Chronologie: 2 mai - 4 mai 1982.
Vingtième chapitre : Profiter
« Savoir sourire : quelle force d'apaisement, force de
douceur, de calme, force de rayonnement ! »
- Guy de Larigaudie
Lily fixa avec insistance le petit bâton qu'elle tenait à la main. Son cœur battait atrocement vite dans sa poitrine et les yeux lui brûlaient. Elle avait constamment envie de pleurer ces derniers temps, et à cet instant précis, elle ne savait pas si c'était de joie ou de tristesse. Mais le plus important, était certainement le doute qui l'envahissait.
Elle n'était pas certaine de pouvoir identifier les sentiments qu'elle éprouvait. Heureuse ou malheureuse, elle n'arrivait pas à savoir. Plus les secondes passaient et plus le doute l'envahissait. Elle avait envie d'être contente, envahie de bonheur comme la première fois, mais les circonstances étaient différentes à présent.
Certes, elle avait dit à James qu'elle aussi avait envie d'avoir un deuxième enfant ; le fait que Harry finisse fils unique l'effrayait beaucoup, mais maintenant, qu'elle fixait le petit test de grossesse moldu, elle n'était plus sûre d'avoir envie de mettre au monde un bébé dans une période de guerre telle que celle-ci. Le danger que courait son fils était bien trop important pour prendre le risque d'exposer un deuxième enfant à tout ça. Harry était encore petit, il avait dû mal à comprendre pour le moment. Mais qu'en serait-il au moment venu ?
Lily secoua la tête, refusant catégoriquement d'avoir ce genre de pensées néfastes. Cela faisait des semaines que tout allait bien. Aucune attaque de Mangemort n'avaient secoué le monde sorcier et l'entreprise de James se portait à merveille. Harry grandissait bien et la jeune femme appréciait de le voir aussi épanoui.
Une nouvelle minute passa. Attrapant l'emballage de la boîte, Lily lut rapidement les indications notées au dos du carton. Elle n'avait pas avertie James. Elle voulait être sûre d'être vraiment enceinte avant de lui dire quoi que ce soit. Bien sûr, elle aurait pu utilisé la magie mais prendre un rendez-vous à l'hôpital de Ste Mangouste aurait attiré l'attention de son époux.
Et elle avait le souvenir de sa mère lui expliquant l'utilité d'un test de grossesse, l'été de ses seize ans. Rose la trouvait assez mature pour apprendre tout ce qu'il fallait savoir sur le sexe et les enfants, alors elle lui avait fait un cours assez détaillé. Lily se souvenait encore avec netteté de l'embarras qu'elle avait ressenti alors que sa mère parlait sans s'interrompre. Heureusement que son père n'avait pas été présent ce jour-là, car la jeune femme était certaine, qu'elle en serait morte de honte.
Lily jeta un nouveau coup d'œil à sa montre et son cœur loupa un battement. Les mains tremblantes, elle retourna le petit bâton et déchiffra le symbole qui y était dessiné. Des larmes envahirent ses yeux et elle se mit soudainement à pleurer. Elle n'était pas enceinte, alors qu'elle croyait avoir les symptômes d'une grossesse depuis quelques jours.
Au fond d'elle, elle se sentit soulagée, ce qui l'horrifia mais elle était également déçue. Malgré tout, elle avait désiré être enceinte. Harry était assez grand pour comprendre ce genre de choses et elle voulait retrouvée les sensations et le bien être qu'elle avait éprouvé alors qu'elle attendait son fils. Durant ces neuf mois, elle s'était sentie heureuse et épanouie. Sa grossesse lui avait fait oublié les soucis extérieurs.
La jeune femme secoua la tête et essuya rapidement ses joues. Elle ne devait pas se mettre dans un état pareil, surtout que James n'allait pas tarder à rentrer du travail. Harry dormait tranquillement dans sa chambre. Elle ne voulait que son mari s'inquiète de la voir pleurer et elle ne voulait surtout pas qu'il soit également triste que cette fois-ci soit un échec.
