Bonsoir! Voici le vingt-et-unième (wow) chapitre de cette fanfic :) Merci pour vos commentaires
Soyann : Merciii :) Oui, Phebe a eu beaucoup d'importance dans le dernier chapitre (et elle en aura plus à partir de maintenant - je suis curieuse de savoir ce que vous pensez (et penserez) d'elle)
sana83 : Welcome on board! Merci pour ton commentaire :) Je suis un peu attristée que tu n'aimes pas Anson, haha. Quoiqu'il en soit, j'ai hâte de voir ce que tu penseras de ce chapitre.
Disclaimer : Mort dans ce chapitre
Les plus rapides d'entre eux s'étaient précipités dans les salles de classe, désertes, dès que la première goutte d'eau tomba du ciel, et Rose s'était assurée que Scorpius en fasse parti. Et, autour d'eux, il pouvait voir les élèves courir, parler, emplir le petit espace que leur conférait la salle.
-L'étude des runes, c'est super difficile, en fait, se plaignait Augustus, parlant plus fort pour couvrir le bruit des conversations. Il faut un lexique, et un dictionnaire, une encyclopédie...
-Je te l'avais dit, fit Rose, à sa droite, en se penchant vers Augustus. C'est pour ça qu'il fallait prendre soins aux créatures magiques. Et puis... Hagrid est cool.
-Non merci, répondit Augustus avec un sourire amusé. Je crois que l'autre jour, je l'ai vu coupé un arbre à mains nues.
Rose eut un sourire, alors qu'Augustus balayait la salle du regard.
-Ça ne m'étonnerait pas, admit-elle.
-Par Merlin... où sont Phebe, Anson et Albus ? souffla Augustus.
-Phebe est sûrement à la Bibliothèque, répondit alors Scorpius, non sans une certaine amertume dans la voix. Anson doit s'être perdu et Albus... avec ses autres amis.
-Pourquoi tu as choisi étude des runes, de toute manière ? persévérait Rose.
-Car Dominique fait étude des runes, répondit Scorpius aussitôt.
-Oh oh, fit Augustus. On dirait que tu es jaloux, Scorp... hé !
-C'est pas vrai, Augustus, s'exclamait déjà Rose en ouvrant de grands yeux. Tu es amoureux de Dominique ?
Mais celui-ci se tut, baissant le regard d'un air gêné.
-'Amoureux'... c'est un grand mot, marmonna-t-il sans oser croiser son regard que Rose cherchait avidement.
Elle rit quelques instants. Au-dessus de leur tête, un grincement métallique retentissait, et au loin résonnait la voix de Aoife O'Connogh, le préfet de Gryffondor, rappelant Peeves à l'ordre.
-Et je ne suis pas jaloux, se défendit soudainement Scorpius, sur un ton qu'il voulait calme, malgré la colère qui lui montait déjà à l'esprit. Juste que... c'est moi, son meilleur ami, pas Dick Wrightman, ou je-ne-sais-quoi.
-C'est Wright Dickman, je crois, intervint Augustus, amusé.
-Ne t'en fais pas, Scorpius, le rassura Rose, avec un sourire amical en passant son bras autour de ses épaules, en une étreinte réconfortante. Tu exploses Dick rien qu'en respirant.
Scorpius soupira.
-Je ne sais pas, s'enquit-il. J'aurai pensé que... qu'on serait aussi proche que l'an dernier, ou que même l'année d'avant. Mais on ne s'est à peine adressé plus de trois mots depuis septembre, et j'ai l'impression qu'il me zappe complètement.
Rose resserra son étreinte. Peeves avait déserté le plafonnier pour se réfugier vers le bureau du professeur Sapping.
-Et si on n'était plus amis ? lança Scorpius, prononçant enfin la question qui hantait ses lèvres. Si ça se trouve, il ne m'aime pas. Si ça se trouve, il a décidé qu'on ne devait plus être amis, car, vous savez... mes parents, les siens...
-Ne dis pas ça, Scorpius, le coupa doucement Rose.
