Ce chapitre a été corrigé par Alice ! Merci à elle !
Chapitre 19
Guérison et évasion
Lorsqu'il regagna l'infirmerie, il vit que Ron était réveillé. Parvati était assise sur une chaise à coté de lui. Méthilda était encore endormie. L'infirmière l'interpella :
« Ah Potter ! Te voilà enfin. Vas te recoucher ! »
Harry n'en avait pas vraiment envie, mais il fit docilement ce qu'on lui ordonnait.
« Comment va-t-elle ? demanda-t-il en désignant Méthilda.
- Pas très bien, mais elle s'en remettra. Maintenant tu vas boire cette potion. Ça devrait faire diminuer tes blessures. »
Harry but le breuvage en quelques gorgés, puis fit une grimace. Il avait un goût épouvantable.
Ron attendit que l'infirmière se soit éloignée, puis se pencha vers Harry.
« Tu es allé voir Dumbledore ?
- Oui.
- Il t'a dit pourquoi elle a fait ça ? »
Harry hocha négativement la tête et s'enfonça dans son lit.
« Je savais bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez elle », commença Parvati.
Harry, conformément aux instructions du directeur fit tout son possible pour se contrôler. Mais Ron, lui, n'avait aucune instruction.
« Je t'interdis de dire ça, Pat. Si elle a fait ça, c'est sûrement qu'elle y a été forcée. »
La jeune fille ferma la bouche d'un air boudeur, et Harry ressentit un immense soulagement. Même si son ami ne connaissait pas la raison de la folie d'Hermione, il savait qu'elle n'était pas coupable.
Des voix se firent alors entendre dans le couloir.
« Je veux le voir immédiatement ! C'est mon fils, vous ne pouvez pas m'en empêcher.
- Calmez vous Molly », répondit la voix du professeur McGonagall.
Ron rentra la tête dans les épaules.
« Oh, non… »
Sa mère fit irruption dans l'infirmerie et se précipita vers lui. Elle le serra si fort dans ses bras qu'Harry entendit ses os craquer.
« Maman, tu me fais mal !
- J'étais si inquiète… »
Puis elle recula et le regarda.
« Oh, mon dieu, Ron…
- Arrête ! Ca va très bien ! »
Mrs Weasley salua Parvati, qui tenait la main de Ron, d'un signe de la tête, puis se retourna vers Harry. Sentant qu'il allait subir le même sort que son ami, il se prépara. L'étreinte fut cependant assez rude.
« Comment ça va Harry ?
- Très bien. »
La femme se releva et regarda autour d'elle. Elle aperçu Méthilda, encore allongée, puis les deux autres élèves qu'Harry n'avait pas vu. Tous les deux regardaient la scène en s'esclaffant.
« Où est-elle ?
- Pardon ?
- Où est Hermione ? Je vais la tuer. »
Harry ne répondit rien. Il pensait qu'après ce qui s'était passé l'année précédente, les sorciers seraient beaucoup moins enclins à croire la gazette du sorcier. Surtout Mrs Weasley. Mais apparemment ce n'était pas le cas. D'un autre côté, il s'agissait de Ron, et la réaction d'une mère était somme toute normale, en particulier quand cette mère s'appelait Molly Weasley...
Il passa la fin de la matinée et le début de l'après midi à l'infirmerie. Mrs Weasley s'était assise sur une chaise, non loin de Parvati, entre son lit et celui de Ron, et semblait ne plus vouloir en bouger.
Elicia pénétra dans la pièce. Elle eut un bref échange avec l'infirmière, puis se dirigea vers Méthilda. Elle mit sa main sur le front de la sœur de Viktor, en murmurant à voix basse. Au bout d'un moment, elle laissa la jeune fille et s'approcha d'Harry.
« Viens avec moi, Harry.
- Miss Arnel, je suis pas sûre qu'il soit assez rétabli pour sortir de l'infirmerie. » protesta Mrs Pomfresh.
Harry qui avait commencé à se relever tenta de répliquer qu'il allait bien, mais personne ne l'écouta.
