Aux armes, Romains !

-ATTENTION !

Mira leva la main suite à son cri et déploya toute son énergie à stopper l'énorme tsunami qui se profilait.

En un rien de temps, Percy joignit ses efforts aux siens.

-On n'y arrivera pas ! Geignit-il.

-Tiens bon, cervelle de krill ! Répondit-elle, la voix étranglée. On va y arriver.

Elle ployait déjà et les cris des personnes présentes ne les aidaient pas. En effet, si on ne faisait pas attention aux jumeaux, la vague avait effrayé tout le monde.

-Courage, gémit Mira.

Presque à genoux, elle fit un énorme effort pour se redresser et continuer.

-Arrêtez-vous, les enfants ! cria Sally.

-Non, on y est presque !

Ce qui était loin d'être vrai…

-S'il vous plait ! C'est trop pour vous !

-Ne t'approche pas ! Paul, retiens la, on déploie trop d'énergie, et le choc pourrait être brutal si elle nous touche ! On ne plaisante pas avec ça ! S'exclama Mira.

Emprisonnée par Paul, Sally tenta son dernier recours.

-POSEIDON ! Hurla-t-elle.

-Pas la peine de déranger papa ! Intima douloureusement Percy.

Une énergie se fit sentir. Une grande énergie. Mais elle était bizarre. Comme si quelque chose l'empêchait de se manifester.

-Papa, exhala Mira. Il essaye de nous aider. Percy, j'ai une idée. Lâche tout.

-Quoi ?!

-Lâche ! Et concentre-toi au maximum. Tu ressentiras une énergie à un point fixe. Accumule la tienne sur ce point.

-Pourquoi ?

-Je t'expliquerai plus tard ! Fait ce que je te dis !

Percy lâcha doucement la pression et obéit. Mira suffoqua lorsqu'il lâcha. Elle ne pouvait même plus respirer tant le fardeau était lourd. Puis, elle pensa à Percy qui avait porté le ciel… si elle voulait être à la hauteur de son frère, elle devait soutenir ça…

Respirant profondément, elle libéra le peu de puissance qu'il lui restait pour maintenir la colossale trombe d'eau pour éviter à cette partie là de San Francisco de sombrer.

Elle allait lâcher… c'était trop… Mira crispa les articulations et serra les mâchoires… Bon sang, qu'est-ce que le débile qui lui servait de frère faisait ?

La charge devint beaucoup moins lourde. Elle glapit, apeurée à l'idée d'avoir tout foiré, lorsqu'elle vit son père à ses côtés. L'océan rencontra l'océan. Leurs yeux s'étaient croisés, et Mira hocha la tête, comprenant ce qu'ils devaient faire.

Percy aussi avait rejoint le lot. Ensemble, ils remirent l'eau à l'endroit et Poséidon claqua des doigts. Les mortels clignèrent des yeux et reprirent leur panique due au séisme, oubliant brusquement que deux ados avaient retenu un tsunami et qu'un homme s'était matérialisé devant eux.

-Cervelle de krill, j'étais sur le point de lâcher ! Hurla Mira.

-Je vois que tu as retrouvé assez de forces pour lui crier dessus ! Tout va pour le mieux alors, affirma Poséidon.

Elle serra son père dans ses bras.

-Merci papa. Sans toi, ça aurait tourné au vinaigre…

-Je vois que ma fille adorée a apprit les ficelles, tu as causé un tremblement de terre, à ce qu'on dit sur l'Olympe ! Plaisanta le dieu. Tout va bien, Sally, Paul ? Salua-t-il.

-Heureusement que tu m'as entendu, soupira Sally.

-Et heureusement que Paul t'a retenue ! On ne plaisante pas avec l'énergie, maman ! C'est comme de l'électricité, ça peut tuer ! S'exclama Mira.

Elle reprit sa respiration et s'écroula sur sa chaise, épuisée.

-On n'a pas d'ambroisie ?

-Hey ! Les mecs !

Tournant la tête, ils virent une petite troupe composée de Jason, Piper, Annabeth, Thalia, Frank, Hazel, les Alatir et Léo se diriger vers eux.

-Tout va bien ? Demanda Frank en s'arrêtant devant eux.

Il s'inclina respectueusement devant Poséidon.

-C'était une mauvaise idée de te faire venir en jupe, admit Annabeth.

-Très mauvaise, claqua Mira en la foudroyant du regard.

-Une chance que je ne dormais pas ! S'exclama Léo. Faut que je pense à remercier Octave d'avoir mit du sucre dans mes machine.

Mira avisa un sac rempli d'ambroisie entre ses mains.

-C'est de l'ambroisie ?

-Hein ? Ah, ouais !

-Donne !

-Valdez, tu me sauve la vie ! Se récria Percy en mangeant un carré du précieux remontant.

Une deuxième secousse ébranla la place.

La grande roue tomba dans un grand fracas. Mira remarqua deux Drakainas derrière, qui venaient de disparaitre.

-Vite ! Thalia, Hazel, restez avec ma mère et Paul ! Ordonna la générale avec son tact légendaire.

-Je m'en vais, dit brusquement Poséidon.

-Comment ça ?

-J'ai abandonné mon royaume qui se faisait attaquer par le monstre du Loch Ness, Mira, je dois y aller.

Mira se calma et porta ses doigts à sa bouche. Elle siffla. Un tentacule sortit discrètement de l'eau, un peu plus bas.

-Le Kraken ira avec toi. Monstre VS Monstre. Mais tu me le rends, hein ! Menaça-t-elle. Et tu essaye de rallier Nessie !

-Promis, sourit son père. Ne vous éloignez pas de la plage, je reviendrais.

Puis, il plongea de la falaise et disparut dans les eaux.

Mira courut aider les blessés.

-Léo, jette un œil sur la grande roue. J'ai vu deux monstres.

-Yep… les boulons ont sauté.

-C'pas vrai, grommela-t-elle.

Elle sortit une petite fille de la cabine. Heureusement, personne ne se tenait sous la grande roue après la première secousse. Il n'y avait que des blessés.

La fille pleura dans ses bras un instant. Elle ne devait pas avoir plus de neuf ans.

-Chut, rassura Mira. Tout va bien.

-J'ai entendu un rire, après la première secousse. C'était horrible. Puis j'ai vu deux créatures en bas. J'ai eu peur.