-Tu dis n'importe quoi, renchérit Augustus. Albus nous en aurait parlé – il en aurait parlé à Rose, en tout cas...
-Et puis, s'il n'est plus ami avec toi, alors, il parle à James, reprit celle-ci. Et on sait tous les deux que ce n'est pas le cas car rien que tout à l'heure, je l'ai entendu se moquer de lui avec ces autres imbéciles d'amis, à Gryffondor.
Scorpius haussa les épaules.
-Je ne sais pas... répéta-t-il. Mais merci.
-Vos parents devraient se rencontrer, suggéra alors Rose. Ça réglerait le problème définitivement, comme ça.
-Non, je ne pense pas que...
Mais sa voix s'éteignit. En fait, si, elle avait peut-être raison. Ça arrangerait peut-être la solution. Scorpius allait devoir envoyer une lettre à son père et à sa mère, ce soir.
-Sinon, reprit Augustus, sur un air plus amusé. Vous avez appris la grande nouvelle ?
-La grande nouvelle ? répéta Scorpius avec un sourire intrigué.
-Il y aura un bal pour la Saint-Valentin, lança alors Augustus, assez fort pour qu'ils l'entendent bien, mais assez bas pour que ce soit le cas de personne d'autre.
-Vraiment ? souffla Rose en riant. Génial. Comme ça, tu pourras t'y rendre avec Dominique.
-C'est pas drôle, rétorqua Augustus. J'ai entendu dire qu'elle sortait avec Elwood Tow.
-Elwood Tow ? répéta Scorpius, incrédule. C'est impossible, je... enfin, c'est Elwood !
-Ce n'est pas le genre de Dom', intervint Rose, l'air avisé.
Augustus leva un sourcil intéressé.
-Je pensais que... Albus m'a dit que vous n'étiez pas très proches d'elle, souffla-t-il.
-Eh bien... Albus ne partage pas sa chambre avec elle à chaque réunion de famille, dit Rose.
-Oh, fit simplement Augustus. Je vois.
Mais il semblait gêné, n'osant pas reprendre la parole. Scorpius le regardait, amusé.
-Alors ? demanda-t-elle avec un sourire. Tu veux que je te le dise ou pas ?
-Comment ça ?
-Le genre de garçons de Dominique, répéta Rose en riant.
Si Augustus avait été du genre à rougir, Scorpius était persuadé que ses joues se seraient teintées de rose à cet instant.
-Non, c'est bon, dit-il alors. Je n'aime pas Dominique. En fait, elle est plutôt énervante. On était à côté en botanique, l'an dernier, et...
-Et tu n'arrêtais pas de lui parler, coupa Scorpius. Je le sais, Phebe et moi, on te voyait.
Augustus lui jeta un regard indigné.
-C'est faux ! siffla-t-il. Je... enfin...
Sa voix s'éteignit quelques instants. Rose et Scorpius ne détachaient pas leur regard de lui.
-Dominique, c'est... c'est juste une amie, dit-il enfin.
-Mais tu aimerais qu'elle soit plus que ça, pas vrai ? demanda Rose d'un air malicieux.
Augustus s'apprêtait à répondre, mais au même moment, un grand bruit lui fit relever la tête, et autour de lui, Scorpius vit quelques élèves l'imiter. Olevia Kennedy, accessoirement la préfète de Poufsouffle, et accessoirement la capitaine de leur équipe de Quidditch, avec succès, referma en trombe la porte de la salle, et se tourna vers eux.
-Hé, tout le monde, fermez-la ! s'écria-t-elle. McGonagall arrive par ici.
Mais ils ne furent que très peu à y prêter attention. Après tout, c'était la récréation – on n'avait rien à leur reprocher. La pluie de novembre battait toujours contre les carreaux de la fenêtre, les injures de Peeves se répandaient encore comme un flot continu de paroles, et Scorpius était toujours penché, souriant, vers Augustus.
-Elle avait l'air d'être plus qu'une amie, vu comment tu m'en parlais dans le dortoir hier soir, lança Scorpius, amusé.
