Hello everybody ! Voici la suite, je n'ai pas eu de reviews anonymes du coup j'ai répondu à tout le monde par MP.

Bonne lecture.


CHAPITRE VINGT-ET-UN : LE DÉBUT DE LA FIN

Lucy Wayne

- Lucy qu'est-ce que tu préfères comme couleur, blanc ou rouge pour les fleurs ?

Mais j'en ai tellement rien à faire de ses fleurs si il savait à quel point. Si on doit parler mariage je ne peux pas rester dans cet état là. J'attrape ma bouteille et bois trois grandes gorgées, ça va de suite mieux. Ils n'arrêtent pas de me bassiner avec ça et personne n'a l'air de comprendre que je ne veux pas me marier ! Tout ce que je veux c'est me défoncer, je ne suis plus rien. Si seulement je pouvais faire le vide dans ma tête et ne plus penser à ce que Clémence m'a dit. Dès que je ferme les yeux je l'entends me répéter en boucle qu'elle ne m'a jamais aimée.

Elle m'a rabaissée comme une moins que rien, je sais que je lui ai fait du mal mais ses paroles sont pires, savoir que j'ai été utilisée est comme la sensation interminable d'un couteau qu'on m'enfoncerait dans le ventre et pour couronner le tout, je suis impuissante face à mes parents et c'est bien ça le gros problème. Mais je n'ai pas le choix, je ne peux pas me couper de ma famille, j'aurais pu éventuellement le faire pour Clémence mais tout ça n'a plus d'importance. Je veux la rayer de ma vie et faire comme si elle n'avait jamais existé.

Le regard bizarre de Jack me rappelle que je lui dois une réponse.

- Tu choisis ce que tu veux.

- Et comme repas tu as une idée ?

Excédée, je balance.

- Tu veux pas qu'on se marie plutôt début février ?

- Oui, ce n'est pas plus mal et puis ça nous laisse le temps de mieux s'organiser, j'écris une lettre à mon père.

Parfait au moins j'arrive encore à faire quelque chose. Je me demande s'il me regarde vraiment où s'il s'en fout tout comme moi de mon apparence. Il voit bien que je bois tous les jours, je ne me cache pas quand nous sommes seuls. Je suis sûre qu'il sait que je ne l'aime pas et qu'il essaye de se convaincre que ça ira, que ça peut marcher sans amour mais c'est complètement faux.

Je m'allonge dans son lit et ferme les yeux. J'essaye de me contrôler et de ne pas craquer en foutant ma vie en l'air mais c'est tellement dur. Je tente de reprendre contact avec elle, de la confronter face à ses paroles mais elle se cache chez l'autre tâche et après ma dispute avec elle la dernière fois dans la salle de classe, j'abandonne. Valentine a vraiment trop d'influence dans cette école pour se mesurer à elle et puis de toute façon je vais juste me faire du mal en voyant Clémence, seule à seule.

Jack s'allonge à côté de moi et commence à me faire des bisous dans le cou, j'ai du recommencer à coucher avec lui à petit dose mais là, ça devient quasiment impossible. Je suis gay, avant j'y arrivais parce-que je pensais à Clémence mais maintenant j'ai envie de vomir aussitôt que je ferme les yeux. C'est insoutenable, j'ai mal mais je serre les dents, ma vie est horrible.

- Je vais prendre une douche.

Il hoche la tête et je me rhabille. Ce soir j'ai envie de boire, on a un devoir important demain mais je tricherai où Jack m'aidera. Je n'ai plus vraiment la force de réviser et de faire des progrès quand la seule chose qui me tenait en haleine ces derniers temps, m'a brisé le cœur.

Je me regarde dans le miroir et les marques sur mon corps commencent à disparaître sauf celle sur mon front, j'ai l'impression que je la garderai toute ma vie. Je me maquille pour camoufler comme je peux mes cicatrices mais des fois je suis trop mal pour pouvoir le faire correctement, comme ce soir.

Il m'arrive de plus en plus d'aller en cours défoncée et pour ne pas me faire repérer par les professeurs, mes pastilles à la menthe sont indispensables. Je veux arrêter de boire, mais je ne me sens bien que quand je suis dans cet état. Je me suis fait une amie chez les Serpentards qui aime bien se défoncer aussi pendant la période scolaire sauf qu'elle tourne à autre chose et ça ne m'intéresse pas. On a rendez-vous à vingt-deux heures ce soir.

Je sors de ma salle commune avant la fin du couvre-feu car ici, quand on sort après, c'est limite s'ils ne se mettent pas devant le portrait pour nous en empêcher.

- Coucou toi, tu en as mis du temps !

- Désolée et je te rappelle que ma salle commune est plus loin. Tu es sûre que tu ne veux toujours pas essayer mes petites gélules ? Je t'assure que tu vas adorer.

- Non ne t'inquiète pas.

Nous nous installons dans une salle de classe comme d'habitude pour être tranquilles. Tout se passe toujours bien sauf quand ce sont les préfets-en-chef qui patrouillent, Clémence et l'autre prennent vraiment très à cœur leur mission.

Après une heure Shannon plane déjà mais je ne suis toujours assez bien. Il commence à se faire tard, je lui propose qu'on se balade dans les couloirs et qu'on se sépare comme d'habitude un peu plus loin. Elle accepte, de toute façon dans son état elle fait tout ce que je lui dis.

On arrive presque au point de séparation quand on repère une lumière mais le temps qu'on réagisse, ils sont déjà trop proches de nous, Shannon part dans la direction opposée à la leur mais je ne peux pas bouger. Je reconnais son parfum, son odeur si particulière, si parfaite. Ernie est parti à la poursuite de Shannon et je prends conscience qu'on est plus que toutes les deux.

Elle me scrute et doit sans doute se dire que je ressemble à rien quand à elle, elle est toujours aussi belle. Non ! Il ne faut pas que je pense comme ça. Mon ventre me fait super mal et mon cœur ne bat pas normalement. Je commence à faire de l'hyperventilation.

Je décide de lui dire la première chose qui me vient en tête et de toute façon c'est ce que je pense, j'ouvre la bouche et elle ferme les yeux.

- Tu m'as détruite Clémence.

Elle ne répond rien mais de là je n'arrive pas clairement à distinguer sa réaction, je me rapproche d'elle et c'est encore plus dur. Finalement, je peux apercevoir le marron de ses pupilles et elle a les larmes aux yeux. C'est plus fort que moi je la claque mais cette fois ci je n'attends pas de retour de sa part comme on avait l'habitude de le faire. Je pars tout de suite et la laisse ici.

J'entends des bruits de pas me signalant l'arrivée de quelqu'un et je me cache derrière une armure, c'est Ernie. Une fois le champ libre, je vais dans la direction dont il revient peut être que Shannon est toujours là-bas. En effet, elle est là avec un sourire complètement béat.

- Il m'a donné une retenue, qu'importe.

- Il te reste de tes pastilles ?

- Ah enfin ! Oui tiens par contre ce n'est pas gratuit.

- Qu'est-ce que tu veux en échange ? Si c'est de l'argent je peux t'en avoir rapidement.

C'est complètement faux mais je n'ai pas d'autre choix.

- Non ce n'est pas ça.

Elle se rapproche de moi en essayant de ne pas tomber et effleure mon visage avec sa main. Elle est froide mais je passe outre. Je crois que j'ai compris ce qu'elle veut mais je ne sais pas, je m'en fous de tromper Jack je l'ai déjà fait mais Clémence, si elle l'apprenait elle souffrirait. Sauf qu'aujourd'hui, maintenant, plus rien n'a d'importance. J'attrape sa main et rentre dans une salle de classe.

Elle me donne une de ses gélules qu'elle casse en deux et elle avale l'autre partie. Ce n'est pas bien de réagir de cette façon, de me jeter sur la première chose capable de me faire oublier mon mal être engendré par Clémence mais que voulez-vous, je ne fais pas partie des forts.

- Il faut que tu y ailles doucement si tu veux réussir à rentrer dans ta salle commune ce soir.

