Lily : Douterais-tu de Madara ?
Alviss : J'ai adoré te provoquer comme je l'ai fait :D et ton plan est carrément pas crédible :p Tu trouves pas que Keiko fait un peu enfant gâtée ? :p
Elysabeth : Lundi est enfin arrivé ! Pas trop dur ? :D
Ananas : Ta réaction a été celle qui m'a fait le plus rire :D Oublie pas que Keiko est encore une enfant aussi non ? :p
Makina glissa doucement les bras autour de la nuque de Madara, frottant délibérément sa poitrine contre lui pour l'attiser un peu et rouvrit les yeux en sentant une douleur importante foudroyer son corps. Elle cracha un peu de sang sur lui tandis qu'il pouffait sombrement en caressant doucement sa joue du nez et il murmura, à son oreille :
- Je veux que tu meurs, ici et maintenant.
Il enfonça un peu plus son kunai dans la colonne vertébrale de Makina et elle convulsa violemment avant de tomber lourdement sur le sol. Madara la regarda un instant de haut avant de l'achever, en lui tranchant la gorge d'un geste rapide et il récupéra le collier qu'il avait donné à Kagami avant de reprendre le chemin du village.
Rapidement, il rattrapa l'armée, indiqua au père de Makina où était le corps de sa fille et après un hochement de tête, le général sortit des rangs pour aller s'en occuper.
Ils arrivèrent rapidement au village, qu'ils inspectèrent avec soin avant que Madara invoque la trappe. Les shinobis qui gardaient l'entrée se mirent en position de défense mais en voyant la silhouette très reconnaissable de Madara, et en sentant sa signature de chakra, ils abaissèrent leurs armes et appelèrent Kagami, qui devait, traditionnellement, sortir en première.
Celle ci courut le long du couloir, monta les marches deux par deux et sauta dans les bras de Madara qui sourit en la rattrapant avec soin.
Elle n'avait même pas pris le temps de remarquer son état effroyable, mais elle avait tellement eut peur ! Elle angoissait de le savoir au combat, car dans un sens, s'ils n'étaient pas tombés sur la patrouille, ce jour là, ils n'auraient pas été attaqués ! Et elle avait senti son coeur lui faire tellement mal quand elle avait pensé qu'il puisse lui revenir blessé.
Il grogna légèrement en la sentant perdre connaissance mais la souleva avec douceur avant de faire signe aux shinobis de faire évacuer le tunnel. Keiko les rejoignit en premier, fronça les sourcils en remarquant l'état de sa soeur mais elle se détourna rapidement en voyant que Madara était couvert de sang. Son visage dur était tâché avec ce qui ressemblait à du sang frais, ses vêtements étaient coupés, à certains endroits et en y regardant de plus près, il était blessé, à l'épaule droite. Elle pouvait y voir une coupure assez nette mais plutôt profonde mais celle ci n'avait pas l'air de le gêner.
Quand tout le monde fut sorti du tunnel, il donna l'ordre aux shinobis de rester sur leurs gardes et de doubler les patrouilles avant de convoquer les généraux dans la salle de réunion pour un debriefing, mais il renvoya Izuna chez lui, en lui confiant sa femme toujours inconsciente.
Madara alla ensuite parler de la bataille avec ses hommes, laissant un des médics lui soigner l'épaule tandis qu'il parlait avec les généraux.
Izuna, quant à lui, ramena les deux jeunes femmes à la maison, surpris que Tetsu les suive et déposa Kagami sur son lit, en disant à Aiji de la surveiller. Il alla ensuite voir Ume pour lui indiquer de préparer du thé et lui dire qu'il allait se laver.
Une petite heure plus tard, Madara les rejoignit et soupira de soulagement en voyant que la salle de bain était libre. Il se déshabilla rapidement et se plongea dans la baignoire, sans prendre le temps de se laver avant. Le bruit de l'eau attira l'attention de Kagami, réveillée depuis quelques minutes.
