Bonsoir à tous !

Et non, vous ne rêvez pas, le chapitre est là. ENFIN.J'ai mis du temps à l'écrire celui-là...

Aujourd'hui, un chapitre centré sur Sirius et Hermione. Parce que j'avais envie d'écrire des trucs MIGNONS.

Bonne lecture !


Il ne l'aurait jamais avoué, même sous la contrainte, mais regarder dormir Hermione était devenu en un temps extrêmement court un des passe-temps favoris de Sirius. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, l'homme avait le sommeil léger et il s'arrangeait depuis une semaine pour se réveiller toujours un peu plus tôt qu'elle. Il pouvait ainsi l'observer quelques instants, plus sereine et apaisée qu'elle ne l'était jamais.

Toutefois, le lendemain du Drame comme l'avait appelé Sirius dans sa tête, le visage endormi de la sorcière paraissait soucieux, elle avait les sourcils froncés et secouait de temps en temps la tête. La veille, elle était allée se coucher dans sa chambre, seule, après une soirée passée dans un silence pesant. Un quart d'heure après qu'il se soit lui-même mis au lit, elle était venue le rejoindre, se pelotonner contre lui en position fœtale. Il avait refermé ses bras sur elle, et pour la première fois, ils avaient passé une nuit ensemble à simplement dormir.

Sirius lui caressa doucement les cheveux, essayant de la réconforter même dans ses rêves. Il savait que ce qui était arrivé, le Drame, l'avait affectée, sans exactement comprendre pourquoi. Après tout, c'était une idée de Ron, c'était à lui que revenait la responsabilité de ce qui s'était produit. Elle avait essayé de faire au mieux, et n'avait pas à s'en vouloir. Il prit la décision de se dresser contre quiconque oserait prétendre le contraire.

Peu à peu, Hermione s'éveilla. Elle battit des paupières, se passa une main sur le visage pour en chasser le sommeil, puis releva lentement les yeux pour regarder Sirius. Celui-ci sourit.

_ Hey... murmura-t-elle d'une voix rauque.

_ Hey. Passé une bonne nuit ?

_ J'ai connu mieux...

_ Hermione, ce qui est arrivé hier, ce n'est pas ta faute.

La jeune femme l'observa quelques instants puis lui tourna le dos. Elle remonta ses genoux sur sa poitrine et répondit :

_ Pas maintenant. Tu me remonteras le moral plus tard si tu veux, mais pour l'instant, je n'ai pas envie de parler de ça.

L'homme soupira mais ne chercha pas à batailler. Il se redressa, s'extirpa de sous les couvertures, contourna le lit et s'agenouilla devant elle. Elle le regardait faire et fronça les sourcils quand il posa une main sur ses cheveux.

_ D'accord, on n'en parle pas. Et si je te préparais un énorme petit-déjeuner bien copieux ? Avec tout ce que tu aimes dedans ? Qu'est-ce que tu en dis ? Promis, cette fois, je ne te le renverse pas dessus.

Hermione esquissa un sourire et hocha timidement la tête.

_ Alors c'est entendu, reprit Sirius. Je te laisse émerger et je vais me mettre au travail. Je t'appelle quand c'est prêt.

Elle attendit qu'il ait quitté la pièce pour se retourner sur le dos et s'étendre dans le lit. La place de son colocataire était chaude, douillette, emplie de son odeur et c'était exactement ce dont elle avait besoin. Elle ramena les couvertures sur elle, laissant à peine sortir son nez, et sans le vouloir, elle se rendormit.

Ce fut une odeur prononcée de bacon qui l'éveilla une dizaine de minutes plus tard, ce qu'elle trouva aussitôt étrange vu que la chambre de Sirius était séparée de la cuisine par plusieurs étages. Hermione ne souhaitait pas se lever, ni commencer sa journée, mais le parfum de la nourriture mettait son estomac au supplice, aussi finit-elle par se mettre debout.

La porte de la pièce était grande ouverte, et un morceau de bacon lévitait dans l'embrasure. Il était pile à la bonne hauteur pour que la jeune femme puisse ouvrir la bouche et le manger, ce qu'elle ne se gêna pas pour faire. Un autre l'attendait près de l'escalier, puis encore un autre quelques marches plus bas et ainsi de suite jusqu'au sous-sol. Elle arriva dans la cuisine sous le regard amusé de Sirius et avec défi, goba l'ultime bout de lard.