Je hoche la tête pour tout signe de réponse et avale de suite l'autre partie pour l'embrasser dans la minute suivante. C'est étrange je ne sais pas pourquoi mais je m'attendais à retrouver cette même sensation de plaisir comme avec Clémence. Cette chaleur qui m'envahissait en deux secondes chrono. J'essaye de ne pas penser à elle et de me concentrer sur ce que je fais mais plus on avance, plus mes gestes deviennent approximatifs, j'ai du mal à rester focalisée sur ce que je fais et rigole pour rien.

Shannon est pareille que moi, nous avons toujours nos vêtements et sommes à présent allongées sur le sol froid et les sensations contre ma peau sont désagréables mais je suis trop loin pour m'en soucier. Mes yeux sont fermés et j'arrive enfin à ne plus penser. C'est tellement mieux que l'alcool, cette sensation de plénitude absolue qui sillonne mon cœur, ma tête, tout mon être.

Après je ne sais combien de temps Shannon me pousse et m'aide ensuite à me relever. Elle me raccompagne vers ma la salle commune et heureusement car je ne pense que pas que j'aurais réussi à faire beaucoup de pas sans elle. Je sais qu'on n'a pas le droit d'emmener d'autres élèves des maisons voisines aussi près de notre salle commune mais tout ça me passe bien au dessus.

Elle m'embrasse pour me dire au revoir et s'en va avant d'ajouter.

- Ne t'inquiète pas tout ceci restera entre nous, je n'ai pas envie de gâcher ton mariage, du moins pour l'instant.

Je cligne des yeux rapidement comme pour m'aider à essayer de comprendre ce qu'elle vient de me dire, je me préoccuperai de ça demain, en attendant tant mieux qu'elle ne veuille pas que ça se sache. J'arrive devant le portrait en montant les marches difficilement. Une fois devant j'ai mon énigme.

- Lorsque que l'on naît, il existe déjà, et lorsque que l'on meurt, il est toujours là. Qui suis-je ?

Mais c'est quoi le délire, je regarde ma montre et il est une heure du matin je ne peux pas rester dehors tout ce temps. J'essaye de reprendre mes esprits et de me concentrer. Après quinze minutes je pense avoir trouvé.

- Le temps.

Le tableau s'ouvre et je m'engouffre dedans, alléluia, je rentre dans mon dortoir, ignore les protestations de l'une des filles et m'endors habillée.

Le lendemain matin mon réveil tambourine mes oreilles et je mets mon oreiller sur ma tête. Après cinq minutes une fille, je ne saurais dire laquelle, me demande de me lever car elle s'en va et qu'après je risque de louper les cours selon ses dires. J'ai déjà loupé les cours une fois, je ne peux pas me permettre de le refaire.

Je me lève et il me reste dix minutes pour arriver jusqu'à la salle de classe de potions. Je m'habille rapidement, fais une toilette à la va vite et m'en vais. Ma tête me fait super mal et j'ai du mal à garder les yeux ouverts tellement la lumière est forte, j'ai l'impression d'avoir une lampe rivée sur mes yeux. Il faut que je demande à Shannon comment elle fait pour éviter d'être dans cet état.

Je prépare mon matériel nécessaire pour réaliser la potion, je crois que si je réussi c'est grâce à Blondie bien que dernièrement j'ai eu du mal à suivre de A à Z. Après les deux heures de devoir, je pense avoir au moins Acceptable et c'est tout ce qui m'importe, tant que je ne descends pas en dessous.

Ensuite c'est DCFM mais cette fois ci on n'a pas de devoir, je peux donc essayer de me reposer mais très discrètement. J'essaye au possible de ne pas épier Clémence même si des fois je sais qu'elle me scrute, j'ai toujours réussi à repérer son regard me brûler vive mais je veux lui faire comprendre que je n'en ai plus rien à faire d'elle, même si au fond de moi je pense tout à fait le contraire.

À la pause déjeuner j'avale quelque chose rapidement et pars dans les toilettes condamnées du troisième étage où Shannon et moi on se voit régulièrement pour faire notre petit rituel.

Pff, rituel, rien ne va.

- Alors tu as réussi à rentrer hier soir ?

- Oui mais j'ai eu du mal, dis comment tu fais pour contrer les effets secondaires ?

- J'ai mon astuce.

- Partage, ce n'est pas ce qu'on fait maintenant ?

- J'ai demandé à une élève douée de me faire la potion pour contrer les effets secondaires.

- Et tu lui donnes quoi à cette fille pour qu'elle te la fasse ?

- Pas ce que tu me donnes, ça ne l'intéresse pas, avec elle c'est qu'une fois.

- Tu veux bien m'en passer aussi ?

- Pour ça il va falloir que tu trouves quelqu'un. Elle m'en fait de moins en moins ces derniers temps.

J'hoche la tête et je vais récupérer l'une de mes bouteilles que je planque ici, je n'aime pas vraiment l'idée de devoir payer en nature pour avoir droit à ses pilules mais je ne vois pas comment je pourrais m'en procurer sans trop attirer l'attention sur moi, en fait mon compte n'est pas vraiment garni. Quand elle me voit revenir avec une bouteille elle semble déçue.

- Quoi, rien ce midi ?

- Je n'ai pas envie de trop planer la journée je te rappelle qu'on passe les A.S.P.I.C à la fin de l'année et je n'ai pas envie de travailler pour la compagnie de magicobus, on n'est pas tous riches comme toi.

- Oui j'avoue que je n'ai pas à me préoccuper de mes notes.

C'est mal, je sais que c'est mal mais tellement plus simple après avoir bu, tout est dérisoire.

Dix minutes après on se dirige en cours d'Histoire de la magie. Je m'installe à ma table habituelle et Shannon se met à côté de moi, Jack ne dit rien mais semble surpris. Je sais que Clémence est derrière moi avec Valentine mais j'essaye de toutes mes forces de rester concentrée sur l'avant. Aujourd'hui c'est le devoir peut-être que j'aurais du rester à côté de Jack, surtout dans mon état.

Les questions ne veulent rien dire et j'ai l'impression de n'avoir jamais étudié cette matière de ma vie. Je mets au pif les réponses et espère que je ne finirai pas avec un Troll comme note. Ses devoirs ne durent jamais deux heures, il reprend donc son monologue long et chiant. Du coup je discute avec ma camarade de classe.

- Tu te drogues depuis longtemps ?

- Depuis ma cinquième année, c'est à cause de ma sœur elle est pire que moi, elle utilise des produits du monde magique c'est deux fois plus fort que ce que j'ai mais quand tu en prends, tu pars vraiment trop loin, si tu veux pendant les vacances de Noël tu peux venir chez moi, on en ferra. Mais tu deviens vite dépendant c'est pour ça que je prends énormément de gélules par jour, pour combler le manque, n'essaye que si tu es sûre.

J'hoche la tête lentement, je ne pense pas que j'en arriverai à ce point là, en l'observant attentivement elle a un geste qu'elle fait lorsqu'elle est en manque, elle se passe une main dans les cheveux constamment, ce qu'elle a arrêté de faire il y a tout juste dix minutes.

- Comment tu te procures ta drogue ?

- À l'aide d'une mec mais c'est assez complexe, faut faire attention avec Rusard et sa fouille de colis, et toi ton alcool ?

- J'en pique dans le stock d'Horace Slughorn, il en a tellement qu'il n'a toujours pas remarqué.

Le cours est enfin fini et je salue Shannon, on se retrouve ce soir comme d'habitude. Le dernier cours est Botanique et honnêtement je me demande à quoi ça nous sert. Enfin bref j'essaye de réviser un peu mais ma tête est encore prise par Clémence, encore et toujours elle. Je n'arriverai pas à l'oublier ce n'est pas possible d'oublier quelqu'un comme elle.

Je tape ma tête assez violemment contre le dossier du fauteuil pour la faire partir de ma mémoire. Je dois encore attendre quatre heures avant d'aller rejoindre Shannon et le temps ne passe pas assez vite. Je vais me coucher pour me reposer mais Jack m'attrape le poignet.

- C'est une lettre de tes parents.

Je lui prends des mains et monte dans mon dortoir et ouvre cette chose.

Bonjour ma fille,

Nous avons reçu la lettre de Jack pour repousser le mariage tout est réglé. Il faut néanmoins que vous commenciez à aller aux réunions avec le prêtre c'est très important.