Elle jeta l'emballage dans la poubelle de la salle de bain et fit un détour par la chambre de son fils, mais le petit garçon dormait à poings fermés. Un sourire étira ses lèvres. Depuis la venue au monde de Harry, elle aimait passer du temps à le regarder dormir. Il semblait tellement innocent à ce moment-là, loin du petit garçon téméraire et intrépide qu'il était à l'ordinaire.
Alors qu'elle rejoignait le salon, un épais volume sous le bras, la baie vitrée du salon s'ouvrit et Heïlen fit son apparition. La jeune femme lui sourit.
— Je ne te dérange pas ? demanda la future mariée en se débarrassant de sa cape. Il fallait impérativement que je te parle !
— Pas le moins du monde, assura Lily en se décalant pour que son amie puisse s'installer à ses côtés sur le canapé qui dominait la cheminée. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
— Ma mère a passé l'après-midi avec moi et m'a aider à régler certains détails pour le mariage, répondit la brune. Et il s'avère que j'ai choisi mes demoiselles d'honneur !
— Super ! se réjouit Lily. Et tu as choisi ?
Le sourire éblouissant de la future mariée conforta Lily dans la réponse qu'elle attendait.
— Toi ! fit Heïlen. Et ma sœur aussi. Tu es contente ?
Pour toute réponse, Lily étreignit sa meilleure amie. Évidemment qu'elle était contente ! Qui ne le serait pas ?
— Tu n'imagines pas à quel point, assura-t-elle en souriant. J'espère simplement que je ne devrai pas faire de discours...
Elle avait dit cela pour plaisanter mais Heïlen grimaça.
— Et bien, selon la coutume sorcière française, cela se fait, expliqua-t-elle. Mais tu n'es pas obligée, si tu ne veux pas, ajouta-t-elle avec précipitation.
— C'était une blague, dit Lily avec un sourire en coin. Ne te fais pas de soucis, ça ne me dérange pas de faire un discours.
Heïlen la remercia.
— En ce qui concerne les robes de demoiselles d'honneur, je pense que c'est bien d'aller les chercher en même temps que ma robe, ajouta-t-elle. Comme ça, on fera une pierre deux coups.
— Pourquoi pas, accepta Lily. De toute façon, nous avons encore le temps pour ça.
— J'ai justement l'impression que du temps, nous n'en avons pas, gémit la future mariée. Il y a encore une montagne de chose à faire et je ne sais pas par quoi commencer !
— Il ne faut pas que tu te démoralises maintenant, la rassura Lily. Tu as dis que tu faisais une liste non ? Et bien, fais les choses dans l'ordre que tu les as écrite.
— Tu as raison... souffla Heïlen. Mais ça ne te dirait pas de m'aider ?
Lily éclata de rire devant la mine désespérée de son amie. Elle se souvenait de s'être retrouvée dans le même état quelques jours précédents ses noces, lorsque le traiteur en charge de préparer le repas pour deux cents personnes, s'était subitement rétracté, obligeant ainsi les futurs époux à se plier en quatre pour trouver un remplaçant en moins de sept jours.
— Je serai là, promit Lily avec un sourire. Après tout, c'est à ça que servent les amis, non ?
— Tu es la meilleure ! s'écria Heïlen en l'étreignant. Par Merlin, qu'est-ce que je serai devenue sans toi ?
La jeune femme rit alors qu'au même instant le bébé transmetteur magique se mettait à clignoter.
— Ne bouges pas, dit Lily en se levant, je vais chercher le petit monstre.
En arrivant devant la chambre de son fils, elle perçut sa petite voix d'enfant, ce qui la fit sourire. Elle poussa doucement la porte. Harry était allongé en travers de son berceau, le front ruisselant de sueur et son doudou fermement serrer contre sa poitrine. Il leva la tête en entendant sa maman et un sourire étira ses petites lèvres.