Elle se leva lentement et alla toquer à la porte. Madara grogna doucement, les yeux fermés et elle entra dans la salle de bain, referma correctement la porte et sourit légèrement en voyant son mari en train de faire rougir l'eau. Elle alla s'asseoir sur le bord de la baignoire, frissonna en voyant la cicatrice fraiche sur l'épaule de Madara et y déposa un baiser avant de l'embrasser sur le front. Il soupira doucement et murmura, en la regardant dans les yeux :
- Je t'ai ramené un cadeau.
- La tête d'un ennemi ?
Il sourit à sa plaisanterie et dit non de la tête en lui indiquant ses vêtements d'un signe de tête. Elle les fouilla rapidement, du bout des doigts, jusqu'à voir le collier tomber d'une des poches. Il était tâché de sang mais il brillait comme dans ses souvenirs. Elle retourna lentement s'installer près de son mari qui attrapa la pierre pour la nettoyer avec soin dans l'eau savonneuse, puis il replaça le collier au cou de sa femme qui toucha doucement la pierre du bout des doigts avant de sourire et le remercier.
Elle prit ensuite lentement appui sur les épaules de Madara, qui grinça un peu des dents à cause de sa blessure toujours un peu douloureuse et elle l'embrassa avec tendresse en faisant attention de ne pas tomber dans l'eau rougeâtre. Madara passa une main douce dans les cheveux de sa belle et murmura sur ses lèvres :
- Tu dois me pardonner.
- Pourquoi ?
- J'ai embrassé Makina.
Kagami rouvrit vivement les yeux, une lueur blessée au fond des pupilles mais Madara reprit ses lèvres très rapidement avant de dire :
- Ne crois pas que je l'ai fais par plaisir. Je l'ai tuée juste après.
- Tu aurais pu éviter ?
- Sa mort aurait été beaucoup moins brutale. Elle méritait que je lui fasse mal physiquement et mentalement, à cause de ce qu'elle t'a fait.
Kagami resta comme figée un instant avant de hocher doucement la tête, ce qui fit plaisir à Madara. Au moins, elle ne lui criait pas après, et elle ne semblait pas dégoutée, quoique peut être un peu blessée par le baiser.
Elle se redressa ensuite avec lenteur et attrapa une des petites cruches, qu'elle plongea dans l'eau pour la vider sur la tête de Madara en grognant :
- Tu pues.
Madara gloussa légèrement, lui jetant un coup d'oeil amusé entre les mèches de cheveux qui lui collaient à présent au visage et répondit :
- Ça n'est pas gentil de dire ça, alors que j'ai risqué ma vie pour te protéger !
- Et tu as du sang jusque dans les cheveux.
Elle attrapa une des petites bouteilles en verre sur une étagère au dessus de la baignoire et en versa une bonne dose du contenu dans la paume de sa main pour faire un bon shampoing à Madara. Celui ci se sentit un peu bête au début, jusqu'à se dire qu'on ne lui avait pas fait un truc pareil depuis qu'il était gosse, mais en se sentant frissonner, au rythme des doigts de Kagami sur sa peau, il se dit que ça n'était pas si mal, finalement.
En faisant attention, elle plaça ses cheveux en arrière pour tous les avoir à portée, et ne pas lui mettre de savon dans les yeux et après qu'il ait fermé les yeux, elle se permit de sourire largement, laissant glisser les mèches un peu rêches de son mari entre ses doigts.
Elle adorait ses cheveux. Elle savait que sans eux, Madara ne serait plus tout à fait lui et combien de fois avait-elle rêvé de les coiffer, ou juste les caresser, mais elle savait que son mari n'aimerait pas être pris pour une poupée, même en privée, et maintenant qu'elle l'avait sous la main, qu'il ne bougeait pas, elle allait en profiter.
