Surprise les neuneux ! V'là le 21 ! Je pensais le poster beaucoup plus tôt pour l'anniv' de la fiction, mais ça a pas plus d'importance je pense. Maintenant que c'est les vacances, ça devrait aller un peu plus vite. Pas aussi vite que quand la fic à débuter. D'ailleurs, si à cette période là, il y avait beaucoup plus de chapitres, c'est parce qu'ils étaient moins long, et donc moins longs à écrire. Vous me demandez beaucoup plus de travail à vouloir des chapitres plus gros XD

Vous avez l'air d'avoir apprécié le Chapter 20, j'espère qu'il en sera de même pour celui-ci. On arrive à un moment particulièrement... eh bien... particulièrement chaud, de notre histoire (jugez-en par le titre). Place aux REVIEWERS ! Ça faisait vraiment un bail que j'en avais pas eu ^^

zherden : Trop de hype. Merci, toi aussi ! Effectivement, les bain de sangs sont à prévoir, Harold va sauver ceux qu'il juge bon de sauver et Astrid, et bien... tu en jugeras par toi-même dans ce chapitre. Va-t-elle réussir ?... Bonne question. Je t'offre la suite ! Merci pour ta review ^^

lemortel aka LE Rageux : Ah, ya que le chapitre qui était cool ? Zut alors. Je sais que tu rêves de casser la gueule de Dagur tout seul, laisse Harold tranquille, voyons. Je sais pas s'il y aura des chance pour qu'Harold fasse un face à face avec les Beurkiens. La dernière fois, il s'est fait passé pour le fou du roi et s'est pris des pierres alors... à voir ! ;) Pour l'instant, laissons Dagur à ses petites àfaire, c'est plus intéressant de détruire un château de carte quand il est entièrement fait, non ? Un château de carte est tout de même voué à s'effondrer. J'aurai été curieuse de ce que tu as imaginé pour la suite ! Merci pour la review.

Le Sage de (scorpon) : Tu es un oracle, un vrai, scorpon, tu vas toujours toucher la cible en son centre alors que la suite n'est qu'à entrevoir. Je suis encore une fois bouleversée. L'ennemi de mon ennemi est mon ami, tout à fait vrai. Ça devrait être la moral de l'histoire, tiens XD et non, ça suffira pas à Harold. Pas plus qu'à Dagur. Et pas plus qu'à- *SPOILER*. Tu es trop perspicace pour lire la suite. Merci encore une fois pour la review, le Sage !

rider : la suite c'est maintenant. Derien y'a pas de quoi.

PititeVampire : Je suis contente que l'histoire te plaise ^^ La main d'Irmine, c'était un avant goût des horreurs à venir. Bon, se sera pas aussi cruel, le contexte l'y oblige. Mais tu vois, plus quelque chose est dramatique, plus j'ai l'impression que c'est réaliste. Chui pas une Bisounours, pas en histoire XD Je suis contente que tu le comprennes ! Merci pour ta review et tes compliments, ils me font vraiment plaisir ! J'espère que la suite te plaira :3

Place à l'action ! (on se retrouve en bas...)


Chapitre XXI : Brasier...

Mad caressait Ombreur, assise à même le sol de la forêt. Elle se tourna vers Osvald et Falko qui gardaient la tête basse, le regard perdu entre les hautes herbes où ils s'étaient installés en compagnie de leur instructrice. Astrid regardait quant à elle droit devant. La jeune fille de quinze pouvait sentir que ses yeux fixaient quelque chose bien plus près que l'horizon et qu'elle ne pouvait le voir. Ces pensées pour sûr. Une lueur noire s'agitait dans les pupilles de la guerrière.

Tous les quatre, assis au bord de la falaise dans un petit coin à peine reculé de la ville mais aussi calme et discret, effectuaient un rituel du silence. Le premier. L'arène, ces derniers jours, avaient été remplies par les bruits choquant des épées et des haches, des chaines et grognements de dragons. Astrid avait entraînés ses trois apprentis avec dureté et énergie. Mad ne pouvait pas se plaindre, elle voulait devenir une guerrière, et son maître l'avait formé à l'attaque, la discrétion et la stratégie. Pas énormément, évidement, ces quatre derniers jours étaient trop peu pour former un vrai guerrier, un compétent.

Il n'empêche qu'elle savait à présent beaucoup plus de choses que la première fois où elle avait franchi le seuil de l'arène. Des choses qu'elle savait importante. Des choses qui la menaient vers l'accomplissement de sa vie, elle le sentait.