_ Je ne sais pas ce qui est le pire, lui lança-t-elle. Que tu aies jugé bon de m'attirer ici avec du bacon ou que ça ait marché.

L'homme ricana.

_ Tu es fier de toi hein ?

_ Oui ! Répondit-il avec un immense sourire. Il en reste si tu veux. Ou peut-être veux-tu essayer un autre met de ce succulent festin ?

Il désigna la table d'un geste théâtral, attirant l'attention d'Hermione qui écarquilla les yeux. Sur le bois était disposé un petit-déjeuner qui aurait presque pu rivaliser avec celui de Poudlard. Bon peut-être exagérait-elle légèrement, mais elle était agréablement surprise. Il y avait là deux œufs à la coque, et des poêles contenant des pommes de terre sautées, une omelette ou encore un certain nombre de tranches de bacon. Sans compter de la margarine, des pots de confiture et même quelques viennoiseries. Enfin, un bol de café fumant semblait crier le nom de la sorcière.

_ Waouh...

_ N'est-ce pas ?!

_ Tu as fait tout ça en quoi, dix minutes ? Un quart d'heure ? Chapeau, je suis impressionnée.

_ Et bien disons simplement que les gens qui pensent que les hommes ne sont pas multitâches ne m'ont jamais vu cuisiner.

_ Je vois ça, tu as même eu le temps de passer dans une boulangerie.

_ Certes. Je te rappelle cependant que nous sommes des sorciers et que nous pouvons par conséquent transplaner, ce qui réduit considérablement la durée des trajets.

Hermione lui tira la langue pour tout réponse, ce qui fit rire Sirius de nouveau, et prit place à la table. Ensemble, ils dégustèrent ce que le chef incontesté du Square avait préparé en riant et se chamaillant. Ils n'évoquèrent pas une seule fois le Drame, ce qui permit à la jeune femme de se détendre, et la requinqua même pour sa journée. Une fois les assiettes vides et la vaisselle mise dans l'évier, ils discutèrent un peu en finissant leurs boissons.

_ Tu n'as jamais pensé à ouvrir un restaurant ? Demanda Hermione. Tu adores cuisiner après tout, et qu'on te dise que ta cuisine est excellente.

_ Et bien au sortir de Poudlard, je n'ai malheureusement pas eu beaucoup le temps de me consacrer à une carrière. C'était la guerre et je devais me battre. Puis après j'ai passé douze ans en prison, puis deux ans à me cacher, puis, oh, je suis mort. Par conséquent, je t'avoue que ma situation professionnelle n'a jamais été une de mes grandes préoccupations.

_ Oui mais maintenant ? Tu es en vie, libre, tu as du temps, et il n'y a aucun mage noir psychopathe et égocentrique à l'horizon. Tu pourrais essayer quelque chose.

_ Je... je ne sais pas, répondit Sirius qui paraissait sincèrement réfléchir à la question. J'ai peur qu'avec un restaurant, cuisiner devienne une contrainte. J'ai toujours aimé ça parce qu'un bon repas rend les gens heureux, et rien ne me fait plus plaisir que de voir le sourire satisfait d'un proche après avoir mangé et apprécié ce que j'ai préparé. Dans un resto, je devrais enchaîner les commandes, et je crois que cette interaction avec les gens me manquerait trop.

_ Je vois... Très bien, changeons de sujet alors. Qu'est-ce que tu comptes faire aujourd'hui ?

_ Je pensais aller chez Remus. Ça fait un moment, j'ai peur que Teddy m'ait oublié.

_ Ce gamin est en admiration devant toi, il pense que tu es l'homme le plus cool du monde. Comment aurait-il pu t'oublier ?!

_ On ne sait jamais. Et toi ? C'est quoi ton programme ? (Kassedédi à mon papa, désolée)

Hermione posa le menton dans sa paume et regarda dans le vague.

_ Je crois que je vais aller chez mes parents.

Sirius nota que cette décision n'avait pas l'air de l'enchanter, mais il s'abstint de le faire remarquer à voix haute. Elle finit son café d'une traite et se leva pour aller s'habiller. Il la suivit du regard en réalisant qu'elle ne parlait jamais de sa famille. Elle la mentionnait parfois, comme ça en passant, mais ça restait très occasionnel. Pourtant il n'avait pas souvenir d'avoir entendu qu'il y avait un problème. De ce qu'on lui en avait dit, les parents d'Hermione avaient l'air d'être des gens sympathiques, équilibrés, pas du genre à lui infliger un Endoloris quand elle désobéissait comme ses géniteurs à lui. Il sentait les souvenirs désagréables remonter à la surface, et bénit secrètement la sorcière qui avait choisi ce moment là pour revenir dans la cuisine, le sortant ainsi de ses pensées.

