Coucou, merci à tous pour vos reviews. La chasse avance ^^
Bonne lecture
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Chapitre 20 : Tentation et destruction
Deux hommes se tenaient à l'écart du petit village de Little Hangleton, devant une bâtisse désolée à flanc de coteau. En réalité, 'désolée' était un terme bien trop faible pour décrire la ruine qui se trouvait au bout du chemin défoncé. C'était à se demander comment les quatre murs tenaient encore debout. La porte, en tout cas, semblait à deux doigts de renoncer à ses gonds.
Ethan regardait avec une certaine nostalgie le bâtiment misérable qui lui rappelait malgré tout un temps où la vie était bien plus simple. A cette époque, il n'était pas encore un loup-garou, ses amis étaient bien vivants, et il menait avec le directeur des recherches avec la certitude de vaincre. Ils avaient bien vaincu, mais à quel prix...
Il s'arracha à ses souvenirs d'un autre temps en remarquant les différences entre la vision qu'il avait sous les yeux et le souvenir qui provenait d'une pensine. Dans cette dernière, un serpent était cloué à la porte d'entrée. Force est de constater que même après l'emprisonnement, puis la mort des habitants, personne n'avait décroché la dépouille. Il n'en restait actuellement que des os, la fine colonne vertébrale se balançant doucement au gré de la brise. Décor macabre.
Une partie du toit s'était également effondrée, et l'intérieur devait donc être dans un état vraiment lamentable avec la pluie qui y pénétrait depuis probablement des années. Difficile de s'imaginer qu'une famille avait vécu ici, et encore moins des descendants de la noble maison Serpentard. Même avec sa noire réputation, c'était tout de même un fondateur. Quelle déchéance…
Dumbledore s'avança, suivit de près par le professeur de SCM. Il ouvrit avec soin la porte d'un sortilège informulé, avant de poser un pied à l'intérieur, s'enfonçant dans une épaisse couche de poussière grisâtre. Il se retourna brusquement alors qu'un grondement sourd sortait de la gorge du brun qui l'accompagnait.
« Professeur Wolff ? » Le son avait bien peu de chose d'humain. Et même s'il avait sûrement la puissance, devoir faire face à un loup-garou était bien la dernière chose que le directeur voulait actuellement, particulièrement son professeur.
« Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti cette noirceur. Ne vous inquiétez pas je ne vais pas changer pour si peu. » Le rassura Ethan, même si quelques paillettes d'or prenaient place dans l'émeraude de ses iris, et que sa voix s'était faite plus rauque sous l'influence de la bête.
« Vous sentez donc les horcruxes ? » Demanda avec surprise le vieux sorcier.
« Les humains ressentent un malaise tel qu'ils ne s'approchent pas de cette demeure. Vous devez ressentir des picotements désagréables, ou une impression malsaine. Pour les loups-garous ayant un instinct bien plus développé, la noirceur a effectivement une odeur, particulièrement infâme d'ailleurs. » Expliqua l'alpha, plissant le nez, et les épaules tendues.
« Si vous saviez que c'était aussi désagréable, vous n'étiez pas obligé de venir. Je serais bien obligé de mettre Minerva au courant à un moment ou un autre. »
« Le seul horcruxe que j'ai rencontré après avoir changé était un serpent vivant, familier de Voldemort. Ce seul fait pouvait expliquer la répugnance de son être. » Se contenta de répondre le brun.
Il avait effectivement changé à la fin de ses dix-sept ans, et à ce moment, il ne restait que Nagini et Voldemort lui même. Il avait appris que lui aussi aurait du être un horcruxe, mais le loup n'accepte pas la concurrence, et le morceau d'âme étranger avait été balayé. Le changement lui avait en quelque sorte sauvé la vie, et pas qu'à ce moment là d'ailleurs.
Arrêtant là leur conversation, même si Dumbledore aurait bien aimé en savoir plus sur ce fameux serpent, ils se dirigèrent d'un commun accord vers la pièce au fond de la bâtisse.
