New Vogue Children

Chapitre 21

Pas tout à fait comme prévu

Se mettant à paniquer à cause de tous ces bruits étranges, des bruits mouillés, macabres, mêlés aux cris torturés de Hizaki, il raccrocha et parti en trombe. Une chance qu'il l'avait appelé pour lui dire que Hora voulait le voir, comme ça, il savait où se rendre. Il se gara n'importe comment et entra dans la maison sans frapper.

-Hizaki ! hurla-t-il.

Dans la chambre à l'autre bout du couloir, Kaya se tourna vers Hora, l'air inquiet.

-Reste ici, lui ordonna le scientifique en allant voir ce qui se passait dans la maison.
-Maman… appela Elizabeth quelques secondes à peine après le départ de son père.

Il dirigea son regard sur ses enfants ; Le garçon tenait quelque chose dans ses petites mains sanglantes.

-Regarde ce qu'Alan a trouvé !
-Fais-moi voir, Alan, mon chéri… fit-il en enlevant son gant.

L'enfant lui tendit un téléphone cellulaire sur lequel affichait la durée du dernier appel effectué, comme s'il avait transmis une conversation dans les dernières minutes. Il jeta un coup d'œil à la liste de numéro entrant et sortant. Un appel sortant pour Kamijo, il y avait à peine une dizaine de minutes. Il allait pour appeler Hora, mais remarqua que le numéro de Juka suivait, un peu plus loin derrière celui de Kamijo. Il essuya le portable avec un bout de drap qui n'était pas déjà imbibé de sang et mémorisa le numéro avant de l'effacer. Il ne noterait plus tard.
Il sursauta en entendant des éclats de voix dans le couloir.
En sortant de la chambre, le propriétaire de la maison vit le journaliste marche d'un pas plutôt rapide vers lui.

-Vous ! s'écria ledit journaliste.
-Qu'est-ce que vous faites chez moi ? On entre pas chez les gens comme ça !
-Qu'avez-vous fait à Hizaki ?!
-Je ne vois pas de quoi vous parlez. Sortez d'ici !
-Où est Hizaki ?!
-Il n'est pas ici, en tout cas.
-Menteur !
-Sortez d'ici !
-Il m'a dit que vous vouliez le voir !
-C'était à l'université. Je ne ramène pas mes étudiants chez moi !
-Je l'ai entendu hurler !
-Rentrez chez vous, allez vous calmer… !
-Je savais qu'on pouvait pas vous faire confiance !
-Pardon, euh… s'immisça Kaya dans la conversation où régnait une certaine animosité, tendant le téléphone portable de Hizaki au professeur. Il sait…
-C'est à lui ça ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?!

Le scientifique chuchota quelque chose à l'oreille de Kaya qui acquiesça avant de partir en direction du laboratoire.

-Vous écoutez c'que j'vous dis, connard ?! cracha Kamijo en attrapant l'autre par le col de sa chemise.
-Lâchez-moi. Je veux vous montrer quelque chose.
-Seulement si c'est pour me montrer où est Hizaki !
-C'est là-bas, suivez-moi.

Le journaliste lui jeta un regard suspicieux, mais finit par le lâcher pour le suivre. Il le guida dans une chambre qu'on pouvait constater sanguinolente malgré le mauvais éclairage. Deux jeunes enfants y jouaient. Il réprima un haut le cœur.

-Alan, Elizabeth, dans la salle de bain, tout de suite. Et ne touchez à rien !

Les deux enfants obéirent comme Kaya arrivait avec une seringue et que Kamijo réalisait qu'il y avait un cadavre fraîchement mort dans la pièce, un cadavre aux longs cheveux blond.

-Non…

Hora prit la seringue des mains de l'efféminé.

