étonnant, s'il y a une matière où cet imbécile excelle, c'est bien le sport, tandis que les matières générales sont à la limite du risible. Pourquoi voudrait-il obtenir un certificat médical dans ce cas ?

La lumière se fait dans mon esprit en me souvenant de ses évanouissements intempestifs. La première fois, pendant le cours d'Anko-sensei et la seconde alors que je lui rappelais que la prochaine session de sport porterait sur la natation. Aurait-il un quelconque problème avec la natation ? Je n'en serais pas étonné connaissant Naruto. Seulement… notre professeur de sport n'acceptera pas de certificat sans une bonne excuse. Elle n'hésitera pas à le balancer à l'eau, même s'il ne sait pas nager. J'espère pour lui que sa justification sera en béton armé.

Naruto soupire de soulagement en raccrochant et se poste devant le fax, attendant patiemment la réception de son certificat certainement. J'ai découvert facilement l'objet des turpitudes de mon blond, il est donc temps que je rejoigne ma chambre. Alors pourquoi mes pas ne me mènent-ils pas vers ma chambre mais dans le couloir, précisément là où se tient Naruto ? Mon corps ne m'obéit pas comme je le voudrais, et c'est inquiétant de savoir que la cause en est un blond à l'air ahuri. Que me fera-t-il faire ensuite ?

Naruto sursaute quand je m'approche dans son dos. Il sourit nerveusement en passant une main dans ses mèches blondes.

- Désolé d'être sorti de table si vite.

- Tu as pu régler ton problème ?

- Oui. Heureusement que je me suis souvenu à temps que j'avais besoin d'un certificat pour le sport.

- Tu sembles pourtant en bonne santé.

- Ben… vaut juste mieux pas que je m'approche d'une… piscine.

Soudainement, il blanchit à vue d'œil. Pensant qu'il faisait un malaise, je l'ai saisi par les bras pour le maintenir sur ses deux jambes. Mais très vite des couleurs revinrent sur son visage et il tenta de s'extirper de ma poigne.

- C'est rien. Je crois que je devrais aller terminer mon repas. Je me sens un peu faible.

Il doit voir que je ne suis pas convaincu par son explication car son regard se fait fuyant et ses pommettes acquièrent une couleur vermeille. Je renforce ma prise sur ses bras et il tressaillit. Mais il ne se retourne pas pour autant dans ma direction.

- Naruto.

Il est bien obligé d'obliquer son regard vers moi maintenant que je l'ai appelé. Il rougit d'autant plus que mes yeux lancent un avertissement silencieux. Je n'aime pas que l'on me mente, et c'est exactement ce que vient de faire Naruto. Pas besoin d'être fin stratège pour le remarquer. Son regard fuyant parle pour lui.

- Ne mens pas. Tu as un problème avec la natation, n'est-ce pas.

Ses yeux s'agrandissent avant de se voiler puis son corps se déporte vers l'arrière. Le rattrapant à la volé, je le réceptionne contre mon torse. Il est inconscient. Peut-être n'aurais-je pas du mentionner la natation, mais je m'attendais pas vraiment à ce qu'il me tombe si facilement dans les bras et évanoui. Se pourrait-il qu'il ait une maladie quelconque, ou plutôt un traumatisme ? Je m'y connais en traumatisme et je sais que c'est extrêmement difficile de s'en sortir. Je le vit chaque nuit.

Portant un regard sur le visage de Naruto, je fais basculer son poids sur un de mes bras pour me permettre de l'autre d'accrocher ses jambes. Un bras sur les épaule, l'autre dans le creux de ses genoux, je le transporte jusqu'à sa chambre.

A table, Temari me regarde bouche bée, les baguettes à mi chemin de sa bouche. Kankuro, lui, à un petit sourire en coin. Je n'en suis pas étonné, lui le premier avait deviné mon intérêt prononcé pour le blond.

Avec un regard d'avertissement envers ces deux-là, j'entre dans la chambre voisine de la mienne et dépose mon fardeau sur le lit aux draps défaits. Tout comme sa personnalité, la chambre de l'alité est désordonnée, rien n'est rangé. C'est un capharnaüm sans nom.

J'hésite sur la marche à suivre. Je serais bien tenté de le laisser seul, il n'a pas besoin de moi s'il dort. D'un autre côté, ce n'est que rarement que j'ai l'occasion de l'observer quand il est si clame. Il a même quelque chose de mignon quand il dort, il ressemble à un petit garçon. Avant que je ne le décide par moi-même, je me rends compte que je suis assis sur le bord du lit, admirant la finesse des traits de son visage. Endormi de la sorte, il ne porte aucun masque, il est juste Naruto sans aucun artifice.

Sa tête se tourne dans ma direction et ses lèvres s'entrouvrent pour laisser passer son souffle qui caresse ma main dans une douce brise légère. Il en faut peu pour m'exciter de manière générale, et un Naruto endormi qui exhale sur moi son souffle tiède en fait parti. Mon entrejambe s'est raidie d'un seul coup et si je ne me maitrise pas, je vais lui sauter dessus. Endormi ou non.