-Deux créatures ? Et tu as vu d'autres monstres, dans ta vie ?

-Oui. Des monstres comme ça. Une fois, j'ai même vu un monsieur avec un seul œil !

-Un cyclope, murmura Mira. Hey ! Les mecs ! On a une mortelle qui voit à travers la brume !

-Mon papa m'a défendue de parler de ça, désolée, dit-elle en baissant la tête.

-Ne t'inquiète pas, dit Annabeth. On les voit, nous aussi.

La petite leva la tête avec une lueur d'espoir dans le regard.

-Ah oui ?

-Lilly !

Un homme courait vers eux.

-Papa !

-Oh, Dieu soit loué, tu vas bien ! J'ai eu peur !

-Papa ! Ils les voient aussi !

-Quoi ?

-Les monstres !

Son père se raidit.

-Lilly, je t'ai dit d'arrêter de dire des idioties pareilles ! Tu as dépassé l'âge de croire aux monstres ! La réprimanda-t-il avec une sorte de peur dans la voix. Excusez-la.

-Qui était sa mère ? Demanda calmement Mira.

-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler…, fit l'homme en regardant ailleurs.

-Vous le savez, je le vois, dans vos yeux, dit Piper. Mon père n'a jamais su ce que ma mère était. Estimez-vous heureux de connaitre la nature de la mère de votre enfant.

-Déméter.

-Pardon ?

-Sa mère. C'était Déméter.

-Tiens, la petite sœur à Katie ! S'aventura Travis.

-Ouais, ta future belle sœur, taquina son frère.

-Connor, si tu veux que je commence avec ta Reyna, on n'en finira pas !

-Ce n'est pas…

-On se calme, les jumeaux, sinon je vous donne un coup de poing !

-Non, non, c'est bon, on se calme.

-J'ai mal à la cheville, gémit Lilly.

La générale inspecta la cheville de l'enfant.

-Elle est foulée. Ce n'est rien.

Elle posa ses doigts sur la cheville et les retira en entendant le petit cri de douleur que poussa la petite.

-Passez-moi le sac, ordonna Mira.

Elle découpa un carré d'ambroisie et le donna à Lilly.

-Mange ça.

Elle obéit et se remit aussitôt sur ses jambes.

-Allez, fuyez, dit-elle à son père. Mais ramenez-la l'année prochaine, à Long Island, à la Colonie des Sang-Mêlés.

Elle lui expliqua où il devrait allez et, après un hochement de tête, l'homme et sa fille s'en allèrent.

-Une charmante fille. Allons aider les autres.

Talonnée de sa petite équipe, Mira continua à aider les blessés.

Puis, ils retournèrent vers Sally et Paul. Thalia et Hazel étaient toujours à leur poste.

-Merci, les filles.

-Y'a vraiment pas de quoi.

Ils s'éloignèrent de la fête foraine et descendirent sur la plage, sur conseil de Poséidon.

-Attention, Mira ! S'exclama Léo.

Il la prit par la taille et la plaqua à terre, juste à temps pour éviter un long pieu en bois, pointu au bout, se diriger vers elle. Le pieu l'égratigna à la joue. Mira cligna des yeux plusieurs fois, puis demanda :

-C'est moi, ou tu viens de me sauver, Valdez ?

-J'en ai fait le serment, j'vais pas me défiler tout de suite !

-Tu es blessé, dit-elle en regardant l'entaille sur sa joue.

« Comme c'est mignon, le faiseur de feu protège la fille de Poséidon. »

-Va crever en Enfer, Gaïa, cracha Léo, en se relevant.

« Tu veux que je rejoigne ta mère là-bas, histoire de lui tenir compagnie ? »

-JE T'INTERDIS DE PARLER DE MA MÈRE, TU M'ENTENDS ?

Il tremblait de tous ses membres, prêt à prendre feu à n'importe quel moment.

« Esperanza Valdez… hum… elle doit se sentir bien seule. Et quelle honte pour elle de savoir que c'est son propre fils qui l'a tuée. »

Gaïa s'amusait comme une petite folle à appuyer sur cette corde, Mira le voyait. Ses poings étaient serrés et une aura meurtrière se dégageait d'elle. Comment osait-elle évoquer Esperanza ? Elle allait lui dire deux mots, à cette Mère Nourricière de mes deux…

-Parle encore d'Esperanza, tonna une voix bourrue, et avise-toi de dire encore une fois que c'est mon fils qui l'a tuée, et je te jure que je te brûle sur place.

Ils se retournèrent. Héphaïstos avait quitté son atelier. Même avec la magie, fit une voix dans la tête de Mira, il était aussi laid que son fils était beau.

Stop. Rembobinage. Pause. Ralenti.

Valdez, beau ? Pourquoi elle pensait ça ?

Sally fit l'aller-retour entre Héphaïstos et Léo. C'est fou ce que le père et le fils n'avaient rien en commun !

L'un était horrible et l'autre, beau comme un cœur.

-Seigneur, s'inclina Mira.

« Tu t'inclines devant cet Immortel, fille de Poséidon, mais pas devant ta Mère Originelle ? »

-Je n'ai qu'une seule mère, tronche de terre, et elle se tient devant moi, claqua Mira.

-Elle en a, du répondant, cette petite, fit Héphaïstos. Je l'aime bien…

« C'est surement héréditaire, ça », pensa Léo.

-Gaïa nous parle, et nous, on se tape une causette, sortit Travis.

« C'est ce que je vois. Et rien que pour m'avoir manqué de respect, Mira Jackson, je te laisse un petit cadeau. »

Une Empousai sortit des rochers en gloussant machiavéliquement. Gaïa sourit et Héphaïstos tomba à terre en se tenant le crâne.

-Papa ! S'écria Léo.

Il allait courir vers lui lorsqu'un mur de flamme l'en empêcha. Que cela tienne, il résistait aux flammes, n'est-ce pas ?

Il se brûla en touchant d'un doigt le mur.

« Tu es plus fort que cela. Tu contrôles les flammes, alors pourquoi pas celles-ci ? »

-C'est bon, Mamie Nova, je suis pas Rambo, grogna-t-il.

-Tu parles à qui ? Demanda Mira.

-A Héra.

-Si elle pouvait ramener son royal fessier…

-Mira Jackson, s'indigna sa mère.

