Disclaimer : Yamane-sensei est la fabuleuse mangaka qui a créé l'univers et les personnages que j'utilise ici, je ne suis qu'une modeste auteure de fanfiction.
Je vous remercie pour les reviews qui ont plu pour le chapitre précédent ! C'est génial ! Pour le coup, j'ai presque eu envie de révéler la suite à certaines. Mais bon. Il faut savoir être patient.
Alors voici le fameux chapitre vingt-et-un qui m'a mise à l'épreuve. Je n'en suis toujours pas satisfaite mais bon. J'ai corrigé certains passages, enlever certaines fautes d'orthographe monstrueuses... J'ai eu l'impression de ne pas en voir le bout.
La bataille commence
Subitement, Akihito reprit contrôle de son corps, il balança un coup de coude dans le visage d'Arbatov, et il en profita pour se défaire de l'étreinte de l'homme et mettre un peu de distance entre eux. Le nez d'Arbatov était recouvert de sang, mais l'homme fixa à nouveau de ses yeux intenses le jeune homme qui avait eu l'audace de le frapper. Arbatov plongea sur sa proie mais cette dernière fut plus rapide que l'éclair. Akihito avait pris de la vitesse avec le temps, beaucoup plus que sur le bateau de Feilong. Il saisit un morceau de bois à terre et le leva pour atteindre la tête d'Arbatov, mais l'homme évita prestement l'attaque d'Akihito.
Akihito visa le ventre, mais l'homme prit l'arme de fortune du jeune homme et la brisa en deux sur son genou. Arbatov envoya la poussière de bois sur les yeux d'Akihito qui en soufra beaucoup. Les yeux en larmes, il ne vit pas l'autre homme bondir sur lui et le frapper en plein visage. La tête d'Akihito tomba lourdement sur le sol, et il resta dans cette position pendant quelques secondes, son cerveau le détestant pleinement en cet instant. Cependant, avant qu'il ait pu reprendre possession de ses esprits, Arbatov donna un coup violent dans le ventre d'Akihito et ce dernier sentit le goût du sang dans sa bouche.
- On tente de faire croire qu'on a grandi ?
Arbatov effleura de son poing la mâchoire d'Akihito, et souleva sans ménagement sa tête vers lui.
- Dans tes rêves gamin, sans Asami, tu n'es rien. Comment quelqu'un comme lui a-t-il pu succomber à tes charmes, je me demande.
A la mention d'Asami quelque chose tiqua dans le cerveau d'Akihito mais son corps refusait toujours de lui répondre. Sa tête était une plaie ouverte, et son ventre était salement amoché par le coup d'Arbatov. Il avait effectivement besoin d'aide. Il aurait vraiment dû venir avec ses comparses avec lui de se précipiter tête baissée vers le danger.
- Comme je te l'ai dit assez souvent dans mon restaurant, tu n'as ta place que dans la caniveau. Tu sais, Sudoh m'a longuement parlé du chien des rues qui avait volé le coeur de son Asami Ryûichi, à quel point cela lui avait brisé le coeur, à quel point te voir avec lui était une torture, et en fait, je te vois en réalité, tu n'es rien. Tu n'es qu'un petit journaliste à la traîne qui n'a eu son prix que parce qu'Asami le soutenait financièrement.
Et il ajouta :
- Tu n'aurais jamais dû t'approcher de lui, jamais.
Akihito revenait peu à peu à lui-même, et écoutait malgré lui le discours d'Arbatov. Si seulement cet homme comprenait ne serait-ce qu'un fragment de la relation qu'il entretenait avec Asami, alors les corbeaux seraient blancs.
- Que te trouve-t-il, hein ?
Le souffle d'Arbatov était tellement proche de son visage... Cet homme respirait la puanteur et le sang, à plein nez, il avait plongé à ce point dans ses nouvelles convictions, faute d'un meilleur terme. Il était à vomir.
- En fait, t'es qu'un joli petit cul qui demande à ce qu'on le baise profondément.
Alors Akihito se releva juste un peu, sa douleur dans l'estomac le faisant toujours horriblement souffrir, et eut la force de balancer son genou dans la figure de l'autre homme. Arbatov recula aussitôt, cette fois, son nez était complètement cassé, il était défiguré et ressemblait aux personnages de ses propres dessins, une allégorie hideuse.
- Enflure !