« Il doit venir, c'est important, répéta Elicia.
- Pourquoi ? »
La mère de Ron s'était levée. Elicia se tourna poliment vers elle.
« Vous êtes ?
- Molly Weasley. La mère de Ron, et je tiens également à Harry. Si Mrs Pomfresh dit qu'il ne doit pas sortir, il restera ici. Et au fait, qui es-tu, toi ?
- Elicia Arnel. Quant à Harry, il faut qu'il vienne avec moi. »
Elle le regarda.
« Il a l'air assez rétabli pour pouvoir faire un tour dans le parc.
- Tu est médecin, ricana Mrs Weasley.
- Non, mais je ne suis pas stupide. Viens Harry. »
La mère de Ron resta incrédule devant la réponse de la jeune fille. Encore sous le choc de ce qu'avait fait Hermione, elle retint Elicia par la manche.
« Écoutez moi bien, Mrs Weasley, occupez-vous de Ron, mais laissez moi m'occuper d'Harry. Les blessures physiques sont bien moins dangereuses que les blessures morales. »
Elle se dégagea et prit la direction de la sortie, Harry sur ses talons.
« Elle manque pas d'air. Qui est-ce ?
- La petite amie du professeur contre les forces du mal, répondit Ron. Elle est en sixième année. »
Elicia se dirigea vers le lac. Harry la suivit en silence. Sans se soucier des interdictions, elle franchit les flammes jaunes. Certains élèves les regardaient, intrigués.
« Elicia, on a pas le droit de sortir du périmètre.
- Tant que tu seras avec moi, personne ne te dira rien. »
Il s'assirent un peu à l'écart, sur un rocher qui surplombait les eaux calmes. Harry, qui ne s'était pas couvert, commença à frissonner sous le vent du nord, glacial.
« Le professeur Dumbledore t'a-t-il expliqué ce qui s'est passé ?
- Oui. Mais il n'a pas voulu me dire où Néris l'avait emmené.
- Je ne peux pas te le dire non plus Harry, soupira la jeune fille. Ce n'est pas que je veux pas, mais je n'en ai pas le droit. Cependant, elle est entre les mains des seules personnes qui peuvent la guérir. Et je suis sûre qu'ils y parviendront. »
Ils restèrent silencieux un instant. Le calmar géant apparaissait de temps en temps à la surface de l'eau.
Au loin, Harry apercevait les élèves du collège, qui se promenaient, discutaient, riaient ensemble. Encore une fois, il se demanda pourquoi il n'avait pas le droit à ça. Bien sûr, il en connaissait la raison, mais c'était profondément injuste. Les seules personnes à qui il tenait étaient en danger, ou même morts, à cause de lui. D'abord ses parents, puis Sirius, et maintenant Hermione ! Et demain, ce serait Ron ? Méthilda ? La famille Weasley ? Le professeur Lupin ?
« Être un grand sorcier n'est pas facile, murmura Elicia, lisant dans ses pensées. Tu as l'impression que tout le monde s'acharne sur toi. Tu te demandes pourquoi tu ne pourrais pas vivre comme les autres…
- J'en ai assez. Assez de tout ça. Qu'on s'affronte une bonne fois pour toute. Au moins tout sera fini.
- Tu ne peux pas dire ça. Harry, tu n'es pas le seul à ressentir ces sentiments, mais tu les ressens beaucoup plus fort, parce que tu es quelqu'un d'exceptionnel. Si tu te laisses envahir par le découragement, tu ne seras plus qu'une coquille vide. Tu dois surmonter tout ça, pour toi, pour tes amis. »
Harry sortit le pendentif qu'Hermione lui avait offert pour son anniversaire. Auparavant, il émettait une faible lumière rouge et or. Maintenant il était terne, sans éclat.
« Ce serait trop demander qu'il se passe six mois, peut-être, sans que personne ne se fasse attaquer ou s'en prenne à moi ?