Rose laissa échapper un rire. Augustus enfonça sa tête entre ses épaules, mais ne put retenir un sourire de s'esquisser sur ses lèvres. Scorpius ne prêta pas attention à l'arrivée de Minerva McGonagall dans la salle, et ils continuèrent à discuter ils riaient encore jusqu'au moment exact où elle s'arrêta face à lui. Mais là encore, Scorpius souriait toujours.
Et il vit quelque chose d'étrange dans ses yeux – quelque chose qui l'interpella. C'était la tristesse.
-Mr. Malefoy, commença-t-elle d'un air solennel sous lequel il percevait l'émotion. Voudrez-vous bien me suivre jusqu'à mon bureau, s'il vous plaît ?
La salle était plongée dans le silence, à présent. Il lui semblait que chaque élève, autour de lui, avait les yeux rivés vers lui. C'était sûrement le cas.
Scorpius se mordait la lèvre sous l'incompréhension, et malgré le fait que personne n'avait l'impression de savoir ce qui était en train de se passer, il jeta un regard en biais aux élèves qui l'entouraient. Peut-être qu'un d'eux allait prendre sa défense.
-Qu'est ce que... fit-il tout bas en un souffle.
-Vas-y, Scorpius, l'incita Rose d'un air résigné.
Et elle le poussa légèrement par l'épaule. Scorpius s'avança d'un pas mal assuré, et suivit la directrice en dehors de la salle de classe.
Elle gardait ses lèvres étroitement closes. Scorpius ne pouvait détacher ses yeux de sa haute silhouette sombre – est-ce que... est-ce que quelque chose était arrivé ? Il repensa à Albus. Il ne l'avait pas vu de la journée.
Est-ce que quelque chose était arrivé à Albus ? Son estomac se retourna. Qu'est ce qui avait bien pu arriver pour que Mrs. McGonagall ait l'air si bouleversée ? Pourquoi est-ce qu'elle avait besoin de le voir lui en particulier ? Pourquoi dans son bureau ? Pourquoi...
Bientôt, il entendit des bruits de pas, lointain, et rapidement, la silhouette de Rose apparut à ses côtés. Ils approchaient du bureau de la directrice.
La voir, voir son visage, croiser son regard, le rassura soudainement. Pendant un instant, il lui parut même que tout allait bien. Rose s'approcha de son oreille.
-J'ai demandé à Augustus d'aller chercher Phebe et Al', susurra-t-elle.
Elle se recula et plongea ses yeux dans les siens. Rose le regardait d'un air inquiet, mais il pouvait voir quelque chose d'autre – et c'était la résilience – dans son regard.
-Ne t'en fais pas, dit-elle. Quoique ce soit, je suis sûre que... hé, ça ne peut pas être si grave, n'est-ce pas ?
Scorpius ne lui répondit pas ils montaient les marches et entraient dans le bureau, derrière lequel il vit la directrice s'asseoir gravement. Elle n'avait pas l'air aussi dur que les autres fois où il l'avait vu.
Et c'était ça qui l'inquiétait le plus.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda-t-il alors, car elle ne semblait pas encline à parler.
-Mr. Malefoy, souffla alors la directrice. Ce que j'ai à vous dire n'est pas facile, alors vous feriez mieux de vous asseoir...
Scorpius resta interdit. Il redoutait ses paroles – mais enfin, il n'avait pas besoin de s'asseoir. S'il y avait un quelconque problème – et il était certain que ce ne serait pas si tragique – il n'allait pas perdre son temps à prendre un siège.
-Non, dit-il alors. Pas avant que vous m'ayez dit ce qui se passe.
Il ne fit pas attention à Rose qui se tournait vers lui. Scorpius maintint le regard de la directrice, derrière son bureau mais elle ne semblait pas avoir la tête à ça.
-Très bien, abandonna-t-elle alors. Mr. Malefoy, j'ai le regret de vous annoncer que...
