Dean avait accepté ses retenues sans faire de difficultés et ni lui, ni Joshua n'avaient reparlé de sa discussion avec ses parents. Dave était revenu de l'hopital avec une mâchoire virant sur le bleu et un regard brillant de rage. Sur insistance de Joshua et de l'ensemble du personnel enseignant, il lui avait présenté ses excuses en bonne et due forme. Dave s'était contenté de le regarder, lui promettant silencieusement vengeance pendant qu'il s'excusait, de la moquerie au fond des yeux.
Ses parents étaient revenus depuis et il s'en était tenu à ses bonnes résolutions. S'ils ne voulaient pas lui donner le bénéfice du doute, il ne le ferait pas non plus. Il s'était assez voilé la face à propos de sa mère: Il avait toujours vu en elle une victime, que se soit du monde de la chasse ou des machinations d'Azazel. Il n'en était rien. Tout comme lui n'avait pas été innocent dans sa descente en Enfers, elle n'était pas innocente dans le déclin de sa famille. Elle ne l'avait pas mérité certes, tout comme lui, mais cela ne changeait rien. Il assumait ses responsabilités, il avait fait des choses horribles en Enfer et vécu des choses encore plus atroces mais il n'était pas une victime. Il avait choisi. C'est vrai, aujourd'hui, il avait enfin appris que cela avait été une erreur. La mort n'avait pas été faite pour être déjouée. Mais il assumait, jour après jour. Sa mère, elle, semblait prête à renier jusqu'à l'existence même de ce choix, de ce pacte. Elle fermait les yeux sur ce qui aurait dû lui sauter à ceux-ci. Elle maintenait tellement ses paupières closes qu'elle en oubliait qu'il y avait un autre monde, là dehors, où les bagarres et l'alcool étaient presque une nécéssité.
Sa mère était lâche. Elle préférait choisir de ne rien voir plutôt que d'affronter son erreur. La pacte avait expiré depuis longtemps mais elle ne se posait pas de questions. Elle se complaisait dans son ignorance et dans le folle espoir que le démon soit annihilé. Elle fermait les yeux, encore une fois, sur le prix qu'elle pourrait payer. Quand il regardait Sam, il se demandait comment elle pouvait être aussi aveugle. Comment pouvait-elle risquer leur vie à tous?
Dean n'avait pas besoin de l'approbation d'une telle femme. Elle était sa mère, elle le serait toujours et il l'aimait toujours autant que le petit garçon qu'il avait été. Mais il n'avait pas besoin de son estime, ni même de ses encouragements.
- Rappelles-moi pourquoi je joue encore contre toi? Lui demanda Tony avec un air désespéré.
- Parce que tu espères réussir à me battre un jour...Lui rétorqua-t-il avec un large sourire.
- Et j'y arrivrais bien un jour Winchester! Lui répondit son ami avec bonne humeur.
- Dans tes rêves Delgado, relança Sven, le gamin est vachement plus doué que toi...
- Tu sais ce qu'il te dit le gamin? Gronda-t-il alors que Sven ricannait.
- Où tu as appris, au fait, Dean? Lui demanda alors Bradley, toujours aussi curieux.
- Le père de mon ami Bobby tient un bar. Leur répondit-il aisément. En parlant de lui, je crois que je vais l'appeler...
- Tu lui téléphones beaucoup...Lui fit remarquer Sven, un sourire torve sur les lèvres.
- C'est un ami. Mon meilleur ami. Souligna-t-il avec insistance.
- Tu n'as toujours pas parler avec Joshua de tu-sais-quoi? Lui mumura le blond en se rapprochant de lui.
- Faut que je téléphones, répéta-t-il en ignorant la question de Sven.
Il entendit le garçon ricaner derrière lui tandis qu'il se dirigeait vers le téléphone. Comme d'habitude, il annota le nom Bobby dans le carnet avant de composer le numéro qu'il connaissait par coeur. Le téléphone sonna deux fois avant qu'une voix toujours aussi bourrue ne résonne dans le combiné.