Dans ce qui devait être à l'origine le salon, quasiment rien n'avait survécu. Des carcasses de meubles s'étaient effondrées, le bois pourri à cause de l'humidité, et les parties métalliques rouillées à tel point que de la poussière était rouge à cet endroit. Un vieux fauteuil laissait échapper quelques fragments de bourre, le tissu moisi qui le recouvrait pendant comme la mue d'un serpent. Des livres étaient depuis longtemps tombés en poussière.
La pièce du fond semblait être une chambre, probablement celle du maître des lieux d'après le cadavre du grand lit et de l'armoire qui avait due être imposante. Il ne restait du premier que des barres de fer rouillées, et de la deuxième quelques planches rongées par les éléments et les petits mammifères, ainsi qu'un miroir brisé. Il était difficile de croire que Voldemort ait caché quoi que ce soit dans ce taudis. Mais l'aura de ténèbres ne laissait pas de place au doute. Un objet de pure magie noire se trouvait ici.
Les deux sorciers commencèrent à sonder la pièce. La noirceur était tellement forte qu'Ethan ne pouvait déterminer son origine, elle englobait tout l'intérieur. Ils devaient donc s'en remettre aux sortilèges de recherche, et non compter sur les sens du loup.
Après avoir fait bien trois fois le tour de la chambre, Dumbledore s'arrêta brusquement face au mur derrière le lit. Il avait eu du mal. Les Gaunt étaient peut-être ruinés et consanguins, mais ils s'y connaissaient en magie noire et sortilèges de dissimulation.
La petite cache était réellement bien camouflée, la portion du mur la recouvrant s'étant altérée en même temps que le reste des pierres. Elle était invisible aux yeux de n'importe qui, et les sorts complexes la rendaient également invisible à une vision magique. Les incantations classiques étaient inefficaces, mais le mage blanc avait plus d'un tour dans son sac.
Après quelques sortilèges de plus, une aura rougeâtre se dessina autour de la cavité, traversée de fils jaunes et bleus. Trois sortilèges protégeaient la cachette, une boule de feu assez classique même si très efficace, un sort d'entrave de magie noire, et probablement un dérivé du sort de découpe. Mais pour Albus Dumbledore, ce fut presque un jeu d'enfant.
Ethan le regarda tranquillement s'affairer à dénouer les fils des pièges magiques. Même s'il restait vigilent, il ne s'inquiétait pas plus que ça. Le directeur avait ramené l'horcruxe sans problème dans son monde, c'est après que cela s'était compliqué. Et regarder le mage blanc travailler était tout simplement fascinant. On aurait presque cru que défaire trois sortilèges imbriqués de magie noire était d'une simplicité déconcertante, si ce n'était la petite goutte de sueur visible sur la tempe du vieux sorcier.
Enfin, après un quart d'heure de travail minutieux, la cachette était ouverte, et la bague visible à l'intérieur, reposant sur un petit coussin de soie. Dumbledore s'en saisit avec précaution, tenant le socle sans même frôler l'objet en son centre. C'est quand il observa la bague à la lumière qu'il se figea.
« Vous saviez ce que c'était. » Souffla le directeur à Ethan.
« Oui, tout comme je sais que vous les avez cherchés une partie de votre vie. » Murmura Ethan en regardant tristement la chevalière en or.
Alors qu'il avait tout perdu, cette relique lui avait permis de trouver la force d'achever tout de même sa destinée. Les fantômes de ceux qu'il aimait à ses côtés, il avait pu mettre fin au règne de celui qui se croyait immortel. Et alors que le reste du pays était en liesse, il avait abandonné la pierre. C'était sans doute l'un des actes les plus difficiles qu'il avait fait, mais les forcer à rester à ses côtés alors que la paix était revenue aurait été leur manquer de respect. Ils méritaient le repos éternel.
Il revint brusquement à ses pensées en voyant la main de Dumbledore se tendre vers l'anneau. Il se saisit prestement de son poignet, hochant la tête de gauche à droite. A son grand soulagement, il n'eut pas besoin d'en faire plus. Le directeur regarda la pierre qui ornait la chevalière avec une espèce de regret, mais après avoir vu la tristesse infinie dans le regard de son professeur de SCM, il s'abstint. Il ne savait pas ce qu'avait vécu le loup-garou, et peut-être ne le saurait-il jamais. Mais ça n'avait rien de gai. Et de toute évidence, la pierre était associée à de bien sombres souvenirs.
