Chapitre XXI
Retour aux sources
Danser en temps de guerre, c'est comme cracher à la gueule du diable.
HAFID AGGOUNE
Le soleil était à son zénith lorsque le galop fracassant de deux chevaux résonna dans Silmarien. Le regard des curieux se dirigea vers la porte du désert où un cheval doré (celui de Saïnee) et un destrier noir inconnu apparurent. On murmura sur le passage du cavalier dissimulé sous une épaisse cape de voyage qui précédait la reine. On ne pouvait voir son visage, et d'ailleurs, s'il n'avait pas été aussi imposant, on n'aurait su dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Colin, que l'on avait attaché aux travaux d'écurie depuis le matin même, sortit au dehors de la grande stabulation qui était attenante au palais pour se saisir d'un des deux chevaux en compagnie d'une palefrenière. En passant près de l'homme sous cape, il put remarquer l'étrange collier que celui-ci portait autour du cou : une lourde chaîne en or sertie d'un joyau bicolore fendu. Il refoula une grimace de dégoût en sentant l'odeur de charogne pourrie que dégageait le cheval noir, et trembla d'effroi en passant aux côtés de l'inconnu, ressentant une curieuse sensation de froid suivit d'une brûlure intense au creux de son âme. Se saisissant des rênes de Khan qu'il retrouva avec un plaisir dissimulé, il tenta de croiser le regard de Saïnee qui l'évita et se faufila rapidement à l'intérieur du palais, talonnée par le cavalier.
« Quel homme étrange, souffla la palefrenière à Colin. Et puis ce cheval, il est terrifiant... Quelle odeur ! Et mate moi cette blessure sur son flanc, comment peut-il vivre avec ça ? Mais qu'a bien pu nous rapporter la reine encore... »
Colin avala sa salive nerveusement. Il avait commencé à perdre espoir, et l'arrivée de cet inconnu était loin de lui redonner du baume au cœur.
Everlee s'étira avec délice sous les couvertures. Il était encore tôt, mais les doux rayons du soleil filtrant à travers les carreaux de la maison de Link venaient déjà lui chatouiller les paupières. Elle ouvrit les yeux et s'assit pour s'étirer de nouveau. Jetant un rapide regard en bas de la mezzanine sur laquelle elle avait passé la nuit, elle constata que Link avait déjà quitté les lieux, mais elle ne s'en étonna guère. La jeune fille se leva, s'habilla rapidement et quitta la maison. Le petit village de Toal s'animait déjà : on entretenait les jardins remplis de potirons prêts à être récoltés, on conduisait les cochons et les chèvres à l'abreuvoir, on commençait à cuire le pain dans le four près du moulin en vue du festin de ce soir... En effet, le retour de Link et Everlee à Toal était une nouvelle occasion pour les villageois de festoyer. Il faut dire que les Toaliens vivaient dans l'opulence. Produisant largement leurs propres ressources et même plus, ils trouvaient très facilement un prétexte pour déboucher un bon baril de vin de cerise, sortir quelques fromages de chèvre de leurs caves, et saigner un ou deux cochons pour les rôtir à la broche sous le ciel étoilé, tout ceci en chantant et dansant au rythme des mandolines. La vie dans la région de Latouane était belle et tranquille, et étant la région la plus reculée du royaume, ce qui se tramait dans la plaine d'Hyrule et dans la cour du palais royal n'importait guère aux habitants. Link et Everlee, étaient arrivés la veille à la tombée de la nuit. Il fallut à Link bon nombre d'arguments pour dissuader Bohdan de commander un banquet sur le champ. Aussi ne purent-ils échapper à une fête donnée en leur honneur le lendemain, et c'était en cette occasion que les villageois s'affairaient ce matin plus qu'à l'accoutumée, et ils en étaient ravis. Ils saluaient joyeusement la jeune fille qui traversait le village en trottinant, sa fée virevoltant à ses côtés impunément (on ne s'offusquait point des choses magiques à Toal). Everlee serra la noix Mojo au fond de sa poche : elle était toujours là, ronde comme une bille et dure comme la roche. La princesse était impatiente de se rendre dans la forêt, mais il fallait se l'avouer, un peu de repos ici lui ferait le plus grand bien, et à Link également. I peine quelques jours, Epona tombait au combat. Même si le Héros n'en montrait rien, la perte de sa jument l'avait ébranlé. Et puis il y avait cette blessure à l'épaule... Pas grand-chose, mais tout de même...
