Merci pour vos commentaires et PM, toujours très plaisants ;-) Si quelqu'un a des doutes quant à la signification du mot "batterie", faites le moi savoir ! lol

Bonne lecture !


La nuit était déjà bien entamée, et si le début de soirée avait été particulièrement agréable, comme à chaque fois qu'elle s'autorisait à voir son mari, l'arrivée inopportune d'Alexis, l'avait quand même perturbé.

Désormais la jeune fille était impliquée, au même titre que Castle, Lanie et les garçons … et bientôt Martha allait avoir connaissance d'une partie de leur secret.

Elle espérait que cette décision ne serait pas imprudente, mais de toute façon, elle savait qu'il aurait été impossible de faire front face à son mari et sa belle-fille. Jeter des forces dans cette entreprise était inutile, elle avait bien mieux à faire. Si elle devait mener une guerre, autant bénéficier de tout ce qui pouvait la rendre plus forte. Et s'entourer de sa famille et de ses amis, était indéniablement ce qui la transporter au-delà d'elle-même.

Mais malgré l'acceptation de cet état de fait, elle ne dormait pas.

Kate avait beau y réfléchir, retourner toutes les informations dans sa tête, tenter de chercher des liens ou justement d'en créer, une seule question la tourmentait : Rita pouvait-elle vraiment avoir un rôle dans cette histoire ?

Elle tournait, se retournait, ne trouvait pas sa place, soufflait, s'agaçait … Castle avait réussi à chamboulé son esprit et le silence de la nuit alourdissait son trouble.

La chronologie ne collait pas, la coïncidence était bien trop improbable, aucun indice ne menait à elle, et pourtant … le sommeil fuyait Kate.

Au fond d'elle, quelque chose l'intriguait et ignorer quoi, l'empêchait de chasser de son esprit l'idée que lui avait soumise son mari.

Bien sûr, sans Rita, l'idée même de quitter Castle et de commencer à s'isoler de ses amis, ne lui serait jamais passer par la tête. Fuir un bonheur de tous les jours auprès d'un homme qui était si attentif, si facile à vivre, n'avait jamais été ne serait-ce que le début d'une envie.

Et faire cavalier seule pour combattre une ombre la ramenait loin en arrière. La ramenait derrière le mur qu'elle avait érigé jadis.

Alors effectivement, se dire que Rita s'était jouée d'elle, était rageant et …terrifiant.

Avait-elle pu être si influençable et surtout si naïve ? S'ouvrir aux autres avait-il eu pour conséquence de perdre son instinct ?

Son trouble se mua en inquiétude.

Et elle sut que sa nuit était finie. Faire rapidement la lumière sur Rita allait devenir une priorité. Kate sentait qu'il lui serait impossible de passer par-dessus l'ignorance, autant qu'il lui avait été impensable de lâcher prise après la mort de sa mère, et aujourd'hui, l'implication de Loksat et de cet agent inconnu.

Si en quittant Castle, elle partait de zéro, aujourd'hui, elle avait désormais deux voies majeures à étudier. L'échantillonnage de la drogue saisie dans l'affaire Vulcan Simmons, qui devrait leur permettre d'isoler une signature et donc de pouvoir remonter la filière, et Rita…

Si la première de leur piste devait leur permettre une avancée essentielle, la seconde devait la rassurer sur sa capacité à se fier à elle-même. Et surtout son aptitude à se laisser berner par la première venue.

Sentant l'exaspération de ses angoisses poindre au maximum de sa tolérance, elle regarda l'heure, et constata qu'il n'était pas encore 3h. Trop tôt pour se lever.

Elle hésita un instant, en regardant son téléphone portable. Vikram l'avait vérifié, analysé et installé dessus un système sensée brouiller les ondes, lui offrant dès lors, une fiabilité non négligeable.

Pour autant, celui auquel elle pensait ne jouissait pas de la même certitude quant à son téléphone.

Elle se retrouvait ainsi, à près de 3h du matin, à tergiverser sur l'éventualité d'envoyer un message à son mari.

A vrai dire, avant que Castle, Esposito et Ryan ne lui mettent cette idée en tête, jamais elle n'avait pensé à la possibilité d'être surveillée constamment.

Ses propres certitudes la fuyaient cette nuit…

Elle avait besoin de lui, mais se l'interdisait. Encore.

Elle voulait la chaleur de son corps contre elle, dans leur lit, mais dormait pourtant dans la chambre d'ami de Lanie.

Elle subissait la nuit, mais avait tellement besoin de sommeil.

La fatigue, la lassitude prenait de plus en plus d'ampleur ces derniers temps, elle l'avait constaté à plusieurs reprises le matin, quand elle se réveillait, les yeux encore pleins de sommeil. Ou en pleine journée, quand elle se surprenait à ressentir de fermer les yeux un instant.