- Est-ce que cette guerre est une bonne chose ? demanda-t-elle soudainement en se tournant promptement vers la guerrière aux longs cheveux blonds.

- Dans quel sens tu dis cela ? lui demanda en retour son maître.

- Est-ce que cette guerre est une bonne chose pour nous en tant qu'apprentis ? »

La question attira l'attention des deux autres adolescents, qui tournèrent la tête vers la Hooligan, sortant de leur rêverie. Astrid baissa le regard sur eux avec un sourire, car elle aurait probablement demandé la même chose à un adulte il y a des années de cela. La force et la gloire, voilà ce qui l'avait beaucoup intéressée à l'époque. La viking n'en revenait pas de se trouver en face de son portrait plus jeune. Mad avait tout de la combattante qu'elle avait été il y a dix ans. Une vraie égoïste. Et quelque part, ça lui plaisait. Et le fait qu'elles aient presque une apparence similaire lui faisait penser qu'elles auraient pu être cousines si elles avaient été liées par le sang. Astrid ne se rapprochait pas assez d'elle pour la considérer comme une petite sœur. Kognedur n'aurait pas plus fait l'affaire qu'elle, quoi qu'il arrive.

- Eh bien, si tu considères que tu peux survivre à une attaque massive des Berserks, cette guerre te rendra très forte. »

L'espérance disparue du visage des trois apprentis, ils baissèrent le regard. Astrid soupira et cala sa joue dans sa paume, appuyant son coude sur sa jambe mis en tailleur.

- C'est pas après avoir entendu ça qu'il faut perdre espoirs, les petits. Ce qu'il faut se dire, c'est que quoi qu'il se passera, vous ferez tout pour survivre car vous craignez un destin aussi futile qu'une simple extermination. Si tu ne veux pas donner raison au missionnaire de ce matin, et ne pas te laisser te marcher dessus comme une vulgaire mouche, prouve-leur ce que tu vaux, termina-t-elle en pointant un doigt sur Osvald qui la regardait en premier lieu avec inquiétude.

- Leur prouver qu'on est de fières Beurkiens ? s'excita alors Falko tandis que Mad le regarder, complètement dépité par son intervention.

- Si c'est ce que tu souhaites leur montrer, oui. Vas-y, fit Astrid en perdant son air compatissant.

- Je prouverai qu'on ne m'enterre juste pas trop vite, fit nonchalamment Mad, ce qui pouffer son maître. Le vent froid se mit à souffler, faisant se recroqueviller le petit groupe, enveloppé dans leurs nouvelles fourrures. Après un moment passé à lambiner sur la question, Osvald poussa un lourd soupir. Astrid voyait que le garçon manquait de confiance. Il se confia, irrité :

- Je… je sais pas. Je trouve que… Je n'ai jamais voulu une chose pareille ! Une guerre, quoi !... Qu'est-ce qu'on va y faire au juste ? Que je sache, j'ai pris aucune des décisions à l'assemblée, pourquoi je suis obligé de me comporter comme si la décision du conseil était la mienne aussi ?... »

Mad et Falko regardèrent leur camarade sans rien dire.

- Tu aurais accepté la proposition de Dagur ?

- Je ne sais pas...

- Je suis d'accord avec toi, quelque part. C'est dur de faire partie d'une minorité concernée, crois-moi. Mais si tu penses que tu n'as rien à faire dans tout ce fatras, tu n'as qu'à partir.

- Qu… quoi ?!

- Tu m'as compris, continua Astrid. Si tu penses sérieusement que tu n'as rien à faire dans le conflit à venir, alors trouve un moyen de t'en aller et survit.

- Vous n'êtes pas rude de lui dire ça ?! s'outra soudainement Mad.

- Non, je le pense sérieusement. Si en tant qu'individu, il ne s'identifie pas à ce qu'il risque d'arriver Beurk, alors il peut tout à fait quitter l'île de son plein gré.

- Pourquoi vous semblez toujours vous opposez à Beurk ? lui demanda alors Falko en lorgnant rageusement son maître sans comprendre. Les trois apprentis regardèrent la Hooligan en attente d'une réponse. Celle-ci détourna les yeux et leur dit alors :

- Je n'ai plus grand-chose qui me rattache à l'amour que j'ai pu avoir pour ce royaume, ni même un but sérieux à y accomplir maintenant que…

- Alors vous pensez sérieusement que Beurk va tomber… ?