La jeune fille allait en direction de la bergerie. Link devait s'y trouver, en compagnie d'Artémis et Auréa, la nouvelle monture du guerrier. C'était une jolie petite jument grise, avec juste une pelote blanche en tête, et un ladre rose sur le bout du nez. La reine Zelda avait proposé à Link de choisir un cheval parmi sa noble cavalerie. Link n'en avait que faire, n'importe lequel ferait l'affaire, car aucun ne remplacerait Epona, il en était certain. C'était donc Everlee qui avait choisi. Parmi les beaux destriers, il y avait un bel étalon noir, qu'elle jugea trop arrogant. Une musculeuse et fière jument palomino, qu'elle trouva fort jolie mais un peu têtue. Un hongre bai cerise, un peu trop placide, et bien d'autres encore. Cela amusa Link d'écouter la jeune fille dialoguer avec les chevaux et lui faire des commentaires du genre : « celui-là il ne te plaira pas, il a l'air bien trop froid » ou encore « celle-ci a mauvais caractère, tu serais plus souvent par terre que sur son dos ! ». Au bout d'un moment, elle porta son choix sur Auréa. Sans la regarder très longtemps, elle décréta : « c'est celle-ci qu'il te faut ! ». Elle n'était guère plus grande qu'Epona, mais plus fine, à la manière d'Artémis, avec une jolie tête au chanfrein concave, des crins doux et fins tombant sur une encolure bien orientée, de longues jambes aux sabots durs et noirs, et des aplombs solides. D'après le palefrenier, elle était de ces dernières juments à posséder le sang des chevaux du désert. Nerveuse et robuste, c'était une jument de guerrier. Après avoir sellé leurs deux montures, Link et Everlee s'étaient mis en route, et Link avoua peu de temps après qu'Auréa était une jument fort agréable à monter. Ils avaient fait étape à Amphipolis le soir même, puis à Cocorico le lendemain où ils avaient rencontré Fénir et Shindel sans s'y attendre, et enfin étaient-ils arrivés à Toal.
Lorsque Everlee arriva devant l'enclos de la bergerie, elle sourit en voyant le Héros s'adonner à s'exercer sur Auréa. Il avait négligé de porter sa tunique verte et son encombrante cotte de maille, revêtant simplement un pantalon de toile et une chemise légère. Fahd lui tenait compagnie. Le jeune berger montait les obstacles de fortune qui traînaient dans l'enclos des chèvres, et Link et Auréa passaient par-dessus sans difficulté aucune. Artémis qui avait repéré l'arrivée de sa cavalière, poussa un petit hennissement et vint saluer la nouvelle venue au petit trot.
« Bonjour ma jolie », lui dit Everlee en lui caressant son nez de velours palpitant.
Fahd, qui venait également de remarquer Everlee, la salua en bégayant et manqua de renverser l'obstacle qu'il était en train de monter. Aussitôt, Izilbeth vint fanfaronner près de l'oreille de son amie :
« Il n'est pas un peu stupide celui-là ? murmura-t-elle.
- Izilbeth, tu es incorrigible… » rétorqua Everlee.
Lorsque la séance fut terminée, Link mit pied à terre et dessella sa monture. Auréa sans demander son reste, se roula dans l'herbe fraîche du petit matin, ce qui ne manqua pas de tenter Artémis qui en fit de même un peu plus loin. Aussitôt debout sur leurs quatre jambes, les deux juments partirent en cabrioles, galopant joyeusement en liberté.
« Elles s'en donnent à cœur joie on dirait », fit remarquer Fahd en s'approchant de la barrière ou Everlee s'appuyait en observant la scène.
