Voilà les chapitres du jour! J'espère qu'ils vous plairont!
Harry gémit intérieurement en entendant Snape l'appeler. Merlin, il n'allait jamais avoir la paix ce soir !?
-Vous avez probablement terminé vos devoirs dans les deux premiers jours de vacances alors dites-moi, ces rêves sont-ils récurrents ?
Harry soupira et se retourna. Avec un peu de chance, si il faisait preuve de bonne volonté, Snape le lâcherait rapidement.
-Non, gronda-t-il.
-Vraiment ? Demanda Snape, l'air peu convaincu. Vu l'était dans lequel ces rêves vous mettent, je l'espère pour vous. Cependant, et bien que cela risque de vous sembler particulièrement incongru venant de moi, il semblerait que vous m'ayez choisi pour garder vos secrets, et vos amis étant absents, si vous désirez… En parler…
Comme il s'y attendait, Harry commença par le regarder d'un air ébahi. Puis, il éclata d'un rire hystérique, se mettant à hoqueter, au bord des larmes. Il était si perdu qu'il ne se rendit même pas compte que Snape le tirait par le bras jusqu'à son bureau, pour que personne ne le vois comme ça.
Harry était hilare. Snape qui lui proposait de l'aider, c'était presque comique ! Son confident ? Choisi ? Harry n'avait pas choisi, c'était lui qui s'était imposé! Oui, c'est vrai, il l'avait aidé, mais Harry n'avait guère eut le choix d'accepter ou non ! Bon, ça l'avait arrangé, donc il n'avait pas rechigné, et c'était vrai que Snape était petit à petit devenu un mentor pour lui, mais de là à ce qu'il aille le voir pour parler de ses cauchemars ! Ça n'en était même pas ! Ses rêves étaient troublants, bouleversants, mais pas mauvais ! Il avait dit ça pour que Dumbledore lui foute la paix.. ! Ses gloussements hystériques diminuant progressivement, Harry s'aperçut qu'il était dans le bureau de Snape…
-Vous… Ahah ! Je n'ai pas vraiment cherché d'aide, vous savez ? C'est vous qui avez écouté aux portes… Pas eu le choix… Hah ! Mais ça aidait… Merci… Mais enfin… Pas vous raconter… Ha ha ha ! Cauchemars… Aha !
Snape fronça les sourcils. Vu de cette façon là, effectivement. Il était vrai qu'il avait un peu, non, totalement imposé son aide, guidé qu'il était par sa mauvaise conscience et ce qu'il avait laissé arriver au fils de Lily, mais il avait espéré que Potter aurait compris qu'il pouvait compter sur lui… Et Merlin, un rire aussi hystérique et soudain, ce n'était pas normal. Le garçon était au bord du point de rupture, seulement il ne s'en apercevait pas… Il regarda Potter qui se calmait petit à petit.
Harry prit une grande inspiration pour retrouver tout l'air qui lui avait manqué jusqu'ici. Il fallait qu'il se contrôle, ou bien il allait encore exploser de rire…
-Je vous remercie, professeur, mais ce n'était qu'un simple rêve, vraiment… Rien d'important…
Snape fronça les sourcils.
-Potter, vos parents ont été assassinés lorsque vous aviez un an ! Ce n'est pas quelque chose dont vous devriez vous souvenir ! Vous étiez trop jeune ! Sans compter le traumatisme, qui aurait pu, aurait dû, provoquer une amnésie ! Alors merci de ne pas me prendre pour un idiot, Potter, car soit vous rêvez de cela depuis extrêmement longtemps, et à ce moment là, Hagrid n'aurait pas dû avoir à vous apprendre que vos parents avaient été assassinés, -oui Potter, il nous l'a dit, ou plutôt, il l'a dit à Dumbledore, qui nous l'a répété-, soit votre Magie essaye de vous faire passer un message, et il serait intéressant de savoir lequel !
Harry le considéra, bouche bée. La Magie ? Faire passer un message ? C'était possible, ça ? D'un seul coup, il retrouva tout son sérieux…
-Ça a commencé la nuit juste après l'arrivée de Hagrid, avant qu'il ne m'emmène faire les courses… Avant, j'en rêvais de temps en temps, mais je ne voyais qu'un rayon vert…
Snape hocha silencieusement la tête.
-A la révélation de votre statut de Sorcier, donc ? Est ce qu'il s'agit toujours du même rêve ?