_ Bon, j'y vais, lui lança-t-elle. Passe une bonne journée et fais un bisou à Teddy de ma part.

_ C'est noté ! Dit-il en forçant un sourire. Passe une bonne journée toi aussi.

_ Le premier qui rentre fait la vaisselle ? cria-t-elle depuis les escaliers après avoir quitté la pièce de nouveau.

Il lui répondit par l'affirmative, puis attendit d'entendre le bruit sourd de la porte d'entrée pour aller se préparer. Il arriva chez Remus une demie-heure plus tard et toqua la porte.

Ce fut Teddy qui vint lui ouvrir. Le petit garçon arborait ce jour-là une iroquoise verte qui jurait avec son pyjama orange des Canons de Chudley, cadeau de Ron pour son sixième anniversaire. Quand il vit Sirius, le visage de l'enfant s'illumina et il se mit à bondir de joie.

_ Tonton Patmol ! S'exclama-t-il. Papaaaaa, c'est Tonton Patmooooool !

Sirius se tenait toujours dans l'embrasure de la porte et avisa Remus, qui se tenait au milieu des escaliers, bras croisés, et qui l'observait avec incertitude. Ils échangèrent un regard lourd.

_ Patmol.

_ Lunard.

Ce dernier descendit quelques marches et inspira profondément.

_ La boisson ?

_ Ça va mieux.

_ Toi ?

_ Ça va mieux.

D'autres marches.

_ Hermione ?

_ Revenu à peu près à la normale.

Remus sourit alors franchement et vint prendre son ami dans ses bras.

_ Je suis content que tu sois ici, tu nous as manqués. Entre !

Sirius soupira de soulagement et répondit à l'étreinte de son ami. Il lui murmura un « désolé » au creux de l'oreille, que le lycanthrope balaya d'un geste de la tête en répondant « plus tard » à voix basse. Une fois l'embrassade terminée, Teddy lui attrapa la main et l'entraîna vers le salon où il entreprit de lui raconter tout ce qu'il avait manqué en un mois. L'homme écouta volontiers son babillage, se morigénant intérieurement de ne pas être venu depuis longtemps. Ce gosse était un rayon de soleil sur pattes, passer cinq minutes à discuter avec lui était un moyen infaillible de retrouver sa bonne humeur.

La journée suivit son court. Ils jouèrent à des jeux de sociétés, mangèrent devant un dessin-animé, préparèrent des cookies aux pépites de chocolat qu'ils mangèrent allongés par terre en buvant un chocolat chaud. Au milieu de l'après-midi, pendant que les gâteaux cuisaient, Sirius et Remus se retrouvèrent seuls dans le salon, assis au sol sur le tapis. Teddy était parti dans sa chambre chercher des déguisements et de nouveaux jouets, et les deux adultes profitèrent de ce moment de répit pour parler un peu.

_ Alors Hermione est revenue habiter avec toi ?

Sirius hocha la tête.

_ Quand ?

_ Dimanche dernier. Elle est venue le soir, et... on a pas mal discuté. On a décidé de repartir sur de nouvelles bases. On arrête de s'engueuler ou de se rendre la vie impossible et on voit. Pour l'instant, ça fonctionne pas trop mal. On se chamaille toujours, mais je crois que ça, ça ne disparaîtra jamais, et ni elle ni moi ne nous en plaignons. Ça rajoute un peu de piment, mais au delà de ça, tu serais surpris d'à quel point le Square est calme.

_ D'accord. Tout va bien dans le meilleur des mondes c'est ça ?

_ Exactement. Simple et tranquille, plus de prises de tête.

_ Je vois. Tu as donc une explication logique, simple et tranquille, au fait que son odeur te colle à la peau ?

Le brun nota le sourire goguenard de son ami et renifla ses vêtements, puis maudit ses sens humains si inefficaces. Il n'avait rien remarqué.

_ La pleine lune approche, alors mon odorat se développe. Et tu ne me feras pas croire que c'est parce que tu l'as juste prise dans tes bras, c'est bien plus prononcé.