-… faciès, je lui en serais gré !

L'Empousai les regarda, puis attaqua.

-Holà, ma jolie ! Zen ! Se récria Léo en lançant une gerbe de flammes.

-Ta jolie, Valdez ? Tu crois vraiment qu'on va s'en sortir avec un plan de drague ?

-Si je l'invite à diner, elle va nous lâcher ?

-J'crois pas, nan. Rah, papa fait vite ! S'exclama Mira. C'est pas possible ce que Kraken me manque !

Sa mère articula silencieusement le mot ''Kraken'', comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas…

-Eh, dîtes donc, les amoureux, on n'a pas le temps, là ! Rétorqua Percy en bloquant l'Empousai qui avait sauté sur lui.

-Tuer ! Tonna une voix.

-Rooh, mince ! Un Lestrygon !

-Tuer Mira Jackson.

-Hey ! Gros plein de soupe ! Je suis là, si tu veux me tuer !

Il était balèze, c'était ce que l'on pouvait dire. Des melons –que dis-je ? Des pastèques, plutôt !- lui tenaient lieu de biceps et des tatouages ornaient son corps.

-Mira, tu le provoques pas un tout petit peu, là ?

-C'est le but ! EH GROS LARD ! VIENS ICI, SI T'ES UN HOMME !

Elle tira son stylo épée et le décapuchonna.

-Maman, aujourd'hui, tu vas voir ta fille chérie se battre contre un monstre.

-Tu vas te battre contre ce… ce géant ?

Mira évalua son adversaire, puis haussa les épaules.

-Ҫa va être de la petite bière. Mettez-vous mettre à l'abri.

Elle fit rouler sa tête sur ses épaules.

-Et on fait comment, pour le seigneur Héphaïstos ?

-Léo. Les flammes sont à toi.

-Mais je me suis brûlé en les touchant !

-C'est que tu ne les as pas apprivoisés.

-Ok, c'est toi, le chef.

Elle se mit en position d'attaque, et se lança vers le cannibale en rugissant.

Il stoppa son épée avec ses mains.

-Jolie. Je comprends le seigneur Porphyrion. Tu viens avec moi.

-Ta gueule, imbécile ! Jamais je n'appartiendrais à quiconque !

Elle dégagea son épée et la lui asséna sur le bras. Le cannibale esquiva. Il sortit un poignard d'un fourreau accroché à sa ceinture et ils croisèrent le fer un instant.

-Fini, le jeu, gros balourd, tu me saoule sérieusement.

D'un coup d'épée, Mira lui trancha la tête et le monstre éclata en poussière. Elle sauta sur l'Empousai et lui enfonça sa lame dans le ventre. Elle subit le même sort que son ami.

Léo, de son côté, était toujours en train d'essayer de dompter le mur de flammes rouges sang qui le séparaient de son père.

-Mira, attention ! Entendit-il soudainement.

Une Drakaina sortait des fourrés et avait lancé une flèche sur Mira.

Ce n'était pas passé loin. Léo avait réussi à cramer la flèche avant qu'elle n'atteigne sa bien-aimée…

…avec les flammes rouges.

Il les regarda un instant, puis posa sa main sur le mur de flammes. Il était toujours aussi brulant.

« Montre leurs que tu es plus fort !»

-Facile à dire…

Il passa un pied dans le mur et eut un petit cri de douleur. Se mordant violemment l'intérieur de la joue, il sentit bientôt le gout du sang l'envahir. Il passa un deuxième pied et s'en perfora presque la langue.

Léo se brûlait pour la première fois.

Il sentit son visage se couvrir de cloques, à l'instar du reste de son corps.

Pantelant, il réussit à sortir de l'autre côté des flammes, dans un état lamentable. Son père était allongé, inconscient, sur le sable. Vacillant, il se précipita vers lui. S'écroulant plus qu'il ne s'agenouilla, il le secoua, faisant éclater quelques cloques sur les paumes de ses mains.

-Aller, papa, debout !

Ce dernier gémit et ouvrit péniblement les yeux.

-Léo ? Mais que… ? Attends, tu es blessé ?

Il se releva et regarda le visage de son fils.

-Ma parole, tu t'es brulé, où quoi ? Tu résiste aux flammes, normalement !

-Heureusement que je résiste aux flammes, je serais mort, sinon…

Héphaïstos regarda les flammes rouges.

-Ces flammes… je ne les ai pas vues depuis tellement longtemps… ce sont celle du géant qui est né pour me combattre. Je comprends…

Le mur disparut soudainement.

Mira hoqueta de stupeur en voyant Léo.

-Léo ?

Elle accourut et prit son visage en coupe. Elle le lâcha immédiatement après lorsqu'il poussa un cri de douleur.

-Oh ! C'est de ma faute ! J'aurais pas du te dire de…

-T'inquiète pas Princesse. Je vais bien…

Mira sourit tristement. Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas appelée ''Princesse''. Il avait dit, un jour, en riant, qu'elle ressemblait plus physiquement à une princesse qu'à une guerrière sanguinaire… Elle avait failli l'étriper.

-Tout va bien ? Demanda Percy en arrivant.

-Le mur a disparu ?

-Ils ont battu en retraite.

Elle reporta son attention sur Léo.

-Valdez, écoute-moi. Tu vas essayer de te lever et de m'accompagner dans l'eau.

Elle passa délicatement un bras autour de sa taille et l'aida à se lever. Une fois –enfin –dans l'eau, Mira lui prit la main et se concentra. Elle sentit l'eau monter sur le corps de Léo et soigner ses blessures.

Une fois la tâche faite, elle s'écroula dans l'eau salée et respira.

-Mira ? Articula Léo.

-Ouaip ?

-Merci.

-Pas de problème.

Mira se releva.

-Au fait, dit-elle en se triturant les doigts. Pour… pour le baiser de tout à l'heure…

Il haussa un sourcil et elle lui tomba dans les bras, l'enlaçant à l'étouffer.

-Je suis désolée, chuchota-t-elle. Je sais que je ne devais pas te… t'utiliser de la sorte, mais j'étais tellement en colère que…

-Eh ! La rassura-t-il en prenant son visage entre ses mains. Eh, Princesse. Y'a pas de problèmes, tu sais ! T'avais dit que j'étais ton frère, alors t'inquiète, un frère est toujours là pour aider sa sœur ! Si ça à pu t'aider à faire enrager ton frangin, ça ira !

