Bonjour à toutes,
Merci à Lily et Lyra pour vos corrections.
Bonne lecture.
Chapitre 18
2ème partie
- Range tes yeux Edward ! ris-je en chassant l'eau sur mon visage.
- J'assume totalement mon nouveau côté pervers, m'informa-t-il de son regard émeraude, se mariant à la perfection avec les tons gris ardoise de la pièce. Il va falloir que tu te fasses à l'idée.
Il était légèrement appuyé contre le meuble de la salle de bain, les bras repliés contre son torse, dos au miroir. Il me détaillait sans gêne et Dieu sait combien la gêne n'avait plus beaucoup de place entre nous. J'espérais juste être totalement stable sur mes jambes pour conserver ma posture de naïade plutôt qu'avoir l'air d'une invertébrée désaxée.
- J'ai l'impression que tu es en train de dessiner des cœurs sur mes seins.
Son regard m'incendiait et je ressentais une certaine vulnérabilité au fond de moi. Je désirais tant lui plaire que ça me faisait mal de penser une seule seconde qu'il pourrait se lasser de moi. Pire se passer de moi.
Je rinçai consciencieusement mes cheveux pleins de mousse. J'adorais humer son shampoing et l'avoir sur moi me donnait l'impression qu'il était tout contre moi. Tout au fond de moi. Je fermai les yeux, me rapprochant toujours plus de cette sensibilité nouvelle. À ce compte-là, nous étions deux pervers… et cette perversité m'enchantait.
- Effectivement, je dessine des cœurs sur tes magnifiques seins mais tes magnifiques fesses sont carrément jalouses. Tourne un peu pour moi Isabella.
Sa voix suave m'émoustillait et m'assiégeait même sous la douche, alors qu'il était à trois bons mètres de moi. Je n'avais pas le même pouvoir de séduction et il ne rendait pas les choses fair-play.
- As-tu abandonné ta sœur pour venir prendre un cours de dessin ? le questionnai-je, lui montrant mon dos sous le coup d'une totale dévotion.
- Elle est au téléphone et oui... je viens voir mon modèle. J'ai décidé de me passionner pour les arts plastiques en particulier depuis que toi et moi...
Il s'arrêta au milieu de sa phrase et étonnement j'étais heureuse qu'il ne précise pas depuis quand. Moi aussi j'avais désiré faire de lui mon danseur alors je voyais tout à fait ce qu'il voulait dire. Le moment et le lieu ne comptait pas, c'était juste lui. Nous. Cette nouvelle fusion.
Je pivotai mon visage pour lui sourire. Il y avait une indéniable noblesse dans son attitude et Edward, même s'il vivait simplement comme il me l'avait dit, inspirait une certaine présence. Je voulais qu'il ait le meilleur. Toujours.
- Le principe des arts plastiques est de regarder sans toucher, de prendre tout sans le moindre effleurement, dis-je en coupant l'arrivée d'eau du robinet thermostatique. Est-ce que tu t'en sens capable ?
Il secoua la tête négativement et son honnêteté me donna une confiance invincible.
- Et toi Isabella, est-ce que tu t'en sens capable ?
Il attrapa ma serviette posée sur le sèche-serviette et s'approcha pour m'envelopper à l'intérieur. Il se dégagea et se dévêtit face à moi. Mes yeux esquissèrent un énorme cœur sur ses pectoraux et je lui fis un sourire en coin.
- Je n'ai jamais été douée en arts plastiques, l'informai-je tout en lui ouvrant ma serviette. Mais je sais dessiner des cœurs.
Mon invitation lui plut et il avança d'un pas pour me câliner. Je pouvais sentir mon odeur sur lui. Bella et le sexe étaient une autre fabuleuse addition contre Charmant.
Nous revînmes au moment présent quelques minutes plus tard et il me gratifia d'un baiser sensuel avant d'entrer dans la douche à son tour. Finalement, je possédais ce minuscule pouvoir de séduction. Le mordillement de ses lèvres et l'envie dans ses yeux et... plus bas, l'attestaient.
L'eau ruisselait sur son corps et mes yeux ne savaient vraiment pas où se concentrer, même si le V d'Edward leur criait de glisser plus bas. Ils communiquaient presque entre eux. Perverse.