Sa voix se brisa, la gorge de Scorpius se serra, la main de Rose se glissa dans la sienne. Il ne le remarqua à peine, mais sentit un nouveau souffle de courage s'emparer de lui. Une envie de vomir l'avait saisi. Mais la directrice reprenait son souffle.
-... dans la nuit de lundi à mardi, votre mère a été percuté par une voiture, dit-elle en un souffle.
Il ne lui sembla pas l'avoir entendu, au début, il ne la quitta pas non plus des yeux et il ne cilla pas. Mais il devait se rendre à l'évidence car Mrs. McGonagall continuait de parler :
-... elle a été aussitôt emmené dans l'hôpital moldu le plus proche, où les meilleurs soins lui ont été prodigué...
Scorpius avait l'impression que l'air s'était fait plus lourd autour de lui, et sa main tremblait dans celle de Rose – qui était devenue brûlante. La vérité était que tout tremblait autour de lui, et il ne parvint qu'à garder son regard rivé sur les dalles de pierre du sol.
-Est-ce qu'elle va bien ?
-Sainte-Mangouste a réussi à ordonner son transfert très tôt ce matin mais... poursuivait, cependant, la directrice.
-Est-ce qu'elle va bien ? s'écria alors Scorpius, et il ne réalisa pas qu'il avait crié. Est-ce que ma mère va bien ?
Il y eut alors un long, un horrible silence, et il se surprit à retenir son souffle, presque instinctivement, jusqu'à ce qu'enfin, elle lui répondit :
-Je suis désolée, Mr. Malefoy. Elle est morte ce matin.
Une pierre semblait s'être assénée sur son crâne. Scorpius ne voyait plus rien, et tout ce qui l'entourait, y compris Rose, à ses côtés, semblait lui être devenu hostile. Il se mordit l'intérieur des joues, ouvrit plusieurs fois la bouche. Des milliers de pensées, de bribes de mots, traversaient son esprit il ne trouvait rien à dire. Un froncement de sourcils avait aggravé l'air sur son visage, et il lui paraissait que tout tournait autour de lui. Enfin, lorsqu'il parlait, ce fut d'une voix rauque :
-Non !
Il eut un soudain mouvement de recul et lâcha, pour la première fois depuis le début de l'entrevue, la main de Rose. Scorpius fit dos au bureau.
-C'est impossible, s'écria-t-il. Enfin...
-Je suis désolée, reprit la directrice. Je viens de recevoir la lettre de Sainte-Mangouste et...
-Non, vous ne comprenez pas ! coupa alors Scorpius, et il lui fit face, à présent. Ça ne peut pas être possible ! À Sainte-Mangouste, ils ont... ils ont les guérisseurs, et tout ces sorts, et... elle ne... ma mère... ma mère ne peut pas être morte !
Encore une fois, McGonagall posa ses yeux attristés sur lui – et ça l'énerva. Scorpius ne voulait pas qu'on s'apitoie sur lui. Il voulait des explications. Il voulait qu'on arrête de prétendre que c'était la vérité car c'était faux, et il le savait.
-Je suis désolée, répéta la directrice. Mais elle est morte avant de...
-N'importe quoi ! coupa-t-il, et il plaqua ses mains sur le bureau en un bruit dur. Vous m'expliquez comment...
-Scorpius, calme-toi, lui parvint la voix de Rose, et il sentit ses mains se poser sur son bras.
-Lâche-moi ! s'écria-t-il.
Scorpius eut un autre mouvement de recul. Il s'éloigna et prit sa tête entre ses mains. C'était impossible... ça ne pouvait pas être vrai. Le silence revenait, à présent – un silence qui l'abrutissait.
-Bien entendu, le concierge a été prévenu, reprit doucement la voix de la directrice, après un moment. Vous partirez dès ce soir, par réseau de cheminette – vos affaires ont déjà été envoyé chez vous.
Scorpius ferma les yeux avec force.
-... votre père passera vous chercher, acheva enfin Mrs. McGonagall.