-Si seulement Percy était comme toi, sourit-elle tristement.

-Eh ! S'indigna-t-il. Je suis unique, moi !

Mira éclata de rire.

-Oui, c'est vrai !

-Alors ? Ma gueule est arrangée ?

-Nickel !

Ils se levèrent et retournèrent près des autres.

-Ҫa va mieux, Léo ? Demanda Piper.

Pour toute réponse, il tourna sur lui-même.

Mira arborait un petit sourire triomphant.

-Arrête de sourire comme ça, tu me fous les jetons, rétorqua Percy.

-Je pense juste à mon nouveau copain.

-Qui encore ? S'exaspéra son frère.

-Nessie !

-Et malheureusement, super papa n'a pas pu te le ramener, fit une voix faussement triste.

-C'est pas juste, bouda-t-elle.

-Mais si, que je te l'ai ramené ! Pas le choix, d'ailleurs… Quand il a vu le kraken, il est resté collé à lui.

-Où est-il ? Demanda-t-elle, excitée comme un gosse, un matin de Noël.

-Il joue avec son nouveau copain… Houlà, Héphaïstos, tu t'es pris une raclée, où quoi ?

-Oui, de la part de Gaïa elle-même.

-Eh ben, tiens ! Elle est revenue ?

-Ouaip ! Répondit sa fille. On ferait mieux de rentrer… on a une réunion demain à 9h30.

-Ah, oui, je me souviens, ironisa Piper.

-C'est pas comme si tu nous avais littéralement menacé de mort, continua Annabeth sur le même ton.

-Alors là, pas du tout, hein ! Renchérit Hazel.

-Voyons, loin de moi cette idée ! Se choqua faussement la fille de Poséidon.

-Mira, t'es une tortionnaire née, faut pas faire l'innocente, rétorqua Thalia, blasée.

Mira éclata d'un rire sadique.

-Je dois toujours vous tuer, toutes les trois… attendez demain…

-Qu'est-ce qu'il y'a, demain ? Demanda Héphaïstos.

-Eh, bien, les romains et les grecs mettent les choses au clair entre eux, expliqua Mira.

-Remarque, y'a pas besoin de mettre les choses au clair entre eux et toi, t'as déjà envoyé au tapis un mec de deux fois ta taille et de trois fois ton poids en muscles, railla Percy.

Poséidon tourna la tête vers Mira si vite qu'elle en avait mal au cou à sa place.

-Tu as fait quoi ? Et j'étais sensé le savoir quand, ça ?

-Un jour, peut-être, on ne sait jamais, répondit-elle nerveusement.

-La digne fille de Poséidon que voilà ! S'exclama son père, fier.

-Tu félicite ta fille de s'être battue ? Se fâcha Sally.

Il lui fit un énorme sourire.

-Mes enfants sont tous combattifs !

-Moi qui espérais la rendre plus féminine, c'est raté ! Déplora la mère de famille.

-Désolée, M'man ! Mais je ne fais pas partie du club de lutte du lycée pour rien…

-Toi, dans le groupe de lutte ?

-On a pas gagné le championnat de fin d'année pour rien, cervelle de krill ! J'ai mis le champion de l'autre lycée au tapis… faut dire qu'il misait plus sur sa force que sur sa vitesse…

-Je crois qu'on devrait y aller. Gaïa va peut-être revenir.

-Tu as raison. Je préfèrerais maman et Paul en sécurité qu'ici. On y va.

Les jumeaux embrassèrent Paul et Sally. Cette dernière prit tous les demi-dieux dans ses bras en leur intimant de faire très attention à eux. Elle promit de leur envoyer des cookies aussitôt qu'ils reviendraient de guerre.

-Vous me préviendrez de votre départ, n'est-ce pas ?

-Ne t'inquiète pas, maman. On t'appellera pour te prévenir, la rassura Mira.

-Et vous me promettez de revenir ? Demanda-t-elle, émue, à ses enfants.

-J'essayerai, sourit Percy.

Mira tourna les talons et ne répondit rien.

-Et toi, Mira ?

Pour toute réponse, elle leva le bras, main tendue en guise d'au revoir, toujours dos à sa mère.

Percy la rejoignit.

-Tu n'as rien promis, remarqua-t-il.

-Percy… on a une chance sur deux de revenir vivants. Je ne veux rien promettre.

Léo arriva par derrière et jeta nonchalamment un bras autour de ses épaules.

-T'inquiète ! Tu peux promettre sans crainte ! N'oublie pas mon serment.

Il lui fit un clin d'œil, et fut vite fusillé du regard par Poséidon et Percy.

-Mais, oui, plaisanta la fille du dieu des océans. Mon chevalier servant sera toujours là pour me protéger.

-Toujours, assura-t-il nerveusement, menacé de mort de part et d'autre.

En un éclair, ils étaient devant l'entrée du Camp.

Chacun alla à ses quartiers.

Une fois dans leur chambre, les filles soupirèrent.

-Quelle soirée…

-Tu l'as dit.

-Toute la journée à été bizarre.

-Je suis claquée !

-Dodo…

Mira se déshabilla, se mit en pyjama en vitesse éclair et s'endormit aussitôt sa tête posée sur l'oreiller.

Elle se fit réveiller, vers huit heures du matin, par un hurlement à s'en briser les tympans. Le genre de truc qui annonce l'Apocalypse avec un grand A, la vraie.

Un instant plus tard, tous les demi-dieux étaient dehors, le cri venant de la limite entre la ville et le Camp, poussé par ce cher Terminus.

-Que se passe-t-il ? Demanda Mira, en poussant un peu pour arriver au premier rang, épée brandie.

S'il avait des mains, Terminus serait en train de s'arracher les cheveux. Mais là, il se lamentait.

Devant lui, il y avait un groupe composé d'une douzaine de personnes.

-Mais enfin, Terminus, on vous a bien manqué un peu, nan ?

-J'ENRAGE !

-Aller ! Je suis sure que vous nous aimez bien au fond !

-CESSEZ DE PROFERER DE TELLES BALIVERNES, VOUS DEUX !

-Diane, Apollon, cessez d'importuner ce pauvre Terminus.

Thalia grimaça.