- Beurk est coriace, alors je ne sais pas…

- Mais… coupa Osvald. Si je souhaite, on ne sait jamais, vraiment partir. Comment je fais ?

- Je vois que vous avez retenu une grande partie de mon cours, j'en suis ravie, maugréa Astrid en les lorgnant avec une certaine sévérité. Vous pensez trop pour le moment. On retourne à l'arène…


- À moi de te faire signer quelque chose Dagur, fit alors Erwin en sortant lui aussi un rouleau de papier, pour l'envoyer d'une pichenette à son vis-à-vis. Le Berserk regarda le parchemin atteindre l'autre bout de la table dans un petit bruit de raclement. Le Chef s'en saisit et le déroula pour le lire attentivement, fronçant plusieurs fois les sourcils au cours de sa lecture. Il redéposa alors le contrat sur la table et regarda avec un air surpris et étonnement déçu le Chef mercenaire.

- Une déclaration de paix…

- Entre le Clan Kyera et les Berserks, ajouta Erwin. Que tu comprennes bien, nous ne savons pas combien de temps ta guerre durera, et je préfère te l'affirmer même après avoir signé ta paperasse : nous serons tes alliés quoiqu'il en coûte au court de la bataille. Mais tu es réputé pour être vicieux Dagur, et tu as dit que tu n'hésiterais pas à nous faire chanter en échange de notre sécurité si cela pouvait t'être utile. Dis-toi clairement que je n'ai pas envie que tu nous mènes ainsi par le bout du nez. Une guerre c'est déjà beaucoup demandé, je ne sais pas si tu t'en rends compte. »

Le viking leva les yeux au ciel tout en haussant les épaules. Erwin reprit face à cette réaction :

- Et puisque ça t'importe peux, je voudrais que tu acceptes, tu feras ce que tu veux après ces cinq ans passés, si c'est ce que tu envisages de faire.

- Combien d'années cette déclaration sera-t-elle valable ?

- Tu es bien généreux d'un coup, fit Harold en haussant les sourcils.

- Je tiens à bien vous avoir dans la poche, grimaça vilainement le Chef Berserk. J'ai horreur des débordements indisciplinés !

- Eh bien, elle durera cinq ans, déclara Erwin. Dagur fit paraître sa surprise puis un sourire sympathique.

- C'est peu, dis donc. Je m'attendais à trente ans ou cinquante.

- Crois-moi, toi seul est parvenu à Kyera. Autrement, nous n'avions pas besoin d'engagements politiques pour garantir notre paix, il en restera ainsi quand tout sera terminé.

- « Quand tout sera terminé » wouuh ! Vous êtes bien motivés, Erwin, s'enthousiasma le Chef viking avant d'abaisser sa plume sur le parchemin, pour le redonner par la suite au mercenaire. Son vis-à-vis se leva, suivit de tous les mercenaires. Harold quitta sa chaise un peu plus lentement, tandis que Dagur leur demandait de le suivre, ce que le petit groupe de dragonnier fit. Tous quittèrent la salle pour traverser une dizaine de longs couloirs semblable à des dédalles, encadrés par des gardes portant constamment un heaume en acier, laissant voir juste leurs yeux et couvrant la mâchoire. Dagur restait en tête, silencieux, un sourire satisfait plaqué sur le visage, et Harold, fermait la marche. Le cortège s'arrêta à une intersection et le Berserk ordonna à l'un des membres de la garde :

- Conduit-les à leurs chambres. J'entends leur os grincer d'ici. »

Le garde acquiesça d'un explicite mouvement de tête et prit un couloir à sa droite, s'enfonçant dans la forteresse. Erwin fit passer le reste de ses compagnons après le garde et leur demanda de ne pas l'attendre. Les mercenaires disparurent donc, et Harold arriva auprès de Dagur et de son Chef, à la traîne.

- Il y a encore quelque chose ? demanda le viking.

- Nous voulions te faire part d'une partie de l'offensive. Elle peut se faire dès maintenant si tu l'accordes à un de mes hommes.

- Un de tes hommes ? fit Dagur en haussant un sourcil, quand il se tourna vers Harold. Sa bouche se format en un o en constatant que la présence du sorcier n'était pas pur coïncidence. Qu'est-ce ? »

- C'est en premier lieu une affaire personnelle, Dagur, l'avertit Harold. Nous pouvons provoquer une invasion de Drakkeons sur l'Archipel.

- Drakkeons… ?

