Merci beaucoup pour vos reviews !
J'ai essayé de finir ce chapitre pour pouvoir le publier avant 2008, alors Bonne Année 2008 à tous ! Je vous souhaite plein de bonheur ! (et plein de slash XD)
Chapitre 20 : L'attaque
Berve raccompagna Rodney jusqu'à la porte de l'office de Togbert, les épaules affaissées et le cœur gros. Il avait eu beau tout lui promettre, la lune, monts et merveilles, mariage et fuite, rien n'y avait fait. C'était vrai que dans un sens, aucun de ses plans n'était réalisable.
Il posa doucement sa main large sur la nuque de l'atlante, afin de le retenir un peu avant son départ.
-Je suis désolé pour ton emploi, murmura faiblement Rodney. Si j'avais su je ne serais jamais allé vers toi.
- Mon travail, ce n'est pas important. Moi je m'inquiète pour toi.
McKay se tourna vers lui et le regarda quelques secondes dans les yeux. Puis, il lui donna un petit sourire et le prit dans ses bras. C'était un peu comme enlacer une montagne, ou plus simplement enlacer Ronon : sa tête se retrouvait au niveau de l'aisselle, et heureusement que les Genii avaient une bonne hygiène sinon…
-Merci pour tout, ajouta t'il la voix un peu cassée avant d'ouvrir brusquement la porte et de s'engouffrer dans l'antre de Togbert.
Il détestait les au revoirs. Qu'ils soient provisoires ou comme ici définitifs.
Rodney ne remarqua pas tout de suite Togbert. Ce dernier était assis en chien de fusil dans un coin sombre de la pièce, près du lit, les bras ramenés autour des genoux. Sa respiration hachée par les sanglots semblait vouloir s'arrêter à chaque hoquet, et McKay s'efforça de rester de marbre devant ce spectacle déchirant. Il s'assit sur le lit et regarda longtemps son tortionnaire pleurer en le fixant, comme s'il pouvait réparer la situation. Il ne pouvait rien contre la mort d'un vieillard qui se trouvait être un salaud par-dessus le marché, et si Togbert l'aimait et le pleurait il n'y pouvait rien non plus. La perspective de se marier avec le nouveau tenancier du bordel l'effrayait et le dégoûtait à la fois. Il ne s'imaginait pas vivre sa vie avec un homme pareil, même s'il pouvait se montrer touchant à quelques instants, la répulsion qu'il lui inspirait passait avant tout. Rien que la perspective de se faire encore une fois toucher par lui…non, il ne pourrait jamais le supporter.
-Il est…mort, bégaya Togbert avec horreur après un moment.
-Je sais.
L'homme recroquevillé par terre sembla réfléchir un moment, puis repartit dans une série de sanglots et de gémissements de souffrance.
-Je…je vais mourir aussi, murmura t'il.
-Si on mourrait à chaque deuil, ça se saurait. Ca passera, ajouta le canadien d'un ton distant, avec le temps ça passera.
Le plus vieux hoqueta et continua de pleurer en silence, provoquant nombre de soupirs de la part de l'atlante.
Soudain, une explosion assourdissante projeta Rodney sur le sol et la moitié du mobilier par terre. Les mains sur les oreilles, le scientifique resta hébété pendant quelques secondes, puis jeta un œil à Togbert.
Un vase décoratif lui était tombé sur la tête et sa tempe saignait. Il était inconscient. McKay posa deux doigts sur sa jugulaire et constata qu'il était vivant, sans savoir s'il devait s'en réjouir ou non.
Ne sachant pas trop quoi faire, il sortit donc de l'office et se mit à courir dans les couloirs, cherchant âme qui vive. Que se passait-il donc ? Il n'avait jamais entendu un vacarme pareil, et l'air était saturé de poussières qui le faisaient tousser à chaque inspiration. Ses semelles claquaient dans les couloirs vides et la panique s'empara de lui. Il se tapa dans Berve, qui courrait dans sa direction.
-Tu es vivant ! s'exclama t'il avant de poser une main sur son épaule, craignant d'en faire plus.
-Qu'est ce que c'était ? demanda t'il. Un séisme ?
-L'armée est en train de bombarder le toit du bordel pour le faire céder. De la cendre tombe de partout, il ne faut pas que tu restes là.
Estomaqué et peinant à reprendre sa respiration, le scientifique s'efforça de réfléchir calmement. L'armée. Elle était dirigée par Kolya, comme le reste de la nation Genii d'ailleurs. Il ne fallait pas qu'on le trouve.
-Il y a des morts ? S'inquiéta t'il soudain pour ses amis.
-Seulement des gardes.
-Il faut que tu ailles libérer Erian, le pressa Rodney, et que tu t'enfuies avec Helkin. Vous faites tous les deux partie de l'administration, et si c'est une action de la campagne anti-prostitution du gouvernement, vous risquez de vous faire arrêter…
Ils se tinrent l'un à l'autre quand une nouvelle explosion secoua le bâtiment.
-Et par où est-ce qu'on s'échappe ? S'alarma le garde. Les soldats ont bloqué toutes les sorties !
