NDA : Voir à la fin :) Avant tout, bonne lecture !


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Chapitre 21 : Tu es de ma famille
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Draco attendait patiemment, les pieds posés sur la petite table basse du salon. Il doutait que son parrain soit ravi de constater sa présence dans ses appartements à son retour... Aussi, il avait déjà préparé toute une argumentation, parfaitement infaillible - ou presque. Le garçon ferma les yeux et se laissa aller dans le fauteuil moelleux. Un temps indéfinissable et silencieux passa, plongeant le blond dans ses rêveries.

Trois coups frappés à la porte le sortirent de sa torpeur. Le regard du Serpentard se posa sur cette dernière, intrigué, alors qu'elle s'ouvrait, mue d'une volonté propre - et surtout bien aidée par l'illustre sorcier qui en franchit le seuil.

Une minute plus tard, Dumbledore fermait les yeux dans le fauteuil qui faisait face à celui du blond, un léger sourire aux lèvres. Hébété par l'absence de remarques, le blond se retient de briser le silence, retournant lui-même à ses rêveries, quoi qu'avec un certain malaise. Le vieil homme ne l'avait pas renvoyé à son dortoir... Certes, il s'agissait d'une bonne chose, mais la simple présence de Dumbledore en ces lieux fichait en l'air toute l'argumentation béton dont le plus jeune se gargarisait plus tôt. Satané vieux fou... Toujours là où personne ne l'attendait ! Pour peu que ce vieux timbré sénile ait déjà été attendu quelque part, et par quelqu'un... En tout cas, jamais par le blond (Merlin l'en garde !) si ce n'est près d'une pierre tombale à son effigie, dans de doux songes bien sanglants (et Serpentards...).

Le crépitement de la cheminée ne tarda pas à les faire émerger. Draco se crispa alors que Dumbledore se redressait, le regard plus dur. Dans un ordre quelconque, chacun des individus attendus sortit de l'âtre, l'un après l'autre. Severus lança un bref regard à Draco mais décida de ne pas commenter, la fatigue trop ancrée dans ses traits. Il adressa un signe de tête à Albus et se plaça à côté du fauteuil de celui-ci, observant -comme son mentor- la troupe de monstres former une ligne tendue. Aucun des enfants ne fut capable de soutenir le regard de Dumbledore, tous trop angoissés à l'idée de ce qui les attendait. En témoignait leurs bouilles baissées vers le sol et leurs mains agrippées à leurs tenues.

– Je suis très loin d'être heureux. » Signala Albus d'un ton lugubre, faisant frissonner, dans un bel ensemble, tous les gryffondors. « Sortir de l'enceinte du château, pour une destination quelconque, est un acte inadmissible. J'espère que vous en avez tous conscience. »

Aucun ne lui fit l'affront de répondre. Ady sentit sa gorge se nouer alors qu'il considérait que ses amis allaient tous avoir des ennuis, et pas des moindres. Le tour par sa faute. Le pire, dans cette histoire, restait la déception de Dumbledore... Depuis combien de temps snobait-il le vieil homme, exactement...? Dumbledore était resté à part, plus ou moins, le laissant gérer sa nouvelle situation familiale, ne se dressant pas contre la présence de Lucinda. Acceptant son comportement indigne.

Pour en arriver là, face à lui et à tous ses amis, après qu'ils aient tous enfreint les règles de Poudlard. Après avoir été inquiet par leur faute, aussi, Ady n'en doutait pas.

– Il n'y aura aucune clémence de ma part, quelque soient les arguments que vous pourriez me présenter. Chacun d'entre vous est renvoyé pour une durée d'une semaine. Vos parents seront avertis demain matin. Vous écopez également d'un mois de retenues, dont nous définirons les conditions à votre retour. » La voix du vieil homme se fit brusquement plus douce. « Severus, suis-moi s'il te plait, nous devons discuter. Remus, tu peux venir. »

Le maître des potions acquiesça, tout comme le loup-garou. « Draco... »

– Draco rentrera à son dortoir ensuite. Il a veillé sur Lucinda pendant votre absence. Vous autres... » Il s'adressait aux fautifs, le ton sévère. « … attendez ici le temps que je prenne connaissance de vos méfaits, je vous ramènerais à vos dortoirs ensuite. »

Et il entraîna Remus et le maître des potions à l'extérieur des appartements, désireux de connaître les détails de toute l'affaire. Draco se fit le plus petit possible, soucieux de passer inaperçu. Il avait comme l'impression d'être laissé dans une fosse aux lions. Des dizaines de questions lui tournaient dans la tête, notamment une grande et importante question (selon lui) : depuis quand Adel traînait-il avec des gryffondors ? Surtout ceux là !

Adel soupira et s'assit au sol, laissant la tension retomber. Les autres l'imitèrent, l'air complètement assommés. Hermione plongea sa tête dans ses mains et couina pitoyablement. La culpabilité d'Ady monta d'un cran...

– C'est affreux ! » Souffla Hermione, la voix pleine de détresse. Ron lui posa une main dans le dos, comme pour la rassurer. « Je n'arrive même pas à me sentir coupable ! »

Les sourcils de Ron se haussèrent alors qu'il portait une main à son cœur. « Je me disais bien que ta réaction était bizarre ! »

Les autres lâchèrent un rire, sauf Ady qui contemplait sa meilleure amie avec un air proprement halluciné. « Tu... »

– Je te jure que je fais des efforts pour culpabiliser. » Renchérit Hermione. « Mais je n'y arrive pas. »

– Zork trouver ça normal. Tête des moldus rester un souvenir très agréable. »

– Vous n'êtes pas... » Commença Ady, éberlué.

– Fâchés ? » Compléta Ginny. « On a l'air ? Nous connaissions tous les risques. »

– Et puis c'était un plan des jumeaux, tu n'as quand même pas cru qu'on ne se ferait pas prendre... » Souffla Hermione. « Ady, dis moi que tu n'es pas aussi naïf que ça... »

Le garçon prit un air outré. « Bien sûr que je l'avais compris ! »

Ce qui déclencha l'hilarité du groupe. Draco déglutit péniblement alors que le regard de Ronald se posait sur lui.

– Ferme la bouche, la fouine. » Railla le rouquin.

Les autres avisèrent la situation. Malfoy était là, à les observer, bouche bée. Les jumeaux ne considéraient pas la chose problématique, peu intéressés par Draco. Cependant, il était de notoriété publique que Malfoy et le trio gryffondorien -constitué à l'origine de Ron, Hermione et Harry- se détestaient cordialement. Ginny, n'étant pas dans la même année, semblait moins concernée par le conflit. Mais surtout, comme eux deux, elle n'avait pas manqué de remarquer le rapprochement entre Malfoy et Harry (enfin Ady).

Ady fronça les sourcils et fusilla Draco du regard. « Qu'est-ce que tu fais là, d'abord ? Tu ne devrais pas être chez tes serpents ? »

– Il fallait bien que quelqu'un s'occupe de Lucinda pendant que tu mettais les voiles, Adel. »

– Il y a des elfes de maison totalement disposés à s'en charger. » Siffla son vis à vis. « Moi ce que je vois, c'est que tu viens fouiner. »

Draco parut blessé, ce qui convainquit Hermione de calmer le jeu. « Voyons Ady, il n'avait pas de mauvaises attentions. »

– C'est un serpent. » Souleva Ron. « Tous les serpents ont de mauvaises attentions ! »

– Ady aussi est un serpent. » Contrecarra Hermione. « Et son père est même le roi des serpents, tu te souviens ? »

– Grumpf... »

– Un point pour Hermione. Moins un point pour Ron. » Ginny tenait les comptes. « Et un D, comme désolant, pour Ady. »

– Quoi...? » S'étonna le concerné.

– C'est le moment de t'excuser auprès de ton blond. Inutile de discuter, tu ne ferais que t'enfoncer d'avantage... »

Les jumeaux applaudirent. « Notre sœur est vraiment la meilleure. »

Mais Ady s'y refusait. Il ne voulait pas montrer combien il s'en voulait d'avoir été si méchant avec Draco. Pas devant ses amis... Et pourtant, même Ron semblait attendre.

– C'est hors de question. »

Les autres n'eurent pas le temps d'insister que déjà la porte d'entrée s'ouvrait, cédant le passage à Severus, Remus et Albus. Les adultes leur indiquèrent de se relever, ce qu'ils firent à tout vitesse.

