Chers lecteurs.

merci de votre patience et de votre fidélité.

Voici donc enfin le chapitre 20 et je peux vous dire que normalement le dénouement approche. Je te dis normalement parce qu'avec ces trois-là on n'est jamais à l'abri d'une surprise.

bonne lecture


Chapitre 20

- Val ! S'exclama Kanon ravi. Tu as chang...

Il s'interrompit car la fin de phrase de la Harpie, ainsi que son air hébété lui firent comprendre que son amour était là contre sa volonté. Mais peu lui importait, il était là et c'était tout ce qui comptait à ses yeux. Le Grec franchit à la hâte les trois pas qui le séparait de l'homme de sa vie. Il l'enlaça et l'embrassa avec toute la force de ses sentiments.

- Kanon. Je dois être honnête, avoua le spectre. Je ne suis pas là de mon plein gré. C'est Hadès qui m'a expédié ici.

- Alors béni soit Hadès !

- Tu exagères ! Rit Valentine.

- Il faudrait savoir ce que tu veux ! Je blasphème, tu râles. Je loue ton dieu, tu dis que j'exagère ! Plaisanta l'ex-Dragon en attirant son amant vers le lit.

Le Chypriote répondit d'abord avec enthousiasme aux nouveaux baisers. Mais réalisant que son partenaire le surplombait et commençait à le déshabiller, il se dégagea.

- Pas maintenant amour, j'aimerais prendre une douche. Seul. Anticipa-t-il en se dirigeant vers la salle de bain. J'ai besoin de me vider la tête de pas mal de chose.

Pendant ce temps, le second Gémeaux finit de déballer ses affaires et rangea également celles de Valentine. Lorsque ce dernier sortit enfin, Kanon consultait la carte du restaurant de l'hôtel.

- Dis Val, on descend dîner ou on se fait livrer ? Demanda-t-il.

- On descend. Ça sera moins cher.

- Non, je ne pense pas, répondit le Grec. Et puis on s'en fiche, c'est Hadès qui paie.

- Kanon ! S'exclama le Chypriote outré.

- Bah quoi ? Ça serait pareil si c'était Athéna.

Valentine roula des yeux mais opta finalement pour la première proposition. Jusqu'à présent, Rhadamanthe ne lui avait pas laissé le loisir de sorties en amoureux. Alors autant en profiter. Au restaurant, il eut un nouveau soupir consterné lorsque Kanon attaqua sa sole en déclarant que c'était sûrement la bestiole de compagnie de messire Popo. Néanmoins, ayant lui-même subit l'agaçant dieu des mers, le spectre ne protesta pas cette fois. Il esquissa même un sourire amusé.

- Donc comme je le disais, fit le chevalier redevenu sérieux. Je pense que le mieux c'est d'aller chez les parents de Rhadamanthe demain matin. D'après le réceptionniste, leur manoir se trouve a à peine deux kilomètres de l'hôtel. On y va vers 9h. Quand dis-tu ?

- S'ils t'ont dit vers 9h ça me va, répondit il.

- Qui ça ?

- Les parents de Rhadamanthe voyons ! C'est bien d'eux qu'on parle.

- Ils ne m'ont rien dit. C'est moi qui dit ça. Mais on peut y aller un peu plus tard si tu veux. Tu viens avec moi n'est-ce pas ?

- Tu veux dire que tu ne les as pas appelé ? S'offusqua Valentine.

- Bah non. J'ai jugé inutile de les inquiéter à l'avance s'ils n'ont pas de nouvelles. Et puis c'était un peu délicat de leur révéler la disparition de leur fils par téléphone.

- Mais enfin Kanon ! Tu n'étais pas obligé de leur dire ça. Mais tu pouvais toujours dire que tu venais de la part d'Hadès pour une affaire délicate et demander un rendez-vous.

Valentine consulta sa montre.

- 19h30. Il n'est pas trop tard, je vais les appeler, dit-il en sortant son téléphone.

- Tu crois ? Ils doivent être en train de manger.

- Les anglais dînent tôt. Alors rassures-toi je ne les dérangeraient pas en plein repas.

Le spectre chercha le numéro et sortit pour passer son appel pendant que le chevalier finissait son dessert. Quelques minutes plus tard, ce dernier rejoignit son amant à l'extérieur au moment où il raccrochait.