- Tu es et tu n'es pas le maître de ton destin Harry. Tu ne peux avoir le contrôle de ce qui se passe autour de toi. Mais tu as le contrôle de ta vie. Si tu veux que tout s'arrête, tu peux aller vivre en ermite dans une montagne, coupé de tout. Mais ce n'est pas ce que tu veux. Réfléchis bien à ce que tu viens de dire.
« Ton souhait, est d'être tranquille un moment. Mais personne ne l'est. Tu as été choisi pour combattre. Si tu veux renoncer, fais le. Tu peux te cacher, tu peux partir très loin… »
Harry ne répondit pas immédiatement. La tête lui tournait légèrement.
« Et pourtant ce n'est pas ton choix, ajouta Elicia.
- Peut-être. Mais si je m'éloignais d'ici, de vous, personne ne se ferait attaquer. Vous seriez tranquille.
- Tu n'as pas compris alors ? Que tu sois là où pas, Jedusor attaquera quand même. Tu n'es pas coupable de ce qui s'est passé avec Hermione. Ni de la mort de Sirius. Le seul coupable, c'est Jedusor. S'il ne t'avais pas envoyé ce rêve, il ne se serait rien passé. Le fait est que c'est bien lui qui l'a fait. De même pour Hermione. C'est lui qui l'a empoisonné. Et tu crois vraiment qu'elle accepterait que tu disparaisses de sa vie ? Tu crois vraiment qu'elle te laisserait faire ? Elle préfèrerait mourir plutôt que de t'abandonner. Tu dois continuer à te battre, au moins pour elle. »
Il baissa la tête. Bien sur qu'il allait se battre. Voldemort ne s'en tirerait pas comme ça. Il paierait pour tout ce qu'il avait fait.
Une silhouette se détacha de la forêt interdite et s'avança vers eux. Elle portait une longue cape grise dont la capuche était rabattue sur sa tête. Elicia la regarda s'approcher en silence.
Quand elle fut à deux mètres d'eux, l'inconnu fit tomber sa capuche, et Harry pu voir une jeune femme dont les cheveux blonds coupés courts tombaient sur ses épaules. Elle portait au front un cristal qui étincelait dans la pâle lumière du soleil de décembre. C'était la sorcière qui était intervenue à Pré-Au-Lard et qui était avec Néris et Elicia le jour où Colin avait fait sa chute. Son visage était semblable à celui d'Elicia. Harry sentit que les jeunes femmes étaient reliées par un lien très fort.
« Harry, je te présente Agathe, ma demi sœur.
- Bonjour, articula-t-il.
- Bonjour Harry. »
Agathe s'assit à coté d'eux.
« Néris ne va pas tarder. Il devait s'entretenir avec Salia. »
Elicia hocha la tête. Toutes les deux fixaient la montagne de l'autre coté du lac. Le regard d'Harry allait de l'une à l'autre. Au bout d'un long moment, Agathe détacha son regard de la montagne et fixa sa sœur.
« Tu ne devrais pas te promener ici. Quand Néris n'est pas là, ou l'un d'entre nous, tu dois rester au château.
- Oh, ne commence pas. Tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a rien à craindre. De toutes façons vous êtes là non ? »
Harry voyait qu'Agathe était en colère. La jeune femme repoussa une mèche de cheveux qui était tombée devant son visage.
« Je viens juste de rentrer. Imery ne peut rester au même endroit, même si c'est pour te protéger. Enfin fais comme tu veux. Mais Néris ne sera pas ravi de te voir ici.
- Oui. Il ne sera pas content. Si c'était la seule chose qu'il me reprochait…
- Ne sois pas injuste avec lui. Il fait ça pour toi. »
Elicia la regarda avec défi, mais détourna finalement les yeux. Sa sœur la fixait durement.
« Il ne pouvait pas faire autrement que partir. Cette jeune fille avait besoin de soins.
- Je sais. Et ce n'est pas ça que je veux dire…
- Vous étiez avec Hermione ? demanda soudain Harry qui était resté silencieux jusque là. »
Agathe tourna la tête vers lui. Plusieurs mèches de cheveux lui tombèrent devant les yeux, se qui sembla l'agacer particulièrement.