- Tu as bien vu notre Furie Nocturne ? Si tu compares ses écailles à celles dont tous les autres dragons sont dotés normalement, elles sont plutôt singulières. On a découvert qu'une nouvelle race de dragons se développait depuis quelques années. Une race sauvage qui fait bien plus de ravage que les dragons de couleurs. En comparaison avec les dragons normal, leurs écailles sont sombres, voir totalement noires et ils sont vraiment plus grand et gros. Il se trouve qu'une reine occupant un nid près de l'île de Beurk a recueilli ses dernières années beaucoup de drakkeons.

- Je vois… et ?

- Si nous abattons la reine, la libération des dragons sous l'emprise de celle-ci sera immédiate, il est sûr et certain que les drakkeons chercheront à survivre seuls chacun de leur côté, et au vu de leur agressivité, causé beaucoup de dommages en attaquant une multitude de ville et village. Cette espèce est nouvelle, elle ne sait pas vraiment comment régi le monde autour d'eux, et ne connait pas la force des hommes. Elle n'y verra donc pas un danger…

- Et déferlera sur toutes les villes de l'Archipel. Ça veut dire nous aussi, conclut Dagur.

- Non, ces animaux sont plus sensibles aux forts ultrasons. Ils repèreront ton royaume à des kilomètres à la ronde, c'est certain. Mais nous avons inventé un sifflet à vent qui les éloigne. Il y en a partout sur l'île de Kyera. Personne ne les entends, ça ne perturbe pas non plus les autres animaux.

- Et où on place ce sifflet à vent ? Vous en avez, au moins ?

- Ce genre de répulsif se place sur les endroits les plus hauts possibles. Tout en haut de ta tour suffirait à en maintenir pas mal à distance si nous les libérons. Nous pouvons t'en léguer un pour le moment. »

Harold tendit un poing fermé vers Dagur qui plaça sa main en dessous. Le sorcier laissa tomber un petit instrument en bois pourvu d'une minuscule languette en acier et d'une trompe.

- C'est ça, qui repousse vos monstres ? demanda le Berserk en retournant l'objet dans tous les sens.

- Tu dois trouver un moyen de le fixer en hauteur sans que rien ne puisse l'abîmer, ajouta Erwin.

- Eh bien, on verra si ça vaut le coup. Et vous dites que le déferlement de ces drakkeons pourrait causer des ravages dans l'Archipel ? Ce qui ne me plaît pas, c'est que ça touchera aussi mes royaumes annexés.

- Tu n'as qu'à faire reproduire cet objet par centaines par tes artisans-forgerons, Dagur. Et à l'inverse, c'est les royaumes qui n'en posséderont pas qui subiront les attaques de drakkeons. L'hiver te met sur un pied d'égalité avec tes adversaires. Nous t'offrons une arme, ou plutôt une armée en plus.

- Si je m'attendais à ce que vous me soyez autant utile… jubila Dagur en faisant sautiller le sifflet dans sa main.

- Permet-moi de partir dès demain pour accomplir la mission, coupa Harold.

- Enfin, je ne puis te refuser une telle demande, fit Dagur en effectuant une petite courbette envers le sorcier. Chose dont le Chef mercenaire n'avait pu bénéficier. Celui-ci n'en prêta pas attention et salua son égal avant de prendre la direction de sa chambre, marchant dans les pas de ces subalternes, sûrement déjà couchés. Harold resta là où il se trouvait, et quand Dagur se détourna pour retourner à ses occupations, il le retint par le poignet.

- Il y a encore autre chose, constata le Berserk avec ennui.

- Tu ne devrais pas te montrer aussi contrarié si tu veux mon avis, répliqua le chevalier noir. Les requêtes qu'on t'a soumises t'arrangent bien plus que nécessaire, je trouve.

- C'est vrai, mais je commençais juste à trouver tout ce blabla accablant, à force, fit le viking en croisant les bras.

- Pourquoi cherches-tu à rallier tous les royaumes, et pourquoi veux-tu exterminé ceux qui refusent ?

- Pour le contrôle, affirma le Berserk après un bref moment de réflexion. Pur et simple, sans limite. Je serai au-dessus de tout le monde ici et aucun ne pourra le nier.

- Tu as l'air de jalouser la Puissance elle-même, maugréa Harold, le regard noir. Peu m'importe. Je voudrais que tu me promettes quelque chose. Et que ça reste entre nous.

- Ahhh… Un Harold qui me supplie… fit Dagur avec un sourire carnassier, se retournant un peu plus vers son interlocuteur.