J'ai aussi annulé ta prescription pour ta potion de contraception lors de vos rapports, tu devrais être réglée, tes menstruations devraient commencées dans deux semaines.

Gros bisous

Tes parents.

Je froisse la lettre et la jette à la poubelle. Allongée sur mon lit j'ai envie de pleurer mais je résiste. J'ai assez versé de larme, je programme mon réveil pour qu'il me réveille vingt minutes avant le couvre-feu et m'endors rapidement.

Une fois qu'il sonne, je me lève difficilement et descends les escaliers de mon dortoir et quelques élèves me regardent m'éloigner. Hanna se met devant moi me bloquant l'accès au passage. Je croise mes bras et attends qu'elle me dise ce qu'elle a me dire.

- J'ai entendu que tu avais réveillé du monde dans ton dortoir hier soir après le couvre-feu, tu étais encore dehors ?

- Oui et alors ?

- Tu sais très bien ce qu'il va arriver, je ne peux pas te couvrir à chaque fois, les élèves vont commencer à se plaindre et tu sais ce qu'il va se passer après, Clémence ou Miles sera mis au courant puis le Directeur, alors arrête avant qu'il ne soit trop tard.

- Merci pour ce que tu fais mais je n'ai pas besoin de ton aide, occupe toi de tes affaires avant de venir me faire la morale, que tu sois préfète ou pas !

Je la pousse et sors dehors, je sais que ce n'était pas sympa de lui envoyer ceci à la figure alors que c'est mon amie mais je n'ai pas le temps d'argumenter. Je croise un préfet qui me regarde bizarrement mais il ne me dit rien puisqu'il reste encore du temps avant l'heure limite.

J'entre dans une salle de classe et attends vers le fond au cas où. Certains préfets commencent dès vingt-deux heures leurs rondes. Peu de temps après Shannon arrive et je me lève limite impatiente. Elle me donne encore une moitié que j'avale avec presque tout le contenant de ma bouteille. Elle me regarde stupéfaite mais ne dit rien. On s'assoit contre le mur et on attend que ça monte.

On commencerait bien avant le couvre-feu mais il y a trop de mouvement la journée et faire ceci en sachant que je risque gros commence à me plaire, l'adrénaline me rappelle ce que j'avais quand je me faufilais dans le dortoir de Clémence, je voulais à tout prix l'oublier en me droguant, maintenant je veux à tout prix retrouver ce qu'on avait, elle me manque trop et essayer de la détester est impossible pour moi !

Une demi-heure après, les premiers effets se font ressentir et je dois dire que c'est tellement différent, je me sens bien, j'ai envie de danser, de crier ! Je me lève et entame une danse fantôme mais je trébuche sur une table puis il me semble que Shannon se lève pour me rejoindre et me dit de me taire, mais elle rigole tout comme moi.

D'un coup elle m'embrasse, au début j'ai un mouvement de recul, je suis encore trop habituée à Clémence la seule fille que je n'ai jamais embrassée. Mais au fur et à mesure je me laisse aller et faut dire que mon état m'aide à ne pas résister, c'est agréable mais sans plus ce n'est pas Clémence et soudain une idée me vient. J'essaye de repenser à ce que c'était, au plaisir que j'avais quand j'étais avec elle et petit à petit, c'est mieux.

J'ai tellement l'habitude de jouer un rôle.

Je suis plus entreprenante mais encore une fois on ne va pas très loin et on reste allongées sur le sol un long, très long moment. Une sensation bizarre me réveille, Shannon m'aide à me relever mais je suis trop fatiguée et je me sens mal. Mon ventre a décidé d'organiser une soirée sans me prévenir. Elle me ramène comme hier soir et je monte les escaliers et n'attends qu'une chose disparaitre pour toujours.

- Tout est dans rien... De quoi s'agit-il ?

Cette fois ci je n'y arriverai pas, je ne suis pas bien, vraiment mal. Je me sens vulnérable. Il est trois heures du matin et je commence à avoir froid. Pourquoi il fallait qu'on ait des questions pour pouvoir rentrer dans nos dortoirs ?

Je me cale dans un coin et essaye de me calmer comme je peux mais n'entendre que ma respiration venir troubler ce lourd silence, ne m'aide pas.

J'entends le portrait qui s'ouvre et je perçois quelqu'un émettre une protestation. Je vais directement dans les douches pour enlever toutes ces odeurs et essayer de me réveiller. Les effets secondaires sont désagréables, il faut absolument que j'arrive à faire cette potion moi même.

Une fois prête je descends avec mon sac dans la salle commune, dit bonjour à Jack et m'endors à côté de lui. Il me réveille et je me laisse guider vers la Grande Salle. Je ne mange rien, j'ai peur de tout vomir. La journée passe lentement même si je m'assoupis plusieurs fois en cours. Je me dirige vers mon cours avec Valentine et Ginny dans l'optique d'avoir des conseils pour la réalisation de la potion mais pas de façon directe, elle va me dire non si je lui demande cash.

Ginny est là comme d'habitude la première.

- Bonjour Ginny ça va ?

- Oui et toi ?

- Ça peut aller, dit tu voudrais pas demander à Valentine de nous expliquer comment on fait la potion Gueule-de-Bois ? Je l'aurais bien fait moi même mais comme tu l'as remarqué, elle est un peu agressive avec moi.

- Oui si tu veux.

Je lui souris et retourne à ma place en attendant Valentine. Elle arrive sourire aux lèvres.

- Hello Valentine, est-ce qu'aujourd'hui on peut étudier une potion de notre choix ?

- Laquelle ?

Elle ouvre un livre et se met à écrire dedans.

- Gueule-de Bois, Valentine tu as entendu ?

- Oui oui mais tu es d'accord toi ?

Elle me regarde avec le même regard que la dernière fois et je frisonne malgré moi.

- Oui ça me va.

Elle referme son livre, le pose délicatement et cherche la potion dans mon livre. Elle sort tous les ingrédients nécessaires et commence à la faire. Je prends des notes pour bien retenir les étapes importantes, je n'aurai pas d'autres occasions. Les odeurs de la potion me donne la gerbe.

Une fois terminée elle remplit une dizaine de flacons, en donne à Ginny et fait disparaître tout le reste. Saleté, mais au moins maintenant je sais à peu près comment on fait. Les choses sérieuses peuvent commencer.

Une fois que le cours est terminé, je reste après qu'elles soient parties pour refaire la potion pendant que c'est encore frais dans ma tête. Au bout d'une heure et demie j'ai terminé. Je mets le tout dans un grand récipient et remonte dans mon dortoir. Il ne me reste plus qu'à essayer ce que ça donne ce soir.

Malheureusement quand je descends dans ma salle commune à vingt-deux heures moins cinq, Hannah et Tom m'attendent de pied ferme. J'attrape un livre traînant sur la table et m'installe dans le canapé. Je jette de temps en temps des coups d'œil vers l'entrée mais ils me surveillent. Mon Dieu c'est dans ces moments-là qu'être à Serpentard m'aurait bien été utile, tout ça parce-que je ne voulais pas décevoir mon père et que j'ai demandé à être ici.

Il est vingt-trois heures et ils sont toujours là, j'abandonne et retourne dans mon dortoir. Ce soir on fera sans les pilules de Shannon. Je m'allonge dans mon lit mais contre toute attente, je finis par m'endormir morte de fatigue à cause d'hier soir.

Je me réveille en plein milieu de la nuit et j'ai faim comme ce n'est pas possible. Je m'extirpe de mon lit et sors d'ici. On pourrait tourner des films d'horreurs à Poudlard, les couloirs déserts sont assez flippants quand même, sans parler de certains tableaux qui ronflent. Je marche à l'aveuglette pour arriver bien évidemment devant ses dortoirs. Je soupire et appuis mes poings et mon front contre le portrait. Les larmes coulent le long de mon visage, laissant une brûlure désagréable sur mes joues.

Je n'y arriverai jamais, je suis condamnée à vivre en enfer pour le restant des mes jours. Ma bouche pâteuse me rappelle quand plus d'avoir faim j'ai terriblement soif, je passe par les toilettes avant de retourner dans ce lit bien froid.

Le lendemain matin je suis encore plus fatiguée que la veille, à table pour le petit-déjeuner je joue distraitement avec les aliments se trouvant dans mon assiette. J'ai de moins en moins faim.