– Ady, je veux te voir demain matin, à 8h00 tapante, dans mon bureau. Je tiens à t'escorter personnellement jusqu'à l'infirmerie de Poudlard où Pompom te prendra en charge. Et ne pense même pas à discuter. Les autres, sauf M. Malfoy, sortez d'ici en silence. Remus et moi-même allons vous montrer le chemin jusqu'à vos dortoirs. Sait-on jamais si vous l'auriez mystérieusement oublié... »

D'accord. Là, Dumbledore n'avait plus du tout l'air d'un grand-père gâteaux et gâteux... Les gryffons lui emboitèrent le pas sans discuter, adressant des signes de têtes à Ady au passage, lequel leur répondit par un sourire confiant. Bientôt, il ne resta plus qu'Ady, Severus et Draco dans le salon du professeur de potions.

Severus soupira lourdement, adressant un regard lourd de sens à son fils. « Nous discuterons demain » Il semblait presque résigné. « Draco, inutile de déranger ta chambrée... Tu n'as qu'à dormir ici. Adel va te prêter des affaires pour demain matin. Allez-vous coucher. »

Ady acquiesça piteusement et s'enfuit dans sa chambre, sans demander son reste, laissant là un Draco Malfoy gêné nageant joyeusement dans le flou le plus total.

– Tu dors dans la chambre d'Adel, idiot. » Signala Severus avec -enfin !- un sourire en coin. « Son lit est assez grand. Au pire, fais le dormir au sol... »

Draco déglutit, serra son parrain dans une brève étreinte et s'enfuit à son tour. Adel, constata t-il, semblait l'attendre, assis sur sa couche les yeux dans le vague. Quand il quitta cet état, ce fut pour se plonger dans le regard orageux du blond. Ils s'affrontèrent en silence, comme essayant de s'hypnotiser, jusqu'à qu'Ady s'estime vaincu et baisse les yeux.

– Il y a des pyjamas dans l'armoire basque. » Annonça le garçon tout bas. « Sers toi, je reviens. »

Et pour la seconde fois en cinq minutes, il planta le blond là. Lequel blond se résigna à se diriger vers l'armoire, sans chercher à comprendre.


Avec une certaine dose de courage, Adel chercha son père, priant pour que celui-ci ne soit pas déjà dans sa propre chambre. Par chance (ou par malchance vous dirait sa fierté), l'homme se trouvait au salon, assis lourdement dans le fauteuil que Dumbledore occupait plus tôt, la tête dans les mains.

– Monsieur ? » Hésita Ady avec l'impression de déranger le maître des potions, une fois de plus.

– Severus releva la tête et fronça les sourcils dans sa direction, l'air revêche. « Monsieur ?! »

Ady déglutit et rectifia le lancé. « Père... »

Cela ne sembla pas satisfaire Severus. Ce dernier détourna les yeux, fixant un point imaginaire. « Tu es censé aller dormir. Tu en as assez fait pour aujourd'hui, tu ne crois pas ? »

Mais le cœur n'y était pas. Les paroles de Vernon Dursley tourbillonnaient dans son esprit, sans répit.

– Je voulais... » Le garçon se mordit la lèvre, brusquement anxieux. « Non rien, bonne nuit. »

– Ady, viens ici. » Ordonna Severus. « S'il te plait. »

Le survivant obéit sans se poser de questions, évaluant qu'il y avait là une ouverture. Une fois qu'il fut tout proche, Severus lui fit l'immense honneur de le regarder à nouveau. Ady fut presque soulagé de voir plus d'incertitude que de colère dans les yeux de son père.

– Est-ce que je peux...? » Murmura le garçon en rougissant.

– Severus analysa la question : est-ce qu'il pouvait quoi, exactement, le morveux ? L'homme n'en avait aucune idée et l'heure tardive n'aidait certainement pas.

– Sois plus clair, par pitié... »

Ady se mordit la lèvre sous l'œil attendrit, malgré lui, du professeur. L'incertitude du gosse fut rapidement remplacée par une pointe de détermination. Sans que Severus n'ait eut le temps de tergiverser davantage, Ady s'approcha et enroula illico-presto ses bras autour du cou de l'homme, sa tête se logeant sans préavis contre le torse Snapien.

Allo Poudlard, ici Maître des potions en perdition. Stupéfiant comment son fils pouvait le prendre de court à chaque fois.

Sans qu'il ne pense à se contrôler, Severus entoura ses propres bras autour du frêle corps, serrant l'enfant contre lui. L'étreinte suintait presque le désespoir et l'envie que cela ne cesse jamais. Aucun des deux savait si une telle chose se reproduirait. Évidemment, Severus l'espérait. Évidemment, Ady sentait qu'il le voulait aussi... Mais allez savoir, avec deux imbéciles dans leur genre... Severus admira la masse qu'il câlinait. Jamais lui même n'aurait osé accomplir un acte pareil. Pourtant, il était l'adulte.

Ady, le cœur battant à tout rompre, pris sur lui (à nouveau) en brisant le silence. « Je suis désolé. »

– Ne crois pas que cela t'épargnera quoi que ce soit. » Marmonna Severus avant de poser la joue sur la tignasse verte du marmot.

– Je ne crois rien. » Marmonna en retour le garçon.

Severus soupira, soulagé. « C'est moi qui suis désolé. »

– Tu n'as pas à l'être, papa. »

Tchac. Déconnexion du système. P.A.P.A. Le mot heurta Severus de plein fouet, le plongeant dans un état quasi béat. Papa ! C'est à peine s'il osait y croire. Et c'est à peine si Ady osait le croire aussi. Mais maintenant qu'il était bien parti, autant se jeter à l'eau et faire sa B.A. sincère du jour.

– Les serpentards ont de la chance de t'avoir. » Continua le plus jeune. « Je le pense vraiment. J'aurais peut-être aimé être un Serpentard aussi, dès le début, si ça t'avait conduit à m'aimer. »

Chamboulé par l'aveu étouffé dans son giron, l'ancien espion réagit à peine en voyant la chevelure verte de son fils reprendre une couleur ordinaire. L'enfant soupira dans son cou et avec un effort palpable s'extirpa de ses bras. Il avisa le regard perdu de son père et décida de ne pas insister.

– Bonne nuit papa. »

Un courage de gryffondor...


Il retrouva son blond favori changé et allongé sur le lit, les yeux rivés sur le plafond. Grimaçant, Ady rejoint l'armoire à pas feutrés, se saisissant d'une tenue de nuit. Draco se redressa, observant son manège. Son haussement de sourcil typiquement serpy laissa rapidement place à de la stupéfaction alors que son « camarade » se changeait sous ses yeux, pas gêné pour un sous.

Aucune pudeur, franchement.

L'entreprise se termina rapidement mais pas assez, jugea Draco, pour sa santé mentale.

– Qu'est-ce que tu as ? » Questionna Adel, confus.

Le blond cacha son trouble et balança la première explication qui lui vint. « Tu n'as plus les cheveux verts. »

Pitoyable... Ceci dit, Ady sembla véritablement surpris par la nouvelle, attestant qu'il n'était pas au courant de ce détail. Heureusement pour le blond qui ne se voyait pas justifier sa gêne.

– Vraiment ? » Souffla Ady avec un sourire enfantin. « Mais c'est génial ! »

Draco se refusa à tout commentaire, clairement contre l'idée de s'abaisser à partager la joie de l'autre crétin obtus. Ady avait été on ne peut plus vexant, ce soir, et un Malfoy ne devait pas pardonner aussi facilement. Même à un Adel Snape craquant...

Ça y est, il venait de l'avouer.

– Maintenant que tu as terminé de t'extasier, laisse moi dormir. »

Ady, choqué, ne trouva rien de mieux à faire que d'ouvrir bêtement la bouche. Voyant cela, le blond se rallongea correctement et lui tourna le dos. Le silence se fit, un peu pesant. Le blond eut cependant pleinement conscience de l'affaissement du lit alors qu'Ady prenait place à ses côtés. Puis de cette main se posant sur son épaule, caressante.

– Tu es fâché à propos de tout à l'heure ? » Le murmure le fit tressaillir. Draco ne sut dire si c'était d'horreur ou d'autre chose, mais la balance penchait plutôt en faveur de cet 'autre chose'. Aussi, sans pouvoir s'en empêcher, le blond tourna la tête vers la voix de son camarade.

Pour se retrouver nez à nez avec son comparse, si proche que le souffre de l'autre lui caressait les joues. La respiration du blond se bloqua. Les yeux verts de Snape Junior plongèrent dans les siens à la recherche d'une réponse à la précédente question. Mais Draco ne pouvait lui en donner aucune puisque, dans l'immédiat, il lui semblait que réfléchir à la question serait fastidieux et déplacé. La proximité... encore cette foutue histoire de proximité ! Le blond sentit cette envie de s'approcher encore de l'autre. Juste un peu. Son regard orageux dévia malgré lui sur les lèvres fines d'Adel, lequel fronçait les sourcils, comme ne saisissant pas pourquoi Malfoy ne répondait pas.

