Chapitre 20 : Eloignement …
Salut tout le monde !
Et voilà le chapitre 20 … je remercie les filles qui continuent à me lire depuis le début et pour celles qui m'ont laissées des reviews me permettant de connaître le fond de vos pensées et surtout connaître vos avis sur la suite de cette histoire.
J'ai une grosse pensée ce soir pour ce qui se passe dans notre pays depuis deux jours ... j'apporte tout mon soutien aux victimes et à leurs familles. J'espère que vous qui me lisez, allez bien ...
... Pray for Paris ... Nous sommes tous Paris ...
Je vous laisse à la lecture de cette suite … on se retrouve en bas …
Chapitre 20 : Eloignement …
PDV Edward
J'avais roulé aussi vite que je le pouvais pour rentrer chez moi. Que cette attitude soit lâche ou pas m'importa peu au moment où je passais la porte et fonçais droit vers le bar d'où j'avais sorti une bouteille de vodka.
Il ne me fallut pas plus d'une demi-heure pour ne plus avoir conscience de la réalité et enfin me débarrasser de cette douleur lancinante au sein de ma poitrine et surtout dans mon cœur.
L'alcool m'aidait à oublier que cet enfoiré de maître chanteur était entrain de détruire la seule chance que j'avais d'avoir une famille. Une femme et des enfants. James détruisait ma vie une seconde fois.
Pour la sécurité d'Isabella, celle de ma famille et pour la mienne sans doute je n'avais pas le choix.
Ou j'écoutais les menaces et j'avais un espoir de vivre libre ou je finissais mes jours derrière les barreaux avec pour seule compagnie la haine de mes proches et de la femme que j'aimais.
Ce n'était pas vraiment un choix dans mon cas. Je n'avais pas vraiment la possibilité d'agir autrement que de cesser tout contact avec Isabella et de m'enfermer dans mon désespoir et ma solitude.
Elle était la seule femme que je voulais mais elle était surtout la seule que je ne pouvais pas avoir. Il fallait que je me rentre cette information dans la tête.
Je ne pouvais pas continuer dans cette voix avec elle. Elle méritait mieux que ce que j'avais à lui apporter. Admettre que je ne pouvais pas m'impliquer davantage me provoquait une douleur incommensurable dans le centre de ma poitrine.
Je portais ma main à ce pique intense et je pris conscience que j'allais maintenant vivre avec cette souffrance. Le doux visage d'Isabella apparut devant mes prunelles et cela me tortura encore un peu plus. Dans d'autres circonstances nous aurions été heureux, j'en étais certain.
Ce n'est qu'aux petites lueurs du jour que je finis par m'endormir d'un sommeil léger et surtout emplis de cauchemars. Seulement deux heures plus tard, mes paupières embuées par la fatigue et tout l'alcool que j'avais ingurgité s'ouvrirent sur la lueur du petit matin.
Couché sur le canapé du salon, j'eus du mal à me relever. Mon corps était endolori et le mal de crâne jusque-là minime que je ressentais se transforma en guerre totale.
Me lever fut une véritable épreuve et je stoppais mes tentatives seulement quelques secondes plus tard. Pour finir, je passais la journée couché dans mon lit à essayer de décuver et contrôler la guerre de lutins faisant rage dans mon crâne.
Je me trouvais encore plus minable et bon à rien dans cet état pitoyable.
Tanya et James avaient détruit ma vie. Bien entendu la sœur d'Isabella était sans doute une victime de plus dans cette histoire mais sans elle, je n'en serais sans doute pas là aujourd'hui.
J'avais vraiment du mal à me dire qu'Isabella et Tanya étaient sœurs. Tous les opposer.
Les deux femmes ne se ressemblaient en rien. Là où l'une était blonde l'autre était une brune chatoyante. L'une avait été vulgaire et peu fréquentable l'autre était d'une beauté époustouflante et surtout l'une des femmes les plus riches de ce pays.
Les deux sœurs n'avaient strictement rien en commun mise à part deux parents morts dans un accident.
Comment Tanya en était-elle arrivée là alors que sa sœur à peine plus jeune qu'elle avait réussi à s'en sortir ?
L'aînée avait succombé à la facilité de la rue et de sa condition alors qu'Isabella s'était battue pour arriver là où elle en était. Isabella n'avait jamais baissé les bras malgré ce qu'elle avait vécu.