- Singer! Héla la voix grave.
- Hey, Bobby...
- Hey gamin, comment tu vas? Le salua Bobby avec entrain.
- Pourquoi tu t'obstines à m'appeler gamin? Lui demanda-t-il en soupirant.
Il sourit en entendant l'éclat de rire de son ami à l'autre bout du fil. Il ne s'était jamais rendu compte de ce que Bobby avait perdu dans la guerre. Revoir Bobby lui avait ouvert les yeux. Ce Bobby-ci était tout aussi grincheux et sarcastique que l'autre mais il riait plus facilement, s'autorisait plus facilement un sourire et semblait plus enclin à la rigolade. Il était tout simplement plus jeune, moins blasé et se tenait solidement sur ses deux jambes.
L'handicap de Bobby avait été un changement sinistre pour le vieil homme. Ses deux jambes foutues, l'Apocalypse aux portes du monde et Lucifer se balladant librement... Une période sinistre mais encore bien lottie par rapports aux instants qui allaient la suivre...Mais même sans guiboles, l'homme avait été un incontournable de la résistance. Toujours distillant ses idées, ses conseils et ses sermons avec brio.
- J'sais pas, lui répondit-il finalement, c'est vrai qu'en réalité, t'es plus agé que moi...Je devrais p't'être t'appeler grand-père?
- Hé! Un peu de respect pour tes aînés, tu veux? Et je suis à peine plus vieux que toi, j'te signale, papy!
- Mouais...Sinon, tu sais qui j'ai rencontré y'a pas longtemps sur une chasse?
- Non mais tu vas le me dire...
- Un certain Caleb...Pas voulu me donner de nom de famille mais c'est p't'être bien celui dont tu avais parlé, non?
- Blond, grand, une petite vingtaine? Légèrement arrogant?
- Légèrement? Il a la tête plus enflée qu'un ballon de basket! S'exclama Bobby avec humeur.
- C'est juste une facade, lui expliqua-t-il, c'est un chouette gars et un bon chasseur.
- Tu l'avais déjà dit, lui rappela Bobby, c'est pour ça que je lui ai dit de passer chez Missouri à l'occasion...Si possible pendant les vacances de Noël, comme ça, tu pourra le voir, ça te dit?
- Franchement Bobby, j'sais pas si je vais avoir facile de m'éclipser...
- Ben tu te débrouilleras parce que j'ai pas passer mon temps à convaincre le petit de passer pour rien! Gronda Bobby d'une voix grave.
- Okay, papy, j'essaierai...Ne t'énerves pas, c'est pas bon pour ton coeur.
- Tu sais ce qu'il te dit le papy, grand-père? Siffla Bobby avant de raccrocher.
. . .
Les vacances de Noel arrivèrent assez vite. Le parc s'était recouvert d'une fine péllicule blanche, le jogging matinale était devenu une torture pour bon nombre d'étudiants et étrangement, Dean n'avait plus écopé d'aucune retenue. Les autres élèves semblèrent avoir été impressionnés par sa démonstration de force et la mâchoire toujours douloureuse de Dave n'encourageait personne à l'énerver.
On était le dernier jour avant les vacances et Dean profitait d'un moment de solitude. Le parc était presque désert, la majorité des élèves préferant la douce chaleur des dortoirs ou de la cantine en cette froide matinée. Mais à l'Internat Saint-Sébastien, le parc était le seul endroit où il était possible de passer un moment en solitaire. Enfin, si on veut...
- Je suis content de te voir... lui souffla une voix chaude dans le creux de son oreille.
Le garçon sourit doucement en se retourtant lentement. Les deux billes azur de Castiel le regardait avec tendresse et un sentiment qu'il se refusait encore à nommer.
- Moi aussi. Lui répondit-il en déposant un baiser hésitant sur les lèvres du plus âgés.