Il vit Potter se mordiller la lèvre, nerveux. Il aurait pu prendre ça pour le mal-être d'un adolescent qui a l'impression de se retrouver chez le psy, si il n'était pas à deux doigts de se faire saigner…
-Potter ! L'interpella-t-il sèchement.
Harry sursauta, et sa lèvre s'échappa de l'étau de ses dents.
-Désirez-vous une potion calmante ? Demanda Snape d'une voix étrangement douce.
Merlin savait qu'il n'avait pas l'habitude de parler de cette façon là ! D'ailleurs, il s'était surpris lui-même…
Les grands yeux verts de Harry se remplirent de larmes…
-Je ne peux pas en parler… Vous ne pouvez pas comprendre…
Snape fronça les sourcils.
-Pas comprendre quoi ? Ce que vous ressentez ? Ou bien vous avez menti à Dumbledore pour qu'il vous fiche la paix ?
Lentement, Harry hocha la tête et Snape le considéra, impassible.
-Vous rêvez du Seigneur-des-Ténèbres, Potter ?
A nouveau, Harry hocha la tête.
-Il tue vos parents ?
Nouveau hochement de tête. Snape s'efforça encore une fois de garder un visage impassible. C'était loin d'être un problème pour lui, c'était plutôt que si il abandonnait son masque, il aurait l'air complètement paumé, et il était hors de question que qui que ce soit le voit comme ça…
-Mais ce n'est pas ça qui vous bouleverse ?
Cette fois-ci, Harry secoua la tête.
-Alors, quoi ? Demanda Snape d'un ton neutre, même si il se sentait perplexe. Je vous promets que rien de ce que vous me direz ne sortira d'ici…
Alors Harry craqua. Toute la tension, toutes les interrogations qu'il portait en lui depuis qu'il avait ouvert un livre de cours chez les Dursley le submergèrent, et il fondit en larmes ! Il raconta tout ! Tous ses rêves, tout ce à quoi il avait réfléchi, tout ce à quoi il avait pensé, toutes ses recherches, tous les liens qu'il avait essayé de faire, et même sa découverte de la Pierre Philosophale !
En face de lui, Snape devait faire un gigantesque effort pour comprendre le gamin qui s'étouffait à moitié dans ses larmes ! Il balançait tout en désordre, parlait du Seigneur-des-Ténèbres, de sa mère, de sécurité, de Poudlard, des Fondateurs, et par les couilles de Merlin ! La Pierre Philosophale ! Comment diable avait-il entendu parler de ça, par Morgane !
En voyant Potter-fils se taire, se rouler en boule sur sa chaise et se mettre à hoqueter comme un gamin de cinq ans, il se leva et fit quelque chose qu'il savait qu'il allait regretter plus tard. Il contourna son bureau et serra Potter contre lui. Il sentit un bras qui n'était plus si maigre enserrer sa taille alors que le gamin enfouissait son visage dans ses robes. Merlin, avait-il seulement déjà pleuré comme ça, avec la vie qu'il avait eue ? Il pleurait comme un enfant, et d'après ce qu'il avait pu comprendre, son oncle et sa tante avaient probablement bridé cette tendance dès que possible…
Alors qu'il sentait sa robe s'humidifier et frottait doucement le dos de Potter d'un air distrait, il réfléchit à ce que le gamin avait pu raconter en lui jetant tout au visage dans un vrac monstrueux. Si il était honnête avec lui-même, alors il reconnaissait que la tournure qu'avaient pris les rêves de Potter l'avait choqué ! Merlin, le Seigneur-des-Ténèbres était un monstre de la pire espèce, il avait tué des centaines de gens, prônait la torture et la pureté du Sang, mais tout ça ce n'était rien, non ! Ce monstre avait tué Lily ! Sa Lily, sa petite fleur, sa lueur de Printemps ! A cause de lui, certes, mais quand même ! Et Potter, son propre fils, faisait des rêves ou il la regardait se faire tuer, et se sentait ensuite en sécurité auprès de ce monstre ? Alors que ça faisait des années que lui, Snape, crétin congénital et influençable à l'époque, essayait de racheter ses erreurs pour protéger ce gamin, le dit gamin se sentait en sécurité auprès de celui qui avait tué ses parents !?
Snape prit une profonde inspiration et se força à réfléchir d'une manière objective.