Le blond s'en moquait. Seule la réalisation comptait. Seul le fait qu'il lui suffise de se pencher un peu pour goûter à cette bouche lui importait.

Confus, Ady recula, brisant l'instant magique. L'ancien gryffondor l'observa encore un peu, comme s'il venait tout juste de le découvrir pour la première fois, avec crainte, puis lui tourna le dos, se recouchant.

– Bonne nuit l'ange... »

L'ange ne répondit pas, trop frappé par ce qu'il venait d'admettre indirectement. Il ferma les yeux et se coucha aussi, l'image de deux lèvres tentantes à portée des siennes fermement encrée sous ses paupières closes.

#Je suis foutu...#


Dans la chambre attenante, une petite fille se réveilla en sursaut, effrayée. Elle venait de rêver du monstre. De cette chose à peine humaine qui lui avait volé son papa et sa maman. Mais pas seulement... il y avait aussi un autre garçon, avec des cheveux mal coiffés et une cicatrice en forme d'éclair. Et le garçon lui avait donné quelque chose. Un objet ! Mais quel objet ? Elle n'arrivait pas à se souvenir. Peut-être que ça n'avait pas d'importance... mais si ça en avait ? Et si le monstre la mangeait pour ce rêve ? Ou mangeait le garçon du rêve ! Sa respiration précipitée résonna dans la chambre quelques secondes. L'enfant voulut pleurer mais se retint lorsque ses yeux se posèrent sur le fantôme d'Helga Poufsouffle. La femme lui souriait doucement, son regard rivé dans le sien, l'air aussi doux qu'à l'ordinaire.

– Ce n'est rien, ne t'inquiète pas, c'est un mauvais rêve. »

Lucinda opina, un peu rassurée par la présence de la dame. De son amie.

– Regarde autour de ton cou. » Suggéra tout bas Helga.

Lucinda s'exécuta, intriguée. Quelle ne fut pas sa surprise en avisant qu'une chaîne y était accrochée. Avec en guise de pendentif...

– C'est l'objet de mon rêve ! » Chuchota l'enfant, stupéfaite et émerveillée à la fois.

– C'est un item précieux. » Lui indiqua Helga, sérieuse. « Tu crois que tu pourras le protéger ? »

– Oui... » Hésita Lucinda, incapable de dire non à Helga.

– Alors, écoute-moi bien. Il ne faut le montrer à personne mais le garder toujours sur toi. Je vais te dire un secret, tu ne le répèteras à personne...? »

L'enfant tendit l'oreille. « Je promets. »

– Même pas à Adel pour le moment. » Prévint Helga. « C'est trop important, et tu es la seule qui puisse veiller sur cet objet. »

– D'accord...

– La magie t'a confié l'amulette que le grand méchant avait. Il ne doit pas découvrir que c'est toi qui l'as. C'est l'objet magique dont nous vous avions parlé à toi et à Adel, tu te souviens ? »

– Mais... » Lucinda ouvrit grand les yeux. « Mais... je vais détruire l'école d'Ady ! »

– Non non. » Rassura Helga. « Bien sûr que non. Est-ce que tu as envie de le faire ? De détruire Poudlard ? »

– Non ! » S'offusqua la môme.

– Alors tu vois, l'amulette ne le fera pas. J'ai confiance en toi moi, et la magie aussi, tu vois ? Elle sait que tu ne feras jamais rien de mal à cette école et à Ady... »

– Je la garderais alors, le monstre ne l'aura pas Helga ! »

– Je sais. Elle est entre de bonnes mains. Ferme les yeux et souhaite très fort que personne, à part toi, ne puisse voir l'amulette. »

Sceptique, Lucinda s'exécuta quand même.

– Je veux que personne ne la voie. Je veux que ce soit mon secret. Je veux que personne ne la voie. Je veux que ce soit mon secret. Je veux que personne ne la voie. Je veux que ce soit mon secret. »

Helga la couva d'un regard tendre et sa main fantomatique vint caresser la joue de l'enfant. Même sans qu'elle ne la touche réellement, elle était certaine que Lucinda sentirait l'affection que la fondatrice voulait lui témoigner.

– C'est parfait. Tu as réussis... tu es une petite sorcière fantastique. Je suis tellement fière... » Chuchota Helga. « Rendors toi ma chérie. »

Lucinda lui sourit, contente, et se recoucha. Aussitôt qu'elle eut fermé les yeux, le sommeil l'emporta dans un songe où un petit garçon aux yeux verts jouait avec elle à protéger l'amulette magique du terrible et méchant monstre...

Avec pour seule arme une chanson...


Le lendemain matin, les premières lueurs du jour trouvèrent deux garçons fermement enlacés dans un grand lit. Draco fut le premier à émerger. La pensée qui saisit son esprit parasité par le sommeil fut qu'il faisait bon, dans ce lit. Qu'il se sentait bien, protégé, presque au paradis, et qu'il n'avait aucune envie d'ouvrir les yeux. Ses mains blanches tâtonnèrent sa couverture, un coussin -semblait-il. Moelleux et doux. Le blond soupira de contentement et fit quelques caresses à l'oreiller, laissant le temps à ses neurones de réintégrer leurs locaux (son espace cérébral).

Leur bruyante arrivée lui fit réaliser deux choses : d'abord, il possédait beaucoup de neurones, ensuite, il dormait dans le lit d'Adel. Pris d'un doute, le blond leva une paupière et lança un regard brumeux à son oreiller... pour constater qu'il s'agissait-en réalité- de l'autre garçon.

Garçon qui soupirait faiblement sous ses caresses. Le blond rougit et réfréna les ardeurs matinales dérangeantes qui pourraient le trahir. Bien. Récapitulons...

#Il soupire sous mes caresses. Adel aime quand je le...#

Stop. Ne pas penser une chose pareille ! Ne SURTOUT pas penser une chose pareille ! Le blond déglutit et observa plus attentivement l'autre garçon. Ses cheveux noirs lui chatouillaient le torse. La tête d'Adel reposait sur lui et une des mains du garçon...

Draco hoqueta. Oh non non non... l'une de ses mains était là où il ne fallait pas ! Ne surtout pas en tenir compte ! Ne SURTOUT pas s'emballer ! Ne surtout pas se dire combien se réveiller contre Adel Snape pouvait être délicieux. Ne pas songer à la proximité ! Adel, endormi, grogna sourdement et sa main se crispa sur la partie sensible du blond, qui glapit. Visiblement, son petit démon personnel n'appréciait pas qu'il ait cessé de lui prodiguer des petites caresses.

Dans quel pétrin s'était-il foutu ?! Draco essaya de se dégager du corps du brun, ce qui eut pour effet de le faire se frotter contre l'autre. Oh-mon-dieu. Le blond vira au rouge et serra les dents. C'était fichu, la réaction de son corps allait le trahir ! Il ne fallait pas qu'Adel se réveille !

A peine avait il pensé cela que le brun bougea, semblant justement sortir de son sommeil. La respiration du blond se bloqua dans sa gorge alors qu'Adel osait -comme lui un peu avant- tâtonner ce qui lui servait d'oreiller. Adel frissonna et Draco se tendit un peu plus si possible.

Doucement, le brun papillonna des yeux. Son regard vert échoua sur son oreiller. Un ventre plat, blanc. Son nez huma l'odeur de celui-ci avec plaisir.

#Humpf...#

Délicieuse odeur. Un léger sourire heureux s'afficha sur les lèvres d'Ady alors que celui ci remontait doucement le long du corps de Draco, provoquant d'incroyables frissons chez ce dernier. Incroyable l'effet qu'Adel Snape pouvait avoir sur lui. Définitivement un second Potter... à croire que les gars aux yeux verts seraient sa damnation, sa frustration.

Adel plaça son visage en face de celui de Draco et sourit timidement. Doucement, il se pencha sur le blond et déposa un petit baiser au coin de ses lèvres, savourant brièvement leur goût, dans un baiser volé qu'il regretterait plus tard.

– Tu sens bon, l'ange... »

– Quoi...? » Bégaya Draco, mode pivoine.

Adel gagna la même couleur et roula sur le côté, s'échappant vite fait (bien fait).

– Je vais prendre ma douche. »

Mais Draco ne l'entendit pas, tout à son trouble. Sa damnation...


Comme convenu, Adel fut dans le bureau de Dumbledore à 8h tapantes. Lucinda dormait encore, à son grand désarroi, ce qui impliquait qu'il allait devoir affronter cette journée sans avoir pu ne serais-ce que voir le sourire de sa protégée. La journée n'aurait pas le même goût... quoi qu'Adel devait admettre que la matinée n'avait pas si mal commencée...