Akihito se hissa sur le côté, et balança son pied en direction de la jambe d'Arbatov qui tomba à terre dans un nuage de poussière. Akihito trouva la force de se relever malgré les douleurs à sa tête et à son ventre. Ses trois comparses arrivèrent juste à ce moment, mais hélas, Kage Heishi avait aussi fait son apparition, des sabres à la main. Akihito l'évita juste à temps tandis que l'Asiatique prenait position entre son employeur et Kage.
Kage envoya son sabre vers la nuque de l'autre, mais ce dernier para avec ses propres épées. S'ensuivit un magnifique ballet meurtrier, où chacun voulait définitivement avoir le dessus sur l'autre. L'italien et le Mexicain se positionnèrent de part et d'autre d'Akihito, et le soutinrent. Ils savaient ce qu'il fallait faire dans ce cas, ils devaient partir aussitôt. L'Asiatique était prêt à se sacrifier pour son patron.
Alors ils le laissèrent sur place, mais l'Asiatique faiblissait à vue d'oeil, Kage était beaucoup trop fort pour l'Asiatique. Au moins, ils gagneraient très vite la sortie. Mais elle était aussi trop éloignée du lieu du combat. Aussi, ils accélérèrent le rythme de leur course tout en portant Takaba chacun par un bras. Le jeune homme avait un mal fou à bouger, Arbatov l'avait vraiment frappé durement. D'habitude, Takaba arrivait sans le moindre problème à échapper à leurs attaques.
Une fois parvenus à la sortie, ils tombèrent sur un charmant comité d'accueil : le commandant Yamato les attendait avec une lettre à la main. Il pouvait enfin prendre sa revanche sur Asami Ryûichi ce soir pour avoir osé ruiner sa réputation d'excellent policier. Il passa les menottes autour des poignets d'Akihito qui ne put rien faire. Face à un membre des forces de l'ordre, c'était délicat de résister.
- Je ne comprends pas...
Yamato sourit de toutes ses dents :
- Association de malfaiteurs, trafic d'influence, possession d'armes illégale. Tous les éléments sont réunis.
Asami... Il avait senti ce coup venir... Il était le seul à pouvoir le sortir de ce pétrin dorénavant, et Kuroda aussi. Mais il espérait vivement que Kuroda préparait activement la parade... C'était sans doute pour ces raisons qu'Asami avait explicitement demandé à Kuroda de le suivre. Asami avait un plan derrière le plan, toujours.
- Mais qui m'accuse ?
Yamato sourit de toutes ses dents :
- Tout vous accuse, Takaba.
XOXOX
- Alors, on ne fait plus le fier maintenant ? Moi qui pensais qu'un journaliste de votre rang se vanterait d'un entretien exclusif avec Asami Ryûichi.
Mais Raibaru ne pouvait même plus répondre, son corps était intégralement couvert de sang. Il avait cru qu'Asami Ryûichi se jouait tout simplement de lui, que quelqu'un avait pris sa place, que quelqu'un lui jouait un mauvais tour. Son corps n'était qu'une immense plaie ouverte tellement les coups d'Asami avaient été forts.
- Vous ne répondez pas ?
Asami émit un rictus des plus sinistres qui ne disait rien qui vaille vraiment. Du moins pour Raibaru. Il avait déjà abandonné tout espoir qu'on le sauve, mais il espérait toujours qu'Asami le prenne dans ses bras.
- Oh, je vois... Vous espérez sans doute que je vous prenne dans mes bras ?
Asami éclata d'un rire farouche, que ce journaliste était pathétique ! Akihito n'aurait jamais eu le cran de demander plus, au contraire, leur première fois avait été rude, très rude. Akihito n'avait pas voulu, il le reconnaissait mais au moins il s'était battu pour sa dignité ! Alors que Raibaru était prêt à ouvrir les jambes rien que pour lui ! Comme si sortir avec Asami Ryûichi était un but en soi dans la vie !
- Vous êtes tellement pareils, tous, à vouloir coucher avec moi, que ce soit Sudoh, que ce soit Feilong, vous êtes tous tellement pathétiques.
Raibaru se sentit tellement rabaissé dans son estime qu'il osa enfin parler, enfin, de ce qu'il restait de parole :
- Personne ne vous aime comme moi...
Asami toisa Raibaru de toute sa hauteur avant de le frapper à nouveau au ventre, histoire de lui rappeler qui menait l'entretien. Il adorait vraiment massacrer Raibaru, que c'était jouissif ! Il méritait tellement ce traitement, personne ne touchait en tout impunité son Akihito.
- Takaba ne vous mérite pas, il ne vous arrive pas à la cheville.