« Oui. J'étais avec elle.
- Comment va-t-elle ?
- Quand je l'ai quittée, elle dormait encore. Il faudra que tu demandes à Néris. »
Elle se releva.
« Je dois vous quitter. Ravie de t'avoir rencontré Harry. »
Elle remit sa capuche.
« Elicia, ne lui reproche rien. Il fait tout ça pour toi. Tu le sais aussi bien que moi. »
La jeune femme remit sa capuche et s'enfonça dans la forêt interdite. Elicia continuait de fixer l'horizon, au loin.
« Elicia, commença Harry, qu'est ce qu'il se passe ? Je croyais que tout allait bien avec Néris. »
Après tout, Elicia était son amie. Il pouvait bien discuter de cela avec elle. Elle connaissait toute son histoire. La jeune fille resta silencieuse. Harry se résigna, elle ne lui parlerait pas.
Mais au bout d'un moment, elle murmura :
« Néris est quelqu'un d'étrange. Même pour moi. Il est beaucoup trop protecteur, mais en même temps il est très distant, inaccessible. Personne ne sait jamais ce qu'il pense réellement, et des fois, j'ai du mal, moi aussi. Il se fait beaucoup trop de soucis pour moi. Il a fait une promesse, un jour, une promesse qu'il s'est juré de tenir jusqu'à sa mort. Je l'aime, mais je n'accepte pas qu'il décide pour moi.
- Mais il t'aime également, non ? »
Harry n'était un expert des relations humaines, surtout entre couple, mais il pensait bien connaître le sentiment de la jeune fille.
« On ne peut s'empêcher d'en vouloir à quelqu'un qui nous protège, poursuivit-il. Parce qu'il nous dira toujours de faire l'inverse de ce qu'on souhaite. Mais finalement, je crois que c'est eux qui ont raison. Chaque fois que j'ai désobéi à Dumbledore, il s'est passé une catastrophe. »
Elicia esquissa un sourire.
« Tu as peut-être raison. »
Harry était glacé, mais il n'avait aucune envie de rentrer au château. Il réfléchit à tout ce qui c'était passé depuis la veille. L'article de Rita Skeeter allait faire beaucoup de mal. Si au moins Dumbledore avait pu cacher cette affaire… Maintenant tout le monde allait prendre son amie pour une folle, et les seules personnes qui pouvaient rétablir la vérité ne souhaitaient pas le faire.
Il fallait qu'ils retrouvent vite celui qui avait fait ça. Il fallait qu'IL le retrouve. Harry se résolut à tout faire pour retrouver le traître. Et une fois qu'il saurait qui c'était…
Néris s'avançait vers eux. Ils se levèrent.
« Bonjour Harry. Elicia… »
Elle ne le laissa pas finir. Elle se blottit contre lui. Tous les trois commencèrent à faire le tour du lac.
« Néris, comment va-t-elle ?
- Elle s'en sortira. Elle sera absente un petit moment, mais il ne devrait pas y avoir de problèmes. »
Harry se retint de lui demander où il l'avait amenée. Ils avançaient lentement, discutant de ce qui allait se passer maintenant.
« Harry, il est très important que personne ne soit au courant.
- Je sais, le professeur Dumbledore me l'a dit. Mais comment allez-vous faire pour découvrir le traître ?
- Pour commencer, nous allons faire surveiller le courrier. Il faut également que je trouve comment cette personne s'y est prise pour empoisonner Hermione. »
Il les ramena au château.
« Harry, il faut que tu retournes à l'infirmerie. Tu dois finir de guérir tes blessures. Et il faut que tu passes la nuit là-bas. Mrs Pomfresh te donnera une potion contre les rêves. »
Harry se sentait à peu près bien. Ses côtes lui faisaient mal, et il ne pouvait pas toucher son visage, mais à part ça il s'était remis. Il allait protester, mais Néris le fit taire d'un regard.
« Elicia, accompagne le s'il te plaît. Je dois aller voir le professeur Dumbledore. »
Elle l'embrassa puis fit signe à Harry de la suivre.