Depuis combien de temps n'ai-je pas eu un homme dans mon lit ? Des mois. A vrai dire, depuis que cette catastrophe ambulante aux épis dorés est entrée dans ma vie. Avant que je ne m'intéresse à lui, il n'était pas rare que deux à trois fois par semaine je me trouve un garçon pour tirer un coup. Ce n'est pas anormal, loin de là même. J'ai une activité sexuelle pour le moins débridée, comme le dirait Kankuro. Aujourd'hui, il serait plus juste de dire que j'avais une sexualité débridée car force est de constater que ces derniers mois, je ne me suis pas servi de quelqu'un pour me soulager.

- Tu as vraiment un étrange effet sur moi, Naruto Uzumaki.

Ma main triture la chevelure blonde, alors qu'une esquisse de sourire fleurit sur mes lèvres en réponse à celui qui ourle les traits de l'inconscient. D'un doigt, je redessine le contour de ses lèvres pleines. Je n'avais pas encore remarqué qu'elles étaient si parfaites. Assez charnues pour j'en apprécie le touché mais quand même fines et pleines. En me penchant sur son visage, je remarque qu'il à un grain de beauté au dessus du sourcil gauche. Il si minuscule qu'il est impossible à voir de loin.

Alors que je m'applique à remarquer les petites choses que je ne connaissais pas encore sur Naruto, je me retrouve plongé dans une mer limpide. Sans aucune gêne, je fixe mon regard dans cette étendu cristalline ce qui a pour effet de faire naitre de subtiles marques rouges sur les pommettes du blond.

- Euh Gaara… si tu pouvais arrêter de mes fixer comme ça. C'est gênant…

Mais il m'est impossible de détourner le regard. Je suis absorbé par ses deux perles azurées. Je veux son corps de manière encore plus prononcée de d'ordinaire. Le simple fait de le voir allongé dans ce lit est une délicieuse torture pour moi.

- Je vais t'embrasser…

C'était un murmure que je ne suis même pas sûr d'avoir concrètement prononcé. Mais je fondais directement sur les lèvres entrouvertes de Naruto. Celui-ci fut surpris mais il me laissa faire, participant progressivement au baiser. Je l'embrassais doucement, tendrement. Jamais encore je n'avais échangé un tel baiser. J'étais pris dans un élan d'affection qui ne me ressemblait pas, mais j'étais bien, et je voulais que Naruto se sente bien lui aussi.

Alors que je me positionnais plus confortablement à ses côtés sur le matelas, je pus sentir que oui je lui faisais du bien. Son sexe était dur contre ma cuisse. Il était tellement excité par un simple baiser que je demandais comment son corps avait pu rester vierge aussi longtemps. Il réagissait à la moindre stimulation. Sensuellement ma langue joua avec celle de Naruto, s'enroulant lentement autour de la sienne, la caressant lentement, se frottant de plus en plus longuement contre elle. J'eu toutes les peines du monde à quitter cet antre accueillant. Mon regard s'ancra dans celui du blond à la recherche d'un désaccord. Mais il n'y avait rien. Rien, à part un désir similaire au mien.

Je ne demandais rien de plus pour continuer.

Surplombant mon blondinet, je fis courir ma main sur son torse, flattant les contours fermes de son corps. Je repris mes baisers en commençant par le cou. A chaque nouveau baiser papillon que je faisais couler sur sa peau je sentait un tremblement parcourir l'épiderme tanné. Il était étonnamment réceptif aujourd'hui. Ce qui était parfait pour ce que je voulais faire.

Allongé sur le corps alangui sous moi, je fis promener ma langue sur les omoplates que j'avais révélées préalablement en ouvrant les premiers boutons de sa chemise. Pendant que mes lèvres et ma langue traçaient des sillons sur sa peau, mes mains s'occupaient de défaire un à un chaque bouton pour finalement ouvrir pleinement la chemise d'uniforme de la tenue de Naruto. Ce dernier n'était plus que soupirs et gémissements.

Je prenais l'un de ses téton en bouche et je le sentit sursauter. Il retenait son souffle pendant que je léchais la protubérance rosée. Sa respiration était hachée et irrégulière. De mes doigts je réservais le même traitement au téton jumeau. Lentement, au fur et à mesure de ma progression, j'en étais arrivé au nombril dans lequel je fis passer ma langue. C'est à ce moment que je sentis un sursaut plus fort que les autres et le blond se cabra dans un hoquet de surprise.

Je me relevais donc vers son visage rubicond. Comme je le pensais ses traits étaient crispés et il attendait les yeux fermés, la suite des événements. D'une caresse légère sur la joue, je le fis ouvrir les yeux. Il fallait que j'arrive à le détendre, sinon jamais nous ne dépasserions les prémices des préliminaires.

Doucement, de manière à ce qu'il me voie approcher, j'embrassais ses joues, son front, son menton, ses paupières, puis ses lèvres. De mes mains j'appliquais des mouvements circulaires sur son torse destinées à le décontracter. Ce qui porta ses fruits quand la respiration de Naruto redevint régulière et que celui-ci commença pudiquement à me rendre mes caresses à travers le tissu de mon haut.

Je me surélevais sur mes avant bras pour capter le regard céruléen un peu embué, qui pour le moment n'exprimaient rien de particulier, à part une simple attente de la suite des événements. Toute peur avait disparue.

- Me laisseras-tu faire Naruto ?

/… /


Et voilà pour ce chapitre !

Je vous dis donc à la prochaine !