Elle y passa plusieurs minutes, et jetait des coups d'oeil au visage de son mari qui se détendait rapidement, jusqu'à ce qu'il soupire qu'il pourrait la laisser faire pendant des heures. Là, elle continua encore un peu, jusqu'à soupirer en voyant que la mousse sur ses mains étaient de la même couleur que l'eau et elle dût aller en faire chauffer à la cuisine pour rincer les cheveux de son mari, sous le regard curieux d'Izuna.
Quand Madara sortit de la baignoire, il s'enroula dans une serviette et essuya sa peau avec soin mais quand il vit sa femme avec une brosse à la main, il se figea et murmura :
- Non.
- S'il te plait !
- Je ne suis pas une poupée !
- Arrête, je t'ai vu en train de soupirer de bien être quand je …
- Au peigne mais pas à la brosse.
Il s'assit sur le tabouret de la pièce d'un air contrarié et elle attrapa le peigne, satisfaite de le voir céder. Elle commença par lui faire la raie comme il en avait l'habitude avant de le coiffer avec soin, faisant très attention dès qu'elle arrivait à un noeud. Elle le voyait serrer les dents, de temps en temps, mais il ne dit rien jusqu'à ce qu'elle ait terminé.
Là, il se leva et la prit dans ses bras pour grogner à son oreille :
- J'espère que tu en as bien profité, je ne l'accepterais pas une seconde fois ….
- Bien sûr que si, et tu le sais aussi bien que moi ..
Il ferma les yeux, sachant parfaitement qu'elle avait raison et la laissa l'embrasser dans le cou avant de murmurer :
- Un diner et au lit, les trois derniers jours ont été forts en émotions pour toi …
- Tu veux savoir quel moment a été le plus intense ?
Elle se redressa en posant le peigne, lui jeta un coup d'oeil amusé quand il dit non de la tête. Elle se dirigea lentement vers la porte et murmura :
- Quand tu m'as attachée au lit, la dernière fois.
Elle le regarda d'un air très sensuel en sortant de la salle de bain et il passa une main sur son front en soupirant, légèrement allumé par les allégations de sa femme.
Il enleva le bouchon de la baignoire pour que l'eau s'en écoule avant d'aller s'habiller rapidement et rejoindre les autres en bas. Izuna était en train de parler avec Keiko tandis que Kagami attendait d'un air fatigué. Madara s'installa à côté d'elle, fit signe à Ume de servir le diner et embrassa sa femme sur la tempe avant de dire à Izuna :
- Demain, nous devrons choisir qui m'accompagne et qui reste ici. Et qui sera en service spécial avec Keiko.
Izuna acquiesça, commençant déjà à réfléchir aux shinobis les plus qualifiés pour la mission et Madara installa lui même un futon pour Keiko, au rez de chaussée, près du chauffage. Elle le regarda d'un mauvais oeil et ne le remercia pas mais Kagami lui fit baisser les yeux d'un regard avant de monter avec Madara et de se changer pour s'allonger.
Elle regarda son mari se changer d'un regard envieux et il murmura, en lui tournant le dos :
- Tu vois quelque chose qui te plait, peut être ?
- Viens donc me réchauffer un peu.
Il sourit en entrant dans le lit, l'attira dans ses bras et l'embrassa dans le cou en grognant :
- Ne dis pas ça comme ça ou tu vas encore crier toute la nuit.
- Oh non, j'ai déjà mal partout !
Il sourit contre sa peau et elle lui donna un léger baiser avant de fermer les yeux et s'endormir dans un soupir.
À son réveil, Kagami tenait Aiji dans ses bras, le loup ayant profité que le maitre des lieux soit parti à l'aube pour aller faire une sieste avec sa maitresse adorée. Elle fourra le nez dans son cou tandis qu'il soupirait et murmura :
- Madara va t'engueuler s'il voit que tu as dormi avec moi !
Le loup laissa échapper une légère plainte mais ne bougea pas alors Kagami sourit légèrement et resta là plusieurs minutes avant d'effectivement se lever.
