Comme promis voici un nouveau chapitre :)
Je tiens a remercier Roselia001 & Moon Plume pour les commentaires ^^
J'espère que ce chapitre plaira ...
Je vous souhaites une bonne lecture, ainsi qu'un Noyeux Joël à l'avance :D
Plein de bisous & a bientôt
Ailinn
Chapitre 19
Arthur était en rage, Gauvain broyait du noir, les autres Chevaliers ne savaient pas quoi ressentir, sur leurs visages se peignaient tout un tas d'émotions que jusqu'alors je n'avais jamais vu... Seul Tristan et Dagonet étaient de glace sur la disparition de Morrigann.
Mais au fond je savais que Dagonet était dans le même état que les autres, sauf que lui, il ne le montrait pas. Je commençais à bien les connaitre et pour moi, ce n'était plus trop un problème de me rendre compte de leur humeur juste en les regardant.
Dag' était plus absorbé par le jeune garçon dont il s'était donné le devoir de prendre soin. Certes, le soit disant kidnapping de ma cousine l'affectait mais l'état de Lucan était sa priorité, et je ne lui en tenais pas rigueur.
Et Tristan, comme d'habitude, était une énigme pour moi ...
Guenièvre et moi aurions certainement été promues pour l'oscar des meilleures actrices avec notre arrivée précipitée au campement. Mais bien que je savais que c'était la meilleure des choses à faire, la culpabilité était belle et bien présente dans mon cœur !
C'était la première fois que Morrigann et moi étions séparées. Jamais encore, jusqu'ici je n'avais du vivre sans le soutien de ma chère cousine. Certes, cette séparation était pour notre bien à toutes les deux, enfin, surtout pour le bien de notre mission, mais il était certain que s'il lui arrivait malheur, jamais je ne me le pardonnerait...
J'avais juré de prendre soin d'elle, et ça n'était pas maintenant que j'allais faillir à ma parole. Je gardais en tête qu'un jour nous nous retrouverions, c'était cela qui me permettait, malgré la culpabilité de tenir le coup.
Néanmoins, j'avais le sentiment que cette séparation nous apporterait à chacune quelque chose de bien, du moins je tentais de m'en persuader. J'espérais simplement dans mon for intérieur que tout se passerait bien pour elle... et pour moi ! Je devais avoir confiance en elle, avoir confiance en moi et confiance dans l'avenir.
Après tout, si j'étais en vie, les choses n'avaient pas si mal tourné que cela... Enfin, si il s'avérait que je fusse bien du même sang qu'Arthur ... Et cela, j'avais encore du mal à l'avaler !
J'avais la lèvre légèrement enflée – Guenièvre n'y était pas aller de main morte ! - et lorsque Tristan soigna ma plaie, je sourcillais à peine.
Qu'allait-elle devenir ? Comment allait-elle vivre ?
Tout un tas de questions sur sa nouvelle vie se chamboulaient dans mon esprit. Elle était entre de bonnes mains, m'avait certifier Guenièvre, je la croyais, mais ça ne m'empêchais pas de me faire quand même du mouron pour Morri'.
Heureusement, nous étions en chemin pour le Mur d'Hadrien, avec une escorte plutôt conséquente, sans cela, j'étais persuadée que les Chevaliers auraient tous couru au secours de Morrigann.
J'aurais aimé faire quelque chose pour que notre séparation n'ait pas été le seul moyen de contrer les plans d'une maléfique demi-sœur prête à tout pour faire foirer notre mission... Si demi-sœur il y avait, bien évidemment ! J'avais l'impression de me retrouver dans ces épopées Arthuriennes dont ma grand-mère ne cessait de me conter les histoires autrefois.
Depuis notre arrivée, je me trouvais constamment confronteéeà la réalité, et voila que tout à coup, tout ce mettait doucement à changer... Des fées m'apparaissaient en rêve, des bijoux et épées magiques m'étaient offertes, mais en même temps tout était rythmé par une réalité déconcertante et je ne savais plus trop où donner de la tête parmis tout cela. Tout ce que je comprenais à l'instant, c'était que l'histoire se mettait doucement en place, et la peur que rien ne se déroule comme Merlin l'avait prévu commençait doucement à me tirailler l'esprit.