Asami le frappa en plein visage. Ainsi il prétendait vraiment qu'il avait plus de place dans son coeur qu'Akihito ? C'était tout simplement la chose la plus ridicule qu'il avait jamais entendue de sa vie.
- Il est largement supérieur.
Raibaru sentit que le sang dégoulinait de ses lèvres comme une rivière.
- Il n'a jamais cherché à m'impressionner, juste à me coincer, c'est autrement plus jouissif, vous ne croyez pas ?
Raibaru ouvrit ses yeux comme s'il voyait Asami pour la première fois. Takaba aurait eu l'audace de s'en prendre à Asami Ryûichi ? Mais il méritait qu'on l'envoie au fin fond de l'Océan Pacifique ! S'en prendre à Asami était tout simplement ridicule !
- Il n'est pas digne c'est cela ? On ne s'attaque pas à Asami, on couche avec ? C'est ça ? Risible. On ne refuse jamais un magnifique défi quand il se présente à vous !
Raibaru pensait qu'Asami était fou : on s'inclinait devant lui, on le défiait pas ouvertement, jamais l'Asami qu'il connaissait ne ferait une chose pareille ! Il l'avait vu à maintes reprises ! Asami s'asseyait sur son trône et tout le monde le regardait avec admiration ! Non ! Quelqu'un qui défiait Asami n'existait pas !
- Qu'est-ce qu'un homme s'il trouve plaisante une vie monocorde où tout le monde vous vénère ? Dites-le moi, Raibaru, vous qui ne vivez que pour l'admiration des autres.
Raibaru eut l'impression d'avoir reçu une claque sur la joue, une joue qui lui parut brûlante. Pourquoi Asami était-il aussi horrible avec lui ? Que lui avait-il fait ? Alors qu'il n'avait fait que l'admirer au cours de toutes ces années, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
- Takaba est parti pendant dix ans, j'étais là, juste pour vous.
Asami émit un rictus déplaisant. S'il était honnête avec lui-même, il aurait affirmé sans hésiter que ces dix années avaient été comme une brûlure dans son coeur, une blessure qui n'était pas entièrement cicatrisée du tout. Il avait vu les chocolats jetés par Akihito dix ans auparavant, il avait vu la pluie pour ne pas dire l'océan envoyé par Raibaru de cadeaux offerts pendant ces longues années. Il avait même vu une invitation pour un séjour à deux en Italie... Pile au moment où Akihito s'y trouvait. Drôle de coïncidence, mais bon. Ceci dit, les dates correspondaient aussi à l'embauche récente de Kage Heishi.
- J'aurais pu prendre sa place, la place qui me revient !
Asami frappa encore puissamment que précédemment, coupant le souffle à Raibaru. C'était définitivement la chose à ne pas dire en face d'Asami du tout. On ne le provoquait pas quand il s'agissait d'Akihito. C'était hors de question. Et en plus cette personne osait croire qu'elle méritait amplement sa place dans le coeur d'Asami. Son coeur. Quel culot.
- Toi, je vais t'apprendre quelques petites choses.
XOXOX
Le fourgon qui emmenait Akihito vers le tribunal était bondé de policiers tous armés jusqu'aux dents, Akihito espérait secrètement que Kuroda aurait un minimum d'appui dans sa libération parce que c'était clairement une erreur. Ceci dit, sachant que Yamato avait conclu une alliance avec Arbatov, il était fort probable qu'Akihito ne s'en sortirait pas tout seul. Il faudrait des preuves pour que Kuroda le sorte de ce mauvais pas, de cette sinistre farce.
- Tenez-le bien à l'oeil.
Yamato était sur le siège passager d'une voiture de police qui menait le convoi digne de ceux organisés par les militaires. Comment pouvait-on condamner un journaliste qui n'avait jamais rien fait de sa vie ? Personne parmi les policiers n'avait osé lever la voix contre Yamato ? Il venait de perdre un peu d'estime pour les forces de l'ordre pour le coup. En plus, il était sûr que les preuves trouvées par Yamato étaient entièrement fabriquées. Arbatov avait dû aider pour construire son dossier, il devait être sacrément sordide.
- Qu'il ne s'échappe pas.
Comment Akihito pouvait-il espérer s'échapper de cette camisole de force ? Les menottes lui rongeaient la peau, des hommes braquaient leurs armes dans sa direction et il était certain que ces hommes avaient reçu l'ordre de le tuer de suite s'il osait faire le moindre faux pas. En gros, il lui faudrait une bonne dose de chance s'il espérait s'en sortir. Ou d'astuce.