Castiel referma ses bras sur lui et le serra fortement pendant un moment. Ce qui était bien avec Castiel, c'est que l'ange n'avait aucune notion de pudeur. C'était bien une chose qu'il n'avait pas apprise au contact des humains. Il pouvait être gêné, intimidé ou hésitant mais ne comprenait pas pourquoi il ne devrait pas embrasser Dean s'ils étaient tout deux d'accord. C'était agréable d'être dans les bras de quelqu'un qui n'hésitait pas à le faire.
Après leur premier baiser, ils avaient réalisés qu'ils ne voulaient pas s'interdire cette relation. Il n'y avait rien de mal. Castiel n'était plus vraiment un ange comme les autres et Dean n'était pas un adolescent comme les autres.
Il n'y a de barrières que celles qu'on choisit de laisser, non?
- Tu t'inquiètes pour ton retour? Lui demanda Castiel en le relâchant.
- Un peu. Je devrai m'éclipser et j'ai pas vraiment envie que ça me retombe dessus...lui confia-t-il en se mettant doucement en marche.
Castiel le suivit sur le sentier qui s'enfonçait toujours plus profondément dans le parc, vers la zone en travaux. Instinctivement, Castiel se plaça à ses côtés et Dean se rapprocha assez de lui pour être épaule contre épaule. Un rapprochement aussi anodin que significatif.
- Je pensais que l'avis de tes parents ne t'importait plus? Lui demanda savamment Castiel.
- Non, c'est vrai, lui confirma le plus jeune, mais j'ai pas envie d'en entendre parler pendant toute les vacances...
- Tu as déjà prévu quelque chose?
- Non, pas vraiment. J'aviserai...Lança-t-il en haussant les épaules.
Le silence retomba calmement entre eux deux. La plupart du temps, ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Castiel n'était pas du genre bavard et lui-même se sentait d'humeur taiseuse. Avec Castiel, il ne se sentait pas obligé de combler le silence avec tout et n'importe quoi. Le silence suffisait. Sa présence suffisait, aussi romantique et niais que cela puisse paraître.
- Il y a des nouvelles là-haut? Lança-t-il finalement.
- Mes frères ne se sentent pas concernés par les faits que je leur ai rapporté. Mon père reste introuvable même si personne ne le dit, comme dans notre temporalité. Malheureusement, je pense que l'arrogance et la désinvolture de mes frères vis-à-vis des êtres humains les conduise à leur perte. Ma venue ne change rien. Conclu-t-il, navré.
- Tu envisageais les choses autrement, Cass? Railla Dean. Tes frères noustueraient directement, nous pauvres êtres humains, si Dieu ne le leur avait pas interdit. Ils nous considèrent comme négligeables. Des singes sans poil, hein?
- Ils ont tort. Trancha sèchement Castiel.
- Ouais... Tu penses que si on leur explique, ils comprendront? S'exclama Dean, moqueur.
- Non. Lui répondit malgré tout l'ange. Ils sont beaucoup trop obtus pour cela.
- Cass!
- Quoi?
- C'était... Je...Rien, oublies. Soupira Dean avec un sourire. Ne t'inquiètes pas Cass, on l'empêchera même si on doit tout faire nous-mêmes.
- Je sais. Lui répondit Castiel d'une voix douce. Et j'ai confiance en toi. Mais...
- Oui? L'encouragea Dean en voyant l'ange hésiter.
- Je trouve cela injuste, acheva Castiel. Je souhaitais offrir un avenir aux êtres humains mais je voulais aussi ton bonheur.
Dean regarda son plus-qu-ami avec une expression étonnée pleine de tendresse. Castiel n'avait vraiment aucune pudeur, dans les actes ou les paroles. Au moins, il compensait ses difficultés à exprimer ses sentiments...