Je voulais trouver une solution, mais je n'en voyais aucune, à part continuer mon chemin avec les Chevaliers, veiller sur eux, faire en sorte qu'il ne leur arrive rien, rester forte, pour eux, pour Morri' et surtout pour moi.
« Ça ne pique pas trop ? » me demanda Tristan, mais j'étais tellement dans mes pensées que sa voix était comme un son lointain...
« Ailinn ? » insista t'il
« Euuh oui ? .. non non, ça ne pique pas ! » répondis-je en lui adressant un sourire d'excuse.
« Tu t'inquiète pour Morrigann ? » me dit-il plus comme une affirmation qu'un questionnement
« Je m'inquiète toujours pour Morrigann ! C'est ma cousine, j'ai promis de m'occuper d'elle comme une sœur... » répondis-je, le regard dans le vide.
« Tu ne devrais pas culpabiliser, çe n'est pas ta faute ! »
Tristan n'avait jamais été compatissant, et je me demandais s'il l'avait déjà été pour quelqu'un depuis aujourd'hui. C'était bizarre de le sentir aussi préoccupé par mon moral... Il me surprenait de plus en plus chaque jour... Je ne m'en plaignais pas, mais cet homme était un tel mystère pour moi que parfois il me faisait peur.
« Belle bague, je ne l'avais jamais remarqué. » dit-il en vrillant son regard sur l'anneau à mon droit que, malgré moi, je triturais depuis qu'il me soignait.
« Oui, c'est un héritage familial ! » dis-je en tentant tant bien que mal de le dissimuler.
« C'est bizarre... » répliqua t'il suspicieux
« Quoi donc ? »
« Il me semble avoir déjà vue quelque chose de pratiquement identique... Au doigt d'Arthur... »
Je riais nerveusement. J'étais perdue s'il se rendait compte qu'en réalité c'était exactement la même.
« Ça m'étonnerait ! C'est un cadeau de ... ma grand-mère ! »
« J'ai certainement du me tromper. C'est fini, je vais voir Arthur, tu as besoin de quelque chose ? »
« Non, non, merci Tristan. »
« Je t'en prie... » me dit-il en m'adressant ce sourire en coin qui faisait chavirer mon cœur.
Ce moment était comme dans les films, quand deux êtres complètement fous l'un de l'autre n'ont pas le droit de se montrer en public... Il n'y avait aucun malaise entre nous, mais à l'instant, je sentais que si nous avions été seuls, nous nous serions jetés dans les bras l'un de l'autre... Et pour être franche, c'était certainement ce dont j'avais le plus besoin à l'instant même.
Durant un instant nous nous regardâmes, comme si chacun cherchait à savoir ce que l'autre pensait. Je me rendis compte qu'il était possible de s'habituer à l'absence des gens qu'on aime, mais à la seule condition que d'autres viennent prendre leur place. Mais parfois, une personne très particulière est étrangement irremplaçable. Ma cousine faisait partie de ces gens là dans ma vie, et à présent, Tristan en faisait également partie, et ce à part entière, au même titre que les autres Chevaliers.
Son regard noir brillait comme jamais je ne l'avais vu briller auparavant. Quelque chose avait changé depuis quelques jours Tristan n'était plus le même. Bien sûr, j'étais persuadée que personne ne s'en était rendu compte car il était toujours aussi solitaire et froid et ses compagnons s'en accommodaient bien. Mais quelque chose me faisait sentir qu'à cet instant même, cet homme aurait tout donné, tout fait, juste pour un sourire...
« hum hum »
Je risquais un regard vers la voix.
Bors se tenait à quelques mètres, mains sur les hanches. Il n'avait pas l'air content. Tristan ferma les yeux l'instant d'une seconde et soupira, je ne pouvais que le comprendre, même si la vue du vieux Chevalier me donnait une envie folle de rire aux éclats.
« Qu'est-ce que vous faites tout les deux ? » s'empressa de demander mon substitut de père adoptif.
Papa Ours The return!
Tristan se leva, rengaina son épée dans son fourreau en soufflant et quitta les lieux sans même répondre à Bors... La situation avait quelque chose d'embarrassant, mais en même temps, je trouvais Bors tellement attendrissant sous ses airs de bougre, qu'à l'instant, telle une petite fille, je lui aurais sans doute fait un bon gros câlin afin de calmer ses ardeurs...