Même moi alors que j'avais tout pour être heureux, des parents, de l'argent, une famille et des études j'étais tombé dans ce monde de drogue, de prostitution et de violence.
Je n'avais pas payé Tanya mais j'avais couché avec elle.
C'est sans doute ce qui avait entrainé ma perte. James n'avait sans doute pas apprécié que je touche à sa marchandise sans payer le prix qu'il exigeait aux clients habituels.
Le soir venu, j'avais mis en place ma résolution malgré la peine intense qui ne cessait de grandir au fur et à mesure que les heures s'écoulaient.
Pour tenter de mettre en place, ce plan bancal que je méprisais totalement et oublier cette femme exceptionnelle, j'allais devoir éviter Isabella.
Elle n'allait sans doute pas comprendre pourquoi je changeais ainsi, peut-être que mon attitude l'attristerait mais je savais qu'il valait mieux que ce soit maintenant que par la suite si notre histoire devenait plus sérieuse.
Je me devais de limiter les dégâts autant que je le pouvais.
Deux semaines.
Voilà le temps qui s'était écoulé depuis que j'avais quitté Isabella sur le perron de sa maison. Quatorze malheureux jours précisément durant lesquels j'avais tenté de la fuir comme j'avais pu. J'avais dans un premier temps prétexté une maladie pour expliquer mon absence au boulot avant de partir en voyage d'affaire à Seattle. Un contrat qui tombé à pic et qui m'avait permis de m'éloigner quelques temps.
Nous étions mardi et je savais que je n'allais pas pouvoir échapper à ma collaboratrice bien longtemps.
Elle m'avait appelé. Personnellement. Isabella Masen Voltury avait pris son téléphone, avait composé mon numéro et elle avait cherché à me joindre pour prendre de mes nouvelles parce qu'elle s'inquiétait de ma santé.
Ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant et que je n'avais jamais pensé qu'elle ferait un jour.
Je ne lui avais pas répondu et elle avait laissé un message.
Ces quelques mots m'avaient fait mal.
« Bonjour Edward … je … je vous appelle pour savoir comment vous allez … je … j'ai eu Jessica et apparemment vous avez la grippe … je voulais juste prendre de vos nouvelles … enfin … rappelez-moi … ».
Sa voix était basse et douce, et au ton qu'elle employait, je pouvais affirmer qu'il y avait dans son attitude une franche inquiétude mais également une incertitude qui n'était pas habituelle.
Bien entendu, elle n'avait jamais réessayé et je me demandais ce qu'elle pensait de mon absence prolongée et de mon silence radio.
Je lui avais envoyé un mail pour la prévenir, ou plutôt j'avais fait parvenir le courriel à Jacob qui devait sans doute l'avoir donner à sa patronne. La réponse se faisait toujours attendre.
En ce qui concernait James, je n'avais eu aucune nouvelle depuis le soir du rendez-vous avec Isabella.
Il devait sans aucun doute jubiler de la situation. Je l'avais bien entendu écouté et maintenant je me retrouvais comme une âme en peine seul de nouveau à ressasser toujours les bonnes vieilles rengaines.
Aujourd'hui j'étais de retour au bureau après de longs jours loin de mes locaux et je m'attendais à la voir débarquer à tout moment, avec son chignon sophistiqué, sa robe à plusieurs milliers de dollars et ses talons vertigineux mais pourtant je ne la vis pas franchir le seuil de mon bureau.
Bien entendu j'en ressentis un douloureux pincement au cœur alors que je n'en avais pas le droit.
Le second contrat que nous avions avec Dubaï, était en stand-by et il allait bien falloir que je me décide à retourner au sein de la compagnie pour continuer de travailler sur le projet.
Le lendemain se fut avec beaucoup d'appréhension que je me retrouvais devant la réception de la « Voltury Compagny ».
La réceptionniste me fit monter mais je fus surpris d'être accueillis non pas par Isabella mais par Aro.
Ce dernier me tendit la main et bizarrement il ne me fit aucune remarque.
- Bonjour Monsieur Cullen …
Il me tendit la main que je serrais fermement. Il me regardait droit dans les yeux sans expression particulière. Ma défection de ses dernières semaines n'avait peut-être pas eu de conséquences du moins je l'espérais grandement.
- Heureux de vous revoir … vous nous avez manqué ces dernières semaines …
Ca s'était une remarque un peu acerbe, fait sur un ton froid.