-Mon père, chuchota-t-elle à Mira. Mon père romain… Oh, merde… cache-moi, Mira !

Eh, oui ! Tous les dieux, sans Athéna, avaient débarqué en plein Camp. Chouette, hein ? Comment ça, non ?

-Mes chers demi-dieux ! Clama Zeus-Jupiter. Aujourd'hui est une journée décisive pour notre future entente. Les Centurions et les Conseillers en Chef se sont entendus, mais entre les autres pensionnaires, rien n'est réglé. Passons à la réunion…

-Ahem, monseigneur ? Quémanda Mira, amusée. Je crois que le moment n'est pas encore venu. Nous sommes tous en pyjamas et je risque de faire un génocide si quelqu'un d'autre pose encore son regard sur mes jambes.

Poséidon gronda et une légère secousse ébranla le sol.

-Merci, papa, mais je règle seule mes combats.

-Je vous prierais de retourner dans vos dortoirs et d'enfiler des vêtements plus appropriés, jeunes gens ! Gronda Terminus. Jackson ! Pourrais-je savoir si vous désirez entrer dans le Guinness du short le plus court ?

-C'est pas de ma faute, se défendit-elle. D'ailleurs, si ce n'était pas votre cri, je ne serais jamais sortie comme ça !

Terminus tourna la tête et poussa un 'Humph' très clair quand au fait qu'il boudait.

-Soit. Allez vous changer, déclara Zeus-Jupiter.

Ils ne se firent pas prier et, quelques instants plus tard, Mira, Annabeth et Piper étaient dans leur chambre.

Mira enfila son armure par-dessus ses vêtements et se regarda dans la glace. Elle était classe, comme ça, n'empêche…

-Aller, on y va ! Mira, cesse de te regarder dans le miroir, on dirait que tu deviens une fille, c'est flippant !

Elle se détacha de son image et elles se dirigèrent vers le Champ de Mars.

Mira siffla d'admiration devant l'estrade et les gradins.

Mis à part les dieux, Reyna, Rachel et elles, il n'y avait personne.

-Alors, c'est suffisant ? Demanda la Prêteur à Mira.

-Tu parles… c'est parfait !

Les autres arrivèrent bientôt. Jason et Percy, essoufflés comme des bœufs, essayaient de se maintenir sur le pauvre Léo.

-Pourquoi ils sont à court de souffle ?

-Ils ont eu peur d'arriver en retard.

-Je vois. Prenez place sur l'estrade. Et bien droits, je vous prie, pas avachis comme des plats de flan ! Léo, crame-les s'ils se ramollissent.

-Entendu…

Les pensionnaires se succédèrent, si bien qu'avant 9h30, tout le monde était là.

Les Sept et Mira étaient sur l'estrade.

Tyson aussi venait d'arriver. Il se plaça entre sa sœur et son frère et ses cyclopes allèrent s'installer au sommet des gradins, sous les yeux incrédules et hébétés des romains.

Les chasseresses lançaient des regards assassins aux garçons qui osaient poser les yeux sur elles.

Blackjack, Pégase, Skippy et Arion se tenaient près de l'estrade et conversaient allégrement.

-On s'en fout de savoir si l'avoine est meilleure que le blé ou encore si l'or se mange ou pas, les mecs, maugréa Mira à voix basse.

Un raclement de gorge fit taire toutes les discussions.

-Aujourd'hui, reprit Zeus-Jupiter, les armées se font face et se réuniront, et, à leur tête, un général. Celui que j'ai choisi.

-Eh bien, qu'il se montre, mon frère, fit une voix derrière eux.

-Mon frère ? C'est toi ?

Hadès-Pluton, était là. Il n'était ni avec ses harpies, ni avec sa femme, mais seul.

-Je suis là, en tant qu'Hadès, pour demander au général des armées une faveur particulière.

-Rejoins-nous donc, mon frère, avança Poséidon-Neptune.

Hadès-Pluton obtempéra et monta sur l'estrade.

-Que ton général se montre, père, demanda Arès-Mars. Il me tarde de voir qui tu as choisi.

-Mon général, appela le seigneur des dieux.

Mira respira et s'avança. Puis, elle s'inclina devant son oncle.

Les chuchotis arrivèrent à ses oreilles.

-C'est elle ?

-Moi, j'aurais cru que ce serait un romain ! Doit y'avoir une erreur quelque part !

-Regardez-la, elle a pas le gabarit.

-En plus, c'est une fille ! Vous vous rendez compte ? C'même pas un mec…

Ce fut le mot de trop. Mira se leva et fusilla du regard le malheureux.

-Il me semble avoir déjà démontré que je détestais les machos, dit-elle, glaciale. De plus, ce que j'ai fais au Centurion Larry hier, je peux le refaire aujourd'hui. Si vous vivez encore dans le passé, vous serez toujours aussi bouchés.

Elle fit taire les exclamations indignées d'un seul regard.

-Silence, claqua-t-elle.

Les romains se turent, sous les regards satisfaits des grecs.

-Jason, lui, l'a toujours comprit, continua-t-elle. Ce n'est pas parce que les romains ont colonisé la Grèce, il y'a longtemps, que vous restez les maîtres suprêmes. Je vous ferais remarquer que nous, les grecs, étions là avant vous. La Grèce est la racine des dieux. Alors, vous me ferez l'immense plaisir d'arrêter de vous prendre pour les plus forts. Et le caractère sexiste, les garçons, vous avez intérêt à le faire disparaitre, car je n'accepterais pas ce genre de comportement sous mon commandement. Me suis-je bien faite comprendre ?

Elle les toisa encore un instant avant d'asséner.

-Et enfin, c'est le seigneur de l'univers qui m'a choisie. Si vous avez une réclamation, adressez-vous directement à lui. Ce sera tout sur ce sujet.

Héra-Junon soupira.

-Mira Jackson a raison. Rome a possédé la Grèce, il y a longtemps. Mais ce n'est plus le cas. Vous ne vivez pas dans la trace de vos ancêtres, vous vivez l'instant présent.

-J'ai choisi Mira Jackson comme général en chef des troupes gréco-romaine. Elle aura sous ses ordres les troupes grecques, romaines et mythiques. A elle de choisir ses généraux.

-Mon choix s'est déjà arrêté, mon seigneur.

-Ah bon ?