~ 000 ~
Au petit matin, je n'avais que très peu fermé l'œil de la nuit, pas du tout même. N'arrivant pas à être en accord avec ma conscience, je me répétais sans cesse que j'avais fais le bon choix, les bons choix. De ce fait, j'avais passé le plus clair de mon temps à faire la garde, et même quand Bors était venu prendre la relève, je n'avais réussi à dormir.
Tristan n'avait pas dormi non plus, et pourtant nous ne nous étions plus adressé la parole depuis qu'il m'avait soigné. Il était resté devant le feu à contempler les flammes comme si à l'intérieur se trouvaient les réponses aux questions qui le turlupinaient. Je savais qu'à un moment où à un autre, l'heure des questionnements sonnerait, et pas seulement avec Tristan, mais avec tous... Je redoutais déjà cet instant alors que le moment n'était vraiment pas idéal pour cela...
La neige tombait toujours, le vent froid soufflant en vagues faisait tournoyer les flocons dans l'air. Le calme régnait encore sur le campement, et seul le chant de la nature résonnait à mes oreilles... Ça avait quelque chose de féerique...
Assise contre le tronc d'un arbre, je contemplais le spectacle, la vallée allait doucement s'éveiller avec le matin et bientôt, la sérénité allait s'envoler pour laisser place au brouhaha des roues des chariots, des pas des chevaux et de ceux des villageois.
Je remarquais soudainement que la neige, comme la veille, ne m'atteignait pas, fondant avant d'avoir l'occasion de se poser délicatement. Curieuse, je défis la manche de mon habit afin de mettre ma peau à nue et levais le bras. Je restais là à regarder attentivement.
Je n'avais pas spécialement chaud, mais comme je l'avais constaté, la neige fondait avant même qu'il n'y ai un contact avec mon corps. Je ne me sentais ni fiévreuse, ni malade. Pourtant je m'aperçus soudainement, avec beaucoup d'étonnement, que le froid ne m'atteignait pas.
« Qu'est-ce qu'il m'arrive encore ? »murmurais-je pour moi-même.
« Quelque chose ne va pas ? » Me demanda Arthur en passant à coté de moi.
Prise sur le fait, je me levais en hâte et remis ma manche en place.
Je dus me lever trop vite, car d'un coup la terre se mit à tourner, ma vision se brouilla et je dû me tenir à l'arbre contre le quel j'étais appuyée quelques secondes avant. Je clignais à plusieurs reprises des paupières, mais rien n'y fit, la terre tournait toujours autant. Arthur se précipita sur moi pour me soutenir, mais quand il me toucha, il eu un sursaut.
« Mais tu es brulante ! » s'esclaffa t'il « Tu devrais te reposer et manger ! » continua t'il sur un ton ferme mais néanmoins doux... Un ton presque ... paternel !
Décidément, il ne pensait qu'à me faire dormir et à m'empiffrer ! Si je l'écoutais, en seulement quelques jours, j'aurais été obèse !
Doucement tout se calma, ma vue redevint normale et la terre cessa de tourner. Je remerciais gentiment le Commandant et tentais de le rassurer. J'allais bien ! Enfin, aussi bien qu'il m'était donné d'aller !
« Tu ne devrais pas t'inquiéter autant pour Morrigann... Quand tout ceci sera fini, j'enverrais des hommes à sa recherche. Mais tu devrais penser à ta santé un petit peu, tu ne va pas pouvoir continuer bien longtemps à ce rythme là ! » me dit-il alors qu'il m'accompagna jusqu'au feu qui brûlait à quelques mètres.
Je m'asseyais doucement sur le tronc d'arbre qui servait de banc, et remerciais encore Arthur de son aide tandis qu'il retournait déjà vaquer à ses occupations .
Non loin de là, Dagonet et Lucan dormaient paisiblement. Je les observais un instant et eu un pincement au cœur par cette vision attendrissante. Un sourire se dessina sur mes lèvres, mais l'instant fut de courte durée.
Quelqu'un me mit une lame sous la gorge et une main sur la bouche, brusquement le romain me fit me lever.
« Emparez vous de lui ! » Lança un autre romain, alors que je vis deux autres hommes se jeter sur Dagonet.