— Coucou mon amour, souffla-t-elle en caressant son petit ventre rebondi. Alors, tu as fais un gros dodo, chéri ?
Harry hocha la tête et lui tendit les bras. Elle le prit contre elle et embrassa sa joue pleine de transpiration.
— Tu as eu chaud, trésor ? Maman va te nettoyer un peu avant de te faire goûter, d'accord ?
Elle traversa le couloir et entra dans la pièce qui se trouvait juste à côté de leur chambre. Elle déposa son fils sur le bord du lavabo et lui enleva son petit t-shirt tout trempé. Elle lui retira également sa couche et le déposa dans la baignoire.
— Ne bouges pas mon cœur, dit-elle en attrapant le pommeau de douche.
Harry se laissa faire, ce qui arrangea sa mère, qui savait parfaitement que les moments de bain étaient toujours une étape périlleuse, tant le petit garçon aimait jouer avec l'eau. Elle lui lava rapidement le corps et l'enroula dans une épaisse serviette blanche.
— Il me semblait bien avoir entendu l'eau coulée, fit Heïlen en entrant dans la pièce. Salut, mon grand !
Harry lui sourit et laissa sa mère lui enfiler un t-shirt propre.
— Voilà, dit Lily en terminant d'ajuster la couche, tu es tout propre mon cœur !
Le petit garçon éclata de rire et tendit les bras à sa tante.
— Tu veux bien l'amener dans le salon, le temps que je nettoie un peu ici ?
— Pas de soucis, répondit Heïlen.
Lily s'empressa de faire disparaître les goûtes d'eau sur le sol à l'aide de sa baguette et jeta la serviette dans le panier à linge sale. Arthur, qui était friand d'inventer de nouvelle chose à l'aide de la magie, avait modifié le fonctionnement d'une machine à laver moldue, qu'il avait rendue utilisable par les sorciers. La magie remplaçait l'électricité dont avait besoin l'appareil pour fonctionner. Et la jeune femme devait avouée que c'était une invention vraiment très utile. Elle n'avait plus besoin de passer des heures à frotter les vêtements dans l'évier de la cuisine.
Lorsqu'elle entra dans le salon, Harry jouait tranquillement avec ses jouets mais elle savait que cela ne durerait pas. Comme son père et son parrain, son fils avait besoin d'un moment pour se réveiller totalement et le calme qu'il exprimait maintenant ne serait que de courte durée.
— Je ne savais pas que tu t'intéressais aux potions ! lança Heïlen en désignant le livre qui trônait sur la table basse du salon.
— J'aimais beaucoup ça lorsque j'étais à Poudlard, confirma Lily. Mais depuis la naissance de Harry, je n'ai plus vraiment le temps de m'exercer.
— Tu faisais partie du club de Slug' ? demanda Heïlen. Je ne t'y ai jamais vu !
— J'inventais toujours une excuse pour ne pas y aller, se souvint-elle en riant. Cela faisait beaucoup rire Remus.
— C'est vrai que ce n'était pas l'endroit le mieux approprié pour passer une soirée agréable ! rit son amie. Je me souviens qu'une fois, une camarade de classe m'avait demandé de venir avec elle, histoire qu'elle ne se sente pas trop seule, et je dois dire que c'était d'un ennui mortel !
— Tu n'allais qu'aux réceptions ?
— Non, j'allais surtout aux repas, dit Heïlen. Je savais qu'elles étaient les personnes présentes durant les fêtes et je ne tenais pas à en voir les trois quart !
— Le professeur Slughorn pensait que cela allait améliorer les relations entre les maisons, se rappela Lily. Mais c'est surtout le contraire qui se passait !
Les deux amies rirent.
— C'était le bon vieux temps, fit la future mariée en haussant les épaules. Mais je dois dire que cette période de notre vie me plaît également.
— On se demande pourquoi !
Elles échangèrent un regard complice. Harry se manifesta bruyamment en se prenant les pieds dans le tapis.
