Je suis en vacaaaaaances, enfiiiin !

C'est chiant d'être en troisième zone ! Je vous souhaite donc à tous de bonnes vacances et pour ceux qui les finissent, courage :) un petit chapitre pour vous remonter le moral ? Oui ? Aaah je savais que vous pourriez pas résister ;)

Merci à nos reviewseuses, on vous aime les filles pour votre fidélité :)

Bonne lecture !


Chapitre 21

« Aloooors les amoureux ? roucoulé-je. »

J'avoue, c'est déplacé mais que voulez-vous c'était bien trop tentant. Quand j'ai vu mon adorable petit frère si concentré sur son parchemin sur une table en tête à tête avec une gamine à la frimousse constellée de tâches de rousseurs et à la chevelure châtain courte et en bataille je me devais de faire une supposition. Question d'honneur. Et puis, Alain a besoin d'un peu d'air frais et d'une grande bouffée d'oxygène. Je sais qu'il s'est fait une raison pour Scarlett, à vrai dire moi aussi, alors autant afficher un sourire à la fille qui lui jette des coups d'œil insistants depuis dix minutes ! Et pour parfaire la chose je lui ébouriffe la tignasse et fais un clin d'œil à sa jolie camarade qui me sourit en réponse. Je la reconnais, elle s'est mangée les escaliers lors de la répartition et en a ri alors que c'était probablement l'humiliation suprême. Le cauchemar des petits nouveaux. Avant même le premier jour de classe ! Adélaïde quelque chose… Une tête brûlée qui a juré vouloir devenir ministre de la Magie.

« Flo… rougit Al, arrête de raconter n'importe quoi !

- Roooh, me pâmé-je, si je n'ai même plus le droit de m'amuser !

- Tu es venue pour commencer ton devoir d'Histoire pour demain, je te rappelle au passage ! me reprend soudainement Shino.

- Chuuuuut ! lui lancé-je par-dessus le rayonnage, tu déranges tout le monde Shin ! »

Mon cousin lève ses yeux noirs au ciel, presque désespéré. Il m'accuse de le mener en bateau depuis une demi-heure à faire semblant de chercher un bouquin dans la bibliothèque. Toujours à trouver à redire, il a de la chance d'ordinaire je l'aurais fait à la va vite dans la salle commune à compter chacun des mots pour ne pas dépasser les cinq cents minimum. Si seulement c'était de la botanique, c'est tellement plus simple la botanique…

« Aller travaillez bien, embrassé-je la joue de mon frère.

- Flo ! s'insurge-t-il de plus belle.

- Salut Florence ! fait Adélaïde avant de lui souffler, elle est trop cool ta sœur, la mienne c'est une peste !

- Ah ! Sois un peu reconnaissant ! rié-je. »

Enfin je reviens m'assoir face à Shino qui semble particulièrement agacé par mes excuses. C'est pas de ma faute si l'Histoire c'est carrément barbant ! Le prof lui-même c'est un monument à mettre dans un musée ! Je soupire, et peaufine deux phrases pour finir mon introduction. J'vois même pas pourquoi je m'embête. J'ai toujours eu des notes correctes, entre la moyenne et le bien. Cette zone qu'on appelle l'assez bien dans notre vocabulaire jargonneux d'élève. Alors pourquoi forcer si ça roule ? Les seules matières qui sont réellement passionnantes c'est Soin aux créatures magiques et Botanique. Et j'y arrive très bien d'ailleurs ! J'ai énormément d'admiration pour le proviseur, il parait qu'il est l'une des têtes les plus savantes en la matière. J'aurais adoré l'avoir…

« Alors comme ça Dean nous ramène Elisabeth pour le thé ? lâche Shin.

- Ah ouais, t'es au courant… marmonné-je.

- Ça a l'air sérieux, fait-il remarquer, il a jamais présenté quelqu'un à la famille.

- Ouais, m'en parle pas.

- Ça pourra jamais être pire que l'année où un de ses ex a envoyé une beuglante au Réveillon de Noël.

- Arrête ! On s'est bien marré ce jour là !