A cette pensée, Ady rougit sous le regard amusé d'Albus. Le vieil homme le salua simplement, l'escortant chez Madame Pomfresh, le dragon de l'école. La femme les accueillit chaleureusement, avant de jeter Dumbledore à la porte. Tant mieux.

Les deux heures suivantes s'écoulèrent dans le silence, l'infirmière se contentant de faire ses examens, très attentive à tous les résultats qu'elle obtenait. Étrangement, Ady n'avait pas honte face au regard scrutateur de Poppy Pomfresh, probablement parce que celle-ci ne faisait aucun commentaire désobligeant au sujet de ce qu'elle découvrait.

Ady mit ce temps à profit pour réfléchir, faire un état des lieux de sa vie. Outre le problème de l'amulette (un soucis de taille, quand même !), les choses semblaient s'améliorer. Leur excursion de la veille chez les Dursley avait été une véritable libération. Juste ce qu'il lui manquait pour qu'il considère le mot 'famille' sous un autre jour. Pour tourner la page. Bien sûr, pas en une seule fois, mais Hermione avait foi en l'avenir et lui commençait aussi à apprécier l'idée d'un père ouvrant les bras pour qu'il s'y blottisse.

Et l'idée d'un blond lui ouvrant les bras aussi... Ady se mordait la lèvre, anxieux, à chaque fois qu'il songeait à son petit écart du matin. Et à celui de la veille. Le pire étant sans doute que lui, Adel Snape, avait eu terriblement envie de savoir quel goût les lèvres du blond avaient. Alors qu'il considérait qu'embrasser quelqu'un était répugnant. Mais voilà, avait-il constaté doucement, Malfoy n'avait rien de « quelqu'un ». Il s'agissait de Malfoy. Sa némésis. Son ange... Pas de n'importe qui. En y repensant, Draco avait toujours été là, comme ses meilleurs amis. Il s'agissait d'un élément stable, présent depuis ses onze ans.

Le garçon soupira sous le regard attentif de Poppy. Draco... Adel frissonna. Il ne savait pas ce qu'il lui arrivait. Le simple fait d'avoir été injurieux envers le blond l'avait fait se sentir si misérable. Détestable.

Ady n'avait rien vu venir. Il ne pouvait pas dire ce qu'il ressentait vis à vis de Draco Malfoy, mais une chose restait certaine, il était hors de question que Malfoy pense à sortir de sa vie. Ni que quelqu'un se l'accapare. Peut-être devrait-il surveiller Zabini. Ou Parkinson. Ou les serpentards en général. Ou toute l'école, en fait.

Même les professeurs. Malfoy ne devait pas trouver mieux ailleurs. Pas désormais qu'il l'avait rendu dépendant de sa présence, de son acharnement, de son étrange amitié.

#Je me fais pitié... Si Ron m'entendait penser...#

Le roux prendrait un bon fou rire et ne manquerait pas de lui faire remarquer un détail, à savoir que Draco Malfoy ne connaissait pas l'ancienne identité d'Adel Snape. Un point de taille... qui faussait tout. Par merlin, si le blond découvrait la supercherie, il le haïrait. L'idée même l'horrifiait. Et vu sa chance, Ady supposa qu'il ferait mieux de profiter de Draco Malfoy autant qu'il le pouvait, de passer des moments avec le blond avec que le drame ne vienne... Pour au moins ne pas regretter d'avoir été un crétin jusqu'au bout.


Les examens terminés, Poppy le fit assoir devant son bureau et lui fit venir une tasse de thé vert. Puis prit enfin la parole, avec tact.

– Je ne vous apprends rien, j'imagine, si je vous dis que vous avez tous les symptômes d'un enfant abusé. » Déclara Poppy prudemment. « Je suppose que vous ne souhaitez pas en parler. Si c'est le cas, soyez certain que je vous écouterais Adel, sans vous juger. »

Adel lui sourit et secoua la tête de gauche à droite. « C'est terminé maintenant madame. »

– C'est exact. » Admit Poppy, rassurante. « Je veillerais à ce qu'on ne vous fasse plus de mal, Harry. »

Le dit Harry ouvrit grand les yeux, estomaqué. « Comment... »

– Vous étiez abonné à cette infirmerie, je connais votre magie par cœur. » Avoua Poppy, amusée. « J'avais aussi conscience que vous étiez sous-alimenté, je dois l'admettre, mais vous n'avez jamais fais un seul pas vers moi et vous ne compreniez pas les signaux que j'envoyais, Harry. J'en suis désolée. Je mettais des potions nutritives dès que je le pouvais dans vos plats. Lorsque vous étiez à l'infirmerie, surtout. »

L'aveu chamboula le cœur du survivant. Ainsi donc, on avait pris soin de lui ? Sans même qu'il ne le sache ni ne s'en rende compte...?

– Ceci dit, Harry, vous êtes dans un état qui laisse penser que cet été... » Elle laissa la phrase en suspend. Le sous-entendu était parfaitement clair. Cet été, tout avait empiré. « Oh, et dites moi, quelqu'un a réparé vos côtes, je me trompe ? »

– Oui. Un médicomage, au chaudron baveur. » Expliqua Ady. « Est-ce que c'est mal fait ? »

– Non Harry, c'est bien la seule chose de faite correctement, justement, et croyez bien que je suis soulagée que quelqu'un s'en soit chargé rapidement. Vous êtes fragile, il va falloir prendre les choses en main dès maintenant. » Lâcha Poppy en le regardant sérieusement. « Tu t'épuises. Nous allons définir une liste de potions et de comportements à adopter durant les prochaines semaines. Pour que tu ailles mieux. »

Ady grimaça mais acquiesça. « Merci. »

– De quoi ? » S'étonna la femme. « De ne pas te laisser à l'agonie ? Ou de ne pas aller tuer les abrutis qui s'en sont pris à toi ? »

– De ne pas... me prendre pour une bête de foire. » Chuchota Ady. « D'être vous même. »

– Je ne t'ai jamais pris pour une bête de foire, Harry. » Ricana Poppy. « Un inconscient, certainement, d'ailleurs, il y a un lit à ton nom dans mon infirmerie... »

Ady éclata de rire à l'image. Rire aussitôt coupé par une toux que Poppy jugea effroyable.

– Bien, nous allons commencer par ça... prêt à ingurgiter toute la réserve de mon infirmerie ? »

Adel lui sourit, reconnaissant. « Prêt. »

S'il avait eu une grand-mère, décida Adel, il aurait souhaité qu'elle soit comme Poppy Pomfresh. Une Poppy et une Madame Figg, rien que pour lui. Cette famille là lui aurait plut.


L'entretien avec Poppy terminé, Ady avait regagné les quartiers du maître des potions. Après tout, il était aussi -théoriquement- exclu de Poudlard. Ce qui signifiait qu'il allait devoir passer une semaine enfermé ici. Sur un haussement d'épaules, Ady gagna la chambre de Lucinda. L'enfant sauta sur ses jambes, folle de joie et se faufila au creux de ses bras, avide de tendresse.

– Ady, Ronron et Mione et toi, vous avez vaincu les monstres moldus ? » Pépia l'enfant. « Tu as vu ton papa ? »

– Oui, il est venu. » Sourit Ady en s'abaissant à sa hauteur. « Les monstres moldus ne me feront plus jamais de mal et une dame va me soigner comme il faut. »

Ady sentit sa gorge se nouer en voyant les yeux de Lucinda déborder de larmes.

– Luce ? » Souffla le grand frère. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

– Je suis tellement contente ! » Renifla la petite. « Ils vont te réparer, ton papa et la dame, et après, on sera heureux jusqu'à la fin de la vie. Y'aura l'ange avec nous aussi. »

– Oh. » Ady sourit et la serra dans ses bras. « Ouais, on va être heureux. »

– Et puis on battra le monstre laid, et tout le monde sera content. Mon papa et ma maman aussi. »

Ce fut au tour des yeux d'Ady de se remplir de larmes. « Oui, ils seront fiers. »

Lucinda lui sourit et lui attrapa la main, pleine d'entrain. « J'ai joué avec Fumseck hier. Je vais te montrer le jeu ! »

Ady la suivit sans rechigner, soulagé de retrouver l'enfant aussi vive et joyeuse. Lucinda restait Lucinda. Et par merlin... qu'il l'aimait ainsi.

L'après-midi se déroula ainsi, dans le calme et la bonne humeur. Harry apprit, notamment, que Poudlard avait été sujet à d'étranges rebondissements durant son absence. Soulèvements d'armures. Chasses aux fantômes. Tout un tas d'évènements incontrôlés (et incontrôlables) ! Voilà qui allait plaire aux jumeaux.

Conscient d'être consigné, Ady rejoint sa chambre autour de 18h. Il fixa quelques instants les quelques potions que Poppy lui avait confié puis se résigna à agir de façon raisonnable.