Apparemment, il n'était pas super content de mon absence de ces deux dernières semaines. Cela avait-il un rapport avec le travail ou cela était-il plus personnel ?
Il m'indiqua d'un signe de main, d'avancer. Je le suivis donc jusque dans son bureau.
Fait encore plus étrange puisque d'ordinaire je ne travaillais jamais avec lui mais toujours avec sa collaboratrice qui visiblement était aux abonnés absents.
« Comme toi depuis quatorze jours » me souffla ma conscience qui avait choisi le bon moment pour faire une apparition.
Aro Philips referma la porte derrière moi et je me retrouvais donc seul avec lui.
- Je ne voudrais pas paraître indiscret mais … où est Isabella ? Lui demandai-je les sourcils froncés vraiment mal à l'aise.
Le regard du collaborateur d'Isabella me procura de drôle de sensation. Il était scrutateur et surtout accusateur. J'eus l'impression d'être un gosse ayant fait une bêtise.
Aro esquissa un sourire avant de se planter à un mètre de moi.
- Elle est en Australie avec Marcus et ses filles ...
Ce n'est donc pas aujourd'hui que je la reverrais. Au lieu d'en éprouver un soulagement manifeste, je ne ressentis qu'une douleur (encore) au niveau de la poitrine.
- Ecoutez Edward … j'ai quelques questions à vous poser …
J'avais presque l'impression d'avoir en face de moi le père d'Isabella. C'était comme si il était sur le point de me faire passer un interrogatoire pour pouvoir sortir avec sa fille.
Peut-être qu'en l'absence de tout protecteur, il endossait le rôle afin de la protéger. J'avais beaucoup d'estime pour lui. Isabella avait besoin de quelqu'un qui faisait attention à elle.
- J'aimerais connaître vos intentions par rapport à Isabella … j'ai besoin de savoir ce que vous cherchez exactement …
Il avait l'air tellement déterminé à connaître ce que j'avais dans la tête que rien sans doute n'allait le détourner de son but.
- Je ne cherche rien Monsieur Philips …
Du moins plus maintenant. Deux semaines en arrière je lui aurais répondu tout autre chose mais je n'étais plus en mesure de demander quoi que ce soit.
Aro pinça les lèvres à ma réponse et contourna le bureau pour s'asseoir sur son fauteuil de directeur.
Comme rien ne m'avait été dit, je pris le parti de m'installer sur les chaises devant le bureau.
- Je ne pense pas que vous jouiez franc-jeu avec moi pas plus qu'avec Isabella …
Il croisa les mains sur sa poitrine avant de faire peser le poids de son dos sur le dossier et de me scrutait de haut en bas.
- Je veux savoir ce que vous envisagez … je veux connaître vos intentions …
Comment pouvais-je lui décrire ce que je comptais faire alors que je ne le savais pas moi-même ? Etait-il déjà trop tard ? Etais-je trop impliqué avec Isabella pour revenir en arrière ? Ma conscience me soufflait que je ne pouvais pas tout arrêter … qu'Isabella méritait mieux que ce silence radio.
- Ecoutez Aro … je vous apprécie vraiment. J'ai beaucoup d'admiration pour votre travail et pour l'homme que vous êtes mais … ce qu'il se passe entre Isabella et moi ne vous regarde pas. Je … je l'apprécie énormément … et je … n'ai aucune mauvaises intentions ni envers elle, ni envers les filles. Je peux vous le jurer.
J'étais totalement sérieux dans mes affirmations. Je ne plaisantais pas. Je ferais tout pour elle, peut-être trop justement. C'était ce qui me faisait m'éloigner ainsi d'elle.
Sa sécurité et celle des trois fillettes étaient beaucoup plus importantes que le reste. C'est ce qui comptait le plus à mes yeux.
Aro m'étudia durant de longues secondes cherchant sans doute à déterminer si j'étais sincère. Il pouvait toujours chercher, il n'y avait aucune duplicité chez moi, rien qu'une franche détermination.
Aro et moi avions bien des points en en commun dont un plus gros que les autres. Le bien-être d'Isabella passait avant tout autre chose.
- Je ne crois que ce que je vois Monsieur Cullen … il va falloir que vous me prouviez que vos intentions sont des plus nobles.
Je n'avais rien à prouver du tout mais je n'allais pas lui balancer ça. Je me contentais de me taire et d'écouter son discours de mise en garde.