- Enfin toi surtout, sourit-il avant de reprendre son air sévère, bon tu avances un peu là ?

- Je viens de poser le point final !

- Vraiment ? fait-il septique. De la dissertation ?

- De l'intro, temporisé-je avec un rire, faut pas pousser non plus ! »

OoOo

En fait, je ne m'étais jamais rendu compte que Fin avait quelques tâches de rousseurs. Sous les yeux, le long de pommettes. Très légères. On ne les voit que sous un certain angle. Sous une certaine lumière. Ça me rend soudain toute drôle de les distinguer. Comme si je venais de découvrir quelque chose auquel personne au monde n'avait accordé d'attention avant. Une sensation de chaleur dans la poitrine. De la possessivité, sans concession. Ça me rend aussi un peu triste et nulle. Et c'est que maintenant que je remarque combien ça donne un aspect sexy sous ses yeux bleus… Je ne sais pas ce qui me cloue encore sur ma chaise alors que rugit dans mon ventre l'envie sourde d'aller déposer mes lèvres sur chacune d'elles. D'y imposer ma marque. Partout, partout. Partout.

Je me frappe le front contre la table, atterrée. Concentre-toi Florence !

« Euh… ya un problème Flo ? »

Je relève les yeux sur Fingal. Il me dévisage bizarrement. Je soupire, il doit encore me prendre pour la timbrée que je suis, et lui sors un sourire crispé de dessous les fagots.

« Impeccable !

- Okay…, répond-t-il nullement convaincu. »

Distraitement je m'en vais jeter une pincée de cendre de dragons argentins dans notre potion qui ronronne comme un chat. C'est bien malin de se laisser aller comme ça, surtout quand je suis sa partenaire de Potion ! Et quand je ne suis pas en train d'outrageusement fantasmer sur Fin j'ai des envies de meurtres par noyade envers Lalita Ray et ses yeux de hibou abandonné qu'elle envoie comme une prière à Fin. Elle ne lâche jamais ! Comment voulez-vous que je m'en sorte. Merlin a soudainement décidé de venir me pourrir la vie.

« Et pour la petite touche finale de votre potion, le goût, n'hésitez pas à mettre votre note personnelle ! nous conseille Gendrick avec enthousiasme. »

Un petit rire se meurt sur mes lèvres, il me renvoie à la phrase ironique de la première lettre de MMA – Mister Moyenâgeux – ou Palais Délicat, j'ai pas encore bien décidé : « Florence Welch pour Florence Quinn ? Quelle imagination vraiment ! ». Je vais laisser Fingal s'occuper de ça, ma touche créative ça serait les yeux de Lalita Ray comme décoration. Il pourra surement faire plus subtil. Il est intelligent. Il a beau râler et brasser de l'air dès que Kell nous traîne à la bibliothèque, il a toujours des supers notes. Je soupire, remuant le liquide sans grande conviction, je ne lui arrive pas à la cheville voilà la triste réalité. Et ça me fait mal au creux de l'estomac, comme un sac de nœud qui se resserre encore un peu plus.

« Plus d'énergie Miss Quinn ! m'encourage Gendrick. »

Je me suis fait une ampoule entre le pouce et l'index en faisant la maline avec la batte de Thibaut – il persistait à dire que c'est le poste le plus dur de l'équipe – pour lui prouver que n'importe qui peut renvoyer un cognard avec un minimum de dextérité. Résultat l'énergie pour remuer est pas là, j'ai mal à la main. Ça m'a l'air bon de toute façon. Je pose de l'eau d'un bocal sur l'ampoule toute rouge, appréciant le contact froid.

« Voilà ce qui arrive quand on travaille trop dur ! se moque Fin.

- La marque des bosseurs !vanté-je.

- Des bosseurs de quoi on se le demande bien ! ironise-t-il.

- De Quidditch !

- C'est même pas un sport, grommèle-t-il, le balaie fait tout le boulot, c'est comme le curling des moldus ou le criquet ! Le criquet, répète-t-il comme s'il s'agissait d'une aberration bavant de secouer la tête. Le criquet ! »

Oui bon c'est clair, le criquet… Rien pour comprendre le règlement faut une carte d'explication ! Je m'esclaffe devant sa tête.