La jeune fille acquiesça en souriant.
« Link m'a raconté pour Epona… » dit le berger en jetant un œil du côté du jeune homme qui rentrait dans la bergerie pour y déposer l'équipement d'Auréa.
Everlee baissa les yeux et ne dit mot.
« Tu sais, Epona commençait à prendre de l'âge, continua Fahd, elle était à ses côtés depuis des années. C'est avec elle qu'il a sauvé Hyrule, il y a déjà sept ans. Il doit être chamboulé de l'avoir perdu…
- Il l'est, mais il n'en dit rien », affirma la blonde à mi-voix.
Fahd soupira. Lui aussi avait été attristé par la nouvelle. Mais les mots ne pouvant soulager la peine, il changea de sujet.
« Auréa est une très jolie monture. Link m'a dit que tu lui avais choisie toi-même. J'aurai pu le jurer, elle me fait penser à Artémis, la couleur en moins bien sûr… »
Everlee opina du chef. Elle jeta un œil vers les deux juments qui galopaient toujours à en perdre haleine à travers l'enclos, taquinant les chèvres qui couraient en tous sens en bêlant à qui mieux mieux. Fahd s'étira, puis après un moment de silence, il reprit la parole.
« Je te laisse, car j'ai du travail à faire ce matin. Mais j'espère que ce soir à la fête tu me raconteras tes aventures de ces dernières semaines. En tout cas, je suis vraiment content que tu sois revenue Everlee…
- Bien sûr Fahd, moi aussi je suis heureuse de vous revoir tous… Après tout, si je suis ici, c'est grâce à vous. À ce soir alors. »
Elle sourit, alors que le jeune berger d'un air pataud fit demi-tour en souriant timidement. Everlee soupira. Depuis ces dernières semaines, tant de choses étaient arrivées, si bien qu'elle n'était pas sûre en cet instant qu'une soirée lui suffirait à tout raconter…
Tous furent occupés au cours de cette journée ensoleillée. Les jours commençaient à raccourcir car la saison estivale avançait pour bientôt s'achever, aussi lorsque les Toaliens s'assemblèrent au centre du village autour d'un immense feu où l'on avait mis à cuire la viande, la lune était déjà haute dans le ciel et les étoiles étincelaient. On mangea à profusion, se régalant de viande rôtie, de pain frais, de légumes croquants et de fromages de chèvre ronds et succulents. La bière mousseuse remplissait les cruches d'argile, et le vin de pays coulait à flot dans les gosiers. Qu'il soit de cerise ou de rhubarbe, sa senteur sucrée envahissait l'atmosphère et enivrait même ceux qui se contentaient de boire du lait de chèvre. Bohdan, le chef du village, bedonnant et joufflu, amusait ses villageois en racontant toute sorte de blagues saugrenues. Lorsque les panses de tous furent remplies, on porta des corbeilles de fruits pleines à craquer à table, et chacun se servit allègrement alors que les musiciens entamèrent une première mélodie. Moï et sa femme Ute, les parents de Colin, furent les premiers à danser. Link, assis à l'écart, observait la scène. Le couple tournoyait au milieu de la piste de danse en terre battue, le visage impassible. Plus tôt dans la journée, le Héros avait annoncé la disparition de Colin à ses parents. Si Ute s'était effondrée, Moï avait foi en son fils et avait souri simplement. Pour lui, Colin était vivant, quelque part. Et même si Link était à présent sceptique sur la question, Everlee gardait espoir, tout comme le père du garçon. En cet instant, la jeune princesse kokiri tenait Saphir sur ses genoux, la petite sœur de Colin, que l'on n'avait pas tenue au courant des événements. Elle l'amusait en la taquinant et lui racontant des histoires. Lorsque la petite fut trop fatiguée, sa mère la prit dans ses bras et la conduisit au lit, et Moï accompagna sa femme qui semblait sur le point de fondre en larmes à nouveau.