Je sortis de la pièce pour ne pas repartir dans la spirale Cullen-All-Inclusive et aperçus la robe que je portais hier soir, posée soigneusement sur le lit. Je farfouillai dans mon sac par terre à la recherche de ma jupe grise légère et de son haut coordonné à fines bretelles. Cette tenue me semblait de circonstance pour ma première rencontre avec Bree.
Quelques minutes plus tard, Edward et son V de l'enfer se pavanèrent devant moi alors que je pliais ma robe. Il s'habilla rapidement d'un bermuda beige un peu large lui arrivant aux genoux et d'un tee-shirt blanc avec un grand logo central des Yankees. L'image que nous renvoyions de notre couple était jeune, décontractée et croqueurs de vie. Je nous voyais bien sortir de la résidence, prendre la direction de la plage et passer un après-midi au bord de l'eau à chahuter et s'embrasser. Cependant les rêves contrastaient avec les vies professionnelles à cent à l'heure que nous vivions. Au mieux, on avait Central Park juste à côté.
- Ça va bébé ?
Il caressa ma joue en débarrassant mes cheveux humides de mon visage. Ce surnom envoyait des décharges dans mon corps. C'est curieux comme une fille amoureuse peut changer en quelques jours. J'avais toujours trouvé ridicule ce genre de petit nom. « Bébé ». Rien n'y faisait, je trouvais ça limite grotesque. Mais la bouche d'Edward avait ce don particulier de me faire faire un reset au niveau de mes fonctions vitales. Son « bébé » glissait facilement dans les entrailles et m'attaquait cellule après cellule en me désignant moi, Bella Swan, comme étant la fille qui lui appartenait.
- Ça va, convins-je. Rencontrer ta sœur est... J'ai un peu la pression.
- Si je te dis que ça me fait un peu bizarre aussi, tu me crois ?
Il embrassa mon front comme s'il pouvait m'apaiser avec quelques décharges supplémentaires.
- Tu es pourtant l'instigateur de ce rendez-vous, blaguai-je.
- Je sais, s'esclaffa-t-il tout bas. Bree ne m'a jamais vu avec personne alors j'ai juste envie de... tu vois... c'est toi, haussa-t-il les épaules. Je tiens à officialiser notre relation.
Bon sang. Je devenais officiellement la petite-amie d'Edward Cullen. J'avais un peu de mal à réaliser en pensant à ça. La barre était haute. J'étais Bella-la-Chance-Officiellement-la-Petite-Amie et j'avais le droit de parader à côté de lui. Grand Dieu, j'étais presqu'à genoux.
- Ok. Je suis juste tétanisée là. Tu penses que tu pourrais me porter jusqu'à elle ?
Il s'assit sur le lit et me mena devant lui, ses mains fermes sur mes reins.
- Ma sœur va t'apprécier Isabella.
J'expirai doucement et jouai avec les cheveux de sa nuque. Je balançai ma tête de haut en bas et mordis ma lèvre tellement j'étais nerveuse.
- Sois juste toi, me sourit-il, cassant le mouvement de balancier en secouant mes hanches.
J'opinai et me penchai pour l'embrasser. Il étira ses lèvres puis noya sa tête sur mon ventre. Edward avait des attitudes mignonnes avec moi, bien loin de l'Onyx.
- Edward, elle doit avoir raccroché. Il faut que je termine de me préparer. Je serai prête dans une minute top chrono.
Il écarta ses mains et les étala sur le lit pour me permettre de filer en trombe dans la salle de bain.
Bree Cullen était assise sur un des canapés du salon et pianotait sur son téléphone high-tech lorsque nous sortîmes du couloir ou plutôt, lorsqu'Edward tira sur ma main pour me faire sortir de ma cachette. Non pas que je ne voulais pas y aller, j'étais juste morte de trouille de ne pas être digne de son frère à ses yeux.