_ On a dormi ensemble hier soir, et je n'ai pas pris de douche ce matin, ça doit être pour ça. Et non, je t'arrête tout de suite, on a dormi ensemble parce qu'elle avait besoin de réconfort, c'est tout.

_ Et les personnes qui ont besoin de réconfort s'invitent souvent dans le lit de leurs colocataires ? Fit Remus sans se départir de son sourire.

_ Bah oui, souviens-toi à Poudlard, le nombre de fois où James est venu dormir avec moi après s'être disputé avec Lily !

_ C'est différent ! James et toi étiez les meilleurs amis du monde, vous passiez tout votre temps ensemble. Si je me rappelle bien d'ailleurs, il n'y avait pas besoin de Lily pour que vous passiez la nuit dans le même lit. Ça faisait partie de votre relation et avec lui, il n'y avait pas de tension sexuelle. Je ne crois pas que tu aies jamais couché avec James, alors qu'avec Hermione, oui.

_ Et donc ?

_ Et donc, après un mois à ne plus vous parler, je ne trouve pas ça logique qu'elle vienne chercher du réconfort dans ton lit. Elle a des amis nettement plus proches. À moins bien sur que vous ayez recouché ensemble, ce qui expliquerait que vous en soyez à un tel niveau d'intimité. Mais vous n'êtes pas assez stupides pour ça n'est-ce pas ?

Sirius s'apprêtait à s'insurger, à dire qu'ils étaient deux adultes et qu'ils faisaient encore ce qui leur chantait, quand il vit le regard pétillant de Remus et comprit que celui-ci se moquait de lui. Il sourit en secouant la tête.

_ Comment l'as-tu su ? Demanda-t-il.

_ A peu près au moment où tu es entré ici. Je t'ai dit, mon odorat se développe à l'approche de la pleine lune, et le sexe a une senteur très caractéristique. Et puis, je m'y attendais.

Le canidé voulut répliquer, mais Teddy revint à cet instant dans le salon, les bras chargés de déguisements en tout genre dont il entreprit d'habiller les deux adultes. À présent affublé d'une couronne trop petite pour lui, Remus conclut :

_ Je ne vais pas te dire quoi faire, parce que je sais que tu as horreur de ça et qu'après tout, vous majeurs et vaccinés, mais fais attention quand même.

_ Merci Lunard, tu es un bien meilleur ami que ce que je mérite. Pour ça, et pour le mois qui vient de passer.

_ T'en fais pas va, je te connais. Juste, ne fiche pas votre paix en l'air.


Sirius revint au Square peu après que la nuit soit tombée. Il transplana dans la cuisine, vide, et vit que la vaisselle était encore dans l'évier. Il releva ses manches, s'apprêtant à la laver, mais entendit des bruits venant du rez-de-chaussée. Il remonta les marches, alla vers le salon, et y découvrit Hermione, assise par terre entourée de plusieurs cartons.

_ Ah mais tu es rentrée ! Lança-t-il. Et la vaisselle alors ? Je croyais que le premier à re-

Il s'interrompit quand elle redressa la tête. Elle avait les yeux gonflés, l'air éminemment triste, et quelques larmes séchaient encore sur ses joues.

_ Qu'est-ce qu'il y a ?! demanda-t-il, brusquement inquiet.

_ Mes parents repartent vivre en Australie, répondit-elle d'une voix cassée en se remettant à pleurer. Pour recommencer à zéro.

Sirius vint s'agenouiller auprès d'elle et la prit dans ses bras.

_ Shhh, ça va aller, calme toi... Et explique-moi tout ça.

_ Ils en parlaient depuis un moment. Je ne sais pas si tu es au courant, mais pendant ce qui aurait du être notre septième année à Poudlard, j'ai jeté un sort d'amnésie à mes parents et je les ai envoyés en Australie pour que les Mangemorts ne puissent pas les trouver et s'en prendre à eux. Après la guerre, j'ai levé le sort, mais ça n'a plus jamais été pareil. Ils avaient déjà du mal à comprendre le monde de la magie, alors quand j'ai dû leur expliquer ce que j'avais fait, et pourquoi je l'avais fait... Je crois que ça a cassé quelque chose. Ils n'avaient plus confiance en moi. Le mélange de leurs deux vies, celle où j'existais et celle qu'ils avaient construit la-bas est devenu difficile à gérer, de plus en plus, jusqu'à ce qu'elle soient inconciliables. Alors ils ont décidé de faire un choix. Ils me l'ont annoncé tout à l'heure, et en ont profité pour me donner quelques cartons d'affaires.