Lorsqu'il entra, il vit que Méthilda était réveillée. Ron était toujours là, de même que Parvati et Mrs Weasley. Le jeune sorcier s'approcha de la sœur de Viktor.
« Comment vas-tu ?
-Ça va, dit-elle d'une petite voix. Et toi ? Tu as l'air dans un sale état.
-Non, ça va mieux », dit-il en tentant de sourire. Toute la journée il avait dû garder l'œil gauche entrouvert, et chaque changement d'expression lui faisait mal. L'infirmière tempêta contre Elicia et lui, et le força à se rallonger. Elicia prit une chaise et s'assit à coté de son lit. Mrs Weasley lui lança un regard noir.
« On m'a dit que c'est ton ami qui a amené Hermione. Où est-elle ?
- Vous n'avez pas à le savoir.
-Vous essayez de la soustraire à la justice ? Mon mari travaille au ministère. Il m'a dit que personne ne sait où elle est. Vous n'avez pas le droit de faire ça… »
Harry vit qu'Elicia prenait sur elle pour ne pas s'en prendre à la mère de Ron. Elle détourna la tête.
« Mme Weasley, commença-t-il, Hermione ne… »
Elicia lui lança un regard d'avertissement.
« On ne sait pas ce qui s'est passé. On devrait peut-être savoir ce qui vraiment arrivé avant de juger.
- Ne t'occupes pas de ça Harry. Elle a essayé de vous tuer. »
Elle ne continua pas mais le jeune sorcier pouvait voir que ses yeux lançaient des éclairs. Elicia se leva, légèrement tremblante.
« Je te laisse Harry. Je dois aller rejoindre Néris. Remets toi bien.
- Essaie de ne pas être trop dure avec lui, murmura-t-il »
Elicia hocha la tête, sourit faiblement et sortit.
« J'ai demandé à voir Dumbledore, reprit Mrs Weasley, mécontente, mais on m'a dit qu'il était trop occupé.
- Je suis là Molly. »
Le directeur entra dans l'infirmerie. Il s'approcha tout d'abord de Méthilda pour prendre de ses nouvelles puis vint s'asseoir à côté d'Harry, sur la chaise qu'Elicia venait de quitter.
« Pourquoi ne m'avez vous pas prévenue immédiatement de ce qui s'était passé ? commença Mrs Weasley. Je l'ai appris ce matin par la gazette du sorcier.
- Je suis désolé, Molly, mais nous avons eu beaucoup à faire cette nuit, et je vous ai envoyé un hibou ce matin. Vous avez dû vous croiser.
- Pourquoi personne ne veut me dire où est cette folle ? Vous l'avez soustraite au ministère ! »
Dumbledore ne répondit pas immédiatement. Tous regardèrent Rogue entrer dans la salle. Il soutenait Goyle qui se crispait de douleur. Sa main faisait un angle bizarre avec son bras.
« Que s'est-il passé ? demanda l'infirmière en se précipitant.
- Accident de balais. Mr. Goyle a reçu un Cognard et a fait une petite chute. »
L'infirmière fit signe de s'asseoir au jeune sorcier. Dumbledore reporta son attention sur la mère de Ron.
« Écoutez Molly, Mr. Elidor l'a emmené pour qu'elle soit interrogée. Et il a l'accord du ministère. Quand toute cette affaire sera éclaircie… »
Il ne put finir sa phrase. La porte s'ouvrit à nouveau, et un sorcier entra en courant. Il s'arrêta devant Dumbledore et regarda autour de lui en tentant de reprendre son souffle.
« Professeur… Je vous trouve enfin... Je vous ai cherché partout...
- Que se passe-t-il ? demanda vivement Dumbledore, inquiet.
- Azkaban vient d'être attaquée une seconde fois. Voldemort était là, en personne. »
Les sorciers dans l'infirmerie eurent un sursaut de stupeur en entendant ceci. Harry remarqua que le nouveau venu était blessé. Dumbledore se leva.