- Lucy, tu sais que si tu ne viens pas au club de duel demain soir tu seras disqualifiée pour de bon ?

Je relève la tête lentement pour regarder Hannah, comment lui dire sans être agressive que ce passe temps est la dernière chose qui m'importe, je pense d'ailleurs abandonner le Quidditch.

- Oui je sais merci mais en fait ça ne m'intéresse plus.

- C'est dommage tu étais douée, n'oublie pas la réunion dans notre salle commune ce soir, tous les septièmes années doivent y participer.

J'hoche la tête pour lui répondre, je vais devoir revoir Clémence, vie de merde. Après les cours de la matinée je m'avance rapidement vers celui où je vais pouvoir dormir tranquillement sans être dérangée et surtout sans avoir de problème. Comme depuis une semaine Valentine se met devant et non pas à côté de Clémence, y aurait-il de l'orage dans l'air ? Je pose ma tête sur la table pour me reposer quand soudain Valentine m'oblige à la relever. Qu'est-ce qui se passe encore, moi qui voulais me reposer.

Sans que je ne comprenne pourquoi une bagarre éclate en plein cours. Je m'éloigne rapidement de ceux qui sont en train de se battre quand mon regard tombe sur Clémence et Valentine qui se démènent. Je fais un pas dans leur direction pour finalement me stopper, en quoi c'est mon problème ? Elle a été claire elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi alors pourquoi j'irais l'aider ? Le temps de me questionner suffit à un Serpentard de m'envoyer un sort mais contre toute attente il rebondit. Je regarde sur ma droite et trouve Jack à mes côtés, il s'apprêtait à répliquer quand notre professeure de métamorphose surgit pour se mettre entre nous. Peu de temps après tout le monde s'arrête.

- Tous dans mon bureau, immédiatement !

Super, si on doit avoir une retenue ou je ne sais quelle punition je ne me laisserai pas mettre dans le même sac que les autres, je n'ai rien fait. On se stoppe avant d'entrer dans son bureau, quelqu'un a parlé mais je n'ai rien entendu.

- C'est quoi le délire ?

- Hermione et Clémence veulent que personne ne raconte ce qu'il s'est passé.

Ouais en gros ne pas dire que c'était Valentine. Nous entrons en silence et je préfère garder les yeux rivés sur le sol, je ne sais pas dans quel état sont mes pupilles.

- Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il s'est passé ?! Miss Patil est arrivée vers moi affolée en décrétant qu'un règlement de comptes entre plusieurs élèves était en train d'avoir lieu !

Oui moi je sais ! Vu son intonation elle ne va pas laisser filer ce qui s'est passé avec une simple remontrance, hors de question que je prenne pour la blonde ! J'ouvre la bouche mais forcément Miss je sais tout et Clémence s'expriment en même temps, finalement Hermione prend la parole.

- Je pense que tout ceci est un malentendu, Ernie a fait une plaisanterie qui a mal été comprise, nous sommes tous à cran et je ne saurais dire qui a commencé ensuite.

En y réfléchissant, si je balance la meilleure amie de Clémence c'est sur qu'il n'y aura vraiment plus d'espoir concernant notre relation et je veux y croire. Finalement je me tais et sers la main de Jack pour qu'il se taise aussi.

- Très bien Miss Granger vous n'avez pas vu qui c'était mais il reste quatorze personnes, j'attends.

Elle me rend mal à l'aise cette professeure, c'est elle qu'il fallait élire directrice et non pas celui qu'on a actuellement, l'incapable.

- Miss Lovegood, avez-vous vu la personne ?

C'est mort, mais bon si ce n'est pas moi qui moucharde, Clémence ne pourra pas m'en vouloir.

- Je suis d'accord avec Hermione et je pense que tout le monde aussi, non ?

Obligée de me taire.

Elle soupire et tape dans ses mains d'une façon trop énergique pour mes oreilles.

- Très bien, puisque personne ne veux cracher le morceau et très sincèrement j'ai autre chose à faire que d'aller demander à Miss Patil, vous êtes tous privés de la sortie à Pré-au-Lard de ce week-end, vous allez me rédiger un parchemin de cinquante centimètres sur le mot « Solidarité » pour après-demain et enfin, demain soir vous accompagnerez votre professeur de Soins aux créatures Magiques pour une retenue ! Et ça serait encore trop facile, vous êtes collés pendant une semaine à partir de lundi avec moi. Ça vous apprendra à vous comporter comme de parfaits babouins !

Excuse-moi ! c'est quoi cette sanction de malade ! Non non non mais non !

- Du balai !

Je m'en vais plus en colère que jamais contre moi, en plus si ça trouve j'ai fermé ma gueule pour rien. Je retourne dans la salle de classe récupérer mon sac de cours puis je ne tarde pas à aller à la bibliothèque pour commencer le devoir avant d'aller en cours de Divination. Jack traîne des pieds derrière moi et ça m'énerve, je finis par lui demander.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Pourquoi tu n'as rien dit ? Que je sache tu l'as toujours méprisée mais pourtant non, tu l'as laissée s'en tirer.

- Tu n'as rien dit non plus.

- Parce-que tu as serré ma main et je te connais !

Je le chasse avec ma main car il est loin de me connaitre, certes il connait la Lucy d'avant mais pas celle que je suis aujourd'hui. Une fois que nous sommes arrivés à destination, je m'installe au calme et pars récupérer les livres nécessaires. C'est bizarre mais Clémence n'est pas là, j'aurais pensé qu'elle se serait jetée sur les livres tout comme Miss je sais tout d'ailleurs. Shannon ne tarde pas à nous rejoindre et Jack hausse un sourcil. Il ne l'aime pas.

- Elle abuse la vielle McGo mais bon ça en valait la peine.

- Parce-que avoir à faire un parchemin de cinquante centimètres, devoir aller dans la forêt interdite et bien sûr être collée pendant une semaine vaut la peine d'avoir passé cinq minutes à régler tes comptes ?

- Euh ouais !

Je comprends tout à fait pourquoi Jack ne supporte pas Shannon car des fois moi aussi j'ai du mal mais bon, je n'ai pas vraiment le choix et puis son insouciance me fait du bien parfois. Nous travaillons pendant une heure avant de quitter la Serpentarde pour nous diriger à notre prochain cours, monter toutes ces marches me crève. L'avantage de ce cours c'est que mon imagination me permet de n'avoir que des bonnes notes. Comme la plupart du temps elle fait sursauter tout le monde dans sa prise de parole, après avoir parlé d'Harry elle enchaîne avec l'autre.

- Qu'avons nous là ! Je sens que des prédictions se sont réalisées, n'est-ce pas Mr Macmillan, votre lèvre n'est que le commencement ! Le sang qui coule vous avertit d'un présage encore plus important…

J'arrête d'écouter parce que c'est vraiment du n'importe quoi son charabia. Je m'amuse avec la boule de cristal posée en face de moi, qu'est-ce qui se passerait si elle tombait accidentellement par terre ? Je roule des yeux car je me fais vraiment chier et tout ce que j'ai envie de faire n'inclut qu'une bouteille et moi.

À la fin de la journée je pars me coucher dès la fin du repas, je tire les rideaux et m'affale sur mon lit malheureusement quelqu'un les ouvre à nouveau.

- Lucy tu pourrais un peu ranger ton côté de la chambre ?

- Oui oui c'est bon Rosie je le ferai demain.

- Tu dis ceci à chaque fois et le résultat est le même à la fin de la journée.

Mon Dieu qu'elles m'énervent, dès que Carla s'y met j'en ai pour quarante ans.

Alors que j'allais répondre cette fois ci en haussant la voix pour qu'elles me foutent la paix, Hannah qui devait se rendre dans sa chambre, prend la parole.

- C'est bon les filles laissez là tranquille.

Je ne sais pas ce qu'il se passe puisque j'ai préféré garder les yeux clos dès l'intervention de Carla. J'entends les rideaux se fermer et me tourne pour enfin pouvoir dormir mais la surélévation de mon lit m'indique que je ne suis pas seule. À contre cœur je me redresse pour faire face à Hanna.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Lucy ces derniers temps ? Je ne te reconnais plus.