- Je sais Cass...Fini-t-il par répondre en se retournant franchement vers lui...Et je peux déjà te dire que tu y contribues grandement. Souffla-t-il avant de l'embrasser gentiment.
. . .
Dean soupira en regardant la voiture de ses parents passer le portail de l'internat. Il voulait rentrer à Lawrence. Il devait y rentrer. Avec une certaine tristesse, il s'était rendu compte qu'il ne pensait plus à Lawrence comme à sa maison. C'était la maison de ses parents. Un mensonge. Une illusion. Quand il pensait à la maison, à un chez lui...Il voyait la vieille maison de Bobby, parsemée de bouquins vieux comme les chemins. Il voyait l'ancien bar d'Helen, enfumé, un vieux rock en sourdine. C'était sa maison. Pas la cloture blanche et la porte verte de la maison de Lawrence...
- Dean! Le héla son frère en descendant de l'Impala. Deux semaines à la maison! S'exclama le plus jeune en bondissant sur lui.
- Hey champion! Le salua-t-il en le réceptionnant.
- Je vais pouvoir te montrer tout ce que j'ai appris en self-défense et mes progrès en athlétisme! Et je te présenterai Coralie...
- Coralie? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Mais oui! Tu sais, la fille de mon école! Soupira Sam.
- Ha oui...Ta petite-amie? Le taquina Dean.
- Mais nooonnnn! On est trop jeune pour ça! Lança Sam en levant les yeux au ciel.
- Evidemment...Lui répondit-il avec un sourire.
- Et tu le sera encore pour un bout de temps, Sam. Ajouta leur père en arrivant à leur hauteur. Bonjour Dean, comment ca va, fiston? Lui demanda son père en posant un main solide sur son épaule.
- Bien. Content de rentrer à la maison. Lui avoua-t-il tranquillement.
- Bon...Ta mère n'a pas su venir. Elle préferait rester à la maison pour préparer un bon repas pour ton retour...
- Cool...
Ce qui était bien avec Sam, c'est qu'on pouvait toujours compter sur lui pour combler les silences pesants. En réalité, le jeune garçon savait exactement quand il devait enclencher le mode " moulin à paroles" et quand il était préferable de se taire. Le silence de plomb qui régnait dans la voiture l'incitait seulement à raconter à son frère chaque anecdote qui lui passait par la tête. A un moment, pourtant, Sam fut à court d'histoire et le silence retomba lourdement dans la voiture. Dean, sur le siège passager, était déjà bien content de pouvoir écouter le ronronnement de son bébé. Il ne manquait plus qu'un bon ACDC pour parfaire le tableau.
- On peut mettre un peu de musique? Demanda-t-il à son père.
Bien sur, mais c'est toujours un lecteur cassette, lui expliqua-t-il. Votre mère me tanne pour mettre un lecteur CD mais...
- Ce serait un sacrilège de mettre un lecteur CD dans une voiture comme celle-ci. Acheva pour lui Dean.
- Exactement. Approuva son père avec un large sourire. Il y a des cassettes audio dans la boite à gant... Indiqua-t-il et il sourit encore davantage quand les première notes de "Back in black" résonnèrent dans l'habitacle. Un bon choix, approuva-t-il.
- Qu'est-ce que c'est ça? Lâcha Sam avec un grimace.
- Ho là petit frère...Je pense qu'il est plus que temps de faire ton éducation musicale...
Et l'heure qui suivit fut remplie d'éclats de rire, de débats musicaux, de hochements de tête et de bonne humeur. Père et fils avaient, pour une fois, une discussion anodine et simple sur un sujet bon enfant. Cela faisait longtemps que John n'avait plus parler librement comme cela avec son fils, sans éclat de voix ou de colère. C'était bon. C'était bon de se rappeler qu'il n'y avait pas que cela dans leur relation. Ils se retrouvèrent bientôt tout deux à tenter de convaincre Sam que le rock des Seventies et des heigties était le meilleur qui soit.