Après un bon bain, elle descendit, le loup sur les talons, but rapidement un thé et sortit de la maison en plissant un peu des yeux à cause du grand soleil, malgré la température un peu fraiche. Elle rejoignit rapidement le bureau de Madara et sourit en voyant qu'il était penché avec sérieux sur une liste de shinobis, sûrement pour l'accompagner pour leur mission. Elle l'embrassa doucement sur le haut de la tête, caressant sa nuque d'une main légère et demanda :
- Tu n'aurais pas vu ma soeur ? Et mon garde ?
- Ils sont ensemble, près des terrains d'entrainement. Mais j'ai dit à Aiji de te surveiller.
- Oh, je n'ai plus de garde, alors ?
- Je suis là, moi.
Il releva les yeux d'un air fatigué et elle glissa un bras autour de son cou pour l'attirer contre elle. Il ferma les yeux en soupirant légèrement et murmura :
- Regarde la liste, dis moi ce que t'en penses.
- Où est Izu ?
- En entrainement.
- Oh …
Il redressa la tête en entendant le ton intéressé de la jeune femme, lâcha ses parchemins pour la faire s'asseoir sur ses cuisses, face à lui et murmura, en caressant doucement ses hanches :
- Tu sais que n'importe qui peut arriver .. ?
- Tout de suite les sous entendus graveleux !
- Tu semblais pourtant …
- Je veux juste passer un peu de temps avec mon mari, je ne vois pas où est le mal à ça.
Il lui adressa un de ses sourires arrogant, ne pouvant s'en empêcher en l'entendant le qualifier de « mari » et la rapprocha légèrement de lui pour l'embrasser avec douceur. Il glissa une main sous les vêtements de sa femme, caressant son dos avec tendresse sans le moindre geste déplacé et quand il s'écarta, il lui attrapa fermement le menton pour lui faire tourner la tête et murmura à son oreille, d'une voix plus grave que d'habitude :
- Je refuse que tu t'éloignes de moi pour devenir reine.
Kagami sentit son coeur la gêner quelques fractions de seconde, à la fois à cause de sa possessivité, mais aussi parce que ça compromettait tout le plan qu'elle avait mis en place. Elle se redressa pour le regarder dans les yeux mais ses pupilles ébènes ne dévoilaient plus la moindre émotion. Il les avait toutes dissimulées loin en lui et regardait sa femme avec une certaine rigidité, pour qu'elle comprenne qu'il ne changerait pas d'avis, et qu'elle n'avait pas le choix.
Elle ne baissa pas les yeux devant son regard impitoyable et murmura :
- Je ne sais pas à quoi tu as pensé, Madara, ni ce que tu as actuellement dans la tête. Mais je m'en tiendrais à mon plan, quoique tu dises.
- Tu feras ce que je te dis de faire.
- Madara, tu …
Elle s'interrompit en entendant toquer à la porte et profita de la distraction pour se lever et aller s'asseoir sur une chaise, derrière lui. Madara retint un soupir, sachant qu'il allait sûrement devoir lui en reparler et grogna un « entrez » un peu agacé.
Keiko entra rapidement, laissant Tetsu derrière elle, rougit en voyant sa soeur et referma la porte avant de demander :
- Madara-sama, pourrais-je parler à ma soeur en privé ?
- Je suis dans mon bureau, si vous voulez parler, c'est dehors.
Kagami sentit son estomac se nouer en entendant qu'elle l'avait mis de mauvaise humeur avant de faire un signe de la tête à sa soeur et l'accompagner dehors. Keiko frissonna de peur en repensant au ton de Madara et murmura :
- Qu'est ce qu'il a ?
- Rien qui te regarde.
- Mais je suis ta soeur et …
- Et tu n'as pas à savoir ce qui se passe entre mon mari et moi. Qu'est ce qu'il y a ?
Keiko soupira en fronçant les sourcils.