« On m'a demandé de prévenir Néris également, souffla l'inconnu.
- Je vous accompagne. Les Mangemorts ?
- Presque tous enfuis. Ainsi que les criminels de droits communs du bloc 4. Nous avons beaucoup de blessés de notre coté. Et de morts aussi… » ajouta-t-il sinistrement.
Dumbledore se tourna vers Rogue.
« Severus, prévenez les membres de l'Ordre. Molly, je vais vous demander de retourner au Quartier Général pour quelques mois. Ça sera plus simple de tout organiser si nous n'avons pas à attendre les nouvelles les uns des autres. »
La mère de Ron hocha la tête. Dumbledore et l'autre sorcier sortirent précipitamment de l'infirmerie, suivis de prêt par Rogue.
Harry se terra dans son lit. Mrs Weasley Ron et Parvati affichaient des mines effrayées. L'infirmière, tremblante, se dirigea vers eux.
« Mrs Weasley, Miss Patil, je dois vous demander de sortir maintenant. Ces jeunes gens vont avoir une nuit bien agitée j'en ai peur. »
Parvati embrassa Ron, fit signe à Harry et sortit. Mrs Weasley étreignit son fils, puis Harry, et suivit la jeune fille.
« Bien. Maintenant que nous sommes au calme, vous allez boire cette potion tous les deux. »
Harry sombra dans un sommeil profond, sans rêve.
Le dimanche matin, l'infirmière consentit à les laisser sortir de l'infirmerie. Avant de partir, Harry promit à Méthilda de revenir la voir dés que possible.
Il monta à son dortoir pour se changer. Quand il entra dans la salle commune des Gryffondor, les conversations s'interrompirent. Harry fit semblant de ne rien avoir remarqué et se contenta de traverser la salle d'un pas pressé pour rejoindre son dortoir.
Arrivé là, il se regarda dans un miroir. Son œil gauche était enflé et avait une teinte violette, sa lèvre inférieure était ouverte, mais il ne ressentait aucune douleur. Il comprit que l'infirmière devait l'avoir anesthésiée. En se déshabillant, il s'aperçut qu'il avait un énorme bleu, sur tout son flan. Hermione n'y était pas allée de main morte. Cependant, il avait d'autres préoccupations pour l'instant. Il se dépêcha de descendre dans la Grande Salle pour le petit déjeuner. Il s'assit entre Ron et Neville, qui étaient engagés dans une grande conversation. Harry craignit un moment que ce soit à propos d'Hermione, mais il aperçut le journal que le jeune Londubat tenait dans sa main et comprit immédiatement.
« Je peux ? »
Sans attendre la réponse, il arracha la gazette des mains du jeune Gryffondor qui ne fit aucun commentaire.
« Nouvelle Attaque à Azkaban », titrait la Une.
« Hier en fin d'après midi, la prison sorcière a subi une nouvelle attaque des Mangemorts. Cette fois, les partisans du Lord n'ont pas été repoussé. Une cinquantaine de détenus, parmi eux, trente-deux mangemorts, capturés en juin au ministère ou depuis lors par les Aurors, sont parvenus à s'échapper. Cinq autres détenus, dont deux mangemorts, ont été tués au cours de l'attaque.
Dans les rang des gardiens, on compte huit morts. Les Aurors, intervenus rapidement, ont également payé un lourd tribu. Trois d'entre eux ont succombé et certains sont dans un état critique à Sainte-Mangouste. Un des responsables, que nous avons pu interroger, nous a confirmé la rumeur selon laquelle Vous-Savez-Qui se trouvait sur place. C'est d'ailleurs, d'après lui, la raison du succès de cette attaque.
Cette fois, le ministère a vraiment décidé d'agir. Une centaine de sorciers et plusieurs dragons seront détachés à la sécurité de la prison. De plus, le ministre Fudge a fait savoir que tout sorcier qui se trouverait sans autorisation dans un périmètre de moins de 20 miles de la prison serait immédiatement abattu, sans aucune sommation.