« Ces pouvoirs sont-ils réels ? » Demanda tout de même le vieil homme.
Pendant des années, il avait cherché la pierre de résurrection, pensant faire revenir sa sœur et se faire pardonner. Il avait fini par comprendre intellectuellement que les morts devaient restés où ils étaient, qu'il était impossible et non souhaitable de les ramener. Mais entre ce que sait la raison et ce que souhaite le cœur, il y a parfois un véritable abîme.
« La pierre a bien le pouvoir de ramener les morts en ce monde. Mais ils ne sont ni vivants, ni même des fantômes. Les forcer à rester sous cette forme serait le pire des supplices à terme, aussi bien pour eux, que pour nous. » Répondit l'alpha, la voix à peine plus haute qu'un murmure. « Et sans parler de ça, la mettre à votre doigt signerait votre mort dans l'année. » Acheva le loup-garou d'un ton plus normal. « Voldemort n'a pas protégé que la cache. »
« Dans ce cas, détruisons cette chose au plus vite. » Le ton de Dumbledore s'était affermi, même si son regard dérivait régulièrement vers la pierre.
« Vous avez un croc de basilic sous la main ? » Demanda Ethan avec humour.
« Vous connaissez un moyen plus facile à mettre en œuvre ? »
« Le feudeymon. » Répondit le brun en haussant les épaules.
« Severus pourra peut-être trouver du venin de basilic au marché noir. Il y avait de bons contacts lorsqu'il devait faire des potions peu recommandables. Quand faut y aller, faut y aller... » Et avant que le loup-garou ne puisse faire quoi que ce soit, Dumbledore avait lancé l'incantation.
Une immense chimère de flammes noires, sa crinière semblant vivante, s'éleva vers le ciel pour plonger ensuite vers la bague que le sorcier avait jeté droit devant lui. Elle engloutit l'anneau dans un bruit de tonnerre et un hurlement strident, puis se retourna vers eux, son dard de feu s'agitant impatiemment derrière elle. C'était comme si une partie des feux de l'enfer s'était retrouvée sur terre. Mais avant que la chose monstrueuse ne puisse fondre sur eux, le directeur agita sa baguette et elle s'évapora dans un rugissement furieux.
Ethan resta sans voix quelques minutes avant de s'éclaircir la gorge.
« Ça ne me serait jamais venu à l'esprit que vous puissiez utiliser le feudeymon... »
« Ce n'est pas de moi que vous le connaissez? » Demanda surpris le mage blanc.
« Non, j'aurais préféré. Un sortilège de ce niveau utilisé par un serpentard attardé ne donne pas de bons résultats. Heureusement que la salle sur demande est très particulière. » Lâcha-t-il mystérieusement en levant les yeux au ciel à ce souvenir.
« Vous avez vraiment vécu des temps... intéressants... si on peut appeler ça comme ça. » Se contenta de soupirer Dumbledore, perplexe.
N'estimant pas nécessaire de confirmer, Ethan s'avança vers la zone de plus de dix mètres d'herbe proprement calciné par les flammes magiques. Au milieu, des fragments de l'anneau fondus s'étaient incrustés dans le sol, mais de la pierre, il ne restait aucune trace. Quelques gouttes d'or se retrouvaient également autour, signe que la chimère avait dispersé les restes de la chevalière.
Il se détourna alors pour prendre le chemin du retour avec le directeur. La pierre n'avait probablement pas été détruite, mais elle allait retourner dans l'oubli.
Alors qu'il se retournait, se demandant pourquoi le sorcier ne le suivait pas, il vit Dumbledore jeter un sortilège sur la zone, qui se couvrit d'herbe comme si rien ne s'était passé. Désormais, la pierre était véritablement à nouveau perdue. Certaine choses étaient bien mieux à l'état de légendes.
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« Cette bague était dans la famille Gaunt depuis des siècles, et abriter un fragment de son âme dedans a du être vu comme une grande victoire. Il a du choisir des objets tout aussi symboliques pour y mettre les autres. » Réfléchit tout haut Dumbledore sur le chemin du retour.