« Je suis vexée, mimé-je,c'est quand même pas la même chose le criquet et le Quidditch !

- Ah si ! affirme-t-il, on se fait tout autant chier à regarder !

- Tu dis ça parce que votre équipe est nulle, rié-je.

- T'as dû me confondre avec Jake j'crois !

- Ya aucune chance là-dessus, affirmé-je.»

Pas quand je fantasme sur tes minuscules taches de rousseurs à longueur de cours de Potions.

Il fixe un moment la façon dont je touille notre potion, tenant bizarrement le manche pour par le frotter contre mon ampoule. Son regard croise le mien. Il me l'enlève des mains sans prévenir en s'exclamant agacé :

« Bon, donne-moi ça sinon on y est encore demain ! »

Je ne peux évidemment pas m'empêcher de sourire à son dos et sa tignasse roux foncé. Et de souffler un « Merci. » Il hausse les épaules sans même se retourner.

OoOo

« Florence ! »

J'attends Kelly qui devrait pas tarder à débarquer avec les Gyrffondor pour le cours de Métamorphose. « Le cours où le prof est déjà elle-même la métamorphose d'un tonneau de whisky-pur-feu ! » résonne la phrase de MMA dans ma tête. Il n'a pas tord, Cecily Frey a forcé sur la boisson et maintenant en plus d'un nez un peu trop rouge pour passer pour un rhume elle se traine une masse corporelle et des petits pieds qui la font ressembler à un culbuto géant ! C'est d'ailleurs ce que je lui ai répondu !

Lalita me force ainsi à me retourner pour lui faire face. Si jamais elle ose me parler d'un plan qu'elle a élaborer pour récupérer subtilement Fin – qui n'a jamais été à elle dans un premier temps, rappelons-le ! – je crois que je m'énerve. Je m'étonne de voir un regard dur et des lèvres pincées. Comme si je l'avais blessé personnellement.

« C'est vrai ce qu'on raconte ?

- Et qu'est-ce qu'on raconte ? foncé-je les sourcils.

- Ne fais pas comme si tu savais pas, répond-t-elle outrée, du fait que t'es allée tout dire sur notre stratégie pour le prochain match de Quidditch aux Gryffondors ! »

J'écarquille les yeux de surprise. De quoi ?

« Pourquoi j'irais raconter ça ?

- C'est justement ce qu'on veut savoir.

- C'est complètement ridicule enfin ! C'est qu'une rumeur, protesté-je éberluée.

- Ce n'est pas une rumeur, assène-t-elle durement. Dean est allé voir Lana Fox, leur capitaine, ils savent tout ! On va devoir tout retravailler, le match est dans un mois !

- Quoi ?!

- Oui, toute l'équipe est au courant !elle a le regard soudain humide, comme t'as pu nous faire ça Florence ?

- J'ai pas fait ça ! m'écrié-je, comment tu peux…

- C'est qu'une rumeur bidon ! s'exclame soudain Kelly en toisant Lalita. »

Mélusine juste derrière elle, hoche la tête pour signifier son assentiment. Un brusque soulagement me détend, au moins tout le monde n'est pas aussi naïf que Lalita. Kelly la fusille du regard avant de s'installer à côté de moi. Puis s'écrit assez fort pour que Lalita puisse l'entendre.

« Ya des connes partout ! »

Ça a le mérite de me faire éclater de rire.

« Encore une rumeur de merde, t'inquiète, me promet-elle, yen aura une autre qui prendra le relais !

- Celle qui dit que Michael et toi c'est fini ? proposé-je.

- Ah ben elle est en retard d'une semaine ! »

Je lui souris, plutôt ravie de l'entendre. Je n'aimais pas Michael, même en tant qu'amour pansement. Il était trop dur, trop sec et trop froid pour être digne de Kelly véritable feu-follet. Je lui arrange une mèche de ses cheveux dorés avec affection.

« C'est bien comme ça je trouve.