Tout se passa extrêmement vite. A peine avaient-ils approché, que Dag' se défendait déjà. Ils étaient trois contre un seul homme. De la pure lâcheté ! Dag' se défendit du mieux qu'il pût, tandis que moi, je cherchais un moyen de me dépêtrer de mon agresseur.
C'est quand j'aperçus Marcus se saisir de Lucan que mon sang ne fit qu'un tour, j'assenais un coup de coude dans les côtes du romain et il me lâcha, sans trop réfléchir, je me saisit de son épée et trancha la chair de l'homme avec sa propre arme, et il s'écroula au sol. Deux autres hommes s'élancèrent vers moi et instantanément je me mis en garde.
« J'ai l'enfant ! » Cria Marcus
Je risquais un regard vers le romain... Le lâche ! Il tenait Lucan par les épaules, le menaçant d'une dague, l'enfant paraissait terrifié, tandis que moi, même si la peur me tiraillait dans tout les sens, je priais tout les dieux du ciel pour qu'il ne lui fasse rien...
« Tues le » ordonna Marcus à l'un des romain que je tenais en joug.
La femme romaine, Fulcina, se précipita sur son époux, essayant de délivrer l'enfant, mais il la repoussa violemment. Elle tomba aux pieds du jeune Alecto tel un chiffon.
« Tuez le maintenant ! » insista Marcus
Je n'eus pas le temps de voir ce qu'il se passa, Marcus tomba au sol. Une flèche l'avait atteinte en pleine poitrine. Il lâcha Lucan en se demandant certainement ce qui lui arrivait. Lucan se précipita alors dans les bras de Dagonet et je soufflais de soulagement. Je continuais néanmoins de ne pas quitter les deux soldats des yeux, tandis qu'eux, regardaient leur maitre tomber au sol. Il fallait être plus que lâche pour s'attaquer à un enfant, et celui là n'avait certainement pas voler la flèche qui lui était destinée. A vrai dire, je m'en serais bien chargée dés l'instant où nous l'avions rencontré !
Guenièvre banda son arc en direction des soldats qui se regroupèrent près de Marcus et j'en profitais pour reculer dans la direction de notre sauveuse...
Arthur et Lancelot arrivèrent, Lancelot avec son flegme habituel et Arthur, si ses yeux auraient pu lancer des éclairs, j'étais certaine qu'ils étaient tous morts ! Ce qui à mon humble avis, n'aurait pas été une mauvaise chose... Mais ce n'était que mon avis !
« Vos mains semblent aller mieux » lâcha Don Juan... Si j'avais pu, j'aurais certainement confirmé – Suffisait de regarder ma lèvre ...
Guenièvre ne répondit pas, mais je captais son regard de là où je me trouvais, un léger sourire en coin se dessina sur ses fines lèvres le temps d'une seconde car elle décocha une nouvelle flèche au sol afin d'avertir les soldats romains de ne pas approcher...
« Artoooriiiuuuuus ! » beugla Bors en arrivant sur son cheval... « Quelque chose ne va pas ? » demanda t il alors de sa grosse voix calme une fois à notre hauteur. Si je n'avais pas eu deux soldats en joug, j'aurais certainement lever les yeux au ciel !
« Je vous laisse le choix » dit Arthur en s'adressant aux romains « Vous nous aidez, ou vous mourrez ! »
Si ça c'était pas clair, net et précis !
L'un des romains jeta son épée au sol et ordonna aux autres soldats d'en faire autant. Bien que tous eurent un moment d'hésitation, ils capitulèrent assez rapidement après que le premier romain ai réitérer son ordre. Je ne rengainais pas mon épée pour autant, Guenièvre et Dagonet gardaient eux aussi leurs armes en main. Arthur fit un geste à Jols qui s'empressa d'aller ramasser les armes tombées dans la neige.
Le bruit d'un galop se fit entendre, et mon regard allait directement dans la direction de Tristan
« Combien en as-tu tuer ? » demanda Bors, alors que Tristan passa devant lui
« Quatre »
« La journée commence bien ! » se réjouissait déjà le vieux Sarmate
Pour bien commencer, elle commençait bien ! Après chacun sa façon de voir les choses, en tout cas mon cœur battait encore la chamade quand Tristan lança une arme aux pieds d'Arthur.
« De quoi transpercer une armure ! Ils sont tout près, il faut faire vite ! »
« Passes devant ! » Ordonna le Commandant.