- Isabella est une femme forte … mais je pense que vous avez compris à quel point elle pouvait être très fragile également. Je ne laisserais personne la faire souffrir … pas une nouvelle fois … me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui Monsieur Philips …
Il se leva en me tendant la main comme pour celer notre accord. La poigne fut virile et représentait surtout une démonstration de force. Je pouvais même affirmer que sous ces dehors d'homme d'affaire, Aro Philips avait une force hors du commun en lui et n'était pas l'homme posé et calme qu'il montrait.
- Puisque nous nous sommes entendus sur ce point nous allons pouvoir nous mettre au travail. Isabella n'est pas là mais nous allons tout de même avancer. Elle m'a laissé un dossier assez conséquent sur le sujet afin que je puisse vous apporter autant d'aide que nécessaire.
- Mettons-nous au travail …
L'après-midi fut très constructive.
Ma collaboratrice toujours aussi professionnelle avait en effet laissée à notre intention un épais paquet de document indiquant des idées qu'elle avait eu, des devis de matériel et divers ébauches de plans.
Cette femme avait une imagination à revendre. Je ne m'étais pas attendu à trouver un tel travail en venant ici. Alors que moi j'avais quasiment laissé tomber l'affaire depuis ces quinze derniers jours, elle n'avait pas chômé pour autant.
Il était particulièrement tard quand je rentrais chez moi.
Le lendemain et le surlendemain je travaillais sur ce qu'Aro et moi avions mis en place. Bien que ce ne fût pas réellement son domaine, il était particulièrement efficace et ingénieux. Le travail avec lui était plus stressant qu'avec Isabella. Aro et moi n'avions pas toujours la même façon de penser.
En ce qui concernée cette dernière, son retour n'était pour l'instant pas programmé. Du moins personne ne m'avait mis au courant, j'en déduisais qu'elle ne serait pas de retour tout de suite.
Nous étions déjà vendredi et je revenais de la compagnie à une heure plutôt tardive.
Il était déjà plus de 21 heures quand je rentrais chez moi.
Par fainéantise et par fatigue également, je décidais d'appeler le snack du bout de la rue. Je commandais une pizza que je décidais de me faire livrer chez moi.
J'étais entrain de me servir un verre de vin quand la sonnerie de la porte d'entrée résonna à mes oreilles.
En jetant un coup d'œil à ma montre, je constatais que seulement dix petites minutes venaient de s'écouler depuis mon appel. Plutôt rapide le livreur.
La sonnette retentit une deuxième fois.
- J'arrive ! Criai-je en attrapant un billet dans le tiroir du meuble de l'entrée.
J'ouvris la porte sans regarder par le judas … et reçu un léger électrochoc.
La personne derrière la porte n'était surement pas le livreur.
Isabella Masen Voltury en robe et basket se trouvait derrière la porte avec un air plus qu'incertain sur le visage.
- Bonsoir Edward … j'espère que je ne vous dérange pas …
Le moins que l'on pouvait dire c'est que je ne m'attendais pas à ça.
PDV Bella
Après cette soirée, j'avais pensé que je reverrais rapidement Edward mais ce ne fut pas le cas.
Les premiers jours il avait appelé Jacob pour s'excuser. Visiblement il était malade, ce que je comprenais parfaitement. Mais j'aurais aimé qu'il m'appelle directement pour me le dire. Il aurait pu demander à mon assistant de me parler pourtant il ne l'avait pas fait.
Bien que j'aie été déçue, je n'avais fait aucune remarque et je lui avais même téléphoné sans succès. Je pensais qu'il me rappellerait mais il ne l'avait pas fait sans doute parce qu'il était parti en voyage d'affaire tout de suite après sa maladie.
Cela me paraissait un peu étrange pourtant là non plus je n'avais fait aucune remarque. Et puis les Australiens avaient repris contact avec la compagnie.
Nous venions de signer un contrat avec eux et ils tenaient à faire une réunion de début de chantier.
J'avais arrangé le planning avec Aro et Marcus et il était convenu que je prenne les filles avec moi. Chose exceptionnelle Kiara avait accepté de venir avec nous.
C'est ainsi que nous nous étions envolé avec le jet de la compagnie jusqu'à Sydney.
Pour moi, la réunion n'avait duré qu'une seule matinée et j'avais profité du reste de la semaine avec mes enfants. Marcus qui devait enchaîner des journées de travail complète, était rarement disponible ce qui me permettait de rester pratiquement seule avec mes enfants.