Malheureusement, bien trop tôt au gout de John, ils se retrouvèrent dans le garage de Lawrence. Avec un soupire, il coupa le moteur et la radio s'arrêta automatiquement. Sam sortit le premier en leur criant qu'il allait dire à Mary qu'ils avaient essayés de le pervertir au rock et Dean éclata de rire. John devait admettre que ce n'était pas quelque chose qu'il entendait souvent. Le rire de Dean était pourtant si communicatif...Pourquoi son fils n'était-il pas plus ouvert?
- Bon, souffla alors son fils d'un air gené, c'était bien.
- Ouais, c'était bien, reconnut-il avec un léger sourire. Je suis là tu sais, fils. Ajouta-t-il plus sérieusement. Si tu veux parler...de l'internat, de tes soucis ou...même de musique. Je suis là. Répéta-t-il.
- Je sais p'pa, fut la réponse murmurée de son fils. Je sais. Je vais aller dire bonjour à maman et monter mes affaires dans ma chambre. Ajouta-t-il après quelques minutes de silence.
John resta encore un moment seul devant le volant. Il voulait pouvoir encore entendre le rire de son fils ou débattre avec lui de tout et n'importe quoi. Même si c'était juste pour parler de Deep purple ou de Mettalica...
Il voulait arranger les choses, aplanir les angles et faire comprendre à son fils qu'il n'était pas son ennemis. Il voulait pouvoir parler à son fils sans avoir l'impression de marcher sur des oeufs. Il voulait, par dessus tout, lui faire comprendre pourquoi ils l'avaient envoyés là-bas. Lui faire reconnaitre qu'il avait été saoul et que c'était grave. Que voler une voiture ne pouvait pas s'excuser qu'importe les raisons.
Il voulait lui faire compendre qu'il ne voulait que son bien. La seule question étant: est-ce que son fils allait l'écouter?
. . .
- Et si tu me montrais tes progrès, champion?
- Ouais! S'exclama vivement Sam. Viens! On s'ra mieux dans ma chambre! Lança-t-il tout en filant déjà dans les escaliers.
Dean étouffa un rire en regardant son petit frère s'agiter comme cela. Cela faisait à peine une journée qu'il était revenu et déjà, il pouvait dire que ces vacances s'annonçaient moroses. Il était pratiquement interdit de sortie...Si ce n'était sous l'oeil attentif d'un de ses parents. Son père lui avait même interdit ses joggings matinaux. Ils voulaient le surveiller de près...Comme s'il était un criminel. Franchement, parfois, il avait l'impression que son père était un inconnu. Comment un homme pouvait à ce point changer? Il allait devoir ruser pour aller retrouver Bobby et Caleb chez Missouri.
Il voyait bien que son père voulait engager la conversation. Et il savait pertinement ce qu'il allait lui dire. Son père l'aimait et comme tout bon père de famille, il allait essayer de lui faire entrer un peu de bon sens dans la cervelle. Par le bon sens, entendez "sens commun". La bonne vieille rangaine: on ne vole pas, on ne ment pas, on ne se bat pas. Insipide, n'est-ce pas? Et tellement fausse...Et que pourrait-il réponde à ce père aimant? Des mensonges. Mais il n'avait plus envie de mentir, alors il était plus simple de ne rien dire et d'éviter la conversation.
- C'est super Sam, lança-t-il à son frère en jugeant de son niveau. T'as vraiment fait des progrès, je suis fier de toi. Lui souffla-t-il.
- C'est vrai? S'émerveilla le plus jeune.
- Evidemment, banane. Et si on passait à la vitesse supérieure? Lança-t-il sérieusement.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Hé bien, tu maîtrises bien les techniques de défenses et de parades, tu ne veux que je t'apprennes quelques techniques d'attaques? lui expliqua-t-il.
- Mais pourquoi? Je veux attaquer personne! Lui répondit simplement Sam, l'air étonné.