Elle se leva et je perçus en elle la même nature attractive que j'aimais en Edward. Elle était tout simplement superbe. Elle était vêtue d'une combinaison en viscose fluide à bretelles, la partie haute était bleue unie et foncée et le pantalon était à motifs bleu et blanc. Ses chaussures plates en tissu de couleur camel faisaient d'elle un mannequin à la taille haute et ses cheveux d'un roux flamboyant lui donnaient une prestance tout simplement lumineuse. Elle ressemblait à un soleil. On se retournait sans conteste sur Bree Cullen comme on se retournait sans cesse sur Edward Cullen.
- Bonjour Isabella, me salua-t-elle en s'approchant plus timidement que je ne l'aurais cru.
- Bonjour Bree, lui souris-je. Tu peux m'appeler Bella.
Elle se baissa légèrement pour être à ma hauteur et me saluer. Elle passa ses cheveux derrière son oreille gauche d'une façon si douce que je me demandais si son visage de porcelaine pouvait se casser. Ses grands yeux verts amplifiaient l'effet.
- Salut Bella alors, me dit-elle amusée.
Elle était aussi nerveuse que moi et cela me rendit encore plus mal à l'aise.
- Bree tu veux boire quelque chose ? Un jus d'orange ? lui proposa son frère.
- Oui, merci Edward.
- Isabella ?
- Je veux bien, merci.
- Assieds-toi, me proposa-t-il d'un baiser sur la tempe. Je t'apporte quelque chose à manger.
Bree avait cet air de fierté en le regardant se diriger vers la cuisine et je pouvais ressentir ce qu'elle voyait en lui. Elle s'enfonça un peu plus dans le sofa en face de moi, la mine stupéfaite. Elle me regarda comme si j'étais une actrice prête à lui signer une centaine d'autographes, simplement parce que c'était mon job et que j'étais bonne là-dedans. Mon travail était de le rendre heureux certes mais je ne jouais pas la comédie.
- Je suis désolée, rit-elle doucement. Voir Ed avec quelqu'un est un peu comme si tu venais d'une autre planète, me murmura-t-elle, s'avançant un peu pour me parler discrètement afin qu'Edward ne l'entende pas.
- Ton frère vient un peu d'une autre planète pour moi, commentai-je d'une humeur joyeuse.
- C'est juste invraisemblable mais...
Elle s'arrêta de parler et semblait réfléchir à ce qu'elle allait dire.
- Bienvenue dans la famille Cullen Bella, haussa-t-elle les épaules. Je suis ravie de faire ta connaissance.
Ce fut avec cette phrase que Bree Cullen entra dans mon cœur, ça et le sourire mille méga watts qu'elle avait piqué à mon petit-ami.
Les minutes passèrent rapidement et Bree me raconta quelques petites anecdotes sur eux deux qui me firent fondre, son métier passionnant qui la faisait vivre et le fait qu'elle avait pris le nom de jeune fille de leur mère « Platt » pour ne pas être jugée selon son nom mais plutôt pour la valeur de son art. Leur père semblait plus ou moins absent de ses récits et je me demandais alors si je n'avais pas plus de points en commun avec Edward concernant l'aspect fantomatique d'un de nos parents.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous alors ? nous demanda Bree alors qu'elle venait de reposer son verre de jus vide sur la table basse du salon. Tu as parlé d'un portrait, Edward.
- Oui, on a besoin d'identifier une personne qu'Isabella a rencontrée à deux reprises, la première fois près de San José et la seconde fois ici, à New York.
- Rencontrée ou bien...
- Elle ne m'a pas abordée. Nous pensons qu'elle me filait, intervins-je.
Les yeux de Bree s'alarmèrent et le coup d'œil qu'elle envoya à son frère m'inquiéta. Qu'est-ce qu'il se passait ? Elle avait visiblement là aussi une anecdote à me raconter mais pour une raison inconnue, elle resta muette.
Elle saisit son sac et en sortit un cahier de feuilles blanches. Elle commença à crayonner en fonction de mes indications : femme, la quarantaine, visage carré, traits durs, sourcils marqués et noirs, cheveux bruns taillés à la garçonne, pas de boucle d'oreille ni de maquillage… Je ne pouvais pas évaluer ni le poids ni la taille mais elle m'avait semblé musclée. Bree gomma une dizaine de fois telle ou telle partie du visage en suivant mes instructions mais au final, le portrait était assez ressemblant. Ma mémoire validait les traits.