J'aurais aimé protester face à l'ordre d'Arthur, si les saxons étaient à nos trousses, jamais je n'aurais laisser Tristan partir en éclaireur, mais c'était son job et je ne pouvais aller contre les ordres du Commandant. Nos regards se croisèrent et je compris que la suite allait être bien plus périlleuse. J'avais peur pour ma vie, peur pour celle de Tristan, peur pour les villageois et les Chevaliers.
Je ramassais l'arbalète restée au sol et l'examinais, c'était loin d'être le même genre d'arbalète que j'avais déjà eu l'occasion de voir dans ma vie. Jamais encore je n'avais tiré avec une telle arme, mais dans le monde de la reconstitution, j'avais déjà eu l'opportunité d'en voir, j'avais aussi parfois regardé d'autres faire des démonstrations et je savais que ce genre d'arme était, pour l'époque, une des plus meurtrière.
Nous étions perdus, si par malheur; nous venions à devoir affronter les saxons sur le chemin.
Au moins, une chose me rassurais, Morrigann était loin d'ici, et j'étais certaine que là où elle se trouvait, rien en pouvait lui arriver !
Nous ramassâmes les effets en triples vitesse et nous remirent en route aussi vite qu'ils nous était donné d'aller. Au régime où nous allions, nous arriverons au Mur certainement dans les deux jours. Les villageois étaient, pour la plupart, des gens âgés, et de ce fait, le cortège avançait à allure réduite. A vrai dire, je n'avais aucune idée d'où nous étions sur les terres... Tout ce que j'espérais s'était que nous ne tombions pas sur les saxons.
Avec tout le temps que nous passions à cheval, j'avais de moins en moins de mal avec l'équitation, et il fallait bien avouer que Epona, ma jument, était bien patiente avec moi... Je n'avais jamais eu d'affinités avec les chevaux, mais elle était extrêmement calme et obéissante, ce qui me facilitait la tâche. Surtout avec le temps qu'il faisait. La neige s'était remise à tomber de plus belle, et le vent ne rendait pas les choses faciles. Le chemin était praticable, mais les chariots avaient du mal, ce qui nous ralentissait tout de même.
Je chevauchais en compagnie de Gauvain et Galahad, tout deux étaient silencieux, sur leurs gardes. Ça avait quelque chose de sinistre. Si la tension n'avait pas été aussi palpable, et je la ressentais couler le long de mon échine.
Certainement, aurais-je entamer une discussion, mais l'instant n'était pas propice au blabla... Il était rare de les sentir aussi tendus, près au combat à n'importe quel moment. Peut-être aurais-je du être dans le même état, mais la seule idée que nous puissions être rattrapés par cette horde de barbares me glaçait le sang.
Quelque chose dans l'air froid tournait, j'en était certaine. Un pressentiment me serrait le cœur, une impression de danger imminent, quelque chose de pas bon du tout... Mais quoi ? Je n'aurais sus le dire !
Sans que je ne m'y attende, je ressentis une pointe me tirailler le cœur. Ça faisait un mal de chien ! Comme le matin même, ma vision se troubla, et la terre se mit à tourner. J'avais chaud, extrêmement chaud tout à coup. Une horrible sensation de chaleur parcourut mon corps tout entier, et je du serrer les rennes de mon cheval pour ne pas tomber à la renverse...
« Ailinn tout va bien ? » me demanda Gal' en se rapprochant de moi
« Oui, oui, je vais bien, juste le tournis, ça va passer ! » répondis-je en serrant les dents afin de ne pas gémir de douleur.
« Chère enfant, l'heure est venue... » Dit soudainement une voix qui m'étais familière.
« Vous avez entendu ? » m'exclamais-je
« Quoi donc ? » demanda Gauvain, l'air perplexe
« Un voix, une voix de femme ! » dis-je choquée
« Non, rien du tout ! » répondit Gauvain, à présent certainement convaincu de ma démence.
La chaleur et le mal s'évanouirent, le bout de mes doigts me piquait toujours, comme une légère brûlure, mais le mal dans ma cage thoracique s'estompa vite, comme s'il n'avait jamais été là ! C'était invraisemblable !
La voix avait dit que l'heure était venue... Mais venue pour faire quoi ? Je m'attendais au pire ...