- S'il te plait laisse moi, j'ai pas envie d'en parler.

- C'est à cause de Clémence ?

Mon cœur rate un battement, d'où sait elle que c'est à cause d'elle ? On a toujours fait attention, tout le temps !

- Comment ça Clémence ? Je la connais à peine.

- S'il te plait je t'ai, vous ai observées, tu la connais plus que bien.

Je secoue la tête et elle roule des yeux. Elle me prend la main pour me forcer à me lever, en même temps Hannah est mon amie depuis cinq ans et elle est plus ou moins proche de Clémence puisqu'elles sont toutes les deux préfètes mais ça n'explique pas comment elle l'a découvert. Je descends les escaliers avec elle et nous nous dirigeons vers les douches.

Bien évidement ça ne pouvait pas être simple fallait qu'il y est encore du monde à vingt-deux heures ! Et elle ne voudra jamais aller dehors après le couvre feu.

- Sérieusement Hannah je n'ai pas envie d'en parler.

- Tu préfères que je pose mes questions à voix haute devant tout le monde où ici où il n'y a pratiquement personne ?

Je soupire et me dirige vers une douche perdue vers le fond de la pièce. Pourquoi elle fait ça ? Mon regard ne doit pas être assez suppliant pour qu'elle arrête, pour qu'elle se retire et que je n'ai pas à lui dire ce que je suis. Si je n'arrive même pas à le penser dans ma tête comment réussir à le dire à une personne qui me connaît depuis cinq ans. Je m'appuie contre le mur et regarde mes pieds. Je l'entends soupirer et remonter ma tête à l'aide de l'une de ses mains. C'est dans ses habitudes, elle ne fait rien pour m'aider à me lancer et attends que je sois prête. J'ouvre la bouche pour dire quelque chose mais la referme de suite. Quand enfin je m'apprêtais à dire quelque chose on se fait interrompre.

- Hannah je pourrais te voir s'il te plait ?

- Dans dix minutes ok ? Attends moi dans la salle commune. Lance toi Lucy.

- Hannah on a besoin d'un préfet pour régler un conflit d'intérêt général, Edward veut déplacer la bibliothèque direction plein nord alors qu'Emma pense que son emplacement actuel est très bien et je suis de son avis, le soleil pénètre mieux de cette façon facilitant la lecture.

Je peux la voir rouler des yeux avant d'encore se retourner.

- Euh Tom n'est pas disponible ? Olivia, Jessica, Miles ?

- Tu es la première que j'ai trouvé à vrai dire mais tu m'as l'air occupée, merci quand même.

- C'est chiant d'être préfète hein ?

Elle fronce un sourcil et cette fois ci, elle me fait entrer dans la douche en tirant les rideaux à sa suite.

J'espère qu'on ne sera plus dérangées ici mince à la fin.

Je n'arrive vraiment pas à la regarder dans les yeux, le pire c'est qu'elle sait déjà et malgré ça je n'y arrive pas. Ça en dit long sur mon courage. Au moment où elle allait dire autre chose je dis le plus rapidement possible.

- Jesuistombéeamoureused'une filleetouijesuis gay.

Elle ferme les yeux pour sans-doute analyser ma phrase indéchiffrable. Quand elle les ouvre de nouveau, elle se rapproche de moi en prenant l'une de mes mains.

- Redit le.

J'inspire un bon coup, elle a beau avoir un an de moins que moi, elle est tellement plus mature et posée que je ne le suis.

- Je suis... gay.

Elle me sourit et enlève la larme qui a réussi à s'échapper de mon œil. Je me sens un peu mieux.

- C'était si dur que ça ?

J'hoche la tête en essayant de ne pas craquer. Elle me prend dans ses bras et nous restons un assez long moment ici en fait jusqu'à ce que son prénom résonne à nos oreilles.

- Ce n'est pas possible je ne suis pas la seule préfète dans cette tour ! Tu me raconteras le reste plus tard ? Genre Jack.

Elle m'embrasse sur le front et sort de la douche quant à moi je me laisse lentement glisser le long du mur. Pourquoi ça doit être si dur ? Je finis par m'endormir dans cette position. Je me réveille plus tard avec d'atroces douleurs dans le bas du dos et je pars m'installer dans notre salle commune. Il est minuit et quelques élèves travaillent dont Hannah et Jack surement en train de faire le devoir et c'est confirmé quand le premier mot que je lis sur l'un des livres est « Solidarité ». Je souffle et ouvre un livre au hasard pour recopier ce qui me semble cohérent. Je m'arrête deux heures après pour aller me coucher.

Quand mon réveil sonne, je commence par ranger rapidement mon coin de la chambre car je n'ai pas envie de les entendre se plaindre ce soir quoi que, je repose mes chemises où je les ai prises, après tout c'est moi coin. Je bois pratiquement toute ma bouteille d'eau et reste assise pensive sur mon lit les genoux contre mon menton. Ah c'est barbant d'être dans cet état, j'ouvre mon tiroir pour prendre une pilule et descends me préparer.

Pendant le petit-déjeuner, j'observe discrètement Clémence du coin de l'œil et arrête dès qu'elle doit lever les yeux de son journal ou répondre à Caileigh ou Sonia. Misère elle m'a l'air si heureuse sans moi mais comment être sûre à cent pour cent. Elle a toujours affiché cet éclat sur son visage, Blondie vient s'installer en face d'elle.

Une concentration de bruit arrivant de ma droite me faisant détourner les yeux d'elle pour les poser sur une élève de Gryffondor qui est debout et qui semble crier, de là je n'arrive pas très bien à distinguer ce qu'il se passe mais en tout cas une chose est sûre, on ne l'entend pas du tout, comme si elle était devenue muette. Je me rassieds et attends que le bordel soit passé. Ce n'est pas nouveau qu'il arrive ce genre de chose aux élèves et tient étrangement c'est toujours les mêmes maisons qui sont touchés sauf : Serpentard ! À un moment donné faut que les professeurs arrêtent de nous prendre pour des boursoufs et qu'ils stoppent les responsables une fois pour toutes. Je profite du boucan pour m'intéresser à Clémence qui détourne le regard rapidement dès que ses yeux rencontrent les miens. J'aurais encore eu un cœur, j'aurai fait un arrêt cardiaque.

Les effets de mon cachet commencent à monter et c'est ainsi que je me dirige vers tous mes cours de la journée, en suivant le flux d'élèves. Une fois que les cours de cette nouvelle journée merdique sont fini, je pars cette fois-ci plus tôt de ma salle commune pour pouvoir sortir. J'y ai pensé toute la journée, le fait que Clémence m'ait regardé fait naître des interrogations, si elle n'en a rien à faire de moi, pourquoi elle continue ? Une petite partie en moi n'a pas cru en ses paroles démesurées, ce n'est pas possible elle m'aime, il le faut…

Je m'avance d'un pas lent vers ses dortoirs, encore une fois et m'appuie contre le mur, enfin Ernie sort du portrait et a un mouvement de recul en me voyant, après lui avoir demandé si elle était dans sa chambre et ayant reçue une réponse positive de sa part, j'hésite sur la façon de procéder. Je pourrais y aller directement et la confronter mais je n'ai pas envie, à la place je lui demande de lui porter un message, ce qu'il fait. Après l'avoir remercié il retourne dans son dortoir et ressort deux minutes après.

- C'est bon elle le sait.

Je hoche la tête et mon cœur que je pensais avoir perdu bat beaucoup trop vite, je me relève et m'approche du portrait qui me regarde bizarrement mais je suis trop focalisée sur ce qui se trouve derrière pour me préoccuper de lui. Cinq grosses minutes plus tard toujours pas de mouvement, j'ai l'impression de sentir sa présence de l'autre coté du mur. Le personnage du tableau s'éclipse me faisant sursauter par la même occasion quand il revient je me recule un peu, prête à repartir.

- Elle a fait demi-tour.

Je secoue la tête violemment et pars en courant vers ma salle commune, une fois dans ma chambre j'ouvre mon tiroir tellement brutalement qu'il tombe par terre déversant son contenu sur le sol. Je remets maladroitement mes papiers dedans quand je tombe sur une ancienne lettre de sa part, une de cet été quand on avait réussi après de nombreux échanges à se voir à Oxford, Jésus Christ où sont mes cachets de merde ! Après finalement avoir retourné ce que j'avais rangé je dois me rendre à l'évidence, je n'en ai plus et le couvre-feu est dépassé depuis forcément trois minutes ! Je descends quand même pour voir si la chance est avec moi pour changer mais Tom est là. J'espère qu'ils ont des points en plus sur leur devoir pour faire les chiens de garde !