-Oui. Par exemple : Clarisse, tu seras à la tête de l'armée grecque et Reyna, de l'armée romaine. Tyson, tu reste général de celle des cyclopes. Chiron, les Poneys Fêtards sont à vos ordres…

-Ô ciel, murmura-t-il.

-… ainsi que les griffons, les chimères et les sphinx, continua-t-elle en ignorant son commentaire. Le monstre du Loch Ness commandera les dragons et les drakôns et le kraken sera aux commandes des animaux aquatiques comme les sirènes. Ces deux monstres, ainsi que les autres qui viendraient à nous rejoindre, sont sous mon commandement direct. Il y'a d'autre troupes, ainsi que d'autres généraux, bien sûr, mais je n'en cite que quelques uns. Nous parlerons des affectations plus tard. Le plus alarmant est le fait que notre ennemi dispose du Léviathan.

-Le Léviathan ? La créature de l'Apocalypse ? Demanda un romain, effrayé.

-Oui. Il est prioritaire que ce monstre doit être épargné en cas d'attaque. Le rallier à notre cause pourrait nous être utile. Il ne faut le tuer qu'en cas d'urgence.

Arès-Mars éclata de rire.

-J'étais réticent, en te voyant, Mira Jackson, mais je me suis trompé. Je vois que tu as l'autorité d'un chef.

-Venant de vous, c'est un honneur, dit-elle avec un sourire en coin.

Puis, elle se tourna vers les Sept.

-Je me suis organisée de façon à ce vous soyez entièrement concentrés sur votre quête.

-A présent, dit Zeus-Jupiter, parles, mon frère. Quelle est ta requête.

-Mon fils, Nico Di Angelo, a disparu. Je soupçonne Gaïa.

-En effet, c'est elle, dit Hazel. Elle a enlevé Nico.

-De plus, Athéna s'est volatilisée. Serait-elle… ?

-Prisonnière ? J'en ai peur. Rachel a énoncé une prophétie, pour Mira.

-Je dois retrouver Nico et dame Athéna.

-Et si tu échoue ? Fit une voix désagréable. Et si tu te plantais ? Si Gaïa a décidé de les enlever, elle fera tout pour que tu ne les retrouve pas. Après tout, tu n'es qu'à demie mortelle… et tu es une fille.

Artémis-Diane dû retenir ses chasseresses pour éviter qu'elles ne le tuent pour son commentaire déplaisant et Mira posa la main sur l'épaule de son père qui avait amorcé un pas.

-Je suis surprise, Octave, dit-elle calmement. D'habitude, les soldats cherchent à avoir des promotions et des montées en grade. Toi, tu fais tout le contraire. De plus, il me semblait t'avoir dit de ranger ce caractère misogyne dans un tiroir et de ne pas le ressortir. Et enfin, tu me demandais comment moi, une demie mortelle, pouvait libérer les otages alors que Gaïa fera tout ce qui est en son œuvre pour que je ne puisse pas les retrouver. C'est très simple…

Les oreilles se tendirent. Chacun voulait savoir comment Mira allait s'y prendre.

-Et bien saches que moi, contrairement à toi, je n'ai pas eu la belle vie, comme je l'ai raconté, il n'y a pas si longtemps. Cela veut donc dire que je connais, à peu près, le caractère tordu des gens comme ça. De un, ils ont la folie des grandeurs, ce qui veut dire que toutes nos batailles se dérouleront dans des sites historiques et des monuments d'époque. On peut donc être surs que l'on ne trouvera pas nos deux disparus dans un parking ou dans une salle de cinéma.

Les grecs se trémoussèrent sur leurs sièges, fiers de leur chef.

-De deux, même si dame Athéna est prisonnière, elle pourra nous envoyer des signaux, comme l'a fait dame Héra ici présente il y'a environ huit ou neuf mois. Nous aurons donc la certitude que nous ne serons pas seuls. Et de trois…

Elle marqua une pause et se racla la gorge.

-Et de trois, répéta-t-elle, Kitty O'Leary est dotée d'un flair extraordinaire et qu'elle peut sentir une odeur à des kilomètres…

-Quel rapport avec les deux prisonniers ?

Mira haussa les épaules.

-Chaque demi-dieu à son odeur que les monstres peuvent sentir de très loin –sans vous offenser. Et Nico est un demi-dieu. Et l'un des Trois Grands, qui plus est.

-Ouais, grimaça Jason.

-On est de vrais aimants à monstres, renchérit Percy.

-Ils nous flairent même au détour d'une ruelle, se désola Hazel.

-Ou encore dans une forêt enneigée et tapissée de sapins, acquiesça Thalia.

-Roh, ça va ! Vous au moins c'est dans des lieux anodins ! Moi, j'étais sous la douche quand un Lestrygon s'est infiltré dans la salle de bain.

-Bilan ?

-J'lui ai cassé deux côtes, déboité le bras, brisé la cheville et je lui ai coupé la tête. Et tout ça en maintenant la serviette !

-Trop forte !

-Merci…

-On n'a pas le temps, là.

-Désolée… bref. Tout ça pour vous dire que trouver dame Athéna et Nico sera peut-être difficile, mais pas impossible.

-Et le Huitième ? Fit une voix, parmi les romains. On ne sait pas encore qui c'est ?

-Octave pourrait peut-être le localiser ? Demanda un deuxième.

-Bonne idée, fit Percy. Quelqu'un a un nounours ?

Apollon réprima un rire et fit apparaitre un ours en peluche.

Dignement, Octave poussa un « Humph ! » et descendit les gradins, puis, il se plaça près de Mira, face à une table qui n'était pas là, un instant plus tôt.

-Je n'ai pas mon couteau, fit-il remarquer.

-Arrête de faire ta chochotte, railla Piper en lui lançant Katoptris.

Il le considéra un instant avant de se saisir de l'ours en peluche que son ancêtre lui tendit et de l'éventrer.

-Aïe, pauvre ourson, grimaça Mira.

-Le Huitième…, commença-t-il avant de se faire couper par Rachel.

-Le Huitième est là, parmi nous.

Elle était en haut des gradins avec les chasseresses.

Brusquement, elle s'était levée, les yeux fous et embrumés.

-J'allais le dire, merci, fit Octave en la fusillant du regard.

Il se racla la gorge et regarda les rembourrages d'ours en peluche.