-V-vous… l'avez tué ?!
-Non, il est tombé du ciel amoché comme ça ! Bien sûr que si, nous l'avons tué ! lâcha le scientifique en lui injectant rapidement le contenu de la seringue dans le cou.
-C'est quoi ça ?! décria-t-il en le repoussant.
-Morphine ! fit-il tout simplement en entraînant Kaya à l'extérieur, verrouillant la porte de l'extérieur. Vas faire prendre leur bain aux enfants, j'vais me débarrasser de sa voiture.

oOoOoOo

-Comment il a fait pour savoir, merde !
-J'en sais rien, Hizaki a dû l'appeler sans qu'on le voit…
-Comment tu veux qu'il ait fait ça, hein ?
-Mais j'en sais rien ! Son numéro était dans les appels sortants de son téléphone, c'est tout ce que je sais !
-Eh merde ! C'est une saloperie de journaliste, en plus ! S'il a appelé qui que ce soit d'autre, on est fichu !
-Il doit pas avoir eu le temps…
-Va falloir le tuer aussi, on a pas le choix !
-Pas ce soir ! Les enfants se sont gavés avec Hizaki !
-Je sais, mais on pourra pas le garder indéfiniment !
-Je sais, c'est pas ce que je dis… Enfin, en plus, là, les enfants sont au lit…
-Je sais, je sais ! Je m'occuperai de ça demain soir, en revenant de l'université…
-Tout ira bien, Hora… On l'aura notre Perfect Garden… fit-il avec un sourire légèrement mal assuré, posant doucement sa main sur l'épaule de l'autre.
-J'y compte bien !

oOoOoOo

Il aurait du faire part de ses nouvelles trouvailles à Mana sur le champ, mais comme il avait pris l'habitude de faire, il préféra repousser ce moment. Il était persuadé que Kaya n'avait rien à voir dans cette histoire de fous et s'il avait informé Mana tout de suite, elle aurait bien pu se faire coffrer, elle aussi. Il ne voulait pas que ça se produise, d'une part parce que ça serait comme emprisonner une innocente, de l'autre, parce qu'il avait peut-être un peu plus que de la simple sympathie pour elle. Donc, il voulait l'avertir, la mettre en garde contre Hora. Ce matin-là, c'était avec cette idée qu'il se rendait chez elle.

oOoOoOo

Avec tout ce qui s'était passé la veille, il en était venu à oublier que Juka devait venir le voir, Il s'arrangea en quatrième vitesse avant d'aller répondre.

-Bonjour ! fit-il, ravi de voir le blond de l'autre côté de la porte.
-Bonjour ! Vous semblez en pleine forme, aujourd'hui !
-Allons, je crois que ce n'est plus nécessaire de se vouvoyer, maintenant…
-C'est vrai…
-Tu entres ?
-Oui, oui ! Il faut que je te parle d'un truc important, en fait… fit-il en mettant les pieds à l'intérieur.
-Ah ? retourna-t-il en fermant la porte.

Le blond se tourna vers lui, l'air grave ; Il semblait hésitant.

-Je sais pas… Enfin, c'est vrai, quoi, j'ai aucune idée de comment c'est, ta vie chez ton cousin et comment il agit avec toi, mais…

Il s'interrompit, le regard ancré dans celui de Kaya, ce qui le perdit un peu. Et l'impulsion du moment le poussa à aller l'embrasser tendrement.

Ça fit monter le rouge aux joues du plus petit.

-Pardon, fit l'ex-inspecteur de police en détournant les yeux. Je devrais pas faire ça…
-C'est pas grave… dit doucement l'efféminé en attrapant sa main.

L'aîné eu un petit rire un peu jaune.

-Enfin, si… C'est pas si inconsidérable… J'ai une femme sur le point d'accoucher, quand même…

Il soupira alors que Kaya baissait ses prunelles sur le plancher.

-Je suis vraiment désolé, ajouta encore le plus grand.
-C'est pas grave, j't'assure… répondit l'autre, un léger sourire ourlant ses lèvres. Mais je crois pas que c'est de ça dont tu voulais me parler, hein ?
-Euh, oui… Hier... J'ai reçu un appel d'un journaliste qui voulait que je le rencontre… Je me suis donc rendu chez lui et j'ai trouvé une enregistreuse sur laquelle on entend une discussion entre Hora, Hizaki et une troisième personne que j'ai pas reconnue… Et c'était plutôt louche…

Le cœur du cadet rata un battement. Il regarda Juka avec un air inquiet.