Je remonte en rogne dans ma chambre et Carla hausse un sourcil tout en pointant sa main vers mon bordel, oh qu'elle m'agace celle là. Quand à Rosie elle a les bras croisés contre sa poitrine. Les autres filles me laissent tranquille pourquoi ces deux la sont sur mon dos ?

- Lucy sérieusement ça prend combien de temps de ranger ? Ça me stresse de voir ton bazar !

- Ah s'il te plait Carla j'ai pas assez d'énergie pour supporter ta voix.

- J'irai me plaindre auprès de Clémence.

- Je peux même te dire où se trouve son dortoir idiote ! Laisse moi tranquille à la fin est-ce que je t'emmerde quand tu chantes le matin avec une voix complètement fausse ? Non Carla ! Et toi Rosie quand tu manges en gardant la bouche ouverte quand TOUT le monde à envie de dormir est-ce que je viens t'importuner ? Encore une fois non ! Alors une fois pour toutes, vos gueules.

Elles ouvrent grand la bouche et les yeux comme si elles n'en revenaient pas que je leur ai dit ce que tout le monde trouve agaçant dans cette chambre. Elles n'ajoutent rien et je pars m'allonger sur mon lit en fermant au préalable mes rideaux. Je m'endors en sanglotant.

Le lendemain matin je ne perds pas mon temps pour aller prendre mon petit-déjeuner et accoste dès que je vois Shannon.

- J'en ai plus tu peux m'en redonner ?

- Déjà ! Il va falloir ralentir un peu la consommation mon fournisseur est en vacances.

- Oui pas de problèmes.

- On se retrouve comme d'habitude avant d'aller manger.

J'hoche la tête et me dirige de suite devant la salle de potions, je n'ai pas faim. On a un devoir surprise à l'écrit, heureusement le sujet porte sur une potion que Valentine m'avait bien fait bosser avant que Clémence ne me quitte, je m'en sors plutôt bien. Durant le reste des cours, après avoir pris une pilule, j'ai du mal à garder les yeux ouverts surtout quand je dois écouter notre professeure de divination raconter la prochaine attaque d'Ernie ou celle d'Harry.

Pour une fois je vais à mon cours de potions privilégié avec Valentine et Ginny. Quand Blondie me voit arriver, elle soupire. Je mets en place mon chaudron puis me frotte le front. Où en sommes nous en cours ? Je ne me souviens plus. Je prends mon livre dans mes mains et effleure toutes les pages comme si la bonne potion à travailler allait me revenir. Alors que j'allais tout simplement repartir, Valentine arrive et récupère mon livre. Je me décale en avalant ma salive difficilement. Pourquoi je suis venue ? La voir me rappelle trop Clémence.

- C'est celle-ci Lucy, - elle claque des doigts pour capter mon attention -, elle est assez compliquée, je ne pense pas que tu arriveras à grand-chose aujourd'hui vu l'état de tes pupilles.

- Je n'ai pas beaucoup dormi.

- Ouais, à d'autres. Allez commence et applique toi.

J'hoche la tête. D'habitude elle fait autre chose pendant que l'on travaille mais aujourd'hui, elle m'aide. Alors que je reprenais goût au travail, une fille débarque toute essoufflée dans le cachot. Elle ne doit pas avoir plus de treize ans à en juger par sa taille. Une fois qu'elle a repris sa respiration, elle s'exprime.

- Il... neige. C'est bon il neige !

C'est quoi le délire sérieusement ? Valentine arrête son geste et répond, froidement.

- Tu es bien sûre qu'il neige ?

- Oui.

- Ce n'est pas plutôt de la neige mouillée ? Parce-que si je remonte pour m'apercevoir que ce n'est que de la pluie, je te fais manger tes cours !

Elle a même des larbins, pourquoi suis-je encore étonnée de tout ce qui tourne autour de Valentine Silverwood ? La fillette ouvre la bouche et la referme de suite, elle lève ensuite son index comme si elle allait rajouter quelque chose et elle le fait, au bout d'interminables secondes.

- Je vais aller vérifier.

Je tousse après cette discussion et Blondie tourne la tête vers moi.

- Toi, ce n'est pas tes cours que je te ferai bouffer mais les potions de merde que tu me fais, reprends toi à la fin, putain !

- Plus facile à dire qu'à faire.

Elle souffle tout en secouant la tête, elle ne parlait pas de mes potions, bien évidemment. Nous la finissons à deux, elle me pose des questions et corrige mes gestes.

La fille ne revient pas.

Après le repas du soir, tout ceux qui ont été collés à cause de Valentine se dirigent vers la cabane d'Hagrid, je crois que c'est le professeur le plus gentil qu'il puisse y avoir dans cette école, les autres ne comprennent pas son amour pour ces créatures qui sortent de l'ordinaire mais moi, je comprends. Je descends les marches en gardant le silence, la température extérieure ne doit pas excéder les trois degrés, et en regardant le sol, je constate qu'il n'a pas du tout neigé. Une fois que tout le monde a pris place autour du garde chasse, il prend la parole.

- Bien ce soir vous allez chercher des fleurs qui ne peuvent être cueillies que la nuit si l'on veut garder leurs couleurs qui sont essentielles pour la conception de la potion. Donc vous vous doutez bien que votre professeure de métamorphose n'allait pas vous laissez faire les groupes du coup.. Euh attendez où est-ce que j'ai mis la feuille.. Ah voilà tient Harry je ne vois rien avec si peu de lumière.

Il lui donne le parchemin qu'il donne ensuite à son voisin une fois qu'il a fini de lire, je joue nerveusement avec la terre avec mon pied et bien évidemment je ne saurai dire où elle se trouve. Je fais tout mon possible pour éviter que mon regard ne tombe sur elle. Hannah me passe enfin le parchemin en me souriant timidement et merde.

William Scott / Ernie Macmillan / Luna Lovegood

Valentine Silverwood / Draco Malfoy / Ronald Weasley

Hannah Abbott / Harry Potter / Carolyn Gordon

Hermione Granger / Lucy Wayne / Clémence Johnson

Marvin Powell / Jack Curtis / Shannon Avery

Je passe le parchemin à coté de moi et quand Valentine la prend elle se met de suite à protester.

- Ouais bah nan ce n'est pas possible là ! C'est quoi cette équilibre entre les maisons sérieusement ? Pourquoi Malfoy ne va pas remplacer la vampire gothique !

Pff elle abuse, ce n'est pas parce-que mes cheveux sont noirs corbeau que ça fait de moi une gothique, puis un vampire ? Quelle chieuse, mes yeux rouges l'emmerdent. Néanmoins je la rejoins dans ses dires, je préfère encore rester dans la forêt avec elle plutôt que Clémence.

- Oui ou Marvin, c'est quoi ces groupes !

- Ah nan surtout pas l'asperge !

- Ne t'inquiète pas moi non plus je n'ai pas envie d'être avec toi blondasses ! C'est à cause de toi si on est ici !

- Je rêve où il m'a traité de blonde ?! Nan mais s'il vous plait, je rêve où il m'a insulté !

Quand Carolyn rentre dans les règlements verbaux, généralement ça finit mal. Elle s'adresse à lui comme si elle parlait à un gamin à qui on expliquerait comment compter de un à dix.

- Mais vient Marvinou, elle n'attend que toi mais pourquoi ton arcade est dans cet état au fait ? Je suis sûre que tu es allé dire à tout le monde que tu t'étais pris la porte de ton dortoir.

Tout le monde s'agite à la suite de cet échange, Valentine essaye de se rapprocher de Marvin quand Clémence se met devant elle la stoppant net, je soupire, j'ai l'impression que personne n'est d'accord avec les groupes. Malheureusement une minute plus tard la voix pénétrante d'Hagrid reprend le dessus.