- Bien, commandant.
Le policier avait pris brutalement le bras d'Akihito dans le sien et le forçait à se tenir contre lui, un autre avait pointé son arme dans son dos, tandis qu'un autre avait pris son bras entre ses mains puissantes. Akihito feignait la soumission, mais il évaluait chacun de ces policiers, conscient qu'une fuite signerait sa perte. Il imaginait déjà les titres des journaux le lendemain, il serait la risée de tous. Mais ce n'était pas le plus important, il fallait mettre à terre Arbatov de façon définitive et ce soir prouvait qu'il avait échoué.
- Et surtout, veillez à ce qu'il ne se révolte pas, il est beaucoup plus dangereux qu'il n'y paraît.
Sur ce, Yamato s'était dirigé vers sa voiture de service, tandis qu'Akihito était mena de force dans la fourgon blindé de la police de Tokyo. Depuis quand avait-on besoin de jouer le grand jeu pour un simple journaliste ? Depuis quand fallait-il se montrer en spectacle pour arrêter quelqu'un ? Depuis quand prenait-on la peine de se déplacer en si grand nombre ? Tout ça n'avait strictement aucun sens... A moins que...
Ce fut à ce moment-là qu'Akihito saisit l'ampleur du plan d'Arbatov, non seulement, il voulait l'envoyer croupir en taule, mais en plus il désirait que les photos de son arrestation soient relayées dans tout le pays ! Il voulait utiliser Raibaru pour couvrir son arrestation et son procès ! C'était pour cette raison qu'on ne lui avait pas couvert le visage contrairement aux autres prisonniers. C'était juste pour l'humilier davantage. Arbatov était décidément bien malin.
Akihito espérait presque rencontrer Raibaru au seuil du tribunal, avec un photographe quelques journalistes pour les journaux papier et les informations diffusées le soir. Il voyait déjà des hommes des micros à la main et des caméras sur les épaules pour parfaire sa mise en scène. Mais il croyait dur comme fer que l'opinion jouerait en sa faveur, quoique Akihito avait l'impression qu'il était déjà un phénomène passé de mode.
Seuls ses confrères des autres journaux s'intéressaient encore à lui, et le prenaient de temps à autre à part dans la rue pour obtenir une interview avec lui. Il avait pris plaisir à répondre à chacune de leurs questions mais au bout d'un moment, l'exercice avait été répétitif et agaçant. Il avait affiché une mine enjouée devant les photographes mais il était énervé. Seul l'interview de Mitarai avait changé la donne.
Mitarai s'était montré plus intrusif parce qu'il connaissait Akihito et l'avait poussé dans ses moindres retranchements. L'entretien avait duré quatre heures parce que Mitarai ne voulait pas lâcher le morceau du tout, rappelant de bons souvenirs à Akihito. Le brio de Mitarai consistait à ne pas avoir l'air intéressé, mais il cherchait partout la petite bête sans que personne ne le sache. Cet homme était quelqu'un de véritablement rusé.
- Mitarai, j'espère vraiment que tu as eu vent de cette affaire, sinon, je suis perdu.
Mitarai avait réussi grâce à son travail à obtenir un carnet d'adresses aussi long que celui de Raibaru par on ne sait quel miracle. Il connaissait pratiquement tout le monde mais prétendait être un petit journaliste à la traîne aux yeux des autres. C'était un véritable serpent. Et réveillé il se révélait singulièrement dangereux.
- Couvrez-lui les lèvres.
Les policiers s'exécutèrent obligeamment, le comble pour un journaliste, qu'on lui demande de se taire, comme si son opinion importait peu. S'il n'avait pas compris le but de la manoeuvre, il aurait hurlé au scandale !
Yamato dans son véhicule s'assura que la vitre séparant son siège du siège conducteur était bien en place, il coupa tout contact avec son conducteur, qui savait très bien où il devait mener leur convoi. La victoire était certaine, personne ne pourrait contrecarrer leurs plans. Il fit sonner le portable de Raibaru à plusieurs reprises.
- Que peut-il donc faire ?
XOXOX
- Monsieur ?
Un homme pénétra dans la salle de tortures d'Asami, Raibaru, malgré le voile rouge qui recouvrait sa vision, reconnut Kirishima le secrétaire personnel d'Asami. Raibaru y vit une chance, Kirishima Kei était un homme intègre, c'était un homme qu'il aurait rêvé d'avoir à ses côtés, excellent assistant de direction, détenant plusieurs diplômes incluant celui d'assistant manager, il pourrait certainement l'aider à le tirer de ce mauvais pas.