C'est en sentant ses paupières se fermer que le garçon compris pourquoi l'infirmière lui avait indiqué de les prendre après le repas. Pour une action raisonnable, il faudra repasser...


Le cercle de ses serviteurs l'entourait. Tremblants et anxieux. Ils suintaient la crainte et l'appréhension et Lui s'en délectait. Lord Voldemort se lécha les lèvres, s'imprégnant de cette atmosphère de respect apeuré. Ses yeux rouges se plantèrent dans les pupilles grises de l'un de ses larbins. Le plus droit et fier.

Lucius... » Siffla l'homme serpent. « Avance. »

L'aristocrate s'empêchait de trembler, il le sentait. Tous ces vermisseaux se retenaient de montrer leur horreur face à son pouvoir. Un immense pouvoir. Le lord en frémit de bonheur. Voir Lucius Malfoy s'incliner bien bas à ses pieds le remplissait de joie. Mais ce n'était rien comparé à la vision de l'aristocrate gisant contre terre et le suppliant. Tellement avili. Si misérable face à sa grandeur, sa toute puissance...

Luciusss... » Siffla Voldemort en s'approchant si près de Malfoy Père que celui-ci en réprima un frisson d'horreur. « Tu as, j'espère, des informations au sujet de Potter ? »

Potter. La joie de Voldemort chuta brutalement. Foutu petit emmerdeur qui lui échappait... le seul point compromettant son règne. Et aucun de ses larbins ne s'avérait capable de trouver le morveux. Mais Lucius était le meilleur... n'est-ce pas ?

Maître, je n'ai rien pu trouver à son propos, Dumbledore semble... »

Endoloris. »

Et Malfoy chuta. Mais la vision n'était pas aussi délicieuse qu'elle aurait dû l'être. Harry Potter. Sans Potter à Poudlard, tous ses plans étaient compromis ! Il le lui fallait ! Cette bande d'incapables ne lui servait-elle donc à rien ?!

Je pensais avoir été clair, Luciusss, que t'avais-je ordonné ? » Siffla le lord.

De... trouver... Potter... » Haleta Lucius Malfoy. « Mais... »

Les yeux de Voldemort flamboyèrent alors même que sa fureur augmentait. « Aucune justification ! »

Le lord lança tous les sorts de torture lui traversant l'esprit, évacuant sa frustration sur son pauvre fidèle. Des imbéciles ! Tous de copieux crétins incapables de réussir la plus petite mission ! Il lui fallait Potter, de toute urgence !

Se désintéressant d'un Lucius Malfoy gisant dans une marre de sang, Lord Voldemort congédia ses mangemorts et sortit de la salle du trône, s'enfonçant dans les couloirs de son QG. Au plus profond du monastère qu'il habitait, il pénétra dans la salle. Celle gardant le précieux item qui lui assurerait la domination du monde.

Son regard grenat s'accrocha à la cloche de verre au centre de la pièce. A l'abri, l'amulette brillait, l'appelait. Voldemort s'appuya au mur et l'observa religieusement. Sans Potter, l'item ne lui servait à rien. Sa puissance serait effective lorsque tous les fondateurs seraient réunis à Poudlard. A cet instant seulement l'amulette pourrait-elle tout détruire. Voldemort en était intimement persuadé.

# Le descendant de Serdaigle est déjà là-bas.# Ragea le seigneur des ténèbres. # Potter, je pensais pouvoir compter sur ta dégoutante attitude de Gryffondor. Tu devrais être à Poudlard avec l'enfant !#

Oui, l'enfant. La gamine descendante de Poufsouffle. Une fois Potter à Poudlard avec la gamine, toutes les conditions auraient été réunies. Mais le morveux s'était joué de lui et patienter ne menait définitivement plus à rien.

Voldemort ricana. Si patienter ne menait à rien, il lui fallait trouver Potter lui-même. Le lord avança vers la cloche et posa ses doigts anguleux sur la surface de verre, la caressant. Doucement, révérencieux, le monstre la souleva. Le contact avec l'item lui manquait. La magie de l'amulette, cette force signifiant la puissance à l'état pur, ressemblait à une drogue.

Doucement, presque amoureusement, Lord Voldemort avança sa main, prêt à savourer le contact.

Main qui passa au travers de l'objet.

La réalisation mis plusieurs secondes, le temps que son cerveau assimile la signification d'une telle chose.

Une... illusion... » Bégaya Voldemort en sentant la fureur se mêler au choc et à la panique. Le lord respira bruyamment et sentit sa magie se mettre en mouvement, en réponse à la pulsion meurtrière qui l'envahissait. « Potter... »

Un cri de rage lui échappa. A l'étage, dans la salle du trône, Narcissa Malfoy réprima difficilement la peur qui l'envahissait.

Lucius ! Lucius... Il faut partir. Réveille toi. Enervatum ! Enervatum ! »

Lucius papillonna des yeux, grognant sous la douleur. « Cissa... »

Lucius, nous devons aller voir Dumbledore... »

Qu'est-ce que... » Lucius Malfoy tenta de se remettre assis, le monde tourbillonnant autour de lui. « Cette... magie... »

Il va tous nous tuer ! » Paniqua Narcissa. Voir cette femme droite et fière dans un tel état chamboula sa raison. « Nous devons fuir ! Lucius, mon ami, accrochez vous à moi, nous devons aller au QG de l'ordre, nous y serons en sécurité. »

Sa femme palabrait. Lucius estima que le danger était réel. Ceci dit, sa femme palabrait trop... beaucoup trop...

Des traitres ? » Gronda une voix bien connue. « Intéressant. »

Lucius et Narcissa furent frappés par une vague de magie brute émanant de Lord Voldemort lui-même. Il ne leur fallut rien de plus que ce signal d'alerte pour qu'aucun des deux ne songe à essayer de sauver les apparences. Sous les yeux du démon, le couple Malfoy s'évapora, déclenchant une autre vague de colère noire chez leur ancien maître. Les objets à portée volèrent en éclat sous l'onde de puissance.

POTTER, JE TE TUERAIS ! »


A Poudlard, un adolescent se réveilla en sueur, le front fendu en deux par la douleur et des images sanglantes plein la tête. Une main fraiche se posa sur son front, apaisante, tandis que des mots doux ne trouvant aucun sens à ses oreilles semblaient murmurés tout près.

Ady essaya de reprendre sa respiration, mais c'était sans compter la panique qui saisissait tout son corps. Il tremblait de la tête aux pieds.

– Ady, calme toi, chut, c'est terminé. »

– Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'il a ? » Pleurait Lucinda. « Ady a mal, qu'est-ce qu'il a ? C'est le monstre, je suis sûre, il va nous faire du mal. »

Severus ferma les yeux, incapable de s'en sortir seul. « Dobby ! »

Un Pop signala l'arrivée de l'elfe. « Va chercher Dumbledore, c'est urgent. »

Heureusement pour lui, Dumbledore fut là dans les cinq minutes. Un coup d'oeil à la situation lui permit de comprendre le problème. Le vieil homme souleva Lucinda et la berça étroitement, étouffant ses pleurs contre son giron. « Je garde un œil sur eux Severus, allez chercher une potion calmante dans votre réserve. »

Le directeur des serpentards hésita mais le regard appuyé de Dumbledore le convainquit de s'exécuter rapidement. Sans potion calmante, sa présence ne servirait à rien. L'homme n'avait jamais assisté à une crise telle que celle-ci mais Dumbledore l'avait prévenu que la possibilité existait.

Il n'imaginait cependant pas la chose aussi terrifiante. Voir son fils hurler comme un possédé, le front en sang, secoué de spasmes, était plus qu'un père ne pouvait en supporter. Savoir qu'en étant Harry Potter le gamin y avait déjà goûté lui soulevait l'estomac. Mais le pire était sans aucun doute cette prise de conscience terrible... Son fils était Harry Potter. Il le savait déjà, bien sûr, mais la chose semblait d'autant plus réelle maintenant. Cela signifiait deux choses : d'une part, il avait maltraité mentalement un gamin en pleine souffrance, d'autre part, un psychopathe voulait la peau de la chaire de sa chaire... Et il ne pouvait rien y faire. L'impuissance le bouffait face à ce constat.

Severus trouva facilement ce qu'il voulait et pria pour que personne -pas même un elfe- ne le voit courir comme un dératé, fiole en main, en direction de la chambre d'Adel. Il força la potion contre les lèvres de son fils et attendit patiemment qu'elle fasse effet. Bientôt, Adel cessa de trembler, se contentant de gémir et de sangloter à la fois, les yeux toujours clos.