- Du calme ! Ça ne sert à rien de protester et maîtrisez-vous, tenez un dessin de la fleur qu'il faut que vous trouviez, je vous conseille vivement de rester ensemble il y a pleins de créatures dans la forêt qu'il vaut mieux rencontrer à plusieurs, si vous avez le moindre problème n'hésitez pas à me prévenir à l'aide de vos baguettes, la fleur se trouve à peu près à une demi-heure de marche et ne revenez pas sans !

Je soupire d'agacement et me rapproche d'Hermione, mon Dieu vite qu'on trouve ce qu'on doit trouver et que je rentre dans ma chambre puis quand je pense que je n'ai pas dénoncé la blonde parce-que je pensais qu'il y avait encore une chance avec Clémence ! Rah plus stupide que moi tu meurs !

Je prends l'un de ses parchemins et suis les filles d'assez loin. Pourquoi il faut qu'elle sente toujours aussi bon hein ? Et ses cheveux là pourquoi elle les a attachés ? Mais pourquoi elle est là nom de Dieu ! Quand j'arrive à leur niveau Hermione s'adresse à Clémence.

- Tu vas bien ? Tu es un peu pâle ?

- Oui ça va je m'inquiète juste pour Valentine.

Je roule des yeux, on a tous bien vu qu'elle savait très bien se défendre sans sa baguette alors avec, c'est bon quoi.

- D'accord donc Lucy c'est bien ça ? - J'hoche la tête -, j'ai lu quelque chose sur cette plante il y a un moment certes mais si Hagrid a choisi cette fleur c'est qu'il faut que se soit aussi à la pleine lune pour qu'elle puisse éclore et je me souviens qu'elle se trouve près des arbres possédant un tronc assez gros donc c'est déjà vers le centre de la forêt interdite. Après il faut qu'on repère des arbres avec du lierre dessus puis le plus dur, trouver un endroit où les rayons de la lune éclairent la fleur.

- Tu as fait un sans faute Hermione bonne mémoire.

Elles se sourient et j'ai envie de crier, je ne suis pas sortie de l'auberge, nous marchons toutes les trois en tête en nous éclairant de nos baguettes pour pouvoir observer les arbres se trouvant autour de nous. C'est vraiment glauque ici. Ça doit faire quinze minutes que nous marchons quand nous entendons un cri féminin suivis d'un cri mi-masculin mi-féminin et mes coéquipières s'exclament en même temps

- Valentine.

- Ron.

- Si on va voir ce qu'il se passe on va perdre du temps, c'est bon quoi ils sont grands puis il y a Draco avec eux.

Clémence répond en murmurant.

- Justement.

Mon cœur rate un battement, je sais qu'elle ne s'adressait pas directement à moi mais elle rétorque à l'une de mes phrases. Elle regarde rapidement vers moi puis elle reprend la marche, les cris se sont arrêtés. Je suis quand même curieuse, qu'est-ce qu'ils ont croisé ? Nous sommes tellement enfoncées dans la forêt que nos baguettes sont à présent nos seules sources de lumière.

Enfin, après dix minutes de marche quelques rayons traversent la cime des arbres et Clémence s'exprime.

- On devrait bientôt y être.

Soudain un bruit assourdissant nous fait nous retourner toutes les trois d'un coup, nul doute sur l'identité de la bête, un géant. Hermione et moi murmurons en même temps nox. Je me décale pour me cacher contre un tronc d'arbre et Hermione me rejoint rapidement, mais bien évidemment Clémence est toujours au milieu ! Elle a une peur bleue de tout ce qui fait plus de deux mètres. Hermione murmure.

- Clémence qu'est-ce que tu fabriques viens !

Rah elle me soûle ! En plus les pas se rapprochent de plus en plus de nous. J'attrape le bras d'Hermione pour attirer son attention.

- Elle a peur des géants elle bougera pas elle est paralysée, il faut aller la chercher. Prends lui calmement la main pour ne pas l'effrayer, ça l'empêchera de crier et identifie toi bien.

Heureusement elle ne perd pas de temps à comprendre pourquoi je n'y vais pas moi même, après tout il me semble avoir un vague souvenir d'un échange verbal assez brutale avec elle par rapport à Clémence. Je suis sa progression depuis ma position, elles mettent trop de temps. Enfin elles reviennent et je crois qu'elle va faire un arrêt cardiaque. Je me déplace pour qu'on puisse se cacher toutes les trois convenablement, sans la lune on serait dans le noir complet. J'entends le bruit d'un arbre qu'on déracine puis qui retombe lourdement sur le sol faisant sursauter Clémence, qui hurle à moitié. Certes elle m'a quitté mais ça ne veut pas dire que je souhaite la voir souffrir, je sais que mes gestes ont toujours eu un effet apaisant sur elle mais merde, mais merde j'ai compris maintenant, elle m'a dit qu'elle n'éprouvait rien pour moi car c'est la seule idée sur le moment qui lui est venue en tête pour me faire du mal, pour que je parte, sa façon de rompre. Ça devait arriver un jour ou l'autre de toute façon, j'aurais juste préféré qu'elle s'y prenne d'une autre manière, qu'on se quitte autrement.

Je prends sa main pour la calmer afin qu'elle puisse respirer plus calmement. J'ai surtout peur qu'elle parte en courant et elle en serait bien capable. Mon cœur essaye de battre le nouveau record de battements à la minute. Je trace des cercles sur le dos de sa main tout en comptant dans ma tête, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Le calme absolu, mis à part le géant qui se trouve maintenant à quelques centimètres de nous.

Hermione bouge pour faire le tour du tronc et je la suis doucement en marchant à reculons, alors que je commençais à me défaire de la main de Clémence, parce que concrètement je suis en train de devenir aliénée, elle la récupère avant qu'elles ne soient plus du tout en contact tout en la serrant encore plus. La Gryffondor se stoppe m'arrêtant par la même occasion et Clémence vient buter contre mon corps, mon Dieu. Je suis à la parfaite hauteur pour inhaler l'odeur de ses cheveux, cette odeur de vanille qui me rappelle tellement de souvenirs, des mauvais comme des bons, elle me manque tellement. J'essaye de retenir ma respiration le plus longtemps possible mais c'est inenvisageable.

Hermione tapote mon épaule et je me retourne à moitié pour pouvoir la regarder, elle pointe avec sa main une direction se trouvant sur notre gauche, de la lumière mais beaucoup trop forte et instable pour que ce soit naturel néanmoins le géant ne semble pas avoir remarqué. Le bruit de ses pas se font de plus en plus lointains. Une fois que le champ est libre je me dégage de la main de Clémence et pars un peu plus loin pour pouvoir respirer de l'air non contaminé par elle. J'ai les larmes aux yeux et je commence à retrouver mon état normal. Vite qu'on trouve cette satanée fleur.

On repart à la recherche de la plante et cette fois ci je me démène beaucoup plus qu'avant la pause forcée, elle doit forcément être là tout correspond aux dires de Miss je sais tout !

- Là !

ENFIN, je tourne la tête vers Hermione qui se rapproche rapidement du bouquet, je la rejoins presque en courant, les racines des arbres m'empêchent d'aller plus vite. Je récupère le parchemin roulé en boule de ma poche et après avoir regardé trois fois, c'est bien la même. Je parle rapidement.

- Hourra ! Allez maintenant vite qu'on rentre, si on marche vite on devrait mettre vingt minutes.

- Oui tu as raison.

Elle récupère la plante et nous rebroussons le chemin. Forcément il fallait que la situation devienne vraiment gênante quand Hermione nous demande.

- J'en conclus que vous vous êtes pardonnées ?

Être dans mon état normal me permet de réfléchir plus rapidement et de répondre avant elle.

- Non on a eu trop de différents par le passé qui fait que ce n'est pas possible mais je pense qu'il y a différents moyens de dire aux gens certaines choses.

Je n'ai même pas repris mon souffle qu'elle rétorque avec une pointe d'énervement.

- Certes mais des fois il y a que la manière forte qui marche, c'est comme essayer de commettre un meurtre en tapant sur sa victime avec sa baguette, ça prendrait trop de temps pour avoir un résultat.

- Oui cependant…

- Hermione je suis désolée mais tu peux nous laisser deux minutes s'il te plait.

- Pas de souci.