- Je ne me rappelle absolument pas avoir vu cette tarée dans la salle d'embarquement ! râla Edward en regardant de près le croquis.
La « tarée », comme il l'avait surnommée, était devenue officiellement la femme à abattre. Il paraissait complètement désolé de ne pas avoir porté plus attention à ce qui s'était passé à San José. Je me retins de justesse de lui rappeler qu'il était en train de négocier pour que je rencontre sa mère dans dix jours environ. Ça aurait été un tantinet déplacé devant sa sœur.
J'étudiai discrètement le comportement de Bree depuis qu'elle s'était mise à dessiner et elle avait tous les tics de la nervosité. Elle remettait sans arrêt ses cheveux derrière ses oreilles, croisait ses jambes tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre. Elle avait fait quelques copeaux isolés de sa gomme. Sans parler du fait qu'elle tapait le bout de son crayon sur le papier si bien qu'elle le piquait de traces noires. Elle était d'une concentration extrême mais elle s'était également rangée dans un mutisme tout au long de mes descriptions, validant simplement d'un signe de tête. Je pouvais voir que son attitude avait pris un virage à trois cent soixante degrés depuis le début de notre rencontre.
- Est-ce que vous allez aller voir la police pour faire un signalement ? nous interrogea Bree en prenant finalement la parole après un long laps de temps.
J'entendis Edward souffler doucement près de moi et il mit un temps fou à lui répondre. Chaque terme aurait son impact, sinon pourquoi se donnerait-il autant de mal ? Il était beaucoup plus impulsif avec moi qu'avec Bree a priori.
- On va essayer de se débrouiller autrement, convint-il patiemment. On verra bien ce que ça donne.
Bree releva la tête du dessin sur lequel elle peaufinait un léger jeu d'ombres.
- Edward, tu sais que tu dois être prudent, encore plus maintenant.
Bree me jeta un coup d'œil et je compris que j'étais hors-jeu. Je me tus, mettant en pratique le mouvement de langue dans ma bouche pour éviter d'être trop bavarde devant elle alors que je brûlais de la questionner sur son « être prudent, encore plus maintenant ».
- Bree, nous prenons toutes les précautions possibles. Isabella ne sort plus seule. Je fais très attention, ne t'inquiète pas. Nous vivons ensemble et ça limite aussi les risques.
Elle nous considéra, surprise. Edward passa sa main sur son front puis dans ses cheveux, prenant cette manie nerveuse quand il n'avait pas sa cravate à desserrer.
- Vous vivez ensemble ?
- Depuis peu, dis-je avec une certaine assurance.
J'étais devenue une bête de confiance au contact d'Edward. Il hocha la tête et sourit un peu timidement à sa sœur et c'était juste adorable. C'était réel. Désormais officiel.
- Félicitations petit frère, dit Bree pour le taquiner.
- Arrête Bree, riposta-il en levant les yeux au ciel, maladroitement gêné.
- J'espère que tu as un moral d'acier avec lui ! me lança-t-elle beaucoup plus détendue avec moi.
Elle me fit un clin d'œil et je ris de son attitude. Je l'adorais vraiment.
- Ceci dit, reprit-elle en s'adressant directement à son frère, tu as si bien fait attention que tu n'as même pas remarqué que cette femme la suivait.
Elle désignait son esquisse pour appuyer ses paroles. Edward se tint plus droit sur le canapé et je le devinai se crisper à mes côtés.
- Je vais être vigilant Bree.
- Tu sais qu'il faut que tu lui en parles Edward. Tu dois lui dire. Il pourrait peut-être...
- Je ne peux pas, haussa-t-il le ton, tentant visiblement d'arrêter sa sœur dans ses spéculations.
- Mais pourquoi Edward ? insista-t-elle. Je suis bien concernée pour savoir que ce n'est pas agréable de devoir informer de ses faits et gestes mais la situation commence à se compliquer là. Tu ne peux pas tout maîtriser.
- Bree ça suffit !
Je sursautai. Je me tournai vers Edward qui fulminait. Je jetai un regard à Bree et elle était aussi énervée que lui.