– Malfoy... ordre... amulette... »

Dumbledore fronça les sourcils. « Chut, Harry, parles-tu de Lucius Malfoy ? »

– Lucius, au QG ordre – ble-essé... » Le reste se perdit en baragouinements indistincts, avant qu'Ady ne s'évanouisse purement et simplement.

– Lucius ? » Souffla Severus, perdu. « Mais... »

– Notre dernier espion. » Dumbledore posa Lucinda dans ses bras et lui fit un signe de tête. « Je vais au QG. Veillez les enfants, je vous préviendrais. »

Severus acquiesça mollement et caressa les cheveux de la petite. La gamine renifla et s'échappa de ses bras, allant se blottir contre Adel. Un sommeil tout sauf tranquille la faucha aussitôt, sous le regard attentif et protecteur de Severus Snape.


Les deux enfants ne se réveillèrent que plus tard dans la nuit. En réalité, Ady s'agitait dans son sommeil, secouant la petite chose accrochée à lui. L'enfant avait fini par se réveiller pour aussitôt faire sortir Ady de son repos agité. Le garçon mis quelques longues minutes à reprendre pied avec la réalité, sous les caresses rassurantes de sa petite sœur.

Lucinda jeta un regard vers le côté et avisa la présence de Severus, endormi dans un fauteuil calé contre leur lit.

– Ady ? Tu n'as plus mal ? » Chuchota la gamine, inquiète.

Ady cligna et se frotta les yeux. « Non. Enfin... si. Un peu, mais moins. »

Lucinda lui offrit un câlin réconfortant, répondant à sa propre envie d'être rassurée. « J'ai eu peur. J'ai même pleuré. »

– Chut, c'est terminé. » Souffla Ady. L'affirmation eut pour effet de faire fondre Lucinda en larmes.

– C'est le monstre, je suis sûre ! Je te protège Ady maintenant, et mon meilleur ami aussi il le fait ! »

Ady fronça les sourcils et secoua la tête. « Je ne crains rien alors... » Déclara t'il platement. « Qui est ton meilleur ami ? »

Son doudou peut-être …? #C'est certain, je ne risque rien, si c'est le cas... # L'ironie le tuera...

– Je ne sais pas comment il s'appelle. Il vient dans mes rêves et on se bat contre le méchant tous les deux. » Confia Lucinda, légèrement gauche. « Il a des cheveux noirs qui partent n'importe comment et des grands yeux verts merveilleux ! »

Ady ouvrit la bouche, estomaqué. « Il a une cicatrice...? »

– Comment tu sais ? » Lucinda semblait ébahie. « Tu le connais toi aussi ? »

Mais Ady ne répondit pas. Lucinda n'avait jamais... comment étais-ce possible ? Le garçon déglutit péniblement puis essaya de trouver du positif à tout ce méli-mélo. Pour commencer... pourquoi ne pas être simplement rassuré que le « meilleur ami » de Lucinda soit Harry Potter ? Soit lui-même. Au moins, Lucinda ne risquait pas d'être trahie. Personne ne la manipulait...

#Un bon point.#

Le rêve lui revint, le faisant trembler d'horreur. Lord Voldemort avait beaucoup pensé, alors qu'il était dans sa tête. De ce fait, Ady avait largement profité de toute cette montagne de révélations... à savoir qu'il savait désormais que Lucinda descendait d'Helga Poufsouffle. Sans compter qu'il ne pouvait nier avoir agit exactement comme le seigneur des ténèbres le voulait.

Mais Voldemort n'en avait pas conscience puisque le parallèle entre Adel Snape et Harry Potter restait non établi.

# Un autre bon point... #

Restait plusieurs problèmes. D'abord : quelqu'un avait dérobé l'amulette, au nez et à la barbe du mage noir. Voldemort le tenait pour responsable... et il aurait aimé que ce soit le cas. Parce que -dans l'immédiat- il ignorait totalement qui pouvait être à l'origine d'un tel acte.

Il fallait retrouver cette personne avant le Lord. Mais pas seulement...

# Le descendant de Serdaigle est à Poudlard. # Se rappela Adel. Il sentait que l'information était importante. Hermione comprendrait certainement pourquoi la présence des quatre descendants des fondateurs à Poudlard changeait la donne. Parce que la donne changeait... le Lord en avait été certain. Donc ?

#Je dois trouver qui est le descendant de Serdaigle.#

Il subsistait une fausse note, cependant. Et pas des moindres...! Voldemort considérait -visiblement- qu'Harry Potter descendait de Gryffondor. Or, jusqu'à preuve du contraire, Harry Potter n'existait pas... et Adel Snape ne pouvait pas descendre de Gryffondor. A ce sujet, seuls les fondateurs pourraient l'éclairer.

– Ady...? Tu dors ? » Chuchota Lucinda, visiblement déçue.

– Non Luce, je réfléchissais. » Le garçon resserra ses bras autour du petit corps de sa protégée. « Je me disais que j'étais rassuré que le garçon à la cicatrice soit ton ami. »

– Moi aussi. » Confia Lucinda. « Il n'a jamais peur du méchant, alors je n'ai pas peur non plus. »

– C'est bien. » Ady lui sourit. « Je sais qu'il fera tout pour que rien ne t'arrive. »

– Hmhm... » La petite bailla. « Le monsieur à la barbe blanche était là tout à l'heure, tu sais ? »

– Le père noël ? » Supposa Ady, pince sans rire.

Lucinda gloussa. « Mais non, le papi Doumbidore ! »

– Doumbidore..? » La poitrine d'Adel tressauta. « Doum... »

– Pourquoi tu rigoles ? » S'étonna Lucinda. « Tu voulais vraiment que ce soit le père noël ? »

– Non non c'est... rien. Je suis un peu bête parfois, tu sais ? »

– Dobby est bête. » Lâcha Lucinda. « Pas toi. »

– Dobby n'est pas bête. » Gloussa Ady. « Il est juste trop gentil. Et puis c'est un elfe de maison ! »

– Ben moi aussi je sais passer le balai... »

Ady cligna et rit plus fort, avant de baisser le volume pour ne pas réveiller son père. « Je suis content de le savoir ! »

– Ton papa allait pleurer aussi tout à l'heure. » Lâcha brusquement l'enfant. « Il t'aime beaucoup beaucoup. Tu t'es réconcililié ? »

– Réconcilié. » Rectifia Ady. « Et je ne sais pas, j'imagine que oui, on... » C'était embarrassant... « Je l'aime beaucoup plus. Si ça peut te... »

– Ça me fait plaisir ! » S'extasia Lucinda. « On est une famille maintenant ! Si tu te maries avec l'ange... »

– Quoi ?! » Ady ouvrit de grands yeux effarés. « D'où tu sors ça ? »

Lucinda le fixa comme s'il était un crétin. « C'est ton amoureux... »

– Non ! » Se défendit Ady. « C'est pas vrai ! »

Lucinda pouffa. « Mais si ! »

– Luce... » Gronda la garçon. « C'est pas vrai. »

– Mais Helga a dit... »

– Helga... HELGA ?! » Le garçon rougit. « Ne me dis pas que les fondateurs s'amusent à … je ne sais pas. C'est n'importe quoi... »

– Salazar dit que... »

– Je ne veux pas savoir ! » La coupa Ady. « Pitié ! »

– N'empêche qu'on est une famille. » Sourit Lucinda. « Helga et Rowena c'est comme des arrière-arrière-arrière... grands mères ! »

Aucun ne vit le sourire en coin de Severus, à l'écoute. Quelle discussion fascinante... et instructive.

– Il faut beaucoup plus d'arrière que ça... »

– Y'en aurait trop. » Lucinda fronça les sourcils. « Et je veux aussi que Salazar et Godric ils soient nos arrière-arrière-arrière-arrière-arrière... »

– C'est bon arrête... »

– Grands pères ! »

– Ahem... »

– Il faut un grand père et une grand mère normale aussi. Ou non deux ! Normalement c'est deux ! »

– Pour les grands mères je propose Mme Pomfresh et Mme Figg. »

– Qui c'est ? » S'étonna Lucinda.

– Pompom c'est l'infirmière ici. Elle est géniale ! Et Mme Figg elle me connait depuis tout petit, c'est une amie du garçon à la cicatrice. »

– Super ! Il sera aussi de ma famille comme ça ? »

– …. » Ady pinça les lèvres. « Oui... »

– Pour les papis, on aura Doumblidiore... » S'emballa la môme en écorchant une fois de plus le nom du vénérable sorcier.

– Dis Albus va... » Conseilla Ady, pris de compassion pour Dumbledore.