- Je trouve aussi ! sourit-elle. »

Mais une petite appréhension persiste, j'espère qu'elle ne va pas replonger dans sa passion autodestructrice pour Dean. J'ai peur qu'Elisabeth ai posé une véritable impasse sur ce rêve. Je ne lui demande pas, je préfère qu'elle se confie d'elle-même. Pour l'instant en tout cas, elle me semble bien mieux. Moins sur les nerfs et distante – Michael nous l'enlevais presque à chaque pause pour aller se « balader » dans le parc. Je suis contente. Et pas de lueur de triste, ni aucune crise de larmes comme quoi elle n'arrive pas à oublier Dean et que c'est encore un échec de relation à cause de ça.

Je lui souris, c'est plutôt bon signe.

OoOo

Je suis encore en retard à l'entraînement de Quidditch ! m'affolé-je en dévalant la pente jusqu'au terrain. C'est pas de ma faute si j'avais des questions à poser à la prof de Botanique, Dean pourra rien dire. Je me précipite donc dans les vestiaires pour filles, m'étalant de tout mon long dans un dérapage non contrôlé sur le carrelage. Je me mords la lèvre et grimace en sentant le goût métallique du sang se répandre dans ma bouche. Je me relève lentement, je crois que je me suis faite mal au genou. Ramasse mon balaie avant d'enlever ma robe de sorcière et de retirer mes chaussures pour me mettre en tenue.

« Florence ? entre soudain Dean.

- Eh c'est le vestiaire pour filles ! rié-je, ou alors tu ne m'a pas tout dit…

- Florence, il faut qu'on parle, fait-il sérieusement.

- Oui désolée, grommellé-je en m'attachant les cheveux, je suis encore en retard.

- C'est pas à propos de ça. Arrête de déballer tes affaires s'il te plait. »

Je me fige, un mauvais pressentiment me caresse l'échine. Le long de mon dos. Etje me retourne sur lui. Ses yeux verts-gris se plantent dans les miens, décidés. Je passe nerveusement ma langue sur la coupure de ma lèvre inférieure. Il n'y a plus qu'un léger goût de sang qui s'estompe.

« C'est à propos de la rumeur ?

- Ce n'est pas une rumeur, réplique-t-il durement, c'est la vérité Florence, je suis allée parler avec Lana et quelqu'un a bien tout dit !

- Quelqu'un ? reprenné-je espoir, donc tu me crois ?

- Je sais pas okay ! s'emballe-t-il.

- Tu… tu sais pas ? répété-je.

- Je sais pas qui a fait ça, explique-t-il avant de soupirer, je te fais confiance Florence mais… t'as peut être parlé à tord et à travers… je sais pas moi ! Je suis sûre que c'était pas fait exprès, m'assure-t-il.

- Je ne suis pas Lalita Ray, claqué-je blessée. Et ce n'est pas parce que je joue plus pour m'amuser que pour la compétition que je...

- C'est pas la peine, me coupe-t-il doucement en posant sa main sur mon épaule, écoute… Je suis désolé mais les autres ne veulent plus jouer avec toi, ils n'ont plus confiance. »

J'écarquille les yeux, c'est comme si on venait de me geler sur place.

« Comment… Comment ça ? soufflé-je.

- Tu dois me comprendre, secoue-t-il la tête, tu es ma sœur, je te fais confiance mais je suis capitaine et mon équipe doit être soudée pour gagner ! Ce n'est plus possible, on en a parlé et…

- Sans que je puisse me défendre, continué-je lentement.

- C'est mieux comme ça, crois moi, ils auraient pas été tendres.

- Tu es le capitaine Dean, tu es censé résoudre les problèmes, balbutié-je.

- C'est fait Florence, répond-t-il doucement.»

Quelque chose se brise avant même qu'il n'abaisse le couperet. Je ne sais pas bien ce que c'est mais ça fait mal. Terriblement mal. Comme un coup de poignard dans le ventre, qui vous met à genoux.