Lorsqu'il fut un peu trop enivré pour tenir correctement debout, Fahd vint s'asseoir auprès de Link. Les joues rosées, il soupira, puis en jetant un œil sur l'assemblée qui s'amusait plus loin, il prit la parole :
« C'est amusant, je n'aurai pas pensé qu'elle puisse autant me manquer... »
Il sourit en regardant la blonde Everlee se laisser aller à rire aux éclats alors que Bohdan amusait toujours l'assemblée avec ses blagues farfelues. La princesse tourna les yeux vers les deux hommes assis à l'écart en contre-haut, puis détourna le regard rapidement, ce qui fit sourire le Héros à son tour.
« On dirait bien qu'elle est sous ton charme Link... » fit remarquer le berger.
Il ne dit mot.
« Elle est tellement attachante, repris Fahd. C'est stupide mais... je me damnerai sans scrupule, juste pour qu'elle me lance une œillade en coin, comme elle le fait avec toi. »
Link rit à son tour.
« Ça n'a rien de stupide Fahd. C'est l'amour...
- Non !... s'offusqua-t-il. C'est juste que... Quoique, tu as peut être raison... »
Il se frotta la tête avec un air bêta, les joues s'empourprant de plus belle.
« L'amour est une chose étrange… Il y en a qui quittent patrie, famille et amis pour ça tu sais », continua le blond d'un air mélancolique.
Fahd hésita un instant avant de répondre.
« Tu veux dire qu'il y a sept ans... si tu es parti...? »
Le Héros ne dit mot, et le berger par respect n'osa en demander plus. Ils gardèrent le silence un moment, observant les villageois et Everlee qui riait à en perdre haleine sous le ciel étoilé de Toal. Au bout d'un moment, Fahd reprit la parole :
« Et... Everlee? osa-t-il demander.
- Quoi?
- Est ce que... tu l'aime toi aussi ? »
Le Héros rit, puis baissa les yeux.
« Je me suis protégé contre ce genre de chose, répondit-il. J'ai enfermé mes sentiments à double-tour il y a longtemps, et j'ai enfoui la clé quelque part, je ne sais plus où...
- Pourquoi...? »
Link hésita avant de répondre. Jamais il n'avait raconté cette partie de l'histoire. De son épopée légendaire, seules quelques bribes avaient été dévoilées. Et même si certains éprouvaient quelques soupçons et émettaient quelques hypothèses, de sa métamorphose animale à ses sentiments pour la Princesse du Crépuscule, personne n'en su jamais rien. Seule Everlee avait eu le privilège d'en entendre quelques mots deux jours plus tôt. Mais ce soir-là, Link se sentait plus fatigué et fragile que jamais. Il se souvint que Fahd était son ami de longue date, et que parfois, avouer ses peines à ses proches peut être d'un grand secours lorsqu'on se sent perdu.
« Parce qu'il y a eu une personne que j'aurai voulu ne jamais oublier… finit-il par avouer.
- Ho… Que s'est-il passé ? demanda Fahd avec douceur.
- Je n'ai pas su la retenir. Je n'ai pas pu... Alors je l'ai recherchée, mais en vain. J'ai fini par comprendre que je l'avais perdue à tout jamais, alors j'ai voulu la garder dans mon cœur pour toujours, et je me suis interdit d'en aimer à jamais une autre.
- Mais cette fille, elle n'est plus là n'est-ce pas ? S'il n'y a plus aucun espoir pour que tu la rencontre à nouveau, pourquoi t'infliger ça ? N'aurait-elle pas souhaité que tu puisses être heureux ?
- Parce que je ne veux plus souffrir ainsi. Et je ne veux infliger cette souffrance à aucune autre. Le cœur de Midona s'est brisé en même temps que le miroir des Ombres ce jour-là…
- Je ne te suis pas vraiment... Tu parles de la Princesse du Crépuscule ? C'est elle ? »
Link acquiesça.
« C'est une longue histoire. Je m'en veux d'avoir fait souffrir celle que j'aimais. Je ne veux pas recommencer avec Everlee...