- Épargne au moins une personne sur Beurk, s'il te plaît.

- Par pitié, pas Stoïck, râla son interlocuteur.

- Crois-moi, c'était pas à lui que je pensais. Je pense avoir suffisamment subi de Beurk pour ne pas avoir ne serait-ce que le regret d'entrer en guerre contre eux. Je ne cherche pas la rédemption. Beurk ne me manque pas le moins du monde, plus depuis que je ne lui appartiens plus.

- Je comprends.

- Dagur, utilises autant de moyens que tu peux, mais s'il te plaît, fait en sorte qu'Astrid me revienne saine et sauve.

Dagur ouvrit un peu les yeux, surpris, puis reprit un certain sérieux et acquiesça. Harold tendit sa main au Berserk. Celui-ci la prit et la serra. Je vais voir ce que je peux faire...


Astrid attendait chez elle, assise sur son lit. Elle ressassait en boucle les événements passés. Depuis près de deux mois, sa vie avait pris un tournant qu'elle n'aurait pas soupçonné. Les jours passaient, et la tension grimpait toujours plus. L'Île-Qui-Gronde, Harold, son départ, la solitude et la tristesse, les notes, Ombreur, l'enquête, l'émissaire, les conseils, les plans pour s'échapper, l'entraînement du dragon, l'entraînement dragon… Tout avait, au fil du temps, apporté un peu plus de stresse à la jeune femme. Car toutes ses choses commençaient à cacher de terribles secrets. Elle était une traîtresse, et de loin.

Elle soupira, tentant de chasser l'inquiétude qui l'empoignait au creux du ventre et de la poitrine. Ces derniers jours, elle s'était préparée mentalement à exécuter son plan. Ça avait été dur à chaque fois. Y penser jusqu'à pas d'heure, se lever avec la même sensation d'avoir la tête dans un étau, faire une patrouille matinale près de l'embarcadère, fixer l'horizon priant pour un départ à l'Île-Qui-Gronde, repartir angoissée, aller dans la forêt avec les chasseurs, feindre de ramasser du gibier, entraîner Ombreur en toute discrétion, à peine manger et partir directement avec le dragon vers l'arène… regarder ses poulains se préparer aux combats tout en se disant qu'elle n'aurait pas une autre chance de faire un entraînement dragon, d'avoir une ville entière derrière elle espérant qu'elle fasse d'eux des combattants hors-pair, ou qu'elle ne les reverrai tout simplement pas en sachant ce qui allait se produire bientôt.

C'est un mélange d'émotions négatives qui empreignait son cerveau et serrait son cœur. Elle ne s'en rendait pas compte pour le moment, et c'est ce qu'elle se disait, mais trahir était sans doute plus dur qu'on ne pourrait le croire. La Hooligan avait posé la question à Varek après l'avoir revu comme tous les soirs au diner. Est-ce que trahir, c'est douloureux ? Il avait répondu « Pas forcément, ça dépend dans quel contexte tu places. Si tu n'as en vérité plus aucune obligation envers une personne qui se sert de toi ou qui te garde près de toi comme… un ami ou une famille… et que tu ne ressens rien vis-à-vis de cette personne car elle t'a blessée ou choquée, trahir sera plus un soulagement. Si au contraire, tu le fais par dépit, ou par nécessité, cela peut être douloureux, mais encore une fois, ça dépends de l'attache que tu portes au soi-disant trahi. »

Varek avait ensuite dit qu'il n'avait fait qu'exposer deux exemples, les seuls qui lui venaient en tête. Il avait donné son avis sans poser de questions, et l'avait fait comme si tout ça n'avait pas d'incidence. En vrai, Varek se doutait qu'il y avait quelque chose derrière la question. Ils n'allaient simplement pas en parler. Astrid ne pouvait en parler. Et cela faisait un moment qu'entre les deux amis, ils n'y avaient presque plus de paroles. Il y aurait un adieu, bientôt.