-Où veux-tu en venir ?
-Hora est quelqu'un de dangereux, Kaya… dit-il gravement en sortant l'enregistreuse de la poche de son manteau pour lui faire écouter ce qui avait été enregistré la veille.

Maintenant, il comprenait comment Kamijo avait su pour Hizaki, mais le fait que Juka le savait aussi faisait monter la panique ne flèche en lui. Et s'il faisait une erreur fatale que le dénoncerait, lui aussi ?

-Oh mon Dieu ! fit-il d'une voix étouffée, plaquant une main devant sa bouche, retenant ses larmes avec peine alors que Juka éteignait l'enregistrement. Je… Je… Je savais pas qu'il en était rendu là… !
-Quoi ?
-Est-ce… Est-ce qu'il l'a tué ?
-J'en sais rien…. Mais je pense pas que Hizaki s'en soit sorti…
-Putain… je pensais pas que…
-Oui ?
-Je savais qu'il… il faisait des expériences louches, mais… mais, je…

Il éclata en sanglots, se jetant dans les bras du policier.

-J'en ai marre de vivre comme ça ! s'écria-t-il. J'en ai assez de la routine ! Sors-moi d'ici, Juka…
-Kaya…
-Ou au moins, change-moi les idées… tu veux ? supplia-t-il. S'il-te-plaît…
-…

Il ne savait pas quoi lui répondre; Il ne pensait pas qu'il aurait eu ce genre de réaction. Il se contenta de lui frotter le dos.
Kaya releva son regard humide vers lui, prenant son visage entre ses mains.

-Je devrais pas faire ça, je sais, mais… Avant que tu arrives dans ma vie, je commençais à croire que l'amour était mort…
-Kaya…
-Je sais, je sais… Mais… (Il l'embrassa.) J'lui dirai rien, à ta femme… Elle saura jamais rien…
-Je peux pas, Kaya….
-Juste une fois… (Il l'embrassa encore.) J'ai juste… besoin de me changer les idées… S'il te plaît…. Le supplia-t-il en déboutonnant son manteau. Personne ne le saura, ça restera entre nous…

Cette fois, ce fut au tous de Juka d'aller l'embrasser, puis il prit ses mains dans les siennes.

-C'est pas correct de faire ça… lui souffla-t-il
-Je sais… mais… j'en ai vraiment besoin…

Il le tira jusqu'à sa chambre, s'attendant à une certaine résistance, mais n'en trouvant aucune. Il resta adossé au panneau de la porte qu'il venait de fermer, le temps de réaliser ce qui allait se passer sous peu. Il n'eut toutefois pas vraiment le temps de réaliser complètement, le blond était revenu l'embrasser avec une passion qu'il ne lui connaissait jusqu'alors pas. Il fut d'abord surpris, mais se laissa faire, c'était bien ce qu'il voulait, après tout !
Et ils eurent vite fait de se retrouver sur le lit à s'enlever leurs vêtements, jusqu'à ce que Kaya se retrouve torse nu. Juka figea.

-Que… quoi ? fit le travesti en déglutissant difficilement.
-Tu… euh… tu… je… mais… Pourquoi ?! bafouilla-t-il en se levant.

Le cadet s'assit dans son lit, la tête basse, piteux alors que l'autre continuait de balbutier un peu n'importe quoi, choisissant finalement de ramasser ses affaires pour s'en aller.

-Juka ! Attends ! s'écria-t-il en partant à sa suite, attrapant un peignoir au vol.

Il réussit à le rejoindre alors qu'il allait sortir de la maison.

-Attends ! T'en vas pas… se lamenta-t-il
-Désolé… fit-il simplement en lui tournant le dos pour partir.

Kaya le regarda partir, impuissant et amer.

-Je t'aime, lança-t-il alors que le policier allait monter dans sa voiture.

Celui-ci arrêta son mouvement, le regarda puis secoua la tête avant de s'en aller réellement.