Il ne répondit pas. La torpeur s'était emparée de lui, mais rapidement, il lui sembla que la cloche sonnait. Rose s'approchait de lui d'un air inquiet, et posa avec précaution, cette fois, la main sur son épaule.
-Viens, lui dit-elle. Il faut... Il faut que tu prennes l'air, Scorpius.
-Non, protesta-t-il. Je vais bien.
Il ne protesta pas, cependant, lorsque Rose se saisit avec douceur de son poignet et l'entraînait en dehors du bureau. Le couloir était calme. Tout était calme. Trop calme.
Sa gorge était serrée, et une migraine assaillait sa tête. La pluie, qui heurtait toujours les fenêtres, lui semblait être comme un tintement métallique, perpétuel et chaque fois plus douloureux. Et Rose, toujours, pas loin de lui.
-Tu vas bien, Scorpius ? demanda-t-elle enfin.
-Oui, parvint-il à dire entre ses lèvres, serrées. Tout va bien.
Il ne savait pas s'il allait encore tenir.
-Tu es sûr ?
-Je te dis que oui ! s'écria-t-il.
Mais un premier sanglot avait franchi ses lèvres, et dès qu'elle le vit s'effondrer, Rose accourut vers lui, et le saisit dans ses bras. Scorpius sentit son visage retomber contre son épaule et Rose le serra plus étroitement encore.
Il sentait son corps se secouer fébrilement sous les sanglots qui l'assaillaient, et tout aussi doucement que de la manière dont elle avait parlé, il sentit Rose glisser ses bras encore plus fermement autour de sa taille, en une étreinte silencieuse, et la pression qu'exerçait sa tête contre son torse le rassura un petit peu, alors que son estomac se nouait, encore plus douloureusement, encore plus lentement, que n'importe quelle autre douleur que Scorpius n'avait jamais pu ressentir.
Et il était reconnaissant envers Rose puisqu'elle était là. Et il tenta au mieux de lui rendre son étreinte.
oOo
-Où est Albus ?
-Augustus le cherche, répondit Rose, sa voix résonnant contre les murs de pierre.
-Il ne le cherche pas assez bien, fit amèrement Scorpius.
Il faisait nuit, il lui semblait qu'il avait attendu toute la journée face au bureau. Scorpius était épuisé, mais il avait refusé de descendre à la Grande Salle pour le dîner. Il n'avait pas vraiment faim. Il ne savait pas vraiment non plus à quelle heure il devrait quitter le château, ni quand est-ce que la directrice allait revenir vers son bureau, lorsqu'enfin, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Scorpius releva la tête, pour voir s'approcher la silhouette d'Augustus, accompagné de Phebe.
-Tu vas bien ? souffla celle-ci en arrivant à son niveau, avant de lui adresser un sourire faible. Désolée. Question stupide. Je t'ai apporté de quoi manger.
Elle sortit de son sac quelques morceaux de pain. C'était maigre, mais Scorpius appréciait quand même l'effort. Il sentit Augustus se laisser glisser le long du mur à côté de lui.
-Ça va aller, Scorpius, assura-t-il en passant son bras autour de ses épaules, dans une volonté de le réconforter.
Il continua comme ça encore un moment, Scorpius ne l'écoutant pas vraiment. Enfin, il appréciait l'effort. Au bout d'un instant, il releva les yeux vers Phebe.
-Tu n'as toujours pas vu Albus ? demanda-t-il.
Ils traînaient beaucoup ensemble, ces derniers temps – mais elle secoua la tête. Phebe paraissait embarrassée, ouvrit une première fois la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ou alors, c'était Scorpius qui ne l'écoutait pas.
-Désolée, balbutia-t-elle après quelques secondes. J'ai passé l'après-midi avec lui, je... si on avait su... enfin...
-C'est bon, coupa Scorpius, plus sèchement qu'il n'aurait voulu. Au moins, tu es là, toi.