– C'est son nom ? » Lucinda sourit. « C'est nul. »

Ady haussa les épaules face à cette terrible sentence. « C'est pas de sa faute... »

– Mouai. Il faut deux papis. Y'a -euuuh- le nain avec la hache ! »

– Flit ? » Gloussa Ady. « C'est le professeur Flitwick, pas un nain... »

– Mais c'est toi qui lui a donné une hache, tu te rappelles pas ? » Lucinda fit la moue. « Et puis il est tout petit. »

Ady rougit. « C'est bon, tu as raison. »

– Après, moi je dis, qu'on a un papa. » Lucinda pointa Severus du doigt. « Il est parfait ton papa. Mais il faudrait une maman aussi. »

Ady grimaça sous l'œil amusé de Lucinda. « Une maman... »

– Ou deux papas... Des fois des gens ont deux papas. » Rassura Lucinda. « Moi aussi je le vois pas avec une maman, en plus, on en a pas beaucoup sous la main. »

– Pas du tout sous la main... c'est plus juste. » Souffla Ady. « J'aime bien l'idée de deux papas... qu'est-ce que tu dis de Sirius ? »

– C'est déjà ton parrain, et puis il s'aiment pas. »

Ady fit la moue. « Parce qu'en plus il faut qu'ils s'aiment...? »

– Ben oui... » Lucinda pensait que ça coulait de source. « Sinon, ils vont se disputer. »

– Mais notre premier papa n'aime personne. » Souligna Ady. « Tu veux vraiment un chaudron pour maman ? »

– Lucinda écarquilla les yeux, choquée. « On peut avoir un chaudron pour maman ? »

– Je plaisantais... » Ady secoua la tête. « Bon, Remus ça te va ? »

– Oh ! Ouaaai ! Il s'aiment ! »

Ady le regarda d'un air bovin mais décida de ne pas chercher plus loin. « On a tout non ? »

– Non. L'ange sera ton mari et vous aurez des enfants aussi. Hermione et Ron seront tata et tonton. »

Un ricanement coupa toute futur réplique d'Ady. Le garçon tourna le regard vers son père pour constater que l'homme semblait encore dormir. Une seule autre personne, à sa connaissance, possédait ce genre de rire...

– C'est si mignon. » Salazar plana jusqu'au lit et adressa un sourire taquin à Ady. « Mais je suis en désaccord avec l'idée que les fondateurs soient vieux. Je respire la jeunesse. »

Severus se crispa mais n'osa pas ouvrir un œil. Serpentard en personne ! Comment étais-ce possible ? Que lui cachait son fils, exactement ?

– Salazar, vous êtes mort depuis des siècles. » Indiqua Ady avec une moue. « Les ectoplasmes ne respirent pas. »

– Sans cœur... » Bouda le fantôme. « Miss Lucinda, vous n'êtes pas de son avis, n'est-ce pas ? » Lucinda rougit fortement, démontrant le contraire. « A cette époque, le soutien laisse à désirer. »

– Vous êtes là pour geindre ? » Se moqua Ady.

Serpentard le foudroya du regard. « Petit imbécile. Bien sûr que non ! »

– Ce n'est pas prudent, mon père pourrait se réveiller... » Souffla Ady. « J'avais cru comprendre que personne ne connaissait l'existence de fantômes des fondateurs. »

– Severus Snape est un serpentard. » Railla Salazar. « Il ne me vendrait jamais à qui que ce soit. » Salazar se retint de signaler que, de toutes façons, l'homme ne dormait pas. « Je venais vérifier que tout allait bien. »

– Vous veniez quoi...? » Souffla Ady, surpris. « Vous vous inquiétiez ? »

– Je me demande d'où peut venir cette fausse croyance selon laquelle Serpentard le grand n'aurait aucun sentiment positif... »

– Du fait que vous soyez mesquin, peut-être ? » Souligna Ady, franchement joueur. « Ou bien est-ce parce que vous avez enfermé un basilic dans la chambre des secrets ? »

Il sembla faire mouche, en témoigna l'air gêné du fantôme. « Je me suis épris d'un serpent au regard meurtrier, tu devrais pourtant savoir combien il est difficile de résister à ce genres de créatures. »

Lucinda gloussa. « Draco aussi c'est un serpent au regard meurtrier ! »

Salazar salua l'esprit vif de l'enfant. « Nous nous sommes compris. » Le fantôme se moquait nettement d'Adel. « Je présume que tout va bien et qu'aller rassurer mes collègues m'est permis. Nous nous reverrons bientôt pour discuter. »

Ady haussa les épaules. « Quand vous voudrez. »

La formule semblait adaptée. Les fondateurs venaient à eux, ils n'allaient jamais aux fondateurs.

– Reposez vous bien. » Et Salazar disparut comme il était venu, sous l'air hagard de Lucinda. Ady fit la moue alors que Lucinda se reprenait et baillait, plus détendue que jamais.

– On a de la chance d'avoir autant d'amis et de famille ! » On y revenait.

– Ady secoua la tête et lui pinça les fesses. « On devrait dormir. Demain va être une longue journée. En fait, toutes les journées vont être longues à partir de maintenant... »

– Ne t'inquiète pas Ady. » Lucinda semblait persuadée de ce qu'elle disait. « Je te protège. Chante moi une chanson pour m'endormir, demain on jouera avec Fumseck, tu verras, le temps ira super vite. »

– D'accord. » Ady la cala confortablement contre lui et lui ordonna de fermer les yeux. « Tu vas adorer ma chanson... »

Lucinda et Severus prirent cela comme une promesse et abandonnèrent tous deux les armes. La matinée viendrait bien assez vite, autant profiter du sommeil qu'il leur restait. Ady soupira et berça l'enfant (et l'adulte) de sa jolie voix.

- Et crever le silence
Quand c'est à toi que je pense
Je suis loin de tes mains
Loin de toi, loin des tiens
Mais tout ça n'a pas d'importance.

J'connais pas ta maison
Ni ta ville, ni ton nom
Pauvre, riche ou bâtard
Blanc, tout noir ou bizarre
Je reconnais ton regard...

Et tu cherches une image
Et tu cherches un endroit
Où je dérive parfois. »

Lucinda soupira alors qu'Ady passait ses doigts dans ses cheveux blonds, un sourire aux lèvres.

- Tu es de ma famille
De mon ordre et de mon rang
Celle que j'ai choisie
Celle que je ressens
Dans cette armée de simple gens.

Tu es de ma famille
Bien plus que celle du sang
Des poignées de secondes
Dans cet étrange monde.
Qu'il te protège s'il entend.

Tu sais pas bien où tu vas
Ni bien comment, ni pourquoi
Tu crois pas à grand chose
Ni tout gris, ni tout rose
Mais ce que tu crois, c'est à toi

T'es du parti des perdants
Consciemment, viscéralement
Et tu regardes en bas
Mais tu tomberas pas
Tant qu'on aura besoin de toi

Et tu prends les bonheurs
Comme grains de raisin
Petits bouts de petits riens. »

La respiration de l'enfant se fit plus profonde, faisant glousser Ady. L'enfant s'assoupissait nettement au creux de ses bras, mais Ady n'arrêta pas de chanter pour autant, orientant ses pensées en direction de ses amis. Sa famille. Ron, Hermione, les jumeaux et Ginny. Mais aussi Neville, se souvint-il, le doux Neville qu'il avait abandonné malgré lui.

- Tu es de ma famille
De mon ordre et de mon rang
Celle que j'ai choisie
Celle que je ressens
Dans cette armée de simple gens.

Tu es de ma famille
Bien plus que celle du sang
Des poignées de secondes
Dans cet étrange monde
Qu'il te protège s'il entend.

Le garçon se suréleva un peu, se mordit la lèvre et approcha une main inquiète de son père. Avec un courage impressionnant (surtout parce que l'homme dormait, en fait), Ady saisit la main de l'homme et l'embrassa. Puis la laissa retomber avec précaution.

- Tu es de ma famille,
Tu es de ma famille,
Du même rang, du même vent
Tu es de ma famille,
Tu es de ma famille ,
Même habitants du même temps
Tu es de ma famille,
Tu es de ma famille...
Croisons nos vies de temps en temps.

Tu es de ma famille
De mon ordre et de mon rang
Celle que j'ai choisie
Celle que je ressens
Dans cette armée de simple gens.

Tu es de ma famille
Bien plus que celle du sang
Des poignées de secondes
Dans cet étrange monde
Qu'il te protège s'il entend. »

Sa voix mourut et Ady ferma les yeux, se laissant aller à son tour. « Tu as raison Luce, nous sommes une grande famille désormais. »

Dans son fauteuil, le maître des potions se fit une raison et accepta l'idée. Il avait, désormais, une grande et précieuse famille à protéger. Et peut-être, si les choses se présentaient à lui un jour, une petite fille à adopter... Il est toujours permis de rêver.