_ Mais tu es leur fille ! S'exclama le brun avec véhémence.

_ Et ? Sur le papier oui, mais ça fait depuis mes onze ans que je n'appartiens plus à leur monde. L'année j'étais à Poudlard, l'été chez les Weasley, je ne passais jamais du temps avec eux. Ils vivaient leur vie, moi la mienne, et même si j'essayais de les y intégrer, la magie les dépasse complètement. La distance était là bien avant l'amnésie...

Sirius lui frotta le dos pour la réconforter.

_ Je suis désolé.

Hermione haussa les épaules.

_ Je vais encore les voir. Et ils ont raison quelque part, ma vie n'est pas avec eux. Ça fait des années qu'elle ne l'est plus. Ça ne va pas changer grand chose à mon quotidien.

_ Mais ce sont tes parents.

_ Et je les aime. Alors je ne leur en veux pas, mais ça me fait de la peine. Je me sens un peu abandonnée. C'est pour ça aussi, que l'histoire entre Molly et Fred me tient autant à cœur. Ils ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont. Enfin, désolée pour tout ce bazar, je vais ranger. Après avoir fait la vaisselle.

Elle esquissa un geste pour se lever mais il la retint.

_ On s'en fiche de la vaisselle. Je vais aller nous chercher une bière et on va déballer tout ça. À deux, on ira plus vite, et ça sera moins triste.

Hermione lui fit un sourire reconnaissant et Sirius se mit debout. En remontant de la cuisine, il faillit se prendre les pieds dans un tas de poils orange qui descendait l'escalier à toute allure. Une fois revenu auprès de la jeune femme, il décapsula les deux boissons et lui en tendit une.

_ Je crois qu'on a des rats oranges, dit-il en jetant un coup d'œil derrière son épaule.

_ Haha, ne t'inquiètes pas, c'est Pattenrond. Il faisait partie des affaires que mes parents m'ont rendu, mais impossible de le faire tenir dans un carton. J'espère que ça ne te dérange pas.

_ Pas du tout, tu sais bien que j'adore cet animal ! Alors, ces cartons...

Ils contenaient une multitude d'objets divers, dont des trophées, des dessins d'enfants, des livres de coloriage, de vieux jouets pour la plupart cassés, etc. Ils les déballèrent, Hermione riant des airs perplexes de Sirius devant cet attirail moldu. Il lui posait de nombreuses questions et elle y répondait tranquillement, partageant de temps en temps avec lui une anecdote liée à ce qu'ils découvraient.

En fouillant dans un des cartons, l'homme trouva un très épais volume relié de cuir noir. Il le sortit et souffla dessus pour faire partir la poussière sous le regard intrigué de sa colocataire qui débouchait leurs quatrième bières.

_ Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle en s'approchant.

Sirius haussa les épaules et ouvrit le livre. Sur la première page était écrit « Hermione, 19 septembre 1979 » et en dessous figurait une photo d'un tout jeune bébé.

_ Oooooooh mais qu'elle est choupette ! S'exclama-t-il en souriant.

_ Oh non, fit la jeune femme. Oh non, oh non, oh non... Ferme ça tout de suite !

Pour toute réponse, le brun lui tira la langue et continua à tourner les pages. Elle essaya bien de lui enlever le volume des mains mais il lui attrapa les deux poignets et reprit son visionnage. Au bout d'un moment, elle arrêta de se débattre et s'installa contre lui pour regarder elle aussi. L'album était rempli de vieilles photos d'Hermione petite, du stade de bébé à celui de pré-adolescente. On la voyait en vacances, à la plage ou au ski, mais aussi dans des moments de vie quotidienne. Ses premiers bains, lisant un livre, faisant de la balançoire, des anniversaires, en train de faire la cuisine...

_ C'est trop mignon.

_ Ne te moque pas Black !

_ Je ne me moque pas ! Je n'ai même rien dit sur ces images qui ne bougent pas, alors que je trouve ça très bizarre ! Oui je sais, chez les moldus les photos sont fixes... Mais je n'ai rien dit ! Au contraire même, tu as l'air d'être une petite fille adorable. C'est quoi ça ?