Depuis des semaines, elle avait le sentiment d'engranger du stress, de l'anxiété et ses angoisses ne disparaissaient que lorsqu'elle s'affairait à autre chose. De ce fait, elle travaillait beaucoup, dormait peu et ses nerfs menaçaient de lâcher.

Plusieurs fois, elle avait eu du mal à se contenir à la suite de petites choses anodines, comme par exemple, des rapports pas assez détaillés, qui auparavant lui aurait parfaitement convenus, ou des pauses café qu'elle trouvait trop fréquentes. Dernièrement, Lanie avait subi ses foudres parce qu'elle aurait du recevoir un rapport d'autopsie à peine 1/2h plus tôt.

Cette histoire la rendait dingue, et bientôt elle passerait pour un capitaine autoritaire et aigri, davantage préoccupé par la procédure que par les faits.

Et s'il était une chose, parmi d'autres, qu'elle ne souhaitait vraiment pas, c'était qu'elle change et perde sa personnalité.

Elle se savait être un flic droit et juste, une femme fiable et incorruptible, une amie fidèle et sincère… et une épouse aimante et heureuse.

Elle se plaisait ainsi, et pour parvenir à devenir cette femme, elle avait déjà beaucoup donné.

Et refusait de donner plus à des étrangers qui souhaitaient probablement sa mort, en tout cas, son silence.

Elle prit alors son téléphone. Castle dormait généralement bien, sauf quand il était obnubilé par des pensées sombres.

La conversation autours de Rita qu'ils avaient eue plus tôt, trahissait son inquiétude, peut-être aurait-elle une chance de pouvoir rentrer en contact avec lui.

« Castle ? Est-ce que tu dors ? », question banale, qui espérait une réponse. Elle reposa la téléphone non loin d'elle et attendit.

La nuit l'entourait et la retenait prisonnière de ce lit. Elle aurait pu se lever, mais Lanie pourrait l'entendre, entrer dans les explications qui justifiaient son insomnie, ne lui disait vraiment rien.

A cet instant, elle maudit davantage Loksat et ses sbires. Même la nuit, dans un lit qui n'était même pas le sien, elle subissait les conséquences de ce qu'ils lui imposaient.

« Je dors beaucoup moins bien sans toi … tout va bien ? »

Sa question la fit sourire.

« Si tout allait bien Castle, nous serions ensemble … et si nous étions réveillés tous les deux à cette heure, ce ne serait pas pour discuter par téléphones interposés… »

« Je peux t'appeler ? tu penses que CA va ? »

CA voulait sûrement dire Loksat, la menace, une possible surveillance etc …Depuis le premier jour, l'un des mots d'ordre avait été de ne rien laisser au hasard. Etait-ce l'un de ces hasards dont elle devait se méfier ? Cette nuit, elle ne se sentait pas la force de se méfier. Vikram avait jugé l'hypothèse d'un piratage des portables plutôt improbable, mais sans toutefois la rejeter complètement. Cela dit, cette nuit, c'est « l'improbable » qui prit le dessus.

« J'ai peur que Lanie entende, elle a le sommeil léger… mais j'ai besoin de tes mots, à défaut de t'avoir près de moi …»

« Always… », sa réponse n'avait pas tardé. Rick avait le don de percevoir les humeurs de sa femme, et là, clairement, il la sentait fragile.

Sans attendre de réponse, il continua :

« Je pourrais t'écrire jusqu'au bout de la nuit … tu es ma plus belle source d'inspiration Kate… dis-moi ce qui t'angoisse ? »

Cet homme maîtrisait à la perfection l'art de la calmer et de la réconforter. En quelques mots, elle avait déjà sourit par deux fois.

« Je repense à R. J'ai peur que tu aies raison parce que je ne veux pas avoir basé de telles décisions sur un mensonge … et en même temps, si tu as raison, alors on a une piste très chaude »

Il comprenait. Sa femme était un flic très instinctif. Si une inconnue avait transpercé ainsi ses facultés, alors elle traverserait une crise sans précédent.

Faire confiance aux autres était déjà compliqué, car en tant que flic, nécessairement elle était amenée à rencontrer des personnes malhonnêtes. Toutes ses affaires se résolvaient par l'élimination des faux indices, fermer les portes les unes après les autres, jusqu'à trouver la bonne issue. Savoir quand accorder sa confiance, et à qui, étaient ce qui faisaient un bon flic.

Mais se faire confiance soi-même… si Rita l'avait dupé aussi facilement, c'était sa capacité à mener à bien ses missions qui aurait été menacée.

« Je ne voulais pas provoquer un tel trouble, tu avais l'air fatiguée tout à l'heure…mais sache que quoiqu'il arrive, quoiqu'on découvre, la femme que tu es, le flic en toi, ne perdra rien de son instinct … tu es et restera le flic qui possède le meilleur taux d'élucidation de tout New York…fais toi confiance… »

Elle ferma les yeux, elle savait que son mari comprendrait ce qui la perturbait, ses mots l'apaisaient et sans complètement chasser ses angoisses, encore une fois, ils la rassuraient.