# Il n'est peut-être pas trop tard Lily pour qu'Ady et moi soyons heureux. »

Et pour la première fois depuis des années, un réel sourire confiant gagna les lèvres de l'homme.


Chanson : Famille, de Goldman. N'hésitez pas à l'écouter, elle est magnifique. (Vous pourrez la trouver sur Deezer).


Réponses aux commentaires :

Virginie Simon : Merci :) Moi aussi, j'avais des difficultés à savoir quand viendrait la suite. J'étais bloquée à la moitié du chapitre 20 depuis trois plombes... alors, je suis vraiment heureuse que la vengeance te plaise, parce que je n'étais pas très sûre de moi. Mais il fallait bien trouver une idée inexploitée :D Les relations entre Ady et Severus s'améliorent enfin, désormais que le plus jeune peut tourner la page. On pourra dire qu'ils prennent leur temps, ces deux là... hein ? :p Merci encore pour ta review !

Dalou28 : AAAH DALOU ! Oulala, ça fait tellement longtemps ! Tu me dis merci, pourtant je ne peux pas résister à l'envie de te remercier à toi, pour m'avoir lu et parce que je suis vraiment heureuse que certains lecteurs que j'apprécie se souviennent encore d'Adel... Merci mille fois.

666Naku : Cette fois, la suite n'a pas mis un an (Ou plus d'un an, même). J'espère que ça joue en ma faveur :)

adenoide : C'est exact, Adel voit enfin le bout du tunnel. Cependant, il reste Voldemort... et les choses bougent désormais. Et effectivement, tes déductions sont bonnes pour Lucinda, les choses se précisent dans ce chapitre. Finalement, l'attaque contre Lucinda n'avait rien d'aléatoire... Pour Adel, il est soulagé, c'est certain. Mais il lui reste encore un bout de chemin à faire. Bref, en fait, je crois avoir répondu à toutes tes suppositions dans ce chapitre (vaguement), ce qui semble être un bon point ! Merci pour ta review, c'est un vrai plaisir, j'adore te voir réfléchir sur les évènements, quelle que soit l'histoire :)

snapysnapo : lol de rien, après tout, je n'ai jamais signifié que j'abandonnais cette fanfiction :) et puis en voyant tant d'encouragements... ça booste. Ca provoque surtout le déclic tant attendu... Merci à toi :D Je suis toujours très heureuse de te savoir au rendez-vous. Et ne t'inquiète pas, je suis très sensible à tes supplications (lol), j'essaye de mettre le turbo, mais rien ne se fait sans inspiration (et parfois, elle se fait désirer, celle là !) :)

Almarita : Merci ! Je suis contente que ça t'ait plu. Pour ce chapitre, nous sommes retombés dans un registre moins foufou, j'espère que tu as apprécié quand même.

Sahada : Han ! Merci :D Mais mais MAIS pour la forme animagus d'Ady (Kuf kuf MUHAHAHA), je dirais que... ouai bon, c'est grotesque, mais ça me fait toujours autant marrer. Mais ne te laisse pas abuser par l'apparence première de la chose, crois moi... pour indice, le chinchilla ursinus (héhé) est un animal magique, selon Hagrid lui même ! :p

mogyoda : Merci :) Peu importe que tu n'ais pas commenté avant, je suis en général juste heureuse d'être lu (et puis, qui ne connait pas l'adage "Mieux vaut tard que jamais" ? ;)). Je suis très touchée par ce que tu as écris. Malheureusement, je suis un peu gênée par ce dernier chapitre, ducoup, puisqu'il est beaucoup moins fort que le précédent. J'ai l'impression qu'il boite même pas mal ! On ne pleure pas, on ne se tords pas de rire. On va dire que ça repose le corps hein ! Voilà, il faut respirer après l'effort :D Pour l'utilisation du verbe "feinter", tu as toutes mes plates excuses... Oh dieu... c'en est risible comme erreur, je retiendrais ça, parce que je n'avais vraiment pas saisi la différence (merci merci merci !). Si tu vois d'autres erreurs, n'hésite pas ! Je suis toujours très attentive aux remarques de ce type (ça fait ma culture :p). Encore merci pour le commentaire :D

coeur-de-sang666 : Mercii ! Je suis contente que tu aimes :) Marion t'a balancé au fait, héhé, en me disant que le chapitre suivant était attendu de ton côté (cette pressiooon !! x_x). M'enfin, je me méfie... tu es très proche de chez moi, au fond, alors je vais éviter de lambiner trop longtemps... ;) Merci en tous cas pour ton commentaire :)

afreen : MDR ! Étonnant les réactions qu'Adel suscite ! C'est effrayant... s'il te plait ne l'abîme pas ! Je n'en ai qu'un... même si tu as raison, c'est un morveux puissance 1000 ! Je t'autorise juste à lui donner la fessée, si tu veux vraiment, et à aller consoler Sevy (quoi que... Sevy... si, tu peux le consoler, mais après, tu me le rends *en love de Sevy quand même quoi...*). Merci pour la review !

Kurogane43536 : De rien :) C'est un plaisir d'écrire la suite d'Adel Ô Adel, surtout en sachant que ça te fait plaisir aussi. Merci de me lire =)

zaika : Merci ;) Heureuse de te savoir encore et toujours au rendez-vous.

tylia-sama : Merci beaucoup :) Je suis contente que quelqu'un ne songe pas à éviscérer Ady (non mais ça soulage vraiment). Luce est la petite touche enfantine de l'histoire, c'est génial que tu y sois sensible (un peeeu de candeur dans ce monde de brute !).

firewings : Yeaa mici ! Et comment que je continue ! Après 21 chapitres, ce serait bête que j'arrête tout non ? :D (Même si les chapitres arrivent à deux à l'heure -foutues limitations de vitesse, c'est rien que de leur faute- ils arrivent et arriveront encore, jusqu'au dernier :)).

Noin : Non, il ne s'agissait pas d'un rêve (mais je sais, après tout ce temps, un nouveau chapitre, ça peut inquiéter question santé mentale). Comme je le dis et redirais encore et encore, je n'abandonnerais jamais ! ;) Merci pour ton commentaire :)

JTFLAM : Merci ! et non, il ne s'agit pas d'une seconde version, mais d'une première version. Mais il existe beaucoup de fics (du moins, quelques unes quoi) sur ce thème où Harry se révèle être le fils de Severus et Lily, alors c'est normal qu'elle puisse t'en rappeler une autre :) Celle dont tu parles, avec Draco et Hermione jumeaux... ça me dit quelque chose. Mais je ne saurais dire quoi oO je dois avoir lu trop de fanfics...

Mini-Yuya : Ce chapitre est peut-être moins fort, question sentiments. Enfin à vrai dire, je ne sais pas trop. Mais je suis ravie que tu ais aimé le précédent :) Merci beaucoup !

Dadoumarine : Tant mieux lol, au moins, ça veut dire que tu as accroché aux parties humoristiques ! Il y en aura probablement d'autres ;) Merci !

Sesyl : Oh ouiii, c'est un passage bien débile ! xD Va savoir ce que j'avais mangé cette fois là ! Ca m'arrive de rire moi-même en relisant certains passages, à croire que j'étais dans un état second et inquiétant en les écrivant ;) C'est toujours un plaisir de faire rire les gens :) Merci pour ton commentaire :D

draym : Merci, ravie que tu aimes ! Surtout le procès, qui part quand même bien en sucette ! :p


NDA : Bonjour à tous et à toutes. D'abord, je tiens à vous remercier -chacun- d'avoir lu (et commenté, pour certains) cette histoire. Ensuite, je voudrais vous avertir d'un truc vraiment effarant (pour moi) qui vous fera probablement lever les yeux au ciel (j'espère).

Je dois effectuer un stage en région lyonnaise durant un mois et demi, à partir de ce vendredi 20 juin. Jusque là, rien de grave, hein. Oui mais voilà... je n'aurais pas d'ordinateur. Conclusion : pas d'ordinateur, pas de chapitre posté.

Je ne dis pas « aucun chapitre écrit », hein :) Etant donné que j'apprécie peu les séries policières que mes grands-parents regardent (c'est chez eux que je vais loger), je mettrais mon temps libre à profit pour avancer dans mes fanfics, en particulier Adel Ô Adel et Butterfly City. De ce fait, une fois rentrée (dans environ deux mois), je pourrais les recopier puis les mettre en ligne.

Réellement navrée que l'attente doive être si longue. Mais il y a deux bons points pour vous : d'une part, vous aurez quand même accès au site de fanfics (ça se voit que je suis traumatisée à l'idée que j'aurais pas d'ordi ? xD), et surtout, vous aurez été prévenu cette fois de mon absence.

Merci à tous et à bientôt ! Enfin... vous m'avez compris ! :D

(Oui oui c'est la même que sur Butterfly ^^)