Je me remémorai alors le soir où Edward m'avait désignée implicitement comme une « possible détestable garce » par rapport à mon attitude envers Alec. Il avait été hors de lui et j'avoue que sa mauvaise foi m'avait terriblement blessée. Mais sa colère de cet après-midi n'avait rien à voir. Il semblait aussi déterminé à faire taire sa sœur que Bree à lui tenir tête. Vouloir trouver par lui-même une solution semblait plus important que faire appel à quelqu'un d'autre. Parlaient-ils de leur père ? Leurs réactions m'apparaissaient disproportionnées. J'étais inquiète au sujet de la tarée mais je n'avais pas besoin de qui que ce soit. Dans le pire des cas, j'irais voir les flics. La situation m'échappait et savoir que j'étais la cause de leur dispute me chagrinait. Ma rencontre avec Bree aurait dû être plus agréable que ça.
- Tu sais que j'ai raison Edward. Tu sais que c'est aussi bon pour toi que pour Bella.
Elle l'implorait presque. Edward se leva et j'eus l'impression qu'une tempête assombrissait le salon. Il mit ses mains dans ses poches et fit quelques pas en direction de la terrasse, sans jamais y accéder. J'étais certaine qu'il pouvait voir tout notre bazar d'hier soir, entreposé sur la table extérieure.
Mon esprit chancelait en se rappelant l'attitude de mon Edward d'hier soir, doux et aimant et de cet Edward, colérique et tourmenté. Même s'il ne portait pas un costume, je savais qu'il était entier et l'affront de Bree était de trop, que je sois présente dans la pièce ou pas n'y changeait rien du tout.
- Ça ne dépend pas de moi ! balaya-t-il d'un mauvais regard en se retournant vers nous et en ciblant sa sœur.
Bree me porta alors attention et son visage changea. Elle ne se détendit pas vraiment mais elle comprit quelque chose que je ne saisis pas.
- Oh bien sûr, je comprends, conçut-t-elle en baissant d'un ton. Je n'avais pas compris que…
Elle s'arrêta de parler en me regardant. Toute cette conversation m'échappait.
- On aura l'occasion d'en reparler plus tard je suppose, la coupa son frère d'une froideur indigeste. Pour le moment, le sujet est clos Bree. N'en parlons plus.
- Oui bien sûr. Je suis simplement inquiète pour vous, tu le sais Edward. C'est juste...
Edward s'approcha de nous à une distance raisonnable.
- Fais-moi confiance Bree, lui demanda-t-il plus calmement. Je serai prudent. Je te le promets.
Son engagement me dérouta. Leur façon de communiquer était une sorte de promesse mutuelle presque fascinante. Bree acquiesça et lui sourit, pas tout à fait rassurée mais confiante tout de même. L'ambiance se déchargea en une fraction de seconde et ils se rappelèrent presque ma présence. Bree me fit un sourire crispé et désolé.
- Je vais vous laisser, dit-elle tout en se levant.
- Déjà ! Bree non, reste encore un peu. On n'a rien de spécial à faire, lui expliquai-je pour essayer de la faire changer d'avis. Nous avons eu à peine le temps de parler toutes les deux.
Je ne voulais pas que nous nous quittions sur cette tension. Cette discussion avait terni nos présentations. Edward devait réparer ça mais il ne l'encourageait pas à prolonger notre temps tous les trois ensembles. Elle rangea son cahier dans son sac.
- C'est très gentil mais j'ai du travail Bella. Dimanche n'est pas vraiment un jour de repos pour moi, me sourit-elle. Mais je suis ravie de t'avoir rencontrée. Peut-être pourrons-nous nous retrouver un midi pour manger toutes les deux près de ton bureau ?
Elle jeta un coup d'œil à son frère qui lui donna son accord d'un signe de tête discret et pour je ne sais quelle raison, je me sentis comme une gamine qui devait demander sa permission. Ça ne me plut pas du tout.
- Ça me ferait très plaisir. Un midi ou un soir, en semaine ou un week-end, c'est comme tu le souhaites Bree. Je m'adapterai à ton planning, dis-je avec un besoin de réparer la situation.