- La meilleure défense, c'est l'attaque Sam. Lui répondit-il. Se défendre, c'est bien. Anticiper et attaquer l'autre avant que lui ne le fasse, c'est mieux. Tu comprends?
- Oui, je pense. Mais papa et maman ne seront pas d'accord. L'avertit le plus jeune.
- Et bien, ils n'ont pas besoin d'être au courant, non?
- Tu crois? Tu vas encore avoir des problèmes...Soupira Sam.
- Hey, t'occupes p'tit gars...Le rassura l'aîné. C'est ta sécurité avant tout, ok?
- C'est si important que ça, Dean? Demanda le plus jeune, avec une mine concernée.
- Très.
- D'accord, alors!
. . .
- Je peux aller faire un tour?
- Je suis occupé sur la voiture Dean et ta mère est entrain de préparer le repas. Lui répondit patiemment son père.
- Ok...Mais je pourrais sortir seul, non? Je pourrais emmener Sam au parc? Il meurt d'envie d'aller y faire des bonhommes de neiges...Lui expliqua Dean.
- Il peut les faire dans le jardin. Lui répliqua son père, toujours penché sur la voiture.
- Il n'y a plus assez de neiges dans le jardin, s'impatienta Dean. Papa! Je peux très bien l'emmener au parc!
- Initialement, c'est pas toi qui voulait aller faire un tour? Relança son père en le regardant enfin face à face. Ne te sert pas de Sam comme d'une excuse, Dean. Le sermonna gravement son père.
- Et aller au parc, c'est pas faire un tour, peut-être? S'agaça Dean.
- Attention à ton ton, jeune homme. Lui répondit John d'une voix étrangement calme.
- Papa! Vous ne pouvez pas me tenir enfermé pendant deux semaines! Soupira Dean en passant une main lasse sur son visage.
- Tu n'es pas enfermé Dean, n'exagères pas. Lui rétorqua son père durement. Tu ne sort pas seul. point.
- De quoi vous avez peur à la fin? S'exclama Dean.
- Je ne sais pas Dean puisque tu n'as toujours pas daigné nous expliquer pourquoi tu avais volé cette voiture! Lui répondit vivement son père. Ou encore, ce qui t'as blessé ou effrayé au point de te saouler! On ne sait pas à quoi s'attendre, Dean! Puisque tu ne nous parles pas! Lui expliqua son père en le regardant dans les yeux.
- Ce cauchemar ne concerne que moi. J'ai le droit d'avoir mon intimité. Répéta Dean, les dents serrées. Et je le redis encore une fois, je suis désolé d'avoir réagit comme cela. Désolé ne n'être qu'un humain! C'est vrai que cela ne pourrait pas t'arriver, hein, papa? Ragea Dean, les poings serrés.
- De quoi est-ce que tu parles? Mais passons sur la boisson... Souffla John en écartant le problème d'un geste ample de la main. Pourquoi as-tu volé cette voiture Dean?
- ...
- Tu ne peux pas l'avoir volé juste comme ça! Pour t'amuser! Dis-moi la vérité même si c'est pour me dire que c'était pour la vendre ou en vendre les pièces!
- Elle était en bonne état, non? Siffla Dean. Je volé cette voiture car j'en avais besoin. Et même si je l'avais fait pour le fun, ça ne change rien pour toi, non? Aucune excuse, c'est ça, non?
- Oui, c'est ça, Dean. Aucune excuse.
- Bon. Si on me cherche je suis dans ma chambre. Lui lança Dean en lui tournant le dos.
. . .
Il fallu près d'une heure pour qu'elle se décide à monter voir son fils. Une heure entière. Soixante minutes pour qu'elle prenne le courage d'aller voir son enfant. Elle ne savait pas vraiment d'où cette peur, cette gène irrationnelle venait. Dean l'intimidait. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire à John; à chaque jour qui passait, elle voyait davantage de Samuel Campbell dans son fils. C'était un sentiment tellement dérangeant. Si elle avait tourné le dos à la chasse, ce n'était pas pour élevé la réplique exacte de son père...