— Par Merlin ! s'écria Lily alors que son fils se relevait aussitôt. Cet enfant va finir par m'achever !
— Qu'est-ce que ce sera lorsqu'il aura un frère ou une sœur ! plaisanta Heïlen.
Lily lui jeta un regard horrifié. Elle n'était pas certaine de venir à bout de deux enfants aussi énergiques !
[...]
La Gazette du Sorcier, trois mai milles neuf-cents quatre-vingt deux.
Retranscription du discours de Mrs Bagnold, Ministre de la Magie.
' Chers concitoyens,
Je ne vais pas tourner autour du chaudron en ce qui concerne la raison de ce discours, car je suis certaine que vous en connaissez tous la raison. Mes propos vous choqueront peut être, mais je me devais de répondre aux accusations portaient à tord envers le Ministère et moi-même.
Certes, la guerre qui fait rage autour de nous détruit chaque jour de nouvelles familles, et il est vrai que le Ministère ne peut agir contre cela. Mais, je suis outrée d'entendre que vous pensez que nous n'agissons pas ! Évidemment que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous protégez, mais nous sommes cependant impuissant face à l'ennemi.
Malgré les instructions que l'on m'a donné en ce qui concerne le discours que je vous tiens en cet instant, je vais vous dire la vérité. Celle que vous attendez depuis tous ces mois. Je ne veux pas que mon peuple vive dans la peur. C'est à moi d'assurer votre protection. C'est pour cette raison que vous m'avez élu Ministre.
Mais sachez, que l'ennemi, l'armée de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, s'attaque à nous à chaque minute. Nos Auror n'ont plus une seule minute de répit et la Brigade de Police Magique a du s'allier à ce service pour renforcer les protections qui vous entourent à chaque instant. Pour vous, est-ce être inactif ? Si oui, alors donnez-moi votre propre opinion !
Treize sorciers et sorcières sont morts au cours des six dernières semaines, en tentant de protéger neuf familles de nés-moldu. Trois autres se trouvent actuellement dans un état critique pour avoir arrêter quatre Mangemort. Je le répète, est-ce être inactif pour vous ?
Nous vaincrons, je vous en fais la promesse et je ferai tout ce qu'il m'est possible de faire pour mettre fin à cette guerre qui détruit notre communauté. Cependant pour cela, vous devez avoir confiance en moi ! Nous devons nous serrer les coudes quoi qu'il advienne ! Nous sommes une nation ! Une nation qui doit se faire confiance pour vaincre.
Le directeur du service des Auror m'a chargé de vous informer qu'il est actuellement à la recherche de sorciers et sorcières prêts à apprendre les rudiments du métier pour constituer une armée de défense. Les entretiens commenceront d'ici une semaine et j'espère de tout cœur que vous viendrez nombreux. Ce n'est qu'ensemble que nous sortirons triomphant de cette guerre.
Je reste à votre entière disposition pour répondre à vos éventuelles questions. Mais n'oubliez jamais ceci: nous agissons !
Millicent Bagnold, Ministre de la Magie.
— Voilà ce que j'appelle un discours en bonne forme ! lança Sirius en repliant le journal que venait de lui donner James. Nous avons enfin la preuve que quelqu'un nous défend !
— Je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose qu'elle dise tout ça, réfléchit Remus en remuant son café. J'ai l'impression qu'elle lance une attaque directe à Tu-sais-qui et sauf à souhaiter mourir, ce n'est pas une très bonne idée.
James médita les paroles de son ami. Dans le fond, il avait raison. S'en prendre de front à Voldemort était une attaque dangereuse, suicidaire, comme l'avait souligné Remus, mais Millicent Bagnold était connue pour son manque de tact légendaire.
— Il faut bien que quelqu'un le fasse, répliqua Sirius. D'accord, j'admets que cela aurait plus de poids si ça venait de Dumbledore mais...
— Ne dis pas ce genre de chose, le coupa sèchement Remus. Elle ne doit pas avoir conscience des risques qu'elle encourt à présent.