- Lady Walden nous recevra demain à onze heures.

- parfait. Répondit Kanon. Comme ça on pourra se faire une grasse matinée coquine.

La Harpie l'enlaça en riant.

- Tu penses qu'à ça !

- Je penserais qu'à ça si je proposais aussi une soirée coquine, taquina-t-il.

- Ah ! Et tu proposes quoi ? Demanda Valentine légèrement suspicieux.

- En venant je suis passé devant un théâtre où il se joue le roi Lear. Ça te dirait d'aller voir s'il reste des places ?

- Excellente idée, approuva le Chypriote ravi.

Leur soirée s'étant fini tôt le matin, la grasse matinée coquine se changea en simple grasse matinée. Valentine houspilla Kanon en disant que ça ne se faisait pas d'arriver en retard pour finalement lui faire remarquer que cela ne se faisait pas non plus d'arriver en avance.

- Décidément les aristocrates sont bien compliqués, songeait le Grec alors que pour se conformer aux usages, il ralentissait dans le chemin qui menait à la demeure.

L'allée de gravier sur laquelle le chevalier roulait contournait un grand massif de buissons et de fleurs aux couleurs chatoyantes. Ce cercle central, ainsi que le reste du parc étaient une invitation à la flânerie. Pas du tout ce à quoi on se serait attendu de la part de partisans d'Hadès depuis des siècles. Quant à la bâtisse en fait de manoir, c'était carrément un château du XXVIIe ou XXVIIIe siècles d'après l'architecture. Kanon n'en revenait pas que Rhadamanthe ait grandi dans un tel environnement. Ceci dit, cela expliquait bien des choses.

Comme convenu par téléphone, Kanon sonna à onze heures pile. Et cerise sur le gâteau, il était parvenu à convaincre son amant de participer à l'entretien. Un homme d'un certain âge et fort élégant leur ouvrit.

- Monsieur Walden, salua poliment le bleuté. Je suis Kanon et voici Valentine de la Harpie. Nous...

- Kanon ! Les lords n'ouvrent pas eux-mêmes la porte voyons, souffla le spectre en le coupant d'un coup de coude dans les côtes. Ce doit être leur majordome.

Si le domestique fut amusé par la confusion, il ne le montra pas.

- Si ces messieurs veulent bien me suivre. Lady Walden va vous recevoir au petit salon, dit-il en les invitant à entrer.

- Mieux vaut que tu me laisses parler, murmura Valentine. J'ai l'habitude de traiter avec les nobles.

- Et bien merci ! Chuchota l'ex-marina faussement vexé.

Il laissa donc Valentine entrer le premier, ce qui lui permit de cacher le petit sourire de triomphe qui lui brulait les lèvres. Car en réalité il était ravi que son aimé prenne les choses en mains. Ça lui permettra peut-être de dépasser sa colère envers son ex-amant. L'employé les précéda jusqu'à la porte du salon où il les fit patienter le temps de prévenir sa maîtresse. La Harpie en profita pour rappeler au second Gémeaux de le laisser parler. Le majordome les introduisit et lady Walden se leva pour les accueillir. Sa ressemblance avec son fils était si frappante que Kanon se surpris à chercher un monosourcil sous la frange qui ornait son front.

- Mes hommages madame, salua Valentine en s'inclinant respectueusement. Je suis enchanté de faire votre connaissance.

Tiré de ses réflexions par la voix de son amant, le chevalier l'imita pour le plus grand plaisir de la Lady.

- Moi de même, répondit-elle en les invitant à s'assoit. Alors que me vaut la visite de deux envoyés du seigneur Hadès ?

- Et bien... fit le Chypriote prit de court.

Car malgré ses recommandations à son amant, il n'avait pas préparé ce qu'il allait dire.

- ... notre seigneur aimerait savoir si vous avez eu des nouvelles de votre fils.

- Pas depuis qu'il a endossé le surplis du Whyvern. Mais pourquoi cette question ?

- Et bien... hésita Valentine embêté. Le seigneur Hadès est inquiet car Rhadamanthe a disparu.

- Comment cela disparu ? S'enquit lady Walden avec curiosité.

- Et bien.. il...

- A fugué, coupa Kanon que ce troisième "et bien" poussait à intervenir.