« Merci Rick … si je ne t'avais pas rencontré, je ne sais pas ce qui dans ma vie m'aurait donné envie de respirer … je ne sais pas ce que je serais devenue... »

« Tu n'as pas besoin de moi pour vivre Kate, mais tu as besoin de moi pour t'épauler… et pour faire naître ton adorable sourire sur ton visage si parfait… »

Gagné ! …Encore. Encore un sourire. Toujours des sourires. Depuis combien de temps n'avait-elle pas sourit sans retenu aucune, avant de le rencontrer ?

Elle le voulait à ses côtés pour lui faire comprendre toute sa reconnaissance, mais se devait de tenir encore.

« Tu n'es pas un homme ordinaire Castle … je peux vivre sans toi, mais je ne vis pas …tu me manques la nuit…»

« Juste la nuit ? »

Elle devina la moue faussement initiée par sa réponse. S'il lui manquait à d'autres instants que la nuit ? … Evidemment.

« La nuit, je t'ai pour moi seule, tes bras me rassurent, ton souffle dicte le mien, ton corps me tient chaud … mais je ne pourrais jamais me satisfaire de ne t'avoir que la nuit Rick … »

« Je connais autre chose qui tient chaud, tu sais ? … les messages d'un écrivain inspiré … »

Non … tu crois vraiment que tu vas pouvoir m'entraîner dans des sexto Castle ? pensa-t-elle … son sourire s'éternisa un peu trop sur son visage pour plaider en la faveur de la raison, mais heureusement pour elle, se dit-elle, Castle ne le voit pas ! …

« Ce n'est pas l'heure de jouer Castle… je croyais t'avoir bien épuisé tout à l'heure pourtant… »

Bravo Kate … tu penses « non », mais lui tends la perche ! Elle ne voulait pas se lancer dans une telle … conversation … en pleine nuit, maintenant, mais pourtant, exciter son mari par quelques mots bien placés, pouvait être un jeu intéressant. Surtout que lui-même était maître des mots de profession.

« Tu peux me croire, mes « batteries » sont rechargées … tu peux à nouveau les faire exploser par la grâce de tes mots, à défaut de pouvoir utiliser tes mains, ta bouche, ta langue… »

Kate rougit à l'évocation largement sous-entendus des supplices qu'elle avait offerts à son mari. Si la séparation forcée était pénible, leurs retrouvailles étaient savoureuses et leur intimité s'en trouvait survolté. Le sexe n'avait jamais rien eu de conformiste avec lui, mais de là à se sentir à ce point libre d'être, d'agir, de vivre… cela dépasser son étonnement.

« Tu sais ce que j'aime Castle ? … savoir que tes « batteries » sont à ce point sensibles, que si jamais ma main les caresse, tu démarres au quart de tour…et que dire de ma langue… »

Elle était mariée depuis près d'un an à un homme qu'elle aimait à la folie, et avec qui, avant cela, elle était sortie durant presque trois précieuses années.

Et pourtant, elle était dans la chambre d'ami de Lanie, au milieu de la nuit, allumant cet homme avec qui elle voulait bien plus que des mots.

Comment une vie pouvait-elle basculer à ce point ? Comment pouvait-on vivre des situations aussi… bizarres ?

« Sache que mes « batteries » ne désirent qu'une chose … te faire don de tout son jus…et si je démarre au quart de tour, c'est que le chemin que tu me promets est le plus beau qui soit… »

Castle … pensa-t-elle, lascive et émoustillée. Si tu savais …

« Mon amour …économise toi ce soir… la distance à parcourir ensemble est très longue … je te le promets …Always»

Kate… pensa-t-il, excité et amoureux. Comme je t'aime …

« Je t'emmènerai faire le tour du monde, sans aucune carte, ni GPS … tu t'occuperas de mes « batteries », moi de te procurer tous les plaisirs de ce voyage ensemble…Always »

« J'ai hâte … c'est un véritable voyage de noces que je te promets… je t'aime Rick. KB »

Respirant profondément, il lut et relut le dernier message de sa femme… ce voyage de noces dont ils avaient été privés. Oui, ils partiraient. Cette épreuve lui démontrait, si besoin était, que rien n'était jamais acquis définitivement.

Ce voyage, s'ils en avaient parlé, ils l'avaient laissé de côté, en attendant le bon moment.

Seulement, cette menace au dessus d'eux, leur rappelait qu'il n'y avait jamais de bons moments, et que c'était seulement lorsqu'une catastrophe arrivait, qu'on regrettait de ne pas avoir vécu.

« Je te le promets Kate … plus que jamais, je te promets que ce voyage sera inoubliable… je t'aime…Always ».

Sur ces deniers mots, tous deux reposèrent leurs téléphones, et tentèrent de trouver un peu de repos, malgré les émotions et la dure réalité qu'ils vivaient actuellement.