Leur séparation, et ce clan de shinobis avait définitivement changé Kagami. Elle était tellement douce et souriante, avant tout ça. Et elle lui aurait toujours tout dit, mais là, parce que monsieur était un shinobi « juste et fier », elle n'avait rien droit de savoir ! Et en plus, Izuna lui avait dit qu'il avait faillit la tuer ! Comment pouvait-elle l'apprécier ? Ou même supporter de le voir !?
Ce qu'elle ne savait pas, c'était que Kagami avait muri, grandi, et qu'elle savait faire la part des choses. Elle n'était plus une enfant capricieuse, mais une maitresse de clan et la vie de beaucoup de personnes dépendait d'elle. Et elle ne pouvait pas les abandonner.
- Je voulais savoir si tu savais qui allait m'accompagner.
- Pourquoi ?
- J-je …
La plus jeune se mit à rougir et Kagami demanda :
- Je peux regarder, si tu veux.
Keiko hocha rapidement la tête et Kagami retourna dans le bureau, surprenant Madara en train de boire à grandes gorgées, au goulot de sa bouteille de saké. Il jeta un regard froid à sa femme, mais elle attrapa le parchemin sur la table et murmura à Keiko qu'elle serait accompagnée par cinq shinobis qu'elle ne connaissait pas. En voyant la fillette rougir à nouveau, elle lui indiqua qu'elle s'en chargerait et attendit qu'elle soit partie pour s'asseoir sur le bureau et ajouter Tetsu à l'escouade qui protégerait sa soeur.
Elle sourit en remarquant le regard interrogateur de Madara et lui murmura :
- Elle est amoureuse de lui ..
- Vraiment ?
- Je connais ma soeur, oui.
Il haussa une épaule et s'enfonça dans son fauteuil sans un mot. Elle lui prit la bouteille des mains, y but une gorgée avant de la refermer et murmura :
- Tu sais que l'alcool en grosses quantités te rend grognon.
- Il me faut au moins ça quand je sais que ma femme va me quitter.
Elle cligna, surprise qu'il se mette dans un état pareil pour quelque chose d'aussi futile, mais après tout, elle ne lui avait pas révélé la totalité de son plan. Mais elle ne pensait vraiment pas que ça le toucherait autant.
Il soupira longuement en posant une main douce sur la cuisses de Kagami, la caressa un moment et demanda :
- Tu es sûre que le plan fonctionnera ?
- Il y a toujours des incertitudes mais je fais confiance aux shinobis.
- Nous partirons demain soir, après que j'ai briefé mes hommes.
- D'accord.
Il se leva lentement, la dominant de tout son torse, l'embrassa sur le front en caressant la nuque de sa précieuse femme et murmura, l'estomac un peu noué :
- Prends ma place pour la fin de la journée, j'ai besoin de prendre l'air.
- Si tu veux.
Il lui donna un léger baiser et sortit du bureau d'un air impassible, mais intérieurement, il le sentait parfaitement. Pour la première fois de sa vie, il avait laissé une femme prendre une place importante en lui, il lui avait révélé des choses intimes et elle le blessait.
Et il détestait ça.
Il la rejoignit tard dans leur lit, cette nuit là. Kagami dormait déjà. Elle avait essayé de résister, mais la journée au bureau avait été longue et elle manquait peut être un peu d'énergie. Mais il ne s'en soucia pas plus que ça. Aiji la surveillait, la tête posée sur le lit et il sortit au moment où Madara entra dans la chambre. Le regard du chef de clan se posa sur sa femme, dont le visage était faiblement éclairé par une bougie et il posa un genou sur le lit pour l'embrasser sur la tempe avant de se déshabiller et la prendre dans ses bras.