La Harpie lança un regard noir lui signifiant ainsi qu'il n'aurait pas dû. Le second Gémeaux roula des yeux en guise de réponse. Puisque la mère du juge ne semblait pas s'émouvoir plus que ça de la nouvelle pourquoi faire tant d'histoires.

- Rhadamanthe, fugué, tiens donc, dit-elle avec flegme.

Elle ajouta avec un petit rire aristocrate.

- Je ne devrais pas m'étonner. Après tout notre Rhadamanthe a toujours été quelque peu... excentrique nous dirons.

Kanon leva un sourcil dubitatif. Excentrique n'était certainement pas un qualificatif qui lui venait à l'esprit lorsqu'il songeait au juge.

- Que voulez-vous dire par excentrique ? Demanda-t-il intrigué

- Lorsqu'il était enfant, il avait un ami imaginaire, raconta lady Walden sans se faire prier.

- C'est le cas de beaucoup d'enfants, fit remarquer le spectre tout aussi perplexe.

- Certes, Certes, mais pour Rhadamanthe c'était une sorte de serviteur-confident-ami. Nous ne savions pas trop en fait. Comment s'appelait-il déjà ? Je l'ai sur le bout de la langue... un nom de fête...

- Noël... Pâques... Halloween, tenta Kanon quelque peu amusé.

- Non non, pas ça. Un nom de saint.

- Saint Nicolas ? Suggéra-t-il à nouveau.

Alors que la mère du juge rejetait encore sa proposition sans pour autant trouver. Il s'exclama avec espièglerie.

- Mais enfin Valentine, aide-nous un peu.

- Oui c'est ça ! S'exclama l'aristocrate. Valentine !

Les deux hommes se regardèrent sidérés tandis qu'elle poursuivait.

- Nous lui avions engagé un domestique personnel pour en finir avec cette histoire. Mais il ne voulait que ce Valentine. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela peut être difficile de trouver un employé de maison répondant au nom de Valentine.

- Mais il aurait pu faire semblant de s'appeler ainsi ? S'étonna la Harpie.

- C'est bien évidemment ce que nous avions fait au début. Mais c'est qu'il était malin notre petit Rhadamanthe et il a vite découvert le subterfuge. Dieu merci cela lui est passé à l'adolescence. Hélas ses lubies ne se sont pas arrêtés là.

- Vaiment ? Fit le chevalier très intéressé.

- Nous l'avons naturellement orienté vers des études de droits. En attendant qu'il soit appelé par notre seigneur, il aurait pu devenir un grand juge. Mais il a voulu être avocat. Vous vous rendez compte ! Un juge de notre seigneur Hadès simple avocat ! Et je ne vous parle même pas du petit appartement qu'il a loué. L'avez vous vu ?

Ils secouèrent la tête de concert.

- Pas encore, précisa Valentine.

- Je n'ai jamais compris ce qu'il y trouvait mais puisqu'il y tenait tant son père lui a acheté. Il était tout de même hors de question qu'un Walden paie un loyer comme un vulgaire roturier.

- Évidemment ! Approuva Kanon en contenant un sourire amusé.

Après une bonne heure de révélations croustillantes sur le juge, Valentine décida qu'il était temps de prendre congé.

- Avez-vous la clé ? S'enquit soudain lady Walden.

- La clé ? S'étonna le spectre. Quelle clé ?

- La clé de son appartement voyons, dit-elle en sonnant le majordome.

- Non mais je suppose qu'il y a un concierge pour nous ouvrir.

- Non non, c'est plus simple que vous ayez la clé.

- Eh bien merci, fit le Chypriote.

- C'est normal. Quand nous pouvons aider notre seigneur Hadès.

- Madame désire ? Demanda le domestique qui venait de faire son entrée.

- Edouard veuillez apporter les clés de l'appartement de Rhadamanthe.

- Bien madame.

Le majordome sortit et ne revient qu'au bout de dix minutes ce qui laissa largement le temps à lady Walden d'apporter de nouvelles preuves de l'excentricité de son cher fils. Valentine qui semblait ne pas vouloir en savoir plus, ou plutôt qui craignait que Kanon ne puisse davantage contenir son fou rire, prit congé dès qu'il les eut en mains. Il s'assit également naturellement au volant et démarra aussitôt que son amant le rejoignit côté passager. A peine sa ceinture bouclée, celui-ci explosa de rire.