- Monsieur Kirishima !
Il avait du mal à reprendre sa respiration. Asami l'avait frappé à la gorge à un moment.
- Je vous en prie ! Cet homme est fou ! Vous travaillez pour un fou !
Kirishima ne lui accorda aucun regard, au contraire, il passa à côté de Raibaru pour tendre un objet rectangulaire à Asami... Raibaru ouvrit du mieux qu'il put ses yeux et vit la petite marque très personnelle de son portable. En effet, Raibaru l'avait décoré d'un phénix, oiseau toujours glorieux, mais pas un phénix rouge et or, mais un phénix bleu et argent. Il scintillait littéralement dans la nuit grâce à ces couleurs.
- Monsieur, quelqu'un semble appeler cette personne.
Asami prit le portable en main, jeta un coup d'oeil à l'écran et fixa haineusement Raibaru toujours accroché à ses chaînes. Son regard ne disait absolument rien qui vaille à Raibaru du tout. Une fois de plus, il se demandait ce que l'autre avait en tête. Difficile à dire avec Asami, homme qui semblait toujours avoir une longueur d'avance sur ses adversaires.
- Mais c'est le mien !
Asami appuya sur la touche "répondre" du téléphone de Raibaru, curieux de savoir ce que son interlocuteur pouvait bien vouloir à Raibaru. Il fut agréablement surpris d'entendre la voix de Yamato à l'autre bout du fil.
- Raibaru ?
Asami se déplaça lentement vers Raibaru et fit un léger signe de la main à Kirishima qui semblait comprendre où Asami voulait en venir. Définitivement un excellent secrétaire ! Raibaru, quant à lui, était plus que ravi d'entendre la voix du commandant, il le tirerait de ce mauvais pas à coup sûr ! Il était le seul qu'il connaissait qui pouvait encore accomplir ce miracle tant espéré !
- Yamato ! Venez me sauvez !
Les cris de l'autre frappèrent avec force les tympans de Yamato, qui dut éloigner son téléphone de son oreille. Il attendit que son comparse se calme, mais apparemment, rien n'y faisait. Il hurlait encore de peur comme un gamin.
- Mais que faites-vous ? Où êtes-vous ?
Raibaru avait l'air d'avoir repris son souffle au son de la voix de Yamato, qui semblait enfin prêt à l'écouter pour de bon.
- ASAMI ! CHEZ ASAMI ! PITIE !
Yamato eut l'impression d'avoir reçu une pointe de glace dans le coeur, ce crétin avait pris la décision de se rendre chez Asami ? Qu'allait donc dire Arbatov ? Quelles seraient ses représailles ? Il espérait vivement que le Russe était du genre clément avec ses alliés, comme lui par exemple. En revanche, il ne voyait pas le Russe bouger le petit doigt pour Raibaru, il le laisserait tout simplement mourir. Encore heureux que le Russe ait demandé à Yamato de taire son alliance avec Arbatov, Raibaru serait encore capable de lâcher l'information en face d'Asami.
- Calmez-vous, je vais envoyer une escouade venir vous chercher.
Il allait rattraper la bêtise de Raibaru, il allait la tourner à son avantage, à leur avantage, il pourrait inculper Asami cette fois pour de bon, il capturerait le criminel en flagrant délit. Il sortirait enfin glorieux ! Et puis, ça renforcerait les preuves factices qu'il avait contre Takaba Akihito. Non, les deux tomberaient cette nuit ! Il avait déjà préparé une bouteille de champagne au réfrigérateur.
- Oh oui s'il-vous-plaît ! Par pitié ! Aidez-moi ! AIDEZ-MOI !
Yamato entendit de suite une autre voix, plus riche, plus chaleureuse, plus captivante en un certain sens à l'autre bout du fil. C'était la voix d'Asami Ryûichi : il le savait, il l'avait entendue à plusieurs reprises par le biais de la télévision. Et lors de cette soirée, quand il avait pénétré la maison du milliardaire. L'homme passait dans une émission qui mettait en avant les grandes réussites du Japon. Les modèles à suivre. Ils avaient suivi l'homme pendant quelques semaines et avaient diffusé cinq épisodes de la vie du milliardaire. Comment pouvait-on oublier une telle voix ?
- Yamato, je présume ? Non, comme vous l'avez entendu, Raibaru a vendu l'information. Charmant n'est-ce pas quand on révèle le nom de ses comparses ?