-Le Huitième s'est fait choisir récemment, rapporta-t-il. Le geste qui a scellé son sort a été commis hier.

Instinctivement, Jason afficha une mine inquiète.

-Durant l'incident des jumeaux à la fête foraine ?

-Non, avant, dit Rachel, qui était descendue et qui se tenait maintenant au côté d'Octave.

-Et qui est-ce ? Demanda Mira en s'approchant d'eux.

-Je ne sais pas, avoua Rachel. C'est comme si… comme si j'avais un mot sur la langue, mais que je ne pouvais pas le dire…

-Les présages sont flous. On dit qu'il est issu de l'Amour mais sans plus.

-Je sais… c'est dit dans la prophétie.

-Et le champ d'action des Sœurs Grises ne s'étend pas jusqu'en Californie…

-J'aurais du leur demander de me donner l'identité du Huitième lorsque j'ai demandé celle des Sept…

-Elles n'auraient pas pu, la coupa Apollon. Le Huitième n'a été choisi qu'hier, et, semble-t-il, l'ennemi a jeté un voile sur son identité.

-Je n'aime pas ça, fit sombrement Mira en se mordant l'ongle du pouce. Gaïa a une longueur d'avance sur nous et, tant que le Huitième est inconnu, on a de quoi s'en faire…

-Elle sait qui c'est, n'est-ce pas ? Demanda Reyna.

-Oui, et elle s'amuse à nous le cacher.

-Bon, je vais remédier à ça une bonne fois pour toute.

Mira se retourna vers les gradins.

-Je veux votre entière attention, prononça-t-elle si durement que chacun arrêta de parler pour l'écouter. Le Huitième est parmi nous, mais n'avons aucun indice sur son identité. Alors je vous préviens : Gaïa vous menacera surement, que vous soyez le Huitième ou non. Elle voudra un espion de son côté. Ce que je vous ferais subir si vous rejoignez ses rangs sera pire que les pires souffrances qu'elle pourra vous infliger. Compris ?

Silence de mort.

-Alors, dit Zeus-Jupiter. Que pensez-vous de mon général ?

-Elle en a, du discours, votre fille, mon oncle, fit Arès-Mars en se tournant vers le dieu des océans.

-Merci, répondit-il avec un sourire en coin.

-Je pose mon accord, assura le dieu de la guerre.

-Moi aussi, je suis d'accord, fit celui du soleil.

-Pareil…

Les dieux soumirent leur consentement.

-Quand irons-nous ? Demanda soudainement un romain.

Le brouhaha se leva instinctivement.

-S'il vous plait ! S'exaspéra Mira.

Le silence revint.

-Je crois qu'il serait préférable de ne pas traîner, reprit-elle. Entrainement intensif, les gars, on s'en va dans cinq jours.

-Cinq jours ?

Mira soutint le regard d'Octave.

-Oui, Octave. Cinq jours. Quatre jours d'entrainement et on s'en va le lendemain. Nous n'avons pas l'éternité devant nous. Gaïa, si. Donc, tout le monde se lève, l'entrainement commence.

L'estrade disparut sous terre et les pensionnaires se redressèrent. Le Champ de Mars fut soudainement rempli de Sang-Mêlés grecs et romains debout devant Mira.

« Heureusement que ce champ est immense » pensa la générale.

-Aller ! On commence avec une petite cinquantaine de pompes ! Cria-t-elle pour se faire entendre.

Se promettant de ne pas se démonter devant cette fille, les romains s'exécutèrent, suivis des grecs.

Mira fit comme eux, bien décidée à montrer l'exemple. Elle eut tôt fait de finir.

-Aller ! Plus vite ! Mon grand-père avait plus d'énergie ! Les encouragea-t-elle.

-Ton… grand-père… c'était Cronos, rétorqua Piper, essoufflée, tout en luttant pour ne pas s'effondrer.

-Tout juste ! Aller, aller, aller, aller ! Vous enchaînerez avec soixante-dix abdominaux !

Elle s'attela à ses soixante-dix abdos afin de ne pas perdre de temps.

A la fin, les Sang-Mêlés haletaient si fort qu'ils lui firent pitié.

-Vous venez de me convaincre de vous soustraire cinq tours du Champ de Mars, admit-elle. Aller, dix tours, les mecs !

S'ils avaient pu pleurer, les Sang-Mêlés l'auraient fait.

-Elle ne s'arrête jamais, ta frangine ? Haleta Dakota.

-J'sais pas, mec, répondit Percy dans le même état. Ça fait huit mois que je ne l'ai pas vue…

-Elle nous en a fait voir des vertes et des pas mûres, souffla Jason.

-Aller ! Plus vite que ça ! Ordonna la principale concernée, en tête de troupe.

Sur les gradins, les dieux regardaient.

-Elle a de l'entrain, cette petite.

-Bon… je crois qu'on devrait rentrer, nous.

-Ouais.

Et ils se volatilisèrent.

-Ce n'était que l'échauffement, les vieilles ! Prévint Mira. Le véritable entrainement commence !

Et leur calvaire continua… et continua… et continua…

Ils ne mangèrent que très peu, trop occupés à s'entrainer.

La nuit tomba. Mira déclara la fin de l'entrainement de la journée.

-Qu'en avez-vous pensé ? Demanda-t-elle, le sourire aux lèvres.

-Je ne dirais plus jamais que les femmes grecques sont moins endurantes et moins fortes que nous tous, se plaignit un romain.

-Contente de l'entendre.

-Nous, on va aller prendre une douche, manger et se coucher…

-Mais il n'est que huit heures ! S'étonna Percy.

-Oui, mais y'a rien d'autre à faire…

-Allez prendre une douche, manger et revenez ici juste après, demanda Mira.

-Hein ? Pourquoi ?

-Je vais vous apprendre une coutume grecque, aujourd'hui… question de nous unir un peu plus.

Chacun vaqua aux douches, puis au réfectoire.

Enfin, ils revinrent au Champ de Mars.

Les grecs étaient assis dans les gradins et discutaient entre eux.

-Vous voilà, fit Percy avec un grand sourire.

-Léo, dit Mira. Tu peux l'allumer.

Léo hocha la tête et alluma un tas de bois, juste en face des gradins en pierre et Lou, la Conseillère en Chef du bungalow d'Hécate, l'ensorcela.