Et il retomba dans le silence. Il ne comprenait pas Albus. Si Phebe était au courant pour ce qui s'était passée, logiquement, Albus aussi. Et puis... comment ça ils avaient passé l'après-midi ensemble ? Scorpius pensait que Phebe et Albus ne s'adressaient qu'à peine la parole. Peut-être qu'ils sortaient ensemble, eux aussi. Si ça n'avait tenu qu'à lui, Scorpius aurait pensé que Phebe aimait Augustus, mais Augustus aimait Dominique, et Dominique, elle...
Et puis il y avait ce qu'Anson leur avait dit, à Pré-au-Lard. Ça non plus, Scorpius ne comprenait pas. Scorpius avait l'impression de ne rien comprendre, à ces histoires de couple. Ils avaient treize ans seulement, c'était pas trop tôt pour s'intéresser à ça ?
Dans tous les cas, si Albus sortait avec Phebe, et Phebe avec Albus, ce n'était pas une raison pour le laisser tomber. Après tout le temps qu'ils avaient passé ensemble... Scorpius ne voulait pas dramatiser, mais il se sentait trahi.
Il entendit quelqu'un s'approcher dans le couloir, et Scorpius releva la tête, dans l'espoir de tomber sur McGonagall. Il avait hâte de quitter ce château. Il s'y sentait oppressé, tout le monde semblait parler de lui, parler mal de lui. Les quelques personnes qu'il avait croisé avaient semblé le toiser avec un regard si... comme s'ils savaient déjà, comme s'ils le savaient tous, et que d'une manière ou d'une autre, ils avaient leur mot à dire sur ce qui venait de se passer.
Mais ce n'était pas McGonagall, dans le couloir.
-Tu étais passé où ? lança immédiatement Rose, en se détournant de Scorpius.
Augustus s'était levé, lui aussi.
-À la Grande Salle, pour le dîner, répondit Albus, s'étant arrêté sous la surprise, comme pris au dépourvu. Ça va, Scorp...
-Et tu ne pouvais pas t'arranger pour être là plus tôt ? poursuivit Rose.
Albus les regarda chacun leur tour, tandis que la réalisation se peignait sur son visage.
-Attends... tu es en train de m'engueuler ? s'exclama-t-il en se tournant vers sa cousine. Parce que si c'est le cas, je suis vraiment désolé d'avoir eu cours toute la journée.
-Albus, je ne pense pas que... tenta d'intervenir Phebe.
-On avait tous cours, Al', coupa Rose, son ton s'étant durci, sans lâcher son cousin des yeux. La différence, c'est que nous, on sait être là quand il le faut.
-Mais ça n'a rien à voir ! protesta Albus. J'étais en cours, Rose, si j'avais pu partir, je l'aurais fait !
-Vraiment ? répondit celle-ci. Car ces derniers temps, à part nous éviter, tu ne sais rien faire d'autre. En fait, c'est presque comme si on n'existait plus, pour toi.
Albus resta muet. Son regard alla de Rose, à Phebe, à Scorpius, puis enfin, à Rose.
-Comme si vous n'existiez plus ? répéta-t-il, sidéré. Est-ce que c'est vraiment de quoi ça a l'air ?
-Tu devrais partir, Albus, fit Rose sur un ton dur.
-Non, je... commença-t-il, avant de se tourner vers Scorpius. Ça va ?
Scorpius ne lui adressa pas même un regard, alors qu'Augustus se plaçait devant lui.
-Abstiens-toi, sur ce coup là, vieux, fit-il.
Il ne répondit pas, et puis, au bout d'un moment, Scorpius comprit qu'il partait. Il resta assis sur le sol, à attendre, sans rien dire. Ça avait été... une dure journée. Scorpius se demandait comment sa vie avait pu changer autant en quelques semaines à peine.
Au final, la directrice revint, et il se leva. Il était abattu, épuisé, et pour la première fois depuis deux ans, Albus n'était pas là.
Je vous avais dit que cette année était importante... ok, ce chapitre était sûrement un peu angsty. En fait je ne sais pas trop, je n'ai jamais vraiment défini ce que j'écrivais comme 'angsty'. Qu'est ce que vous en avez pensé ?