« Il n'y a pas plus symbolique que les objets des fondateur eux-mêmes. » Répondit simplement Ethan, s'attirant un regard scrutateur du directeur.
« Vous ne me donnerez pas directement la réponse n'est ce pas ? »
Le loup-garou soupira. « Là d'où je viens, le médaillon de Serpentard, la coupe de Poufsouffle, le diadème de Serdaigle ont été corrompus. Et son premier horcruxe n'a pas été la bague, mais le journal intime qui l'a accompagné durant toute sa scolarité ici. Le principal problème étant qu'en plus de dix ans, ils ont pu changer de place, ou ne pas encore y être. »
« Si nous connaissons déjà les objets à chercher ce sera toujours plus simple. Pourquoi ne pas vérifier leur emplacement futur ? »
Le brun réfléchissait durement afin de décider s'il était réellement prudent de tout révéler ainsi. Mais il finit par envoyer balader son insécurité. Il faisait partie de ce monde désormais, il avait des personnes à protéger, et il avait un avantage énorme. Ces informations du futur n'étaient peut-être pas toutes valables, mais il serait bien stupide de ne pas en profiter. Si la guerre pouvait se finir plus rapidement, et définitivement grâce à ça, alors il s'en servirait.
De retour à Poudlard et la sécurité du bureau ultra protégé du directeur, le loup-garou lui donna le maximum d'informations.
« Il a confié à un moment son journal à Lucius Malefoy. Ça doit être déjà fait, s'il ne l'a pas repris pour une quelconque raison. Le médaillon de Serpentard a été caché dans une grotte mais Regulus Black a retourné sa veste et l'a volé. Il en est mort mais a eu le temps avant de le confier à son elfe. Le diadème de Serdaigle est à Poudlard, et la coupe dans le coffre de Bellatrix Lestrange. »
Le directeur resta un instant muet devant toutes ces révélations. La mort de Regulus Black était restée un mystère, et le fait qu'il ait finalement défendu leur cause, à peine croyable. Penser que Poudlard abritait un horcruxe depuis des années l'était tout autant. Quand à aller récupérer quelque chose au manoir Malefoy ou dans le coffre même de Lestrange, il ne savait pas lequel serait le plus ardu.
« Il y a au moins une de ces choses qui sera facile à récupérer soupira-t-il. »
« Peut-être deux. Si Sirius Black veut bien y mettre du sien. » Compléta le professeur de SCM.
« Il n'y aura peut-être pas besoin de Sirius. » Répondit Dumbledore, s'attirant un regard curieux et intrigué de son vis à vis. « Kreattur est ici à Poudlard. Sirius l'y a mis lorsqu'il a hérité du titre de Lord Black à la mort de ses parents. Il ne voulait plus rien qui puisse lui rappeler la magie noire mais n'était pas pour autant près à le tuer ou le libérer. Et force est de constater que le Square Grimaud ne ressemble en rien à ce qu'il était il y a quelques années. »
« Il faudrait que je vois ça. » Murmura pour lui même le brun, puis il reprit à voix haute. « Il faudra se montrer diplomate avec lui. Il vénérait littéralement Regulus et le fait encore. »
« Je m'en chargerais. Je ne pense pas qu'il me déteste autant qu'il exècre Sirius. Il travaille aux cuisines et s'occupe personnellement du dortoir des Serpentards et des cachots. C'est pour lui un honneur que je lui ai confié une telle tâche. »
« Quand vous l'aurez récupéré, éviter de le porter sur vous. Et dès que vous aurez récupéré du venin de basilic, j'irais chercher celui du château. Pour le moment, il ne peut nuire à personne. »
Ils se séparèrent donc alors que la nuit tombait.
« Merci de votre aide professeur Wolff. »
« Il faut bien que quelqu'un le fasse. » Se contenta de hausser les épaules le loup-garou tout en descendant l'escalier en colimaçon.
Ce soir, il raconterait cela à sa meute, tout au moins à Severus, et peut-être Remus. S'il arrivait quoi que ce soit, ils devaient être au courant.