Monstre qui se montrait tendre, souriait, et lui faisait clairement passer un certain nombre de messages…
« A bientôt, Harry, », « Continue à chercher, Harry, », « Tu t'approche, Harry ». Autant de paroles qui laissaient supposer quelque chose de plus grand…
Sans compter que la description physique que Potter avait faite du Lord Noir ne correspondait en rien à ce dont il se souvenait…
Il sortit de ses pensées en sentant Potter et le bras autour de sa taille qui se figeaient. Il avait visiblement arrêté de pleurer…
Vivement, Snape retira son bras du dos de Potter et Harry s'écarta de lui, les joues écarlates. Severus décida de ne pas faire de remarque. Il s'éloigna et retourna s'asseoir derrière son bureau.
-Tout va bien, Potter ?
Harry, les joues toujours aussi rouge, acquiesça. Ou plutôt, il dodelina de la tête, épuisé. Snape empêcha vivement son sourcil de se lever. Le gamin avait vraiment craqué. Avec un peu de chance, peut être serait-il plus stable… Il appela un elfe et lui demanda une tasse de thé, qui apparut aussitôt devant lui. Il la prit et la tendit à Potter.
-N'acceptez jamais le thé du professeur Dumbledore, Potter. Il y mets une potion calmante. Ce n'est pas le cas ici.
Potter le regarda d'un air abasourdi.
-Dumbledore mets de la potion calmante dans son thé ? Demanda-t-il.
-Ça lui permet d'obtenir plus d'informations de ses interlocuteurs, et de mieux les amadouer. Ça lui permets aussi de mieux pénétrer leurs pensées, monsieur le directeur est un Légilimens accompli, mais évitez de parler de ça autour de vous…
-Il paraît que Salazar Serpentard était Légilimens, acquiesça Harry d'un air distrait.
-C'est en effet communément admis. Un Légilimens doit vous fixer dans les yeux pour lire vos pensées, donc si vous vous retrouvez face à Dumbledore, évitez de le faire…
Harry hocha la tête en touillant son thé. Il en prit une gorgée. Thé à la menthe. Il détestait le citron !
-Pourquoi me parler de ça, monsieur ?
Snape, cette fois-ci, se permit un lever de sourcil.
-Parce que monsieur le directeur semble, depuis quelques temps, accumuler les erreurs, et que le résultat de probablement l'une des plus graves se trouve actuellement devant moi… Merlin sait que vous auriez sans doute été moins perdu et moins blessé en étant élevé dans le monde sorcier… Il m'a donné quelques raisons, et peut être était-elles bonnes, mais ce ne sont pas les meilleures pour autant…
Harry fronça les sourcils.
-Quel genre de raison ?
Snape se redressa sur sa chaise. Il avait le droit de savoir. Merlin, il devait savoir pourquoi il avait souffert pendant si longtemps…
-Il semblerait que votre mère, en mourant pour vous protéger, vous ai doté d'une ancienne Magie que le Seigneur-des-Ténèbres craint. Malheureusement, il s'agit d'une Magie du Sang, et qui partage celui de votre mère à part vous même ?
-La vieille garce… Gronda Harry d'un air sombre.
Snape plaça une main devant son visage d'une façon fort à propos pour dissimuler son sourire. Pétunia avait aussi été une jeune garce…
-Voldemort ne me menace pas, continua Harry.
Snape se pencha légèrement sur son bureau et posa les mains sur les quelques copies de septième années qui attendaient encore d'être corrigées…
-Dans vos rêves, effectivement, il semble étrangement… Tendre… Cependant, je peux vous dire que l'homme que vous avez vu n'était pas lui, Potter, je peux vous le dire avec certitude pour avoir été un de ses suivants…
Harry le toisa d'un air époustouflé. Est ce que Snape venait juste d'avouer d'un ton plat qu'il avait tué et torturé au nom de la pureté du Sang ? Que diable faisait-il dans son bureau alors ?
-Sérieusement ?
Snape se permit un soupir.