Un bruit de cloche tira la viking de sa rêverie. Elle mit deux seconde à se rendre compte que le signal d'alerte parvenait en fait à ses oreilles. Après un soupir résolu, elle se leva et renfila ses bottes et son manteau, accrochant sa hache dans son dos et sortant en courant de sa bicoque, plongeant dans la nuit noire. Aux abords du village, elle mit deux doigts dans sa bouche et siffla, essayant de faire parvenir son propre signal à Ombreur qui devait être tapis quelque part dans l'île. Son appel ayant attiré le regard de quelques personnes dans la rue, elle se mit aussitôt à crier :

- Qu'est-ce que vous faîtes ! Les dragons attaquent ! Dépêchez-vous, fit-elle comme si le sifflement leur avait était adressé. Aussitôt, ils coururent s'armer pour faire face aux créatures ailées qui tournoyaient au-dessus des toits. Astrid descendit en courant la grande pente menant à la place devant le Grand Hall. Finalement, ils étaient arrivés. La jeune femme sentait son pouls pulser rageusement en elle, ses muscles chauffer dans sa course abrupte et sa respiration se faire de plus en plus alarmante.

Avoir imaginé un plan était bien, encore fallait-il qu'il soit réalisable. Comment sauver les apparences dans ce chaos ? Les dragons crachaient du feu à tout va, tout le monde étaient réveiller, les habitant remontaient les rues pour s'abriter et les guerriers se ruaient vers les reptiles, lame en mains. Les volontaires se disputaient déjà les seaux pour les remplir de l'eau servant à éteindre les feux qui démarraient à certains endroits de la ville. Astrid prit une décision et se dirigea d'entrée vers le stock de bois. Ses yeux grands ouverts, elle regardait de partout ayant l'impression d'être l'attention de milles regards. Or, tout le monde s'acharnaient à vouloir abattre les dragons, les dizaines et les dizaines de dragons qui voletaient tout autour de Beurk, affamés.

Astrid prit des ruelles étroite à toute allure, manquant de se fracasser une épaule dans des virages secs l'obligeant à se rattraper sur le mur en face. Un Cauchemar atterrit juste sur le toit à sa droite alors qu'elle cavalait. Les débris du toit volèrent vers elle et elle dû esquiver la pluie de tuile d'une roulade. Le Cauchemar la vit ressortir d'entre les maisons et descendit de son perchoir en grognant.

La valkyrie dégaina sa hache et esquiva un coup de mâchoire puis un autre qui l'obligea à revenir en position initiale. Pas le temps pour un tour de magie. Elle se précipita vers la bête et entailla le cou en écaille en tirant au dragon une plainte. Celui-ci lui envoya son aile et elle se servit du coup qu'il lui portait pour se faire projeter en arrière. C'est une fois à distance qu'elle lorgna avec regret le Cauchemar, fit virevolter sa hache dans sa main et repartit à la charge. Elle esquiva une jetée de flamme d'un écart et sauta à pieds joins sur le cou du reptile géant qui se dégagea en se cabrant violemment.

Le mouvement souleva Astrid dans les airs qui se laissa encore une fois projeter. Elle ramena sa hache au-dessus d'elle et l'abaissa dans sa chute. Le fer pénétra le cou du dragon et arracha la tête au reste du corps. Astrid ne perdit pas une minute à plaindre l'animal et une fois à terre, s'avança sur la rue menant au stock de bois, marchant dans la mare de sang qu'elle avait créé. Une clôture apparut devant elle après un tournant et en entendant l'impressionnant bruissement d'ailes juste au-dessus de sa tête, elle ordonna :

- Tire !

Une boule de feu enfonça instantanément la barrière et Astrid sauta par-dessus les palissades en feu pour enfin s'arrêter devant les planches entreposées. Ombreur se posa à ses côtés et pour éviter tout moment d'hésitation, la jeune femme ordonna, le regard ardent et noir :

- Brûle.


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/!\ Parlons un peu... (quand y'a que moi qui parle).

Je compte supprimer ma fic à la fin de l'été. J'ai mes raisons, je vous explique. En fait, c'est une blague... Oui, je suis vraiment chiante.

Non sérieusement, je voulais pas vous parler de ça XD Je voulais parler des fics qui font une généralité sur leurs fins. C'est-à-dire, Harold se fait pardonner par son père et il épouse Astrid et ils font des gosses et Krokmou est content. C'est pas exactement ça mais vous voyez le genre. Je le préciserai dans ma bio, mais j'ai décidé d'aller à l'encontre de ce genre de fic. J'en dis pas plus mais c'est juste pour vous avertir, certaines personnes n'aiment pas ça, je crois. Je tiens pas à jouer plus longtemps comme les autres, je suis une dissidente et je l'assume pleinement.

Voilà, c'est écrit, enregistré, imprimé.

J'espère que vous vous êtes régalés ^^ Je vous dis à la prochaine !

Merlin's Vision