Certains membres éminents de la communauté magique ont demandé que les détenus soient transférés dans un autre endroit, mieux protégé. Cependant, le ministère a répondu qu'il n'y en avait aucun autre susceptible de les accueillir, du moins pas avec la sécurité d'Azkaban. Ce que nous mettons en doute au vu les évènements d'hier.
Nos correspondants, aux quatre coins du pays, nous ont rapporté que les sorciers et sorcières éprouvaient maintenant plus de colère que de peur. Le ministère a reçu beaucoup de lettres de demande pour intégrer la Brigade Magique ou la redoutable formation d'Auror.
En attendant, nous souhaitons tous que le ministère agisse mieux que ce qu'il n'a fait jusqu'à présent. Depuis le retour de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, plus de quarante innocents ont été tués, et on reste encore aujourd'hui sans nouvelles de douze sorciers, disparus entre août et novembre.
D.K. »
Harry eut un sourire sinistre, puis leva la tête. Autour de lui, les visages, contrairement à la fois précédente, affichaient une expression de colère plutôt que de peur. C'était peut-être dû à ce qui c'était passé à Pré-Au-Lard. Cette nouvelle, Harry devait bien l'avouer, masquait en partie ce qu'Hermione avait fait. En feuilletant distraitement le journal, il tomba sur une nouvelle qui le ravit.
« La journaliste Rita Seeker arrêtée.
Rita Seeker, la célèbre journaliste, a été arrêtée hier et sera inculpée demain pour pratique illégale de la magie, non déclaration de statut d'Animagus et violation de propriété. Elle était en effet un animagus – un cafard – mais n'avait pas avertie le ministère de son état. Son jugement devant le tribunal magique devrait avoir lieu le mois prochain. La gazette du sorcier tient à se détacher de son ancienne journaliste, qui ne l'avait jamais avertie de son état ; et présente ses excuses à tous ses lecteurs. »
Tu parles, pensa Harry. La gazette du sorcier était certainement au courant de ses faits et gestes. Cependant, cela faisait un problème de moins à gérer pour Harry.
« Tu m'écoutes Harry ? »
Il releva la tête. Neville était en train de lui parler.
« Désolé, je n'ai pas entendu.
- Je te demandais comment ça va.
- Ça va très bien, répondit-il, agacé que tout le monde lui pose cette question.
- Tu n'as pas l'air en forme.
- Je te dis que ça va. Je suis juste un peu… »
Il ne finit pas sa phrase et se leva. Il fallait qu'il prenne l'air. Ron le rejoignit alors qu'il sortait du château.
Tous les deux marchèrent en silence un moment. Les élèves, soucieux de la menace qui pesaient sur eux, n'avaient cependant pas oublié le discours de Dumbledore. Ils étaient en petits groupes, discutant ou simplement se promenant, enroulés dans leurs capes et leurs manteaux.
« Dumbledore t'as dit ce qui c'est passé, hein ? »
Harry s'arrêta et se tourna vers son ami qui soutint son regard. Il ne savait pas quoi répondre. S'il répondait non, son ami ne le croirait pas, mais il se conformerait aux instructions de Dumbledore et de Néris. S'il répondait oui, il irait à l'encontre de ses instructions, mais ne pourrait pas en dire plus à son ami.
« Écoute Ron…
- Ne t'inquiètes pas. Je sais que tu sais. Apparemment on t'a demandé de ne pas en parler. Je… Je comprends. Tout ce qui compte, c'est qu'elle soit innocente.
- Tu ne dois en parler à personne, Ron. C'est très important. »
Il hocha la tête, et tous deux reprirent leur promenade.
« J'ai essayé de convaincre ma mère, mais elle a rien voulu entendre. J'espère qu'Hermione ne se présentera pas seule devant elle. Elle serait capable de la tuer. »
Certains de leur camarades affichaient une mine compatissante en les voyant passer. La plupart lancèrent des commentaires qu'ils préférèrent ignorer. Ils rentrèrent finalement au château et s'attelèrent à leurs devoirs.
Une petite review ? Cela nous motivera certainement ;-) !