Elle me sourit une nouvelle fois et me donna une étreinte équivalente à celle de son frère.
- Promets-moi de faire attention à toi Bella, me supplia-t-elle presque.
- C'est promis.
Nous échangeâmes nos numéros de téléphone et après son départ, je m'échappai directement sur la terrasse pour nettoyer la table. J'étais agacée, vraiment agacée. Demander à Edward si j'avais le droit de manger une putain de glace avant le dîner n'était pas du tout mon truc. Je pouvais très bien acheter un flingue pour me protéger. Je ne connaissais pas les réseaux souterrains de New York mais j'étais sûre d'arriver à retrouver certains contacts à Seattle pour faire ce qu'il fallait pour ma putain de sécurité ici.
- Tu es énervée ? me dit-il plus comme une constatation qu'une question.
Bien joué Cullen ! Il était là, à côté de moi, tel Éros et son putain de pouvoir érotique et je n'avais qu'une envie, me noyer en lui viscéralement alors que j'aurais juste dû le torturer pour qu'il m'explique. Il avait ses mains dans ses poches et semblait hésitant aussi bien dans ses gestes que dans ses paroles.
Je lui fis un regard imbuvable. Il enleva le verre que je serrais dans ma main doucement mais l'un dans l'autre je le lâchai et il se cassa contre une assiette, tout en m'offrant une entaille vive et immédiatement rouge d'un centimètre sur mon index droit. Pour je ne sais quelle raison, je n'étais pas copine avec le verre, le plastique assurait ma putain de sécurité !
- Viens, me chuchota-t-il tout en posant son index sous ma paume ceinturant gentiment mon poignet.
Revoilà Edward. Mon Charmant. Je le regardai et laissai tomber le reste du verre sur la table.
- Toi aussi Edward. Pardon, m'excusai-je en apercevant un tout petit filet de sang sortir de son poignet.
- Je ne sais pas pourquoi tu me demandes pardon mais allons-nous désinfecter. Moi, je vais abuser de ma jolie infirmière et faire comme si j'avais très mal alors qu'il n'y a rien mais toi, tu mériterais une semaine de repos parce que tu t'es fait une belle estafilade.
Il attrapa une de nos serviettes d'hier soir et la pressa sur ma petite blessure. Puis il me guida dans la chambre. Je passai ma main sous l'eau froide et il en fit de même. Nous nous désinfectâmes l'un l'autre sans rien dire. Je criai fort intérieurement et ce n'était ni d'extase ni de mal. J'étais frustrée de ne pas avoir toutes les données en ma possession alors qu'il ne me laissait même pas deux mois pour décider de la direction de notre futur.
Je m'assis sur le lit et il se ramena avec sa boîte de pansements. Il me refourgua sa protection « antidouleur » Minnie. Son geste me calma à peine tellement mon malaise s'était creusé au fond de moi.
- Edward Cullen, vous n'ouvrez pas toujours votre grande bouche quand il le faut ! le psalmodiai-je en lui collant un pansement Spiderman sur ses lèvres, histoire de me soulager mieux encore.
Il rit mais j'étais loin d'avoir Miss Fossette devant les yeux.
- De quoi parliez-vous avec Bree ? lui demandai-je d'une patience exemplaire.
- Rien de spécial, fit-il après avoir enlevé l'autocollant pour s'exprimer.
- Ok. Rien de spécial, soufflai-je.
Continue à être aussi têtu Cullen. Pas sûr que tu gagnes ! Consciente qu'il avait bâti un mur entre nous, je me levai et quittai la chambre. L'Edward taciturne n'était pas vraiment celui avec qui j'avais envie de traîner aujourd'hui. Le manipulateur non plus d'ailleurs.
- Ma sœur est sous protection rapprochée depuis qu'elle a vingt et un ans, me révéla-t-il.
Je vous laisse sur cette nouvelle coupure... Rdv pour la partie 3 dans quelques jours.
Des bises.
Tess
PS : Vous pouvez retrouver cette histoire sous une autre version sur Wattpad donc voici le lien : wattpad .com story 30280519-charmant (remplacer les espaces par des /) Mon nom est TessWebster !