— Remus a raison, intervint James en voyant Sirius ouvrir la bouche. Ce n'est pas une bonne idée une attaque ouverte, surtout qu'elle dit clairement que le Ministère ne sait pas quoi faire pour mettre un terme à la menace de Voldemort. Même le professeur Dumbledore ne sait pas quoi faire.
Sirius ne répondit pas, réfléchissant aux paroles de son ami. Certes, Remus avait raison, s'en prendre directement au Seigneur des Ténèbres était suicidaire mais en même temps, elle, elle prenait le temps d'agir ! Elle faisait quelque chose ! Contrairement à eux, à l'Ordre, qui n'aboutissaient à rien de concluant !
Il avait parfaitement confiance en Dumbledore, mais les mois passaient et la situation était toujours aussi stagnante. Des sorciers et sorcières mourraient pratiquement tous les jours et ils n'agissaient pas. Ils se contentaient d'attendre, du moins, c'était l'impression qu'il avait.
— Je pense qu'il a trouvé quelque chose, annonça clairement Remus, les sourcils froncés. Du moins c'est l'impression que j'ai. Il m'a parut un peu plus confiant aux dernières réunions.
— Je ne sais pas, souffla Sirius. Moi j'en ai pas l'impression, mais bon, après tout, c'est toi le cerveau non ?
Les trois garçons éclatèrent de rire alors qu'au même instant, William et sa belle-sœur, Olympe Alderton franchissaient le seuil de la salle de repos de Potter entreprise.
— J'ai toujours dis qu'être patron était le métier de rêve, lança malicieusement la vieille dame en s'installant sur une des chaises qui encadrait la table ovale.
— Ce n'est un secret pour personne, confirma James avec un sérieux feint.
Olympe rit doucement en acceptant la tasse de café que lui tendait William.
— On a une bonne nouvelle pour vous, lança-t-il de sa voix chevrotante. Joanne a dessiné notre premier modèle !
Les trois garçons eurent des réactions différentes qui firent bien rire leurs interlocuteurs. Sirius recracha sa gorgée de café, Remus releva précipitamment la tête de son journal et James laissa tomber sur la table, sa baguette avec laquelle il jouait distraitement.
— Déjà ? s'écria Sirius d'une voix rendue aiguë à cause du liquide qui lui brûlait la langue. On pensait que ça lui prendrait des années !
— L'inspiration ne disparaît pas avec l'âge, mon petit, répliqua gentiment Olympe. C'est comme pour les journalistes et les écrivains. Et les musiciens comme cette charmante Celestina Moldubec.
Sirius leva les yeux au ciel alors que James étouffait un rire moqueur. Celestina Moldubec était la chanteuse en vogue depuis quelques années. Malgré son jeune âge, elle avait fait fureur auprès des personnes âgées et ses chansons étaient les plus écoutées sur la radio. Même Molly, bien que trop jeune pour appartenir à la catégorie " fan de plus de soixante ans ", affectionnait beaucoup cette étoile montante.
— En voilà une bonne nouvelle ! se réjouit Remus. Nous n'aurons plus à travailler sur les vieux modèles dont on dispose.
— Surtout que je commençais à m'ennuyer ferme, ajouta Olympe avec malice. Les anciens balais ont des protections efficaces mais démodées. Je les ai moi-même inventé et je peux vous dire qu'il me tarde d'en fabriquer de nouvelles !
Sirius sourit. Cette chère Olympe Alderton n'avait décidément pas la langue dans sa poche.
— C'est une très bonne chose, convint James. Surtout que nous devons recevoir, courant de semaine prochaine, les bois pour les balais.
— Vous n'êtes pas au bout de vos surprises, s'écria Olympe en se levant. Bien, je pense qu'il est temps de nous mettre au travail, mes garçons. Il faut que je m'exerce un peu avant la bataille finale !