« Tu ne fais plus partie de l'équipe, Iris va prendre ta place. Je suis désolé. »

Ses doigts sur mon épaule sont lourds. Plus glacés encore que le froid du carrelage qui perce mes chaussettes. Mon esprit est blanc. La phrase retentit encore et encore dans le vide de ma tête. Je le dévisage, interdite. Une main m'écrase le cœur. Il tente un sourire compatissant.

« Ce n'est pas de ma faute, j'ai essayé je te promets mais…

- Je comprends, lâché-je. »

Et, rassemblant tout mon amour propre, je me force à sourire.

« Iris est cool, je suis pas inquiète pour vous. Par contre Thibault a du souci à se faire, je crois bien qu'elle l'aime pas trop !

- Ouais, c'est le moins qu'on puisse dire ! sourit-il. »

Un silence pesant, il évite mon regard.

« Tu ferais mieux d'y aller. Ils doivent t'attendre »

Il hoche la tête.

« Ça ira Flo, hein ?

- Je vais toujours bien, t'inquiète ! faisé-je avec un clin d'œil. »

La porte se referme. Mon visage se décompose comme un château de cartes. Je ne peux pas rester ici, tout menace de me terrasser. Pas ici. J'enfile mes chaussures, attrape les affaires et vais récupérer mon balaie. Je le serre fort en remontant quatre à quatre la colline, fort à m'en faire mal. A m'en blanchir les jointures. Je n'arrive plus à respirer.

OoOo

Les dortoirs sont déserts. Demain ya interrogation de Vergnes. Je referme à clé la porte de la salle de bain, appuie mon front sur le bois tiède. Dean m'a viré. Dean ne m'a pas défendu. Dean a pris leur partie. Dean n'a pas confiance en moi. En sa sœur. Dean m'a laissé tomber. M'a laissé me faire insulter. Dean. Mon grand frère. Les larmes roulent silencieusement le long de mes joues.

Je continue à fixer la porte, paumes ouvertes contre elle. Pourquoi ? Pourquoi ?!Je suis désolé Florence. Désolé ? Désolé de m'avoir écarté pour le bien de l'équipe ? Désolé de ne pas pouvoir me soutenir ? Désolé de quoi au juste ? Désolé de ne pas avoir voulu risquer sa place pour me défendre ? J'ai envie de vomir. Il ose dire qu'il me croit. C'est pire encore. Il a refusé même en me croyant. Il n'a pas voulu de moi. Et qu'est-ce que ça lui coûte après tout ? Ce n'est que sa petite sœur elle lui pardonnera. S'il perd son image de capitaine, il ne pourra pas la récupérer. Ce n'est que Florence après tout ! Elle est négligeable, elle prend tout à la rigolade. Rien ne l'atteint Florence, elle sera toujours de bonne humeur.

On peut frapper, ça ne fera pas mal.

Je retiens un sanglot plus fort que les autres et frappe brutalement la porte. Je serre les dents quand la douleur irradie mon poing fermé. La vérité c'est que je préfère fuir, je préfère rire pour ne pas être touchée. La vérité c'est que je n'en vaux pas la peine. Même pas pour mon frère. Il sait que j'adore le Quidditch, il sait que j'adore voler et que si je n'y mets pas tout mon sérieux j'y mets tout mon cœur. Il sait que je n'aurais jamais pu les trahir. Ils le savent tous les six. Alors pourquoi ? Pourquoi ils n'ont pas eu confiance ? A-t-on donc une si petite opinion de moi ?

Je ferme les yeux, les larmes coulent le long de la mâchoire, vont se glisser dans mon cou. J'ai donc si peut de valeur ? Si peu d'importance ? La douleur me contraste la poitrine. Tout n'est qu'un jeu d'apparence, de victoire et de compétition. Je ne suis qu'un dommage collatéral. Rien de grave. Ce malaise me fait trembler les jambes, et soudain j'ai l'impression que tout peut s'écrouler facilement. Tout le reste.

J'enfonce mon front sur le bois, et gémis. Je croyais qu'on était des amis. Des amis. Un mot qui peut si vite être oublié. Je croyais que je comptais moi aussi ! Je glisse le long de la porte, et m'accroupi. Comme un chien abandonné qui attend le prochain coup.

Je croyais qu'on était une famille.