Asami émit un petit rire moqueur :
- La leçon que je vous ai donnée ne vous a donc pas suffi ? Il faut encore que vous vous associez avec ce Raibaru. Cette pâle imitation de journaliste ? Incapable de faire tomber le moindre criminel ? Qui ne vit que pour son image ? Il fait un bel appât n'est-ce pas ?
Yamato en eut le souffle coupé, même quand on l'accusait ouvertement, cet homme avait le don de vous caresser dans le mauvais sens du poil. Raibaru était un journaliste reconnut par l'ensemble de ses pairs et ce depuis bien des années !
- Takaba Akihito à côté n'est rien ! Il est juste votre jouet depuis le début n'est-ce pas ? Je me suis renseigné sur lui, ça fait quinze ans entre vous pas vrai ? Quinze ans d'un secret bien caché. Je savais que j'aurais dû commencer par ça, j'aurais dû passer votre carnet d'adresses au peigne fin, j'aurais dû appeler chacune des personnes, j'aurais dû me renseigner sur votre vie privée, tout.
Dans la cave secrète, Asami Ryûichi sourit diaboliquement :
- Et si c'était le cas ? Et si Takaba Akihito était vraiment mon amant depuis tellement de temps ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas eu vent de lui pendant ses dix ans d'absence au Japon ? Non, Yamato vous ne savez strictement rien de lui et moi.
Mais Yamato ne se laissa pas abattre du tout, pas cette fois, au contraire, Asami était seul quelque part, et il n'avait aucun moyen de le traquer du tout. Il aurait dû prendre un expert avec lui depuis le départ.
- Et les photos dans cette pièce ? C'est bien Takaba qui les a prises n'est-ce pas ? C'est lui qui vous a suivi pendant toutes ces années, pas vrai ? C'est bien lui ce photographe que vous avez accepté dans votre cercle privé ? Vous avez fait joujou avec et il a finalement accepté tout ce que vous lui proposiez n'est-ce pas ?
La colère faisait trembler la voix de Yamato ce qui amusa grandement Asami, décidément, cet homme n'était pas maître de lui-même quand il s'agit d'Asami. Parfait, il se servirait de ceci à son avantage au cours de la nuit.
- Vous avez raison sauf sur un point, Yamato, un seul, je n'ai jamais joué avec Akihito, je l'ai laissé venir à moi. Effectivement son petit jeu m'amusait beaucoup mais il avait quelque chose que je n'ai pas vu chez beaucoup... Il avait un talent monstrueux, il a accumulé plusieurs preuves contre moi et pas des moindres, contrairement à vous Yamato. Si seulement il avait fait preuve de discrétion, il m'aurait eu tout de suite et je n'aurais pu rien dire pour ma défense. A vingt-trois ans à peine, il était autrement plus fougueux que la plupart de mes adversaires. Y compris vous. Sauf que vous, vous ne voyiez rien de chez rien. Vous avez dix ans de plus que lui n'avait à ce moment-là. Vous êtes lamentable Yamato mais lamentable.
Yamato raccrocha aussitôt son téléphone, sous le coup de la colère. Il en avait assez entendu, assez vu, et il avait enfin eu des aveux de la part de l'homme en personne ! La tirade d'Asami avait éveillé en lui un profond sentiment de triomphe parce qu'il savait qu'il s'en était pris à la bonne personne pour faire tomber Asami Ryûichi une bonne fois pour toutes ! Et il était également furieux contre lui-même et Takaba, Takaba depuis le début était la personne idéale pour mettre aux arrêts Asami Ryûichi mais l'homme appartenait déjà au monde d'Asami depuis longtemps, on ne pouvait plus rien faire pour lui. Il était trop tard pour ce journaliste corrompu jusqu'à l'os. En parlant de journaliste, il fallait de suite trouver une solution de rechange, aussi, il appela Arbatov.
Le titre du chapitre est inspiré de la citation de Theoden dans Le Seigneur des Anneaux, juste avant la Bataille du Gouffre de Helm dans Les Deux Tours.
Alors quel sera le plan de rechange de Yamato et Arbatov ? Pourra-t-on sauver Akihito ? Asami va-t-il pleurer sa mort ? Comment trouvez-vous Raibaru ?
Je célèbre deux choses, la première, avec le chapitre vingt-cinq j'ai atteint les deux cents pages word, en quatre mois et demi d'écriture, c'est pas mal du tout, et l'autre, demain, c'est mon anniversaire... Mon âge ? Jetez un coup d'oeil sur mon profil.
Une petite review ?