Les garçons échangèrent un regard amusé. Décidément, le travail serait vraiment moins ennuyeux que prévu avec Olympe.
[...]
Albus traversa la barrière magique qui protégeait l'entrée moldue de l'hôpital Ste Mangouste. L'endroit était remplit, ce qui n'était pas inhabituel. Il salua d'un signe de la main la sorcière assise derrière le comptoir d'accueil et prit la direction des ascenseurs. Les couloirs étaient calmes, seules quelques infimages se trouvaient dans le service d'urgences.
Cela faisait trois mois qu'il venait ici chaque semaine, laissant Poudlard sous la tutelle du professeur McGonagall, qui était parfaitement au courant des virées hebdomadaires du directeur. Elle était même la seule au courant de ce qu'Albus faisait pour venir en aide à Augusta Londubat et à son petit-fils Neville.
Le service où se trouvaient Alice et Frank Londubat était encore plus calme que les autres étages de l'hôpital sorcier. Le directeur traversa deux longs couloirs aux murs blancs avant de s'arrêter devant le mur vitré de la chambre des parents de Neville.
Évidemment, Augusta était déjà présente. Elle se tenait assise entre les lits de ses deux enfants, un livre dans les mains, qu'Albus identifia comme un album photo. La tristesse l'envahit, mêlée à l'admiration.
Malgré les résultats peu concluants que les spécialistes de Ste Mangouste avaient fait passé aux deux patients, la vieille dame ne perdait pas espoir. Jamais. Elle venait ici trois fois par semaine et passait des heures à raconter des histoires de famille aux deux malades, dans l'attente d'un signe quelconque. Mais rien ne venait jamais.
Alice et Frank étaient présentement allongés dans leur lit, parfaitement éveillés, le regard vague. Ils ne faisaient aucun mouvement. Seul le soulèvement des draps prouvaient qu'ils étaient encore vivant. Les médicomages n'avaient pas espoir pour eux. Ils pensaient qu'ils ne redeviendraient jamais des adultes normaux, encore moins des Auror compétents.
Cela penait Dumbledore, car il savait à quel point le métier d'Auror était cher à Frank et peut être encore plus à Alice, qui avait eu du mal à mettre sa carrière entre parenthèse durant sa grossesse. Il se rappelait avec exactitude les compliments que Maugrey faisait à l'encontre de la jeune femme, dont il avait été le partenaire.
Mais le plus important était sûrement de savoir qu'ils ne pourraient jamais protéger leur fils de la menace qui planait sur lui. Comme James, Alice avait refusé de croire que son bébé à naître avait le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres, alors qu'eux-même, des agents expérimentés, ne l'avaient pas. De mauvaise grâce, elle avait accepté les mesures de précautions que Dumbledore leur avait dicté. Bien que l'enfant de la prophétie n'ait pas encore été trouvé, Frank et Alice avaient, à l'instar de Lily et James, prit toutes les mesures nécessaire pour protéger leurs maisons. Mais cela n'avait malheureusement pas suffit...
— Monsieur Dumbledore ? l'appela-t-on.
Albus releva la tête et croisa le regard d'une jeune infimage. Ce n'était pas la première fois qu'il la croisait. Elle venait souvent prendre des nouvelles des patients qui se trouvaient de l'autre côté de la porte vitrée. Elle était même une des rares à osée croire qu'ils avaient une chance de s'en sortir. C'était elle qui avait conseillé à Augusta de raconter des anecdotes à ses enfants.
— Vous pouvez entrer vous savez, continua-t-elle.
Le professeur Dumbledore sourit mais secoua négativement la tête.
— Je ne souhaite pas déranger Mrs Londubat, expliqua-t-il.
— Au contraire, rétorqua gentiment l'infimage en observant le petit Neville qui jouait tranquillement avec ses jouets par terre, cela lui ferait du bien de savoir qu'elle est soutenue par quelqu'un dans cette terrible épreuve.
— Oh mais elle le sait déjà, susurra Albus.