Il désignait une photo où Hermione, qui devait avoir alors trois quatre ans, posait devant l'objectif en brandissant fièrement des cloches en chocolat. La Hermione adulte réfléchit un peu puis répondit :

_ Pâques, chez mes grands-parents. J'avais terminé la chasse dans le jardin et c'était horrible parce qu'il pleuvait des cordes. La moitié de mes trouvailles était trempée. Heureusement, ma mamie m'avait préparé un gros chocolat chaud pour me réconforter.

_ Et celle-ci ?

_ La seule et unique fois de ma vie où j'ai essayé l'équitation.

_ Ça s'est mal passé ?

_ Au début ça allait, je prenais bien le cheval en main, puis je suis tombée. Et d'énervement, j'ai tapé par terre. Mes pouvoirs commençaient à se manifester à cette époque, alors sans faire exprès, j'ai creusé un cratère dans le sol de la carrière. Un truc d'au moins cinq bons mètres.

_ Aie... Celle-là ?

Ils continuèrent ainsi toute la soirée. Hermione raconta l'histoire derrière chaque photo, au moins celles dont elle se souvenait. Il y avait un second album dans le carton, et ils l'épluchèrent avec tout autant de minutie en buvant des bières. Pattenrond les avait rejoints, et dormait sur la jambe de Sirius. Quand ils arrivèrent à la fin des photos, la jeune femme les rangea.

_ Et voilà, les photos, c'est fini pour ce soir !

Sirius la regarda, semblant hésiter, puis se décida brusquement. Il se mit debout, avec un miaulement indigné du chat, et fila dans le jardin. Il en revint quelques instants plus tard, tenant à son tour un livre relié de cuir dans sa main. Il le tendit à Hermione qui le prit pour l'examiner. Sur la couverture brillait en lettres d'or « Les Maraudeurs ». Elle releva les yeux vers lui.

_ Remus me l'a offert pour mon dix-huitième anniversaire. Il est rempli de photos de nous quatre, prises pendant notre scolarité. Lunard avait pris soin de laisser de la place, et j'ai pu le compléter au fil des années. Ça fait partie de l'héritage des Maraudeurs, et c'est mon bien le plus précieux sur Terre. Même plus que la moto, même s'il en fait partie.

_ Comment ça ?

_ Sous le siège, il y a une espèce de trappe magique. C'est là que je range cet album. Le sort est de ma composition donc je sais que personne n'arrivera à le contrer, et il est indétectable. De cette façon, je suis certain que l'album est en sécurité.

_ Dans la moto ? Mais... ça fait combien de temps que tu ne l'as pas ouvert ?

_ A peu près vingt-trois ans.

Hermione écarquilla les yeux et s'approcha de Sirius. Celui-ci paraissait indécis, il regardait le cuir avec un mélange de joie et de crainte, et elle comprenait pourquoi. Cet objet devait être plein de photos de James, d'eux quatre, et plus généralement de moments de bonheur et d'insouciance qui semblaient à présent être arrivés dans une autre vie.

_ Et... tu es prêt à l'ouvrir ?

_ Je... Je ne sais pas.

Il était ébranlé, elle le voyait. Elle savait qu'il n'en avait parlé à personne. Elle savait également que partager son secret avec elle ce soir était pour lui une preuve de mise à nu absolue, et elle voulait s'en montrer digne. Il semblait vulnérable ainsi planté devant elle, le regard baissé. Alors elle lui prit la main et la posa sur la couverture.

_ Et bien ne l'ouvre pas. Range le, et quand tu te sentiras complètement prêt, il sera là, et moi aussi. Mais rien ne presse, tu n'as pas à te forcer.

Ce fut au tour de Sirius de lui sourire avec reconnaissance. Il alla remettre l'album à sa place puis revint et la prit dans ses bras. Elle répondit à son étreinte et ferma les yeux. Les mots étaient inutiles. L'un comme l'autre sentait que cette soirée avait marqué un tournant dans leur relation. À présent, ils se faisaient confiance.


Verdict ?

Alors oui il se passe pas grand chose (que vous croyez d'ailleurs), mais ça fait du bien de temps en temps un peu de calme.

On n'oublie pas les reviews, parce qu'elles sont fantastiques !

A bientôt (hinhin),

Black.

PS : Oui les notes d'auteur sont un peu laconiques cette fois, mais honnêtement j'ai juste envie de poster.