- Si tu ne te réconcilies pas avec lui, dit-il lorsqu'il parvint à se calmer un peu. Tu pourras toujours le faire chanter. Je suis sûr que sa charmante mère sera toute disposée à t'en raconter plus sur les frasques de son fils unique. Mais surtout n'oublie pas de m'inviter.

- Oh sûrement pas ! Répliqua sévèrement Valentine qui peinait néanmoins à contenir un sourire amusé.

Le chevalier repartit à rire de plus belle à la réponse. Alors que le spectre atteignait l'hôtel, Kanon enfin calmé suggéra.

- Nous pourrions aller tout de suite chez Rhadamanthe voir si il y est ou si on trouve des indices sur l'endroit où il se cache parce que je pense qu'Hadès doit être impatient d'avoir des nouvelles. Il est vraiment très inquiet.

Valentine acquiesça et redémarra tandis que Kanon entrait l'adresse dans le GPS. Au bout de presque une heure et demie, ils se garaient enfin à l'ange de Brookside et de Raffles Avenue. Le trajet aurait normalement dû leur prendre une quinzaine de minutes. Mais des travaux et une mauvaise mise à jour du GPS, les firent tourner en rond trois ou quatre fois avant de trouver la rue. L'appartement de Rhadamanthe se trouvait au troisième et dernier étage d'une maison ancienne maison bourgeoise reconvertie en immeuble. Il comptait quatre logements plus celui du concierge d'ailleurs absent pour déjeuner. Les deux hommes montèrent silencieusement l'escalier en bois. Il n'y avait qu'une seule porte sur le palier leur évitant toute erreur. Kanon sonna et attendit. N'ayant pas de réponse il sonna une seconde fois et colla son oreille sur la porte. Aucun bruit ne venant de l'intérieur, il sortit la clé pour ouvrir.

- Eh bah mon cochon ! S'exclama l'ex-dragon surpris. C'est ça qu'elle appelle un petit appartement.

En effet, celui-ci devait bien faire dans cent cinquante mètres carrés, la salle à manger faisant aussi office de salon était séparé par un bar d'une cuisine tout équipée. Il y avait également au rez-de-chaussée une grande salle de bain avec une douche italienne dans un coin et une baignoire de deux mètres conçue comme un bassin au milieu de la pièce, un bureau-bibliothèque avec un ordinateur portable, une imprimante-scanner et un nombre impressionnant de livres, deux chambres dont une, la plus grande était visiblement aménagée pour un homme bien qu'elle n'ait jamais servi. À l'étage mezzanine une autre grande chambre, celle de Rhadamanthe. L'ensemble était d'un style moderne mais dégageait une atmosphère douillette.

La visite des lieux leur permit d'arriver à deux conclusions. La première était que le juge n'y était pas revenu depuis qu'il avait endossé son surplis. La seconde, fut plus difficile à faire admettre à l'entêtée Harpie.

- Mais enfin Val ! Fit kanon en se laissant tomber dans le canapé. C'est pourtant évident ! Tu as vu comme moi que Rhadamanthe était plutôt du genre boulot boulot. Tu crois vraiment qu'il aurait aménagé une chambre pour un éventuel amant. Non. Moi je te le dis entre les révélations de sa mère et cette chambre, il est clair qu'inconsciemment il se souvenait de toi et que tu lui manquais.

- Mouais. Comme son jouet favori ou son animal de compagnie.

Le chevalier attrapa la main du spectre et l'attira à lui pour l'asseoir à ses côtés.

- Tu exagères mon amour, répondit le Grec en le serrant tendrement contre lui. C'est vrai que les événements passés ne plaident pas en sa faveur mais tout dépend de la façon dont tu les examines. Et c'est de ma faute si tu les vois comme une preuve de prostitution, je...

- Non ! Bien sûr que non, le coupa le Chypriote. Tu m'as ouvert les yeux au contraire. Pourquoi aurait-il refusé que je lui dise que je l'aimais si j'avais été autre chose qu'une pute à ses yeux.

- Et bien...

Kanon soupira désolé. Il avait conscience d'avoir brisé quelque chose de précieux par égoïsme et craignait de ne pouvoir réparer. Il avait espéré éviter la conversation qui allait suivre mais il n'avait plus le choix.

A suivre...


J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez à me faire part de vos impressions. C'est en partageant avec nos lecteurs que nous progressons.