-Venez, ne restez pas debout comme ça, les invita la générale.

Ils s'assirent.

-Chez nous, on appelle ça un Feu de Camp, leur apprit Annabeth.

Les romains, incrédules, virent les Apollon commencer à chanter des chansons débiles, puis virent Travis et Connor Alatir se lever et danser sous les acclamations.

Mira, ayant troqué son armure pour un t-shirt, se fit embarquer de force, et se prêta au jeu.

Les rires furent contagieux et les romains suivirent le mouvement.

Quelques uns se levèrent même et dansèrent avec les autres.

Le feu changea graduellement : du feu normal, il passa au jaune vif, puis à l'orangé, avant de virer au doré, dénonçant une humeur des plus favorables.

Ce premier soir, les relations s'améliorèrent, si bien que l'on vit beaucoup plus de groupes mixtes.

Mira sourit et disparut soudainement. Léo la vit et la suivit.

Elle marchait sur le sable froid, la légère brise faisant voleter ses cheveux et la lune la faisaient ressembler à une déesse.

Lorsqu'elle se retourna, son souffle se coupa.

Léo s'avançait, un sourire en coin, les mains nonchalamment enfoncées dans les poches de son jean, les deux premiers boutons de sa chemise ouverts, ses cheveux bouclés rayonnant sous l'astre de la nuit, ses yeux hyperactifs brillant de milles feux. Il était tellement beau…

Ils semblaient irréels. Deux êtres tenant des dieux.

Alors, comme si c'était naturel, elle tendit la main, un sourire étirant ses lèvres rosées. Il sortit la sienne de sa poche et s'en saisit. Entremêlant leurs doigts, ils se regardèrent un petit moment, puis Mira l'entraina vers l'océan.

Elle plongea avec lui et entoura sa tête d'une bulle d'air.

-N'aie pas peur, le rassura-t-elle.

-Jamais avec toi, répondit-il en pressant un peu plus ses doigts.

-Je veux te montrer quelque chose.

Elle lui intima de fermer les yeux.

Puis, elle nagea et s'enfonça un peu plus.

-Tu peux regarder, sourit-elle.

Léo ouvrit les yeux et hoqueta. Le fond des eaux brillait par la lumière de la lune qui se reflétait, malgré la couverture d'eau, sur les coraux multicolores, et des poissons lumineux et brillants nageaient entre les algues rougeoyantes.

-C'est… c'est…

Mira le regarda fixement.

-C'est magnifique, finit-il par avouer.

-Tu vois, dit-elle avec un petit sourire, ça, c'est mon royaume.

-Tu t'y intègre si bien, lâcha-t-il.

Il plaqua rapidement les mains sur sa bouche, ses doigts traversant la bulle sans la faire éclater.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Mira, perplexe.

-Je veux dire que… cet endroit te met tellement en valeur et… et tes yeux brillent… encore plus sous l'eau, balbutia-t-il, écarlate.

Mira rosit.

-Merci, dit-elle en baissant la tête, un petit sourire aux lèvres. Tu es tellement gentil…

-Je dis la vérité, assura-t-il.

Elle rit doucement, puis lui jeta un regard mutin et se mit à nager.

-Rattrape-moi, si tu es capable ! Le nargua-t-elle en riant.

Elle était dans son territoire. Elle avait donc l'avantage.

Mira lui coulait littéralement entre les doigts : à chaque fois qu'il était près de la rattraper, elle s'enfuyait.

Elle finit par se cacher derrière un rocher. Elle regarda derrière le roc pour essayer d'apercevoir Léo. Personne.

Intriguée, elle ramena sa tête vers sa cachette, un sourcil haussé.

Soudainement, deux bras entourèrent sa taille.

-Attrapée, chuchota une voix moqueuse près de son oreille.

Mira, la bouche entrouverte, rougit.

Il était si proche… si proche…

Le contact de ses bras puissants autour de son corps était si plaisant… elle se mordit la lèvre inférieure.

Puis, elle se contorsionna de manière à lui faire face.

Erreur… leurs visages n'étaient séparés que par quelques millimètres.

Sans son rendre compte, elle utilisa ses pouvoirs. La bulle autour de la tête de Léo s'agrandit jusqu'à les englober entièrement.

Ils se rapprochèrent encore.

Leurs souffles se mélangèrent.

En face de leur écran, les déesses retinrent leur souffle. Deux fois en deux jours ?! C'était mieux qu'un cadeau d'anniversaire en avance !

Deux millimètres…

Mira savourait déjà le contact des lèvres de Léo sur les siennes.

Son cerveau était engourdi.

Elle ne devait pas, pourtant. C'était défier son père sur son propre territoire. Mais elle le voulait tellement ! Et, pour une fois, elle mit ses sentiments avant son devoir.

Un millimètre…

Quand à Léo, il anticipait le goût fruité de celles de Mira. Il savait que c'était risqué pour elle, mais il ne pouvait tout simplement pas bouger, hypnotisé par la magie du moment, au milieu des coraux brillant comme en plein jour, et la lumière diaphane de la lune perçant la surface faisant s'illuminer les écailles des poissons.

Plus que…

-Ahem, ahem, fit une voix dangereusement autoritaire et familière.


Je sais, je sais! Je suis en retard! Mais comprenez-moi un peu, avec mes examens, je n'ai vraiment pas le temps! En plus, j'essaye d'écrire le maximum possible pour vous, mes chers lecteurs adorés que j'aaaaaimmmmeeeeeeuuuh x3! Oui, j'ai pris mes médicaments, c'matin. Pourquoi?

Bref...

C'est comme d'hab! Les questions qui auront une réponse au prochain chapitre... enfin... peut-être!

-Quelle personne a osé stopper notre rêve le plus profond (Enfin, qui s'est déjà réalisé mais qui aurait pu se réaliser une deuxième fois, hein...)?

-Une alliance greco-romaine se profile à l'horizon. Un espoir?

-Avant la Grèce, c'est le mont Othrys. Mira sera-t-elle insensible ou sa peur est-elle simplement enfouie au fond d'elle?

-Ce chapitre vous a-t-il plu? Avez-vous des critiques, même négatives qui pourraient m'aider à arranger tout ça?

A plus les gars! Et vive le Miréo! (Dédicace à Carnivore-Encore!)

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