- Mais Link... Everlee t'aime, ça crève les yeux. Si tu ne fais rien, elle souffrira forcément et s'éloignera de toi… Tu finiras par la perdre elle aussi... »
Le blond ne dit mot et baissa les yeux. Il repensa à ce jour. Midona lui faisant ses adieux, brisant le miroir des Ombres, interdisant à tout jamais le passage vers le monde du Crépuscule où elle s'en alla à tout jamais. Si à cet instant il avait retenu sa main, juste une seconde, elle serait restée à ses côtés... Mais Midona était une princesse, elle était appelée à gouverner, à reconstruire le royaume bouleversé par Ganondorf et Xanto, son sbire démoniaque. Les siens avaient besoin d'elle. Et puis, c'était tellement mieux pour Hyrule et le reste du monde de briser ce miroir maléfique qui n'avait amené que la souffrance et la mort. Et pourtant pour lui, c'était comme si le monde s'était effondré. Impuissant, il avait laissé partir celle pour qui il aurait tout donné, le regrettant amèrement. Pendant des années, il avait cherché en vain un passage vers le monde du Crépuscule. Mais les Déesses, dans toute leur bienfaisance ou leur sadisme avaient bien fait les choses. Rien à part le miroir ne permettait l'accès au monde des Ombres, et celui-ci était perdu à jamais. Brisé, le Héros erra à travers le monde, multipliant les conquêtes féminines pour noyer sa souffrance. Après s'être forgé une carapace, il était revenu sur ses pas, gardant Midona dans un coin de sa mémoire, et fermant son cœur à tout jamais. Tout du moins c'était ce qu'il avait cru…
« Everlee... reprit Link. Elle est tellement innocente. Son cœur est pur comme le cristal... Si je me laissai aller à l'aimer, il pourrait voler en éclat à son tour, et je ne veux pas lui infliger ça… Qui sait si elle aussi lorsque tout ça sera terminé, ne va pas disparaître ? Je ne peux décemment pas dire à Everlee que je l'aime… Et pourtant, c'est comme si malgré moi, malgré mes efforts pour l'en empêcher, elle avait trouvé la clé… Qu'elle avait ouvert la porte, et laissé Midona s'en aller paisiblement… Et elle est là, occupant chacune de mes pensées, embellissant mes journées qui me paraissaient si fades jusqu'à présent… »
Il fronça les sourcils et soupira en baissant les yeux.
« Je suis un imbécile… C'est complètement stupide.
- Ce n'est pas stupide, répondit Fahd, bouleversé par les aveux de son ami. C'est l'amour... Tu l'as dit toi-même Link… »
Le Héros garda le silence et laissa aller son regard dans le vide, tourmenté. En bas, la fête continuait, on dansait et on chantait à tue-tête. Après quelques minutes de silence entre eux deux, Fahd donna une tape amicale sur l'épaule de son ami et le laissa seul à ses pensées. Link suivit du regard le berger descendre le petit sentier escarpé qu'il avait escaladé un peu plus tôt, et se rendre aux côtés d'Everlee qu'il invita à danser. Avec une pointe de jalousie, il les vit tous deux rire aux éclats au milieu des couples qui tournoyaient et des enfants qui se bousculaient plus qu'ils ne dansaient. Au bout d'un moment, le blond se décida à descendre à son tour. Alors que les musiciens entamaient un nouveau morceau, il passa sa main dans ses cheveux, la gorge serrée, et s'avança vers Everlee que Fahd tenait toujours dans ses bras. Avec un sourire, sans un mot, juste en tendant sa main, il l'invita à danser à son tour. Le jeune berger avec un sourire, déposa la main d'Everlee au creux de celle de Link, et non sans un regard qui en disait long, s'éloigna des deux jeunes gens en souriant. Sous le ciel étoilé de Latouane, Link entama sa première danse avec Everlee. La serrant doucement contre lui, une main posée délicatement au creux de ses reins, sentant son cœur battant contre le sien, il l'entraîna sur une douce mélodie, laissant délibérément son cœur valser au rythme de ses émotions pour la première fois depuis sept longues années.