Elle s'éloigne un peu de nous puis Clémence se rapproche de moi en croisant les bras, je ne sais pas pourquoi je décide de l'éclairer avec ma baguette. Elle pousse mon bras vers le sol puis parle sans reprendre une seule bouffée d'air.

- Tu ne m'as pas laissé le choix tu crois que ça m'a fait plaisir de te dire à voix haute que je ne t'aimais pas ! Mais le pire c'est que tu m'as crue et d'un côté heureusement car on serait encore au même palier on savait très bien l'une comme l'autre que notre relation avait une date butoir et à cause de TON comportement tu l'as avancée ! - Enfin elle s'arrête un peu pour reprendre son souffle mais enchaîne sans plus attendre quant à moi j'ai envie de partir d'ici, de vraiment partir. - C'est fini puis je pense que tu l'avais déjà compris hier soir et ah, félicitations pour ton mariage.

Je suis sans voix, quoi répondre face à ça ? Je lève les yeux au ciel et reprends la marche. Je n'ai même pas envie de pleurer, ni même de boire ou de prendre une pilule. Je n'ai envie de rien. Je suis juste fatiguée. Je les laisse prendre de l'avance puis les suis de loin quand on entend un cri à donner la chair de poule. Un loup-garou, cette fois ci je rattrape les filles et accélère le pas. Nous arrivons les premières à la bordure de la forêt. Hagrid est debout et sourit en nous voyant arriver, il n'a absolument pas l'air inquiet par ce loup-garou présent dans la forêt.

- Alors Hermione raconte moi comment se passent les cours pour toi en ce moment.

Je souffle et m'éloigne un peu en faisant les cent pas, ça me stresse où sont les autres ? Où est Hannah ? Le groupe de Luna arrive cinq minutes après nous puis celui de Jack. En me voyant il m'embrasse timidement sur le front. Je m'installe sur une pierre et attends patiemment. Hagrid demande l'heure à Hermione et enfin semble inquiet, on se rapproche tous de la lisière.

- Hagrid tu ne crois pas qu'il faudrait faire quelque chose ?

- Euh oui tu as raison Hermione, restez ici je vais y aller.

- Je ne suis pas sûre que ce soit une si bonne idée..

Enfin ils arrivent tous en courant, la plupart s'écroulent sur l'herbe tandis que Carolyn et Hannah se tiennent fermement les côtes pour calmer leur respiration, je me rapproche rapidement d'Hannah.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle relève la tête et ses pommettes sont rougies.

- On marchait tranquillement quand on a entendu des cris et Harry voulait à tout prix aller voir ce qu'il se passait avec Ron et du coup Carolyn aussi pour Valentine. Quand on est arrivés comment dire, Ron et Valentine étaient perchés dans un arbre et Draco n'était pas visible dans mon champ de vision. Sachant qu'ils n'avaient pas crié pour rien on a fait de même, enfin tous sauf Carolyn, elle a couru droit vers eux, c'est là qu'elles ont surgi, des araignées immenses, jamais vu des créatures aussi effrayantes de ma vie et là, elle les a repoussé avec une extrême agilité, elle est vraiment douée en sortilèges mais le plus étonnant c'est la suite, - je suis complètement pendue à ses lèvres et Jack à côté de moi est dans le même état-. Elle a disparu, je ne la voyais plus ! J'ai cru qu'elle s'était faite attraper par l'une des araignées, du coup je suis descendue de l'arbre et Harry a fait de même, le temps de faire cette action, il n'y avait plus rien, j'ai éclairé la scène avec ma baguette et je ne la voyais nul part, je me suis rapprochée des buissons quand elle était là nue, vraiment dans sa tenue d'Eve. Elle a récupéré ses affaires sur le sol puis s'est rhabillée comme si de rien était. Bien évidemment étant donné que c'est Carolyn j'ai rien demandé comme explication puis vu la tête qu'elle avait, valait mieux éviter. Honnêtement dix minutes après Valentine et Ron sont descendus et après des échanges cinglants, on a décidé de rester ensemble pour aller plus vite mais bon en traînant deux arachnophobes, on en a mis du temps. Draco était parti super loin mais on l'a vite retrouvé et ça a recommencé, Draco s'est mis à hurler sur Harry, rejoint par Valentine enfin bref. Je pense qu'on aurait pu se faire attaquer par n'importe quel bête tellement nous n'étions pas discrets.

- Heureusement vous avez évitez le loup-garou.

Elle hoche la tête vigoureusement puis nous retournons auprès des autres.

- Bien c'est parfait, rentrez tous vous mettre au lit pour vous reposer !

Ce n'est pas trop tôt ! Je suis congelée, on reprend le chemin emprunté plutôt en direction du château. Hannah marche à côté de moi et Jack est je ne sais où. Au moment où on arrive enfin, j'aperçois Hannah se faire tirer vers la gauche, je relève la tête et les deux blondes sont à ses côtés, qu'est-ce qui se passe.

- On t'a appelé toi ? Retourne auprès de ton copain tu veux puisque tu es bonne qu'à ça ! Plus soumise que toi je ne sais pas si on peut Lucy.

- Ta gueule Valentine.

Carolyn répond la première quand à Valentine elle lève son pouce dans ma direction tout en souriant.

- Wow je ne l'avais pas vu arriver celle là enfin bref, ce que tu as vu dans la forêt interdite tu le gardes pour toi tu m'as compris Hannah ? Personne ne doit savoir que je suis une animagus pour une raison évidente, pareil pour toi là et ton copain.

- Et pourquoi elle se tairait hein ? Pourquoi on le ferait ! Surtout pour toi Carolyn.

Cette fois-ci Valentine répond avant, je sais que c'est perdu d'avance et d'instinct mon cœur bat plus vite.

- Oh bah tout simplement parce-que je pense que tu ne souhaites pas que tout Poudlard sache avec qui tu préfères t'envoyer en l'air.

- C'est bon on ne dira rien, ce n'est pas la peine de faire du chantage.

Hannah prend mon bras pour m'obliger à la suivre alors que je n'ai qu'une envie, me battre avec Valentine. Nous saluons le professeur McGonagall puis, retournons dans notre tour. Je ne sais toujours pas où est Jack.

- Elle a vraiment abusé quand même, elle serait capable de balancer sa meilleure amie juste pour te faire du mal !

- Crois moi, si il y a bien une chose qu'elle ne ferait jamais c'est blesser Clémence, elle voulait juste me faire du mal à moi et elle a raison, je suis trop soumise ! Regarde dans quelle situation je suis ! Je vais épouser quelqu'un que je n'aime pas, j'ai déjà violé je ne sais combien de serments avant même d'avoir été mariée et je mens à tout le monde. Je suis malheureuse et je n'ai pas la force de m'imposer pour changer ma situation, tout ce dont je suis capable, c'est subir.

- C'est facile de le dire mais agir en conséquence c'est autre chose Lucy, je ne vois pas énormément d'échappatoire pour toi. Clairement vivre avec Jack n'est pas une option, tu ne peux pas te dire que tes sentiments viendront avec le temps puisque tu es gay. Si tu n'as pas la force nécessaire pour dire la vérité à tes parents, dis leur au moins que tu ne veux pas te marier, ils ne vont pas non plus te forcer ?

- Oui tu as raison, je le ferais en face à face, pendant les vacances de Noël, merci Hannah.

Elle passe une main dans mon dos et me souris timidement, qu'est-ce que je ferai sans elle sérieusement. Nous accélérons le pas car il fait vraiment froid ici, Jack nous rattrape enfin et je m'abstiens de lui demander où il était. Une fois dans mon lit, plus fatiguée que la veille et non sans avoir réveillé Carla au préalable puisqu'elle m'agace, je m'endors avec des pensées noires.

Bien évidement pour se venger, la voix ultra aiguë de Carla me réveille le lendemain. Je tire mes rideaux et la salue en lui faisant un sourire niais. Je me prépare rapidement et m'installe à côté d'Hannah tout en me servant des œufs. Je commence à m'agiter nerveusement, il faut que je résiste à la tentation et pour se faire, même si cela me fait énormément de mal, au lieu de céder, je regarde Clémence.


Et voilà ! Oui Lucy dérive grave et arrivera t'elle à tenir ? La suite dans deux semaines si tout se passe bien. Bon weekend !