-Va libérer Erian, dit lui de parler aux soldats, qu'ils épargnent le plus de monde possible, expliqua le prostitué. Ensuite, va chercher Helkin et retrouvez moi chez Togbert. Il doit bien connaître une sortie supplémentaire…
-Et si je ne les trouve pas ? Paniqua t'il. Les gens courent de partout…
-Alors retrouve moi tout seul, pas la peine de jouer les héros, tu m'entends ? Vite, vas-y, dit il en poussant Berve en direction des cellules des prisonniers.
Une quinte de toux lui irrita la gorge. Ca n'était vraiment pas le moment de faire une crise d'ashme. Il fallait qu'il se concentre : sa priorité était de réveiller Togbert, en espérant que celui-ci connaisse une sortie de secours.
Courir, encore, en reprenant le même couloir dans le sens inverse, pour aller chez Togbert. Peut être pour la dernière fois. Est-ce que cette attaque était un coup de chance, ou signait-elle sont arrêt de mort ? Ca n'était pas le moment de se poser des questions, il fallait qu'il trouve un moyen de sortir d'ici.
Il arriva finalement dans cette pièce qu'il détestait tant. Le tenancier était réveillé, il se tenait appuyé sur un coude et reprenait apparemment ses esprits. Sa tempe saignait encore, mais il ne semblait pas l'avoir remarqué. Rodney s'agenouilla prés de lui et le prit par les épaules.
-L'armée est en train d'attaquer, il nous faut un moyen de sortir, articula t-il pour être sur que l'autre le comprenne bien. Tu m'entends ? Il faut que toi, Helkin, Berve et moi sortions d'ici.
-Oui, je t'entend je suis pas sourd, grogna Togbert, portant soudainement une main à sa blessure, regardant sa main rougie de sang avec fascination.
-Ils ont bloqué toutes les sorties connues des gardes. Mais je suppose que Byliag avait prévu ce genre de situation quand il a fait construire ce bordel, non ?
Togbert tressaillit au son du nom de son défunt mari et jeta un regard vide au scientifique.
-Ils vont m'exécuter. C'est la peine requise pour les tenanciers…
-Concentre toi, s'énerva McKay, si on arrive à sortir, il n'y aura pas d'exécution !
Les yeux bicolores fixèrent le sol un instant, semblant réfléchir.
-Aides moi à me lever, ordonna t'il soudain.
Rodney obtempéra et conduit Togbert à l'endroit indiqué, c'est-à-dire le mur opposé au lit. Le tenancier posa à plat ses deux mains sur une même zone que le scientifique avait toujours prise pour une tache humide, et un petit « clac » retentit dans la pièce.
-Soulève le tapis. Une trappe s'est ouverte, tu peux t'en aller.
McKay écarta le vieux tapis de laine et constata qu'en effet le sol en béton s'était séparé d'une dalle, et qu'en regardant sous celle-ci une cachette sombre l'attendait.
La porte s'ouvrit laissant passer Helkin, qui toussait sans vouloir s'arrêter, et Berve.
-Erian négocie avec les soldats, dit le guérisseur en anticipant la question de Rodney. Je doute qu'il arrive à quelque chose, mais il a le mérite d'essayer.
-Il faut qu'on sorte d'ici et vite. Berve, aide Helkin à descendre là dedans, et suis le.
Les deux hommes s'entassèrent dans la cachette et le canadien saisit Togbert par le bras pour l'aider à descendre.
-Laisse moi là, l'arrêta t'il soudain.
-Qu'est ce que tu dis ? S'interloqua l'autre.
-Il faut quelqu'un pour fermer la trappe, et de toute façon je n'avais pas l'intention de m'échapper.
L'atlante soupira et lança un regard implorant à Helkin, qui l'attendait dedans la trappe.
-Il a pris un coup sur la tête…
-Je t'en prie, ne joue pas les sauveurs, s'exaspéra Togbert. J'ai gâché ta vie, laisse moi là, je sais que ça te fais plus plaisir qu'autre chose…De toute façon, plus vite ils me tueront mieux ce sera. Je n'ai plus de raison de vivre.
-Tu dis ça parce que Byliag est mort mon garçon, grogna le guérisseur.
Le tenancier secoua la tête et poussa Rodney vers le trou béant.
-C'est toi qui as gagné. Vas-t'en, je ne leur dirais rien. Le tunnel déboule dans les montagnes, ils ne vous trouveront pas.
McKay s'humecta les lèvres, cherchant d'autres arguments, mais du se résoudre à obéir et à descendre dans le passage secret. Berve s'était déjà engagé dans le tunnel qui montait en une longue diagonale percée de barreaux d'échelles. Le scientifique jeta un dernier regard à son tortionnaire.
-Merci, lui dit il en penchant la tête vers l'avant, ce qui était un signe de respect chez les Genii. Je ne t'aurai jamais cru capable de faire ça.
-Moi non plus, dit l'autre en refermant la trappe après avoir à son tour baissé la tête.
Le bruit sourd de la dalle tombée résonna dans la pénombre et après un instant à réaliser ce qui venait d'arriver, Rodney suivit Berve et Helkin dans le tunnel.
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