-Je crains d'avoir malheureusement ma part de responsabilité dans le meurtre de vos parents. Ne me demandez pas comment, je ne vous le dirai pas. Mais sachez que votre mère était autrefois pour moi une amie très chère et que lorsque le Seigneur-des-Ténèbres l'a tuée, j'ai décidé de changer de camp. C'est pourquoi je suis ici, à Poudlard, et non à Azkaban, -la prison des sorciers-, ajouta-t-il en voyant l'air perplexe de Harry. Je suis devenu un espion pour le compte de Dumbledore, et du groupuscule de combat qu'il a créé pour combattre le Lord Noir, appelé « Ordre du Phoenix ». J'ai également témoigné contre plusieurs de mes anciens camarades, ce qui m'a valu la liberté. Mais la société sorcière avait besoin d'une garantie, et qui mieux que Dumbledore, leader du camp de la Lumière, pour l'offrir ? Il m'a embauché, et comme il croyait, et crois toujours dur comme fer que la guerre va reprendre et que je pourrais lui servir, je suis resté…
Harry réfléchi.
-Mais pourquoi m'aidez vous ? Hagrid m'a dit que vous connaissiez ma mère et que vous étiez très proches. Mais aussi que mon père et vous vous haïssiez… Je ne comprends pas pourquoi vous m'aidez…
Severus retint une grimace. Foutu demi-géant, il était toujours aussi bavard !
-Vous ressemblez comme deux gouttes d'eau à votre père, Potter, sauf pour vos yeux, qui vous viennent de votre mère… Lors de votre premier cours de Potions, je m'attendais à tomber sur un gamin effronté, qui n'avait jamais ouvert un livre de cours et qui, élevé dans la célébrité, s'attendait à ce que tout lui soit acquis et à ce que les bonnes notes pleuvent par centaines. A la place, je me suis retrouvé face à un enfant respectueux et perdu, excessivement doué en Potions, encore plus que sa mère, et dont la puissance, alors qu'il venait tout juste d'apprendre qu'il était sorcier, était de toute évidence phénoménale ! Je m'attendais à rencontrer un Gryffondor pur jus, qui haïrait les Serpentard, au lieu de quoi, vous êtes amis avec les rejetons des plus grandes familles de Sang-Purs d'Angleterre, et haï par les membres de votre propre maison. De toutes vos maisons. Lorsque j'ai appris les persécutions dont vous aviez été victime, j'ai compris que j'avais fait une erreur en confiant aveuglément l'enfant de Lily à un vieillard de plus de cent ans ! Oui, plus de cent ans* ! Mais malheureusement, un vieillard puissant et respecté, de part ses connaissances et sa notoriété. Notoriété acquise d'ailleurs en combattant un Mage Noir, ce qui fait que le Monde Sorcier s'est tout naturellement reposé sur lui devant l'émergence du suivant…
-Donc… Analysa Harry, les sourcils froncés. Donc vous m'aidez pour, en quelque sorte, racheter vos erreurs passées ?
-Et en souvenir de votre mère, monsieur Potter.
Harry hocha la tête et prit une gorgée de son thé qui refroidissait. Il pensa distraitement à le réchauffer et sentit la tasse qui, petit à petit, devenait chaude. Il prit une nouvelle gorgée. Le thé était brûlant. Juste comme il l'aimait. Il plongea son regard dans le liquide ambré. Snape venait de lui faire une sacré confidence. Il était sans doute le seul à savoir tout ça, avec Dumbledore. Et il n'allait certainement pas en parler à qui que ce soit. L'homme lui offrait sa confiance. Et il allait l'accepter.
-Et que pensez-vous de mes rêves, dans ce cas ? Vous devez me haïr de me sentir bien auprès de quelqu'un qui vous a tant fait souffrir…
Harry n'avait pas relevé les yeux, ce qui dispensait Snape de répondre tout de suite, et lui permettait d'arborer un air légèrement abasourdi. Magie sans baguette. Mais jusqu'où irait ce gamin ?
-J'en pense qu'il est évident que votre Magie essaye de vous faire passer un message. Lequel, je ne sais pas, et vous seul pouvez trouver la réponse à cette question. Cependant, je pense que vous avez eu une bonne inspiration en demandant à étudier votre noyau magique. Vous êtes, à mon avis, sur la bonne voie. Après tout, votre étrange puissance ne peut prendre sa source que là…
Snape considéra le garçon un instant. Il était épuisé. Mais il était aussi à bout…
-Que diriez-vous d'essayer demain soir ?
*Dumbledore est mort à cent-seize ans, ce qui fait qu'il a environ cent ans lorsqu'il confie Harry aux Dursley.