Il avait passé la journée à méditer, à un endroit qu'il rejoignait à chaque fois qu'il avait besoin de se détendre et était arrivé à la conclusion qu'il n'avait pas le droit d'empêcher Kagami de mettre son plan en exécution. Elle avait le poids d'une nation sur les épaules. Une nation mineure, mais trop de sang avait déjà coulé. Ça lui coutait de penser ça, il ne supportait pas d'imaginer être séparé d'elle, vu qu'il savait que lui même ne resterait pas au palais pour devenir roi. Ça n'était pas ce qu'il voulait, même pas pour le bien d'un pays. Il voulait devenir plus puissant, dans son art, dépasser les autres clans shinobis.
Il était fait pour être une légende, et il le savait parfaitement.
Alors oui, il allait la suivre, le plus possible, et s'il devait se séparer d'elle … peut être n'aurait-il pas le choix, cette fois.
Après tout, il lui avait forcé la main, pour le mariage, et elle avait tout à fait le droit de l'annuler si elle devenait souveraine.
Il n'en dormit pas de la nuit, mais arriva à forcer un sourire en voyant la jeune femme se réveiller. Elle se tourna dans ses bras, en grognant un peu d'un air fatigué, se blottit contre lui et murmura :
- Bonjour …
En se rapprochant au maximum de lui, elle colla ses hanches aux siennes et fut surprise de ne pas le sentir au garde à vous, comme ça arrivait tous les matins, quand il se réveillait, alors elle le regarda dans les yeux, d'un air interrogateur.
Il jeta un coup d'oeil vers le bas avant de dire :
- Ca n'arrive que quand j'ai dormi.
- Et .. tu n'as pas dormi ?
- Non.
- Pourquoi ?
Il haussa une épaule, en la regardant dans les yeux et elle se pinça les lèvres en voyant cette lueur blessée au fond de ses pupilles ébènes. Alors elle lui embrassa doucement la mâchoire et le prit dans ses bras pour essayer de le réconforter.
Mais il n'en avait pas besoin, il était déjà résigné.
Pourtant, il la laissa quand même le caresser, et le baiser comme elle le voulait. Il voyait que ça la blessait, qu'il se laisse faire sans participer, qu'il laisse son corps réagir naturellement sans participer à l'acte en lui même, mais il voulait la blesser, inconsciemment. Lui rendre la pareille.
Quand elle s'allongea à côté de lui, n'ayant pas réussi à jouir, tandis qu'il avait à peine grogné, elle se sentit mal. Tellement mal qu'elle s'enroula dans un des draps pour aller se réfugier à la salle de bain tandis que Madara passait les mains dans ses cheveux.
Il ne ressentait pas de culpabilité. C'était un sentiment qu'il n'avait jamais vraiment connu mais peut être que ça n'allait que lui faire confirmer son idée, qu'elle devait partir et ne pas le revoir.
Mais peut être que tout ça ne comptait plus déjà, pour lui.
Il passa la journée à briefer ses hommes à propos du plan, tandis que Kagami se reposa, en préparant ses affaires, avec l'aide d'Hotaru et le soir arrivé, elle rejoignit la rue principale, accompagnée d'Aiji.
Tout le monde était déjà là. Keiko, dont le visage était caché sous une écharpe était proche de Tetsu et lui tenait la main, entourée de son escouade de protection et Madara, armé légèrement pour des attaques discrètes ainsi qu'une vingtaine de shinobis, spécialisés dans les attaques furtives et sournoises. Kagami se plaça à côté de son mari, en ajustant l'épaisse cape sur ses épaules et Madara lui murmura :
- Nous ne nous arrêterons pas avant d'arriver au Pays de la pluie. Si tu fatigues, un des shinobis te portera. Aiji se débrouillera pour suivre.
- D'accord.
Il hocha la tête, avant de jeter un coup d'oeil à la seconde escouade et leur fit signe de partir, puis, la compagnie principale se mit en mouvement.
Kagami jeta un dernier coup d'oeil au village, pas sûre de le revoir un jour et effaça rapidement une larme d'un revers de manche.