Comme pour prouver qu'il avait raison, Augusta releva la tête et lui adressa un signe de la main. Albus ne manqua pas de noter la fatigue et la tristesse dans son regard.
— Vous savez, souffla distraitement l'infimage, je suis certaine qu'il y a un moyen de les guérir. Peut être pas forcément avec la magie. Mon père disait toujours que l'amour triomphe de tout.
Albus lui jeta un regard interrogateur, mais déjà la jeune femme se détournait. Il avait parfaitement saisi le sens de ses paroles, mais il n'était pas certain de leur vérité. Certes, lui-même disait que l'amour était la meilleure des forces, mais il doutait que dans un cas comme celui-ci, l'amour put faire quoi que ce soit.
— Cette petite Alice Montgomery cache bien ses talents, avait dit le Choixpeau.
Les années passèrent et le directeur prit enfin la pleine mesure des propos du chapeau. Bien que toujours aussi menue et avec son visage rond d'enfant, Alice était plus courageuse que la plupart de ses camarades, ce qui faisait d'elle une Gryffondor exemplaire. Elle épousa Frank Londubat quelques jours après la fin de sa scolarité et s'inscrivit, comme son mari, à la formation d'Auror. L'année précédente, elle donna naissance à un petit garçon, qui à l'instar du jeune Harry Potter, avait un avenir bien funeste.
En la voyant aujourd'hui, Albus ne remarqua pas les traits fins et délicats qu'elle avait eu jadis. Son courage lui-même semblait s'être envolé et son regard n'exprimait à présent plus rien. Même lorsque ses pupilles se posèrent une seconde sur son fils, aucun sentiment n'était lisible dans son regard.
Albus soupira et se détourna. Il se faisait la promesse de trouver un moyen d'aider la famille Londubat. Le futur du petit Neville en dépendait.
ooooooOOoooooo
Bonjour, bonsoir, chers lecteurs ! Me voilà avec le chapitre 20 " Profiter " !
Avant de parler du chapitre en lui-même, j'aimerais apporter quelques compléments d'informations dont vous aurez besoin pour comprendre certains points.
- premièrement, la mère de Heïlen est d'origine française, donc c'est pour ça, que les traditions françaises seront mélangées à celles anglaises lors des noces prochaines. Ensuite, je ne sais pas exactement comment se déroule un mariage, mais j'ai tenu à ce qu'il y ait deux témoins ( encore selon les mœurs françaises ).
- deuxièmement, Millicent Bagnold, a réellement existé dans les écrits de J.K. Rowling. Selon les sites officiels, elle est restée au pouvoir jusqu'en 1990, et c'est Cornelius Fudge qui lui succéda. Or, ici, dans mon histoire, Fudge deviendra Ministre entre 1985 et 1986, pour les bien faits de ma trame.
- troisièmement, je n'ai pas encore statuer sur le sort des parents Londubat. A votre avis, est-ce une bonne idée de développer une potion pour les aider à redevenir eux-même ? Donnez-moi votre avis sur la question.
Voilà en ce qui concerne les points les plus importants que je tenais à développer. En ce qui concerne le reste de l'histoire, et notamment l'angoisse de Lily sur sa grossesse: au début, il était prévu qu'un bébé Potter apparaisse rapidement après l'attaque, mais je me suis dis que Lily ne se serait pas assez remise pour ça. Donc, vous allez devoir patienter encore. A votre avis, une future Potter ou un futur Potter ?
Voilà, j'ai dis ce que j'avais à dire sur ce chapitre, qui j'espère, vous plaira autant que les autres !
PRÉCISIONS: je vais bientôt faire les vendanges, donc que je ne pourrais pas souvent venir sur ce site pour voir vos commentaires ni vos questions. Je pense que ça durera environ trois semaines, mais je ne suis pas certaine. Si je peux, je posterai le chapitre 21 la semaine prochaine, mais je ne garantis rien.
En espérant vous avoir séduit ! Bonne journée, ou soirée. HB.