Les gardes du corps étaient présents bien entendu mais nous pouvions sortir ou nous voulions et quand nous le voulions.
Depuis le temps que nous n'avions rien fait toutes les quatre, ces quelques jours nous firent le plus grand bien et je pus enfin me rapprocher de façon infime de Kiara.
Constater à quel point elle était devenue froide et haineuse me donnait envie de pleurer.
La petite fille que j'avais élevée était définitivement partie et je m'en rendais à peine compte.
Je n'avais rien vu venir avant que cela ne devienne une évidence.
Bien entendu toutes les bonnes choses avaient une fin et le vendredi sonna déjà le glam de nos minuscules vacances.
Sur le chemin du retour Edward Cullen s'imposa de nouveau à ma conscience. J'avais essayé de l'oublier durant ces quelques jours et je n'avais pas eu beaucoup de mal à y parvenir.
Je n'arrivais pas à prendre de décisions en ce qui concernait cet homme.
La raison aurait voulu que je le repousse et que je me préserve autant que je le pouvais.
Si je me laissais aller alors je n'aurais plus aucun contrôle sur ma vie ni sur la situation.
J'avais tellement de soucis à régler, Kiara, Caïus Vladescu qui criait à qui voulait bien le croire que j'étais une simple imposture et puis il y avait ce James. Je doutais qu'il me laisse tranquille maintenant qu'il avait trouvé la poule aux yeux d'or.
Ce n'était pas le moment d'ajouter Edward Cullen à toute cette histoire.
Ça s'était la théorie et elle était particulièrement difficile à mettre en pratique. Parce que la partie féminine de mon être que j'avais enfoui au fond de moi il y a de cela tant d'années ne demandait qu'à sortir enfin mais j'étais terrifiée à l'idée de me dévoiler ainsi.
Edward n'avait rien à voir avec mon passé, avec la compagnie ou avec ses hommes qui ne voyaient que mon visage et mon corps. Il était ma bouffée d'air pure dans ce monde ou j'évoluais chaque jour.
Et Dieu m'en préserve, je voulais me laisser aller. J'avais mis un moment à accepter que je n'étais finalement qu'un être humain et que j'avais en tant que telle des émotions tout à fait normales.
Je me pensais au-dessus de tout ça. Je pensais que je pouvais traverser ma soit disant vie en simple spectatrice. Au final toutes ses idées que je m'étais faite depuis toutes ces années, n'avaient servies qu'à me voiler la face.
Je voulais ouvrir ses portes si longtemps fermées à Edward. Je voulais le faire entrer. Peu m'importait la souffrance qui allait forcément finir par me tomber dessus, peu m'importait ce qui pouvait arriver, j'étais prête à prendre ses risques.
Chaque instant de bonheur dont j'avais eu le droit dans ma vie avait eu pour conséquence un évènement tragique par la suite. J'avais payé le prix fort à chaque fois. Mais Edward Cullen avait sans doute raison. Pourquoi ne prenais-je pas ce qui m'était accordé sans penser que ses moments auront forcément une fin ?
J'étais déraisonnable, ma priorité aurait dû être mes trois filles. Mais qui n'avait pas de petit moment de folie ?
Il était plus de 21 heures quand l'avion se posa sur le tarmac de l'aéroport.
Le décalage horaire était tellement important que les filles étaient toutes plus ou moins endormies.
En mère aimante, je les ramenais chacune jusqu'à leur chambre aidé par les gardes du corps.
Je terminais par Lise que je portais jusqu'à son lit.
Je rabattais la couverture sur ces épaules quand elle tourna son petit visage innocent vers moi.
J'avais du mal à me dire qu'à quelques mois près, j'avais le même âge qu'elle quand les drames avaient commencés à me tomber dessus. Je perdais une partie de mon innocence et de ma foi. Le monde ne m'avait jamais fait de cadeau et j'essayais de me battre pour que mes filles ne ressentent jamais ce que j'avais ressenti à 5 ans, ni ne vive la douleur des deuils à répétition.
Je ferais n'importe quoi pour qu'elles soient toujours en sécurités et aimées.
- Je t'aime maman …
Ses quelques mots prononcés d'une petite voix fluette, émue mon cœur de mère.