Arrivé devant la porte close de la chambre de Dean, elle insipira profondément avant de la pousser. Elle su tout de suite qu'il avait remarqué sa présence même s'il ne laissa rien paraître. Dean était bon à ce jeu-là...Son visage pouvait montrer l'exact opposé de ce qu'il ressentait...Ou ne rien exprimer du tout. Il était en t-shirt sur le plancher de sa chambre et s'échinait à faire des pompes. La première chose qu'elle remarqua fut ses bras...Oui, parce qu'elle ne se souvenait pas que son bébé avait des muscles. Dean avait toujours été fin, rapide et assez élançé pour son âge. On surestimait toujours son âge. Mais elle ne souvenait pas qu'il avait de tel biceps. Il n'avait que 14 ans, presque 15, pourquoi s'épuisait-il à l'entraînement? En fait, Mary devait reconnaître qu'il avait toujours été attiré par le sport et que très tôt, il s'était mis à courir dans le quartier pour se maintenir en forme. C'était ce qu'il disait...Mais depuis quand un môme de 12 ans accordait de l'importance à sa forme?
La deuxième chose qui la frappa fut l'expression de son visage. Il paraîssait tellement sérieux. Tellement plus vieux. Ses mouvements étaient rapides, ajustés et précis. Mary pouvait dire qu'il se défoulait. Dean avait toujours eu sa manière à lui d'exprimer sa colère. Elle ne pouvait même pas dire se souvenir d'un jour où il avait crié. Vraiment crié. Même quand il était petit, vers 5 ou 6 ans, il n'avait jamais piquer des crises de colère ou eu de gros chagrins bruyants. Dean avait toujours été silencieux. Discret. Un hibou lui avait un jour dit une de ses institutrices...Silencieux, avec des yeux assez grands pour tout observer. Discret, tapis dans l'ombre, si bien qu'on ne sait pas vraiment quand il est là.
- Qu'est-ce qu'il y a maman? Demanda-t-il finalement en se remettant debout.
- Ton père m'a dit que tu voulais sortir...Expliqua-t-elle simplement. Si tu veux, je suis libre, on pourrait aller se balader? Proposa-t-elle avec un doux sourire.
Son fils la regarda un moment, ses yeux la sondant presque avant qu'elle ne détourne le regard. Non vraiment, ce sentiment était étrange.
- Non merci. Répondit-il calmement.
- Pourquoi? Demanda-t-elle d'une voix curieuse et légèrement plaintive. Elle voulait passer du temp avec son fils.
- Parce que je n'ai plus envie et sans offense, je n'ai pas envie d'un chaperon. Résuma-t-il simplement.
- Tu ne nous aides pas Dean. Lança-t-il plus sèchement. On essaie de faire au mieux, je te signale!
- Essayer ne suffit pas, il faut réussir. Marmonna Dean, répétant ainsi un des sermons les plus courant de son enfance.
- Dean...Si tu ne nous aides pas, si tu n'y met pas du tien, on y arrivera pas. Concéda-t-elle, en gardant son calme.
- Je fais du mieux que je peux. Répéta-t-il simplement. Vous ressassez mes erreurs encore et encore. Vous n'essayez même pas d'avancer.
- On ne peut pas oublier ça comme ça, Dean. Si tu ne comprend pas que ce que tu as fait est grave, qu'est-ce qui t'empêcherais de recommencer?
- Rien du tout. Admit-il. Tu devrais emmener Sam dans le parc, il en meurt d'envie. Reprit-il après un moment.
- Tu viens avec nous? Demanda-t-elle malgré tout. Sam en serait vraiment content...Ajouta-t-elle devant son silence.
- Pourquoi pas...Répondit-il, reconnaissant le coup bas pour ce qu'il était.