- Je t'aime aussi ma jolie princesse …
Je posais ma main sur ses cheveux que je caressais tendrement afin qu'elle se rendorme.
- Je voudrais tellement que tu es le sourire tout le temps …
- Tu me donnes le sourire … tes sœurs et toi vous êtes tout ce qui me rend heureuse …
Ma fille de presque 5 ans secoua la tête pour me faire clairement comprendre que je mentais. Et elle avait raison.
J'avais mes filles et je me raccrochais à elles comme à des boues de sauvetage, elles n'auraient jamais dû endosser une telle responsabilité, elles auraient dû vivre leurs vies sans se préoccuper de ma souffrance perpétuelle.
Comment ne m'en étais-je pas rendu compte avant ?
Il avait fallu qu'Edward Cullen apparaisse dans ma vie et qu'il me le fasse comprendre pour enfin ouvrir les yeux.
- J'aimerais tellement que tu es le sourire comme quand tu es été comme moi … Kiara a dit que tu l'avais retrouvé avec papa … j'aimerais tellement le voir moi aussi … et je voudrais tant un papa …
J'étais consciente que mes trois filles manquées d'un repère paternel. Elles n'avaient que moi et je n'étais pas toujours disponible. Je ne pouvais pas remplacer leur père, même avec la plus meilleure volonté du monde je ne pouvais pas jouer deux rôles.
- Dors ma puce … Dors Lise…
Je ne pouvais pas en entendre encore.
Lise finit par m'écouter et elle s'endormit en serrant sa peluche dans ses petites mains.
Je sortis de la chambre avec les larmes aux yeux. Je ne savais plus ou j'en étais.
Papa, Maman, Quil, Tanya, Dimitri …
Je tenais tous à eux et j'avais besoin d'eux. Je les avais aimés avec chaque parcelle de mon être. Pourtant ils m'avaient abandonné les uns après les autres.
Kiara, Charlotte et Lise étaient la seule chose qu'il me restait et même là, Kiara était entrain de m'échapper.
L'air commença à me manquer dans mes poumons. Je me précipitais jusque dans ma chambre et attrapais une paire de basket. J'avais vraiment besoin d'air, de courir et de m'échapper de cet endroit qui était entrain de m'étouffer, de mes attentes et de mes rêves qui me tuaient à petit feu.
Je pris la direction du garage. J'ignorais les voitures de sport, les coupés cabriolés ainsi que les 4x4 pour me diriger droit vers le fond de la pièce.
Je débâchais l'engin avant de laisser tomber la bâche sur le sol.
Je m'installais derrière le volant de ma veille camionnette Chevrolet, l'un des rares vestiges de ma vie en tant que Bella Marie Swan.
J'ignore pourquoi je l'avais gardé mais je m'étais toujours opposée à sa destruction.
Le moteur démarra avec beaucoup de mal mais bientôt j'étais loin de cet endroit, loin de cette maison trop pleine de souvenirs.
Si quelqu'un me voyait, j'ignorais comment j'allais expliquer le fait qu'une milliardaire propriétaire d'une compagnie internationale présente sur tous les continents, était derrière le volant d'un tas de ferraille qui ne roulait encore que par miracle, en robe à plusieurs milliers de dollars mais avec des baskets aux pieds.
Je ne connaissais pas ma destination jusqu'à ce que je me rende compte qu'il n'y avait qu'une seule personne que j'avais envie de voir. La seule capable d'atténuer cette douleur dans ma poitrine, la seule personne qui avait essayé de m'approcher depuis longtemps et qui était parvenu à me toucher par la force de son caractère et par sa personnalité.
Je savais ou il habitait.
Le gardien qui était à l'entrée de l'immeuble eu l'air de se demander si je sortais de l'asile mais mon nom et une recherche plus tard, l'accès me fut autorisé.
Dans l'ascenseur, j'eus du mal à organiser mes pensées.
Comment allais-je expliquer ma venue dans cette tenue devant sa porte à une heure pareille ?
Je ne pris pas le temps de réfléchir quand je sonnais à la porte qui ne mit que quelques secondes à s'ouvrir devant le seul homme que je voulais aimer.
- Bonsoir Edward … j'espère que je ne vous dérange pas …
Alors qu'en pensez-vous ?
Donnez-moi vos avis ! Que pensez-vous qu'il va se passer maintenant ?
Pour le prochain chapitre … vous verrez la semaine prochaine ^^
A bientôt !
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